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Au cours du mois d’août 1944, la Seine-et-Oise est libérée après quelques combats menés contre l’Occupant.[1] L’installation de plusieurs troupes de l’US Army et de leur état-major, au cœur des grandes villes du département et de leurs campagnes environnantes, provoque instantanément la curiosité des riverains. Dès leur arrivée, les soldats américains se sont employés à distribuer gracieusement diverses friandises et cigarettes. Aussitôt, les premiers contacts ont été facilités par des échanges de produits, troqués ou achetés, entre civils et militaires. Par conséquent, un commerce illégal des produits de l’armée américaine s’organise à l’instar de celui pratiqué sous l’Occupation. Les trafiquants de la Libération sont conscients de l’aubaine d’un tel trafic. L’intérêt de chacun est attisé par les quantités astronomiques de matériel, la rareté de plusieurs produits et la nouveauté de certains. Du mois d’août 1944 à la suppression définitive du Haut Commissariat au Ravitaillement,[2] en novembre 1949, ce commerce va évoluer selon la présence américaine en Seine-et-Oise et dans les départements limitrophes.[3]

L’évolution de ce trafic repose sur plusieurs facteurs et se divise en trois phases distinctes. La première période, de la Libération au mois de décembre 1944, se caractérise par l’arrivée des libérateurs, les premières désillusions et les prémices d’un trafic au processus rapide. Ensuite, nous pouvons affirmer que l’année 1945 marque l’apogée de ce marché illégal ainsi que la détérioration des relations franco-américaines. La dernière période, de 1946 à 1949, retrace le déclin progressif de ce trafic et dresse le bilan d’une cohabitation mitigée.

Avant de poursuivre, il est important de signaler les lacunes historiographiques sur ce sujet. Le marché noir des produits de l’armée américaine n’a fait l’objet d’aucune étude approfondie. Fabrice Grenard ne consacre que deux pages à ce trafic dans La France du marché noir[4] tandis que Mary Louise Roberts le mentionne par le biais des relations entretenues entre prostituées et soldats américains.[5] Cette absence historiographique est étonnante si l’on pense au contraste saisissant entre la pauvreté de la France et la richesse de l’armée américaine. Dans notre cas, les troupes américaines débarquent et s’installent dans une région où les restrictions et les pénuries rythment le quotidien des habitants depuis l’automne 1940.


 
Les accords gouvernementaux du 25 août 1944[6] ont été signés dans le but de réglementer et d’anticiper les éventuels problèmes liés au cantonnement des troupes américaines. Pour ce faire, le commandant en chef interallié dispose, de façon temporaire et pratique, de l’autorité indispensable pour obtenir l’exécution de toutes les mesures jugées essentielles à la conduite des opérations militaires. L’armée américaine est donc autorisée à réquisitionner les immeubles et les terrains précédemment occupés par l’ennemi commun.[7] Dans un premier temps, les habitants ne se préoccupent guère de cette occupation alliée. La population accueille très chaleureusement ces soldats malgré les discours infâmes vociférés par Vichy et les Allemands, les bombardements intensifs et la fatigue générale.[8] Mais, le temps des espérances se clôt par l’âpreté du quotidien. Les cœurs déchantent et les esprits se ferment. Très vite, les habitants ont l’impression de vivre sous la contrainte américaine du fait des nombreuses installations et routes militaires destinées à la course au ravitaillement.[9] En plus de ces contraintes, certains soldats se comportent d’une manière odieuse et d’autres commettent des crimes et des délits. Du mois d’octobre au mois de décembre 1944, cinq viols dont quatre suivis de meurtre ont été commis par des soldats américains. Nous pouvons aussi indiquer les six attaques à main armée ainsi que les vingt-deux vols et cambriolages.[10]

A cette cohabitation nuancée s’ajoute les tracas nés de la Libération et les sempiternels problèmes liés au ravitaillement. D’après le préfet Léonard, "la préoccupation majeure de la population, spécialement dans les régions urbaines, reste le problème du ravitaillement."[11] La pénurie est si grande que le commerce illégal des produits de l’armée américaine suscite un fort intérêt.[12] Qu’importe la manière de se les procurer, l’importance est de pouvoir saisir les bonnes occasions. Le 31 août 1944, l’armée américaine, à peine installée, est victime d’un vol de 900 litres d’essence entreposés au château de Courances à Corbeil.[13] En ce qui concerne la gente féminine, la prostitution permet d’avoir accès aux produits américains. Telle est l’histoire de ces deux jeunes filles de 17 et 19 ans qui se sont prostituées en échange de vivres et d’argent.[14] Une autre méthode est aussi très répandue, celle d’aller au contact des soldats américains et vice-versa, c’est-à-dire, se rendre coupable de recel. A Garges-lès-Gonesse, trois militaires américains avaient pris l’habitude de se présenter dans les rues de la commune pour vendre aux habitants de grandes quantités d’essence et de vivres.[15]

Les produits les plus convoités sont l’essence, les denrées alimentaires, les articles textiles et les chaussures. Son omniprésence dans les convois des Highway Express Routes fait de l’essence la marchandise la plus volée, recélée ou trafiquée sur le marché.[16] En général, un jerrican (20 litres) est vendu au prix de 500 francs. Pour les articles textiles, il s’agit surtout de couvertures, de blousons, de vestes, de chemises et de chaussures militaires vendus par des soldats susceptibles de s’embarquer vers un autre front ou de rentrer aux États-Unis. Les nouveautés sont aussi très prisées telles que les boîtes de conserves contenant de la viande. D’ailleurs, dix habitants de Mantes n’ont pas hésité à acheter, à des soldats américains, plusieurs caisses de boîtes de conserves et d’autres marchandises au prix de 200 000 francs.[17] Les cigarettes, le chocolat et le savon sont aussi très appréciés par les futurs acquéreurs. Les soldats américains achètent ces articles à des prix dérisoires dans les magasins de l’armée (Post-Exchange)[18] et les vendent par lots aux civils.

En matière de répression, la justice française n’a en aucun cas le droit de juger des militaires américains comme le stipule le mémorandum n°1 du 25 août 1944.[19] Par contre, les civils français et résidants étrangers sont arrêtés et confiés à la justice des Tribunaux de Première Instance du département. Plus de 110 affaires de vol ou de recel au préjudice de l’armée américaine ont été découvertes durant les derniers mois de l’année 1944.[20] Ce chiffre est sans doute beaucoup plus conséquent car la répression ne débute réellement qu’au mois de novembre 1944. Les visites domiciliaires sont largement utilisées par la police ou la gendarmerie en collaboration avec la Military Police. Mais, ces méthodes agacent profondément les populations concernées comme celles de l’arrondissement de Rambouillet.[21]


 
Le trafic des produits de l’armée américaine connaît son apogée au cours de l’année 1945. La circulation des produits est tellement dense que la connaissance du mode d’acquisition en devient confuse. En effet, le trafic se développe en un énorme circuit de distribution aux ramifications complexes. La justice et la police se trouvent face à une multitude d’intermédiaires jugés en majorité pour des faits de vol et/ou de recel. Les acteurs de ce trafic ont des profils, des méthodes, des réseaux et des intentions multiples. Malgré tout, la majorité des trafiquants sont arrêtés en possession d’une faible quantité de marchandises et souvent seuls. Les hommes, ouvriers ou manœuvres, représentent la majorité des individus jugés ou en instance de l’être. Mais, il ne faut en aucun cas négliger la présence des femmes, impliquées dans 20% des 380 affaires relevées en 1945 (plus de 13% des affaires ne concernent qu’une ou plusieurs femmes et 7% sont mixtes).[22]

Les linges de maison et de corps, les vêtements et les chaussures ainsi que l’essence et les équipements de transports[23] caracolent en tête des produits les plus volés ou recélés sur le marché. En général, les prix sont semblables et augmentent selon le nombre d’intermédiaires. En moyenne, une paire de chaussure coûte 1 000 francs ; une chemise, 300 ou 350 francs ; un pantalon, 300 francs ; un blouson, 400 ou 500 francs ; un pneu de camion, 5 000 francs.[24] Mais, la particularité de ce trafic réside dans le fait que de nombreux contrevenants sont interpellés en possession d’un lot contenant divers produits. Comme ce lot comprenant 10 paquets de cigarettes, 4 nougats, 2 paquets de chewing-gum, 1 savon, 1 paquet de bonbon vendu par un soldat allié à un civil français pour la somme globale de 700 francs.[25] Puis, nous observons que la majorité des prévenus se sont appropriés illégalement un ou des produits à proximité ou à quelques kilomètres de leur lieu d’habitation. L’armée américaine est très présente en Seine-et-Oise surtout dans les régions d’Étampes (environ 15.000 hommes)[26] et de Versailles. Mais, la Normandie, et plus particulièrement les "camps cigarette"[27], reste une destination phare pour les individus voulant faire de bonnes affaires. Sans se soucier des contrôles routiers, les futurs acquéreurs se rendent sur place en ayant une idée précise de leurs achats.[28]

Pour faire face à la recrudescence de ce trafic, les forces de police procèdent à des patrouilles et à des barrages routiers de jour et de nuit ainsi qu’à des visites domiciliaires chez les particuliers et les commerçants. Toutefois, la collaboration franco-américaine est en demi-teinte voire unilatérale dans la plupart des cas. Les enquêtes se font en marge de toute collaboration, ce qui complique la tâche des enquêteurs français voulant mettre un terme à des filières clandestines. La répression est aussi difficile à appliquer. A part le flagrant délit ou les aveux sincères d’un ou d’une prévenu, il est impossible de connaître exactement la provenance des produits de l’armée américaine. Une chose est sûre, les prévenus ne sont jamais accusés de marché noir même si les quantités saisies sont démesurées. Les peines et les amendes administrées sont plus ou moins conséquentes selon l’affaire démantelée et le passé judiciaire du prévenu. La justice semble assez clémente comme avec ce tueur de porcs de Janvry, accusé d’avoir acheté à un soldat américain, pour la somme de 100 000 francs, 4 500 litres d’essence. Grâce à son casier judiciaire vierge et à sa perte financière élevée, il est condamné à 18 mois de prison avec sursis et à 20 000 francs d’amende.[29] Parfois, elle semble absolument arbitraire face à des affaires aux enjeux différents et à la situation de pénurie qui sévit dans le département.[30]

La tentation devient de plus en plus forte car, en plus de cette pénurie grandissante, les produits US Army sont d’une accessibilité déconcertante. Puis, cet essor est favorisé par plusieurs facteurs tels que l’échange des billets en juin 1945, les mouvements de troupes, l’armistice du 8 mai 1945, la capitulation du Japon en août 1945, l’annonce du plan de redéploiement des troupes américaines et les dépenses liées à la vie sociale et/ou clandestine des militaires américains en France. En effet, comme l’écrit le maréchal des logis chef Millerot, "les militaires américains se livrent à un trafic de toutes sortes. Ils se volent mutuellement les effets qu’ils revendent aux Français. Quand ces effets et objets sont vendus, il n’est pas rare que les MP les récupèrent et les revendent à leur tour."[31] Pourtant, d’après les différents rapports rédigés par les autorités du département, les relations franco-américaines semblent être très tendues. Selon certains rapports, les populations considèrent qu’une bonne partie des militaires américains sont des gangsters.[32] La rumeur publique les accuse de se livrer à des actes de brigandages sur les routes et de dévaliser leurs victimes.[33] Dans certaines circonscriptions, les gendarmes déclarent qu’ils ne fréquentent pas "la partie saine de la population."[34] En effet, la plupart des soldats passent leur temps libre dans les cafés, les hôtels et les maisons closes du département. Ces endroits sont parfaits pour y dissimuler des produits US Army et ainsi servir de point de rencontre, de stockage et de vente. D’ailleurs, tout au long de l’année 1945, les relations franco-américaines se sont gangstérisées. De nombreuses bandes organisées se sont formées dans le but de vendre une quantité impressionnante de marchandises américaines avant le départ définitif des troupes.


 
Le départ massif des troupes américaines, de janvier à septembre 1946, sonne indubitablement les derniers temps forts de ce trafic. De 1947 à 1949, ce marché illégal n’intéresse plus que les obstinés. Le départ des troupes et le rétablissement progressif d’un marché libre soulagent les populations, éprouvées par dix années de restrictions.[35] En 1946, les 120 affaires inventoriées démontrent à quel point ce commerce illégal était un commerce de proximité. Les vols et les recels sont commis, en majorité, par les riverains des camps et des dépôts américains des villes de Versailles, Vélizy-Villacoublay, Saint-Germain-en-Laye, Maisons-Laffitte, Orly,[36] Courances, Corbeil, Étampes et Pontoise. Ils achètent ou volent ce qu’ils trouvent mais surtout ce qu’il reste à prendre. A Étampes, au camp de prisonniers américain, six jeunes hommes âgés de moins de 21 ans, ont saisi cette dernière chance en dérobant 11 fauteuils, 2 lits, 1 table ronde, 1 table de nuit et 4 chaises.[37] Ceux n’ayant plus l’opportunité de croiser ou de côtoyer des soldats américains se rendent dans les villes précédemment citées. Certains désirent continuer leur commerce clandestin comme ce ressortissant algérien de Paris venu à Maisons-Laffitte se procurer un lot de 20 chemises auprès de soldats. Lors de son procès, il déclara les avoir achetées pour la somme de 5 000 francs (250 francs pièce). Son intention était d’en conserver cinq et de revendre les autres à 500 francs pièce, soit faire un bénéfice de 2 500 francs.[38] D’autres se déplacent à Rouen ou au Havre pour y faire des achats plus importants. Comme ce transporteur du Vésinet surpris par la police lors d’un contrôle routier alors qu’il transportait 60 morceaux de savon et 128 petites tablettes de chocolat, achetés à des soldats américains au camp "Philip Morris" pour la somme de 3 600 francs.[39]

L’année 1947, quant à elle, comptabilise la majorité des 15 dernières affaires de ce commerce illégal. Et, les dernières années n’indiquent que quelques affaires de faible importance. Néanmoins, nous remarquons que certaines affaires se réalisent grâce aux contacts établis avec des soldats américains depuis plusieurs mois. Par exemple, en septembre 1949, un soldat américain de la base d’Orly a été interpellé alors qu’il déposait des jerricans d’essence devant un garage d’Athis-Mons. Interrogé, il avoua qu’il revendait régulièrement à ce garagiste sa dotation mensuelle de 400 litres d’essence, allouée pour sa voiture personnelle.[40] Le choix des produits est aussi très intéressant à signaler. Bien entendu, il y a les produits ordinaires tels que les vêtements, les cigarettes, l’essence, les couvertures mais aussi des produits beaucoup plus insolites. En septembre 1947, un Versaillais est arrêté alors qu’il tentait de recéler, à un militaire anglais, un moteur d’avion appartenant à l’armée américaine.[41] Toujours aussi surprenant, le 23 avril 1948, un ouvrier d’Herblay est arrêté à Beauchamp en possession irrégulière d’une arme à feu de première catégorie et d’un "coupe-coupe" appartenant à l’armée américaine.[42]

La possession de ces objets insolites confirme bien la disparition progressive de ce trafic. Tout d’abord, dès le mois de septembre 1946, la présence américaine est réduite au maximum. Puis, même si les conditions du ravitaillement ne sont pas idéales, des améliorations commencent à se faire ressentir au cours de l’année 1947. Et pour finir, les trafiquants changent pour ainsi dire de fournisseur. Les membres de l’armée française deviennent les nouveaux pourvoyeurs des produits inaccessibles sur le marché officiel. Nous ne connaissons pas la date exacte du retrait des dernières troupes américaines de Seine-et-Oise. Toutefois, nous pouvons affirmer qu’au mois de janvier 1947, l’État-major américain des transports était encore stationné au château de Brunehaut à Étampes.[43] Cependant, nous savons que le plan de redéploiement du 18 janvier 1946 annonce le départ de 588 000 militaires américains. Le port du Havre gère à lui seul plus de 66% des départs.[44]

Ce plan met fin à l’occupation américaine, qui fut longue et surtout incomprise par les populations du département et des autres territoires occupés. Les meurtres, les viols,[45] les agressions, les cambriolages, les attaques à main armée, les gaspillages de produits ou de denrées contingentés et les problèmes liés à l’alcoolisme ont laissé un souvenir désagréable dans l’esprit des populations occupées.[46] L’image du soldat américain, celle du libérateur héroïque, a été ternie par les méfaits de ceux qui ont nuis gravement à autrui.[47] L’antipathie est réciproque, et les militaires américains le font savoir à leurs supérieurs.[48] En lisant, le mémorandum sur l’opinion des troupes américaines à l’égard de la France, il est clair que les soldats, dans leur grande majorité, portent sur les Français les jugements les plus sévères.[49] En dépit de cette mésentente, ce commerce illégal a pu prospérer et produire d’énormes bénéfices.


 
Comme le dit Michel-Pierre Chélini, "c’est la fin de la pénurie qui fait cesser le marché noir et non la fin de l’Occupation."[50] Le commerce illégal ou le marché noir des produits de l’armée américaine a, en quelque sorte, contribué à pérenniser les petits et les gros trafics observés sous l’Occupation. Les trafiquants, professionnels ou occasionnels, ont mis à profit leur expérience acquise au cours des quatre dernières années. L’abondance et la nouveauté des produits de l’armée américaine leur ont permis de s’approvisionner régulièrement et d’élargir leur marché. Certains ont continué à ravitailler leurs filières clandestines et d’autres se sont lancés dans les affaires. Les anciens et les néophytes ont alors profité de la richesse de cette armée et de la complicité de soldats américains, en service ou déserteurs, afin d’amasser des bénéfices faramineux. Néanmoins, il est important de préciser que les relations franco-américaines ne se résument pas à ce genre de fréquentations ni aux actes répréhensibles commis par des soldats américains.[51] Mais, lorsque les militaires américains reviennent en France, dans le cadre du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), les trafics reprennent avec les mêmes produits, les mêmes méthodes et la même complicité franco-américaine. Certes, le contexte socio-économique est différent mais les Français subissent les aléas de la vie chère. Le simple consommateur habitant près d’une base est donc ravi de pouvoir acquérir des produits à moindre coût. Les produits des magasins de l’armée américaine (PX) ne sont pas assujettis aux taxes, ce qui permet aux soldats de les revendre à bas prix tout en tirant un certain bénéfice. Toutefois, sous l’emprise du grand banditisme et de la petite délinquance, certains produits américains tels que l’essence, les cigarettes et les armes, vont faire l’objet de gros trafics.[52]

Notes

    1. France de Mijolla, "Libération de la Seine-et-Oise" dans La Seine-et-Oise dans la guerre (Essonne-Val d’Oise-Yvelines), 1939-1945 (Le Coteau: Éditions Horvath, 1989).return to text

    2. Fabrice Grenard, Les scandales du ravitaillement. Détournements, corruption, affaires étouffées en France, de l’Occupation à la guerre froide (Paris : Payot, 2012).return to text

    3. La Seine-et-Oise est un département de 5 604 km², comprenant 1,5 million d’habitants et 692 communes. Le centre entoure le département de la Seine, le nord est limitrophe à l’Oise, le nord-ouest à l’Eure, l’ouest à l’Eure-et-Loir, le sud au Loiret et l’est à la Seine-et-Marne. Ce territoire, intégré à COM Z Seine Section (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne et un débordement sur l’Yonne et le Loiret), est pratiquement "la plaque tournante de la répartition et de l’envoi à la majorité des troupes combattantes de tous les approvisionnements nécessaires". (Service Historique de l’Armée de Terre, Vincennes (SHAT), 8P31, rapport spécial de la liaison française de la Seine Section, 1er octobre 1944 au 31 mars 1945).return to text

    4. Fabrice Grenard, La France du marché noir (1940-1949) (Paris: Payot, 2008).return to text

    5. Mary Louise Roberts, What soldiers do. Sex and the American GI in World War II France (Chicago: University of Chicago Press, 2013).return to text

    6. Archives du Ministère des Affaires étrangères, La Courneuve (MAE), Série Y- Internationale, 1944-1949, Affaires politiques, dossier 1, secret, Accords relatifs aux questions administratives, juridictionnelles, économiques et financières entre le gouvernement provisoire de la République Française et les gouvernements des États-Unis et de Grande-Bretagne signés le 25 août 1944 (Paris: Imprimerie Nationale, 1944).return to text

    7. Archives départementales des Yvelines et de l’ancienne Seine-et-Oise, Montigny-le-Bretonneux (ADY), 382W2 à 15, réquisitions, sites à caractère militaire, communes B, C, D, G, J, L, M, N, P, Q, R, S, T et V, indemnisations, 1939-1953. D’après nos archives, du 25 août au 31 décembre 1944, l’armée américaine fait la demande de 333 réquisitions immobilières en Seine-et-Oise, dont 49% à Versailles.return to text

    8. Régine Torrent, "Les bombardements," chapitre 1 dans La France américaine. Controverses de la Libération (Bruxelles: Éditions Racines, 2004) et Thibault Richard, Vivre en région parisienne sous l’Occupation, La Seine-et-Oise dans la guerre (1940-1944) (Condé-sur-Noireau: Charles Corlet, 2004).return to text

    9. David P. Colley, The road to victory. The untold story of World War II’s Red Ball Express (New-York: Warner Books Edition, 2000), viii. Cf. map 1, Highway Express Routes (September 1944-February 1945). La police, la gendarmerie, les gardes civils et les hommes de la Military Police (MP) sont chargés de défendre les lignes de communications américaines (pipeline et Highway Express Routes) et d’assurer aux convois militaires une circulation optimum.return to text

    10. Données relevées dans 300W96, 300W97, 1W426, 300W24 (ADY), 2065-W4, 2026-W12 (Archives départementales du Val d’Oise, Cergy-Pontoise, ADVO), F1a3305 (AN), 75E102, 75E103, 75E314, 75E1505, 75E1546 (Service Historique de la Gendarmerie Nationale, Vincennes, SHGN).return to text

    11. ADY, 1W369, rapport bimensuel du 15 décembre 1944, le préfet de Seine-et-Oise au ministre de l’Intérieur. return to text

    12. Fabrice Grenard, "La manne américaine" dans La France du marché noir (1940-1949) (Paris: Payot, 2008).return to text

    13. ADY, 1W370, sous-préfecture de Corbeil, le 13 septembre 1944, le sous-préfet de Corbeil au préfet de Seine-et-Oise. return to text

    14. SHGN, 75E568, brigade Le Chesnay, procès-verbal (PV) 182 du 24 septembre 1944, renseignements administratifs, recherches dans l’intérêt des familles de ..., 17 ans, demeurant à Le Chesnay, PV 192 du 7 octobre 1944, renseignements administratifs, découverte de ..., suivant nos investigations concernant la nommée ..., avons découvert cette jeune fille Place Laboulaye à Le Chesnay, PV 194 du 7 octobre 1944, arrestation en vagabondage de ..., 19 ans, sans domicile fixe, en compagnie de ..., 17 ans, demeurant à Le Chesnay.return to text

    15. ADY, 300W97, brigade de Gonesse, PV du 2 novembre 1944, enquête sur les achats d’essence et de marchandises diverses à des soldats américains, audition de Monsieur ..., 44 ans, épicier, né en 1900, jamais condamné, prisonnier rapatrié.return to text

    16. Lors de la campagne de ramassage des jerricans de l’armée américaine, 96 890 jerricans ont été retrouvés, récupérés et saisis en Seine-et-Oise (environ 48% du total). Cette campagne a eu lieu dans 19 départements et au total, 202 464 jerricans vides ou pleins ont été collectés. (AN, F1a3305, le 19 janvier 1945, note à l’attention du ministre de l’Intérieur, récupération des bidons jerricans). return to text

    17. ADY, 300W97, Police d’État de Seine-et-Oise, Mantes, le 5 novembre 1944, arrestation de 10 personnes inculpées de recel de marchandises volées par des soldats américains (boîtes de conserves, boîtes de café, canadiennes, couvertures, paquets de cigarettes, etc.).return to text

    18. James J. Cooke, Chewing-gum, candy bars and beer. The Army PX in World War II (Columbia: University of Missouri Press, 2009).return to text

    19. Mémorandum n°1 relatif aux questions administratives et juridictionnelles, articles 7 à 14.return to text

    20. Données relevées dans 232W33 à 72 (Versailles, jugements correctionnels, août 1944 à décembre 1949, ADY), 3U Rambouillet 1051 à 1053 - 1070 (août 1944 à décembre 1947, ADY), 3U Mantes 960 à 963 (août 1944 à décembre 1947, ADY), 634W65 à 78 (Pontoise, janvier 1945 à juin 1949, ADVO), 1285W9 à 13 (Étampes, août 1944 à décembre 1948, Archives départementales de l’Essonne, Chamarande, ADE) et 1285W27 à 44 (Corbeil, janvier 1945 à juin 1948, ADE).return to text

    21. SHGN, 75E175, Rambouillet, le 15 décembre 1944, rapport du capitaine Derre sur l’état d’esprit des populations. return to text

    22. Voir la note 20.return to text

    23. Les véhicules complets, les roues complètes d’automobiles, de bicyclettes, de motocyclettes, de camions ou le matériel pour l’entretien de ces véhicules.return to text

    24. SHGN, 75E946, Limours, PV 351, le 1er août 1945, arrestation de ... David à Briis-sous-Forges, achats d’objets et d’essence américains et 75E294, Gendarmerie d’Ablis, PV 401, le 22 octobre 1945, achat et vente d’effets appartenant à l’armée américaine par ... Paul, à Saint-Martin de Béthencourt.return to text

    25. ADY, 232W50, Versailles, le 21 mai 1945, prévenu de recel ... André, représentant graineterie, demeurant à Vernouillet, arrêté à Paris le 28 novembre 1945.return to text

    26. ADY, 300W96, note des renseignements généraux de Seine-et-Oise, 1er secteur, Étampes, le 5 mai 1945, départ éventuel des troupes américaines cantonnées à Étampes.return to text

    27. Jean-Claude Marquis, Les camps cigarette: les Américains en Haute-Normandie à la Libération (Rouen: Éditions Médianes, 1994); Hélène Bondil, "La présence américaine en Seine-Inférieure, 1944-1946" (Mémoire de maîtrise sous la direction d’André Kaspi et Hélène Trocme, Paris I, 1996).return to text

    28. ADY, 232W51, Versailles, le 9 juin 1947, prévenu de recel, ... Pierre, spécialiste monteur chez Ford, demeurant à Andrésy, prévenu d’avoir à Bolbec, le 19 décembre 1945, recélé 10 kg de café moulu au préjudice de l’armée américaine. Déclare s’être rendu le 19 décembre 1945, au camp américain "Philip Morris" pour y acheter des cigarettes. Il s’est adressé à un soldat américain, celui-ci, qui n’avait plus de cigarettes lui proposa du café. Il accepta et se fit remettre 10 kg de café au prix de 2 000 francs.return to text

    29. ADY, 3U Rambouillet 1070, jugement 128, audience du 20 février 1945, prévenu de recel en janvier 1945, Auguste ..., 26 ans, tueur de porcs, marié, 2 enfants, arrêté le 12 février 1945 par la gendarmerie de Limours. return to text

    30. Analyse des rapports mensuels du préfet de Seine-et-Oise de janvier 1945 à décembre 1945. (ADY, 1W369, le préfet au ministre de l’Intérieur, rapports mensuels et bimestriels, manque février-août 1945, septembre 1944-décembre 1946 et AN, microfilm F1C III 1228, rapports des préfets, série départementale, 1944 à 1946, rapports du préfet pour le département de la Seine-et-Oise, mai à décembre 1945 et janvier à mars 1946).return to text

    31. SHGN, 75E402, Beaumont-sur-Oise, le 8 septembre 1945, rapport sur l’état d’esprit des populations, le MDLC Millerot, commandant provisoirement la brigade.return to text

    32. Marc Hillel, Vie et mœurs des G.I’s en Europe, 1942-1947 (Paris: Balland, 1981).return to text

    33. SHGN, 75E1673, Taverny, le 8 septembre 1945, rapport de synthèse, le MDLC Decroix, commandant la brigade.return to text

    34. SHGN, 75E955, Maisons-Laffitte, le 9 octobre 1945, rapport sur l’état d’esprit des populations, l’adjudant Chicoine, commandant la brigade. return to text

    35. Marie-Thérèse Frank, "La Seine-et-Oise," Les cahiers de l’IHTP: Le temps des restrictions en France (1939-1949), cahiers n°32-33 (mai 1996).return to text

    36. Orly est une commune du département de la Seine mais les terrains de l’aéroport s’étendent aux portes de plusieurs municipalités de la Seine-et-Oise.return to text

    37. ADE, 1285W41, Tribunal de Corbeil, jugement 71 du 6 juin 1947 en opposition au jugement par défaut du 6 décembre 1946, prévenus de vol à Étampes le 28 ou 29 décembre 1946.return to text

    38. ADY, 232W39, Tribunal de Versailles, jugement du 25 février 1946, prévenu de recel à Maisons-Laffitte le 8 février 1946, détenu le même jour.return to text

    39. ADY, 232W32, Tribunal de Versailles, jugement du 16 juillet 1947, prévenu de recel à Rouen le 14 février 1946.return to text

    40. ADY, 300W25, CATI, Police d’État de Seine-et-Oise, janvier 1945 à décembre 1949, rapport journalier du 14 septembre 1949 (police judiciaire).return to text

    41. ADY, 232W55, Tribunal de Versailles, jugement du 7 janvier 1948, prévenu de vol et de recel à Buc le 23 septembre 1947.return to text

    42. ADVO, 634W78, Tribunal de Pontoise, jugement 1031 du 28 avril 1949 en opposition au jugement par défaut du 7 octobre 1948. return to text

    43. ADY, 300W235, Ministère de l’Intérieur, renseignements généraux de Versailles, 1er secteur, note 18, le 3 janvier 1947, les troupes américaines quitteraient le château de Brunehaut à Étampes. return to text

    44. Le plan de redéploiement commence à partir du mois de janvier jusqu’au 30 juin 1946. Les départs se font des ports de Brême, Anvers, Le Havre et Southampton. (SHAT, 8P29, le 18 janvier 1946, plan n° 2 de liquidation de TSFET). return to text

    45. Robert J. Lilly, La face cachée des GI’s: les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale, 1942-1945 (Paris: Petite bibliothèque Payot, 2008).return to text

    46. MAE, dossier 10, Affaires politiques, États-Unis, Y-3-2, rapports franco-américains, le 20 mars 1947. D’après le rapport de l’ambassadeur Saragat du mois de février 1946 sur la situation créée en France par l’occupation alliée. return to text

    47. Elizabeth Coquart, La France des GI’s. Histoire d’un amour déçu (Paris: Albin Michel, 2003).return to text

    48. Nos amis les Français. Guide pratique à l’usage des GI’s en France, 1944-1945, traduit par Virginie d’Apremont et Arnaud d’Apremont (Paris: Le Cherche Midi, 2010) ou E.T.O.U.S.A., 112 Gripes about the French (Paris: Information and Education Division of the U.S. Occupation Force, 1945). Les soldats avaient également reçu un guide en juin 1944. Guide pratique de la France à l’usage du libérateur américain, établi par l’Armée des Etats-Unis en 1944, traduit par Isabelle Maillet (Paris: Payot, 2010) ou A Pocket Guide to France, établi par l’Army Information Branch of the Army Services Forces (United States Army) (Washington, DC: War and Navy Departments, 1944).return to text

    49. MAE, dossier 78, Forces américaines en France, état d’esprit, réquisitions, incidents, janvier 1945 à novembre 1951, Ministère des Affaires étrangères, Amérique. Paris, note pour le cabinet du ministre, mémorandum sur l’opinion des troupes américaines à l’égard de la France, rapport du 19 février 1946 du Service d’Information et d’Éducation du quartier général américain de Francfort.return to text

    50. Michel-Pierre Chélini, " Marché noir" dans Michèle Cointet et Jean-Paul Cointet, eds., Dictionnaire historique de la France sous l’Occupation (Paris: Tallandier, 2000).return to text

    51. David Reynolds, Rich Relations: The American Occupation of Britain, 1942-1945 (New-York: Random House, 1995) et Hilary Kaiser, Des amours de GI’s. Les petites fiancées du Débarquement (Paris: Tallandier, 2004).return to text

    52. Axelle Bergeret-Cassagne, Les bases américaines en France: Impacts matériels et culturels. 1950-1967. Au seuil d’un nouveau monde (Paris: L’Harmattan, 2008) et Olivier Pottier, Les bases américaines en France: 1950-1967 (Paris: L’Harmattan, 2003).return to text