À la mémoire de R.A. Pack (1907–1993)
    dont le CEDOPAL continue le Catalogue

    Préambule

    Dans les papyrus littéraires, la présence d'un titre, qu'il soit final, initial, noté au dos d'un volumen ou sur une étiquette, non seulement identifie sûrement le contenu en donnant de surcroît la ou une dénomination ancienne de l'œuvre, mais est souvent aussi, avec d'autres particularités codicologiques, l'indice d'un exemplaire de bibliothèque. Les papyrus littéraires grecs de médecine présentent-ils une indication de ce genre? Sous quelle(s) forme(s) y sont identifiés les auteurs et les traités médicaux? Poursuivant les recherches abordées dans des publications antérieures,[1] c'est à ces questions que l'on s'efforcera de répondre en examinant non seulement les papyrus dont l'auteur est identifié, mais également les adespota où sont cités des titres de traités, parfois accompagnés du nom de leur auteur. Ce faisant, on distinguera les titres "instruments" des titres "références," qu'ils soient mentionnés par l'auteur lui-même ou par d'autres auteurs.

    Le Catalogue des papyrus littéraires grecs et latins du CEDOPAL (c. 7000 notices)[2] comprend deux catégories de papyrus: ceux dont les auteurs sont identifiés (c. 55% du total) et les anonymes ou adespota (c. 45% du total). Dans cet ensemble, le sous-genre "médecine et chirurgie," qui, dans son état actuel, totalise 266 papyrus, compte 40 textes appartenant à des auteurs connus (15% du total) et 226 adespota (85% du total). Même si les statistiques doivent être utilisées avec beaucoup de prudence en papyrologie, – discipline en perpétuel devenir[3] –, force est de constater que la proportion des papyrus médicaux dont l'auteur est identifié est nettement inférieure aux résultats de l'ensemble des papyrus littéraires. Parmi les raisons, on peut sans doute invoquer la nature et le contenu d'une bonne partie de ces papyrus. De fait, à côté d'un nombre non négligeable de textes forcément anonymes destinés à l'apprentissage de la médecine (questionnaires, recueils de définitions), plus d'une centaine de papyrus contiennent des recettes, parfois isolées, dont on peut souvent restituer l'histoire à travers l'antiquité et le moyen âge, mais qu'il est la plupart du temps malaisé, sinon impossible, de rattacher à tel ou tel traité d'un auteur déterminé.

    Parmi les papyrus d'auteurs médicaux, ce sont les fragments d'Hippocrate qui sont les plus nombreux, – vingt-deux –, ce qui n'est pas étonnant eu égard à l'ancienneté, au prestige et à l'autorité du Maître de Cos, et aussi à l'utilisation de plusieurs traités hippocratiques dans l'enseignement de la médecine. On compte encore sept papyrus de Galien, datés du IIIe aux VI/VIIe s., trois papyrus de Nicandre de Colophon (IIe s. avant notre ère), trois de la Matière médicale de Dioscoride (Ier s. de notre ère),[4] un de la Gynécologie de Soranos d'Éphèse (début du IIe s.), un du médecin Hérodote (activité autour de 100 de notre ère) et un de la Chirurgie d'Héliodore (seconde moitié du Ier s. de notre ère). À cette liste peuvent encore être ajoutés deux papyrus dont l'un, qui relève de médecine vétérinaire, a été attribué par son éditeur à Anatolios de Beyrouth (c. IVe ou Ve siècle),[5] et dont l'autre pourrait être une étiquette portant le nom d'un certain Olump<i>os, peut-être le médecin de Cléopâtre (voir plus loin).

    NOM DU MÉDECIN NOMBRE DE PAPYRUS Nos du Catalogue MP3
    Hippocrate 22 537.1 à 545.3
    Galien 7 456 à 456.22
    Dioscoride 3 346 à 347.01
    Nicandre 3 1326 à 1328
    Héliodore 1 458.3
    Hérodote 1 484.1
    Soranus 1 1483
    Anatolios de Beyrouth (?) 1 87.03
    Olump<i>os 1 1329.01

    On a également proposé d'attribuer à d'autres auteurs médicaux les adespota suivants:

    ATTRIBUTION PROPOSÉE NOMBRE DE PAPYRUS Nos du Catalogue MP3
    Agathinos de Lacédémone 1 2380
    Apollonios Mys 1 2386
    Archéadès 1 456
    Archélaos 1 456
    Archimède 1 456
    Archonide 1 456
    Chrysippe de Cnide 1 2343.1
    Colotès 1 456.22
    Démétrius Chlore 1 1327
    Dioclès de Caryste 1 2343.1
    Érasistrate 1 2380.01
    Eudème 1 2346
    Héliodore 4 2372, 2374, 2376, 2377
    Héraclide de Tarente 1 456.22
    Hérodote 1 2383
    Ménodote de Nicomédie 1 456.22
    Ménon 1 2339
    Oribase 1 2362.3
    Sabinus 1 456.22
    Sextius Niger 2 2388.41, 2412
    Soranus 2 2339, 2347
    Théon 1 1327

    L'identification des auteurs et des oeuvres

    Comme la plupart des papyrus littéraires sont dépourvus d'indications sur le nom de l'auteur et de l'oeuvre, leur identification découle généralement de la comparaison de leur contenu avec le texte des éditions modernes des auteurs antiques ou de leurs manuscrits. Depuis une quinzaine d'années, cette opération est grandement facilitée par le recours au Thesaurus Linguae Graecae électronique. Un certain nombre de papyrus littéraires conservent cependant, en totalité ou en partie, une identification ancienne, à savoir le nom de l'auteur (souvent au génitif) et/ou le titre de l'oeuvre (parfois précédé de περί accompagné du génitif), suivi, s'il y a lieu, du numéro du livre et d'autres indications. Quand tel est le cas, ces informations figurent autant que possible dans les notices du Catalogue des papyrus littéraires grecs et latins du CEDOPAL, comme, par exemple,

    1113.1
    Homerus, Odyssea XIV 513–22 (om. 515–7), 528–33, avec titre final: XV 1–5
    P.Mich. inv. 5760d                                                                              <602>
    ed. pr.: N.E. Priest, Diss., n° 37;
    ed. alt.: T. Gagos – N. Litinas – N.E. Priest, BASP 41 (2004) 73–75
    III
    Photographie à Liège
    1273.18
    Isocrates, De Pace 144–145, avec titre final (sans nom d'auteur)
    P.Oxy. 69.4737                                                                                    <025>
    Oxyrhynchus    1e moitié II    ↓ (→ doc.: registre de propriétés)   
    Dim.: 170 × 205
    Reprod.: éd., pl. XIII

    Il reste toutefois à systématiser ces références dans les intitulés des notices, et peut-être à en perfectionner le système, par exemple, au moyen des indications N(omen) et Tit(ulus) pour indiquer la présence du nom de l'auteur et/ou du titre sur le papyrus.

    Les titres "instruments" attestés dans les papyrus littéraires médicaux

    Qu'ils soient sous forme de rouleaux ou de codices, plusieurs papyrus littéraires grecs de médecine attestent des titres. Un fragment de volumen daté du début du IIIe siècle (P.Monac. II 23 = MP3 458.3, provenance inconnue)[6] porte, écrit sous les dernières lignes de l'oeuvre, un titre final encadré de traits ornementaux: "Quatrième livre de la Chirurgie d'Héliodore" (fr. D, 24–26: Ἡλιοδώρου | Χειρουργουμέ|νων ὑπ(όμνημα) δ). Si, à notre connaissance, aucun titre initial[7] ni extérieur[8] n'est attesté à ce jour dans le sous-genre "médecine et chirurgie," un exemple possible d'étiquette (σίλλυβον ou σίττυβον ; latin titulus, index)[9] est le petit morceau de papyrus (9.5 cm de large sur 3.3 cm de haut) conservé à la Beinecke Library de l'Université de Yale (P.CtYBR inv. 4006 = MP3 1329.01, provenance inconnue, fin du IIe/milieu du IIIe siècle) qui, d'après A.E. Hanson, son éditeur, pourrait bien porter le titre d'un ouvrage médical: "Des Kathemerina d'Olympios, 3e livre" (1–2: τοῦ Καθιμερινὰ 〚γ〛 | Ὀλυμπίου γ, lire Καθημερινά). Le titre pourrait se référer à des fièvres, à un régime ou même à des soins cosmétiques "quotidiens," tandis que, entre autres candidats, l'auteur pourrait être identifié avec Olympos (Ὀλύμπ<ι>ος?), médecin de Cléopâtre.[10]

    Parmi les codices, un morceau de papyrus mesurant 14 x 12 cm et conservé à la Österreichische Nationalbibliothek de Vienne (P.Bingen 25 [P.Vindob. inv. G 42822] = MP3 2386.01, provenance inconnue, VIIe siècle?) pourrait, d'après son éditeur M. Huys,[11] correspondre à une page de titre car, curieusement, les lettres y sont tracées avec des doubles traits, dans un style plutôt épigraphique, et mesurent 2 cm de haut, comme dans le Dioscoride de Vienne (Vindobonensis Med. Gr. 1, Constantinople, début du VIe siècle)[12] qui, lui, comporte deux titres différents (f° 7v: titre ornementé; f° 10v et 11r: titre "ancien")! Comme l'indiquent les parties de mots conservées dans le fragment viennois, l'ouvrage pourrait être consacré à la thérapeutique (1–3: ] ̣ ̣ΝΤΙΣ ̣ ̣[ | ΒΙΒΛ]ΙΩΝ ΘΕ[ΡΑ|ΠΕΥΤ]ΙΚΩΝ[ ?) plutôt qu'à la philosophie. Sur l'autre face, il y a des restes d'un document du VIIe siècle, également écrit dans le sens des fibres, comme si, d'abord utilisé pour un texte documentaire, le papyrus avait ensuite été réutilisé à des fins littéraires, peut-être comme brouillon.

    Parmi les papyrus hippocratiques, un titre initial ornementé est attesté sur un feuillet de codex en parchemin provenant d'Antinoé, en Moyenne-Égypte (P.Ant. I 28 = MP3 543) et daté paléographiquement de la fin du IIIe/début du IVe siècle de notre ère. Il conserve, côté chair (= "recto"), la fin du Pronostic, à savoir les chapitres 24–25 (II, 188, 4 – 190, 7 Littré), et, côté poil (= "verso"), le début des Aphorismes (I, 1–3 = IV, 458–460, 6 L.), précédé, sur une ligne marquant un retrait de 3 lettres par rapport à la colonne de texte, du titre Ἱπποκρά[τους Ἀφορ]ισμοί, encadré de quelques traits ornementaux. Comme l'ont remarqué l'éditeur C.H. Roberts et plusieurs commentateurs,[13] ce feuillet de parchemin provient d'un exemplaire plutôt luxueux, avec sa mise en page soignée, son titre ornementé, sa ponctuation, ses signes de lecture et ses notes marginales. Jointes à son format "de poche" (le feuillet conservé, auquel il ne manque que 2 ou 3 lignes vers le bas pour être complet, mesure 11.4 cm de large sur 15 cm de haut), ces caractéristiques suggèrent que le codex pourrait correspondre au vade-mecum du praticien local, à moins qu'avec ses sous-titres marginaux, il n'ait été utilisé pour un commentaire, voire pour l'enseignement de la médecine à Antinoé. Outre le Pronostic et les Aphorismes, ce codex contenait-il d'autres oeuvres, hippocratiques ou non? Il est impossible de répondre. En tout état de cause, remarquons, à la suite de J. Jouanna, que ces deux traités traditionnellement attribués à Hippocrate par la critique ancienne, ont été commentés par Galien et que, parmi la CH, c'est le traité des Aphorismes "qui a été le plus lu, le plus commenté et le plus cité. Il fut le bréviaire des médecins jusqu'au XVIIIe siècle."[14] Le titre Ἀφορισμοί est attesté par Érotien (36, p. 9, ll. 17–18 Nachmanson), tout comme Προγνωστικόν (ibid., l. 7). Bien qu'il n'apparaisse pas dans notre fragment, ce titre était sans doute noté au début de l'oeuvre (titre initial), sinon en souscription, dans la lacune du bas de la page (titre final). On sait en effet que, si le passage du rouleau au codex a entraîné des changements au niveau du volume du contenu et de la mise en page du livre antique, il n'a pas empêché la perpétuation d'usages antérieurs, comme celui du titre final. Quand au titre noté au début de l'oeuvre, d'initial dans le volumen qui, en principe ne contient qu'une seule oeuvre, il devient sous-titre dans un codex miscellaneus comme celui-ci. L'ordre de succession des traités hippocratiques, – Pronostic, suivi d'Aphorismes –, dans P.Antin. I 28 ne correspond pas à celui des manuscrits byzantins (Aphorismes, suivis du Pronostic), mais bien à celui de l'énumération des œuvres d'Hippocrate dans la Souda (s.v. Ἱπποκράτης), à savoir, premièrement, le Serment, deuxièmement, le Pronostic, troisièmement, les Aphorismes, quatrièmement, une collection de 60 livres.[15]

    C'est un titre initial ou un sous-titre avec quelques traits ornementaux qu'atteste un feuillet de codex (miscellaneus ?) en papyrus de la fin du VIe/début du VIIe siècle de notre ère provenant d'Hermopolis (P. Berol. inv. 11739 A-B = MP3 456, lignes 1–3: Προλεγόμενα τοῦ Περὶ ἑρέσεων | Γαληνοῦ· Ἀρχ[ ̣ ̣ ̣ ]δου σοφιστοῦ | ἐξήγησις, lire αἱρέσεων): "Prolégomènes aux Sectes de Galien. Exégèse du sophiste Arch[...]de." Surmonté, dans le coin supérieur droit de la page, par la lettre alpha soulignée (n° du fascicule du codex ou du 1er feuillet de celui-ci ?), le titre est centré au-dessus de la colonne d'écriture et s'accompagne de traits ornementaux. Après avoir été considéré jusqu'il y a peu comme un commentaire néoplatonicien au traité Des sectes de Galien, ce texte soigneusement mis en page apparaît aujourd'hui, à la lumière des recherches récentes de D. Manetti,[16] comme une introduction générale à la médecine, dans laquelle l'œuvre galénique est citée pour ainsi dire accidentellement, car elle occupe la première place dans le "Canon alexandrin," ce programme d'enseignement médical fondé sur une sélection d'écrits hippocratiques et surtout galéniques dans l'Alexandrie tardive.

    Les références attestées dans les papyrus littéraires médicaux

    À côté des titres "instruments," comme les titres initiaux des Aphorismes d'Hippocrate et des Prolégomènes aux Sectes de Galien par un sophiste au nom mal élucidé, le titre final de la Chirurgie d'Héliodore, et, peut-être, l'étiquette des Kathemerina d'Olympios et le brouillon de la page de titre des Therapeutika (tableau 1), plusieurs adespota médicaux citent des noms et, plus rarement, des titres d'oeuvres parfois accompagnés du nom de leur auteur.[17] Tant les attributions que les citations font l'objet d'une rubrique spéciale dans les notices MP3, comme, par exemple,

    456.22
    (antea2578)
    Galenus (?), In Hipp. De alimento commentarii
    P.Flor. 2.115                                                                                         <302>
    edd. post.: M. Manfredi, SIFC 46 (1974) 154–184; D. Manetti, Studi su papiri di logica e medicina (Florence, 1985 = STCPF 1) 173–206; Ead., CPF III 4 (avec bibliographie)
    IIIin. (P. Degni, dans Mostra2 ; IIIex./IVin. Manfredi, Manetti; 2e moitié I/1e moitié II Comparetti; III Turner)    CP
    Dim.: 105 × 95
    Attrib.: commentaire probable de Galien à Hipp., De alimento, dont l'original est perdu. Le traité connu sous ce titre dans le corpus galénique est une falsification de la Renaissance (D. Manetti). Antérieurement, on a proposé Colotes (Edwards); Galenus (Manfredi); Heraclides (< Tarentum) (Manfredi); Menodotus (< Nicomedia) (Manfredi); Sabinus (Manfredi)
    Cit.: Alcmaeon (CPF 9.1T); Democritus (CPF 43.1T); Heraclitus, DK 22B 101; Hippocrates med., De alimento 39 et 15, Epid. VI 5.1 (V 314)
    Bibl.: A. Körte, APF 6 (1920) 240–1; W.M. Edwards, dans J.E. Powell, New Chapters 2.98–99; I. Andorlini, dans Le commentaire 40 et 48, repr. dans STCPF 11 (2003) 18 et tav. IV; Marganne 85; Andorlini 8; Roberts, Codex 184–5; Typ. 411; Mostra2 58; CPF I 1**, 49.1T et 57.2T; Ihm, Clavis commentariorum 273
    Reprod.: ed. pr., p. 36; éd. de Manfredi; Mostra2, pl. XLVI (partim: →); CPF IV 2, pl. 75; CD PLBML
    Photographie à Liège

    Les noms cités dans le sous-genre "médecine et chirurgie" sont les suivants:

    TABLEAU DES CITATIONS
    Abas 2339
    Aias 2339
    Aigimios d'Elis 2339
    Alcamène d'Abydos 2339
    Alcméon 456.22
    Alexandre Philalèthe 2339
    Andron 2404
    Antoninos de Cos 2388
    Antylle 2362.5
    Apollodore 2388.41
    Apollonios Mys 2360.2
    Archagathos 2407
    Archibios 2354
    Aristote 2339
    Asclépiade 2339, 2340
    Azanitès 2407.01
    Bassus 456.11
    Callimaque 1327
    Cassius 2397
    Critoboul[ 456
    Criton 2379
    Démétrios d'Apamée 2347
    Démocrite 456.22
    Démosthène 2345.1
    Dexippe de Cos 2339
    Dioclès 2388.1
    Dionysios 2391.6, 2407.01
    Érasistrate 2339
    Euédos 2391.6
    Euryphon 2339
    Héraclide de Tarente 2377
    Héraclite 456.22
    Héracléodore 2339
    Héras 2382, 2407.01
    Hérodicos de Cnide 2339
    Hérodicos[18] 2339
    Héron 2377
    Hérophile 2339
    Hésiode 1327
    Hikésios 2410.1
    Hippocrate 456.22, 2338, 2339, 2354, 2357.1, 2359, 2380, 2380.1, 2764.2
    Hippon 2339
    Hygieinos 2407.01
    Jean Lykios 2362.4
    Ménandre 1327
    Ménécrate 2339
    Ménodore 2377
    Ménon 2339
    Méthodiques 2340, 2360.2
    Mnason 2391.6
    Nicératos d'Athènes 2388
    Ninyas l'Égyptien 2339
    Pétron d'Égine 2339
    Phasélas de Ténédos 2339
    Philistion 2339
    Philolaos de Crotone 2339
    Philoxène 2377
    Platon 2339
    Polybe 2339
    Polyeidos 2388.3
    Praxagoras 2391.6
    Sophocle 1327
    Sophron 1328
    Sostrate 2377
    Télamon 2407.01
    Thrasymaque de Sardes 2339
    Timothée de Métaponte 2339
    Xénophon (?) 2346.1

    L'examen des papyrus contenant ces références entraîne les remarques suivantes. Parce qu'ils font partie de l'intitulé de recettes, dont l'étude réclame un traitement particulier,[19] on ne retiendra pas ici les noms de Jean Lykios (MP3 2362.4), Criton (MP3 2379), Polyeidos (MP3 2388.3), Dionysios, Euèdos, Mnason, Praxagoras (MP3 2391.6), Cassius (MP3 2397), Andron (MP3 2404), Archagathos (MP3 2407), Azanitès, Héras, Hygieinos, Télamon (MP3 2407.01) et Hikésios (MP3 2410.1). Qu'ils renvoient à des doctrines ou à des procédés (consignés par écrit ou non?), les autres noms sont attestés dans 26 papyrus que, dans un premier temps, on peut classer par genre, à savoir "commentaires et scholies" (3 papyrus: voir tableau 2), "doxographies" (2 papyrus: voir tableau 3)[20] et "traités" (17 papyrus: voir tableau 4), en ce compris ceux qui, à la manière des Collectiones medicae d'Oribase, relèvent plutôt du genre "encyclopédique," comme P.Antin. III 128 (MP3 2362.5). À ces papyrus médicaux, on ajoutera encore deux listes de livres conservées sur des coupons de papyrus qui attestent les noms de plusieurs auteurs médicaux et un titre,[21] un manuel de tachygraphie et une citation dans un papyrus philosophique d'Herculanum (voir tableau 5).

    L'analyse des tableaux révèle que la mention du nom d'une autorité médicale est infiniment plus fréquente que celle d'un titre, pour laquelle on ne dispose que de 8 exemples: les Épidémies, Maladies I et Aphorismes hippocratiques, l'Art médical du pittoresque médecin Ménécrate surnommé Zeus,[22] et les Kephalaia de Théodas de Laodicée (P.Ross.Georg. I 22, col. I, l. 9: [Θε]οδᾶ κεφάλαια), un médecin empirique actif dans la première moitié du IIe siècle de notre ère, ainsi que trois auto-citations: Affections chroniques dans P.Golenischeff (MP3 2347), Traité technique dans P.Ryl. III 529 (MP3 2376) et le "Mémoire précédant celui-ci" dans P.Fuad I Univ. inv. 1 (MP3 2377). Parmi les auteurs, le nom le plus souvent cité est évidemment celui d'Hippocrate (13 fois), suivi par celui d'Asclépiade (9 fois) et celui d'Érasistrate (9 fois). Pour autant qu'on puisse en juger, la grande majorité des auteurs cités appartiennent aux époques classique (Hippocrate, Euryphon, Hérodicos, Hippon et Philolaos de Crotone, Aigimios d'Élis, Dexippe de Cos, Polybe, Démocrite, Platon, Ménécrate, Pétron d'Égine, Philistion, Aristote) et hellénistique (Hérophile, Érasistrate, Nicandre, Asclépiade et, peut-être, Thémison et Apollodore [?]), et quelques-uns seulement aux époques archaïque (Héraclite, Alcméon de Crotone) et romaine (Alexandre Philalèthe, Nicératos d'Athènes, Antoninos de Cos,[23] Héliodore, Galien et peut-être Olympios, Glaucon, Xénophon et Thessalos). Dans les papyrus, qui sont tous datés des périodes romaine et byzantine, – de la fin du Ier siècle avant notre ère au VIIe siècle de notre ère –, ils sont désignés par leur nom, souvent accompagné de l'ethnique (de Cos, d'Apamée, d'Athènes, etc.), mais parfois aussi d'un autre adjectif, comme, par exemple, "le très divin Hippocrate" (θειότατος) dans P.Ant. III 183 (MP3 543.3), "Ménécrate surnommé Zeus" (Μενεκράτ[η]ς δὲ ὁ Ζε[ὺς ἐπι]κληθεὶς) et "Asclépiade donneur de vin" (οἰνοδώτης)[24] dans l'Anonyme de Londres (MP3 2339). La qualité de "médecin" apparaît une seule fois, pour Hippocrate (P.Herc. 831). On trouve aussi des désignations collectives, comme "les modernes," "les stoïciens" et "les empiriques" dans l'Anonyme de Londres, "les méthodiques" dans P.Mil.Vogl. I 15 (MP3 2340) et "la Méthode" dans P.Oxy. LII 3654 (MP3 2360.2, partim)[25] et les organikoi dans P.Lit.Lond. 166 (MP3 2374) et P.Ryl. III 529 (MP3 2376).

    Un classement combinant datation et provenance peut également fournir des données intéressantes à comparer avec celles des autres papyrus littéraires. Sur les 31 papyrus médicaux repris dans la présente étude, 11 sont de provenance inconnue, tandis que les 20 autres proviennent d'Antinoé (6 papyrus), d'Oxyrhynque et de l'Oxyrhynchite (6 papyrus), du Fayoum (4 papyrus), d'Hermopolis (1, peut-être 2), de Tebtynis (1), de Memphis (1) et d'Herculanum (1).

    Si l'on examine le support et le matériau de ces pièces, on s'aperçoit que la plupart des citations sont attestées dans des rouleaux et des codices d'assez bonne facture. Le parchemin est utilisé une seule fois, pour P.Antin. I 28 (MP3 543). Deux cas seulement illustrent la réutilisation de l'autre face d'un rouleau littéraire (PSI XII 1275 = MP3 2345.1) et documentaire (P.Oxy. II 234 + LII 3654 = MP3 2360.2). L'Anonyme de Londres, dans lequel Daniela Manetti a reconnu un très probable brouillon autographe, représente un cas à part, à la fois pour les circonstances de sa copie et pour son contenu, essentiellement de nature doxographique.[26] C'est lui qui atteste le plus de noms d'auteurs médicaux. L'examen des testimonia y réserve bien des surprises. Pour ne prendre que deux exemples, l'Hippocrate auquel il se réfère s'accorde mal avec l'image traditionnelle du médecin de Cos, telle qu'elle a pris corps au cours du XIXe siècle,[27] tandis que, sous le nom d'Aristote, se cacherait, en réalité, son disciple Ménon....

    Conclusion

    Au terme de cette enquête, si schématique soit-elle, nous espérons avoir montré combien le témoignage des papyrus complétait utilement les données fournies par les manuscrits à propos de l'ecdotique des titres, et pouvait contribuer aux recherches sur le processus de personnalisation de l'oeuvre médicale à un stade précoce, tant en ce qui concerne le nom de l'auteur que la formulation du titre de l'oeuvre et même sa typologie. Ainsi rencontre-t-on, pour désigner un certain nombre de traités médicaux, les mots ὑπόμνημα dans le papyrus d'Héliodore (P.Monac. II 23 = MP3 458.3), λόγος pour désigner le Traité technique dans un papyrus de chirurgie (P.Ryl. III 529 = MP3 2376), βυβλίον dans l'Anonyme de Londres (P.Lit. Lond. 165 = MP3 2339), προλεγόμενα pour désigner l'introduction générale à la médecine contenue dans un papyrus byzantin (P.Berol. inv. 11739 A-B = MP3 456), et σύγγραμμα dans un papyrus dont la parution est imminente.[28]

    Tableaux récapitulatifs

    1. Titres "instruments"
    Papyrus Provenance Datation Forme/matériau Contenu Citations du nom d'auteurs médicaux Titre de traité
    1) P. Berol. inv. 11739 A-B = MP3 456 Hermopolis VIex./VIIin. codex en papyrus Commentaire néoplatonicien à Gal., De sectis Arch[..]de, Galien De sectis (titre initial ornementé)
    2) P Monac. II 23 = MP3 458.3 ? IIIin. rouleau de papyrus Heliodorus, Cheirourgoumena IV (la fin) Héliodore Cheirourgoumena (titre final ornementé)
    3) P.Ant. I 28 = MP3 543 Antinoé IIIex./IVin. codex en parchemin Hipp., Pron., 24–25 et Aph., I, 1–3 Hippocrate [Pron. ? +] Aph. (titre initial ornementé)
    4) P.CtYBR inv. 4006 = MP3 1329.01 ? IIex./milieu III coupon de papyrus étiquette d'un ouvrage médical ? Olympios Kathemerina
    5) P.Bingen 25 = MP3 2386.01 ? VII ? coupon de papyrus → (autre face, écrite →, doc.) brouillon de page de titre d'un codex ? ? Therapeutika
    2. Références dans les commentaires et scholies
    1) P.Flor. II 115 = MP3 456.22 ? III/IVin. codex en papyrus [Gal., In Hipp. De alimento comm. ?] Alcméon, Democrite, Héraclite, Hippocrate Epid.
    2) P.Ant. III 183 = MP3 543.3 Antinoé VI codex en papyrus Hipp., Aph., III–IV (partim), avec scholies "le très divin Hippocrate" /
    3) P.Köln V 206r + P.Oxy. XIX 2221r = MP3 1327 Oxyrhynque milieu I rouleau de papyrus → (↓ MP3 2410.1, recettes médicales) Commentaire à Nicander, Theriaca 377–395 Nicandre [et d'autres auteurs non médicaux] /
    3. Références dans les doxographies
    Papyrus Provenance Datation Forme/matériau Contenu Citations du nom d'auteurs médicaux Titre de traité
    1) P.Lit.Lond. 165 = MP3 2339 (Anonyme de Londres) ? 2e moitié I rouleau de papyrus → (↓ deux passages médicaux relatifs au recto, une recette et la copie plus tardive d'un rescrit de Marc Antoine) Traité médical Euryphon (2 x),
    Hérodicos de Cnide (2 x),
    Hippocrate (6 x),
    Aristote (6 x),
    Alcamène d'Abydos (2 x),
    Timothée de Métaponte,
    Héracléodore,
    Hérodicos,
    Ninyas l'Égyptien,
    Hippon de Crotone, "dans un autre livre"
    Thrasymaque de Sardes,
    Dexippe,
    Phaselas de Ténédos,
    Aigimios d'Elis,
    Platon (3 x),
    Philolaos de Crotone (3 x),
    Polybe,
    Ménécrate surnommé Zeus, "dans l'Art médical"
    Pétron d'É[gine],
    Philistion,
    Hérophile (2 x),
    Érasistrate (8 x) et les érasistratéens (6 x)
    Asclépiade "donneur de vin" (7 x),
    Alexandre Philalèthe (4 x),
    Démocrite (2 x),
    les modernes (2 x),
    les stoïciens (2 x),
    les empiriques
    2) PSI inv. 3011 = MP3 2388 ? IIIin. rouleau de papyrus Matière médicale Antoninos de Cos, Nicératos d'Athènes, un Thessalien, un Milésien /
    4. Références dans les traités
    Papyrus Provenance Datation Forme/matériau Contenu Citations du nom d'auteurs médicaux Titre de traité
    1) P. Strasb. inv. G 26 = MP3 539.2 ? IIex./IIIin. rouleau de papyrus → (↓ doc.) Traité médical [Hipp., Nat. hom. ?] + Mal. I
    2) P.Mil.Vogl. I 15 = MP3 2340 Oxyrhynque IVin. codex en papyrus Questionnaire de pathologie Asclépiade (2 x), les méthodiques /
    3) PSI XII 1275 = MP3 2345.1 Oxyrhynque II rouleau de papyrus ↓ (→ MP3 1011) Dénomination des parties du corps Démosthène (médecin ?) au vocatif /
    4) P.Ant. III 129 = MP3 2346.1 Antinoé III codex en papyrus (paginé) Traité médical Xénophon (médecin ?) /
    5) P.Golenischeff = MP3 2347 ? III rouleau de papyrus Gynécologie Démétrius d'Apamée [Auteur ?], Affections chroniques (auto-citation)
    6) BKT III 22–26 = MP3 2354 ? Iex. rouleau de papyrus Sur l'enseignement de la chirurgie Hippocrate, Archibios, "empirique" /
    7) P.Harris I 26 = MP3 2357.1 Oxyrhynchite III rouleau de papyrus → (↓ cursive) Fragment médical Hippocrate /
    8) P.Oxy. II 234 + LII 3654 = MP3 2360.2 Oxyrhynque IIex./IIIin. rouleau de papyrus ↓ (→ doc.) Traité médical la "Méthode" /
    9) P.Ant. III 128 = MP3 2362.5 Antinoé VI codex en papyrus Traité médical (encyclopédie) Antylle (dans le titre d'un chapitre) /
    10) P.Lit.Lond. 166 = MP3 2374 Fayoum IIin. rouleau de papyrus → (↓ MP3 238) Traité chirurgical organikoi /
    11) P.Ryl. III 529 = MP3 2376 ? III codex en papyrus Traité chirurgical organikoi Traité technique (auto-citation)
    12) P. Fuad I Univ. inv. 1 = MP3 2377 Fayoum III rouleau de papyrus Traité chirurgical Philoxène, et l'entourage de Sostrate, Héron, Héraclide, Ménodore "dans le Mémoire précédant celui-ci" (auto-citation)
    13) P.Strasb. inv. G 1 = MP3 2380 ? II rouleau de papyrus → (↓ doc. III/IV) Sur les fièvres Hippocrate /
    14) P.Ant. III 124 = MP3 2380.1 Antinoé VI codex en papyrus Traité diététique Hippocrate cite Aph.
    15) P.Lund I 6 + P.Mil.Vogl. I 16 + P.Tebt. II 677 + PSI inv. 3054 + P. Carlsberg s.n. = MP3 2386 Tebtynis Iex./IIin. rouleau de papyrus Traité de thérapeutique "empirique" /
    16) P.Ant. III 123 = MP3 2388.1 Antinoé VI codex en papyrus Matière médicale Dioclès /
    17) P.Oxy. LIII 3701 = MP3 2388.42 Oxyrhynque 2e moitié I rouleau de papyrus Matière médicale Apollodore /
    5. Références dans deux listes de livres, un manuel de tachygraphie et unP.Herc.
    Papyrus Provenance Datation Forme/matériau Contenu Citations du nom d'auteurs médicaux Titre de traité
    1) P.Varsov. 5v = MP3 2088 Arsinoïte III coupon de papyrus → (↓ doc.) liste de volumes philosophiques et médicaux
    • Glaucon
    • Xénophon
    • Chrysippe
    • Thessalos
    • Érasistrate
    • Thémison
    2) P.Ross.Georg. I 22 = MP3 2089 Memphis 2e moitié III coupon de papyrus → liste d'ouvrages surtout philosophiques Théodas Kephalaia
    3) P.Fay.Coles 9, l. 34 = MP3 2764.2 Fayoum milieu II rouleau de papyrus Commentaire tachygraphique Hippocrate (?) /
    4) P.Herc. 831 Herculanum Iaex./Iin. rouleau de papyrus Démétrius Lacon [traité philosophique] "le médecin Hippocrate" /

    Notes

      1. M.-H. Marganne, Le livre médical dans le monde gréco-romain. Cahiers du CEDOPAL 3 (Liège 2004) 86–89; ead., "Les titres de traités hippocratiques attestés dans la littérature médicale papyrologique," Studi di Egittologia e di Papirologia 4 (2007) 105–115.return to text

      2. Entièrement informatisé et régulièrement mis à jour par nos soins, le Catalogue des papyrus littéraires grecs et latins (Mertens-Pack3 ou MP3) du CEDOPAL, avec la bibliographie complète des papyrus étudiés dans la présente contribution, est accessible en ligne à l'adresse <http://promethee.philo.ulg.ac.be/cedopal/index.htm>.return to text

      3. Ainsi, on attend la publication, sous l'égide de l'Egypt Exploration Society, du Wellcome Centre for the History of Medicine et du Department of Greek and Latin de l'University College London, d'une soixantaine de P.Oxy. médicaux encore inédits.return to text

      4. Parmi les P.Oxy. médicaux inédits, il y aurait encore 3 papyrus de Dioscoride (information transmise par V. Nutton le 11.04.2008, à Paris, lors du VIe Colloque international d'ecdotique des textes médicaux grecs).return to text

      5. Sur ce papyrus (P.Vindob. inv. G 40302 = MP3 87.03) édité par A. Papathomas, "Das erste antike Zeugnis für die veterinärmedizinische Exzerptensammlung des Anatolios von Berytos," WS 113 (2000) 135–151, voir M.-H. Marganne, "Témoignages papyrologiques sur la médecine vétérinaire dans l'Égypte gréco-romaine et byzantine," dans M.-Th. Cam (sous la dir.), La médecine vétérinaire antique: sources écrites, archéologiques, iconographiques. Acte du colloque International de Brest, 9–11 septembre 2004, Université de Bretagne Occidentale (Rennes 2007) 145–157.return to text

      6. M.-H. Marganne, La chirurgie dans l'Égypte gréco-romaine d'après les papyrus littéraires grecs. Studies in Ancient Medicine 17 (Leyde-Boston 1998) 96–109; pour une reproduction, voir M.-H. Marganne (2004), op.cit. (ci-dessus, n. 1) pl. 5.return to text

      7. E.G. Turner, P.J. Parsons, Greek Manuscripts of the Ancient World. BICS Suppl. 46 (Londres 19872) 13–14; D. Delattre, "Les titres des oeuvres philosophiques de l'épicurien Philodème de Gadara et des ouvrages qu'il cite," dans J.-C. Fredouille et al. (éds.), Titres et articulations du texte dans les oeuvres antiques. Actes du Colloque International de Chantilly 13–15 décembre 1994. Collection des Études Augustiniennes, Série Antiquité 152 (Paris 1997) 113. Sur le titre initial, voir aussi M. Caroli, Il titolo iniziale nel rotolo librario greco-egizio (Bari 2007). return to text

      8. W. Luppe, "Rückseitentitel auf Papyrusrollen," ZPE 27 (1977) 89–99. return to text

      9. T. Dorandi, "Sillyboi," S&C 8 (1984) 185–199; id., "'Etichette' e sillyboi," dans M. Capasso (éd.), Il rotolo librario: fabbricazione, restauro, organizzazione interna. Pap.Lup. 3 (Galatina 1994) 229–231; M. Caroli, "Silluboi o silluba? (Cicerone, Ad Attico 4, 4a; 4, 8, 2; 4, 5, 4)," Segno e Testo 3 (2005) 39–49.return to text

      10. A.E. Hanson, "A Title Tag: PCtYBR inv. 4006," dans I. Andorlini (éd.), Testi medici su papiro. Atti del Seminario di studio. Firenze, 3–4 giugno 2002 (Florence 2004) 209–219 et pl. XIV; ce papyrus est repris dans l'ouvrage récent de Caroli, op.cit. (ci-dessus, n. 7) 205–207 et tav. XXIb (P 17).return to text

      11. P.Bingen 25 et pl. 14.return to text

      12. O. Mazal (Komm.), Der Wiener Dioskurides. Codex medicus graecus 1 der Österreichischen Nationalbibliothek. 2 vol. (Graz 1998) Fo 7v et p. 27 (titre ornementé); Fo 10v–11r et p. 28–29 (titre ancien).return to text

      13. Le papyrus a été édité par C.H. Roberts, The Antinoopolis Papyri I (Londres 1950) 69–75 et commenté notamment par B. Alexanderson, Die hippocratische Schrift Prognostikon. Überlieferung und Text (Göteborg 1963) 68–69 et 230–231; I. Andorlini, "Codici papiracei di medicina con scoli e commento," dans Fredouille et al., op.cit. (ci-dessus, n. 7) 37–52, spéc. 41–42 et 49–50, reproduit, avec des développements, sous le titre "L'esegesi del libro tecnico: papiri di medicina con scolî e commenti," dans Studi e testi per il Corpus dei Papiri Filosofici Greci e Latini [= STCPF] 11 (2003) 9–30, spéc. p. 23–24 et tav. Va-b; voir aussi E.G. Turner, The Typology of the Early Codex. Haney Foundation Series 18 (Philadelphie 1977) n° 98; S. Ihm, Clavis commentariorum der antiken medizinischen Texte. Commentariorum Antiquitatis et Medii Aevi 1 (Leyde 2002) 224, n° 274. Pour la reproduction, voir G. Cavallo, "Grammata Alexandrina," JÖByz 24 (1975) 23–54, repr. dans id., Il calamo e il papiro. La scrittura greca dall'età ellenistica ai primi secoli di Bisanzio. Pap.Flor. XXXVI (Florence 2005) 175–202 et pl. 5; Marganne (2004), op.cit. (ci-dessus, n. 1) pl. 6. return to text

      14. J. Jouanna, Hippocrate (Paris 1992) 530–531 et 555–556.return to text

      15. A. Roselli, "Un corpo che prende forma: l'ordine di successione dei trattati ippocratici dall'età ellenistica fino all'età bizantina," dans G. Cerri (éd.), La letteratura pseudepigrafa nella cultura greca e romana. Atti di un incontro di studi Napoli, 15–17 gennaio 1998. AION 22 (Naples 2000) 167–195, spéc. 189.return to text

      16. D. Manetti, dans Corpus dei Papiri filosofici greci e latini (CPF). Testi e lessico nei papiri di cultura greca e latina. Parte III: Commentari (Florence 1995) 19–38.return to text

      17. Sur les thématiques du nom de l'auteur et de la citation dans l'antiquité, voir notamment les ouvrages collectifs édités récemment par C. Calame et R. Chartier (éds.), Identités d'auteur dans l'Antiquité et la tradition européenne (Grenoble 2004) et C. Darbo-Peschanski (éd.), La citation dans l'antiquité. Actes du colloque du PARSA, Lyon, ENS LSH, 6–8 novembre 2002 (Grenoble 2004). Sur la méthode de travail des auteurs antiques dépouillant des ouvrages antérieurs, voir T. Dorandi, Le stylet et la tablette. Dans le secret des auteurs antiques (Paris 2000) 27–50 (avec bibliographie antérieure).return to text

      18. Sur ce deuxième Hérodicos, identifié par H. Diels, premier éditeur de l'Anonyme de Londres, à Hérodicos de Sélymbrie, voir la mise au point de D. Manetti, "Medici contemporanei a Ippocrate: problemi di identificazione dei medici di nome Erodico," dans Ph. van der Eijk (éd.), Hippocrates in Context. Papers Read at the XIth International Hippocrates Colloquium, University of Newcastle upon Tyne, 27–31 August 2002. Studies in Ancient Medicine 31 (Leyde-Boston 2005) 295–313.return to text

      19. Marganne, op.cit. (ci-dessus, n. 1) 78–80; ead., "Les prescriptions ophtalmologiques des papyrus et des ostraca grecs d'Égypte," Bulletin de la Société Francophone d'Histoire de l'Ophtalmologie 15 (2005) 3–23; et ead., "Étiquettes de médicaments, listes de drogues, prescriptions et réceptaires dans l'Égypte gréco-romaine et byzantine," dans F. Collard et É. Samama (eds.), Pharmacopoles et apothicaires. Les "pharmaciens" de l'Antiquité au Grand Siècle (Paris 2006) 59–73.return to text

      20. Sur les doxographies médicales, voir les contributions réunies par Ph. van der Eijk (éd.), Ancient Histories of Medicine. Essays in Medical Doxography and Historiography in Classical Antiquity. Studies in Ancient Medicine 20 (Leyde–Boston–Cologne 1999).return to text

      21. R. Otranto, Antiche liste di libri su papiro (Rome 2000) n° 15, p. 79–87 et pl. XII et n° 17, p. 97–105 et pl. XIV.return to text

      22. Sur Ménécrate de Syracuse (activité vers le milieu du IVe siècle avant notre ère), qui se serait lui-même dénommé Zeus parce qu'il se serait considéré comme son égal, voir J. Raeder, "Menekrates (29)," RE 15.1 (1931) col. 802; O. Weinreich, Menekrates. Zeus und Salmoneus. Religionsgeschichtliche Studien zur Psychopathologie des Gottmenschentums in Antike und Neuzeit (Stuttgart 1933); D. Gourevitch et M. Gourevitch, "Médecins fous," L'Évolution psychiatrique 47.4 (1982) 1113–1118; D. Gourevitch, "L'Anonyme de Londres et la médecine d'Italie du Sud," HPLS 11 (1989) 237–251, spéc. 246–248; V. Nutton – (L. von Reppert-Bismarck [trad.]), "Menekrates (3) aus Syrakus," RE 7 (1999) col. 1229.return to text

      23. Les noms de Nicératos d'Athènes et d'Antoninos de Cos sont cités dans PSI inv. 3011 (MP3 2388), dont nous avons présenté récemment une révision à paraître dans A. Roselli et V. Boudon-Millot (éd.), L'ecdotique des textes médicaux grecs: réception et traduction. Actes du VIe Colloque international, Paris, 10–12 avril 2008 (Naples 2009).return to text

      24. Sur Asclépiade "donneur de vin," voir D. Gourevitch, "Asclépiade de Bithynie dans Pline: problèmes de chronologie," dans J. Pigeaud et J. Oroz Reta (éds.), Pline l'Ancien témoin de son temps (Salamanque-Nantes 1987) 67–81. return to text

      25. Sur les passages relatifs aux méthodiques dans les deux papyrus, voir M. Tecusan, The Fragments of the Methodists. Volume One: Methodism outside Soranus. Studies in Ancient Medicine 24.1 (Leyde-Boston 2004) 138–139 et 140–152.return to text

      26. D. Manetti, ""Aristotle" and the Role of Doxography in the Anonymus Londiniensis (PBrLibr Inv. 137)," dans van der Eijk, op.cit. (ci-dessus, n. 20) 95–141.return to text

      27. Pour un résumé de cette problématique, voir Marganne, op.cit. (ci-dessus, n. 1) 66–70. Sur l'évolution de l'image d'Hippocrate, voir surtout W.D. Smith, The Hippocratic Tradition (Ithaca-Londres 1979) dont l'édition électronique, avec mise à jour 2002, est disponible dans les Documents du Bulletin de Médecine Ancienne de la Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine de Paris, à l'adresse <http://web2.bium.univ-paris5.fr/medicina/debut.htm>.return to text

      28. I. Andorlini (éd.), Greek Medical Papyri, II (Florence 2009).return to text