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Title:  Les rois de la force: histoire de tous les hommes forts depuis les temps anciens jusqu'à nos jours : avec 733 photographies et dessins / professeur Desbonnet.
Author: Desbonnet, Edmond.
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LES ROIS DE LA FORCE HIPPOLYTE TRIAT EUX qui, actuellement, jouissent des bienfaits de la culture physique et lui doivent sante, beaute et force, ont pour premier devoir de reporter sur les initiateurs de cette oeuvre de r6novation l'hommage de leur respect et de leur reconnaissance. Les vivants s'honorent en glorifiant les morts qui furent bons et bienfaisants. Et peu d'hommes ont mieux merite ce double titre que celui dont nous allons ici conter la vie: Hippolyte-Antoine Triat est ne a Saint-Chaptes, petit village pros de Nimes (Gard), en I813; il etait le dernier d'une famille nombreuse et perdit ses parents a l'age de quatre ans; il fut alors recueilli par sa soeur ainee, qui habitait Nimes. A l'age de six ans il fut vole un jour de foire par des bohemiens qui le donnerent ou vendirent a une troupe d'artistes italiens, a Nice. I1 resta avec eux pendant sept ans, voyageant en Italie, en Autriche, en Espagne. Triat, habille en fille, faisait dans la troupe le travail de danse de corde sous le nom de la jeune Isela. En I825, la troupe se disloqua et il resta avec un Espagnol nomme Consuelo, qui faisait, avec deux de ses fils, un travail de poids et de poses plastiques sous le nom des Alcides. Triat fut vite mis a ce travail et il y reussit si bien que peu apres, sous le surnom de l'Infant, il etait connu dans toute l'Espagne, quand un accident, qui lui arriva a Burgos, en I828 (il eut la jambe gauche bris6e d'un coup de pied de cheval qui s'etait emporte et qu'il arreta), le forqa a y rester pendant longtemps; la personne qu'il avait sauvee, Mme Montsento, s'occupa de lui, et apres sa guerison le mit en pension au college des Jesuites de Burgos, oui il resta jusqu'a l'age de vingt-deux ans. Pendant son sejour chez ces religieux, ou il completa son education tant en franqais qu'en espagnol, grace a un Franqlis qui s'y trouvait, il donna des nouvelles a sa famille, re ut meme la visite de ses soeurs, mais ne voulut pas rentrer en France. I1 trouva dans la bibliotheque plusieurs livres anciens ouf il etait question des exercices des gy5mnases grecs et latins. Parmi ces livres se trouvait l'ouvrage de Mercurialis, celui de Plexotis, d'Andry, une traduction en espagnol du fameux TraNit de l'Art de stuter, par le chevalier Capriani, qui fut le professeur des fils de Franqois Ier. Triat se trouvait prepar6 pour les lire avec fruit et pendant son sejour au coll'ge il continua a s'exercer, fut le professeur de ses condisciples et commenqa alors a preparer son plan d'Education physique. Lorsqu'il quitta Burgos en I834, il reprit son metier d'artiste et d'athklte: il avait cree un nouveau travail de poses auquel ressemble du tout au tout celui de Sandow; une partie de ses exercices se faisait a une colonne tournante ou, suspendu par une main, par les pieds, par la machoire, il enlevait des chevaux, des hommes: il eut avec cela un immense succes en Espagne, en Angleterre ou il s~journa longtemps, et enfin en Belgique. Dans ce dernier pays, il installa un gymnase qui, en peu de temps, reussit a merveille; tout Bruxelles frequentait cet ktablissement situe 7, rue de Ligne, ou il resta de 1840 a I849, L^poque ou, ayant cede son gymnase, il vint installer a Paris, 55 et 57 avenue Montaigne, son superbe gymnase qui eut une vogue immense. Sa methode nouvelle, ses exercices de gymnastique scientifique furent tout de suite en faveur, il eut comme clients toute la haute societe parisienne. A l'avenement de l'Empire, il eut comme d6eves une grande partie de la cour, l'empereur lui-meme etait son leve et fut soign6 par lui pendant longtemps. Son magnifique gymnase avait exactement 40 metres de long sur 21 de large et 10 metres de haut, il y avait une collection compklte d'agres et d'engins de toutes sortes; il y avait pour plus de 00oo.ooo francs d'appareils, d'halteres, de barres a deux mains, de massues, etc.