Paris--atlas. Texte par Fernand Bournon. 28 cartes dont 24 en couleurs, 595 reproductions photographiques, 32 dessins.
Bournon, Fernand Auguste Marie, 1857-1909.

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Page  [unnumbered] PLAN7" DA -All I 1,Pde M 6, I //' A I. I t " il 1,f NO i "N 0/,- ", ", 11 1, :,, - 0 I ',' 1 IS - DE:-, 0.130 V. D Ct3 1w v............ 4 #Vt Z R E a'N '-'o xji is, V, "b Aft- A V..'-FIL, 41, VI ep, A 7,J-1we N, all-,' ik -W 41 L il!,`,`[,, V A ZS V 7 k 0 V "A er ago, -Route Y W O& Qj I If qRWg,gN M MOVE -,d M 6qzb, 'jNI MVl X V!-,-O"GN EAG M 'w 'Rue d Pa rb", IT 47 'o, J2 U \471- 'JaveZ k\l Al qq 1014 To relzeUeA,.0 p Nde jqu Sf hamp f7 Jrbotl Pled ls t d e Fersa O 5 Y, Man 6,u vre s j PHospice 11, I B"i L R des Mbniiqp.t I 0 I ,;Oic, cl 11 I , " Ii I ,I" I-,, I,o -e 0,>, iI I be. - <1 PI 0, - , 1 9 - I " i iI i N's"' V "Pl-Im % f %l. I,I" 1, M,71 1,zl Tl* 4iri;,; AOI-,.1, dle -, RU;." f il,-!!: -L ---1 6 /;; " i';I;.. %-.a yjvjer- Reversal P. 11 00, ' V 0 i i;.; i f I I. I.4I 11.1-11, -mw A PARIS-ATLAS

Page  [unnumbered] 1 IE PARIS I I 0, \Rme 6&1-,q,, - i,, -; i. lel'. fl I.' by -' ' lk _ 1:i- F Aiji 1,I LES 'A N -SPGer P is - i,, i is I 11 da ", I I, I w g " de.Ronuunvilme i\ I l-, 0 V) - 'd -,, -.A.i.6. 1, 0,,, IV I c?" V , I.,.1i I '' "I.,- 11 GERMAIN q.. i F — "I II " N '.I I, 4 &e vi. I.,.11 le, de " SC:, Lr PA R IR - AT I AR

Page  [unnumbered] it:ii:::': '';: R i t Sit Id:. > E i C I p ^ t. Ra: It ~`~:;RH.lP Ifc..';-.::..:::g:: v ' 's...;.. 4i Texte par FERNAND BOURNON ARCHIVISTE-PALEOGG RAPHE for 28 Cartes dont 24 en couleurs 595 Reproductions photographiques 3 2 Dessins -LBRsIREo UUROUSSE PPARIS.

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Page  [unnumbered] PRE FACE 0>_ j ARIS n'est pas une ville, c'est un monde! s'ecria, dit-on, Charles-Quint. Qu'en B| dirait-il done aujourd'hui! Et Paris n'est pas un monde seulement par ce qu'en Cy voient de lui les yeux charmes d'un etranger, par ses monuments, ses rues, ses mceurs, par ce mouvement affaire et prodigieux de sa circulation: il l'est encore ^ par son passe, son histoire, ses institutions. Aussi, comme l'histoire du monde exige des volumes a l'infini - car elle se renouvelle chaque jour- il en est de meme pour Paris. A peine si la vie d'un homme, actif autant qu'instruit, suffirait a en dresser la simple nomenclature, et la Bibliotheque historique de la Ville, avec ses 120,000 volumes, n'ose pas affirmer qu'elle les possede tous. C'est surtout - il faut le dire - durant la seconde moitie du xixe siecle que l'attention des savants et des curieux a ete captivee par un sujet aussi fecond. Le xviii. nous avait legue sur le passe de Paris a travers les ages des monuments de haute erudition: les travaux de Sauval, de Feblibien et Lobineau, du commissaire Delamare, de Lebeuf, de Jaillot sont et seront toujours consultes avec le plus grand profit. Mais il restait beaucoup a faire apres eux. Depuis cinquante ans, on l'a compris. On a senti quelle mine inexploree de renseignements renfermaient les depats d'archives, et les publications se sont succede sans relache. L'initiative particuliere s'est jointe a celle de l'administration; a cote de la remarquable collection de 'histoire generale de Paris, que dirige la municipalite, viennent prendre place les travaux emanant de la Societe de l'Mistoire de Paris et de I'lle-de-France, et de societes de quartiers, de jour en jour plus nombreuses, ainsi que les ouvrages entrepris par les travailleurs isoles. La presente publication appartient a cette derniere categorie. Dans les conditions ou elle a ete entreprise, nous croyons pouvoir dire qu'elle ne fera double emploi avec aucun de ses devanciers. La redaction du texte a ete confiee a un ecrivain qui, depuis plus de vingt ans, s'occupe exclusivement d'histoire parisienne. Archiviste-paleographe, collaborateur des travaux historiques de la Ville, auteur de nombreux ouvrages d'ensemble ou de detail sur l'histoire parisienne (l'Academie frangaise a courorne l'un d'entre eux), bien place, par suite, pour se tenir au courant de toutes les decouvertes

Page  [unnumbered] PARIS - ATLAS qui la concernent, il les a toutes mises en oeuvre, en y ajoutant ca et la, par une discrete coquetterie, des documents encore inedits, puises de longue date aux sources pures des archives et des bibliotheques, et que les erudits seront bien forces desormais de lui emprunter. Pour la parure exterieure du livre nous n'avons, moins que jamais, recule devant aucun effort, devant aucun sacrifice. C'est un livre de luxe que nous offrons au public dans des conditions de prix dont nul ne contestera la modicite. L'illustration photographique, qui, elle aussi, est eminemment documentaire, en est aussi soignee qu'abondante. Elle comporte un plan d'ensemble, vingt plans d'arrondissements, quatre plans de Paris a differentes epoques, trois plans des environs, la reproduction des principaux monuments disparus, des vues photogravees de tous les monuments existants et de points pittoresques de la grande ville. Au total, environ 595 reproductions et 32 dessins. Fournir aux innombrables visiteurs de la capitale et aux Parisiens eux-memes (qui passent -c'est une calomnie peut-etre - pour ne pas connaitre leur pays) une description aussi complete qu'attrayante de Paris a la fin du xix3 siecle, tel a ete notre but. Si nous y avons reussi, nous serons fiers d'avoir apporte a notre tour un hommage a la Ville unique, d'avoir mieux fait briller aux yeux de tous son eclatante beaute. LES EDITEURS.

Page  I ii. ~ ~ ~ ~ ~ few:::.:::~:: R i~~.1 ^.c ~-^:-,~:':t "i *.-. i~" -^i:- i.-:.-: 1~1::~:~- ~~-. ~In.......................................... tUL I/ANCNtAltN HOTEL J.)Ati; ViLPI"s gts) P AIt I tIS, (WD'aprfs tntle J. t'ivtt edot <Xiu 1 Sit'le.) (BAIS Ias pIsse:i A l A"ii i 1!i. sc< epetaitt un auet proverbe qui est reste 'toll fo I e I.1) o ~-:~ ~iso re tait mi autre SiCf(, tt~ usuel: Paris ne s'est pas fait en un jour. Mais ce qui est remarquable, c'est que, des cette epoque lointaine, les deux proverbes, dans le midi de la France, y etaient cites en langue d'oc: Et ven s'en a Paris, car Paris es ses par, et s'en vie'nt a Paris, car Paris est sans pair. Digas les qu'en un jorn Paris non fo obrat, - dites-lui que Paris n'a pas ete fait en un jour. Le Midi, cependant, avait des capitales dont il pouvait etre fier: Toulouse, Bordeaux, Marseille; mais Paris etait devenu le siego de la royaute, d'ofi une grande part, et fort naturelle, de -son prestige. Les evenements historiques n'ont, d'ailleurs, pas seuls concouru a faire de Paris ce qu'il est. Sa situation physique l'avait designe comme un site privilegie pour attirer, retenir, fixer une population nombreuse. pAu Nord et au Sud du fleuve coulant jadis a pleins bords, un cirque de collines boisees, d'un acces facile, sauf une, se prolongeant au loin par des plateaux; vers I'Est, entre les deux vallees de la Marne et de laSeine, un debouche non moins aise; a l'Ouest, un chemin plus rude a ffer p2t-eifro, mats ceplendan"Ir rja ppar6 par Ie comrs dt rntisss d do ) Stvttres; au Cenitri, que(.lqt ue1s iles eom Ie lit e la Sei.n etn olt're ta t, tde gand tt r t mt oi nn botisites au.ssi, d fendant ntatitute Itw.l.~ -*. flelelftr ni, tel ft It lieftt o tt (1ittt lsfalt, i y a t*:-. lo x wit 'lle iall, k la ittn gatt loist detIs Ptar~i. 1/rtit. <le co{ s itie46 ils a ot i s tk Inticnxti- t tt8 -m. ttt (; C Zsert it Ia tt iLTs I n i l te if e-tit ntitl ot s av1M s. iTrs t l (1ts. e etn ltitti,, s fMs )otl%4itr oi l tetx|lit4i.tier Ie setns 4.\ lt't'e fkiz:'ll clrlati eft.. (eo fitt leurt c ltof lieu; ils la fortlifiereni, et devenus deja dedaigneux des barques legeres, la joignirent aux rives par deux ponts de bois. De cette premiere civilisation, quelques souvenirs materiels seulement sont restes qui prouvent que la tribu n'etait pas uniquement cantonnee dans Lutece. Le-sol, tant de fois'creuse sur l'une et l'autre rive, a fourni en grand nombre des monnaies gauloises, des carcasses d'animaux ante-historiques, le squelette d'un chef gaulois (dans la cour de 'Ecole des Beaux-Arts), une multitude d'objets usuels en silex taille. Aux environs, se dressent encore aujourd'hui quelques dolmens, pierreslevees, cromlechs, temoins solennels d'un monde disparu. Enfin, il est possible - mais on n'en est pas sur -que les Parisii aient honore Mercure en lui elevant un temple au sommet de la butte situee au Nord de Lutece, et cela justifierait une des etymologies proposees pour le nom de Montmartre, mons Mercurii. Un sanctuaire pai'en y exista incontestablement; toutefois, il serait temeraire d'affirmer qu'il fut anterieura la domination romaine. Qui dira ce que fut devenue Latece si Cesar ne F'avait pas conquise apres le glorieux combat ou succomberent les Gaulois, leur chef Camulogene en tete, pour avoir voulu garder leur in'dapendance? Ils avaient PARIS-ATLAS

Page  II II PARIS-ATLAS::::::R:-w A ':iiil:.iiili Chile,;:...........iii~iiiii:r,,.,.,...cr? ~ L:t ''.:::::~i:::::i: le ht!fl aix t) 'till i r Xtl: f':W. "-<:< X^< < a <.:.r.:..... e Vv.'.Xs.,J D f. EQ ^:::~ —~~ --- ~<<^^ r '"" —'-^I^^I~T~5. / *(Uioure PLAN DE PARIS EN 1300. (D'apres MM. Mareuse et Taisne.) detruit leurs ponts, puis brule leurs cabanes, afin de ne laisser a l'ennemi, s'il triomphait, que des cadavres et des cendres: ils tinrent parole. Les vainqueurs, eux, se garderent bien de laisser abandonne un site aussi favorable; ils y prirent position, coloniserent, et pendant la periode gallo-romaine, Lutece, redevenue capitale, connut plusieurs siecles de prosperite. Les temoignages qui le prouvent sont nombreux autant que varies. On savait depuis longtemps, par des relations contemporaines, que les em ~:~~"""'"`- =="g'"- """ " SS-:. >a " ~s:: i A:~~~~*.i:,.~-:~~:: A ' 0 i' 3" g *tX J 1;;..<; S 01 k ) I/ hi W;~ —,.::,F. |0'C'!4 i'et:E< - pereurs remains avaient fait construire un palais vers l'extremite occidentale de Fi'le. Des travaux faits en 1847-1848 dans le sous-sol du Palais de justice ont mis au jour les fondations de cet edifice, et ont permis aux archeologues de juger de son importance. Plus recemment, la commission du Vieux Paris a retrouve, grace a d'intelligentes fouilles a la pointe orientale de l'ile, puis sous la rue de la Colombe, lapreuve non equivoque de l'existence d'une muraille d'enceinte, construite au ilie ou ivesiecle. Des 1711, une decouverte capitale avait ete faite sous le chaeur de Notre-Dame-de-Paris. On avait exhume une serie de pierres ayant constitue un monument qui n'etait autre qu'un autel, et une inscription indiquait S|;| ' ~que, sous le regne de Tibere, les nautes parisiens l,'.- ' avaient eleve cet autel a Jupiter tres bon et tres grand. - l; Ainsi, des le premier siecle de notre ere, les Parisiens *',avaient forme une corporation de navigateurs, de bay -teliers - c'est le sens du mot nautes - reguliere7,ment organisee, a l'imitation de celles qui existaient dans les villes romaines. Cette corporation, on la retrouve plus tard, toujours puissante et maitresse de la I a ville; c'est elle qui fonda la municipalite parisienne, I r t e f qui lui donna son blason, le vaisseau symbolique figure rI ''.l'li sur les sceaux des le xIle siecle. De l'6poque romaine ''.'.pA,,>, ( tdatelit encore les deux premiers ponts de Paris, conS^ t:H|3; struits dans laxe de la grande voie qui reliait le Nord x. d - et le Sud de la Gaule, representes aujourd'hui par le +.^ ~ Petit-Pont et le pont Notre-Dame. Voila pour Lutece proprement dite, c'est-a-dire I'Vie x Sg^^fi S i qui fut le berceau de Paris. La rive droite de la Seine 9,D ''5,^8 7';| ne semble pas avoir ete habitee au temps des Romains; (h-\,A. ) il n'en est pas de meme de la rive gauche, du bord meme du fleuve jusqu'au haut du flanc septentrional de la montagne Sainte-Genevieve que lon nommait ASPECT DU LOUVRE SOUS CHARLES V.,

Page  III PARIS DANS LE PASSE IIl alors Mons Lucotitius. Un faubourg important s'y batit pendant les trois pre-; miers siecles, et quelques vestiges venerables, restes encore debout, suf- - -. -ifiraient a ]'attester: nous voulons par-. ler des Thermes, et des are'nes, que R ron trouvera decrits au cours de cet -. ouvrage (V" arrondissement), et aussi des ruines de l'aqueduc d'Arcueil, amenant aux Thermes les eaux de Rungis. D'autres trouvailles out ete faites, a diverses 6poques, qui ktablissent 1existance dans ce faubourg d'un theatre, - sur Femplacement du lycee Saint- g \ Louis -, d'un chateau militdire, un peu au-dessus, vers F'extremite infe- 71t rieure de la rue Soufflot, et d'un camp retranche, de l'autre cote de cette rue, s'etendant jusqu'aux rues Royer-Collard et Saint-Jacques. On salt enfin ^ ^ _ que cette derniere, qui represente la / voie romaine etait, suivant l'usage, bor- _M dee de tombeaux; mats c'est un veritable cimetiere gallo-romain qui a ete decouvert en 1878 au sommet du plateau, sur la droite de cette voie, vers le point ou la rue Nicole rencontre le boulevard de Port-Royal. Au moment ou la puissance romaine s'effondra devant les invasions germaniques, Lutece, comptee au nombre des villes principales de la Gaule, faisait partie de la quatrieme province lyonnaise, dont le chef-lieu etait a Sens. Ainsi qu'il arriva pour la plupart des cites, son nom originel avait ete substitue a celui de la tribu qui lavaitfondee; on ne disait plus Lutece, on disait Paris. - Dans le tableau rapide que nous esquissons du developpement de Paris a travers les temps, la periode qui suit n'a qu'une petite place. Le sang de saint Denis et -de ses deux compagnons, siants Rustique et Eleuthere avait ete, fecond pour la cause du Christ: la ville se christianisa et la nouvelle religion, si ardemment proscrite, inclina sous sa loi les Francs envahisseurs. De gracieuses legendes veulent que sainte Genevieve ait dompte Attila, qu'un eveque ait fait courber la -tete de Clovis. Des lors, la puissance de FEglise eclate: sous les Merovingiens, Paris commence a devenir une ville monastique; les eglises sont peu nombreuses encore, mais des abbayes se creent, dont l'influence et les richesses ne feront que s'accroltre durant douze cents ans: c'est, sur l'ancien mont Lucotitius, l'abbaye de Sainte-Genevieve, fondee par Clovis sous le nom de Saint-Pierre-et-Saint-Paul; c'est, sur la meme rive, F'abbaye de Saint-Vincent, devenue Saint-Germain-des-Pres, que fonda Childebert; c'est, peu apres, sur la rive droite, un cou- - -- vent, desservi d'abord par quel- = ques moines, aujourd'hui Saint-.. Germain-l'Auxerrois; enfin, a 1 | deux lieues au Nord de la ville,...... Finsigne basilique dans laquelle f r - - - t ^ Dagobert fit solennellement transporter les restes de saint t Denis. Une statue monumental e de Charlemagne a ete elevee sur le |* Parvis Notre-Dame la vraie | | l SBI place historique du vieux Paris | 1 B TT i ^ HH.-comme si cet orgueilleux em-J pereur avait des titres a la reconnaissance des Parisiens. 11 n'en est rien, car il decentralisa T la capitale pour la transporter au. B Nord-Est,'a Aix-la-Chapelle. Une, lamentable,6poque allait commencer sous ses successeurs, 1 g z e9 F 11 avec les invasions normandes, qui, par cinq fois, vinrent devaster la vallee de la Seine. Comme au temps de C6'sar, Paris combattitvaillamment. Deux chdtelets commandaient le cours de la riviere: l'un sur la rive droite, PALAIS DE JUSTICE; CHAMB LA PLACE DE GREVE AU XIVe SIECLE. dont la place du Chatelet garde le nom, l'autre au bas de la rue SaintJacques, en tete du Petit-Pont. Ce dernier etait une simple tour en bois: douze habitants, douze heros s'y enfermerent et le defendirent jusqu'a la mort. La ville reconnaissante a fait graver leurs noms sur une plaque de marbre apposee a l'endroit meme qui fut temoin de leur admirable resistance. Les tenebres furent lentes a se dissiper, mais il est dans les destinees de Paris qu'il renaisse de ses -cendres, plus glorieux apres chaque desastre. On a sans doute exagere les terreurs de l'an mille et lespece de prostration des esprits dans l'attente de cette date fatidique; il est cependant certain que, des le debut du xle siecle, une ere d'activite s'ouvrit. La tour de le6glise Saint-Germain-des-Pres, date de ce temps-la; regrettons quelle ait ete debarrassee des creneaux dont elle etait garnie comme un chateau fort; l'effet devait etre des plus pittoresques. C'est alors aussi que la rive droite commenca de se batir. Il n'est pas temeraire de penser que ce fut surtout l'aeuvre de ces anciens nautes, nommes des lors marchands de l'eau, et que les documents contempo-;RE DES COMPTES BAITIE SOUS LOUIS XI, INCENDIEE EN 1737 - t

Page  IV PARIS -ATLA S IV I le Clhatelet olt4J AR 2 LeFalais e7laS.hapelle \\ S Lazare z/ PARIS 3 la Or~ve en 65 4 iYolre-2lame U 5 J6otel de - de - fleUi// d'apres Gomboust 6 Tour de Mesle 7 -7es fzwe-non trds 8 Le Chea7^che -Midi 9 Les dzir-Varus ioilles & b3pre3ieSang 1 1 enis 14. 2s 7l sZs tieSEisabi _ 25 o u-ea x Con Ee, 81@ I I1; \ ZQ If.D.de 26dBoune og;J~ o Frhoo ooo L l1! \ \t / \\^^T^ - PLAN DE PARIS SOUS LOUIS XIV. rains nous montrent installes aux abords de 'Hotel de Ville actuel, a a In I la Greve et au Monceau Saint-Gervais. La fut le marche public; une charte de Louis VII, ou il est appele le vieux marche (en 1141), atteste le cas que faisaient les Parisiens de cet emplacement, quoique deja abandonne, puisque le roi le leur vendit moyennant 70 livres. Ians une autre charte de la meme annee, le nouveau marche -fonde, dit le roi, par son pere - est dit situe aux Champ eaux (aujourd'hui encore les Halle~s). Enlfin, l'on a des preuves que sous Louis VII la rive droite possedait deja sa premiere enceinte, que represente assez lbien le trace de la rue de la Verrerie, de la rue des Lombards et de la rue Saint-Denis jusqu'au Chatelet, d'une part, de la rue du Roi-de-Sicile et de la rue Vieille-du-Temple jusqu'a la place Baudoyer, d'autre part. Ainsi, du cote de 'Est, le vieux marche, siege de la corporation des mariniers; vers lOuest, le nouveau marche fonde aux Champeaux par Louis VI, tels etaient devenus, vers la fin du xn~e siecle, les deux centres commerciaux de Paris. La rive gauche paraht avoir ete un peu delaissee, si ce n'est a la place Maubertet sur le flanc septentrional de la montagne Sainte-Genevieve; dans lile, les eglises commencaient a se cons truire en grand nombre et la population s'entassait a leur ombre dans d'etroites rues. La prosperite de Paris doit beaucoup a Philippe-Auguste. Ce n'est pas assez de la mediocre statue hissee au sommet d'une des deux colonnes dela place de la Nation, et de son nom donne tardivement (en 1864) a une avenue voisine, pour exprimer la gratitude de la cite envers l'un de ses principaux fondateurs, car il a veritablement droit a ce titre. Les Halles creees, le Louvre construit, le pavage des voies les plus importantes ordonne, le cimetiere des Innocents clos de murs, etaient deja des ceuvres eminemment utiles; il fit plus encore. Laplus grande partie de son regne fut employee a doter la ville d'une enceinte nouvelle qui enveloppa les deux rives de murs flanques de tours et de courtines, precedes d'un large fosse sur lequel, en avant des portes, furent jetes des ponts-levis. Sur la rive droite, elle partait du Louvre, se dirigeait vers FEst en passant par 1Feglise de I'Oratoire, la Bourse du Commerce, la rue du Jour, la rue Mauconseil, se rapprochait de la rue Rambuteau, devenait parallele a la rue des Francs-Bourgeois, puis tournant vers le Sud presque a angle droit, venait aboutir a la Seine, a hauteur du marche de l'Ave-Maria. Surlarive gauche, elle commencaiten face du Louvre a la fameuse tour de Nesle, suivait la rue Mazarine, la rue Mazet, le passage du Commerce, la rue des Fosss-Monsieur-le-Prince, des FossesSaint-Jacques, contournait 'enclos de l'abbaye de Sainte-Genevieve, et redescendant vers le Nord-Est, atteignait la Seine parallelement au trace des rues Thouin, des Fosses-Saint- Viclor (rue du Cardinal-Lemoine) et des Fosses-Saint-Jacques. En resume, la partie orientale dul erarrondissement, la majeure partie du IVe, la moitie au moins du 'VP et le tiers du Vle furent compris dans la nouvelle cloture (1). Des fragments, parfois considerables de cette fortification -tours ou parties de muraille - demeures debout ca et la -- en attestent la solidite en meme temps qu'ils sont de precieux documents pour Farcheologie parisienne. Du. reggne de Philippe-Auguste consequence pour l'avenir de Paris. Apres la bataille de Freteval, ou les bagages du roi, parmi lesquels se trouvaient les chartes royales, c'est-a-dire les archives memes de la couronne, tomberent aux mains des Anglais, Philippe-Auguste decida que, desormais, le Tresor des Chartes, - comme on l'appelait - ne suivrait plus le souverain dans ses expedi- / tions et serait garde a Paris. ' N'etait-ce pas donner offi- y (i) II va sans dire que, pour rendre plus claire / la descriplion du par- ' B cours de cette enceinte, nous avons mentionne des rues ou des edifices, n a plus juste raison des: divisions administratives J qui n'existaieht pas alors. De plus, ces indications '^^ - memes ne sont qu'ap- l |B | *H proximatives. iJB rl date encore un evenement gros de ^ " "'i}. /., -... ~yi^ -=|z~v)- --- ---— JA n -—:~- -- ---------- --- -- - --- ul a! Li: " ~ LE LOUVRE SOUS HENRI IV. * 3-< '^~ - *^ ^ tf Go~ MAISON DE LA RUE DE LA FERRONNERIE PRES DE LAQUELLE FUT ASSASSINE HENRIIV.

Page  V PARIS DANS LE PASSE v ciellement a notre ville le titre de capitale du royaume? Elle l'avait deja en fait; l'avenir prouve que, par la suite, les rois en firent reellement leur residence coutumiere, ou du moins legale. Tout occupe qu'il ait ete d'expeditions lointaines qu'inspirait sa devotion, saint Louis prend aussi une grande place dans les annales parisiennes. Sa piete meme a servi a enrichir la ville de plusieurs monuments dont elle est fiere a bon droit. Le principal est cette admirable Sainte-Chapelle qu'il fit construire tout expres pour y deposer les reliques rachetees aux infideles d'Orient, ou conquises sur eux. L'architecte en fut Pierre de Montereau ou de Montreuil, auquel on doit aussi 'eglise et le refectoire du prieure de Saint-Martin-des-Champs, ou la bibliotheque et les collections du Conservatoire des arts et metiers ont trouve pour leur installation le plus seduisant des cadres. II avait encore construit pour l'abbaye de Saint-Germain-des-Pres un refectoire et la chapelle de la Vierge, deux merveilles de l'art gothique, au dire de ceux qui les purent voir, et dont la destruction est eternellement deplorable. Sous saint Louis fut achevee aussi la cathedrale de Paris, l'une des plus belles eglises du monde, par la construction de la facade meridionale, sur le petit bras de la Seine. On y peut lire la date de l'achevement et le nom de l'architecte: 1257 - Jean de Chelles. Cette annee 1257 est bien importante pour une 'autre raison dans l'historiographie parisienne: c'est celle ou le roi donna a Robert de Sorbon les maisons et les terrains voisins du palais des Thermes necessaires a la fondation de l'Universite. Au regard de l'administration municipale, saint Louis prit des dispositions qui devaient avoir les plus graves consequences. Deja nous avons parle de la corporation des marchands de l'eau. Unis d'aborcl exclusivement pour veiller a leurs interets corporatifs, ils s'etaient, des le x11e siecle, empares de la gestion des affaires communales; ils siegeaient dans un edifice que F'on nommait le Parloir aux Bourgeois et leur chef etait le prevot des marchands. Lajustice etait rendue pour le roi par un autre officier, dont la charge etait affermee sur les deniers municipaux. _. " "-' 'f...;............ - -!............:,..., '......;....' --- BL1i,-. A — a....~ m m t s r s Aft- o.., — We~~~~~ f 11 tnE~bf S'W''''" ''-~._.~ L'HOTEL DE NEVERS. -AI, - ^^ ^of ta PORTE SAINT-BERNARD ET CHATEAU DE LA TOURNIELLE. (D'apres une gravure du xvIIe siele). LA TOUR DE NESLE ET SOUS LOUIS 5 XI1I. PARIS-ATLAS.

Page  VI ,VI PARIS- ATLAS ~~:'~............................. - ------....................... ENTREE DU GRAND CHATELET (XV siecle).'. ENTRPE DU GRAND CHATELET (xvii" siecle). Saint Louis apercut quels dangers la royaute courait a voir grandir chaque jour devant elle un pouvoir municipal aussi etendu. I1 se reserva la nomination de l'officier de justice, qui fut desormais le prevot de Paris, et designa pour ces fonctions un homme dont le nom est reste celebre, Etienne Boileau, l'auteur du Livre des Mltiers de Paris, code et reglement remarquable de toutes les associations ouvrieres. Des lors, la prev6te de Paris et la prevote des marchands demeureront distinctes jusqu'a la Revolution, opposant presque constamment, 'une a F'autre, durant cinq siecles, les forces et l'innfluence sur lesquelles elles s'appuient: le roi, le peuple. Cette opposition allait prendre pour la premiere fois, moins de cent ans apres l'institution de la prevote royale, le caractere d'une lutte aigue ou la nation meme aurait pu perir. Qu'il suffise de rappeler les combats que le peuple de Paris eut a livrer pendant la captivite du roi Jean, autant contre les ennemis du dehors que contre ceux du dedans. Le prevot des marchands etait Etienne Marcel. Pou'ravoir aime les Parisiens et defendu leurs libertes, il a conserve une legitime aureole de grandeur, bien que son role, surtout vers la fin, soit un peu obscur. On eut mieux aime le voir rester d'accord avec le dauphin, ce sage qui fut Charles V. Les interets de la ville n'auraient eu qu'a y gagner, car Charles V, une fois le pays pacifie, sut montrer combien il leur etait attache. Pour eviter le retour des dangers qu'avait fait courir a Paris lapproche de l'armee anglaise, il protegea les faubourgs de la rive droite par une nouvelle enceinte que lon peut se representer par une ligne partant de la Seine vers la place du Carrousel, COUR DE L'ANCIENNE SORBONNE. (D'apres une gravure du XVIIe siecle.) ~~~~ ~ ~:~.:.:\i.,,m/,.za<,,;lr..~~~-. no)r_ --. ersantle Palais-Royal, puis, la place des Victoires, et suivant le trace a rue d'Aboukir devenait parallele aux grands boulevards jusqu'a astille, d'ou elle rejoignait la Seine parallelement au canal Saintin. La Bastille n'etait encore qu'une porte fortifiee: elle allait peu s, par l'adjonction de quatre tours aux quatre primitives, devenir imeuse prison que l'on sait. L'enceinte de la rive gauche, telle l'.vait faite Philippe-Auguste, ne fut pas reculee, mais renforcee es points faibles, et des fosses plus profonds y furent creuses. i autre merite de Charles V aux yeux des Parisiens est d'avoir; la belle architecture et les autres arts. I1 voulut avoir dans sa tale deux palais: l'un, officiel, le Louvre, qu'il fit reconstruire que entierement; l'autre, une sorte de maison de campagne, bien n la nommat o l'ostel solennel des grands esbattemens )), l'hotel t-Paul, compose de logis appartenant a divers proprietaires. De la, un passage souterrain, le roi pouvait gagner la Bastille et la camie. L'experience de sesjeunes annees l'avait rendu prudent. Sous le regnle de ce prince eclaire, Paris connut pour la premiere fois le ceremonial et les fetes de la reception d'un souverain etranger. A en lire le recit, dans la relation officielle et tres etendue qu'en a faite l'auteur des Grandes Chroniques de France, le souvenir s'impose a 1'esprit des fetes qu'il y a quelques annees Paris offrait a 1'empereur de Russie, et lon est frappe des analogies qu'a cinq cents ans de distance presentent les deux receptions. G'est le 4 janvier 1378 que l'empereur allemand Charles IV, accompagne de son fils, le roi des Romains, fit son entree dans Paris par La Chapelle. Le _ prevot de Paris, le prevot des marchands, l'y attenI If, daient, et le prevot de Paris le salua en ces termes:; ~ Tres excellent prince, nous les officiers du roy a i:I Paris, le prevost des marchans et les bourgois de la bonne ville, nous venons faire la reverence et nous eT_-. offrir a faire vostre bon plaisir, car ainsi le veult le —; ---- roy notre seigneur et le nous a commande. )) Et l'empereur les remercia (( moult gracieusement )). Le cortege, compose de plus de quatre mille cavaliers, se mit en marche. A mi-chemin, il rencontra le roi, monte sur un palefroi blanc et entoure d'une foule de seigneurs. Le service d'ordre avait ete regle d'avance: (( Et avoit le roy fait crier, le jour devant, que nul ne fust tant hardi d'occuper le chemin de la grant rue (la rue Saint-Denis) en venant au Palais, de gens ni de charroi, ni ne se boujassent des places oft ils s'estoient mis pour veoir passer l'empereur, le roy et le roy des Romains. Et de fait, furent mis sergens pour garder au bout des rues qui viennent sur le chemin de la grant rue, qui gardoient et deffendoient le peuple de passer... ~ LA PORTE DE LA CONFERENCE. (D'apres une gravure du xvnie siecle.)

Page  VII PARIS DANS LE PASSE VII..........-..........~'....................... ~~... ~~~..........................................................~~ ~- ~~ ~~~~ ~~~~~, ~~~ ~ --— = ---- ~-~ --- —-- — ~-............. ~- - ~~.....................; ~""............~........... ---- -------------.................~~... -------....- --.............. ~~~........ —.- ~ i................................................................................................;';r~-;~- J.. --- ~~~~..............................................= p~; ~~-~ — ~~"~ )~~-/~~~-. ~~ ~~~~~~~~ --- ——........ " —~~r '""" "':"............. ~~.......................................... -- - - ----—:.~- ~~ ~~~~~~ -~~~\-.. — - -- -- ---—..~~..~:;;,......................~;. ----~-~~~.................... -- -- - ------ ---- - A d LES TUILERIES AU XVIIe SIECLE (COTE DU CARROUSEL). Le lendemain, le prevot des marchands et les echevins offrirent a l'empereur, au nom de la ville, une nef pesant 190 marcs d'argent (c'est ce que nous appelons un surtout de table), et deux grands flacons dores et emailles, du prix de 70 marcs d'argent; au roi des Remains, une fontaine d'argent du poids de 93 marcs et deux grands pots d'argent de 30 marcs. Ce jour-la et les suivants furent consacres a la visite des monuments de la ville: la Sainte-Chapelle, le Palais de justice, le Louvre, l'hotel Saint-Paul ou etaient la reine et ses enfants; puis, le chateau de Vincennes, celui de Beaute, a Nogent-surMarne, et enfin l'labbaye de Saint-Maur, ou Charles IV et son fils prirent conge du roi de France. En depit des promesses d'alliance qui avaient ete echangees en ces jours pacifiques, une longue periode commence d'annees lamentables pour l'histoire du pays - les plus sombres de notre histoire - et, ce qui prouve l'importance de Paris, c'est qu'il demeure le centre de toutes les luttes qui desolent le royaume, le but convoite par tous les partis. La revolte des Maillotins, les querelles des Armagnacs et des Bourguignons, les Cabochiens, l'assassinat. du due d'Orleans, la trahison de Perrinet Le Clerc qui livre les portes de la ville a lP'ennemi, Henri V et Henri VI d'Angleterre transportant leur royaute dans la capitale,. tous ces faits appartiennent au moins autant aux annales generales de la France qu'a celles de sa capitale. Plus d'un demisiecle s'ecoule, ainsi marque par les horreurs de la guerre. Et cependant, la ville continuait a s'etendre, a se parer. Comment depeindre le fouillis pittoresque et charmapt qu'elle offrait a l'oeil au temps oi Charles VII, enfin vainqueur de l'Anglais, put y rentrer sans crainte! C'etait, dans un enchevetrement de rues elroites et tortueuses, une foret de clochers de toutes sortes et de tourelles pointues. IJes maisons etaient en bois, chargees de sculptures delicates, ou bien c'etaient des logis en pierre, dont les meneaux faisaient aux fenetres une croix naturelle. Les plus riches avaient pignon sur rue; les artisans et les boutiquiers avaient des habitations plus modestes, d'un seul etage formant saillie, de facon a proteger le rez-de-chaussee, qu'une large baie ouverte sur Ia rue convertissait en magasin, ou pour mieux dire, en etalage, car les acheteurs restaient au dehors. A ces auvents pendaient des enseignes d'une amusante variete. Les saints et les saintes y etaient tres largement representes, mais ils n'etaient pas les seuls: le Barillet, le Gril, la Couronne, la Tete noire, l'Ecu de France, puis tous les animaux possibles,^ du lion au singe et a la mouche se voyaient frequemment. D'autres 6taient plaisantes: la truie qui file, le Coq hardi (perche sur le dos d'un lion); un K majuscule traverse par une barre, signifiant: Au grand Cabaret, etc., etc. On a fait des vo~''~~j~ ~ ~lumese sur les. i;;/a.~i \enseignes Cu - ~:~~4i~ri~~i~iiirieuses de Paris. If Trois quartiers bien distincts constiii tuaient 1'ensemm:~c~ ~I;ble de la. ville. ~-ii.. La Cit6 occupait F'ile de ce nom; LA 'O D2univers'utou, le rive gauche, et la ville propre"' ~ I men t di Le, la r~ive droite. Tr~ois cent dix rues au -~total y serpen _ _ __

Page  VIII VIII PARIS-ATLAS LE PORT SAINT-PAUL AU XVIIIb SIECLE; ARRIVPE DU souci de fournir aux etrangers l'itineraire des cabarets et lieux mal fames. Si, maintenant, au seuil des temps modernes, nous recherchons dans le Paris d'aujourd'hui les monuments dont fut dote le Paris du xive et du xv, siecle leur nomenclature sera, helas! bien vite dressee. C'est, dans la Cite, uniquement le Palais de justice, bien des fois remanie depuis, mais ceuvre en partie de Philippe le Bel. Sur la rive gauche, les batiments du college des Bernardins, devenus caserne de pompiers, l'eglise Saint-Severin, quelques tourelles de la rue Hautefeuille, l'h6tel de Cluny. Sur la rive droite, Saint-Nicolas-des-Champs, Saint-Merri, Saint-Germain-l'Auxerrois, le cloitre de la rue des Billettes, la tour de Jean sans Peur, la tourelle de- la rue Barbette, celle du Vertbois, la porte de l'hotel Clisson, rue des Archives, et enfin l'ha6tel de Sens, qui, a lui seul, dans le cadre pittoresque que le hasard lui a maintenu, suffit a donner une idee de l'aspect de Paris a la fin du moyen age. La Renaissance commence. L'hotel de Sens et celui de Cluny en ont ete, en quelque sorte, les precurseurs, bien- francais, bien parisiens, ne devant rien a ce que les expeditions d'Italie nous rapporterent, un peu plus tard, du gout et de l'imitation de l'antique. Du gout seulement: car, aux architectes de Pautre cote des Alpes, nous avons le droit et la fierte d'opposer les Pierre Lescot, les Jean Bullant, les Jean Goujon, les Philibert Delorme, constructeurs et sculpteurs eminemment nationaux du Louvre, de la fontaine' des Innocents, de l'h6tel Carnavalet, des Tuileries. II est vrai que l'administration parisienne fit, vers le meme temps, appel a un artiste italien. Pour la.... construction de l'ancien H6tel de:.:............ Ville, dont la premiere pierre fut. posee le 15 juillet,533, elle avait 1, agree les plans et modeles de Dominique de Cortone, dit le Boccador. La preuve en est faite par ^(^ _plusieurs extraits des comptes de s-*^'^ "" '\?-/ \\\\.la Ville, et c'est en vain qu'on s'est / \ \ -efforce de demontrer que ce bel $t~ff2;;= — diflee etait l'aeuvre de Pierre Chambige, (( maltre es ceuvres de B maconnerie )), qui ne fit qu'en diriger les travaux. C'est aussi, parait-il, le Boccador qui fournit H ~les plans de l'eglise Saint-Eustache, un des meilleurs specimens de COCHE D'AUS. l'architecture religieuse du XvrsieCOCHE D'AUXERRE. sie-^^^ ^ cle. Nous ne parlons pas, bien entendu, de la facade, et encore moins de I'affreux corps de garde qui deshonore (< la pointe SainteEustache ~. A ces ceuvres si importantes que Paris vit s'elever dans le xvje siecle, il convient d'en ajouter une, egalement belle et utile: le Pont-Neuf. Jusqu'au regne de Henri IV, quatre ponts seulement existaient: le PetitPont et le pont Notre-Dame, le pont Saint-AMichel et le pont au Change. On s'en etait contente depuis Charles le Chauve, mais cela etait reellement insuffisant, meme en tenant compte des nombreux passeurs d'eau qlui, en amont et en aval, 'offraient leurs services atux pietons, moyennant quelques deniers. La construction du Pont-Neuf fut decidee en 1577, moins encore pour l'utilite des Parisiens que pour la^ commodite du roi, qui voulait pouvoir aller en carrosse, sans faire de detour, du Louvre a Saint-Germain-des-Pres, voire meme a la foire Saint-Germain. Henri III ne put pas en jouir cependant, car c'est en 1602 seulement que, pour la premiere fois, son successeur put traverser du quai de l'Ecole au bourg Saint-Germain. C'est le lieu de parler du blason de Paris, de ce fameux vaisseau symbolique que les flots ballotterent si souvent sans qu'il ait jamais sombre. Fluctuat nec mergitur, telle est sa fiere devise, plus vraie que correcte grammaticalement (un bon latiniste aurait dit: sed non). On a longtemps pense que ces armes parlantes avaient ete inspirees par la forme meme de Mile ou fut fondee Lutece, forme qui, en effet, se rapproche assez de celle d'un navire dont la proue se terminerait en face du Louvre. II faut renoncer a cette explication ingenieuse, mais inexacte: la cite n'avait pas, jadis, cette forme reguliere que lui ont donnee '' iX, > les murs de soutenement W > ><n- de ses quais; en outre, > du cote d'aval, elle se coni<. -... 6A>- tinuait en quelque sorte N 4 par plusieurs ilots que la._ '; ^11..creation de la place Dau-.^ r..'**^. phine et du terre-plein du ^^^K^fe^^ ^^'' 1;^^ Pont-Nleuf a eu pour effet '".' ^^^ ' ** - d'atterrir, et quand cela. S Xt >>se fit, les armoiries pari- <- lsiennes existaient de'j'a de2 & 1;l puis longtemps. Le vaisseu LUet l'em-:sie'ge 'a la Gre've et d'ou' naquit la primitive administration municipals de Paris. Les Arc,,. ies nationales conservent une char~te de F'an -1200, dont k le sceau de cire re r6 -*,i isente un ((bateau antique avec MAR soutenu 'a drofte et 'a gauche par trois corDU PONT AU CHANGE. dages )). Au sie'cle -sui iLE PALAIS DE JUSTICE ET LA CONCIERGERIE VUS

Page  IX PARIS DANS LE PASSE IX LA BASTILLE ET LA PORTE SAINT-ANTOINE AU XVIIIe SIACLE. vant, la voile avait la forme quadrangulaire. Sous Charles/V, le bateau est surmonte d'un seme de fleurs de lis, c'est-a-dire les anciennes armes de France (les nouvelles furent simplement: d'azur a trois fleurs de lis d'or). La devise latine appartient au xvie siecle et la couronne murale au premier Empire. Dans la langue heraldique, les armes de Paris s'enoncent ainsi: De gueules au naviwe equipe d'argent, voguant sur des ondes de meme, au chef cousu d'azur a un seme de fleurs de lis d'o;r, qui est de France ancien. Napoleon Ier avait ordonne que les fleurs de lis fissent place a des abeilles; Louis XVIII avait, naturellement, retabli les fleurs de lis. Le conseil municipal fut bien inspire lorsque, dans sa seance du 14 fevrier 1880, il refusa de supprimer a son tour le ((chef)) aux fleurs de lis, et decida par des considerations purement historiques, de ne pas modifier le type de ses armoiries, auxquelles, en 1900, a ete ajoutee la croix de la Legion d'honneur. Ajoutons que les (( couleurs )) de la Ville sont egalement celles de son blason, rouge et bleu. Veut-on savoir quelle etait a cette epoque l'administration municipale? Elle se trouvait etre tres complexe et puissante, mieux armee qu'aujourd'hui - le croirait-on- en face du gouvernement. A. 'Hotel de Ville siegeait ce qu'on pourrait nommer l'etat-major: le prevot des marchands, assiste de quatre echevins et de vingt-quatre conseillers de ville, a qui incombait la direction de toutes les affaires. Voila pour l'administration centrale. Depuis la construction de l'enceinte de CharlesV, la ville etait divisee en seize quartiers: D'abord, au centre, la Cite. Puis, str la rive droite: Saint-Antoine; Saint-Gervais; Sainte-Avoye; Sainte-Opportune; Saint-Germain-l'Auxerrois; Saint-Honore; les Halles; Saint-Eustache; Saint-Denis; Saint-Martin; laVerrerie; SaintJacques-la-Boucherie;,la Greve. Sur la rive gauche: la place Maubert; Saint-Andre-des-Arts. Chacun de ces quartiers avait une administration propre, en realite tres democratique. A sa tete etait un quartinier, dont les fonctions correspondaient a peu pres a celles d'un commissaire de police et d'un maire. Une de ses prerogatives les plus. appreciees etait de prendre part a 'election du prevot des marchands. Sous lui etaient places, dans chaque quartier, quatre cinquanteniers et seize dizainiers, s'occupant de plus pres que le quartinier, des details de l'administration. Ils n'avaient pas de traitement, et cependant 1'emploi etait tres recherche, car il donnait rang dans les ceremonies publiques et droit a porter un manteau officiel, avec des parements en poil de soie. L'influence des quartiniers fut redoutable pendant les guerres religieuses-de la fin du xvie siecle. Ce sont eux que l'on nommait les Seize, et cette denomination restee dans l'histoire generale. dit assez quel fut leur pouvoir, car les habitants leur obeissaient aveuglement. C'est a leur volonte que Henri IV dut d'etre si longtemps en echec devant les murs de Paris, puis, de pouvoir enfin traiter de la paix. Quelle periode sinistre des annales de la ville que ce siege de Paris! On en a trop souvent cite les horreurs, vingt mille personnes mourant de faim, des meres devorant leurs enfants, pour qu'il soit utile d'en refaire ici l'affroux tableau. En aucun temps, le peuple de Paris n'a plus tragiquement temoigne de l'ardeur de ses passions politiques et religieuses, plus rapidemelnt ensuite de l'oubli de ses haines. I1 a suffi que le Bearnais ait, un jour, dit-on, declare que Paris valait bien une messe pour qu'il devint l'idole de ses sujets. On en jugea plus tard par le degre d'indignation ou les porta l'acte de Rayaillac. Ce roi si deteste, puis si regrette,avait concu un projet d'embellissement de Paris qu'il n'eut pas le temps de realiser: la creation d'un quartier neuf au Sud du Temple, dont le point central aurait ete une vaste place, la._..... place de France, et dont toutes les rues devaient por3<;::`~i -I oter les noms;e nos provieces. Cette seconde partie du p r j t seule, recut un - commence- ment d'ex cution: de ce......... 1es rues d; tP Ierch de PiaTou renelles LE PLOR DE A PACEDES ALLS. HesormisV la

Page  X x PARIS -ATLAS CIMETIERE ET CI-IARNIER DES INNOC] capitale va cesser d'etre la residence habituelle du roi; Louis XIII lui prefere Saint-Germain; ses successeurs, Versailles, mais elle ne perd rien a cet abandon relatif: le XViie et le XVIIIn siecle volnt etre pour elle la periode la plus feconde en accroissements et en prosperite. Autour de la place Royale, dont nous venons de parler, le Marais - c'est-a-dire les terrains maraichers dont la majeure partie appartenait au prieure de la Culture-Sainte-Catherine - se construisit et devint le quartier le plus aristocratique de Paris. On n'etait de la bonne compagnie qu'a condition d'avoir son hotel au Marais. I1 nous a ete assez conserve de ces hotels pour attester la magnificence du quartier, mais l'aristocratie les a desertes depuis longtemps, du moins celle de la naissance; l'industrie lui a succede dans ces nobles demeures et y fait, d'ailleurs fort bonne figure. A l'autre extremite de la ville, sur le chemin de Vaugirard, Marie de Medicis confiaita l'architecte Salomon de Brosse le soin de lui batir le somptueux palais du Luxembourg. Pour l'alimenter d'eau, elle n'hesitait pas a capter les sources de Rungis, a trois lieues de dis - tance, et a construire un aqueduc u T^^^ N @ sdigne des Romains, au-dessus de.. -. celui que, treize cents ans avant, - -- - ils avaient eleve a Arcueil. Louis XIII, enfin, renferma dans.~,i^. h I Fenceinte de la ville par une fortification continue la region de I l'Ouest, jusqu'a la rue Royale et aux grands boulevards, qui devinrent alors le foss6 de cette. enI IF ceinte. Au dela de cette enceinte, 411 Ai une belle promenade fermee de 1S grilles, fut tracee le long de la E~ Ijif ^m;'/ 18^^3 M y Seine: Ie cours la Reine, lieu de Frr "~~jL;-2 X 1J=J1^ rendez-vous habituel des boulevarS lr ^ |diers d'alors. La place Royale, le Spw-X8droit du e totpartisculir qi fit de'adcours taion des conempran pluls ENT.to quele se faitlanotre en caorse quexcessive devotion d'Anne d'Autriche peuplabide couvents le fijL~lBfaubourg Saint-Jacques: FeuillanMl7!!11)1! ^fliT^^ ^~iwtines, Ursulines, Visitandines, religieuses de Port-Royal religieuses ces dernieres fut traitse avec un luxe tout particulier, qui fit Faddumoyenage. Qui oserait preferer Smiration des contemporains plus SanSv quQelle ne fait la notre, encore que ce soit le meilleur morceau d'une arechitecture bien degenelree. II nWest que trop vrai que Farchitecture religieuse des deux derniers siekles de Fancien regime ne peut soutenir la -ormparaison avec celle du moyen ~ige. Qui oserait preferer Saint-Roch 'a Saint-Merri ou 'a Saint-Severin? Quel bijou plus delicatement cisele que la tour SaintJacques? Cette majeste, si froide et triste a nos yeux, ou avait abouti le style religieux paralt bien moins choquante dans les edifices civils du meme temps. La colonnade du Louvre, les places Vendome et des Victoires, les portes Saint-Denis et Saint-Martin, tous ces monuments dus a la vanite de Louis XIV ont une reelle grandeur et honorent Paris. Ils ont pour beaucoup contribue a accroitre Funiversel renom que lui avaient valu les siecles. On put croire alors que laville etait a Fapogee de sa splendeur. Qu'en penserait aujourd'hui Forgueilleux monarque? Le 7 mai 1717, le tsar Pierre le Grand fit une visite solennelle a la capitale. Les relations du temps sont pleines de details sur ce voyage que Fon a justement rapproche de celui de Fempereur Nicolas lI, encore present a toutes les memoires. Pierre le Grand _ *se fatigua bient6t des ri*- ~ ' " —:; gueurs du protocole. Aux - '* K -./ i. appartements magnifiques......... qu'on lui avait prepares au W~~- - --------: rieux, oU une nombreuse ~ii suite auroit, W~ aussi embarrassai-te que peu conve-; nable. )) Les Gobelins et la Monnaie (alors installee rue de I'Arbre-Sec) paraissent ~ o ^- l'avoir surtout interesse. II ne quitta la capitale que XVIIIe SIECLE. dans le courant de juin. L'Ofi,-'RA T LE ' BOUL-E-VAR A L*A. FNC DU L'OPIiRA ET LES BOULEVARDS A LA FIN DU

Page  XI PARIS DANS LE PASSE XI ___Y_ ____ _____i___lXi ___ __T_ _ _____ ^ : —i=;~Z --1 r s .:~... -::1~-~ ~? ~ ----.~:: ~- 'L::~ ~:~-..-~....~~~, ~'~ `~:I;. i~ ~:~'~:-:-~~ ~::d '`~;~.~~~;~~~~ 1-.,;::: — r-; "1'~;;;c. LES THEATRES DU BOULEVARD DU TEMPLE (1760-1860). Depuis 1702, une nouvelle division des quartiers avait ete faite. De seize, on en avait eleve le nombre a vingt: Cite; Sainit-Jacques-de-la-Boucherie; Sainte-Opportune;- Louvre; Palais-Royal; Montmartre; Saint-Eustache; Halles; Saint-Denis; SaintMartin-des-Champs; la Greve; Saint-Paul; Sainte-Avoie; le Temple; Saint-Antoine; place Maubert; Saint-Benoit; Saint-Andre-des-Arts; Luxembourg; Saint-Germain-dces-Pres. L'enceinte septentrionale sous Louis XV reste fixee aux boulevards; mais en depit de defenses expresses, de bornes marquant, au npm du roi, les limites au dela desquelles on ne doit pas batir, les faubourgs ne cessent de grandir: la Grange-Bateliere, la Chaussee-cl'Antin, la Ville-l'Eveque, le faubourg Saint-Honore- commencent a devenir de veritables villes Sur la rive gauche, il y a lon-temps que l'antique fortificalion de Philippe-Auguste a ete depassee, submergee; deja, au Midi, elle atteint le boulevard Montparnasse. A l'angle qu'il fait avec la rue de Sevres, est ouverte la barriere dite des Incu-,rables (parce que l'hospice de ce C./g ff, nom etait situe rue de Sevres, la' oil 'A l "^ ni.est maintenant le square du' Bon4 RiMarchU). Les fermiers ginh'aux, qui. prec: naient a bai la perception des dqu it T1 W d a 'entree, otinrent de Louis XVI la E P E DE Ia f y permission de construire a leurs @ f F _l —~i; l// frais un nouveau mur d'enceinte, t Z i S W W3 I pour agrandir ~Uel~a zone du torritoire a dS~gfi~ j l? 1imposable. Cette enceinte, 'que la 11:jlTE i! l! Revolution inlterrompit d'abord en 5 [||f>]0|II 1 t tl proclamant la liberte cles barrie'res, 1!1znI1;l~ i t;S mais que les besoin fikaux, la for;2 11n1tSBstituer aisementcrel ekst repr6 -1; g ~ ~ ~ ~ qu la e teraditi aon pqersiste 'a nlommer ex trineus al.aovrs qu'il i-ielsn au l'origie separernde toute Utsne. FkiDutempsu cltqe pouis XVdtent plu-e=siusmnmlltscinsc'tects,u s 'Ecoevmiitauiireu; l'oen cles Mon-!; -gnaiesdaet la fotinele u larue de Ge rieure srontles princiau qu'aitespvu T OU RE, I E Foriae OU enreprendre ue regnise. DE LNCIE'SEPLAC DEGREA DI temps de ajouter Xdesi daenla place de la Concorde avec la statue equestre du roi, qu'un echafaud, royal aussi, clevait si dramatiquement remplacer, les deux beaux hotels batis sur cette place par Gabriel pour former l'entree de la rue Royale - un remaniement elegant des Champs-Elysees, du a M. de Marigny. D'autres travaux considerables furent poursuivis ou commences sous le relgne suivant: 1eglise monumentale que l'abbaye de Sainte-Genevieve se destinait, oeuvre de Soufflot, et qui est devenue le Pantheon; la Madeleine, batie pour remplacer 'la modeste paroisse de la Ville-1'Eveque et qui faillit bien ne jamais etre affectee au culte catholique; le pont Louis XVI (pont de la Concorde); le fastueux palais des Bourbons-Condes (aujourd'hui Chambre des deputes); le couvent des Capucins a la Chaussee-d'Antin (aujourd'hui paroisse Saint-Louis-d'Antin et lycee Condorcet) et dans ce meime quartier, de charmants hotels particuliers, rivaux en luxe et en grace. Il n'est pas excessif de dire que la Revolution francaise a ete avant tout la revolution parisienne. Non pas que le cowur de la France presque entiere n'ait battu a l'unisson de celui de la grande ville pour la conquete de la liberte, mais parce que tous les actes de cette solennelle et terrible epoque eurent Paris pour theatre. Helas! aux journees de concorde en succederent d'autres, trop differentes; le pave des rues et des places publiques fut teint de sang. Tantg molis erat...! La victoire du 14juillet elle-meme aurait pu et du etre une victoire pacifique, sans effusion de sang. Des l'aurore de la Revolution, le peuple de Paris s'etait trouve debout, fremissant comme au temps de la Ligue; mais cette fois ce n'etait plus pour defendre des theories religieuses: les philosophes lui avaient appris ce qu'etaient ces trois belles icees de liberte, d'egalite, de fraternite; il voulait leur triomphe. Une circonstance administrative lui donna la cohesion indispensable pour accomplir ce grand aeuvre. Les quartiers avaient ete divises en soixante districts electoraux en vue de 'election des deputes aux etats generaux. Le lieu designe pour les reunions des I LA BARRIERH DES CHAMPS-IELYSEES, construite par LEDOUX.

Page  XII XII PARIS-ATLAS G!G~ PLAN DE PARIS SOUS LOUIS-PHIIPPE (1830-18 PLAN DE PARIS SOUS LOUIS-PHILIPPE (1830-1848). citoyens fut soit l'eglise paroissiale, soit l'une des salles d'un couvent. C'est ce qui explique les noms dont on les designa, et dont voici la liste: Saint-Andre-des-Arts. - Les Cordeliers. - Les Carmes dechausses. - Les Premontres. - Saint-Honore. - Saint-Roch. - Les JacobinsSaint-Honore. - Saint-Philippe-du-Roule. - Saint-Germain-des-Pres. - Les Petits-Augustins. - Les Jacobins-Saint-Dominique. - Les Theatins. -Saint-Louis-en-I'Ile. - Saint-Nicolas-du-Chardonnet. - Saint-Victor. - Les Blancs-Manteaux. -- Les Capucins. - Les Enfants-Rouges. - I.i I - - -- I 4 4-Ag ""; *V-'::. ~- -^ ''-: - 9 <:; — ~ ~-. --- ~ I~~~~ Les Peres de Nazareth. - Saint-Etienne-du-Mont. - Le Val-de-Grace. - Saint-Marcel. - Saint-Nicolas-des-Champs. - Sainte-Elisabeth. - Les Filles-Dieu. -Saint-Laurent. -Les Barnabites. -Notre-Dame.Saint-Severin. - Saint-Germain-l'Auxerrois. - L'Oratoire. - Les Feuillants. - Les Capucins-Saint-Honore. - Saint-Eustache. - Les Petits-Peres. - Les Filles-Saint-Thomas. - Les Capucins de la Chausseed'Antin. - I.es Mathurins. - La Sorbonne. - Saint-Jacques-du-HautPas. - Le Petit-Saint-Antoine. - Les Minimes. - Trainel. - SainteMarguerite. - Les Grands-Augustins. - Saint-Jacques-de-l'Hopital. - Bonne-Nouvelle. - Saint-Lazare. - Saint-Jean-en-Greve. - Saint-Gervais. -Saint-Louis-la-Culture. - Les Enfants-Trouves. - Saint-Merri. -- Le Sepulcre. - Saint-Martin-des-Champs. - Les Recollets. - SaintJacques-la-Boucherie. - Saint-Leu. - Saint-Magloire. - Saint-Joseph. Ce que le gouvernement n'avait pas prevu, c'est l'ardeur qu'apporterent les Parisiens a l'exercice de ce droit, si nouveau pour eux, de discuter les affaires publiques. Une fois les operations electorales terminees, les districts demeurerent constitues; la royaute fut impuissante a les dissoudre. Chaque soir, les citoyens se reunissaient, discutaient l'evenement du jour, redigeaient et faisaient imprimer des proces-verbaux de leurs decisions, presque toujours unanimes, qu'ils imposerent ainsi a la municipalite. En 1790, la division en soixante districts fut remplacee par une division en quarante-huit sections. Cela ne modifia en rien une situation desormais acquise. Les sections furent plus puissantes encore; elles gouvernerent avec les representants de la nation; il n'est pas une grande journee de la Revolution qui n'ait ele decidee avec leur concours, pour ne pas dire leur volonte. Elle avaient recu les noms de monuments, religieux ou autres, de la rue principale qui les traversait, de l'ancien quartier dont elles avaient fait partie. En 1793, toutes les denominations rappelant de pres ou de loin -le regime dechu furent proscrites impitoyablement; celles qu'on leur substitua portent bien le cachet de cette dramatique epoque. Citons PLACE DU CHATELET —.PLACE: DU CHATELET AU COMMENCEMENT DU XIXe SIECLE.

Page  XIII PARIS DANS LE PASSE XIII UN JOUR DE REVUE AUX TUILERIES SOUS LE PREMIER EMPIRE (1810). D'apres le tableau de BELLANGE. entre autres les sections des Piques, du Mont-Blanc, Guillaume-Tell, du Contrat-Social, deMucius-Scoevola, du Bonnet-Rouge, des Sans-Culottes, de Brutus, de 'Indivisibilite, de la Reunion, des Amis-de-laPatrie. Une nouvelle repartition fut creee en 1795, qui devait durer.soixantecinq ans. Durant ce temps, Paris comprit douze arrondissements, formant chacun quatre quartiers. En voici le tableau au moment du remaniement qui les supprima: IPr ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Tuileries; Champs-Elysees; Roule; Place Vend6me. IIe ARRONDISSEMENT. -Quartieras: Chaussee-d'Antin; Palais-Royal; Feydeau; Faubourg-Montmartre. IIe ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Faubourg-Poissonniere; Saint-Eustache; Montmartre; Mail. IVC ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Saint-Honore; Louvre; Marches Banque. Ve ARRONDTSSEMENT.-Quartier s: Bonne-Nouvelle; Porte-Saint-Martin; Faubourg-Saint-Denis; Montorgueil. Ve ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Temple; Porte-Saint-Denis; Lombards; Saint-Martin-des-Champs. VIIe ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Arcis; MIont-de-Piete; SainteAvoye; Marche-Saint-Jean. VIIIP ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Quinze-Vingts; Faubourg-SaintAntoine; Popincourt; Marais. IX" ARRONDISSEMIENT. ~ Quartiers: Cite; Ile-Saint-Louis; Arsenal; Hotel-de-Ville. Xe ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Invalides; Saint-Tlhomas-d'Aquin; Monnaie; Faubourg-Saint-Germain. XIe ARRONDISSEMENT. - Quartiers: Luxembourg; Ecole-de-Medecine; Palais-de-Justice; Sorbonne. XIP ARRONDISSEMENT. - Quartiers; Jardin-du-Roi; Saint-Jacques; Observatoire; Saint-Marcel. La Revolution n'a pas fonde de monuments a Paris; en revanche, elle y a fonde des institutions, plus que centenaires aujourd'hui, ce qui prouve leur importance. Est-il besoiin de rappeter que 1'Ecole normale, 'Ecole polytechnique, le Museum d'histoire naturelle, l'Institut furent sonileuvre? Nous passerons rapidement sur la periode du Diwectoire, periode de licence sans frein, et aussi sur (( l'epopee imperiale )) dont le denouement valut a la ville de voir deux fois sous ses murs, en 1814 et en 1815, les armees de l'etranger et de connaitre la douleur d'une double occupation. Disons douleur, mais non humiliation, car la population se comporta avec sa vaillance ordinaire: les meurtriers combats des Buttes-Chaumont, de la place du Trone, de la barriere de Clichy F'attestent a son honneur. La Restauration eleva des eglises, rouvrit des couvents; Charles X dechaina la Revolution de 1830 en supprimant les quelques libertes, bien tiedes pourtant, que son frere avait accordees, il est vrai, a son...................... -:\^. X.........-. - -;, *,......;,......,..........:! "^ "" ^,.~...... ^... - ^,.,^,, " ^'~ ANCIEN PONT LOUIS-PHILIPPE ET PASSERELLE DE LA CITE. corps defendant. Une fois de plus, les Parisiens arrosere nt de leur sang les fondations d'un nouveau regime. Deux faits capitaux pour le developpement de Paris marquent le regne de Louis-Philippe: la creation des chemins de fer (le premier fut celui de Paris a Saint-Germain en 1837) et la construction des for

Page  XIV XIV PAnRIS -ATLAS tifications. On a peine a comprendre aujourd'hui l'opposition qui fut faite a - ces deux ceuvres. Promoteur vehement de la seconde, M. Thiers etait un adver- \ < — - / saire resolu de la premiere. II fut, plus. tard, mieux place que personne pour? ---- reconnaitre leur utilite. Les chemins - f ''' de fer ont, de plus en plus, continue a rendre d'incomparables services, si bien qu'il est impossible d'imaginer aujourd'hui ce qui arriverait s'ils nous man-. quaient. Quant aux remparts, moins durable aura ete leur existence. Les progres de la civilisation s'etendant a ceux de lart militaire, ont rendu, parait-il, leur protection inefficace, au mnoins dans ~;r< la region de l'Ouest et du Nord-Ouest, ou la Seine est consideree comme une barriere suffisante. Aussi leur demolition entre la porte du Point-du-Jour et, irLM celle de Pantin est-elle chose decidee; mais on n'oubliera pas que durant le - siege de 1870, ils jouerent leur role dans la glorieuse resistance de la cite. On peut juger severement le gouverrie- t r S S > 3 ment politique de Napoleon IIl. Il y au- t T rait injustice a meconnaitre ce qu'il fit. ''^ pour la ville. Peu importe que le desir ' de se conquerir de difficiles sympathies, que la speculation aussi, aient ete de puissants facteurs du souci don I temoignerent lempereur et son principal - conseiller, Haussmann, pour la transfor- - *mation de la capitale. La constatation RUINES DE LA reste entiere.: Paris eRouffait, manquait DE St-JEAN-DE-: d'air, de jour, de larges debouches correspondant a une circulation chaque jour plus intense, de promenades, de boulevards pour les habitations de luxe.. Tout cela lui fut donne. Les archeologues ont deplore, non sans raison, que ca et la quelque curieux monument du passe n'ait pas ete epargne par un trace brutal qui peut-etre aurait pu leviter, nous persistons a penser que le remede fut meilleur que le dommage. Il suffit de s'egarer aujourd'hui dans Fun des quartiers, de plus en plus rares, que nous a legues le vieux Paris, vers la rue Saint-Sauveur, par exemple, ou encore autour de Saint -Mr ses tre's fastueuNde ses. Si leurs habitants ne lui en m a~n if e ste'rent nulle reconnais-. -~ —T -1sance, nous W'en sommes pas moins heureux die les avoir. LA RUE DE LA COSSONNERIE Sa grande ET LES PILIERS DES HALLFS. ceuvre, en ma tiere parisienne, fut 1'extension des lix mites de la ville jusqu'au perimetre des..:. fortifications. La loi du 16 juin 1859, g?:- ayant son effet a dater da ler jani —, ) t j 7 vier 1860, annexa les territoires de onze communes suburbaines qui, depuis 1790,. -: -Aj l affleuraient la zone de 1enceinte des fermierse siraeux: Auteuil, rPassy, atignolles- oneau (form, en 1830, de h territoires provenant de aNeuilly et de EClichy), Montmartre, La Chapelle, La oVillette, Belle ville, Charonne, fuBercy, Vaugirard et Grenelle. (damembri de Vaugirard de 1830). De timides protestatenu compte: les municipalitas laient d'aillune denomina dvotion distincte de celleain, des quatiers ech nous ne nous somes par lui, et faute seraient bien rtains des vocables adoptes: Ier' ARRONDISSEMENT. Le Louvre. - Quartiers: Saint-Germain-l'Auxerrois. Les Halles,-Le Palais-Royal. La Place Vendome. IIe ARRONDISSEMENT. La Bourse. -Quartiers: Gaillon.-Vivienne.Le Mail.-Bonae-Nouvelle. IIle ARRONDISSEMENT. Le lTemple. -Quartiers: Les Arts-et-Metiers.Les Enlfants-Rouges. -Les Archives. - Sainte-Avoye. IVe ARRONDISSEMENT. L'otel-de- Ville. sQuartiers: Saint-Merri.Saint-Gervais. —L'Arsesal. - Notre-Dars e. Ve ARRONDISSEMFNT. Le Panthleon. - Quartiers: Saint-V7ictor. - Le Jarcin-des-Plantes. -Le Val-de-Gracen.-La Sorbonne. VI ARRONDISSEMENT. Le Luxembourg. -Quartiers: La Monnaie. - L'Odeon. -Notre-Dame-des-Champs. -Saint-Germlain-des-Pres. -VIIe ARRONDISSEMENT. Le Palais-Bourbon. - Quartiers: Saint-Thomasd'Aquin. -Les Invalides. -L'Ecole-Militaire. - Le Gros-Caillou. VIIIe ARRONDISSEMENT. 'E'lysee. -Quartierso: Les Champs-Elysees. - Le Faubourg-du-Roule. -Ia Madeleine.d-L'Europe. IXe ARRONDISSEMENT. L'Opdra. -Quartiers: Saint-Georges. - La Chaussee-d'Antin. - Le Faubourg-Montmartre. - Rochechouart. Xe ARRONDISSEMENT. L'Enclos Saint-Laurent. -Quartiers: SaintVincent-de-Paul. -La Porte-Saint-Denis.- a Porte-Saint-Martin. - L'Hopital-Saint-Louis. XIC ARRONDISSEMENT. Popincourt. - Qualtiers: La Folie-Meri bl;WS —:;:::P; X VUE DES BERNARDINS AU COMMENCEMENT DU XIXe SIECLE.

Page  1 hbLS Vt e latta itte e~t d lit CId pise du Louvre lie t t Iau p larnt ke pan tr det s Aes,; (st-wI'ssmus Is PwttorI 't ANeuff t, No t Dm et,* ^Pcum I/Ir a /r1 I(t- eS 0 for {. LE LOUVRE. - e1"r QUARTIER: SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS. 2 QUARnTIER: LES HALLES. - 3e QUAnTIER: LE PALAIS-ROYAL. - 4~ QUARTIER: LA PLACE VENDOME. _ E premier dans lFordre numerique, cet arron1 dissement tient aussi la premiere place par. l. 1l'Fimportance des monuments que son territoire, 1 E i dans un espace restreint, possede ou a possedes 5 autrefois: des edifices comme le Louvre, le S ^ ^ i Palais-Royal, l'ancien Chatelet, les Tuileries, le l l Palais de Justice; - des eglises telles que Saint_ Eustache, Saint-Germain-l'Auxerrois, la SainteChapelle; - d'autres constructions de tout genre: le Pont-Neuf et la statue de Henri IV, la colonne Yendome, les Halles, la fontaine des Innocents, - des rues dont le nom est * celebre dans tout l'univers: la rue de Rivoli, une partie de l'avenue,de l'Opera, la rue Saint-Honore. ILa supcrficie du I' arrondissement, di t LE LOUVRE, est de 190 hectares (c'esL-a-dire fort au-dessous de la moyenne). Ses limites sont les suivantes: le milieu du petit bras de la Seine a partir du pont Saint-Michel, le milieu du cours du fleuve jusqu'a la hauteur de l'extremite du jardin des Tuileries, le mur Ouest de. ce jardin, F'axe des rues Saint-Florentin, Richepance et Duphot, du boulevard de la Madeleine, des rues des Capucines, des Petits-Champs, de La Feuillade, de la place des Victoires, de la rue Etienne-Marcel, du boulevard Sebastopol, du pont au Change, du boulevard du Palais et du pont Saint-Michel, pour la moitie Nord seulernent. Ses quatre quartiers sont denommes: Saint-Germain-l'Auxerrois, les Halles, le Palais-Royal, la Place Vendome. Au dernier recensement, sa population etait de 66,150 habitants, ce qui lui assure l'avantage appreciable d'etre le moins peuple des vingt arrondissements. I suffit, pour ne pas s'en etonner, de jeter un coup d'ceil sur le plan et de voir les vastes espaces non batis - ou non habites - qu'y occupent les monuments et les jardins. De ce cote, d'ailleurs, la ville ne se developpa que tard. Le Paris gallo-romain et merovingien etait restreint a la Cite, aux pentes de la montagne Sainte-Genevieve, a l'enclos de l'abbaye de Saint-Germaindes-Pres; sur la rive droite, il n'y avait que des bois, des marais et quand, au ixe siecle, les Normands vinrent assieger Paris, ils n'eurent a detruire, dans ces parages, que la modeste chapelle nommee alors i PARIS-ATLAS&

Page  2 2 PARIS - ATLAS Saint-Germain-le-Rond, -aujourd'hui Saint-GermainI'Auxerrois, - desservie par quelques moines. Apres les angoisses, apres les terreurs de l'an mille, ]a rive droite commenca a se defricher, a se batir, mais ce fut d'abord du cote de l'Est, entre le Chatelet et F'Hotel de Ville; a cet egard, le-IVe arrondissement l'emporte sur le premier, mais d'un siecle a peine. Paris se developpait promnptement, et, a la fin du xne siecle, toute la partie centrale du Ier arrondissement etait habitee, si bien qu'elle fut englobee dans l'enceinte a laquelle Philippe-Auguste a donne son nom. Cette enceinte, pour la region qui nous occupe, est a peu pres representee par le trace de la rue Turbigo a son intersection avec la rue Saint-Denis, les rues Mauconseil, du Jour et Oblin; puis, par une ligne traversant les bAtiments de la Bourse du Commerce et rejoignant la Seine a hauteur du pont des Arts en passant royales ou imperiales, depuis Henri III, lors de la journee des Barricades jusqu'a l'imperatrice Eugenie, le 4 septembre 1870(, sans parler de la fuite de Louis XVI a Varennes, de celle de Charles X en- 1830 et de Louis-Philippe en 1848! Cent cinquante ans apres I'Fedification du Louvre, la construction de la Bastille s'inspirait du meme caractere: elle aussi donnait issue sur la campagne et terminait, avec un appareil redoutable, la fortification de la ville. Les deux edifices servirent aussi, des l'origine, de prison en meme temps que de chateau. C'est au Louvre, - a peine acheve, - que fut incarcere Ferrand, comte de Flandre, fait prisonnier a Bouvines: LA COLONNADE DU LOUVRE. Lors fu Ferrant, tout enferre, Dans la tour du Louvre enserr6. par l'axe de la rue de l'Oratoire et le milieu de la cour du Louvre. Le Louvre. -Les origines du chateau du Louvre sont entourees d'obscurite. Essayons d'y apporter un peu de lumiere. On a pense a en trouver l'etymologie dans le mot anglo-saxon lower, qui signifie (( demeure o; mais, comme aucun texte ne permet de constater l'existence du Louvre avant la fin du xIle siecle, il faut renoncer a cette explication, aussi bien qu'a celle empruntee au latin lupara, endroit ou il y a des loups. Bien que, comme nous l'avons dit, cette region fut boisee primitivement, elle ne devait plus l'Fetre lorsque l'on songea a denommer la construction elevee sur ce point pap PhlfirppO-Ali-lIte Qu'il nous soit permis de proposer une etymologie qu(c1 n1ous it avons puas encore rencontree: le mot louvre devait s'ecrire l'-troX et. Ntvjtl llt tO la meme forme latine, - opera, - qui a produit le mot -(Buvrt, Plus tard, cette origine ayant ete oubliee, on aurait r.p, i 4 l'article, phenomene frequent en vieux frangais. Le ILotreIX1: - ce serait done l'ceuvre, l'ouvrage important, impon i;t. D'autre part, les historiens de Paris en general, (et du Louvre en particulier, ne nous paraissent pas i avoir reconnu la raison d'etre de ce chateau fort, ni dans quelle pensee Philippe-Auguste le fit construire: ce fut, assuremnent (( Fouvrage militaire par excellence de l'enceinte que ce roi donnait a Paris. En amont et en - aval, chaque rive de la Seine y etait -commandee par une tour: la tour du Louvre fut, de toutes, la plus forte, la plus importante, et Philippe-Auguste, en en faisant un donjon, lui annexa une enceinte de batiments qui constituerent un chateau feodal telqu'on les construisait alors. 11 y avait, en outre, profit pour le roi,- qui savait a quoi s'en tenir sur ses feudataires, - a avoir, grace a ce chateau, un pied dans la ville et l'autre dans la campagne. Que de fois le Louvre LE GE _IV et les Tuileries ont servi a des evasions Par A. MEERCIE Bien sombre, bien austere, le Louvre devint pour quelque temps, sous Charles V, qui y ajouta des constructions, une brillante residence royale. Ce prince avait pris en haine le Palais de la Cite depuis les scenes violentes dont sa jeunesse y avait ete le temoin: deux de ses marechaux massacres sous ses yeux, sa propre personne tres en danger. Devenu'roi, il n'y voulut plus habiter et c'est alors qu'il fit amenager le Louvre conformement a ses gouts qui etaient ceux d'un artiste et d'un letltre. La (( librairie )) si riche en manuscrits precieux qui y occupait trois etages d'une tour, sous la garde vigilante de cille'g MWOalt, est restee celebre. Le Louvre etait devenu a prfcsq-ue P-1 palais, en depit de la severite de ses hautes '3 ittmillles de forteresse et quand en 1377, l'empereur IJ Crlnles; IV vint le visiter, il s'en declara emerveille. A i tLe fjible Charles VI conserva au Louvre sa residence (fficlolle, tout en lui preferant l'hotel Saint-Paul, dont les l^ " ft^^ va;sles jardins plaisaient mieux a sa folie. Au surplus, o I e le consultait pas sur le choix de sa residence. -V ici comment s'exprime, a la date de 1413, le chro-:'.':- niqueur anonyme qui a redig6 le Journzal d'al...... Bourgeois de Paris: (( Et en ce temps etait touz— i:: — jours le roy mallade et enferme, et ilz tenoient son aisne filz qui estoit due de Guienne et avoit espouse la fille du duc de Bourgongne, dedans le Louvre de si pres que homme ne pooit parler a lui, ne nuyt ne jour, que eulx... )) Eux, ce sont les Armagnacs, car notre annaliste etait un Bourguignon irreductible. Plus d'un siecle s'ecoule. Frangois Ier', grand b~tisseur de chateaux, - Blois, Chambord, Fontainebleau., Saint-Germain en sont la 2 preuve, -et aussi grand destructeur de castels feodaux, forma le dessein de remplacer le vieux Louvre de Charles V, dont le DES aRTS. donjon et les tourelles pointues lui offusxuichets du Louvre). quaient la vue, par un de ces palais qu'il E (G

Page  3 PREMIER ARRONDISSEMENT 3 aimaittant: il en confia 1'execution au grand!... architecte Pierre Lescot, mais sa mort survint avant qu'il ait pu voirmeme le commencement des travaux. Ses successeurs poursuivirent son dessein et cela nous a valu les seules vraiment belles parties du Louvre cette admirable facade du bord de I'eauentre la galerie d'Apollon et le pavilion Lesdiguietres (vis —vis de 1'erxtremitd N.-E. du pont in du Carrousel), an et la r partie S.-O. de la cour Pierre Lescot (avec les iMBtid. sculptures de Jean vooujonrde ), de sChambiges, d'Androuet du Cerceau. Lors de la SaintBarthelemy, I'owuvre ltait en plein chantier. maXs -...........e...... Faut-il en croire les....................... hommes de la glevolution qui marque"rent de Ucetrissur c cette admirable fen6d tre de la galerie d'A- d-A PORTE JEN GOi' polln, comme 6tant celle (( d't s'infdine Charles IX tiriai sur le peeyllle )? Lhles avis sont controvers~s, mais n on penche generaleme la negative. D'abord, il n'est pas prouv6 que la galerie d' Mt deca acheve; puls, certain indices font supposer n odieux attentat aurait 06 Plut't commis d'une des f en vieil hotel de Bourbon, d~moli au sie'cle d~ernier et qui s'61( point ofe maintedant la rue du Louvre prend son oigine sur de quai.a Un, autre souvenir, plus digne de creance, de cette terrible nuit du 24 aoift I,72 est celui de il'hospital,46 offerte dans sa chambre m'ne, au Louvre, par Mcrguerite de Navarre, femme de Henri IVd - la reine Margot, - ai un gentilhoesme T rotestant bles6e et qui fuyait, 6perdu. Hostitalie6l certes, un peu. forace, mads enfin qu'Alexandre Dumas p a pas imaginee de tojutes piekes. Avec Henri IV, Farchevement du Louvre se poursuivit activement. Les Tuileries construites, le projet de la royaut6 fut de relier les deux palais grace 'i de longues eateries coup~es par des pavilIons, F'une au bord de F'eau, I'autre du coWe Nord, lui fa~isant ' face et formant, angle droit avec les britiments de la -cour du Louvre. On sait ce qu'il en est ad'venu: a peine le projet etait-il realise par Napoleon IMI, que I'ceuvre, si longue a edifier,.fut detruite: le 23 mai 1871, les Tuileries devenaient la -proie des flammes. 'Les constructions qui sont restees forment encore un ensemble dont Paris a toujours Ie droit d'etre fier. Hlenri IV y est pour une bonne part: c'est a lui que ]'on doit —. le prolongement, jusqu'aux Tuileries,. de _ la grande galerie du bord de l'eau, dont. t seule la facade, jusqu'au, pavilion de Flore, oeuvre de Lefuel, appartient a notre 6poque. Les trols quarts de la cour du Louvre.datent de Louis XIII et de Louis XIV; elles w teurent pour architectes Lemercier, puis Levau, et ne portent que trop le cachet de leur epoque. Leurs facades Est et Sud sont. > du meme temps; elles ont ete concues par Perrault, et l'une d'elles, au moins, celle _ de l'Est, la fameuse Colonnade, a droit, Ipoulr la noblesse de ses lignes, h notre admiration. Les projets de ces deux facades, desI;Psines d'abord par Levau, n'avaient plu ni ~ au r1oi, ni a Colbert. On resolut de s'adresser aux plus fameux architectes connus 1 1 de France et d'Italie: les plans qu'ils envoyerent ne satisfirent point encore. C'est alors qae Louis XIV se decida a faire ve-.......... i nir le cavalier Bernin, cele'bre dans toute l'Italie. It faut lire, dans les charmants Memnoires de Perrault, de quel air se presenta ce personnage et avec quelle morgue,iqui mecontenta tout le monde; comnment enfin il fut econduit: (( Le cavalier s'est cru un grand personnage et nous a pris pour des sots, - dit Colbert; mais il s'est trompe egalement en l'un et en X X v{ I'autre... ' On ignore generalement les services que Phot. Neurdein. l'auteur de Peau d'dne a rendu aux arts et aux lettres en sa qualite de commis de Colbert a la surintendance des bAtiments royaux, la part qu'il prit a la fondation des Academies des sciences et des inscriptions, et, tout specialement, le zele qu'il apportait a la surveillance des travaux du Louvre. C'est ainsi qu'il eut assez de credit pour faire agreer le dessin'de la Colonnade, execute par son frere Claude Perrault, qui etait medecin, et paraissait peu verse en architecture. UJON, AU rnot. Neurdein. LA GALERIE D'APOLLON, AU MUSEE DU LOUVRE.

Page  4 4 PARIS - ATLAS ~_ _~ _ _ _I I_ mieii.x e.t vati la supprlml3 er pour la reeonstruire danls le gout de la fa-,cadet syyl1tmirique dHf:til d:lt itd, 'etau, r es itttrln pai r I I e mev)u L ef elC Soutts NaXtpol}on III enfin? fltrenit ed':ifits ]es batilpnls qui prrnneni jour sur les., deux squares (le la patce dr Carousl: ttpavilion R4l-bcicu Fiau nard, pavilion Delon a1ttu sud.t V:tcf' nll t Nyscoltx i en: tlitti drcsse les plans, xnais la1 inort-, ten i82 vtl it le surprt(te-ndre ct c'est Xefuel cqui tcut la bonne:fortutne de r'it'tisert son I cole l ictiiiectiure par ic style de, scs b1)uiI'll""" Cl ~ IB, I oil quaire s eleles soni re|)resentes, ^:-' ^ ^I Louvre est nno ccole d'ari incoi1j1a labe Zt par les r1icess qil xrenl ittne depi)uis i:~.: a:: 74 B F 8:J B |^^ ^ les tpt}~rtitmi0(' l ie 7antie Ilisott s (a los tu getntie B;^;.. t0-..\ } T llsl a 14. t sl tul i t llx t (.tvre s dt' I fijSfes, Illorts (SI'lltier'. 11 Tie, sauvaXX iti O'l^eR1^\ ere qucstion dWen doffler!cl.::::: i:::::::::::::::::l^^y::::::\: a e:ru:, in n'o om ia re 1~t~o ll':ttirt 'II -to So.nnle l ire; *.:0,.;;.e;.0 t 0.:000000000000000 000000000000000i~X } >8 1 til a p e rcXf{'% }X-<ti I{ % * A: ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ e.u n a S:: ip ci u d:-::::: e:.:::':::::::::::::::::::::: '~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~. 4..::'.:::::t. ^f:R::X:::::::.:::::::::::::\\.^s *. 0 -;-;0; 2; - 00000;000t;000000000\: t lX Rat } ol, S- t s X e it:. 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S,' est Ou- * v S \\ 1 l, t, i i 1 ld{}l ) s 3~~~~~~~~~~~~~~~~~c a u jozini| i-s.-: f: i U1 t)'''l i'll S11lt1r 2 2 m L E ti0;; 7;it t;0 00:;;;:000000 \ (i58 0l\1t>8 ^{}I 8}} {}.t a (l.1> t'lts Gailltard IL'AREC Y-E TUI0 M PII l, DAIT CABRROUJ8 E,L Conmien t no pal s rastppolcr, a cet propos, Ies maliclaix vers par les(uells Boilettau ouve Io Vie Cluati dle son Arl.t Ptoi0ttuC; )a1< F.lot)rcn(c}, ja]is, vivait un mll'declti Satvntlt 1(lle.rt, dit-o, et tc:lt6 ret assassi n', LIA setni y fit ttong:l-lcrps lt pubnli(pie mrist' re; Lh, to tl. orS pl(Aio ll li rlded ld:l io till p l te; cie, flc wiotC piere ir fprleo ()apokion16; u 1ti t mti ul vide dtl sltan-, hol:fa e t'i pletilntl d - ste 6. 1-: rhumet h soll ttspe(',ct ste cOm.t.4' I te, le. i ttIi j 3Ft pmt luli lt mligrninoe est lbielhl't f6i.t0-10, e. 11 quilte onl; t tl l le, en itousl lis tcl d t6lsl, De ttots Ses iti' ml ts.'i till norl l an Xn a tn reset'..Jie, en: tt a inlaison d1, superbe sti rcturc. CVO'6tat til richie ah])6, rOu de I'aro c clnre. 6ie dedcitn, t'lttrIt, semtble n0 dan11s let artt: 16j a (le 1)battrlluc-Iks p)arle, coninmr"e Mfalsart. 1".til, pou tlt h abtll'h("Orr tnln Sa phlaisatlit prl:lodil, Noir t a l s r i 'f, 8' rolfi r ce.t h 9)on art f il i.il-nltlin, Et desorvnias, la rhtI ge ct I'Penlterre. a la Itain, L.aissit te Ga<iefn la siclnto slspclte De 116cllhtit mln~16ecitl devienlt b-on archlitecte. LBE t 0 NU lEi FNT aD Ot A A 13 fE TT A A 1) C AX R. R 0 U XSE L. Cc mdct:. -archi t ctt tlorni irtll W?est ittltr d', ttts l]a pens..e d t satirijltq, qT(C Perrautllt; notls leo retrouver:Zons enlcore:, d:lts l-tisloire du XIVe arblonti ssntlo, tb n l archite (le et l bsecrvalfoire,. Peln klprEs, Iotis XIV l gliFig le I.l)tivre (|totn Vt(saiiles M: il btat)ti-\ donne a (a cx Academn ies e a ux 'arls, voiro ne } tt (tux artistes, qt' i l og dtants I1ss leages suptriltturs. II emi scrta a18insi sols LfoliisX V ct Louti8s X: des( efxos:ltions do pn:tt l:1tro y SOW ort l anisoess ss 1 c}le n s n - teli gte tl i tdiectioln de AL d ef Al atTi tinyu Iv)l s (f d e (M.dAngivili\er sn, t t Ilten-n dillts des baSftiilmlen:ts; Inma:s,, i t hrll, t a l a R v otivf o nl.ittll tlf tld.o d nrtt rtI [-Loutvre7 t).St' A-lt. t.t f}~~t~l~- n.ff it t( it0']ttX v~ olts1,t5 ovreou, sous Ie non doui d m des Arls, sa glorcluso, ol dellli de2fs I$.I nai)Xl $n N-apoletol Ifor repri t Ile Wpwroje t ld"Tch mn.0l t-( ii pzais; II con11, fia, ent t 800(, aux,arct litefclte. s Percier tet Fonlx a I{tti l 1'execnlllio. dt:l f de tla Norlda O ti Srat vis —tis a x atrcatdet s rdo 1te t ltl tre de H'livol), don lt a contsotruction venaltt dtrltte ordonillill&. lttlur.u:vrc, s'li:t (F etn t d vliton de RobanOn d pillol d lfarsfllsttn; elloe Ost frotidt et sans be(alte. }s Oe ndomni a ctt p r Of ar lelt css Ince-ttndles de. la Commlune, elle t 6t' 16 restaur6e ptar i4e'ruei, itatis tintzs toe initne stylo: I I I II p`AV3EL? ts c<ON e FLOIE (Louvre) (:.lric: veslul t: i i:: ai iii Xte u d g I beta'l},.ill (t.l- }ls, f,}'1 11ca~fn.)i......}e(s~t' I.|.a' place dul Carxouse doit:: son' no ant carruse ou) to o f ll vc u ttnatl'- o-'ts X tin'l (sang 1te les seign: ur dot}(l~ttt 8fl:)S8r A su te y represen~t ta(); ioni des t tt Turs, }t ~ ~ ~ raoiii ei|t~ elle{4 s(reprii|\ y{(}181 s on8tl7 nom~t d* orig sons}~t};:lgte 'p' 8i li e ^ ~ ^ 8IS tm p r.. i.r...................a.....le.....e q l le tS (:\ ISii8ltr l t l tll 8llll ll tl: j s ira I'eteveino llle I du 1) no va t:Louvre~,lt tdos cont{:siruc":t'^^^llll lg!!?':18:1' Xltion 8ts. informes(} l^^neorlt;I(alen. bordan (t} ltelsl~}8 ru~etst Saitftteo y ctl t s el e Im its soele la II. 18..... po t, si b d-u A - e i e d..Bo.. a.jiflf~i~-%C~ t' 17il1, 1',,, PA~VILLO~fN FLOM POI! X, lxrc CMISist](111 it, pavf(*f'is (i ira visdeto c')-me gtea i::000 c, sc0 t ul U p- s 1t0ileltmtet c -onstar 6 pa 1 erclatertint: ei - yenix f Ie (18 )tt, 0 place du: Catrrousel ditt SOnfto r lt} de Ciitle-'tsellve oIl nt:'ro fotl br:illat::t: 4 e ois XSNV y dlollal., rt ~ e i t jln ijalet s rtul r eri 'ais iltt it-nois de, j-oin ttfiI L y dern ir tB o lfv cosnir` 11t R'l tio at; qno ptl rincestt..ti s Alt e t..s s Medictrs d Is siit- y re r.-cl t> ti t dait T p e?u lr1s, dtes A -tru (4.ns lnX o i ns. l Iot 1 1r o 1 le placaf de Tt1 iulme a d1 i l i ( t)a F1r S II(Itr) d i la grande il, rvol-R ttone Soil nont 0or ge 11 a re...............E S N.A....... ^.' '...IV.: AA-.... i t }. '. ( i......................... 1i II fil vorale Fe.- t}.onlfln- 'enR}.t.)it. I 1 o tlant l s ru s s r t jiho(.aaii1. xot; une '.t1)( ( e v lo olu tion la i r esvnents et sa destle a iit (I n lRe ) m hen R r i tconlt d e shnites b.ies arti d e LA COUl DU l AHtRROUSKIs ET XLE PAVILLONiI COiJA;lRtlt.

Page  5 PREMIER ARRONDISSEMENT feliciter de la disparition d'un monument du passe; une compensation nous a ete reservee cependant par la destruction de celui-ci: elle a laisse le champ libre a l'admirable perspective qui s'etend du Louvre a l'are de triomphe de l'Etoile par les Champs-Elysees. Et puis, le jardin des Tuileries nous reste, pas pour longtemps peut-etre, mais dans son etat actuel, qui date du - second empire, il aura ete la joie de plusieurs generations de Parisiens, jeunes et vieux. Quelques souvenirs encore se rattachent a cette region: la terrasse des Feuillants rappelle l'ancien monastere de ce nom, dont les batiments servirent de club a la faction droite de l'Assemblee constituante. Au numero 6 de la rue du Mont-Thabor, Alfred de Mussel est mort le 2 mai 1857. L,'ancienne eglise de 1'Assomp- ---- tion, construite en 1676 et maintenant desaffectee, voisine avec le nouveau palais de la Cour des Comptes. Inol Saint-Hnnnor6 398. 8au fond de la cour. est le Phot. Gaillard. LA RUE DES TUILERIES (Du quai des Tuileries). IIUOat' -s AdV-V- a, Iv- -.. -^ -_ - - - 7 w- __ pavilion qu'habitait Robespierre. Rue Saint-Florentin, F'an Talleyrand, est occupe aujourd'hui par la famille de Roths Place et colonne Vendome. - II n'est guere de me cien hotel de achevee, elle ne le fut qu'en 1701. Tous les hotels y ont la meme child. ordonnance, noble et froide; ils offrent cette particularite que leurs mnument qui facades ne sont qu'une sorte de placage et qu'on pourrait les separer des baltiments pour les transporter ailleurs. En 1699, le milieu de la place fut orne d'une colossale statue equestre de Louis XIV. Au RoiSoleil ne suffisait pas le monument que le duc de La Feuillade lui avait fait elever sur la place des Victoires. Les deux statues furent abattues en 1792, celle de la place Vendome, le 10 aout, celle de la place des Victoires, quinze jours plus tard. C'est en 1806 que fut entreprise la construction sur la place Vendome d'une colonne (( a l'instar de celle erigee a Rome en l'honneur de Trajan)) et faite avec cent cinquante mille livres de bronze en pieces de canon prises sur l'ennemi a Austerlitz. TL'empereur voulait qu'on l'appelat colonne d'Austerlitz. Mais il exprima d'abord le desir qu'elle fut surmontee d'une statue de Charlemagne. C'est plus tard seulement qu'il consentit a y voir sa propre statue, ou il etait represente en Romain, la tete ceinte de lauriers. Cette statue etait l'oeuvre du sculpteur Chaudet; l'edifice entier avait eu pour architectes Lepere et Gondoin. Tous les artistes en vue de l'epoque avaient ete employes a la sculpture des bas-reliefs; nommons parmi eux Bartolini, Bosio, Clodion, Petitot, Lucas. GC'est le sort des monuments de l'adulation de ne pas survivre a la destinee de lFhomme pour qui ils ont ete construits. Le 8 avril 1814, la kt Giad statue fut (( descendue )), mise de cote, et le bronze dont elle etait not. (aillard. faite servit plus tard a refaire le cheval de la statue de Henri IV au PontNeuf. En 1831, Louis-Philippe, qui affectait de ne pas redouter les gloires de l'Empire, ordonna la construction d'une autre statue de l'Empereur, en redingote grise, et en fit la commande a Seurre. Napoleon III,.vant de les a son tour, ne voulut pas etre en reste et il chargea Dumont de rele centre. constituer la statue primitive, qui fut inauguree le 4 novembre 1863. oit de faire Celle de Seurre, devenue inutile, alla, jusqu'en 1870, decorer le rond LES GUICHETS DU LOUVRE (Quai du Louvre). ait eu plus de vicissitudes que la colonne Vend6me... A conter, disons un mot de la vaste place dont elle occupe I (( Le Roy ayant este informe de la facilite qu'il y aur -vin n hlln 4 ra,,mni r \srla ~n on s O r:illa \ A IT Y] une jellte et gianieit place enC a vine ae, jrains dans l'espace qu'occupe I'hostel de Vandosme, laquelle place seroit d'un grand ornement a ladite ville et d'une grande commodite pour la communication des rues qui en sont voisines avec la rue Saint-Honore, S. M. auroit donne ses ordres au sieur marquis de Louvois, conseiller en ses conseils, secretaire d'Estat et des commandemens de S. M. et surintendant general de ses batiments, arts et manufactures du royaume, d'acquerir en son nom ledit hostel de Vandosme | et de faire ensuite construire dans le fond d'icelui un couvent pour les religieuses Capucines, apres la construction duquel celuy oui elles sont presentement logees, et qui est voisin dudit hostel de Vandosme, put estre abattu et la place qu'occupe presentement ledit couvent estre employee tant a l'augmentation de celle qu'elle veut bien donner pour F'embellissement et decoration de ladite ville de Paris que pour ]a construction des maisons qui environnent ladite place... )) Tel est le preambule d'un arret du Conseil d'Etat, en date du 2 mai 1686, ordonnant _ la construction de la place qui devait porter officiellement le nom de place des Conquetes, mais qui en realite a toujours conserve celui de l'h6tel qu'avait habite Cesar de Vendome, fils naturel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrees. Mansard en fut I'architecte, et en depit de l'impatience que le roi montrait a voir ]'oeuvre DECHARGEM PARIS-ATLAS. hllot. iaillaru.:ENT DE BATEAUX AU PORT SAINT-NICOLAS (A gauche le Louvre). 1.

Page  6 6 PARIS - ATLAS - - LE JARDIN DES TUILERIES BORDt EN HAUT PAR LA RUE DE RIVOLI point de la route de Cherbourg, a Courbevoie, dans la perspective de l'are de triomphe de l'Etoile. Pendant l'insurrection de 1871, de nombreux journalistes demanderent que le bronze de la colonne servit a fondre des canons; plusieurs municipalites parisiennes exprimerent le meme vaeu. Le gouvernement de la Commune, reprenant les idees qui avaient et 6mises des 1848 par Auguste Comte, et estimant que le monument tendait (( a perpetuer les idees de guerre et de conquete 6, etait par cela meme (( antipathique au genie de la civilisation ~, ordonna d'abattre ce temoin de nos victoires passees. L'operation fut consommee le 16 mai 1871. La colonne s'abattit tout d'une piece, mais sans se briser entierement, et le Napoleon resta indemne. La restauration du monument a ete ordonnee en 1875, et effectuee sous la direction d'Alfred Normand, membre de l'Institut. 'r A deux pas de la, vers l'Est, se voit le Marche Saint-Honore. A., R >.::: 68 x~l:>::S:.::B: I..s~a...::.:::::::::>>jBf:::..:::.:...:.... B::.'::::B:::....a A son sujet, voici ce qu'on lit dans le compte rendu de la s~ance de la Convention du 28 floreal ''Phot. Neurdein. an III (17 mai LA FLORE, de CARPEAUX (Pavillon de Flore). dii I1I iii mai 1795): (( La Convention adopte le projet de Delecloy, consacrant a 'emplacement des ci-devant Jacobins, rue Honore, I'etablissement d'un marche public qui prendra le nom de Neuf-Thermidor. )) Ainsi, la etait done cet ancien couvent des Jacobins-Saint-Honore, fonde en 1612 et qui devint, apres sa suppression, eternellement celebre et tragique dans l'histoire pour avoir ete le siege du Club des Amis de la Constitution, du Club des Jacobins! Le marche a ete en effet construit, mais en 1810 seulement, et ce n'etait plus le temps de parler du 9 thermidor. Non loin, 1'eglise Saint-Roch dresse sa masse severe, rue SaintHonore. Elle est du meme style que la plupart des eglises du xvile siecle, et ce n'est pas pour nous emerveiller; mais a l'interieur on admire plusieurs belles ceuvres de peinture et de sculpture. C'etait la paroisse de Corneille, mort rue d'Argenteuil, et il y a son tombeau; c'est la paroisse de la Comedie-Francaise qui yfait souvent celebrer des services en l'honneur de ceux qu'elle a perdus. La rue d'Argenteuil doit son nom a ce que, prolongee autrefois avec des denominations diverses dans la direction de la rue du Rocher, elle aboutissait au chemin d'Argenteuil par la plaine Monceau et Asnieres. Corneille, nous venons de le dire, y mourut le ler octobre 1684, apres avoir trop longtemps survecu a sa gloire; une inscription rappelle que sa maison s'elevait sur l'emplacement du n~ 6 actuel. La fastueuse avenue de 1'Opera a absorbe en grande partie la rue d'Argenteuil et efface du sol la butte Saint-Roch ou butte des Moulins. C'etait, a l'origine, une eminence formee de gravats, deblais et autres immondices, ce que l'on appelait alors une (( voirie )). Un marche aux pores y etait installe au moins des le xIVe siecle. Le 3 septembre 1429, Jeanne d'Arc voulant penetrer dans Paris par la porte Saint-Honore y fut blessee et dut renoncer a 'attaque. Plus tard, peut-etre meme a l'epoque de Jeanne d'Arc, il y avait des moulins sur la butte. Aux siecles derniers, les moulins avaient fait place a quelques beaux hotels et a un nombre plus grand de masures dont beaucoup etaient peu 1recommandables. Le quartier n'a pas perdu, a n'en garder que le souvenir. La rue Moliere qui datait de ces temps lointains sous le nom de rue Traversiere, et qui, heureusement, a ete profondement nivelee depuis, - au propre et au moral, - va nous conduire rue de Richelieu; celle-ci LA FONTAINE MOLIERE, RUE DE RICHELIEU,

Page  7 PREMIER ARRONDISSEMENT 7 Phot. Neurdein. LE GRAND BASSIN DU JARDIN DES TUILERIES. n'appartient au Ier arrondissement qu'entre la place du Theatre-Frangais et la rue des Petits-Champs, dans la partie ou le souvenir de Moliere est le plus vivace. Il l'etait trop, meme, jusqu'aux premiers mois de 1'annee 1898, car les passants contemplaient avec stupefaction sur deux maisons de la rue, portant F'une le n~ 34, l'autre le no 40, deux inscriptions affirmant que, (( dans cette maison)), Moliere est mort le 17 fevrier 1673! Laquelle des deux, cependant, avait reellement droit a cethonneur? Il a fallu toute la sagacite de quelques erudits, armes de plans g6ometraux, de toises et de metres, puis, toute la tenacite du Comite des Inscriptions parisiennes, pour identifier enfin 1'emplacement de la maison mortuaire de notre grand comique avec celui qu'occupe le n~ 40, et obtenir que l'immeuble rival renongat a sa pretention et a son inscription. La Fontaine Moliere, en face de la fausse maison mortuaire, date de 1844 ou, plus exactement de 1838, epoque a laquelle Regnier, societaire de la Comedie-Frangaise, informe que I'administration etait dans l'intention de creer a cet endroit une fontaine monumentale, ecrivit au prefet de la Seine une lettre tres digne pour lui proposer d'elever a Moliere (~ un monument que Paris,saville natale, s'etonne encore de ne pas posseder )). L'idee fut accueillie, une souscription ouverte et finalement le monument etait inaugure en 1844. Il est, dans l'ensemble de la composition, l'ceuvre de Visconti; la statue de Moliere est du sculpteur Seurre; les deux muses placees au-dessous sont dues a Pradier. C'est encore ne pas quitter Moliere, que de nous rendre de la a -la Comedie-Frangaise, puisqu'on l'appelle la maison de Moliere. Assez Phot. Neurdein. PERSPECTIVE DE L'AVENUE DE L'OPERA (Vue prise de la place du Theatre-Frangais).

Page  8 8 PARIS - ATLAS inexactement, d'ailleurs, car I'auteur du Misanthirope n' Sa troupe, dans Paris, fut successivement rue axza jeu de paume du quai des Celestins. Au siecle suivat.l, tour a tour au theatre de la rue des Fosses-SaintfGermain (aujourd'hui rue de l'Ancienne-Comedie), au theatre des Tuileries, a celui de l'Odeon. (Co n'est qu'en 1790 que les Comediens francais vin — rent occuper leur batiment actuel, construit plr Louis pour le duc d'Orleans comme salle de the trle( du Palais-Royal. Ils ne l'ont pas quittee depuis et 'on peut dire que chaque annee est venue ajouterIl un peu de gloire a la maison. La Comedie-Franca.lsO possede des collections et des ceuvres d'art remrquables. D'abord, aux archives du theatre, les filameux registres de Ia Grange et de La Thorillier11 puis la collection des registres de recettes journalieres depuis 1681; au foyer des artistes, les beauX. portraits de Moliere par Mignard et de M1le DuclIo par Largilliere; dans l'escalier de l'administration, le Dancourt de Gence; au grand foyer du public et d-an:s la galerie qui le continue, les statues ou bustes doel Voltaire et de Moliere par Houdon; des deux Corneille, de Rotrou, de La Chaussee, de J.-B. Rousseau, par Caffieri; de Regnard par Foucou; de Dufresny, par Pajou; la George Sand, de Clesinger, etc. Lors de l'incendie du 8 mars 1900, on a pu B sauver la plupart de ces ceuvres d'art ainsi que les archives; mais le beau plafond de la salle, peint par Mazerolle, a ete perdu. Px-i| Le Moliere de Houdon a son histoire. Le 15 fevrier 1773, Lekain proposa a ses camarades de consacrer le produit d'une representation a la commande d'un buste de Moliere, par Houdon, pour commemorer dignement le centenaire du grand homme. Bien qu'annonce avec (( benefice )) ne produisit que 3,600 livres environ, yjoua jamais. aux frais de la Ville par l'architecte Moreau. Les flammes Wfr1)(t P a l |ix I'tx; 1\ ay;at Ilnlt iJ6 de nouveau en 1781, le duc de Chartres, dees.ll ssIlwthal|la -:; p):ts Pillppo-Egalite, en profita pour faire elever par l'archi-: te tf Louis, les trois galeries qui entourent le jardin u X Nrd, a l'Ouest et a 'Est. Louis, a I'une des extrei f;l m iltts de la galerie Nord, eclifia le Theatre-Francais, A V- t F l'autre, le theatre du Palais-Royal. Le quadri-;; 0;:ll-t r e restait inacheve du cte clu Sud; pendant la,. ^f r t}{) volu tion, on y eleva des galeries provisoires en bois, f t >0(<iii sont restees celelbres comme le rendez-vous des n ii -es galantes, des muscadins, des joueurs. Elles W^. I fc n'nt disparu qu'en 1829, pour etre remplacees en IoW.ii:ii par la belle galerie d'Orleans. Ga 'Ct~t un lieu commun aujourd'hui que de s'attrister stv fIabandon ou la vogue changeante laisse mainteRIJAik ^^^T^^^ iltlllles galeries du Palais-Royal; mais, ecoutons ce;^ ^^^A. \ f ^^^:_ qfil'e disaient, en 1844 les freres Lazare dans leur.;^B"^"h y"; JXlit-tpnaire des rues de Paris: (( L'ancienne demeure d(A >f:ds educs d'Orleans est aujourd'hui meconnaissable..:4P......... 11.Teut montrer encore avec fierte ses constructions gio ti ne sont plus la. C'etait une libertine qui Imenait joyeuse vie, dent les regards attira ie lnt les passants. On a voulu la convertir, la rendre honnete; elle s'est laissee faire, mais helas! la pauvre repentie se sec'he et meurt d'ennui. La richesse, le commerce, tous les plaisirs lont abandonnee pour aller sur les boulevards briller et sourire plus' a l'aise. )) D j, en 1844! Il faut dire que ce marasme g f Xcessa, au moins en partie, sous le second EmPhlot. Neurdein. pire le Palais-Royal connut encore de beaux LA STATUE DE JEANNE DWARC, ^ ^^ ^ ^p LA STATUE OE JEANNE D'ARC, jours et sut attirer la foule. Puis, il est redePar FR EMIET (Place des Pyramides)..,... \ venu ce qu'il etait il y a cinquante ans. Ne quittons pas le jardin du Palais-Royal grand bruit, ce sans donner un regard au petit canon que le soleil fait detoner somme insuffi- chaque jour a midi, ni sans rappeler que c'est la que Camille Desmoulins lanca aux Parisiens enthousiasmes des paroles de liberte et de fraternite. En continuant vers l'Est, la rue du Bouloi ou la rue w..o....N........... ^. n c ^......:.:.:.:.:.:.:.::.:.....................:.:.:.:.:.:.:.:.:.:.:.:.:............ |TT........Jean-Jacques-Rousseau nous conduiront vers la Bourse -;du commerce. Entre elles deux s'etend une cour aussi ||^^^^^^tranquille maintenant qu'elle etait animee, bruyante,;||||| |; il y a quelque soixante-dix ans. C'etait la cour des; —; Messagerics royales, et presque toutes les diligences I;;;;;;;^^ 1 let chaises de poste partaient de la pour les diverses regions de la France. Que de joies, que de tristesses,;;|; dont ces murs ont ete temoins! Le percement de la rue du Louvre, la reconstruction de.h.tel des Postes ont fait de la rue Jean-Jacques-Rousseau deux tron* | ons qui se rajustent assez mal; dans celui qui aboutit... a la rue Montmartre, s'elevait l'hotel d'Hervart, ou le - i:;1] bon La Fontaine, heberge chez des amis, s'eteignit le 113 avril l69; la rue se nommait alors rue Platriere.: F* 1| | J.-J. Rousseau n'en est le parrain que depuis 1791. _ i...La Bourse du commerce s'eleve sur un terrain.... II __ I_ I____ _ __ _ __ LE THtATRE DE LA COMEDIE-FRANgAISE. (Avant P'incendie du 8 mars 1900.) sante, et pour indemniser Houdon, les comediens durent lui accorderle benefice des (( grandes entrees )). Le Palais-Royal, ou siege le Conseil d'Etat, ne date guere, tel que nous le voyons aujourd'hui, que d'un siecle. II avait ete construit par Richelieu, en 1629, et portait le nom de Palais-Cardinal. A la suite de la donation qu'en fit Richelieu au roi, au moment de mourir, on l'appela le Palais-Royal. En 1692, Louis XIV le donna en apanage a son frere le duc d'Orleans. En 1763, un incendie consumale theatre construit par Richelieu et que le Regent avait transforme en salle d'opera. Le duc d'Orleans le fit reconstruire LE BASSIN DU JARDIN DU PALAIS-ROYAL.

Page  9 PREMIER ARRONDISSEMENT 9 I''I+.... ''I'l.......... colonne astrologique; elle -..~.~.:... - -,..;;0;0:0000000000000000000;00;;000;00;0;00g0000; 0;;;;;;;;;;g;-; est.. reste acc le a 'e i -.1..........1.-. 1..1.'."_-.''" I. I I I IS I1- I;; I fice du cot opos I 'la,.l..".. '....-.' 111 '- - -. _...;'.".."","~",,....; I.......;;.;;..;;;;;;;;; r ed.L u r,-u e l..t...............- 11.11.1..............I....00 00 0 00 00 0 00 00 0 00 00 0 00 00 0 00 00 0 00 00 0 00 0-0 I... '. "'.,...",,"." ", I.. I..-...I...I.....00 000 000 -... 00..-00000-00000000...000.0.0...-0.... 0 -. — _._-;.1.1............. V a n s V u i l e s O blinI.'.'..._.-..;;.........-;-;;;;;;;;...;;;1......;;;;;;;;-.I....I...;;;;;;..._...I._.I.... o n tg arde..... le sn o m sd u p re-... 1-11-1 11111.111111-',;.;.1;.;.;-...............000g0::00g 0;........f..........00000000....... 10000...1-.-1.00 gg 0000000000000...............I........ 111..... ----;;;;;;;;;;;;;;..I. 11..1;;;;I;;;; av ait e e co n stru ite l'an;; 1 -,''':'II.- '''ll'', '''ll........................................000000000000....... I. -.:1g00000000000000000000000000000-1-.1....E................ iEEERSERRE......iEiEEREEiREERiSTE~SE~EE -. -. -. _-iEEEE~iEEE...x %. 1 1, 1...ESRER~EREE~EET 1 ~ EEiEEEE~..1 1 - - 1 1-.1................... I, -. —'.-.... ", '.....~...... lier, lim ite pa. les rue:i'; 1 1 1....:......00000-000000000000000000000000000000000000000........000000000000000000000000000000000000-0000000000000 -...4.X...0.,.;;;;;;;;;;;;;;;;;; ques-Rousseau et du Lou-..,.,.~,.,..".,." |t;-;;;;;; - vre".". 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M ansard,..................................~ p o u r,111'.................. de L a V rilliere,,,.....,.,...,,....,,,,...,,.,."...,,.......,.",, e u p p r i t d e u s a c m e d Toulouse..,",,",.,".. Sous..,, ~ I,.'. ce.... nom, il dev......."..intII,.".... prp iete u nat onae t futs 'acqui moyennant deux............ m i —on par.... la Banque en 1808; elle s'y installa.1 quatre1 ans... plus tard......................... Il nous.~....... paatiuiede terdn.e dti e operations...... de.... crdi qui1 s'y.... font et du privilege que l'Etat lui accorde,,. d'emettre,. sous certaines garanties.des l..llets dont la valeur, par un qui a eu bien des proprietaires et des fortunes bien diverses avant d'etre ce qu'il est. Au commencement du x1ile siecle, Jean de Nesle s'y etait construit un hotel, adosse a la muraille de Philippe-Auguste..Apres lui, il passa a saint Louis, ou plutot a sa mere, Blanche de Castille, qui y mourut, le ler decembre 1252. (( Sentant que la mort approchait, dit un chroniqueur, elle fit repandre de la paille dans sa chambre et mettre par-dessus un simple tapis. Ce fut son dernier lit. )) Au siecle suivant, l'hotel de Nesle appartient aux comtes de Valois, puis a Jean de Luxembourg, roi de Boheme, la glorieuse victime de Crecy; on l'appela alors lhotel de Boheme. I1 devient l'hotel d'Orleans, - apres avoir ete pendant quelques annees entre les mains du comte de Savoie, beau-frere de Jean de Luxembourg, - lorsque Louis d'Orleans en devient possesseur. L'hotel se transmet ensuite aux dues d'Orleans jusqu'a Louis XII, qui le perdit au jeu. L'heureux gagnant etait son valet de chambre, Robert de Framejelle qui s'empressa d'en battre monnaie, car il le vendit a une communaute dont les batiments etaient contigus, celle des Filles penitentes. Elles le garderent un siecle. En 1585, Catherine de Medicis les expropria pour y faire construire un logis magnifique ou les meilleurs artistes furent employes: Salomon de Brosse, Germain Pilon, Jean Goujon, Jean Bullant. C'est ce dernier qui eleva, pour les observations astrologiques de la reine, la colonne encore existante, seul temoin aujourd'hui de toutes ces splendeurs. Au xvIiI siecle, l'h6tel appartint aux comtes de Soissons, puis a la famille de Carignan. Sous Louis XV, le prince Amedee-Victor de Savoie-Carignan y introdluisit le trop celelbre Law et s'y ruina avec lui. I1 dut, pour payer. ses dettes, vendre le domaine a la Ville, B,i: s qui 'acquit pour pres de trois millions, dans le but d'y elever une halle au ble. La colonne de Jean Bullant fut respectee; un certain Petit de Bachaumont passe pour l'avoir rachetee de ses deniers et donnee ensuite a la Ville, afin de la sauver de la destruction; mais il est desormais prouve que le merite ne lui en revient pas; il joua dans Faffaire le role de la mouche du coche. La Halle au ble avait ete construite en 1762, par darchitecte Le Camus de Mezie'res, et des maisons se baltirent tout autour. I1 ne faut pas etre bien vieux Parisien pour se rappeler cette.. rotonde massive, qui avait l'aspect d'une prison cellulaire; elle n'a disparu............ qu'en 1887, ou plutot elle a ete heu- * reusement transformee en Bourse du.......... commerce par l'adjonction de batiments......... - de style infiniment plus agreable. L'in-.............. tervention d'un autre Petit de Bachaumont n'a pas ete necessaire pour que l'on ordonnat la conservation de la FAQADE DU I I I ~ PALAIS-ROYAL, ACTUELLEMENT CONSEIL D'ETAT.

Page  10 o10 -PARIS-ATLAS a ete reconnue necessaire. S'il fallait dire sur les Halles tout ce daqu'il y a a en direm un gros volum comme une serait dpas de el borner. De's le reone de lutonells fren Iece treI p~lus atifd limnatvion du p.toutesle Louis VI, Paris eaent fran n s i~ncomensurableaset commet odant a s'6tenM staiu sne lan ds~esfae dre sur la rivem droite, un chaneee elagie!march fut crpsq en ce lieuv Nemours, aussi bien que les vulgaires malfaiteurs. 'esnommait alors Halles qu'etaient le gibet et le pilori du roi, la croix au pied de laquelle Champeaux ou petits les debiteurs qui n'avaient pu s'acquitter etaient coiffs d'un bonnet grvert. Pour la popularite dont il jouit pendant la Fronde, -Ae duust de ce march6 s'agrandit, re 1laK J 1At,1) N I) ficfictn lt'gane, 6qur~iva-li i, Saint-Ertustarche sera;it; ol une dels plus 'o,,s eggfis de Paris, n'etait son portail principal qui s'ouvre sur la rue du Jour et semble fort heureusement s'y dissimuler. Il est vrai qu'il est du xvlle siecle, alors que le reste de 'Fedifice appartient au meilleur style de la Renaissance. La grande fagade, sur la rue Coquilliere, le joli portail du nord, au fond de l'impasse Saint-Eustache (rue Montmartre), les voutes de la nef, les peintures des chapelles, forment un ensemble des plus remarquables. Par ailleurs, 'Saint-Eustache est, apres Notre-Dame, l'eglise la plus vaste et la plus haute de Paris: elle a 318 pieds de longueur totale et 130 pieds de largeur dans le transept. Les vastes proportions du vaisseau et surtout la hauteur colossale des voutes impriment a 1'ensemble un caractere imposant. Ajoutez-y quelques monuments funeraires, importants par leur valeur artistique comme par la qualite des personnages qu'ils recouvrent: Colbert, le due de La Feuillade, Vaugelas, Voiture, Furetiere. Saint-Eustache possede aussi plusieurs tableaux remarquables: l'Apparition du Christ, par Lebrun; Saint Louis mourant, par Doyen; la NativitJ et l'adoration des bergers, par Carle Vanloo, etc. Depuis longtemps, le gros aeuvre et les delicates sculptures de Saint-Eustache etaient en fort mauvais point; la Ville de Paris a tenu a honneur d'ordonner une restauration complete, pour lesquelles, en 1890, une depense de 600,000 francs LA BOURSE DU COMMIERCE. COLONNE DE CATHERINE DE MEDICIS (Bourse du Comllercec^

Page  11 PREMIER ARRONDTSSEMENT - -u —n —~ — u--inuli;-~~-~I~u-^I--~ ---~~-- I- -.- I -- ______ HIALLES8 CENTRALES ET EOLIst.} SAINT-RKUSTACTII. Phot. Neurdein. Beaufort regut le surnom de roi des Halles. Les douze pavillons dont se composent les Halles, ont ete construits de 1857 a 1868, par l'architecte Victor Baltard; la brique, la fonte et le verre en sont les trois lements exclusifs. On s'accorde a reconnaitre que la simplicite de cette architecture n'en exciut pas le caractere artistique. C'est entre minuit et dix heures du matin qu'il faut voir les Halles pour se rendre compte de leur prodigieuse activite. Durant ce temps, toute la region appartient aux pourvoyeurs de l'alimentation parisienne et l'aspect est des plus pittoresques. Les chaussees, les trottoirs sont couverts de legumes, de paniers de poissons, d'ceufs, de volailles, apportes de tous les points des environs de Paris, par d'innombrables carrioles / t de maraichers, par le train de denrees / venantd'Arpajon; puis, ce sont les arri- // fii::i-:^^::: vagesprovenantdes diverses gares, fro- ~ / Lt mages, beurres, huitres, viandes, etc. / Depuis longtemps deja, les pavillons sont insuffisants a entreposer toutes / ces marchandises; elles recoivent asile dans de vastes magasins sis alentour; / ce n'est d'ailleurs que pour en etre enlevees presque aussitot, car les S uRventes en gros se font seance tenante, * Oi i sous la direction de commissaires nommes par le prefet de la Seine. \ Enfin, apparaissent les revendeurs au \ 4 detail, marchands en boutiques ou marchands a la voiture et au panier, et \ pour terminer, les menageres que n'ef- \ fraient point les interpellations, devenues d'ailleurs moins salees, de l'inclyte \ corporation des (( dames de la halle )). Veut-on savoir ce qu'il regoit et absorbe, ce formidable ventre de Paris? Voici quelques chiffres de la consom- L'HOTEL DES POST; mation, recensee en l an 1897: 27,175,514 kilogrammes de poisson; 21,041,856 kilogrammes de beurre; 155,739,515 kilogrammes de viande. II est juste de dire, que pour la viande, cette indication ne se rapporte pas aux Halles, mais a l'ensemble de la consommation parisienne fournie par les abattoirs. Le square des Innocents reunit les Halles a la rue Saint-Denis. Les enfants qui yjouent, les pietons qui le traversent, savent-ils qu'ils sont la sur l'emplacement du plus grand cimetiere qu'ait eu Paris autrefois? I1 existait des le xi1e siecle, autour d'une eglise, dite des - Saints-Innocents, et en 1186, Philippe-._ -Auguste le fit entourer d'une muraille ~ ^'^\pour mettre fin aux scandales qui s'y -- ~ \produisaient. A cette muraille on........ \ adossa une galerie voutee cou furent::illl:llllllll^^:Cpeintess les scenes de la danse maca*bre. Etre enterre sous les charniers '^ \ tait le privilege de la richesse; les \ pauvres etaient inhumes pele-mele \ dans de larges fosses recouvertes de Ia~iisiiii ~ Bs~ s m ples planches. \ n juge de ce que l'hygiene avait a. en souffrir. Ce n'est, cependant, '"'t:\~~ tIP`T( qu'en 1785 que cet epouvantable etat de choses cessa par la suppression du jj cimetiere. Les ossements furent trans/ portes aux catacombes de la rive gau-./: che, au dela de la barriere Saint-Jac- w X0s,/ / ques, et le terrain fut transforme' en / marche. Sous Louis-Philippe, on installa, au milieu du marche des Inno-........i.. cents, la jolie fontaine, euvre de Pierre Lescot et de Jean Goujon, qui etait en_a <castree dans le mur de l'eglise des InAA: ~ nocents, a l'angle de la rue SaintDenis et de la rue aux Fers (cette ders, RUE DU LOUVRE. niere absorbee par la rue Berger); il E

Page  12 42 PARIS - ATLAS _ _ _ _I_~ I _ ~ _ _ II _ _ II _ _I 11 fallait y ajouter une qua- 14 El 11 trieme arcade, avec des IA P:,A CE, -) U C 1A'T El' HT* HT. 1, A sculptures dans le style A gatielle f> t:tl&e, (lli CI de celles de Jean Goujon, ce qui fut fait fort habi-..................... lement. Du marche6 le second Empire a fait un:::';0::i::;:0: i-V 0:ii; 0; La rue de la G e ane-ruan- | 3. dissenient situe'e aul N.-E......... i~i des Halles ne nous re-. tiendra pas longtemals l e........... -:i -- ii percemient, en 1858, des f~r~ ii~I rues de purligo et PierreLescot a dont' die e'air ' un qmuartier qui en avait grand besoin. ILe vieux f iB~B Paris y est encore reprtm sent6 par des rues che~res........ aux amateurs de pittoresdue b la rue Mondetour, tout.... la rue de la Gr pdnde-Truanderie, quesques autres en-.........ie de l'abbaye de Montcoreu swrs infiniment tre...... modestes de C'avenue de douter,. de.notre.Chatelet.qu'il.s'agit.et l y era pu de la rue de Rivoli leurs habitants re- 0 le'vent de la paroisse........... ~ ' ''-, Saint-Leu, fond~ e en....... faible mefait, d bolapeevr _~atpl u auleel rn or deou lri, ou ( sousptecondr tu nir ocpt e ft ot l 1murtre construte phure la==........ majheure partie au XVIds ocer tleCheltd ri (eei contemporaine du boulevard Sn p bastopol, sur laquChelle elle prend jour. Liya plac du ChAtee napatet u pu mii a erarods sement, mais le onuen t oteletetso o s'letitecr debout, li appartindrattuteter 1ocuate fft ouel pasaint sous nedess rcde.LecatuaredeFabyedeMot martre conient une ch arted 17 u s etonel lc e Pouheurs, enrel mionds ouhrse l hsle u o, (rei il y a peu de chancqes quo Fon rletrouve d'autr do-i cumients plus anciens sur sait Lopuis I reconstruit l au xve sie' dle, puis par Louis XIV, i ari qui cosev ses tourellesa gothiques, le 7- ~ ~ ~ i nitivement en 1802. Ses je dpis 1790,u date de e la suppre cssaion de a prvut tion spoutiale ' ai qui ynI voyai volnties aupilor ~;'-~6';''lli;............i.-i de premie're istnc pour parblement en 6tait 'a la foi la Cour d'apsoupel e l et au burtrea pur un ceux qui en etaient quittes pour passer quelques semaines dans ses prisons. Parlant du Cha'telet, un chroniqueur du XVe sie'cle, Guillebert de M ltz, dit que (~les prisons y sont en merveilleux nnombre )). La' aussi 6tait la Morgue, sommairement installee dans LA FONTAINE DU SQUARE D "O NT AU CH ANGE, PH-1,8llPl]C"PtIVE, DUX BJOUIEfV:'.vARtD S.'Jf~.'JIA'STO 1"OI., 'l80telet a d1rozit, le t-hl;'tt'. Saaht1 Bertlilaldt)1 l e't) Phot. Neurdein. - une salle basse, eclaire'e par une fenetre grillee, d'oh l'on re~gardait le lugubre spectacle des cadavres non reconnus. Une des cdernie'res fois que ce triste lieu remplit son office, ce fut dans la soiree du 14juillet 1789, lorsque l'on y apporta les corps decapites des officiers de la Bastille et du prevot des marchands, Flesselles... On a hien fait de demolir le Chatelet. La place qui lui a succede, mais dont l'ordonnance actuelle ne date que du second Empire est aussi gaie, vivante, parisienne que le vieil edifice devait etre rebarbatif. Il nous sera permis de n'admirer que moderement, la fontaine dite du Palmier et la colonne qui en emerge. Construite par Bralle, en 1808, elle est surmont~e d'une Reiiomizn&e, de Bosio. i Le Pont au Change a longtemps passe, aux yeux des historiens de Paris pour etre, avec le Petit-Pont, le doyen des ponts parisiens. Ils croyaient que W870 -: —;; 0 0 00i i la route romaine du Midi suivant le trace de la rue Saint-Jacques, traversait la Cite en biais pour se raccorder'a la 1-I1: — oute du Nord representEe par -la rue ) Saint-Denis. Utait une erreur io est Inaintenant prouve que la voie lromegne, en alignement droit, se prolongeait par le Loul II, le-Dame et la rue Sasint-Alon s -tin. Pour Wte moins v~nerable Flanti' quitat du pont au Change est cependant i~ilrrelle; iil dat du ixe sie'.cle. Sous le re'gne de Louis VIIp es changeurs furent tenus d'y demeurer, d'ofi son nom; ]es ponts, on le sait, 6taient toujours bordi~s de miaisons. Plusieurs fois dans F'espace de ~ ~""""""""""""""""""" ta" tnt de sie'cles, le pont au Change fut I-I —~ ~ ~ ddtruit par des incendies ou des inonW dations; un ecit royal, de septembre 1786, prescrivit que toutes ses maisons seraient demolies. Dans son etat actuel, il date de 18-68. Pendant les travaux de reconstruction une passere'lle avalt te' e'ablie un peu en anmont, dans F'alignement du boul~ev~ard de Sebastopol, 'a Fusage des seuls pistons. La Cite' a e'te attribue'e, pour la r6 — gion Ouest au Ior arrondissement, pour t la region Est au IVe. A nos yeux, c'est une faute. Il aurait fallu respecter son unite historique et physique; toutes les S INNOCENTS. divisions anterieures de la capitale la D,E _ _

Page  13 PREMIER ARRONDISSEMENT 13 lui avaient laissee, et Haussmann fut vraiment, Irt iat} msl|1)m Nous ne parlerons done ici que du Pakis la de, Justic(e,'-t' de, la p)lacI Dauphine et du Pont-Neuf. Le Palais de Justice, tel que les sH cles nouls ' oril transris, 1 - et le xix~ y est pour beaucoup, - est iuin mnervseilleuNx, nionA < ment. Pour Fadmirer comme il le merilte c'est sutr lrivt droiter | de la Seine que l'on doit se placer, en-t ir. le pt{ntlt Haut: (Ch1antre oA I0 pont Notre-Dame. Toute la ligne de ses Wtintentsi (e tiacd suir la riviere offre le coup d'ccil le plus variO, Ie, plut{ captivfint:; e est d'abord la tour carree de Fhorloge; pius Ile'S tlourt' es pm) 0 t. u.cS do ( la Conciergerie, enrin les bWtiments B; modernes de la Cour de Cassation; ^ _, dansle fond, a gauclhe, la Mleche doree / >- iliilllliy et charmante de la Sainte-Chapelle. / /i.... ll.i...i.........lil. (. l.e Palais est presque aussi ancien / /..........;que -Paris m erine. A plusieurs re, /....................... |IIIH ^^^^^^^ prises, on a retrouve sur son empla-../ /........ ^^^^^ ^^ cement des temoignages certains que, /.............ii^ 1 des le temps de Tibere, il y avait la /'/ll l^^ i'^ un important edifice militaire, resi- / / 4g 2 dence des gouverneurs romains, puis de quelques-uns des rois merovin- / giens. Sans cesse repar6, on peut akmrc.: meme dire reconstruit, par Robert le Pieux, par saint Louis, par Phi'ippe le Bet surtout, qui y consacra, de grosses sommes W'ar ent, il fut jusqu'a la fin du xvp siecle le palais royal par excellence. Nous, avons dit que Charles V le prit en degout apres \ que, dauphin encore, il y eut vu mas- \T. sacrer les deux marechaux de Champagne et de Normandie ses conseillers et ses protecteurs; devenu roi, il restaura le Louvre, fonda lhotel Saint-Paul et partagea son existence parisienne entre ces deux demeures. \ Ses successeurs ne revinrent pas da- ^ —* vantage habiter le Palais de la Cite, LA SAINTE qui devint des lors exclusivement Palais de Justice. Des le commencement du Xille siecle, il avait cette destination: le Parlement et les autres Cours superieures de justice y siegeaient. A certains jours, les clercs de la Basoche en etaient les mattres; dans la grand'salle, celebre par ses dimensions et la fameuse table de marbre qui s'y trouvait, ils jouaient des mysteres, pieux et profanes, et dans la cour prin- _.. _e...*..RX.... cipale, plantaient solennellement 1.. un arbre chaque annee au m ois.l..l....i...........iiii'i^ de m ai, d'ou son n om d e cou r du.....llll l........................................ P lu sieu rs in c n d ie d tru *si* e t BBII- M ^^00000000000000000:00000000000000000000000000000000000000000000000000000C0000000000000 le Palais: celui de 1618, celui de I ||li|||l|ll|lilllgill-i - - - iiii|~lillllil 1737, oul perirent, helas! les ar- |; llillilllli|illill0^ l>X llliill tjllllll chives de la Chambre des Comptes, 0-\l0-00\\0 000\\\lX0-\)iji\0200000Xlg~ti)i\000000 celui enfin de 1871. L'effort pa- -;ets repare les dommage, que princpau de Paris. Les parties. les piurs incienes - ient " '..an les Palas basses de 161 ocielueide...... * qui datent de saint Loui.......... 173nto l es c isines Wo asl es; il -............ citer ensuite~la tour de I'horloge, de style si pur; I'horloge meme, la premiere horloge publique de Paris, placee la en 1370 par Charles V, refaite au xvie siecle avec des sculptures de Germain Pilon; la facade solennelle de la cour du mai et sa grille majestueuse, qui datent de Louis XVI. La Sainte-Chapelle est la perle exquise enchassee dans toutes ces constructions. Point LE PONT AU CHANGE, I i besf- beaso-n d'ete d:tm<rhc logue pour etre frappe de sa beaute, (e:l son kle:atnlce. Bllet- fittt construite de 124o a 1248 par Pierre deit onte uit; c'est t.itdr(.e qu'elle appartient a 1'epoque plus heuI t.tet u:te t 8tyv.le (givals, P Iafr une disposition tout a fait rare et tq1eu rI+t'aell litv-e t: a ftr(lait-e-ment realisee, elle se divise en deux | l caelefs sup: pt:eest:>S, tqu'un escalier exterieur, haut de qua| ratllt@tolttrln: xartche:, rltelait entre elles; il a disparu en 1776, et c',tesft bie:n 1r'ere:n-tta:let:, ca:tr ce n'etait pas le moindre ornement de Sttiions |llsql:rau Po'tr Il': —Neuf le quai de 1'Horloge: on le nom-. mait autrefois quai des lMorfondus, a ^s"' \cause de son exposition au Nord, gla^ -ciale pour ceux qui y stationnaient. ^^^ - Fort etroit alors a ses deux extre-.... ll^^ i- mIites, il fut elMargi en 1737 par le.......... prevot des marchands, Turgot, le pere............ du ministre et l'un des plus distin-:x":x x00000000; x00000 00000:0000:x00000;000-00:00000000 xx] gu es s0:00 —;S:S000t ue d u ni t a eu s q e P a i i.......i.iii.iiiii..i ii \..u.s administrateurs que Paris ait lill:S\ eus. Cet 'venement parut si consi\ derable qu'on en consigna le souve-.........\ nir dans une inscription conservee............rdhu... -usee Carnavalet | X ttle quay de I'horloge qui etoit...... trop 6troit, et dont le passage e'toit.......... dangereux, a etR construit en partie et. Mg par une demie vo te en U Une autre inscription, plus digne d'attention, s'y voit sur la derniere / maison, formant 1'encoignure de la mplacen Dauphine; elle rappelle que M-ffe Roland y passa une parLtie de sa jeunesse; elle en a parle dans ses M-oire5 '' (( Combien de fois de ma fen6tre, exposee au nord, j'ai contemple avec emotion les vastes de-x"emneothNelrdein, serts du ciel, sa voute superbe, azu-"&^^ ree, magnifiquement dessinee depuis C APELI.TE. le levant bleuatre loin derriere le CBr APE~iiLilE. I, pont au Change, jusqu au couchant dore d'une brillante couleur aurore derrier.e les arbres du cours et les maisons de Chaillot... )) Pauvre Jeanne PhliponI Dans ses reveries de jeune fille devant ce spectacle, admirable en effet, la pensee pouvait-elle lui venir de sa fin terrible et de la ferocite des hommes, alors que la nature est si belle! l - i Phot. Neurdein. LE PALAIS DE JUSTICE ET LES TOURS DE LA CONCIERGERIE.

Page  14 14 PARIS-ATLAS _ _I _ Jusqn'an xvti sioe., PaNris a 'ai. ccomitoda des qitatre' ponts qui 1r1imttissjin88i(t t la Ci.. t t a I.1nivr:lsit.lc t o Ba aVille3 taitsi (I c 'oa disait alofrs; p ]l1us 1taut out: l)1us htts, oil avail' 1rectrs des mtt<sie ] rs. L'ta p)o0pullttionll tt du ttourg Stlint-G'i.1('.t: til( d ul\Q: Irtt'e, ct ctil (8\}\ t~itt Itr.sS |8t.-% d'u part, du, q~.Juavtier d o s.- I I a I alle Wautre parl strtia sonslblcnnt c(,Ccrue la const.ruction tdlun notvea1\t pont fuit d6clRele: ln o"78; quailld it fil tl ac -eve, roi t'i ppclla te Pont-Neuf: ce ques plus serieuses, ou les libraires dominaient, tout cela a disparu, comme la pompe de la Samnzaritaine, et le Pont-Neuf est devenu un pont comme tous les autres. I1 lui reste cependant d'appreciables merites: la noblesse de sa construction, le panorama superbe qu'il offre en amont comme en aval, et son terre-plein, dont le mole est fait de pierres de la Bastille. La statue de Henri IV qui s'y dresse n'est plus celle que, quatre ans apres la-lten'at de Ravaillac, Marie de Medicis avait fait elever en l'honncur du roi de la poule au pot. Phot. Neurdein. Phot. Neurdein. LA RUE DE RIVOLI ET LES MAGASINS DU LOUVRE. LA SAINTE-CHAPELLE ET L'ENTR E DU PALAIS DE JUSTICE. nom, vrai alors, est loin de l'etre aujourd'hui; cependant la denomination a subsiste et durera sans doute autant que le pont lui-meme, qui, apres avoir subi une crise serieuse, en 1888, se porte fort bien maintenant. (( Se porter comme le Pont-Neuf )), cela veut dire, pour les Parisiens, qu'on est en tres bonne sante. On fait generalement honneur a Androuet du Cerceau de la construction de ce bel ouvrage, mais des indications retrouvees recemment permettent d'affirmer que, s'il en dessina le plan, il y eut parmi les maltres des aeuvres de la Ville des collaborateurs: Guillaume Marchand, Pierre Chambiges entre autres, et c'est Marchand qui l'acheva en 1607; au dire de l'Estoile, le roi avait pu, des 1603, le traverser pour (( aller des Augustins au Louvre )). Bien que fort anime et bruyant aujourd'hui, le Pont-Neuf n'a plus rien de son aspect d'autrefois, lorsqu'il etait envahi par les treteaux de Tabarin et de bien d'autres, par les arracheurs de dents, les marchands d'orvietan, les joueurs de gobelets et surtout par les coupe-bourses qui exercaient aisement leurs talents au milieu de cette foule de badauds, bouche bee devant les boniments et les parades qu'on leur servait. Plus tard, dans les demilunes, dont l'encorbellement est si gracieux, s'installerent des bouti (OEuvre de Pierre de Franqueville, premier sculpteur du Roi, elle etait le premier monument de ce genre eleve, a Paris, en l'honneur d'un souverain. Autour du piedestal etaient groupees quatre figures d'esclaves, comme on le fit plus tard pour la statue de Louis XIV a la place des Victoires. Elle fut inauguree en grande solennite, le 23 aout 1614. Une balustrade en fer tenait a distance les passants, mais elle etait insuffisante a les tenir en respect. Le poete Claude Le Petit le declare avec sa franchise habituelle qui finit par le faire pendre et bruler: II faut aussi que je te raille, Vieux heros calilourchonne. Pourquoy sers-tu la, roy bern6, De passe-temps a la canaille? C'est ton peuple reconnaissant Qui t'a dresse cet arc puissant; Mais, prince d'heureuse memoire, Ne t'a-t-il pas bien releve? Pour immortaliser ta gloire, II t'a mis dedans un prive. Le monument fut renverse en 19:2. La Restauration se devait a ellememe de le restaurer; elle en confia le soin en 1817, au sculpteur Lemot, qui utilisa, nous l'avons dit, pour la _^M_ ____ ~refection du cheval, le bronze rendu libre par.i-i.iE ii -i.-El. EE.ii —iik E ii i i........................... -. - f liy ' la destruction de la statue primitive de NapoM on sur la colonne Vendome. II SLEif~I1 ~ La place Dauphine date aussi de Henri IV et doit son nom au dauphin qui fut Louis XIII. -;Les deux maisons qui en forment l'entree, celle de Mme Roland et celle de F'encoignure du quai des Orfevres, sont de ce temps-la et ont tres bon air. Autrefois, la place etait de forme triangulaire, - la pointe tournee vers le PontNeuf, et ornee en son milieu, depuis 1803, d'une fontaine que surmontait le buste du general Desaix, tu6 ' Marengo. Le monument ' tait Fl'oeuvre du sculpteur Forlin. Cette disposition fut completement modiflee lors de la construction sur la rue de Harlay de la grande facade de la Cour d'assises; la place s'en est trouvee tre's Margie; quant au buste de Desaix, le temps l'avait singulierement maltraite et il Phot.Neurden. fut enleve ainsi que la fontaine. VRE. Il y a encore bien des vestiges du vieux Paris, LES BAINS DE LA SAMARITAINE ET LE QUAI DU LOU

Page  15 PREMIER ARRONDISSEMENT Phot. Neurdein. LE TERRE-PLEIN DU PONT-NEUF ET -PERSPECTIVE DE LA SEINE. (A gauche, la tour Eiffel et le dome de I'Institut; i droite, le Louvre.) des rues sombres et etroites dans toute la partie orientale du quartier de Saint-Germain-I'Auxerrois, entre la rue du Pont-Neuf et le Chatelet: les rues Saint-Germain-l'Auxerrois, des Bourdonnais, JeanLantier, etc. L'avenue Victoria, qui part de la place de l'Hotel-de-Ville, lorsqu'elle sera prolongee, donnera a tout ce canton le jour et F'air qu'il n'a pas encore en quantite suffisante. Rue du Pont-Neuf, 31, a l'angle de la rue Saint-Honore, une niche pratiquee au premier etage d'une maison moderne contient un buste de Moliere qui sert d'enseigne a cette inscription: (( J.-B. Poquelin de Moliere )). On a bien fait d'enlever le commentaire explicatif: ( Cette maison a ete batie sur l'emplacement de celle ou il naquit l'an 1620)), -assertion doublement fausse et dont les Molieristes ont fait justice. Ils ont etabli, pieces en mains, que Moliere est ne le 15 janvier 1622 non loin de la, dans une maison dite des Singes, et que represente aujourd'hui celle qui, a l'angle de la rue Saint-Honore porte le numero 2 de la rue Sauval (jadis rue des Vieilles-Etuves). Le Ilr arrondissement possede done la maison natale et la maison mortuaire de iere; il n e........._............ oiedes(url Pont-Neuf.) Wggggg2 - R..:....:.:........i:... i:i. -i.i..i.....,crptions dea-;nnes a pu.tifer avec la maison portant le numero 144 ce la rue de Rivoli placement de l'hotel ~( ou l'amiral Coligny perit assassine dans la de enuit dou-ela Saint-Barthelemy )). I va sans dire que la rue de Rivoli n'existait pas alors; Coligny avait son hotel rue de Betlhizy. Un exehommage plus eclatant rendu a la memoire de amiral est buste beau monument de Crauk, eleve au chevet de Oratoire, iisous les arcades de la rue de Rivoli. C'est meme par cela seul quevaut cet edifice, ancinne eglise des Oratoriens, construite par Lemercier vers 162, aujourd'hui temple protestant.pourrait rej On s'etonnerait de la denomination de rue de la Monnie, dcriptionnee a une rue de la rive droite si on ne savait que depuis le XlVe siecle s'y trouvaient les batiments de la Monnaie; ussehotel actuel es Monnaies au quai Conti (Vmaison arrondissement) nuaire rue date que de 1771. Saint-Germain-i'Auxerrois nous ramene au Louvre..ieleu.LA STATUE DE HENR~I IV. Classe a bon droit parmi les monuments historiques, c'estdes (Sur le Pont-Nedf.),riptions pa-,nnes a p tifieun tres beau maisonume portant de epoqu 144 de la rgothiqueu de Rivoet duli plxve siecle, qui malheureusement Colinyfut trop modernise verdans la seconuit de mola Saint-Barthie du xvi6 selemy. Leva sans dirjube quie la rue de Rivoliat-il, etait nlexistait pas alors; Coligny avait son h6tel rue de Be'thizy. Un hommage plus e'elatant rendu 'a la m~moire de F'amiral est une desau moneilleures euvres de CraukPierre Lescot chevet de I'Oratoirean Goujon, futles alrcades demoli, et de Rivolanciens vitrau mme paron cela seulonserva que ceut du transept, fort leaux, d'ailleurs, et faisant d'autant plus-regretter les absents. L'eglise n'a garde qu'une des cloches a jamais fameuses pour avoir donne le signal de la Saint-Barthelemy (la Comedie-Francaise en posse de une autre); en reancue, depuis le mois de mai 1898, elle est.oot. Neurdeln. LE PALAIS DE JUSTI'CE; FAQADE DE LA COUR D'ASSISES.

Page  16 16 PARIS -ATLAS _ _ LA MAIRIE DU I6' ARRONDISSEMENT ET L'EGLISE SAIN gratifiee d'un carillon de quarante-quatre cloches, actionne par un mouvement d'horlogerie et qui fait, de temps en temps, entendre aux passants surpris des airs restitues du XVIle siecle, parmi lesquels la celebre Marcle de Turenne. Nous ne parlerons que pour memoire de.||||| la mairie du Ier arrondissement, juxta- iM| M^^^^^^^ posee a l'eglise et soudee a elle par une — htour plutot massive. I1 etait inutile de pro- 0000000 poser au jugement des gens de gout une Illllllll f?;;;:;; comparaison qui tourne tout a l'honneur 'iB^^^^^^^R | des maitres tailleurs de pierre du xv8 siecle. iii Nombreux sont les ponts qui relient le -- |;^ i - Ie arrondissement a la rive gauche. En h0ljl} ti aval du pont Saint-Michel et du Pont-Neuf, | - il y en a encore quatre autres: le pont des Arts, le pont du Carrousel, le pont i Royal et le pont de Solferino. 1 gLe pont des Arts est heureusement nomme, car il reunit le Louvre - qui porta d'abord le nom de Palais des Arts- a -S FInstitut, a la Monnaie, a l'Ecole des Beaux-:: Arts. Il fut construit de 1801 a 1803. Fonde |sur pilotis, forme d'arcs en fonte assez W faibles, il n'est accessible qu'aux pietons.- i Longtemps, un droit de peage fut percu aux extremites du pont. Cela valut a Royer- |: Collard l'occasion d'avoir de l'esprit, un jour ou, a la sortie de son cours, ses eleves lui faisaient une escorte peu sympathique. Arrive a l'entree du pont, il jeta une piece d'or au receveur en lui disant: ( Ces messieurs sont avec moi. > PO Le pont du Carrousel, que l'on ap- DE L'GLISE SAINT-G pelle couramment pont des Saints-Peres, date de 1834 et fut, lui aussi, a peage, jusqu'en 1867. Eleve par Polonceau, il est d'une remarquable flexibilite, que l'on trouverait meme inquietante si les ingenieurs n'affirmaient qu'elle est un gage de sa force, - eprouvee, d'ailleurs depuis,.*,,:....._ alongtemps par l'incessant.SB^^^^ | cortege d'omnibus et aullll.ill.ll||llllllll.lll.llllllillll||l!......... tres veh icu les q u i y cir-....culent. Phot. Neurdein. disent tous les historienls sT-CERMAIN L'AUXERRCIS. de Paris - le principal architecte. ~( On y a neglige les ornemens, dit Felibien, mais la solidite qu'on y a donnee promet une duree dont on ne verra point la fin )).. Et, de fait, le pont Royal marche tres allegrement vers son troisieme centenaire. Il.. --- —-......... Cest unfort p eu commodAu XVie ar son excessif dos d'ane exige des chevau un simple bacoup desufisait I;~ colliassurer qui doit leur fai re quelque peuations 0000000000000;;:: maudire Gabriel, -et par contrqaste benir i Perronetre lorsqu'ileries on t a franchir le pont t00000000I de Neuilly, le premier pont droit qu'ait vu La consructionue du pont qui conduit des I Tuileries au palais de la Legion d'honneur etait deja ordonnee paru dBeaune un pont dejuil-i- let 18oi8. La vi oi, ire appela d'laquelle nos armeesbord i prirent une paro nt Barbier, pour avoir suivant fournit une excellente occasion de le baptiser: on appela pont dleur des U~~I{-gW rino. D'une utilite mediocre a l'origine, il I est aujourd'lu i un deboucae tres imporf ~ g i X ant pour1 Ila nouvelle gare d'Orleans. -BB - - i corde, les qluats du Louevre et des Tuileres constituent une deuis pontlus beles prom enades ~.~ III ii~i.i~iilR en l'honneur d'Anne d'Au-:1 du monde. D'un cothe, la successi pon de paasen raison don se compose le Louvre, puis esa couleur. Wt-0@lg 0 _ gante terrasse du bord de l'eau, -de l'autre 0-i1!~ _ a Seine, avec ses aspects si varies, le bouC'quet de verdure du pont Royal, atier vof acade de la gare d'Orleans, le gracieux pa-le 20 fevrier 1684, emport6 par une deba'cle. La premie're pierre du nouveau pont fut posee lais de la Legion d'grande cmonieonneur, les aristocra2-0 octobre 168-0. Du proce~s-verbal de cette solennite', il semble, resulter ~iif~~~i~que Gabriel en fut - plus tiques hotels du quai d'OrMansayrd, -et sur laqu'en Phot. Neudein re re meme, ce mouveme nt perpetuel, dont 'T-ILGER IN L'AUXERRCIS. dne se lasse pas, d e bateaux de toutprincipal architecte. (( On y a n6 -glig6 les ornemens, dit Fe'libien, mais la solidit6 qu'on y a donn~e promet une dur~e dont on neverra. point la fin,, Et, de fait, le pont Royal marche tre's aII6 -grement vers son troisieme centenaire. II est fort peu commode car son excessif......... dos d'Ane exige des chevaux un coup de 4:iiiiiiiiiiii~ii I ollier qui doit leur faire quelque peu s-i~i................... iiiiii maudire Gabriel, et p ar contrasts benir Perronet lorsqu'ils ont 'a franchir le pont de Neuilly, le pei pont droit qu'ait vu bdtir I'ancien r~gime. La construction du pont qui conduit des Tuileries au palais de la U~gion d'honneur ~i~~l I tait d~ja' ordonne'e par un decrbet du 28 juillet 18-08. La victoire 'a laquelle nos arme'es -iat~ii lirent une part Si brillait e2`ji suivant fournit une excellente occasion de I ~i e baptiser on I'appela pont de S-olfe--------------— rino. D'une utilit6 mediocre 'a Forigine, il est aujourd'hui un d~bouch6: tre's impor'~l~d~litant pour la nouvelle gare d'0Or~ans. o ~De la Colonnade 'a la place de la Concorde, les qZuais d~u Lott/vre et dles Tauileries constituent une des plus belles promenades il~~i~~''du monde. D'un co'Le' la succession de palais dont se compose le Louvre, puis 19616 -i: S9ante terrasse du bord de Fecau, - de F'autre:Ii~H~g~'la Seine, avee ses aspects Si vari~s, le bouset de verdure du pont Royal, F'altii'r ~f i )facade de la gare d'0rreans, le gracieux palais de la U~gion d'honneur, les aristocratiques hotels du quai d'Orsay, - et Sur la Phot. Neurdein.. rivie're m~me, ce mouvement perpetuel, dont 'A19l'cpil np cp n-zzn pnnQ cl bnfanvrv da +n-ri RMAIN L'AUXERROIS. genre se croisant: (( express )) et (( hirondelles )) bondes de voyageurs, lourdes peniches peniblement remorquees, (( la chaine )), les (( transports )) allant a Rouen et meme a Londres, qui s'arretent au port Saint-Nicolas en amont du pont du Carrousel. Le projet tant de fois mis en avant de Paris port de mer, se realise la timidement. - I,T E 'D

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Page  17 Phot. Neurdein, LA PLAC E DE, LA BOURSE & 00 r B %% X B LA BOU RSE. -5e QUARTIER: GAXLLON. 6" QUAnTIER: VIVIENNE. - 7e QUARTIER: DU MAIL. - 8e QUARTIEn: BONNE-N OUVELLE. E II arrondiSSelment, clit LA BOURSE, se superZ i b ~pose exactement au Ie-' dans le quadrilatere irrellCO^ ~gulier que forment la Seine au Sud, les grands 8d^^g^ boulevards au Nord, le boulevard Sebastopol a 7 m Si) l'Est, les rues Duphot, Saint-Florentin, Riche|[, ^ 7 5 panse et le lllur du jarclin des Tuileries a l'Ouest. 5H l 3,Leur ligne de demarcation dans cet espace va de i FlOuest a l'Est et est constituee par les rues des Capucines, des Petits-Charps, de La Feuillade et Etienne-Marcel. Les limites du IIe arrondissement sont done, au Sud, ces quatre voies; a F'Est, l'axe du boulevard Sebastopol; au Nord, lFaxe des boulevards Saint-Denis, Bonne-Nouvelle, Poissonnire, Montmartre, des Italiens et des Capucines, et a l'Ouest la region occidentale du Ier arrondissement. Ici, nous ne rencontrons plus des splendeurs comme celles d'un I,ouvre, d'un Palais-Royal ou d'Lln Palais de Justice - Paris ne peut pretendre a de telles richesses monumentales dans chacun de ses quartiers - mais une region eminemment active, que l'on englobe tout entiere sous la designation courante de (( la Bourse )), ou la fievre de la vie commerciale et boulevardiere regnerait sans partage, si l'on n'y trouvait aussi la Bibliotheque Nationale, ce calme refuge de -la science, veritable oasis du silence au milieu de tant de bruits clivers. La Bourse! II etait impossible de denommer d'une facon plus expressive, plus exacte aussi, ces 97 hectares de terrain qui assurent sans conteste au II arrondissement le dernier rang dans l'importance superficielle, et le premier dans limportance financiere. Et cela, non seulement parce que (( le temple de Plutus >> y est situe, mais parce qu'il n'est pas une seule de ses rues, de la porte Saint-Denis a la place VendBme, de la rue flenne Marcel au boulevard des Capucines, sauf quelques parties du quartier Gaillon, ou l'on vive autrement que pour les affaires et par les affaires. La rue Saint-Denis. - listoriquement, c'est par sa partie orientale, celle du quartier Saint-Denis, que le canton dont nous avons a parler a commence de se batir. L'enceinte de Philippe-Auguste coupait i angle droit la rue Saint-Denis a peu pres a F'intersection des rues Etienne-Marcel et Turbigo, c'est-a-dire vers le point ou maintenant est la separation entre le Ie' et le IIe arrondissement. Au dela, vers le Nordcl, il n'y avait que des terrains en culture, mais on ne tarclda pas a y construire. Rue Saint-Denis, vis-a-vis de la rue Greneta, une haute porte cochere indique l'emplacement de 1'eglise Saint-Sauveur dclemolie en 1787, et qui etait dejhi mentionnee conme cure en 1284. Saint-Sauveur fut clone, des le XIIle siecle, la paroisse du faubourg cree hiors de lenceinte de Philippe-Auguste et qui, en moins de deux siecles, devint si populeux que Charles V dut l'enfermere dans une nouvelle fortification, dont le parcours est represente assez exactement par le trace de la rue cd'Aboukir entre la place des Victoires et la rue Saint-Denis. Vis-a-vis Saint-Sauveur, le c6te droit de la rue Saint-Denis, entre la rue Greneta et le passage de la Trinite, etait, depuis l'annee 1202, occupe par les batiments et terrains de F'Hopital de la Trinite, dit alors aussi de la Croix-de-la-Reine (a l'angle des rues Greneta et Saint-Denis se voit encore la fontaine de la Reine, avec Finscription: 1732). Ce n'etait pas seulement un hopital, et Fon va voir qu'il servit concur P A R I S - ATLA S.

Page  18 i8 PARIS - ATLAS _ __-__ - remment a des objets bien divers. /P. En 1353, ses administrateurs ven-.... daient au prev6t des marchands et aux echevins une partie de Fenclos pour en faire un cimefiere. L'acte de cession porte que les bourgeois et habitants de la ville de Paris auront droit d'y entrer ~ toutes foiset toutes heures u que i leur plairao; que le prix d'inhumation pour une fosse particuliere sera de dix-huit \i deniers, pour une fosse en commun huit deniers et pour une fosse d'enfant six deniers. Cevoisinage n'avait pour des ma- s - III^ lades rien de salubre ni de rejouissant, et c'est pour cela sans doute...-.;: que, peu de temps apres la cration de ce cimetiere, 1 'hopital fut LE THRATRE D deserte. Vers 1380, existait a Paris une association de (( bourgeois et autres bonnes gens d'icelle ville qui se donnaient pour mission, chaque annee, lors des fetes de PPques, de repretsenter en public ce que l'on appelait alors des jeux ou m2ysteres: celui de la Passion, de la Resurrection, d'autres encore. Nomades alors, ils donnaient leurs spectacles ou ils pouvaient, au Palais, dans la grand'salle, voire meme a SaintMaur-des-Fosses. L'eglise et les salles spacieuses de ]a Trinite les tenterent, ils obtinrent de s'y installer et, et, en 1402, _ - S Charles VI leur accorda des lettres patentes reconnaissant officielle - ment leur confrerie sous'::: le nom de maltres et X gouverneurs de la confrairie de la Passion et resurrection Nostre Seigneur, fondee en 1'6glise de la Trinite a Paris. Le premier Wal$tre: parisien 6tait cr66; it prospera la pendant un siecle et demi, jusqu'au moment ou, en 1548, il fut cransfer6e 'a 'rotel de Bourgogne, on' nous le -COUV retrouverons tout 'a 'lieuret La maison de L la Trinit6 reprit sa des- Bli tination hospitaliere et la garda jusqu'a la R1volution; il donnait asile a des orphelins qu'a cause de leur costume on nommait les Enfants CHAPELLE DESAFFECTPE: DU -CO UVF bleus et qui faisaient SUR L1EMPLACEMENT DE LAQUEI corte'ge A tous les enterrements de marque: la Cour des Bleus, ouvrant sur le no 146 de la rue Saint-Denis rappelle encore aujourd'hui leur souvenir. Nous souhaitons qu'au-dessus de son entree une inscription soit apposee rappelant que, sur 'emnplacement compris entre les nos 140 et 164, s'elevait I' wital de la Trinite ou', vers 1390, fut fondke la premieie salle de theidtre parisienne, qui y subsista jusqu'en 1548. Un peu plus haut, et de l'autre cott de la rue, etait situe le couvent des Filles-Dieu. Tous les historiens s'accordent a dire que sous le regne de saint Louis, un monast're avait ett fonde par les soins de lvveqque de Paris, Guillaume d'Auvergne, au-dessous de leendroit ou est aujourd'hili la maison de Saint-Lazare pour recevoir. des femmes qui, dit Joinville, (( par povrete, s'estoient mises en pechie de luxure ~. Une des obligations imposees aux Filles-Dieu etait d'offrir le pain et -le vin aux condamnes que l'on me-.. nnait (< supplicier ~ au gibet de Mont-.;;B -..... faucon. Lugubre etape qui peint bien.;;- I- -la f]rocite des maeurs d'autrefois. Semblancay, le surintendant des \finances, est un des plus illustres parmi ceux qui recurent ainsi des c;est la qus10n quu mtt en main unp croix peinte en rouge et qu'on le pofs_ / v th te nue, jusqu'au gibet. Ce dernier confinait, a la Cour des Miracles devenue populaire depuis ue, dans Notre-Dame-de-P aris, Victor el ugo en a fait une si pittoresque j peinture. Comme son nom Yindique, / est la' que tous les faux paralytice ues, aveugles, culs-de-jatte, manirs chots, avaient leur asile et retrouvaient, chaque soir, l'usage de leurs organes. Le percement de la rue cRaumur a, de ce co8te aussi, donne constrt l pde eair. Administrativement, la Cour caent a des Miracles existe encore, mais il ne s'y fabrique plus de faux infirmes; elle s'ouvre rue de Damiette et rue des Forges, et est voie privee; sa ]ons VARIE~TES. gueur est d'une quarantaine de me'tres, sa largeur d'une dizaine. Revenons a la rue Saint-Denis ou abondent les souvenirs du vieux Paris. Presque en face de la maison des Filles-Dieu, s'6levait un autre couvent, celui des dames de Saint-Chaumond venues la en 1685, ou' elles succederent aux heritiers du due de La Feuillade, et c'est la' que fut construite la premie're statue de la place des Victoires; elles se consacraibnt 'a linstruction des jeunes filles et des nouvelles converties. Le couvent fut supprim6 en 1790, mais ses bdti~~l~~~~8~lnments ne furent pas enI~i-~tierement d6tru its et l'on...... peut voir, 'a Fangle des........rues de Tracy et SaintDenis, la partie sup6 -rere de la fagade de leur chapelle. Dans cette maison naquit, le 7 fructidor an VI (22 aouh 1798), Jules Michelet dont Paris et: la France entie're, ont le 14 juillet 1898, C616 -br6 le glorieux centenaire. Le Quartier BonneNouvelle. - Le d~cret valu 16 jui aisser sa don nom T DES DA S DE SAINT-CHAUMONT, primitif de Villeneuve. r NAQUIT LHISTORIE MICHELET.ion qu e nous quittons et 'a celle oet nous allons entrer le nom de quartier............Bonne-Nouvelle. Histori~~i~~j~quement, il eu't mieux.Vvalu lui laisser son nom 'T DES DAMEL1S DE SAINT-CHAUMONT, primitif de Villeneuve. E NAQUIT L'HISTORIEN MICHELET. G'est ainsi, en effet, >E PN,LL

Page  19 DEUXIEME ARRONDlSSEMElNT LE BOULEVARD DES ITALIENS LIMITANT LE IIe ARRONDISSEMENT A GAUCHE ET LE IX" A DROITE. qu'on designait au xvIe siecle les constructions qui s'etaient elevees sur les deblais de l'enceinte de Charles V, entre le rempart (represente, nous l'avons dit, par la rue d'Aboulkir) et le boulevard qui, sur ce point, ne date que de Charles IX. La population y etait devenue assez dense pour qu'en 1551 une chapelle y eut ete instituee sous le vocable de saint Louis et de sainte Barbe. La Villeneuve et sa chapelle furent entiere- Y V..V ment rase'es pendant le siege de i1 Paris en 1593. On la reconstruisit non sans peine sur ses propres |.. ruines, au temps de Louis XIII, qui accorda a cet effet des privileges.... speciaux, et on la surnomma a ce moment Villeneuve-sur-Gravois. La chapelle fut, de meme, reedifiee, mais sous le nolm de Notre-Dame- ii de-Bonne-Nouvelle, titre qui se....... rapporte a 1'Annonciation, bien que ii les anciens documents l'appellent Bonnes - Nouvelles. La pre1elle|re pierre en fute posee en 1625, celle du choeur au mois d'avril 1628 par Anne d'Autriche; elnin, le 22 juiel- - - 0g; let 1673, de simple chapelle, elle devenait paroisse. Mais ce n'est pas N-difice du xvio siecele que nous avons sous les yeux, car il fut d6 -moli en Fan V. II ne devait pas e'tre beau, vu le style du temps. vrancienvillneuve.uve a garde Faspect montueux, tortueux, 6troit de son origine sur gravois II est bien........ pittoresque, cependant, bie-n ~ vieux...............-....... Paris avee ses rues trace'es geom6- {^^^:^^as^-~isi triquement comme celles de toute --------- vraie ville neuve. Certains de leurs nons, vculent une explication: la FACADE D E L'O rue de la Luwe doit sans doute le sien a une enseigne, car elle n'est pas de celles ou l'astre des nuits peut le plus facilement briller; la denomination de la rue Beauregard est plus obscure; son trace meme, sauf a sa pointe, rend difficile d'y jouir de la belle vue que lui ont pretee quelques etymologistes; nous inclinons plutot pour un nom d'hommc, - et pourquoi pas celui du capitaine des gardes de Soissons dont il Illilllll i ~il0il;:V;:00:0~:^ est question dans Tallemant des llt lllllllllllll: lll l1;6.:: 0 t Reaux? La rue Notre-D aze- e-e-Recozui-l lli|lli!||-; vrance, ancienne petite rue Poissonl niere, doit avoir eu pour marraine une chapellenie, un benefice ecclesiastique qui possedait la du terrain. La rue Thorel, avant de prendre le..... nom d'un conseiller municipal de!ti1-i- Paris, mort en 1884, a porte successivement ceux de Portales, an-....cien cur. de la paroisse, - et de. ~ Sainte-Barbe; la rue de la Villeneuve s'appelait a F'origine rue Saint - Etienne. La rue de Clery, enfin, exis-.......... ait de's '1640 et devait son nom 'a u n Au carrefour forme en angle aigu. par cette dernie're et la rue Beaureetages, surmontes d'un grenier de forme bizarre; c'est la qu'en, 1793 babitaient les parents d'Andre ihnier - et 16galement, mais par intermittence seulement - le poete lui-mem'e. Ce nWest pas dans cette -maison mais a Passy, au sortir d'une, visite, qu'il fut arrete comme sus_pect, le 17 ventose an II (7 mars 1794). I1 ne devait pas la revoir, nai emPJERA-COMIQUE. brasser ses parents eplores; apres ) I

Page  20 20 PARIS - ATLAS MER * Une long use *ten tion, il perit sur F6t~ ii chafatud de la place ~~i l~ Ldu Tr~ne, le 6 therMidor ' I 'dge de tr~ente et in- ans! Rue Re'aumur. --------- - ---- En continuant vers I'Ouest, no is croisons.... la rue Reaumur, de ~\ m^~~;, —I~S, recent percement. /P 'endant fort long_ _^ ^ temps, elle s'etendit seulement entre le IA FONTAINE GAILLON. squaree du Temple et la rue Saint-Denis; son prolongement a travers le IIe arrondissement jusqu'a la place de la Bourse aura ete une des plus imporltantes operations de voirie parisienne de la fin du siecle, par la relation directe qu'~lle cree autant que par I'aeration si necessaire des quartiers qu'elle traverse. La rae Poissonniere etait celle que suivaient les marchands de poisson pour apporter leur marchandise aux Halles et, sous ce nom, elle est tres ancienne. Proloingee par la rue du Faubourg-Poissonniere, elle est un des anciens chemins conduisant a Saint-Denis, ou on la retrouve encore portant le nom de la rue des Poissonniers. Etroite, montueuse, mal batie, ce n'en est pas moins une des rues les plus vivantes, les plus parisiennes du vieux Paris. Au centre du quartier des affaires elle constitue la ligne de demarcation entre deux genres de commerce, celui des fleurs et plumes centralise place et rue du Caire, celui de la dtlaperie et de la passementerie, qui a son siege principal dans la rue dit Sentier. Le Sentier, comme on dit couraminent dans l'argot commercial, est lun des plus gros marches de tissus du monde entier, et il est notoire que le moindre evenement politique y trouve aussitot sa repercussion. Quand (( le Sentier )) est calme - c'est-a-dire profondement affaire - cela prouve que tout va bien, au dedans comme au dehors. I1 ne faudrait pas croire que dans la rue des Jeuneurs les habitan-Is aint, plus qu'ailleurs, fait profession d'observer une diete rigoureuse: on la nommait ainsi des le xvnie siecle, mais par erreur; son vrai nome est (( rue des Jeux-Neufs )), et elle le tire de 1'existence de jeux de paume et de boules qui s'y etaient installes. Parallelement a la rue des Jeux —Neufs, les etroites rues du Croissant et Saint-Joseph relient le quartier Poissonniere at la rue Montmartre. lWen n'est plus pittoresque que laspect de la rue du Croissant, le matin. de tres bonne heure ou al partir de deux heures de I'apres-midi; c'est le centre de production et de vente de la plupart des journaux, le marche des journaux, comme on Pa souvent appele, oui viennent s'appro visionner les crieurs, porHBIIBII:il teurs camelots aux pieds a gi Ies. iii-Les boulevards. - L.es ~~iii~r.~~~~-~~F~~:~;:r.~:~ ~~~;:~~"~:II boulevards datent du temps le Henri II et Charles IX. -Wi. -- En 1552, une granle paniLA P SIElu e s'empara des Parisiens;r-,SON (Escalier d'honneur dc l-Opera-comlique). drze leur asect de vastes ils cruoment vades ombrageus troupes a deu rangrls d'allees, poa leur i porte, et decide'rent en It~te deveid ce que nous les voyons aujou'ui. S'il revenait parmi ouse de Charles V par~ une fortificazionque dirait Regnard, lui qui, de samaison, siuee sur le boulevard, autout en foss~s assez.profonds, et, out de la rue Richelieu, se felicitait d'avoir soulans lyeux gioabbay dc ontmartre, sans autre intermeiaire que des marais et deons, jarediens! Le bolevrd Bonne-Nouvelle ne presente 'autre pard ticulae nolit de fosque ss terrasse au-clessus cle la chaussee, qui, lai commne en d'autres poinlts cle la lign~e des boulevards, semble disposee comlme une galerie de thereatr e. A l'angle clu boulevar Poissoniee el dce la rue du meme nol, un magasil cde lbonneterie a pour enseigue: ~( Maison ces anciennes limites cle la ville cle Paris; an 1726. )) La maisonl portait, en effet, une inscripztion datee cle 1726, dlefendlant cle lbatir au clelal de celte limile danls le faubourg, sans permission, c'est —dire sans avoir paye la tae. La e 16aiso3 portanlt le nulmero 23 dul mlemlle boullevardc esl; un bgel hotel construit sous Louis XIV, par Fa-nois Soufflot, clit le Romuin, neveu et eleve dle larchiecte dlu Pantieon, pour le prsident de siont leton. Boelevadl Montmrt-re^ le theate cles Varietes qaortlirc sa facade un peu etGicuee.. _.. ~ ^ _..<.>..sO.. Le u a sscu ie ldes.-:00000000ff;Si~ii|!l| fllll EllElll:.ll0 |l: - P —or —as --- — x:?-?x —^ si'cle que les bIou LAPLsiE, adscmeneet-apr les Principtles villes du molide. $..,Zr |..I.X.-4':7 ii''t'"'t ~-ii~ri iIls f'urent slip~-~iii~iii ai~~~priinsn 1831. Les jardins de i~:ii~iiiii~iiijiiiiiii~ii.:iiice eml1 e h6l;e:ii 'is X " t~ de Montmorency _ _::ir:i i e m ent, sous le nolm de Frascati, LE PAVILLON DE HANOVRE le rendez-vous (BOULEVARD DES ITALIENS).l des 6l1gances un

Page  21 DEUXIEME ARRONDISSEIMENT 21 __ peu lascives et fort deshabillees du Directoire........ _____ Nous voici au boullevard:: ilf; i t:: des Italiens, ainsi nommne It:]::; depuis la fin du xvine siecle,....:...-:...... en Fhonneur des com e- ll lil...........:: diens italiens dont le theatre:: fut construit en 1782 et de-................: ^!: vint le thea'tre de I'OperaComique. La facade nWen fut cependant jamais sur le boulevard myme. On a donne plusieurs versions a ce sujet; la plus vraisembla-, ble est celle-ci. Le vaste emplacement compris entre la rue Richelieu, la rue SaintMarc, la rue de Grammont et le boulevard etait occupe par un hctel que le duce de Choiseui tenait de la dot de sa femme; par Finterm.diaire du fermier general Laborde, il Faliena en 1780. Des es cs furent percees; on dcida la construction du thiatre italien; mars le due se rcserva la facade djbou-..c l s dc levard pour y batir des mai-......... sons de rapport, et, il stipula,....a.....i n afin de donner de Fanima- anup tion au quartier nouveau qui se crlait, clue t entree du theatre serait sur la dteyetscpi place qui a resu, en 1852, le nom de Boieldieu. Le plan PERSPECTIVE DE LA R Rfait d'un bon calculateur (A gauch et l'on sait quel succe's financier it a eu; le, contrat fut, en outre, redig6 de facon si formelle qu'il est encore valable aujourd'hui; l'Opera-Comique tournera 6ternellementIle dos au boulevard dont il fut le parrain. Les comediens italiens y jouerent pour la premiere fois le 23 avril 1783. Leur fusion aveC la troupe francaise d'opera-comique dura jusqu'en 1797. Celle-ci 6migra alors a la salle Feydeau, construite depuis 1789 dans la rue du meme nom, mais revint a la salle Favart en 1801. Celle-ci, demolie en 1839, fut reconstruite I'an:-.-e suivante; c'est elle qu'a detruit Fincendie du 2 6 mai 188-7. Le souvenir de cette 6pouvantable catastrophe est encore dans toutes les memoires. La reconstruction de l'Opera-Gomique, decidee au lendemain meme du sinistre, s'est fait attendre onze ans. Le ier juillet 1898 la troupe a quitte la salle du theatre municipal de la place du ChAtelet, ou elle avail recu Fhospitalite. Le nouveau thealtre, dont le style et les dispositions generales rappellent I'ancien, est du a Bernier, et il a valu a son auteur, Phot. Neurdrilu. IUE DE LA PAIX, PRISE DE LA PLACE DE L'OPERA. e le Cercle lmilitaire; au fond la, colonne Vendome.) avant l'achevement complet de l'edifice, d'entrer a l'Academie des Beaux-Arts. L'ceuvre a beaucoup de,merite. De grands artistes ont collabore a l'embellir. Nous nommerons pour la sculpture Falguiere, Mercie, Allar, Peynot, Puech, Guilbert, Coutan, Marqueste, Lombard, Gustave Michel; pour la peinture Benjamin Constant, Merson, Gerves, Flameng, Toudouze, Raphael Collin, Maignan, Blanc, etc. MIentionnons encore, sur le boulevard des Italiens, le passage dles Princes, ainsi nomme, depuis 1860, de l'enseigne d'un hotel meuble qui n'avait rien de princier; - la maison portant le nurmero 9, qu'habita Gretry; - la masse imposante des baltiments du Credit Lyonnais, veritable coffre-fort en pierres de taille; - enfin la jolie facade semicirculaire du pavilion de Hanovre, construit en 1757 pour le marechal de Richelieu. La rue Louis-le-Grand separe le boulevard des Italiens de celui des Capuciines. Se doutaient-elles, les austeres capucines, que la piete de la LE SQUARE DE LA PLACE LOUYOIS. FAQADE DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE.

Page  22 22 PARIS - ATLAS duchesse de Merceur reunit en 1606, qu'elles donneraient plus tard le Le percement de 'avenue de I'Opera a coupe en deux le quartivr nom de leur ordre a un boulevard, a une rue ou regnent surtout le Gaillon, mais ses deux troncons ont recouvre apres l'operation kur luxe et les gouts mondains? Le temps, le hasard ont de ces ironies. Le calme un peu hautain. Le mouvement de la grande artere ne reflue plus beau joyau du boulevard, c'est la place de l'Opera, dont il nous pas jusqu'a eux; c'est l'asile tranquille des gens de la bourgeoisie, parait oiseux de vanter les merites; qu'il suffise de rappeler que le et l'on devine qu'ils vivent la comme coqs en pate. Tout ce qu'on Cercle militaire, officiellement nomme (< Cercle des armees de terre sait de ce coin, c'est qu'en 1H21 un bourgeois de Paris, Jean Dinoet de mer o, y est depuis douze ans situe dans le fort belimmeuble cheau, fondait, au faubourg Saint-Honore, la chapelle de Saintequi fait l'angle de l'avenue de l'Opera et de la rue de la Paix. Cette der- Spzanne, autrement dite de Gaillon, sur ]'emplacement ou, au siecle niere - dont le nom semble etre aussi une ironie, puisqu'elle aboutit suivant, s'eleva Saint-Roch. La rue Gaillon partait de ce point et se a la colonne faite du bronze des canons ennemis - s'appela d'abord dirigeait vers le nord pour aboutir aux fosses jaunes. Lorsque 'enrue Napoleon. On comprend sans peine que Louis XVIII y ait substitue ceinte de Louis XIII fut achevee, le canton prit de l'importance, mais une denomination plus pacifque. c'est surtout le xvllle siecle qui lui a donne son aspect actuel. La rue Le Credit foncier, fonde en 1852, et dont le nom indique Louis-le-Grand fut percee en 1701; en 1713, un arret du conseil d'Etat suffisamment la destination, se trouve dans la rue des Capucirh ordonna la continuation de la rute Saint-Augustin entre le carrevq Phot. Giraudon. LA SAL.LE DE LECTURE DE LA BIBLIOTHkQUE NATIONALE. four Gaillon et la rue Louis-le-Grand; la rue de la Micliodiere (prevot des marchands) est plus recente; elle ne fut ouverte qu'en 1778. Signalons au carrefour Gaillon 1'6elegante fontaine construite par Visconti.. Entre larueNeuve-Saint-Augustin (qui, depuis 1881,s'appellerue SaintAugustin) et la rue des Petits-Champs (denommee jusqu'a la meme date rue Neuve-des-Petits-Champs) une vaste place donne de l'air au quartier, qui en a besoin. Elle fut creee en 1828 pour la construction du TheatreItalien, egalement connu sous le nom de salle Ventadour. Cet edifice, ceuvre de Guerchy et Herve, est bien bati; il ale merite d'etre completement isole et d'indiquer du dehors sa disposition et sa destination interieures. Apres des fortunes diverses, qui ont ete souvent tres brillantes, il dut cependant fermer ses portes; le genre italien ne faisait plus suffisamment recette; il n'en va pas de meme de I'etablissement qui s'y est installe en 1893: c'est la succursale de la Banque de France, specialement affectee au pret sur titres. Il parait que la prudence de Louis-Philippe avait exige la construclion d'un passage souterrain que Fon a recemment retrouve, communiquant du Theatre *Italien au passage Choiseul; en cas d'emotion trop vive dans la salle, le roi aurait disparu par le couloir et saute en voiture au bout du passage. Il ne fut jamais reduit a cette extremite. - Le thea'tre des Bouffes-Parisiens partage ses facades entre la rue Monsigny et le passage Choiseul. Il fut d'abord occupe par la troupe du prestidigitateur Comte; plus tard, il eut pour directeur Jacques Offenbach, et- depuis, la vogue ne lui a guere fait defaut, encore que 'operette ait a Paris bien d'autres scenes ou se produire avec succes. Nous sommes dans le quartier des theatres, vivants ou defunts. A cette seconde categorie appartient la salle d'Opera dont les maisons du fond de la place Louvois, c6te de la rue Rameau, representent l'emplacement. C'est en sortant de la, le 13 fevrier 1820, que le duc de Berry fut assassine par Louvel. La salle fut peu apres demolie; on resolut d'elever a sa place un monument funeraire a la memoire du prince, mais la Revolution de 1830 survint, qui arreta ce projet, et finalement, on fit le square Louvoi-, petit, mais coquet. La Bibliotheque Nationale occupe le quadrilatere forme par les rues de Richelieu, des Petits-Champs, Vivienne et Colbert. C'est en 1721 que la bibliotheque du Roi fut installee dans l'hotel de Nevers, ancien hotel de Mazarin, a la suite du desastre financier qu'y subit la banque de Law. Jusqu'alors, elle avait ete bien nomade. Les collections de ilanuscrits formees par saint Louis et ses successeurs, notamment par Charles V, qui leur avait donne dans la tour du Louvre un asile si sur, et en la personne de Gilles Malet un gardienll si intelligent; ces collections furent dispersees sous Charles VI autant par les princes du sang que par les conquerants anglais. Les Valois la reconstituerent a Blois, d'abord, puis a Fontainebleau; un evenement venait de se produire, d'ailleurs, qui etait de nature a modifier et a enrichir singulierement la (( librairie )) royale: linvention de limprimerie. Aux manuscrits dont le nombre etait necessairement limite a la production des calligraphes, allaient s'ajouter les produits de limpression, contrefacon timide d'abord des manuscrits memes, mais dont 1essor ne tarda pas a prendre les proportions les plus considerables.

Page  23 DEUXIEME ARRONDISSEMENT 23 - COUR DE LA BIBLIOTHRQUJE NATIONALE Francois Ie, eut le bon esprit d'en tirer parti pour la royale en prescrivant qu'un exemplaire de tout ouvrage imprime y serait depose; cette reglementation, prise, il est vrai, plutot au point de vue du controle et de la censure / w des publications, n'en est pas moins /..i. l'origine du depot legal. /........................i.. De Fontainebleau, la bibliotheque /..............;0\i revint a Paris sous Charles IX; elle / fut successivement conservee, et / chaque annee enrichie, au college / de Clermont (Louis-le-Grand), aux / Cordeliers, rue de la Harpe, rue A Vivienne dans un h6tel appartenant a Colbert, en 1666, et enfin a -!:l'h6tel de Nevers en 1721. Rue des Petits-Champs, n~ 8, une iporte monumentale donne acces a t la cour d'honneur de l'ancien h6- \ tel; c'est F'entree des appartements \ de l'administrateur general (pavil- \ Ion de droite). Dans le batiment du \r fond, une salle a ete amenagee lors \ de la-creation, en 1824, d'un cours \\ d'archeologie qui ne s'y professe \ S plus aujourd'hui. L'acoustique en \ est deplorable; elle sert cependant \ aux reunions de quelques societes savantes parmi lesquelles celle de 'Histoire de Paris et l'Ile-de-France. Rue de Richelieu, peu apres RGLIS l'angle forme par la rue des PetitsChamps, une petite porte toujours hermetiquement fermee et qu'aucune inscription ne a la curiosite du passant, sert d'entree au Cabinet des medailles et monnaies. Seuls, les inities la connaissent et osent en faire tinter la sonnette; la porte se referme sur eux et ils penetrent dans le sanctuaire de la numismatique apres s'Utre fait reconnaitre d'un gardien. L'entree principale de la Bibliotheque Nationale est un peu plus loin, vis-a-vis du square Louvois. La existe une cour d'honneur encadree de batiments severes: au fond, au rez-de-chaussee, le cabinet de l'administrateur general et les bureaux de l'administration auxquels l'espace n'a pas et menage; au-dessus, la galerie des manuscrits; a droite, F'entree des salles de travail, precedde d'un perron de quelques marches. L'ensemble des collections de la Bibliotheque est divise en quatre departements a la tete de chacun desquels.est place un conservateur, assiste d'un conservateur adjoint, de bibliothecaires, sous-bibliothecaires, stagiaires, commis et gargons. Un administrateur general a la haute direction et la responsabilite de tous les services. La Bibliotheque n'est pas publique; personne ne peut penetrer dans les salles de travail de ses a bibliotheque departements sans etre possesseur d'une permission delivree par 'Fadministrateur general apres justification des titres a cette faveur. 11 va sans dire que 'administration apporte Ia plus grande liberalite dans ses autorisations, qui sont toujours renouvelables. En outre, une grande salle de lecture est accessible au public sans carte prealable, sans autre formalite que d'y trouver de la place; on y est admis tous les jours, y compris le dimanche; c'est meme le jour ou elle est le plus frequentee. Ajoutons que le public est autorise, le mardi et le vendredi, a visiter une partie des batiments de la Bibliotheque, les depots exceptes. Dans la galerie Mazarine, dernier et fort beau vestige de l'hotel Mazarin, sont exposes les plus riches echantillons des manuscrits de la Bibliotheque. La rue Vivienne est tres ancienne. Au xvnie siecle, elle figure sur les plans sous le nom de Vivien, (( famille fort connue )), dit Jaillot. Plus tard on F'a feminisee, comme on a fait pour la rue Mazarine, la rue Francaise, etc. Et Jaillot ajoute: (( On peut voir dans Sauval, qu'au milieu du siecle dernier elle se prolongeait jusqu'a la rue Feydeau, et que dans cette partie et depuis la rue des Filles-Saint-Thomas, elle s'appelait rue Saint-Jerome. Les religieuses lFont comprise dans l'enceinte de leur monastere. )) Ce monastere, dont une rue a garde le nom, avait ete fonde en 1642, et il ne fit jamais beaucoup parler de lui, si ce n'est lors de sa suppression, qui laissait disponible un superbe terrain. Il y eut de longues hesitations sur l'emploi qu'on en pourrait faire; enfin, un decret du - 16 mars 1808 prescrivit la construc-.. ^tion de la Bpourse et du tribunal 111^^= \ ~ de commerce sur la partie de l'en-........i..... clos limitee entre les rues des Filles-........ Saint-Thomas et Feydeau....... \ -.Cette construction fut confiee a \ l'architecte Brongniart, qui mourut \^ en 1813; les travaux, repris par LaWe\ e, n'atvancerent que lentement..\ et furent termines en 1826. Quant I iB ii^. — f o ^^^::^ \ au tribunal de commerce, il s'est '\ separe de la Bourse des 1860, pour j~L R aller occuper son temple florentin. du boulevard du Palais. La Bourse ressemble a un temple grec; il y faut voir les belles fresques d'Abel | / 'hrloge de la Bourse a ete long i i / temps la seule a laquelle les vrais |! / Parisiens reconnussent quelque exactitude, et ils faisaient volon/ tiers un long detour pour mettre.l.. / leur chronometre en harmonie avec i000;; i;; 0::t 0f;0 A;:0 t:: / elle; c'etait le temps ou le canon du.............Palais-Royal et Ie tabac repri de la y Civette avaient tant de succe~s: gloires bien oubliees aujourd'hui. Nous devons une mention a la.. belle.ue du Quatre-Septembre - preE-DES-VICTOIR ES. cedemment rue du Dix-Decembre. Ce fut une des dernieres operations de voirie du second Empire; dans ses ME..oires, le baron ITaussmann avoue qu'elle couta 66 millions. SE NOTRE-DAM recommande Phot. Gaillard. FAQADE DE LA BOURSE.

Page  24 24 PARIS -ATLAS __ La rue de la Banlque est riche en edifices administratifs, mais pour que sa denomination soit exacte, il n'y manque que la Banque; en revanche, l'on y rencontre la Mairie du II~ arrondissement, une caserne de garcde republicaine, les...........:...hotels de l'administration du I ~;;Tinibre et de l 1'1,nregistreLA TOUR DE JEAN SANS PEUR 1ieu, des augusmetins, avaitous construits sous Na(RpoonJE ETIENNE-MARCEL).. es cide avec la ViCtoire remporteers par Louis XIII en 168, a La Rochelle; en posant la premiere pierre dem1'eglise de ces religieux, 1'annee suivante, le roi voulut consacrer le souplacemenvenir de son fait d'armes. Ledifice primiti menaant ruine ut tre reconstruit en 1738. 'est une des plus importantes paroisses de Parisnt ~I iiiides -augustins ou petits-pe'res,' E~~ iiiidont 1'6glise, seule rest~e, de10~8~~ bout, est decdiie h Notre-Damee des Victoires. ~: a: _:::~i i G est Ia' pou une 6glise, un w nom. bien guerrier. On pourrait croire q~ue ':ili~`-':-:::-:-que celle-ci tient ~l~ ~ ijI.:l:.xx ~ '' '':'':':..."'xx' ':'~''~ le sien de la2 ~-%d~Jplace voisine; il D en est ri~en. La f'ondaction,, en ce LA TOUR DE JEAN SANS PEUR lieu, des augus(RUE E~TIENNE-MARCEL). tnaatc'n cid6 avec la victoire remport~e par Louis X111 en 1628, a La. Rochelle; en posant la premie're pierre de 1'6glise de ces religieux, 1'annee suivante, le roi voulut consacrer le souvenir de son fait d'armes. L'6difice primitif menasant ruine dut e'tre reconstruit en 1738. G'est une des plus importa~ntes paroisses de Paris, etaye par une barre de fer dissimulee dans les crins de la queue. \ ffii S Le roi caracole: iiiiii iii::-:7 /: cans une attitude guerriere. Cette statue date de 1822 et ne rappelle en rien la prece- LA STATUE DE LOUIS XIV. dente, statue pedestre que Desjardins sculpta en 1686 et que la Revolution envoya au creuset; La place, elle, a subsiste; mais sa severe harmonie a ete bien modifiee tant par lPouverture de la rue Etienne-Marcel et la construction des hautes maisons, qui en ferment l'entree, que par la profusion des enseignes commerciales. Nous ne saurions mieux faire que de rappeler avec M. de Boislisle, au Memoire duquel nous avons emprunte la plupart des details precedents, cette clause du contrat passe par la Ville avec l'entrepreneur charge de la construction en 1685: (( A I'avenir, ledit sieur Prevot ou ceux qui auront droit de lui seront tenus et obliges d'entretenir ladite facade en pareil etat et synietrie, sans y rien changer. ~ La rue du Mail, toute voisine, montre, numero 7, la facade d'un bel hBtel qui passe pour avoir ete construit pour Colbert. Ce qui donne. creance a cette opinion, c'est que les corniches corinthiennes des pilastres sont ornees de couleuvres, coluber, embleme du grand ministre. Le percement de la rue Etienne-Marcel, acheve en 1883 dans le IP arrondissement, a etec des plus favorables a la circulation. Le cote impair seul appartient a laregion que nous decrivons. II presente,jusqu'a l'intersection de la rue Turbigo, la Tour de Jean-sans-Peur, adroitement encacdree dans les bAtiments d'une ecole communale. C'est tout ce qui reste de l'hotel des dues de Bourgogne, et aussi l'un des types, bien rares maintenant a Paris, de l'architecture civile du xvP siecle. UTn decret du 17 mars 1887 a autorise la ville de Paris a affecter 10,000 francs a sa restauration. Quant a l'h'tel lui-meme, aliene sous Francois Ier, il donna asile en 1548 aux comediens qui avaient quitte 'h6pital de la Trinite et, dans cette nouvelle condition, prospera pendant un siecle et demi encore. Le boulevard Sibastopol enfin, ferme le Ile arrondissement du c6te de l'Est. Entrepris des l'annee 1854, il fut inaugure quatre ans plus tard. On le nomma d'abord boulevard du Centre; la prise de Sebastopol lui valut son noml actuel.

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Page  25 Phot. Levy freres PERSPECTIVE DE LA RUE TURBIGO. ' Ill arrolIissenllelrl - - -- -~ LE TEMPLE. - 9~ QUARTIER: DES ARTS-ET-METIERS. -103 QuAnIrlEn: DES ENFANTS-ROUGES. 11C QUARTIER: DES ARCHIVES. - 12~ QUAIRTIER: SAINTE-AVOYE. E E, III arrlondissement, dil Ll TEMIPLE, a un po01-1' f pris des plus simples, forme par l'axe du boulei vaYrd Sebaslopol, a partir de la rue de Rambuy teau, des boulevards Saint-AIartin, du Temple, H des IFilles-du-Calvaile, Beaumarchais, jusqu'h la e rue du Pas-de-la-Mule, l'axe de cette rue et de ffi celles des Francs-Bourgeois et de Rambulteau Jusqu'au boulevard de Sebaslopol. C'est la un ternitoire d'une elendue mediocre: 116 iectares, et seul, le IIe arrondissement est moins grand encore. En revanche, sa population est des plus denses, et si les monuments y sont maintenant un peu clairsemies, du moins nous aurons a glaner caet la maints souvenirs. Historiquement, cette parlie de la ville ne se bltit qu'au xiLe siecle; elle est, en effet, tout enliere comprise dans I'enceinte de PliilippeAnguste et celle de Chiarles V; la premiere laissait en dehors de Paris tout ce qui est au dela, vers le nord-est, de la rue des Francs-Bour geois; la seconde, representee aujourd'hlui par la rue Meslay ella ligne des boulevards jusqu'a la Bastille, enferma done celle region dans les limites de la capitale. On croira sans peine qu'elle elait alors bien diferenle de ce qu'elle est devenue. Les vastes enclos de nombreux monaslteres et d'lhotels seigneuriaux, dont quelques-uns tres considerables, en occupaient la majeulre parlie; au centre, seulement, des rues eltroites et sans air, oil la population s'entassait; a l'est, jusqu'au XVlle siecle, des terres en culture maraicilere que o'on nommai deja le Maraais.. La region tend cllaquejour a perdre de son aspect piltoresque... et insalubre d'autrefois; d'imporlants travaux de voirie s'y sont fails depuis moins d'un demi-siecle et quelques-uns meme sous nos yeux: le percement des rue Turbigo, Reaumur, l'elargissement si utile de la rue Beaubourg, la trouee produite par le prolongement de la rue Etienne-Marcel. On y retrouve cependant encore bien des trails caracteristiques du vieux Paris. C'est maintenant le quartier de l'industrie manufacturiere dans toutes ses branches, la grande fabrication qui s'est installce dans 3 P An I S-ATLAS.

Page  26 PARIS - ATLAS les nobles logis du Marais, aussi bien que la petite industrie de l'arlicle ce Paris, cantonnee en chambre. La rue Saint-Malrtin est la voie la plus ancienne du quartier, nous pourrions presque dire de Paris, puisqu'elle est. on le sait, avec la rue Saint-Jacques, la voie romaine traversant la Gaule du nord au sud; elle tire son nom du celebre prieure de Saint-Marlin -des- Champs, dont le Conservatoire des arts et metiers occupe l'emplacement et meme quelques batiments anciens. Ce prieure avait 4tW fonde en 1060, par Henri Ier, sinon a la place, du moins en souvenir d'une chapelle elev~e jadis a l'honneur du saint charitable qui partagea son manteau avec un pauvre. La generosite royale, et aussi l'esprit d'accroissement, en fit un des plus riches monaste'res parisiens. Sa juridiction s'etendait sur la plus grande partie de la rue Saint-Marlin et du quartier environnant, le Beau Bourg, jusqu'au Temple; de nombreux villages de la banlieue nord et est le reconnaissaient pour seigneur. L'enclos du prieure ne comprenait pas moins de 14 arpents qu'entourait une muraille crenelee et flanquee de tourelles, dalant cu XIIie sie'cle; nous relrouverons tout a l'heure une de ces tourelles. De's 1705, la partie orientale de l'enclos avait ete desaffect~e et transformee en marche, qu'on supprima en 1811, pour le remplacer par une construction plus vaste, dont Peyre fut l'architecte. I1 etait pr'ectde d'une place, autrefois jardin du couvent, et ou se faisait le commerce des oiseaux; l'Ecole centrale en occupe maintenant la place. Quand le prieure fut supprime, en 1790, il n'etait plus halite que par dix-neuf religieux, qui firent don 'a l'Assemblee nationale un don qucl- / /;0;t;;00;;000000:t0;0WV que peu force'-de leurs revenus,/ 0;000-0V000i000X0000 evalues 'a 180 U00 livres, environ deux;;00:;:;t 0;:i:E;:Et0iii;:0;;0t;; millions d'auj ourd'hjui. // 000000 0i On fut d'abord em barrasse de 1'em - / / i00i0;$i00000i000i0;:i00000t00000000000000 0 000000 ploi de ces vastes balt-m s et huit // 0009 i S C:00;; 0 t annees secoule'ren 'damn s, et embar-;;;;;?;;; ras. Le 26 floreal an VI (15 mai 1798), //S0000;0000fEidift / la solution fut enfin trouv~ee sur le i00i:0; rapport du cele'bre abbe' Gregoir~e, le H000f00000i;ff~t00000i;000000000;00000 Conseil dles C7inq-Cnt r + si'*ait Fan- f i< l000000 cien prieure pour servir de local Au'WW-SConservatoire des arts et metiers- i j.......,A''t L'iclee de grouper les macllines, les \0WB0 0 0i00 —i-0:S~ instrumlents utiles 'a la scitence e t 'a W|-z 6 Fat industriiels n etait pas tout 'a faiL nouvelle; l'honneur en appartient 'a \X y Vaucanson qui, quelques annees \ 0;;;;;avant la Re6volution, avait forme une \................;;;;; — collection de ce genre dans l'holtel de........\ Alortagne, rue de Charonne, 51, oui\lt it avail admis le public 'a le visiter.\! C'est le ra pport de Gregoire lui-me'me j qui nouslI apprlend: ((D'apre's la loi de son institution, le Conservatoir~e reunit les instruments cle tous, les arts 'a COUR D'HONNEUR DU CONSERVN l'aicle desquels l'homme peut se nourrir, se vetir, se loger, se defenclre, 6talblir des communications dans ABSIDE DE L'EGLISE SAINT-AAlRl'lN-DES-CHAIAllS. toutes les pa j s s VATOIRE DES AR] irlies du monde. Par le defaul de local, cetle collection est disseminee dans trois clep6ts... Le second est celui de la rue de Cllaronne, compose de plus de cinq cents machines leguees en 1783 au gouvernement par le celebre VauC ii\son... >, Nous ne suivrons pas dans toutes leurs phases les developpemenls d'un si utile 6talblissement; chacun des gouvernements qui se sont succede depuis le Directoire a tenu a les favoriser, mais c'est a dater de Louis- hilippe qu'on a fait le plus et le.... mieux, lorsque Vaudoyer fut charge de restaurer et d'amenager definitivement le Conservatoire. Il y travailla f i pendant plus de trente ans. De l'ancien prieure restaient debout deux constructions tre's remarquables, malgre leur delabrement: l'e1glise et le / lefectoire. L'6glise, romane par son abside, golhique par sa nef; le rtefectoire, un veritable bijou d'archilec/tue du xtiv, sie'cle, que l'on peut attribuer a Pierre de Montereau, / ~I'hlabi le cons tructeur de la Sain-lePhot. Gaillard. Cllapelle, furent restaurees avec, le,TS T Al~,TIRS. eilleur gouit. DIans la premiere sont TS E A~~rlRS. mainltenant ex~posees les principales mlachines; le refectoire est dlevenlu Oultre ce travail cle restauration qui a bien ses merites, la part de V~audoyer est- des plus considierables dans la construction du Conservatoire: les b~ltiments en fagade sur la rue Saint-M~artin, l'aile qui fait vis-a'-vis a l'ancien refectoire, 1'616gant perron qui se trouve enl face de l'entree principale sont egalement son ceuvrle et lui font honneur. Le Conservatoire -des arts et mlltiers n'est pas seulemlent un admirable musee, c'est, aussi une ecole na-tionale des sciences industrielles. Le colonel Laussedat s'exprimle ainsi 'a cet -6gard danls une 'excellente notice qu'il a conlsacree 'a l'elabl]issement: (( Le nombre des chaires est de 17, qui se reparlissent de la manie're suivante: arts mecaniques, 3; arts des constructions, 2; applications de la physique, 2; arts chimliques, 3; arts et sciences agricoles, 3; sciences economiques, 3. ((La plupart de ces chaires ont et occupees par des savants du plus grand mlerite, dont les travaux et les decouvertes ne sauraient e'tre enumerees ici en cletail. Il suffira sans dou-te de rappeler que c'est au Conservatoire que Pouillet a evalue pour la premiere fois la chlaleur solaire, sour~ce de la vie sur tout notre globe, et e'tabli experimenlalemenlt, 'a l'aide d'instruinents qu'il avait imagile's, ] es lvis, fondamsentales, bibliothheque. LE CONSERVA'T'OIRE DES ARLTS E'1' I~l'l.IElS.

Page  27 TROISIEME AnRONDISSEMENT 27 _ __ _I__ __ des courants elect r i q u e s; q u e Payen a soumis a Fl'analyse chimique et physiologique la plupart des substances alimentaires et donne les moyens scientifiques de reconnaitre leurs falsifications; que Peligot a isole ]'uranium, etudie plusieurs des proprietes essentiel-. les des aciers et reuni en un corps de doctrine tout ce que l'on savait sur la fabrication du verre. depuis l'antiquite... ~ elle est un des quatre temples que les israelites ont a Paris; dans son etat actuel, elle date de 1852. La rue Meslay est la plus calme des trois voies, sans doute a cause de son dos d'ane tres marque, qui eloigne les voitures et par consequent l'industrie. Cet accident de terrain, bien que tres reel, est factice; il est du a l'amoncellement des terres que produisit la construction de l'enceinte du xvle siecle, aujourd'hui representee par le boulevard. La rue s'appelait, d'ailleurs, rue des Remparts. L'une des principales demeures qui s'y construisirent, dans le cours du xviie siecle, appartenait a M. de Meslay, d'ou son nom. La rue Volta a absorbe, depuis 1851, sous le patronage de 'inventeur de la pile electrique, trois denominations de rues qui creaient une relation perpendiculaire avec les voies dont nous venons de parler: les rues Fripillon, de la Croix et du Pont-aux-Biches. Cette derniere s'est conservee sous la forme d'un passage dont le nom n'est pas la seule particularite: c'est un escalier, un simple escalier d'une quarantaine de marches, pratique sous les fondations d'une maison d'ecole de filles, entre les rues de Meslay et Notre-Dame-de-Nazareth. Les bichlies etaient peintes sur une enseigne, laquelle etait voisine d'un ponceau jete sur un egout. Larue Volta aboutit derriere Saint-Martin-des-Champs; presqu'a son croisement avec la rue de Turbigo, voici 1'Ecole centrale des arts et manufactures, jadis rue de Thorigny, c'est-a-dire deja dans le IIIe arrondissement, installee ici en 1884 sur une partie de l'ancien marche Saint-Martin. Elle est fort avan-.... >. tageusement connue par le m erite |%S-^^^^ \ \i cldes ingenieurs brevetes qu'elle fouri00;00f t-00f 0- I nit a la science industrielle ^^^Fi ^^! _ ^ -^ ^ ^^ ^^ ^ \ d'ltalie, au bord du Tessin, ou nos | jX 3 N ^ \i troupes vainquirent les Autrichiens, \ Ie 3 juin 18a9. Cette victoire vint a -Il % ' \ propos pour permettre de baptiser \ la voie projetee depuis l'annee pr6 -t$is cedente entre les Halles et la place k: du Ch'teau-d'Eau, aujourd'hui place - de la Republique; la rue de Turbigo et sa voisine, la rue Reaumur, pratiquerent le plus heureux debouche / entre le centre de Paris et les faul bourgs de l'est, d'autantplus qu'elles / n'ont renverse sur leur passage rien lI 3t T. quif f regrettable pour Fart. La rue a I de Turbigo a jeta bas les Madelonnettes, mais on ne regrette pas une prison; elle etait precisement a I angle de la rue Volta, cote oppo TOUR DU PRIEURt ET FONTAINE Le colonel Laussedat rappelle encore les noms illustres de Becque- / rel, du general Morin, de Le Verrier, / de Boussingault. Hatons-nous de dire..... que leurs successeurs-marchent avec / gloire et devouement sur la trace I des aiffis. A I'angle nord de la facade du Conservatoire, sur la rue Saint- artin, se voient une tour et une fontaine qui ont leur histoire, et meme \ i assez piquante. La fontaine ne date \ que de 1712, mais la tour faisait par- \ tie de Fenceinte du prieure, et, sous reserve de quelques restaurations, \ elle appartenait au xine siecle. Au moment ou' la fontaine fut edifiee, le prieure abandonna a la Ville la tour, qui se transforma ainsi en chalteau d'eau. Leur decrepitude etait extreme, il faut I'avouer, vers 1876,8 et c'est alors que l'architecte du Conservatoire, soucieux de mieux tGLISE SAINTE-P arrondir les angles de sa facade, coneut le dessein de renverser ces vestiges du passe. Heureusement, les arcliheologues faisaient bonne garde; ils protesterent, et obtinrent ce premier resultat de gagner du temps. Mais il n'y avait pas alors comme aujourd'hui de commission administrative du vieux Paris et leur protestation aurait bien pu etre classee sans l'intervention inattendue de Victor Hugo, aui ecrivit: (( Dlemolir la tour, non; demolir larchitecte, oui... )) L'architecte ne fut pas demoli, mais la tour etait sauvee; une inscription consacre la deference que 'on eut enfin pour le (( voeu des antiquaires parisiens ~. Le nom du grand poete y manque; il est permis de le regretter. Entre le Conservatoire et le boulevard Saint-Martin, trois voies a peu pres de meme longueur s'alignent parallelement de la rue Saint-Martin a celle du Temple. Toutes trois sont anciennes, mais, comme les peuples heureux, elles n'ont pas, d'histoire. La rue da Vertbois existait deja au XVie siecle; son nom lui vient-il, comme le repetent tous les etymologistes, d'un bois vert qui, de ce cote, terminait l'enclos du prieure? Cela est possible; nous croirions plutot, cependant, a une enseigne. De la rue Volta a la rue du Temple, elle se nommait rue Neuve-Saint-Laurent, vocable inexplique. D'un bout a l'autre, rue populeuse de braves artisans, dont les maisons gagneraient a etre moins hautes et plus larges. La rue Notre Dame-de-Nazacreth ne doit pas son nom, comme on pourrait le croire, a la synagogue qui s'y trouve situee, mais bien a un couvent des Peres de Notre-Dame-de-Nazareth, dont elle occupe a peu pres l'emplacement. Cette maison monastique avait ete fondre en 1630 et disparut en 1790. Quant a la synagogue,,LISABETH. se a I'Ecole centrale. C'etait d'abord un couvent, fonde en 1620, pour donner asile -aux filles repentan - tes; mais s'il est vrai de dire que qui a bu boira, on pouvait dire des Filles de la Madeleine: qui a peche pechera... Leur repentir n'etait pas definitif: bref, le couvent devint bientot une veritable maison de detention que le lieutenant - general de police alimentait largement de pen tCOLE CEN'T'RALE DES ARTS ET MANUFACTURES (ENTREE PRINCIPALE).

Page  28 28 PARIS - ATLAS sionnaires, filles nobles, femmes. ~- ------ -- mariees et autres. La Revo- t lution consacra le caractere de. i l'etablissement en en faisant N' officiellement une prison de mk! X. l femmes. A partir de 1830, on remplaca les femmes par des lommes. Girault de Saint-Fargeau dcrit ainsi la prison dans sD ses Quarante-hito quartieus de Pa-n ris o Rien ne ressemble moins a une prison que les Madlelonnettes. G'est, en apparence, run hotel entre cour et jardin, un,h otel avec u n vestibu le ch ar-......................................... mantd ou fon t imaginerait ren-d i... agreable....... e contrer toutes Mcoade odites de la vie. Cette prison ne man- p l d ee que pas de rpgularuste dans sa FAsADE DU MAR distribution; ses deux grandes cours sont plantees de tilleuls. ILa cour des pre'venus, la seule qui soit pavee, est encadree sur trois faces par des bahiments 6leves qui portent le caracte're du xviie siecle. Au rez-de-chaussee des baltiments, re'gnent de deux cotes des arcades.semblables 'a celles de la place Royale, out les prisonniers peuvent se refugier quand il pleut. Le miliea de la cour est occup6 par une grande, fontaine. La cour des condamnes est moins agreable et plus solidement fermee. Contigu6 aux Madelonnettes, 6tait ItEcole Turgot, instilut commercial, fonde par la Yille, et portant le nom d'un des prevots des marchands les plus distingues du xviiiI sie'cle. La prison n'a pas Wt K j, IC _A...;.A:A.i.:i_ V.:.X:i:A...:.. cipaux membres et le grand maitre meme de l'ordre, Jacques de Molay, qu'il fit bruler dans 5:: N: le jardin de son palais, a la >;:; 1:pointe de la Cite, 1i. ou s'eleVe nla statue de Henri IV. On sait qu'avant de mourir, Molay au-;lq |rait qjourn6 ses bourreaux, le:ii pape et le roi, racop i ntre avec lui devant Dieu, run dans 1 'ann~ee Fautre dans les qun, ante jours, et **ue celle krge.ae proplhtik se realisa. L'expiation R:~~~~~~.:.g....................-...........R-R-::::..............:..:S:::........|- ll.:i.l..:::: -....... -... —.... tait-elle done insuf 'sante enl:l l|||||l~~~~~i ||lil!i core, et fallait-il, pour qlue la lllll~~ill't~iilillIII^^vengeance des Templiers fut IS I-' il, -complete, que leur -tour servit.........''.' "-' Wi:........ V. AA..........:V...E....... A V.............un autre r.oi. d.e ------... -------.......i c.........r.......... HE DU...E..PLE. France, p.eS de cinq cents ans plus tard? Aux' dempliers succeferent les Hospitcaliers de Saint-Jean cle Jeusalem ou chevaliers de Malte, mais 'usage fut le plus fort, et au lieu de s'appeler le Granc-Prieure de France, le Temple garda SOll premier 11Fne,- il de gardera probablement toujours. Jusqu'a la Revolution, l'enclos du Temple beneficia d'un singulier privilege dont nos maeurs ne s'accommoderaient plus, et qui n'avait pas depasse le moyen alge pour la plupart des etablissements religieux: le privilege d'asile pour les debiteurs. Lorsqu'ils avaient pu franchir la porte du Temple, les debiteurs echappaient aux huissiers, garnisaires et autres suppots des creanciers; la', ils attendaient tranquillement le benefice de la prescription; aussi des maisons s'etaient-elles balties, oui ils payaient volontiers........^........... leur loyer, et lon n'avait construit la rotonde..........;;;; dont nous parlions tout a lheure que pour y ^^12 0;;:0;:: donner des representations theatrales, destiB | fl:0:00 Dees a distraire ces pauvres gens. Le 13 aouit 1792, une voiture escortee de nombreux soldats, suivie d'une foule immense, pi.ne'tre dans la cour du Temple; c'est la famille royale. La tour devient la prison sinistre dont Louis XVI ne sorlira que le 21 janvier suivant au matin, pour mourir sur l'echafaud de la Revolution. Puis de cette meme tour sortira aussi, le l1e aout 1793, apres plus de six mois de larmes et d'angoisses, Marie-Antoinette, pour etre transferee a la Conciergerie, qu'elle quittera le 16 octobre pour aller, elle aussi, a la Mort. De cette meme tour encore sortira, le 8 juin 179&, un cercueil: celui du p~etit _ I ouis XVII, mort |; - -;;9;; -fz; gv <- lItge le cix 11:V0;:: ff:;:0::00;00;t 0;;ff;;t ~0:y0000:;:0: 0: 00:{connu depuis le 1 ~ ~~~~~~ ol0 1g|121t*t crtubre humai| | ~ ~ ~~~~e | 6mo sx|n~ tiourgrd |ti-; 1_0;;;i~i;;- Et 1 ct nortures lsapu i;0; 10 l;;;g 0;H;1;;;;l'l,,,,,,,,,6 ouv acltables l i 5NI_ g-[ 1qu'il R oyie (c. nMa ~i I~iiiii~iiaiiiii~~; ~ i~i~~-d,-i, Mn e tdisabeth, leur tante, a I yquitte'le Temple, Bi~i~le 9 mai 1794, pour 1'6chaf~.md> Cette derni~re i vidime est la.......... seule qui doive 6chapper' Fhor ------------ rible trepas des siens; elle est LA MATSON MORTUAIRE DE BtRANGER. rendue a la li MA1RIE DU IIIe ARRONDISSEMENT ET SQUARE DU TEMPTLE. reconstruite, lecole l'a ete, presque sur son ancien emplacement rue de Turbigo, mais la ressemblance entre les deux noms jette le desarroi dans 'esprit des ignorants qui disent volontiers: ecole Turbigo. La rute des Fontaines (pourquoi ce nom?) concluit de la rue de Turbigo a l'eglise Sainte-Elisabeth, anciennement chapelle d'un couvent de femmes, aujourd'hui paroisse du quartier, edifice du xviie siecle, c'est-a-dire sans style ni interet. Le Temple. -Une grande halle, dont la vie s'est retiree, un square banal ou les enfants et les honnetes gens du quartier se trouvent meles, dans une promiscuite souvent regrettable, avec des individus sommeillant sur les banes, - paresseux ou malandlrins, qui aiment surtout la faveur des tenebres, voila ce qui a remplace la maison du Temple, fameuse entre toutes pendant six siecles par le role si varie, si tragique aussi qu'elle a joue dans l'histoire. On salt par quelle iniquite Philippe le Bel supprima 'ordre des Templiers pour s'approprier ses biens immenses, fit perir ses prin 1 X I.. - 1 - X * I- - - r - - v -.. -

Page  29 TROISIEME ARRONDISSEMENT 29 - berte et conduite 'a Bile, le 18 dcemlbre 179-, beneficiant d'un 6clhlange de prisonniers. Ia Tour devait plus tard recevoir d'autres prisonniers d'Etat: Babweuf, Pichegru, Cadoudal, Mloreau, Toussaint-Louverture. Napoleon Ir donna l'ordre de la demolir, le 16 mars 1808, - ordre barbare 'a nos yeuxdl'archeo]oglue, car sans doule Paris posseidevait encore l'un de ses plus curieux monuments. En m("Ime::0:;:0 temps, les anciens bAliments firent. i place a un marche' de friperie, dont la Botonde, occupai L le centre. d Tout cela aussi a disparu au commenceme nt du second Empire pour 6tre reniplac6 par:-.rs*a~;"le.r une hlalle de con- i struction analo_ -_ gue a celle des............... Halles centrales; elle abrite touJours un marche a la toilette. Le square, quile se- DPBOUCHt DE, LA RUE DU TEM PLiE pare de la rue de Bretagne, date du meme temps. On -raconte que lorsque Mladame Royale, devenue duchesse d'Angouleme, revint a Paris en 1814, elle fit un pe'lerinage aux ruines de la tour oAi elle avait tant souffert, et y planta un saule pleureur que l'on aurait maintenu parmi les arbres du square. Est-ce une Ylgende? lans ses Jiinoires, le baron Haussmann se borne a dire: (( It (ce square) contient quelques vieux arbres, conserves avec soin, et unepiece d'eau qu'alime nte une cascade tombant d'un rocher faclice. ) La mairie de l'arrondissement, situ e sur la face orientale du square, a ete construite, de 1864 a 1867, par les architectes Calliat et Eugie'Te Chat, dans le style ordinaire des palais municipaux du second Enmpire, style honne'te, mais quelque peu administratif. La rue de Vendome (Philippe de Vendomne, grand prieur du Temple) est devenu en 1864 la rite Beranger. Cest, en effet, dans la maison. portant le numero 5 que le cele'bre poete At chansonnier Pierre-Jean de Beranger mourut le 16 juillet 1857, 'a F'Age de soixante-seize ans et onze. mois. Il / i <0000000::00: Rtait n6 'a Paris s d'aujourd'hui et d'autrefois surtout, avec la place de la Republique, dont la region la plus animee n'est pas non plus de notre domaine acluel. L'ecilite ne s'est pas mise en frais d'imagination pour leur trouver des noms: bouclevar ds Saint-Dcmis, Saint-11artin, du 2e)2jle, des Filles-clu- Calvaire, ce sont les vocables me'mes des rues qui vienp lnent y aboutir.::::::ot.~i GailCelui du boualevard W. BeauDonarc, pes a seul quelque orii inalit6. En le choisissant a-t-on voulu rappeler ce le qlue les Terits de Beaumarchaii s ont d pu Sire pour' muel fir la chute de la Baestille, auquel cenle voie s boutit, ou simplement atappeler que seaudevant lsteur du lsur riune c ie acigaono eut lae sale Jd t maison, preslue sur la place me'me............ de la Bastille '? La 0;000 \............l'enui qi renentdansleurquar 0;:;;; t; 00 \ \ ~~~~~~~.............tirdsr) Ceauod'ileef:00::0000:i00Qi::;;Q:0Q00Qi;;00000;00j;0000it;0X000.........\............... tarltBnae............ date de 1831o......... \avant, u ti ait tout......... \prosainuement le Phot. Gaillard. boulevard SaintUR,A PLACE D E A.- PUBIQUE. A Donse aeu de choses 'a signaler sur ce parcours. Jusqu'a' la place de la Wpublique, c'est bien encore la vie des grands boulevards, et au d abouci de la rue du Temple rien de plus pittoresque h voir, entre six et sept heures du soir, que le spectacle de la mare humaine qui monte du cceur de Paris pour rentrer au fa~ubourg; mais h partir de, ce point, les boulevards prennent uiae physionomie quelque peu provinciale; ils se ressentent du voisindge du Rlarais. Omnibus et tramways y passent sans cesse et avee fracas, mais les larges trottoirs ne sont jamais encombres, et, devant leur porle, les ha2bitants s'installent volontiers sur une chaise ((pour voir passer le monde,,, Le thealtre auquel la c~le'bre D6'azet a. donn6 son nom a W~t coiistruit vers 1830, sous le nom de FoliesAhIayer, qu'il chaiigea ensuite en Folies-Nouvelles. Non loin de la' 6tait le Jardin turc, oul, dlit un Guide de 1830, ((les dames du Marais viennent pour se distraire du silence et de F'ennui qui re'gnent dans leur quartier d'sert G Cest au ourd'hui le restaurai-t Bonvalet. Wou~ vient ce nom qlue porte la rue du Poi~d-aux-Chou3,? D'un terrain o'u secultivait al rs cet utile 16gume et qui 6tait voisin du pont jete' sur Felgout que recouvre la rue de Tu-............ ll-:i...:: — lilll-iiliii~~l~:lj i-:lli:i-jiiijlj: ren ne. La rue de l'Oseille la prolon~8~~~ ~~:*,_:..::..._gea"it; elle se, nomme au~jourd'hui rate de Poilou. On chercherait en vain sur K les plans anciens la rue des Ar'quebusir;elle eite cependant, mais sous le nom de rue de Hazrlay; sa denomf~~ninatio1 actuelle date seule~::2:::ment de 1879; c'est done une heu ~f~it~ f reuse restitution, le souvenir res-. 5aure du jardin longeant les remparts ou les arquebusiers ve nient s'exerce.L'administration n a bien f,~taus de rendre 'a la rue (In Pacs-de-la-Midee: " -t - I a: /son ancien nom, que l'on avait, pen/ dant quelque temps, supprim6 au n _profit de la rue des Vosges, dont cette voie est le prolongement. C'etait e fto celui d'une enseigne, bien justifiee par la pente qu'offre la rue avant RNAVALET. d'atteindre le boulevard, et l'on ne Dails ce pavs plein d'or et der misere, Et l'an du Christ mil sept cent quatre-vingl, Chez un lailleur, mnon paulvre et vieux lgrand-p(-Bre,] Moi nouveau-ne, sachez ce qui m'advint. ILe passage Vendobne a ete perce en 1827 pour relier la rue Beran ger au boulevard. Il occupe une partie du terrain ou' etait situe-le couvent des Filles-du-Sauveur, fonde en 1704, (( en faveur, dit Jaillot, des personnes qui veulent fiaire penitence de leu'rs 6garements)). Il y avait dans l'ancien Paris, un grand nonmbre de ces etablissements. Les boulevards. Nous n'avons rien dit encore de la ligne des boulevards, dont le cote entre le boulevard Sebastopol et la rue du Pas-de-la-Mule forme la limite de l'arrondissement. C'en est. d'ailleurs, la r ive tranquille; l'autre cote, appartenant 4ux Xe et XIe arrondissements est bien plus vivant, avec ses theatres, L'HOTEL CA]

Page  30 30 PARIS - ATLAS - peut se defendre d'e'voquer l'image d'un vieux magistrat du temps de Louis XIII,- cheminant sur sa mule, comme c'tkait alors l'usage. La rite des Tourenelles ne nous appartient que par moitie; dans l'historique du IVP arrondissement il sera traite d'elle, de ses habitants d'autrefois et du palais dont elle a garde le nom. Le Marais. Nous n'avons fait encore que cotoyer le Marais; il est temps d'y penetrer. C'est la partie la moins ancienne de l'arrondissement,.... mais azussi celle ou' abondlent en plus grnad nombre les hloels majesLueux, ofi revivent en foule let souvenirs des-deux derniers siecles de 1'ancien regime. En tant que quartier laila, il ne -- date que de Henri IV. C'est ce roi qui > - songea a construire sur -'emplacement lo - du palais des Tournelles la place Royale il (place des Vosges), ceuvre achev~e seu- ii ~.E lement sous Louis X111. La vogue fut tout de suite tr'es Brti grande en faveur du nouveau quarlier; 1 tout le monde aurait voulu y avoir son logis, 'a di~faut d'h~tel. L'arle're principale fut, des l'origine, la rite de Tv1 -renlne, que l,'on nommait alors rue IIe Saint-Louis, et meme grande rue Saint-Louis (la denomination actuelle date de 1865, apre's aIvoir WI~ donne'e une premie8re fois en 1806 et retiree en 1814). Turenne y demeura vers 1660; en 1675, son hotel passa au cardinal de Bouillon, qui le vendit, quelques annees apres, aux religieuses du SaintSacrement, ses voisines, pour etre annex6 a leur monastere. L eglise de ce monaste're a ete conservee comme paroisse sous le vocable de Saint-Denis- LE LOGIS DE: du Saint-Sacrement; c'est une construc- A L'ANGLE DES RUES VIEILLE-DUtion des plus mediocres. Non loin de la, a l'extremite nord de la place Royale, le couvent des Minimes s'etait installe', des 1610, sur une partie des dependances de l'hotel des Tournelles; ces religieux n'y' firent pas grand bruit pendant les cent quatre-vingts ans qu'ils l'occupe'rent. Leurs batiments, devenus propriete' nationale en 17190, sont affectes, depuis 1823, a un casernement de la garde de Paris. Le nom de la rue du Parc-Royal rappelle aussi le voisinage des jardins des Tournelles. L'enceinte de Philippe-Auguste, nous le disions en tete de ce chapitre, etait sensiblement parallele aux rues des Francs-Bourgeois et de - DA J-TE] Rambuteau, qui aujourc'hui font la limite entre le IIIe et le IV, arronclissement. Arrivee presque a hiauteur de la rue de Sevigne, elle faisait un angle croit dans la direction du sud pour gagner la Seine. Peu d'annees apres sa construction, un prieure important, celui de SainteCathlerine-du-Val-des-tEcoliers, vint s'etablir dans les terrains en culture qu'elle laissait en dehors de son trace, d'ou le nom de rue Culture-Sainte-Catlherine, qui n'est devenue qu'en.1867 16 T., r ue de Sevigne. Nous n'avons a parler ici que de la partie de cette rue comprise entre la rue des Francs-Bourgeois et celle du Parc-Royal; elle n'est pas longue, mais combien remplie! 1;-0X!i;i0 i Deux hotels illustres affectes a des services municipaux, un lycee de jeunes 1; F;filles, une ecole communale, au total, quatre drapeaux tricolores sur une L 't 4"longueur de 200 me'tres..~.-I0i0iii 0:0:00000x <-h-0000;0,tl _-.i.~i-:iiiiiii:De l'ecole, il n'y a rien a dire. Le: l i v-*g^: - lycee de jeunes filles s'appelle lycee.lE;00000 Victor-Hugo. Il a ete cree en 1895 et pr'sente cette disposition singuli'ere.que le corps de batiment en fcade sur la cour sert de trait d'union entre i:: les deux hotels ou sont conservees les collections historiques et artistiques de Ia ville de Paris Carnavalet et Saii TFargeau. L'hotel Carnavalet qui abrite une ~I i runion d'oeuvres d'art -et de curiosit6, est lui-medme une ceuvre d'art des plus inte'ressantes, des plus precieuses. C'est de nos jours seulement qu'il a regu cette destination. Il fut construit en 114-A, par Pierre Lescot, pour JackME HEROUET ques des Ligneris, presicent au Parle3,IPLE ET DES FRANCS-BOURGEOIS. ment. Lescot travaillait au Louvre avec un artiste aussi illustre que lui, Jean Goujon; il confia a Jean Goujon la decoration sculpturale de l'edifice dont il avait dresse les plans, et c'est ainsi que les quatre Saisowzs, sculptees Sur la facade interieure principale sont, a n'en pas douter, de la composition du maitre, dessinees et achevees par lui. Apres le president de Ligneris, l'hotel passa, en 1572, a la veuve d'un seigneur breton, Francois de Kernevenoy. Soit malice, soit amour de l'euphonie, le peuple parisien fit de Kernevenoy, Carnavalet, et ce dernier nom a subsiste. La marquise de Sevigne habita l'hotel pendant vingt ans, de 1677 a 1696. Ce fut le beau temps pour elle, et aussi pour Carnavalet: (( Dieu merci, ecrivait-elle a sa fille, le 7 octobre 1677, ==..nous avons l'hotel Carnavalet. C'est une affaire admirable; nous y tiendrons tous, et nous aurons le bel air....>;;.... L'hotel etait voisin du couvent des Annonciades, fonde en 1626, dont le lycee 000Vi000i~t Victor-Hugo occupe maintenant l'empla$000 0 t; 0cement; les religieuses etaient appelees Filles blettes 'a cause de la couleur de leur manteau et de leur scapulaire. ii,-p~~ "~ A- paprtir de la 116volution, 116 tel devint ~'T"~` tour 'a tour bureau de 1'enregistrement, 1~El direction de l'imprimerie et de la librairie, 6cole des ponts et chauss~es, institution de jeunes gens, jusqu'au jour (juillet 1866) ou' la Ville de Paris en fit acquisition- pour y installer un mussse historique qui, mal concu, n'eut qu'une I" succes 6pheme're. Les e'v~nements de 18'70-1871 allaient, ici comme partout ailleurs, troubler, modifler les projets anterieurs. La bibliothmque de la Yille ayant peri dans F'incendie de l'Hbtel de ville, il fut decide qu'elle serait reconstituee dans les loI P ~ caux de Carnazvalet, restaure' et am~nage5 ad hoc. Elle eut pour premier fonds la riche collection parisienne de Jules CouPhot. Gaillard. sin et pour conservateur ce savant luiLTUE DE LOUIS XIV. meme qui, pendant plus de vingt ans, LA COUR D'HONNEUR DE L'IIOTEL CARNAVALET ET LA STA

Page  31 TROISIEME ARRONDISSEMENT 31 ne cessa de l'enrichir avec une incom- 11 ne reste plus que le souvenir, conparable erudition. Charge aussi, de- serve par des noms de rues, de l'hotel puis 1880, de creer dans le meme eta-j de Thorigny et de l'hotel Barbette, ce blissement un musee veritablement dernier fameux par l'assassinat du due special a lPhistoire de Paris, Cousin fit Louis Ier d'Orleans (1407); tous deux preuve d'un grand zele, et fut en cela -^ dataient du moyen age; tous deux seconde par Alfred de Liesville, qui avaient ete construits parmi les couabandonna genereusement sa propre /. \ tures ou cultures de Phopital Saintcollection sur l'epoque revolution-/:::; \ Gervais. C'est une erreur de croire que naire. Finalement, la bibliotheque etla jolie tourelle qui fait Fiangle des le musee ne pouvant plus rester sous \ rues des Francs-Bourgeois et Vieillele mme toit, un arrete prefectoral du / du-nTemple est un reste de l'hotel Bar18 aout i897 les a separes; la biblio- bette; elle dependait du logis de noble theque est allee a Saint-Fargeau; le dame inconnue, Louise Hrouet. musee est reste a Carnavalet. La rite Vieille-du-Telosple merite bien Sans avoir un passe aussi fameux que cette pithite, car elle est contempoCarnavalet, Pghotel Saint-Fargeau raine du Temple, auquel elle aboutisn'en a pas moines une histoire. I date, sa.l........... a C'utait un chemin plutot qu'une dans son peat actuel, de extremine fin rue, et ell e e se baltit completementu du xvii siencle,e et eut pour architectes qu'au xvi siecle. La maison portant PierreBullet.C'estMichelLePeletier di- le no 88 correspond 'a Femplacement recteur des fortifications sous Louis XIV du theatre du Marais, qui dura de 1635 qui Le fit construire. L'edince porte 1673, et eut Phonneur d'abriter du1'empreinte de son temps:facades se- rant un temps la troupe de Molie're. veres, large escalier de pierre a laPresque en face, Imprimerie Narampe de fer habilemen cisele, salles tionale occupe - depuis que la Banque spacieuses aux hauts plafonds. Jusqu'a' de France la deposseda en 1811 de la Revolution, ou resta dans la meme Photel de Toulouse - le bel hotel de famille; il appartint done a LePelletier 1ohan. Cet htel avai ete construit, un de Saint-Fargeau, le cele'bre conven- siecle auparavant, par Armand-Gaston tionnel assassine le 20 janvier 1793 de Rohan, cardinal et evWque de Straspour avoir vote la mort de Louis XVI.J D bourg, prelat ami des arts, qui fit appel Aprs lui, ses heritiers occuperentaux meilleurs artistes pour embellir ihotel pendant une vingtaine d'annes, puis e mirent en location sa rsidence. On y admire, outre de beaux lambris sculpts, deux et finalement en vente. Parmi ses habitants nous i'avons guere paysages de Boucher, formant dessus de portes, le cabinet des Si'ngcs, qu'a citer Yinstitution Jauffret, dont certains 6leves, au temps de peint par Christople Huet, un admirable bas-relief de Le Lorrain, Louis-Philippe, firent la renommee par leurs succes: gbout, Sarcey, les fils de Victor Hugo, Ulbach, Zeller, etc. En 1895, le Conseil municipal a votW Facquisition de l'16tel, ou pluto't la location avee c promesse de vente, au prix de 780 fac par an peidan.........t~~t cmpi ~ l'immeuble 6tant 6vaW 'ai 1 950000 franncs. 4 Aussito't apre's, lstravaux d'amenagement 4 pour la bibliothique historique commeneB1rent, F~s l~ et l'ouverture au public a eu lieu le 2 mai 1898. BiBii~I-E La r1ue Paylenne circonscrit 'a l'ouest la plupart des 6~difices que nous venons de decrire. ~~I ii~ A son extr~mit6 nord, -on retrouve la rue du Pare-Royal; de 1', il fau e r u u l'aven-...................... ture; nous sommes en plein cceur du Marais,...... et 'a chaque p~as se pr~sentent des construe-s~,,,.~.~i.i~:::~~'~ tio'ns qui, visiblemenL, ne furent pas faites pour la destination industrielle qu'elles ont aujourd'hui. Parmii les qunttaivlyhotels restes debout,.......X il fau t citer 1'h o' tel...........:-: l-:-:: -l::::il-,::::I::. —'I — II-::: -~lijliij-Il-j l Sale', 'a I'angle des::~.,,iliii-s: rues de Thorigny et de celle des CouturesSaint-G er vai s, d'u11.......... lure COUR W'HONNEUR' de hut g~t, s~s~DU. PALAIS DES ARC-HIVES. grace surtout 'a son es- "J alK calier superbe; il fut i-iiPI 'i nonstruit. vtrq 1660 -Dar i L f j reiPr~sentant des chevaux 'a I'abreuvoir. un certain Aubert, de class6 comme m~onument historique, etc. Fontenay, traitant en- Le rhvsntoae.- Elles richi dans les gabelles, 11iiiiiia iiii:'i' c pent le -palais Soubise-:,On ne, sauri c'et-jdir das lim-iiiiiiii-~Bi~i~:f~~~cotester ' l'immeuble ce, titre, de palais, ~I~voir sa ma~jes o e r u 'toneu o polt du sel; d ou le tueuse, cour fli nn u o'ii~e-i. ~i~~ nom satirique donn6 6~ii ~ voluaient F laise les carrosses royaux par e peple a sade-et princiers, parcourir ses; salons. si rfeure. L'h16teI SaM~ fut, 616gamment. df~cores -par des sculp teurss de 189 'a1884 le ie'g tels qu'Adam et Lemoine, des peintres de II cole centrale des tels que, Restout, Boucher Natoire, Van arts et manufactures. LX:;R I ~ Ioo- Sur son emplacement s'e'leva d'abord L'industrie du 'bronze le logis du Conn~table de Clisson, bdti par y r~gne aujourd'huid PORTE D'ENTn tE DU PALAIS DES ARCHIVES NATIONALES. lui VerS 13-10,: grilce aux libte'ralite's de

Page  32 32 PARIS- ATLAS - Charles V. De cette premiere construction a subsiste la charmante porte ogivale flanquee de deux tourelles en encorbellement, qui, sur la rue des Archives, fait face a la rue de Braque, - le dernier temoin reste debout a Paris de l'arclitecture civile du xiv" siecle. Les Archives de l'FEtat occupent l'immeuble depuis 1808; on a dui y ad- FAQADE DU TIHEA joindre successivement de nouveaux batiments,.dont le principal. est sur la rue des - Quatre-Fils, pour recevoir les documents, dont les versemrents annuels des ininsleres augmentent chaque a-nnee le nombre. Les BS historiens peuvent y puiser a pleines mains et aux sources les plus pures. En depit de mutilations regrettables, les Archives con- 1 servent des fonds ininilllent precieux: ceux des etablissements religieux des dioceses supprimes. en 1790, les registres du Parlement, de la Chambre des comptes, du conseil d'Etat, du Chatelet, des d6liberations du Bureau de la Ville, le Trlesor des Charles, les comptes des batiments royaux, etc., En 1867, un musee ou sont exposees les pieces les plus curieuses, soit par leur anciennete, soil par la main qui les a signees, a ete installe dans une partie des salons des princes de Soubise; le public est admis a le visiter tous les din-anches, de midi a trois heures. II n'y a pas longtemps que la rue des Archives por'te ce none dans toute son etend6lnomincation de rue une explicationre lestai celuies desunh opital fongeois et des Haudrietes, de par Margue rite d e Gr Chan tier re, vers 1533,les rues des Haudr~ieft~es fBf~'2': " etp our donner asil; de rua LESQUAR DES des orphelins que 1 on (Au milieu la colonnc comlnuitnorative de la prise de So vetit de drap rouge. entLa re les rues Pastou-atre-Fils relle et Portefoin; de rue Molray entre les rues Portefoin et de 4 Bretangn e. Ce nom zlr~i i d'Enfants Rouges f~ltl I qui est celui d'un des quanrtiers du Ilt, arrondissement, m~rite: une explication C k~ ai t celui d'un h~pital fon-............ d6 par Marguerite de Navarre, vers 1533, pour donner asile 'a 1, E' SQUARE J DE~S A des orplhelins que l'on (Au milieu la colonne commdniorative de la prise do 861 ve'Lit de drap rouge. La rite dies Qtialr~e-FZils AT fut fait le 14 avril 1834, pendant une de ces insurrections, si frequentes sous Louis-Philippe. La maison a ete demolie, en 1897, pour l'elargissement de la rue Beaubourg, avec laquelle la rue Transnonain s'etait confondue depuis 18o1. DE LA GAIT. Dans cette region si dense du vieux Paris restent encore de curieux souvenirs, et en grand nombre: voici, rue de Montinorecy, 51, ^^,. <<>la maison dite de Nicolas Flamel, avec son inscription gothique, restauree par la Ville: (< Nous oiomes et feines laboureurs demeurans ou porche de ceste maison qui ful fee en l'an de grace mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire dire tous les jours une patenostre et l'ave Maria en priant Dieu qui de sa grace pardoint aux poures pescheurs trespassez. Amen., La maison vis-a-vis passe pour plus ancienne encore. De meme il suffit de -se promener dans les rues du Grenier-Sailti l l fLazare (corruption d'un nom d'habitant au xine siecle, Garnier de Saint-Lazare), Chtapon!:1 (egalement nom d'homme du XIlle siecle), m- Michel-Le-Comte (meme origine), pour clistinguer d'anciens hotels offrant quelque interessant detail d'architecture. Une inscription apposee sur la maison de let rue Saint-Martin qui l!i. fa ce 'a la rue die Montmorency rappelic 1'emplacement de la malson ou~ mourut, le...........,20 ao ut 1540, Guillaume.;;; - - Buade, le celebre he ilIS I niste, fondateur du Colv 16~ge de France. a C ie dA e te nom de la uure azes.S* Oel7s, ce n'est pas douteux es etune corruption ~I de la rue aux Oues (aux ~:~~:,aOies). De's le xinle sie'_le, la rotisserie de ces |d~ pvolailles y 6tait une sp~cialit6 Vicus ubi co-;ZC-;Ey; 0 i Requumtur ansetes, lisonsF~i~~'fiD~"H~B~Inous dans le cartulaire i~6~ide Saint-Ma-gloire. s vetglise SainesNi-:,.: i i i79i~it E iicolas - dos - Champs 6tend sa longue nef i: parall~lement 'a la rue Re'~auniur et son abside Nient se terminer sur la rue Turbigo. EIIe est de style composite la fagade sur la rue SaintPhot. Gallard. Martin, sobre et silltTS ET METIERS. ple, date de 1420; celle stopol; au fonclle Conscevatoire des Arts et Mktiers.) de la rue Reaumur est de 15'76, epoque ou 1'edifice dut etre consi Ab "bas tire son nom d'une enseigne ou etaient figures ]es quatre fils Aymon, si celebres au moyen age; celle des Hauldriettes rappelle la fondation charitable faite en 1320, par Etienne Haudry, d'une maison de retraite pour les vieilles femmes, qu'on nomma pour cette raison (( les vieilles Ilaudriettes )0. Cette rue a aussi porte jadis le nom de la rue de l'Echelle-du-Temple, parce que le grand-prieur en'avail fait ilever une - lisez echelle, c'est-a-dire gibet - a son extremite. Nous passons dans le quartier Sainte-Avoie. Il ne reste plus rien du couvent de femmes fonde a la fin du xllle siecle sous le nom de sainte Avoie; il subsista jusqu'h la Revolution; le percement de la rue de Rambuteau, en 1838, en a fait tomber les derniers bAtiments qui s'elevaient a Fangle de la rue du Temple, nommee elle-meme dans cette partie de son trace rue Sainte-Avoie, jusqu'en 18"I. Ce n'est plus aussi qu'un souvenir, la maison portant le n~ 12 de la rue Transnonain, tristement historique par le massacre qui y derablement agrandi, i cause du nombre croissant des fideles. On s'expliquerait difficilement le voisinage si rapproche de deux grandes eglises, celle de Saint-Nicolas-des-Champs et celle de Saint-Martin-desChamps, si l'on ne savait que la premiere seule etait paroisse (elle l'est restee) et l'autre monaslique. Le square des Arts et Metiers nous ramene au point de depart. 11 a ete cree a la fin de l'annee 1857; les depenses de tout genre que son amenagement a necessite s'elevent i 320 000 francs. Au milieu du square - en souvenir de la prise de Sebastopol - se dresse une colonne surmontee de la Victoire couronnant le drapeau francais. Sur la face meridionale a ete construit en 1862 le thealtre municipal de la Gaite, qui traverse tout le pate de maisons jusqu'a la rue Reaumur. La faSade du theatre est decoree de pilastres composites et d'un double rang d'arcades cintrees separees par des colonnes de marbre; un fronton assez riche en sculptures couronne lFattique.

Page  [unnumbered] PARIS - TROISIEME ARRONDISSEMENT u 0: \3^\t \\: 0.>S: V f V\,. Ad\ \ WidowaS~rf: <\: " I 1 2 Temp le r I a I 'e 1 I I:\ \' \7 \ -\,,\ V-r nn N, o~ ~nI Quartier desArts-etMWtie....,,..... des Enfants-Rou....'-..... des Archives,3. Si.e-AvoToe I frs' qees pr // yi /// F///^:: - f//<: - X:W I: 7 Echelle 1: 7.000 I 200, I0 o loo 200 300 M _J PA R I S-ATLAS 3

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Page  33 tiV000::00000000000:0:00:f id i::::f::: 0::: l}::D 0:::::::;::t And f if: i ff f i: 0 W;:; X:00<:S0:Xt;d Id T;:\\:d; 0 0 0; f:<;0000000400;:;00000:::::::::0:::::::;f::::::;:::::::: f:: f::::: g: 0:: 0: f: W D f;:000::0:00000:::0:Vif;::: hi:: id::00 t;: t 0;:::::::::0:000 0::::: 0::::::::::::::::::::::::00;i:V00:?:0;0: 0::::: A::: d:;::t:::::::X:::::; A:: AD;:::X::00:0::::;::::::0::0:E;Xtl::0:0000::00:0:0:000:f:0:i:::::::00::00::::::::::::::::::::::; iV:0:d:0:0::::: 0:00:0:: 0 d:X:;0::f:::::fta;::::::: 0::::::::::::::::: l:::::::00 At: En':;0EES);:f)X: f:Q0t' o4>:X;d;SASt:; fX: A&;X00:B:SfDXt Phot. Neurdein. LA CATHEDRALE DE PARIS, VUE DU PONT DE LA TOURNELLE,. Iior 8 \V. O C L'HOTEL DE VILLE. - 13' QUAnTIEn: SAINT-MERRI. - 14" QUARTIER: SAINT-GERVAIS. le QUAR'TIER: L'ARSENAL. - 16' QUAR'T'IER: NOTRE-DAME. | _ _ _ I 'on voulait synthetiser par deux monuments g 8: i la vie religieuse et la vie communale de Paris, l@^! c'est dans le IV, arrondissement qu'il faudrait l 2 s lles chercher: Notre-Dame et l'Hotel de ville. i 1 Notre-ame ne represente pas seulement le M^ l Paris/du moyen 'ige avec ses grandes fetes si 3# 7 1sole nelles et magnifiques, avec son elan de =^^ dev tion; c'est sur son emplacement que s'elevaitl nous le verrons plus bas, en l'honneur des divinites paiennes, l't utel construit par les bateliers de Lutece, les nautes; la est done en quelque sorte le berceau meme de Paris. A peu de distance de la cathedrale se dresse l'autre colosse, plus jeune et d'une non moins grande importance: 'Hotel de ville; ses pierres sont neuves il est vrai, mais leur assemblage meme rappelle un edifice ant"rieur, deja ancien, qui lui-meme remplacait une maison de ville oul se developperent nos libertes municipales. Depuis le xive siecle, elles ont eu leur asile sur cette place, se developpant sans cesse, permettan.t a la cile de prendre un essor auquel la royaute et le pouvoir central se montrerent toujours hostiles. La superficie du IVe arrondissement, dit 1'HOTEL DE VILLE, est de 156 hectares 50 ares; c'est une faible etendue de territoire, que seuls n'atteignent pas les II, et III, arrondissements. Chose etrange, sa population a diminue depuis quelques annees; apres avoir depasse 100,000 habitants, elle n'en comptait plus que 98,204 au recen sement de 1896. Cela a eu une repercussion sur la situation de la representation politique a Paris; pour la premiere fois, aux elections de mai 1898, les habitants n'ont eu qu'un depute a elire, au lieu de deux. Le quartier Saint-Merri constitue deux cantons d'aspect si heteroclite, qu',n a peine a s'expliquer que, si voisins, ils se ressemblent si peu. Entre la rue de Rivoli et la Seine, de 'air, de 'espace, de grandes voies, de belles maisons, de beaux monuments; au contraire, entre la rue de Rivoli et la rue de Rambuteau, un dedale de ruelles sombres, ou des rues plus larges et tres animees, telles que la rue Saint-Martin, la rue du Temple et celle des Archives font mieux encore ressortir l'etroitesse et la pauvrete des autres. Aux amateurs de pittoresque, cependant, nous recommanderons une excursion a travers les rues du Renard, Taille-Pain, Brise-Miche, de Venise, des Juges-Consuls; certes, ils en sortiront le caeur serre par la vue de tant de miseres, physiques et morales, se coudoyant avec l'lhonnetete des ateliers; du moins ils auront parcouru la plus ancienne region du Paris de la rive droite. C'est la, en effet, que, peu apres 'an mille, vinrent s'installer les Parisiens, trop a l'etroit autour de Notre-Dame; ils y constituerent une agglomeration assez dense pour qu'il fut besoin de la proteger par une enceinte contre les dangers du dehors; on n'a la-dessus que des donnees assez vagues, mais il est certain que cette cloture existait au milieu du xije siecle; partant du Chatelet, elle suivait a peu pres le trace des rues Saint-Merri et 4 PARIS-ATLAS.

Page  34 34 PARIS - ATLAS Sainte-Croix-de-la-Bretonnerlie, pour se tcrttiner <1a n Seine f + vers la place Baudoyer. Au surplus, beaucoup de ces rues ont conserv, l s il:noS ~&^ Js d'alors; pour ceux-la et pour cl'autres, plus Urcclmt:ns, qu d ques commentaires s'ont interessants. La ePtf..j.imovtn -lcf. ra porte evidemment un nom d'homme; il est: regrcet:llt:t: quo( f 'administration ait, depuis 1890, absorbe so.ts cetllt dt'uttnination la partie de la rue comprise entre a - le itA ruo ( in et Brise-Miche, nommee avant rue de Maubtiic, oi otl lae F:m R taine-Maubuee, nom expressif signifiant matvtlliso Icssivc.R, Notez qu'aujourd'hui encore, la fontaine existe a 'Fangle de la rue Saint-Martin, mais les menageres n'y lavent plus leur / ^ linge. A parcourir la mue de Venise, per- /:0: sonne ne songerait a fredonner, comme /:;:: f:. dans Haydee: (( Ah! que Venise est / /I belle! )) C'est une des ruelles les plus / / sordides d'un quartier qui en est si riche.;f i La rue des Etuves se nommait autrefois / rue des Vieilles-Etuves; il n'est pas eton- | i nant de rencontrer par la le souvenir de | ces etablissements qui eurent au moyen;: age la plus fAcheuse reputation. Telle la rue Simon-le-Franc, la rue Pierre-Az - lard porte le nom d'une vieille famille a parisienne; elles sont nommees dans la \ nomenclature rimee de Guillot, qui vi- \ vait au commencement du xiv" siecle. Dans le memem poeme figurent aussi les \ rues Saint-Bon (il y avait autrefois une chapelle sous ce vocable), et des Lnom-bards (des usuriers italiens y avaient leur residence), et Geoffroy-l'Angevin, - encore un nom d'homme-et du Cloztre- * Saint-Merri. La rue des Juges-Consuls, en LA TOUR SA depit de sa denomination archaique, TOR SA n'est, depuis 1844, qu'un demembrement de la precedente, ou avait ete fonde sous Charles IX le tribunal des Juges Consuls, origine de notre tribunal de commerce. Dans le nom du passage Pecquay, on aurait sans doute quelque peine a trouver une analogie avec le village du Plessis-Piquet, au dela de Sceaux. Tous deux cependant ont pour parrain un certain Jean de La Haye, dit Piquet, possesseur sous Charles VI d'une maison ici, de la seigneurie la-bas, et qui, bien que fort mal en cour aupres du dauphin Charles VII, n'en fut pas moins depossede de ses biens par le roi d'Angleterre Henri VI. Le percement du boulevard de Sebastopol a heureusement fait disparaitre ou raccourci bon nombre des rues fort peu elegantes qui allaient kI]*V <loi 1b tru:e S.I-.t iam-Alartin a la rue Saint-Denis; il en existe (eInco reXi: quolqus-unes cependant, et qui sont fort anciennes: X 1 lle|s te l te 4, A tiubry-le-Boucher, connue de Guillot, ainsi que la rue Troum 17Vw'achQ$, e qui a bien fait de changer son nom contre cohli tle ru1te de La Reynie, lieutenant general de police; en) Il, l.a. p1flus connue, la rue Quincampoix, fameuse par la *)bain }1qtjcu do(] 1,ztw oft tant de gens se ruinerent sous la Re-.cn ltC. Nous note lous faisons pas fort d'expliquer son nom, d1r u pito.ll.} a ptt icarde; il semble -mais ce n'est qu'une II Ii ipression: *I > que c'est celui d'une localite plutot que I ||| 1d'un homme. j 0 -^ ~Saint-Merri est un joyau d'archiSS i ^\S tecture enchasse dans ce triste ecrin. Ig | I: \ \Des le viv siecle, une chapelle existait j | x:\ 1 la, au bord de I'ancienne voie romaine; | ||!.$^\ \ le saint qui lui donna son nom en fit ijki r j: <;; \ un oratoire, et lorsqu'il mourut, vers F\an 7700, il y fut inhume. Deux 6glises \ furent successivement construites sur \ lemplacement de ce modeste oratoire, puis disparurent; celle que nous avons sous les yeux en est une troisieme; iIle date du1 xve siecle, c'est-a-dire de Ila derniere 6poque brillante de notre: / architectulre religieuse. Le porntail est / charmant, avec tous ses details de sculpl/ ture, si fins, si acheves; malheureusement, de lamentables cahlutes se pres/ sent contre lui; de meme, les faSades laterales sont en grande partie, cachees _ par des constructions parasites. Lorsque / -l'lleure selra venue d'aerer, d'assainir Y ce quartier, nous comptons bien que.: 9 phatL Neurdeina. le degagement de ce joli edifice enNT-JACQUES. trera pour beaucoup dans les plans qui seront prepares. L'evasement de la rue Saint-Martin en est la premiere amorce et l'esperance. Il est regrettable qu'on ne l'ait pas pousse jusque devant le portail Saint-Merri. Nous voici en face de la Tour Saint-Jacques. 11 n'est peut-etre pas, dans toute la ville, d'endroit ou l'ancien Paris et le Paris moderne se rapprochent dans un plus heureux alliage. A force d'y passer, nous n'y faisons plus attention, nous sommes blases; pour les etrangers, ce doit etre un emerveillement. La Tour Saint-Jacques est le seul vestige conserve' d'une eglise de Saint-Jacques-la-Boucherie datant de l'epoque carolingienne, plusieurs fois reconstruite, et en dernier lieu tout a la fin du xv" siecle. On salt avec precision que la tour, commencee en 1508, fut achevee en 1522; voila done un edifice a date precise comme disent les archeologues, et a peu pres contemporain de son voisin Saint-Merri. Le nom.xxw. WiANlAl................. Ade son architecte n'est pas ffff~ffff~fffffi~iE: "::::f~j~ffi::;: ff:S C000000 0::car il serait h on ore co m m e -jA j | xcelui d'un homme de go.t, leusement sauvee esn 170, ocar3il serait hnr comme _: ielui d'un homme de gou't, z:3:tour fut. presque miracu-ie ~E~i~i~' eusement sauveg~de en 17 a0, ~I~P~ lorsque Fe'glicose 'a laquell;:::.La elle attenait ut dum e et0 ~c-i~~~ss espi e e plus tard, puisque, esp-rit de Facqu2rir en 1836 ~~j et let remaniement du plan,:i'"~"~el 1853, la respI!ecta de i~iime'me. On fit mieux, Oi ~g;..iiiiiii;::ii~~i':~iiiiia-~iii~i~itnir~-la~I restaura, on la conso~I lida et on F'entoura d'un::::::~';:::::-::i:-::square de 6i,015 mieltres ca~r~8~i res) ~ qui est le plus ancien iiir des squares parisiens, et iB '~i~If Fun des plus jolis aussi, Pho. Nurdin. sinon des mieufxt fre'quenPhot. Neurdein t6s; manis c'est, helas! le LE PONT A.U CHANGE ET LE THEATRE SARA]

Page  35 QUATRIEME ARRONDISSEMENT L'HOTEL DE VILLE ET LE PONT D'ARCOLE. jsort de presq:ue IP "^ ^"X'^^-f^^ ^ commemora-tionl III0000 ^^^.^.,>-< des fameuses extous periences squfaies i g~ Dans la baie quadrangulaire (mopar Pascal, au somme de la tour, sur la pesateur de rne)air. Certai'entres esprits, qui veulent toujours tout remettre e questiol, leavaient preuestendu que ces experiences avaiet eu lieu sur la tour de Saitune statue de Jacques-du-Haut-Pas, situee, il est vrai, lbeaucoup plus haut, mais on Blaleur a oppose le texte formel de Pascal lui-meme: Je fise 'experinceal par velier.ordinaire du vuide au hau et au as de la tour de Sait-Jacquest la-decommemo n oratio o la-Boucheri tedesde 24 a 2o toises... exLa tradition de Pascal s'est perpetuee par l'observatoire meteorolop~riences faites argique municipal instae a haut de la tour, ur la pesanteur de.'air. Certins esprits, qui veulent toujourlas touFlamel et remettre dame Pernelle, avsafemme, est conlsacre par la denlomination cle deux rues voisinles. Ils vivaienlt au commtendu que cement du expv siences avaient eu lieu Su ecrivain tour de USaiverJacues-du-Hie, alcimiste convaincu, et e qui peut paraitre un peu contradic-s leur a opposbi le tefaixtur de 'huformel dite. Nous avons signalme Je (IIIe arrondisse-nce ment, p. 32) la maison de la rue de Montmorency, donnee par lu; aux ordinaiuvres; du vuide as hat et u as de la tour de Saint-Jacques-e-la-Boucherie fut aussi 'objet de nomlbreux bienfaits de sa part. I1 possedait d'ailleurs plusieurs maisonls la-TPaucheris; el voici une 24preuve, ecore ineite, tiree d'un carton des Archives nationlales: c'est le bail, fait le 29 janvier 111, par ~( Nicolas Flamel, escripvain, demourauht a Paris les Saint Jacques de la Bou cherie, a Colinl Herbelot, marclhandc de vinl demourant a Paris devant lostel qui fut feu monseigneur le luc d'Orleans, et qui a preset est auoduc de Hollasde en la rue de la Pote me-Saint-Pol...r), cunde maison sise das lacite rue de la Poterene, aqioutissant par cerriere aux murs des jardins de 1'1otel des Beguinles. Cette rue se nlomme maintelanlt rue de Jouy et appartient aussi au IVN arvonsdisseme-t. En souvenir de la visite faite par la reine t'Augleterre a 1HBtel de ville, le 23 aout 185d, le boulevart. de l'Hodtel-de-Ville, perce l'annee pricedente, prit le nom p'avenue Victorie, jolie voie, bien batie, bordee d'arbres, mais qui, malheureusement, se tersine en impasse, ou a peu pres. A langle qu'elle forme avec le dboulevards cle Sebastopol a ete construit, en2 1862, par blarchitecte Davioud, pour le compte de la Ville, le Theatre Sarah-Bernhardt, qui a eu des fortunes bien diverses, parmi lesquelles l'honneur d'avoir fourni aux grandes aeuvres de Gounod leur scene de debut. II periclitait quelque peu, sous le nom de theatre des Nations, quand l'incendie de l'Opera-Comique lui valut le nouvel honneur d'etre, pendant onze ans, de 1887 a 1898, notre second theatre de musique. II est aujourd'hui sous les auspices de l'artiste dont il porte le nom. Hotel de ville. - Apres avoir eu son siege dans differents quartiers de la ville, a la vallee de Misere, sur la montagne Sainte-Genevieve, pres du grand Chatelet, le (( Parloir aux bourgeois )) vint se fixer, en 1357, dans la Maison aux Piliers de la place de Greve, dont Charles V avait herite des derniers dauphins de Yiennois, et que Etienne Marcel, prevot des marchands, lul 'acheta, umini peustratimalgr luiENTREE DE LEpourLISE SAINT-ERRI. mla Ville, avec SO (RUE 1E A VERRERIE.) de 2,800 livres parisis. 11 k~ait t:li~iiii; ~ i-~i-ii imp gossible de choisir un meil

Page  36 36 PARIS - ATLAS chef comme pre'volt E des m archands, /.......-*;....... disputant de's..........| comose...pu-\............................ sie u l~~ ~~ ~~~~~ ~....it..........00000000000000000000000............. au deci'tde la- costucin.'ue.aso.;-...l i de vile dgne e Pars, e FlacooisI~r-r~rrffffffffffffffft00;0........................|; Sr lecnor s, pourl'egu6 in d 'u n..-Sg:t;ig;i.-..... r o y a l, le 1 5 jlt13. Dindsue...2.......... p ovotide.....................d.. oi. < - enfinen 160, termne ce rand auvre.... _ Encore allut-l qu'i y contilb.. i, pO.. une bnne prt, d sesproprs deners;....AS.T.AT.U.ED.'. Biaerd au-desu la la.................. nt central. conseve- diepusace/tt parti.... l'dfie.ui le.lmn picpl celui~~~~~~~~~~......... quavi.eapitlrnosMrn 'vi a aiddaet Dire les Wvenemenlts dont le palais municipal fut le thealtre, ce serait faire ici nonl pas seulement l'histoire de Paris, mais celle de la France memem: son role sous E tienne Marcel, puis pendant la Ligue, avec les Seize, puis sous la Fronde, lorsque Mlle de Montpensier y venait prendre le mot d'ordre qui, a l'aide du canon de la Bastille, sauva Conde; le banquet offert par le corps de ville, en 1686, a Louis XIV, et l'erection de sa statue, cuvre de Coysevox, dans l'une des cours, le 14 juillet 1689, en souvenir de ce banquet. Et cent ans plus tard, jour pour jour: le matin, les armes, la poucre fournies par l'Hotel de ville pour l'attaque de la Bastille, le soir les sanglants resu ta-ts de la victoire, la telte de de Launay apport~e aul bout d'une pictue,........00..:i. A::et peu apres le meurtre de Flesselles, et....... 0000: 0 00000000000 i e surle..demain la visite de Louis XVI...... Rappelons les orages qui y gloni ern gcfitf: f:; 1111' g fpendant les assemblees revolutionnaires - |VA i - - -i yde la Commune de Paris, Robespierre P qui y cherch~e vainement un asile, le 9 thermidor, et est recuit, sans y reussir idavantage, a, se donner la mort;. Et etoutes =i:.i:4 Au57: le revoluions dulie cie'clesaastre las ou S ~ ~ ~ ~ ~~~-hac de0-^- - 0; vor ulc d'ecidrent qu'le de Cairlesa> -: pare. Un arreate prfctombat clu la pulac _ det 187 48, l programme casse alus etcor aussi callee duivlt l'rm lep esmbre. esi 188)iot detsuenesaires ploiuxrasonuexe'IENNE ARCELeUtiell, et' 'les deu Parcisetavaont euala6 joe dsmevore pasur oeuvreu aceves caerBall ciiest mort en risient Deetous ens 1898 rapplle l'ule fgon rap a mm es panvet l'sec mouentrld lu-irieme eclifce: Ul lage baimen c lende ccmpagnde cle qusatre, les pou-s deur. A vri dire,6l Unet arcietral nerfesctrle duer q3uedan les aocdeset es biti elts vso des orsniler Mi aue31 jn'otien de reaqale-lfu I'elcal itere charmants. escaliers eoxn tou-s elle, iite deceu cl Clprlojdets surouti a jry, m eluicder Blaist atten-tiv des sallessclirees pordontl dex— IENN;-E<{5<.> MACE.>-+-ww cortion artilstique, aconiete anos meil-a Dans~f so e;:0000000000000f0000fisemble,000000000f00000{ ua del le veut uncia, de style clePaissaneut rappelle:fW0; i:0:; 0 000:t;00::un fa00on frappant le paniset por asc munificence, Iavecles 6i:00;:0:E:000j0;ffice 00000:0j00j0200;:0:0;:;0;:000| gulr e batm n e urdn13mtres; ccpa n e le quitr pavleo deur.:0 A0000 vra dire, labeaut ariect jusurlaerueideivoletle que ai, les: fa:ades: et000000i:000 les W0tients vus0:0000000000 des 80 ouleres ln~feurmies Wont haut de elles,00000f:00000:~::000:000000::00000:::~1 im ts ece xd Ch mb r et sres. t U eh ureusem idee la eteite _ - 1 Sleurgs artistes, sedrci Staqup ce ann7_ d' luvrne son fi-elles. On faut a m lltio uer Earqueste, dans les jardins du prefet (facade sur la Seine). La place de I'Mi~el-de-Ville n'est ains'i nomm~e que depuis 1806; avant, c'kanit la place de Gre've, fameuse entre toutes dan's I'histoire de Paris, v~ritazble vestibule de, HO '' tel de ville, les jours de grandes emotions. C'est aussi le lieu ou ad, feglise Notre-Damllc.) chaque annle, le 24 juin, les magistrats AT LA PLACE DE L'HOTEL DE VILLE. (A gauche, l'Hotel de ville; au for

Page  37 QUATRIEME ARROND1SSEMENT 37 r-.. --- —- I ---..........-.....-..... muniipaux al E m~sxxs................................................... Vi X:_:i......:.XHXA@ ~VmA................ mncpu l lll.l|llllllllll| lum aient le feu.....................'.... ixi0 l d e la S ain t-Jean, - llllllllllllllllllllilllllllillllll ru la ifc, e c a rte - -;lll|| llllllll g ~~~lll|! i il; l;;l^ laitles criminels.................t 1' '; lP C 'Sft X'vuilac, a Brin II ~l -1 =s;gadjuprm v'ers....... l... ' R qoul e m a rn L'HO~~~TEL ESNS..anmlt, clce lau.........Br vill.iders specta. u peu depiteerde n'aoirvuqu'necorett. ( Jmas, litele, l eis'est vuetntue mdn ai ieu is atenif.^^ Aujourcl'hui, ce vas purcote epace municip.. la plus belle l e de seslannales aura e antr...............S E S...*. n la rcepto~l l'olelcle illeclel'emereu et e limperatic etu......... lei 7leoae{9. 'sgp u ls o vir a s travai eld s'y ruoir, cle sue corettre e g~ve naast p -lus, qu'un souenir. an d DevantsevlHrtel de dvilleur, lbegcela Sein solenescel en pnteu douacte jusu'iial; flaeples belle jusife bien les nomle aurev clonn auntrefois a la a vonir, de st l reMail, marcev aux plus aux pouveir.e que fai tievaSccint tel vai, vle, lamient d lale aei 'Oesetd les rest obuce clesqa Archives a l'Etles ruestii cln ene Ture dnne etSantPal.Leglise Saintplace riv e e uaie el'eexistaitpa enoe; il d auns soin eitatoactuel a v...c'est unIbel efice d e aux remaes a lau in ui se DiaPauuquel Saoous deBose (et nonJacqupes comm on sans sie longeIemail cru) ajout qle portail vesrmicul dont Louits XII avit os armir pierre, le 24 juillet que etquifutateraeminen en cinqaens. Auxs d'aue lesrcnivers, sielst les amrait for uette faet quint-Pul.selseSit levaisse aujourivilagez fred Jail s'ecrie: la p Cest Crtes, su un riv-lceve dtt d'_architectuel esauquel, pour men serion0 0 eta atul,00 d.es. t mere d'un auteur ceebre( deVanie ila le du x siulcle, manque qu'umne plae Bos(et des adiateurs. comamlae oPa s; ig longtemps0f ecreu e ajUll peI e tortaiversicl esdt vraumis XIII admi- pos la000 premiere0 0X; X; drateurs nesiele nt pasdiri for etre facadtoi.e qui nous:00t t 0 manque,....nrvnhcetc ii..... SitG rasu rm ni 000 ka~ 0it;:0 ti (tose ujoursd'hui asse ri Jaillot),su leq el ri au moe ages l_00000 —0 sernclait la justie lacalte. One souhaelporai l'y voir |^S0;.<000 desl e erm doyaultneurale temoin des Voltaiemps pases c mai man'yaque ci n quen plac rue des admirateurs ~La etae a |I soumisne al'alignement dans le e e arrondisment. q Avanqu, ell sevanchemosat d'ue serie de rues lteroits | ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ pio quiai ausu eprai tgn avtepbiu > encore ~ ~ ~ ~ ~ ~ grn jouryant vevaleers dstms ass II ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ q atre aers et i n u are e^Acie t et tortueuses, dites des Deux-Por-tes, des Billettes, de l _.Homme-Arme, du Chaume. Au i6 siecle, trois cou- | vents d'hommes furent fondes dans ce canton: celui de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, circonscrit entre la ^:: rue de ce nom et celle du Platre; il n'en reste plus.......... trace aujourd'hui; celui des Carmes Billettes, construit en 1299 sur l'emplacement de la maison ou un juif avait fait bouillir une hostie consacree: ~ la maison ou Dieu fust bouillis)), dont a subsiste un charmant petit cloitre du xve siecle e t une eglise mediocre datant de 1756, devenue temple pro Lestan L; enfin, celui des Blancs-Manteaux, Ces derniers s'y installerent en 12o8, sous le nom de serfs de la Vierge. Les Blancs-Manteaux disparurent peu apres. Dans leur maison deserte vint se fixer, au siecle suivant, la communaute des Guillemites installes jusque-la a Montrouge. Ces religieux avaient des manteaux noirs, mais FACADE DE L'EGLISE SAINT-GERVAIS. le premier surnom prevalut. Vers 1618, la regle benedictine leur fut appliquee, et vers la fin de 'ancien regime, quelques-uns d'entre eux illustrerent le monastere par leur erudition. Leur eglise, reconstruite peu apres cette reforme, est restee paroissiale. Quant aux batiments conventuels alienes en 'an V, ils furent demolis et sur leur emplacement s'eleva le Mont-de-piete, institution dont la prosperite justifie le but, bien qu'elle ne soit que la substitution de l'acdministration aux particuliers dans l'operation du pret sur gages ou sur titres, et qu'elle n'y ait pas perdu tout caractere usuraire. En 1878, la construction de bitiments nouveaux sur le cote Ouest de l'edifice amena la mise au jour d'une tour de l'enceinte de PhilippeAuguste, que l'on savait d'ailleurs avoir existe sur ce point. Les tours qui flanquaient cette enceinte etaient carrees; la forme de celle qu'on a retrouvee la ne le laisserait guere supposer, car elle est cylindrique; c'est que, par la suite des temps, cette fortification n'ayant plus d'utilite pratique avait ete englobee dans des maisons particulieres et modifiee suivant les besoins. La prefecture de la Seine, dont releve le Mont-de-piete, n'en a pas moins eu grand raison d'honorer d'une restauration ce respectable debris du xiii" siecle. A signaler enfin, rue des Archives, 40, l'ecole de filles en ce qu'elle occupe les locaux de l'ancienne mairie du IVe (autrefois VIIe) arrondissement. Comme son nom l'indique, la rue du Bour-Tibourg traversait jadis un LA CASERNE NAPOLEON, DERRIERE L'HOTEL DE VILLE. PARIS-A TLAS 4.

Page  38 38 PARIS - ATLAS bourg, lire: groupe de maisons, appartenant a un nomme Thibaud, (( buryus Tlhibaudi )>; c'est un tres vieux quartier, qui a son debouche sur la place Baudoyer, plus ancienne encore. On a epilogue sur ce nom de Baudoyer, sans arriver a la certitude. L'enceinte attribuee a Louis VlI s'ouvrait la par une porte que des textes contemporains appellent (( porte Baudaier )). Cerlains rattachent ce nom au camplll des Bagaudes, sur F'emplacement duquel l'abbaye de Saint-Maur passe pour avoir ete construite (notez que c'etait lah le chemin die Saint-Maur), d'autres historiens invoquent un personnage, Baldccharius. cite comme defensor de Paris en,00. Done, le probleme n'est pas resolu. Depuis la construction, en 1861, de la caserne Napoleon et de la mairie du IV- arrondissement (Bailly, architecte), la place Baudoyer a bien perdu de son aspect d'antan; seul le fond reste pittoresque, avec les maisons XViiie siecle (le la rue Fraincois-Alilron, juchees sur un trottoir haut de dix marches, clomin es parL le clocher de,dX.AYAY..^. Saint-Gervais. La rue de Rivoli n'a pas toujours exist.. 11 y a cinquante ans, la grande route allant vers FEst avait soen origine a por fodeBeuvis Saint-Gervais par la rue baiset 'halge partir d clapi cet ns ui s usried 'nul~ place Baudoyer, commeneait la rue SaintLarrue le ompri e dnoi s avcientne prluo' des We c marchande so le nom a dh e - uedel DE J 'a ve 'ho 6tel de villeien 1606 'a a patie 16dpa cetoieLpur pu ed eavi.I s bien comprie, hentr! epi cet n.q...sta.sric d inulr Saitperveaveio eced clnae as et lajetruees da rues maien sonIi texistiaux scl.EldotonomaFt quyanciennes La plus rbes eJ-.Nu aosv lshu p o cetoniene 1669s par Antoinde LeateuorMe de BePtre-an-auvai. Jus1 est,F fin du xviie sie'cle, FONTAINE D'ORIESSON. fn du XIle secle c'etait le seul chemin pour aller du pont IMarie 'ala rue chands il devint on la te te Foercy. par la rue des tW,~ ~ ~ ~ I 3F\t'i0X2g2|t:.i:.''000','.. doit ce joli nom ai la maison qu'y posse@. S 2 F F;., 0000ii^Z;000, 0',' 10 daient les religieuses (nonnainls, en vieux francais) de ab aye d'Yeres, au dela de la.ai,, i fs 0:. ii enn a sisgnlaler sur la torlcue use lee Suii^ I000000000000.0..........av{ e l'Fotel-de-Ville, sinll Sonso etroitesse, un acde des Arles rues du Paon-Bla c t hive la Masure, qui (S. 31172) 6~tabliL la relient au quai; il n'en 88est pas de SENAcuL. moins larges a Paris.esta enUne surprise-ieu que cela rue de Jouymerveille nous attend a celangle des rues e Hotel-e-Vile et du igier-Saint-Paul: h otel de Sens. s sontesi rares, maintenant, les monuments civils qui peuvent evoquer le Paris anterieur au XV siecle: la tour de Jean sans Peur, la porte de hpourtel Clisson, l'hotel de C1UnY, l'hotel de Sens -et c'est tout. Celui-ci, si on en croit inscription apposee sur sa facade par la unicipalie aurait ete bti vers 1500 par les ordres de ristan de o niSalazarniarcheveque de Sens. A le regarer de pres, nous avons peine ai voil la un logis construit a l'extreme fin du xvq siecle, Qu'on le compare precisement a Cluny, qui est de;' *.^; - --- ce temps-la, il est visible que linfluence de la ReGnaissance francaise apparait dans celui-ci, et aulfft00000000V^f00:0i^i00000000; 0pir lement a l'hotel de Sens, qui estr un specimen ^l:,:^^^ 0.^y^: 00000003 parfait de l'architecture du moyela aege Fo issant, ^ig0000000f0-0t0it;0000t0000000 l::^^'^/::':0;; ' mais encore du moyen alge. Au surplus, Tr istanl de ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ I Salazar fut archeveque de Sens des 147dY. One peut |^^^^^^^^^^^000000XS:000 0;;EVX:0000 acdmettre qu'aussitot nomlme, il ordonna la conf 0 ii 0!f-09; s huction e son hote l p arisie n * de la cette haute 11 Jbaii ogivale, ces charmlanles tourelles en encorlbeld lement, ces escaliers en vis qui donnent tant de sa1 veur a la construction, mais qu'uFb arcYitecte de 1d00 aurait juges archlaiques. L'important est que Ie B 1 joya reste intact: il appartient a l'art, bien plus XI ll encore qu'a ses proprietaires. deux pas cle la, le passage Carslemaone, compose des cours accolees de deux maisons qui separent la _ue Charlemagse de la rue Saint-Antoine, ofMre la vue d'un joli corps de logis du commencement du i rxvin siecle, maladroitement ceadigeonne il y a quer Bques annees; c'est Fhotel des Prevots, qu'habiterent plusieurs prev6ts de Paris, durant le xve et une partie du xvie siecle. Quant a la rue du PrEvot, toute voisine, son nom est moderne; on peut lire encore sur sa maison d'angle avec la rue SaintAntoine 'inscription gravee sur la pierre: RUE PERCEE; mais l'hotel des Marmousets, qui appartint a Hugues Aubriot, prevot de Paris, y etait situe. Une longue et sombre allee, s'ouvrant a droite de la facade de l'eglise Saint-Paul-Saint-Louis constitue LA CASERNE DES CtLESTINS. (Garde republicaine.)

Page  39 QUATRIEME ARRONDISSEMIENT 39 SQUARE DE LA PLACE DES VOSGES. UNE DES FACADES DE LA PLACE DES VOSGES. 1'entrlee du lycee Charlemagne, installe, depuis 1804, dans les bactiments restaures en granle partlie de la maison professe cles jesuites. Cette allee a un caractere archeologique; elle represente le trace de F'enceinte de Philippe-Auguste. Elle avTait ete fondee en 1580. Son eglise, maintenant paroisse sous le nom de Saint-Paul-Saint-Louis, fut conslruite de 16;27 a 1641 sur les plans du P. Martellange, architecte des jesuites. L'edifice, a l'interieur, ne manque pas de majeste, mais sa faacade porte le cacliet de ce style dit jesuite que nous ne pouvons nous resigner ai trouver beau. Elle offre cette particularite d'avoir au-dessous de la grande horloge un cadran, lumineux la nuit, oi l'indication de 'heure, donnte en chiffres romains, se complete pour chaque minute, marquee en chiffres arabes. Cette eglise contien-t encore les inscriptions funeraires de personnages illustres qui y furent inhumes. Les deux benitiers places a l'entree de la nef passent pour avoir ete donnes par Victor Hugo, lors du bapteme de son premier fils, ne place des Vosges. C'est en 1802 que le service paroissial fut transfere dans F'ancienne eglise des jesuites, pour remplacer l'eglise Saint-Paul, dont nous parlons plus bas. Quant a la maison professe, des 1768, elle etait devenue le siege du prieure de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers, situ6 de l'autre cote de la rue Saint-Antoine. Il e reste plus rien, que le souvenir, de ce prieure d'hommes, -fn~e6 en 1229 par les sergents d'armes de Philippe-Auguste en accomplissement du vceu qu'ils avaient forme pendant la bataille de Bouvines - quinze ans avant - si la victoirC leur restait. La fondation prospera, car jusqu'al la Revolution, le prieure eut toujours des revenus bien superieurs a ses charges. Des le xvie siecle, il avait aliene une partie des terrains de son richcl enclos, la culture Sainte-Catherhie dont la rue de Sevigne a si longtemps porte le nom; au siecle suivant, il vendit le reste, lorsque la mode et le bel air se fixerent au Marais. A leur tour, les baitiments monastiques furent.;acbetes par le roi en 1767, au prix de 400,000 livres pour I'etablisscment d'un marche qui ne fut acheve qu'en 1783. G'est le petit et vieillot marche Sainte-Catherine. On dlonna aux rues adjacentes les noms des personnages qui avaient traite cette operation: Alexancdre de Tarente etait alors prieur de SainteCatherine; Necker, ministre; d'0rnesson, controleur des finances; Caron maitre des batim-ients du roi. De I'autre cote de la rue de Sevigne, la caserne des sapeurs-pompiers occupe une partie de lemplacement d'une prison, la Force, etablie dans 1hotelc des dues de La Force en 1780. Le nom s'appliquait bien a la destination. Pendant la Terreur, la Force recut un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels la mallieureuse princesse de Lam- _... balle. Une ordonnance royale de 1840 decida la translation de cette sinistre geole dans un batiment a construire en bordure du boulevard Mazas, et la nuit du 19 au 20 mai 1850 suffit a transporter de la Force a la Nouvelle-Force (Mazas) les 840 detenus qui y etaient gardes. La rue Malher a ete ouverte sur l'etroite rue des Ballets Ol' etait l'entree de la prison, et des maisons de rapport s'y SOnt proniptement btiies. Un mur de la Force est encore debout, cependant. Sa hauteur fait frelllir; elle n'empecha pas, neanmoins, un prisonnier de reconquerir la liberte en 1840; Victor Hugo a dramatist cette evasion dans un des plus beaux chapitres des Miserables. Le mur de Philippe-Auguste s- palraitjadis l'ancien hotel de La Force de celui que l'on nonlle aujourd'hui hotel Lamoignon. A ses vastes jarclins ont succeMde des maisons de rapport, mais il en reste une tres belle facade (a 'angle des rues Pavee et des Francs-Bourgeois). I1 avait etle construit pour Diane de France, (( seur lIgitimte des rois, duchesse dc'Angouleme )), au commencement du xvw- siecle. Plus tard, il appartint a la famille Lamoignon, dont il a garde le nom; aujourd'hui, l'industrie se le partage, mais en le respectant. Presque rien a dire du patt de maisons circonscrit par les rues Pavee a l'Est, Vieille-du-Temple a l'Ouest. Il etait bati des le xIIl siecle, ainsi que I'attestent les mentions que l'on trouve a cette epoque de la plupart de ses rues: la rue duZ Roi-dc-Sicile doit son nom a l'hotel de Charles d'Anjou, frere de saint Louis, precisement l'Fhotel qui passa aux dues de La Force; la rue des Ecouffes existait en 1233; son nom signife sans doute etoffes; la rlei des Juifs est moins ancienne, du moins sous ce nom, mais une tradition bien ancienne et qui se ve rifie encore actuellement en faisait une residence plus specialement affectee aux juifs; la rue des Hosiers, moins jolie cque son nom, est aussi contemporaine de saint Louis. LA COUR DE L'IIOTEL SULLY.

Page  40 40 PARIS - ATLAS _ __ _ _ __ _ _ I I _ Le marche des Blancs-Manteaux, qui s'ouvre sur la rue Vieilledu-TempIe, est mal nomme; il devrait s'appeler marche Saint-Anastase ou des Filles-Saint-Gervras, puisqu'il a et' construit (en 1813) sur lemplacement d'un liopital fondie au xiie siecle sous ce double vocable. Vis-a-vis, l'hotel portant le n0 47 merite une mention tres honorable pour son portail; il a ete construit en 1638 par Cotlard et fut longtemps la residence des ambassadeurs hollandais. Quartier de i'Arsenal. - Les rues Saint-Paul et de Turenne forment la limite Ouest du quartier de I'Arsenal, qui constitue la partie la plus orientale du IVe arrondissement. La rue Saint-Antoine le separe inegalement en deux regions, dont celle du Sud s'etendant jusqu'a la Seine est la plus vaste. Occupons-nous-en tout d'abord. I1 s'y trouvait, des le xnie siecle, une agglomeration constituee en paroisse sous le vocable de saint Paul; 'enceinte de Philippe-Auguste ne 'engloba pas dans Paris; son territoire, plus vaste qu'habite, s'etendait au loin dans la campagne jusqu'a mi-cote de Charonne, car ce n'est que beaucoup plus tard que fut fondee la paroisse de Sainte-Marguerite. A droite de la rue Saint-Paul, du cote de l'Est, s'etaient construits au milieu du xiv" siecle plusieurs hotels ou logis entoures de grands jardins, ceux clu comte d'Etampes, de 'abbe de Saint-Maur, d'autres encore. De 136'4 a 1368, Charles V les acheta tous pour en faire ce qu'il appela lui-meme (( l'ostel de Saint-Pol, hostel solennel et de granz esbatemens )). Le Palais de la Cite ne lui plaisait plus, depuis les troubles qui y avaient fait couler le sang quelques annees auparavant; le Louvre n'etait pas M::::: ci:i i::::::-:::l i. Phot. Neurdein. VUE DE NOTRE-DAME, CATHEDRALE DE PARIS. encore en etat. Charles V, qui fut un sage, habita le plus souvent son manoir de Saint-Paul, pour lequel il fit de grands frais: menagerie, jardins, fontaines. Apres lui, Charles VI y cacha sa trisle folie: c'est ta Saint-Paul qu'eut lieu cette fameuse mascarade ou plusieurs seigneurs brulerent tout vifs dans les etoupes dont elait fait leur deguisement; la aussi que le roi lui-mieme mourut le 21 octobre 1422. Les rois qui suivirent frequenterent de moins en moins l'holtel, dont Francois Ie"r consomma la ruine en le lotissant, comme on dirait aujourd'hui; seuls, des noms de rues bien caracteristiques rappellent les esbatemens de Charles V: rue de la Ccrisaie, rue des Lions, rute Beaulreillis. Quant a l'eglise Saint-Paul, le depart de ses royaux paroissiens ne l'empe'cha pas.de gagner a chaque siecle en importance, et, a la veille de la Revolution, elle comptait parmi les principales de Paris; mais sa caducite elait extreme et on prefera la demolir; nous avons vu qu'elle fut remplacee, comme paroisse, par Saint-Paul-Saint-Louis; le passage SaintPie1rre a ete fait avec une partie de ses voutes; au point ou il debouche sur la rue Saint-Antoine, une haute facade subsiste qui etait une entr6e de 'eglise, ouverte en 1636 par autorisation du roi. La rue dzu Petit-Mausc relie le quai des Celestins a la rue Saint-Antoine. L'emplacement en etait jadis occupe par une voirie et un champ a platre. A son origine, elle ne fut pas comprise dans l'enceinte de Philippe-Auguste. Tout pres de la rue du Petit-Musc, Charles V foncla le monastere 'des Celestins, sur 'emplacement d'un ancien convent des Canrmes, les Carmes barres, qui datait de saint Louis. Tous les anciens guides de Paris celebrent avec raison les richesses de ce monastere, la beaute de son cloitre, de ses chapelles, des sepultures qu'elles renfermaient. Apres la Revolution, on en lit une caserne de gendarmerie; il 'est reste, mais le percement du boulevard HenrilV, en 1877, en a coupe lenclos en deux; d'une caserne on en a fait deux; celle qui s'eleve a droite du boulevard est toute neuve et peut passer pour modele du genre massif; la pierre n'y a pas ete menagee. Quelle difference avec ce qui reste de la jolie facade de l'hotel Fieubet, a l'autre angle de la rue du Petit-Musc! C'est un des meilleurs specimens de I'architecture de la Renaissance a son declin. Malheureusement, des restaurations plutot maladroites l'ont reduit a une simple facade qu'ecrasent les pavillons en avant-corps. Ne quittons pas le quai des Celcstins sans signaler en aval, au n~ 32, 'inscription constatant qu'en ce lieu s'elevait (( le jeu de paume de la Croix-Noire, ou Moliere et la troupe de l'Illlstre Thieatre jouerent en 1645,7 et, au no 28, a Fangle de la rue des Jardins, celle qui

Page  41 QUATRIEME ARRONDISSEMENT 41 affirme- que Rabelais est nort 'Ii ||1 flli xXilllli dans une m aison de cette rue, le le:00000000lf:::!:-i::::::: -i:::: —:::i::::::_:_::0!: 00 9avril 1553. *,1ll Sur le terre-plein qui precee 'del Ie pont Sully, ont etW restaurees * i^ ^^^^^^^^^ en 1899 les assises de la tour de I -li;:^ la Liberte, l'une de celles de la illi1: -;!!5 Bastille que les travaux du Metropolitain ont permis de mettre au 1W jour rue Saint-Antoine, devant la statue de Beaum archais............... En aval, de Fautre cote du boulevard Henri IV, la physionomie du quartier est toute sp6 -ciale; c'est, a proprenent parler, Fancien Arsenal, cr6e par Francois IJ' et dont les incendies de 1871 n'ont rien laiss, n1on plus qu d Grenier d'abondance sonil Seul, lPholtel des grands ualitres de 1 artLillerie, construit au commencement du xviie siecle pour FACE LATERALE ET A Sully, augmente cent ans apres par Boffrand d'une facade sur la Seine, est reste debout; il est occupe par la bibliotheque de l'Arsenal, dont le premier noyau fut-constilue par les collections successives du marquis de Paulmy, du comte d'Artois, du due de La Valliere, et pe]endant la Revolution, en 1 X97, par le fonds si important des archives de la Bastille et de la lieutenance generale de police. Depuis, le depot legal et les acquisitions l'enrichissent chaque jour; plusieurs de ses conservateurs ont eu (pour ne parler que des morts) un nom illustre dans les lettres: Nodier, Paul. Lacroix, Louis Ulbach, Edouard Thierry. Jusqu'en 1814, 1'espace compris entre le boulevard Morland, et le quai Henri IV etait une fle, File Louvier, occupee par des chantiers de bois, et que lon reunit a la terre ferme a cette epoque en comblant le bras qui la separait de la rive droite. La s'elevent aujourd'hui des batiments muinicipaux ou departementaux * les magasins du materiel de la ville, une caserne de la garde republicaine, et enfin le precieuX dcepot des Archives de la Seine, ou de zeles fonctionnaires reconstituent, au prix de quel labeur! les tresors incomparables pour Fhistoire qui perirent avec 'Hotel de ville en 1871. Les boulevards Mor ~|:0:'.......:....b..Vl land.g.. et i Bourdon portent les nom s.i,,, UQiIiiii_........ d'officiers superieurs qui furent -ijljl -:i:-:::::i::i-:i::-:::-i iiliii~li- tu~s 'a A usterlitz. il- lllil;llilllllllllli:lllll lllill0 La place de la Bastille apparj: 'it000'S itSSSSS tSt::E:'::JE::-:E:::::::iEC::'V:iV000000000000000:-:::: f:: iiiii:iE::f:;'S000000000000000 00z0:::E~:SRE::::0S'0f 1^ i tient pour une partie au IV 3 arl i rondissement. II pourrait done....... convener dle parler ici de la cc~ >::: 'i l bre folteresse et de la colonnl e de Juillet qui ne la rappelle en rien; nous reservons pour le XI arrondissement ce que nous t~:::i a, ~ vons h endire. Suivons doie]c nle Sain~t-Antoinee do~nt le trac6 tortueux (plus autrefois que maintenant) avait etW malicieusement pr'evu pour eviter que le canon *.^. i:^:^ i::.*..^.:.:;:.^. ^ i ~~~;^.'^:: de la Bastille put la balayer. A jie statue de Beaumarchais, ^~f^..^ ^ i piedestal. L'inscription est sobre: Pnoi. ieurueil. 1 SI1)E DE NOTRE-DAE. A P.-A. CARON DE BEAUAIARCIIAIS. L'illustre ecrivain est bien campe, dans une pose un peu hautaine peut-etre, qu'accentue encore le geste de la canne qu'il tient a la main. Un peu plus bas, a gauche, le temple Sainte-Marie, eglise protestante, construite par Mansard pour le couvent qu'avaient fonde, vers 1630, les religieuses de la Visitation Sainte-AMarie. - De l'autre cote, au n~ 143, la grandiose faacade de l'hotel de Sully, dont 1'entree posterieure se trouve au n~ 7 de la place des Vosges. Au xve siecle, la rue Saint-Antoine etait souvent le theeatre de jouites: o A l'entree de fevrier ensuivant(1415),jouterent le roy et les seigneurs en la grant rue Saint Anthoine, entre Saint Anthoine et Sainte Catherine du Val des Escolfiers, et y avoit barrieres. )) (Jotrnal d'un bourgeois de Paris sous Charles VI.) - (( Le samedi xxvi dudit mois de septembre on dit an MCCCCXXXIX, en la grant rue Saint Anthoine, devant la Moufle, en la presence du Roy nostre sire Charles VII... et de plusieurs aultres grands seigneurs, * combattirent a fer de lance et a outrance quatre Francois contre quatre Anglois... )) (Journal de Maupoint, Aiemoires de la SocieW de Chistoire de Pcais, IV, 25.) La place des Vosges. - L'hotel Saint-Paul ayant ete a peu pres abandonne6 comme nous l'avons dit, apres la mort de Charles VI, ses B. Phot. Neurdein. LES TROIS PORTAILS DE LA FACADE DE NOTRE-DAMIE.

Page  42 42 PARIS - ATLAS UXE, D I I jt lsuccesseu1Slui J + >prmeusrerent une N,:~T It'E -oTwA. q ui y eut lieu voisine* situe de I'autre eoW~ de la rue Saint-Antoine, 6tel des mignons deur Hellesri III) que andos Henlri IV concut le clessein dty construire une place quaclrangulaire a galeries, historinsordee de maisons monumentales. e fut la place Royale, queParis Marie de Meicis inaugura solennellement en 1612-la Place, ncomme disaient alors les beau esprits. Telle elle etait alors, au moins en so'u ordonnance genlerale, telle nous la voyons aujourdthui, et c'est bien le plus important, le plus precieux: souvenir que Paris ait COI1 -serve du temps de Heconstiri IV. La statue detu Louis XIII qui occupe e centre du square n'est pas celle que Richlelieu avait fait placer en 1639 au milieu de la place, et que l'on ~( descendit )) en 1792; celle-ci fp ym1ourut HIenri 11 est oeuvre de Dupaty et ortot et fut inauguree en 1829.mort Que de noms illustres a citer parmi les locataires sonde la place:bre:-.-..-::~I~tour~noi ave e i~ontM de Sevigne y naquit, au n~ 1, Ile 6 fevrier 1626; arionmey. Des lore, puis Victor Hugo ont habite le n~ 6; au n~ 9, lhotel de Chaulnes; au 13, les Rohan-Chabot; au 14, Dangeau; au 18, Richelieu, avant la construction du Palais-Cardinal. On a eu tO't, a notre avis, en 1870, de retirer a la place Royale SOe nom d'origine pour faire honneur a nos montagnes des Vosges, qui auraient pu etre iBi -l celebrees sur tout.... l0 i autre point. ZDans la rue (le Bira mai qui par le ((ita Nilon du Len-oi L e boulevarld > ^ -"-< - " jBedUaumaChais n'ap- ~ ^-^> <- sf-,,~~^. — " pareltient la placque su la rue fale parcours e, au IVe arrondisse- (Sculpture do la facade de Notre-Dame.) se Voit, au no 10 s ri lament. Une maison de rapport a recemment remplace, au n~ 2S, le thleatre Beaumarchais, qui avait et de Lakfonde en 1837. La Cite constitue, avec ile Saint-Louis, e quartir Notre-Dame, qui est le 16e quartier de Paris. Enl commencoant ce chapitre, nous lisionous signque la est Ie berceau de Paris. I est constant, en effet, que c'est dans cette lle que vecurent les plus anciens habitants cle Lutece, cette tribu des Parisii qui, avec Camulogene a sa -tete, resista si vaillamment, dans les plaines voisinaes, aux troupes romaines commandees par Labienus. Elle succomba sous go-e nombre, subit la conquete et dut s'accommoder avec acheve vainqueu. Peu apres, adoennes a la navigation, sous le nom de nautes, les Parisiens elevaient a Jupiter, a Mars, a Vulcain, un autel, dont on retrouva heureusement les frag18ments - en 1711, lors d'une fouille faite sous e cheur de Notre-Dame. L'inscription consta-tant cet hommage aux divinites pa'iennes precise toutil fut fait sous e regne de Tibere. D'autre part, de nouvelles fouilles, faites, les premieres en 1847, les secondes a la fi cle lannee 1897, anenerent la decouverte d'une muraille cl'enceinte clatanlt de l'epoque gallo-romaine, et la construite fait bien curieux aussi -avec des __ ___ pierres provenant des arenes de la rue Monge, dont: nous parlerons en traitant du b l arronadissement til. Ces vestiges de fortifications ont ete retrouves a la n fab pointe orientale de la Cite; il n'est pas douteux que.enceinte etait continiue. de rappot a rCnAu cours des siecles, Pile se peupla chaquemjour IC~ d0 tcavantage. Alors que Paris commencoait a deborder lui a t sur les deux rives au point d'y former 3ientot deux La Cite veritables villes, la Cite, semble-t-il, aurait du voir qui diminuer le nombre- de ses habitants; ce fut le IIs ds contraire: on ne sait quel fanatisme poussait les im gens a s'y entasser dans les maisons malsaines de Bt-0;; rues som~bres et sans air; il) est prodigieux qu'a la madee veille de la Revolution on y comptat onze paroisses, S90.0000talors qu'il n'y enl avait que seize sur la rive droite Ite et sept sur la rlve gauche. Sauf en ce qrui concerne >vigation, sou ce nombre invraisemblable d'eglises, qui disparuMas V n urent presque toutes avec lancien regime, rien ne partdfut change l'aspect de la Cite pendant la premiere moitie du Xnix siecle; elle conservait toUjoUls SOe cedale de rues tortueuses bordees de vieilles ma sures; Haussmann y porta le premier coup de pioche en faisant la large trouee du boulevard du'Palais, supprilmant la rue de la Barillerie qui reliait en serpentant le pont Saint-Michel au pont au Change; peu apres fut ordonne le percement de la rue de la Cite, absorbant les vieilles rues du Marche-Palu, de la Juiverie et de la Vieille-Lanterne; puis, celui de la rue de Lutece (d'abord rue de Constantine), reliant les deux voies precedentes. La ou l'air avait manque durant Phot. Neurdein. tant de siecles, il y en avait pour ainsi dire trop, tout a -Dame.) coup; dans ces vastes espaces se construisirent des LE TOMBEAU DU DUC D'HARCOURT, par PIGALLE. (Notre

Page  43 QUATRIEME ARRONDISSEMENT 43 CHEMIN DE CROIX DUXIIIP SIECLE, FAISANT LE POURTOUR DU CH(EUR DE NOTRE-DAME. edifices c'un ton tres moderne: le Tribunal de Commerce, lourde battisse qu'c erase un dome insolite; la Caserne de la Cite, devenue prlefecture de police; 'Hotel-Dieu, qui est une autre caserne. On se prend a regretter l'ancienne Cite, a penser qu'il en reste trop peu deja, entre Notre-Dame et le grand bras de la Seine, a s'indigner presque en voyant que dans ce peu qui restait, dans les rues du Cloitre, des Chanoines, des Ursins, les grandes blatisses a sept etages succecdent aux vieux logis et font a la cathedrale un encadrement parfois disparate. Notre-Dame, a tous ces rajeunissements de Pile, aura gagne cependant d'apparaitre mieux en lumiere, et c'est ce qui les excuse. Paris n'a pas de plus beau monument; il est en France des cathedrales plus vastes, il n'en est pas dont l'ordonnance generale soit plus harmonieuse. De quelque cote qu'on I'admire, devant la facade, ou de la rive gauchle, ou a la pointe de l'ile, ou le long de l'aile Nord, dans la rue du Cloitre, il est impossible de trouver plus de purete et plus de noblesse dans le style. L'eglise de Notre-Dame est batie en forme de croix latine. Deux tours carrees couronnent la facade occidentale. Une fleche elegante s'eleve au point d'intersection des quatre branches de la croix. On peinetre dans l'edifice par six portes. La largeur de 1'6glise est dee 130 me'tres; sa largeur 48 mi'tres; la hauteur de la maltresse vo'te est La premieres et le derve- d.. -' loppement de la fac~ade l'edifice fut posee sous po- — ^ Louis VII, en 1163, par LE DIABLE ca le pape Alexandle III. (DEpX DES CHIMERES DE LA GALERIE QUI La construction ne fut pas definitive avant 1260 (la facade meridionale porte la date de 1257) et neanmoins rien dans 'ensemble, tant le plan avait ete bien congu, ne laisserait supposer que c'est la l'oeuvre d'un siecle. Le monument n'a qu'a peine souffert de l'injure du temps; celle des hommes, en revanche, lui a ete fort sensible. Aux deux siecles derniers on n'aimait plus le gothique, et on le fit bien voir a NotreDame: Louis XIV et Louis XV firent les modifications les plus sottes a l'interieur de 1'edifice en supprimant la cloture du choeur, en abattant le jube, en substituant du verre blanc aux magnifiques vitraux en grisaille du xIil, siecle, sauf aux roses de la facade. La Revolution, plus aveugle encore, detruisit la fleche centrale et demolit toutes les statues des facades, notamment cette suite si curieuse des stalues des rois de France. Tant de vandalisme a ete repare autant qu'il etait possible. Apres des restaurations partielles accomplies par des architectes ignorants cles principes de I'art architectural du moyen age, et dont chacune entrainait la mutilation d'une partie du monument, la loi de 1845 consacra enfin des fonds considerables a la restauration generale de Notre-Dame. Ce travail, d'une immense difficulty, fut heureusement confie a deux hommes d'une rare competence. Grace a la science profonde, aux labeurs s. Poblstines, au gout de Viol11 g_ ^ clet-le-Duc et de Lassus, E P N la cathedrale a recouvre RFOI D N son antique splendeur. X Une dernie're remarque: tout le monde peut con-.: — C --- ridge: stater - I uelques diffeitren-g- ices entre les deux tours X = y~~d pla fa1caltde l'ainciheald ch _</~~cft d'visstembla nc a1)oX ~~ +.... q< pa lev fculture que rnem LE PEICAN........la cathedrale, lorfauteci-;I:RMOTELE RIFRIM D NOREDAM.) erle siege dun duveM duc r s }I

Page  44 4u PARIS S-ATLAS I _ __ d'Harcourt, par PigaIle, ceux des archeveques de Paris morts tragiquement: MPr Affre, Mar Sibour, Mz1r Darboy. Les tours sont hautes de 68 metres. Leur ascension est un complement necessaire de la visite faite au monument; elle procure une Trois ponts relient la Cite a la rive droite: le pont au Change, dont il a ete parle dans la notice du I^ arrondissement; le pont Notre-Dame, le plus ancien de Paris, puisque c'etait le pont de la voie romaine, ecroule en 1499, refait en pierre en 1507, remanie sous le second Empire; le pont d'Arcole, pontsuspendu construit en 1828, refait dans son etat actuel, et dont le nom est un mystere, A l'origine, c'etait la passerelle de la Greve; on raconte qu'au cours des combats de 1830, un jeune homme y tomba, blesse a mort, en s'ecriant: (( Je me nomme d'Arcole )), d'ou le nom donne au pont. Le fait n'a pas pu, jusqu'ici, etre verifie de facon certaine. Autant la Cite a perdu sa physionomie d'antan, autant i'lle SaintLouis a conserve la sienne, celle qu'elle eut lorsqu'elle se couvrit de maisons, dans la premiere moitie du xviie siecle. Jusque-la, elle se composait de deux les, dont la plus grande s'appelait ile Notre-Dame, et l'autre 'le aux Vaches. Toutes deux appartenaient aux chanoines de la cathedrale, qui les donnaient a bail aux blanchisseurs et aux tisserands. Au commencement du regne de Louis- XIII, des traites furent passes avec trois entrepreneurs, Mlarie, Le Regrattier et Poulletier, qui s'engagerent i reunir les deux ilots, a y batir et a les relier ai la rive droite par un pont, le pont IMarie, construit dans l'axe du pont de la Tournelle, qui existait depuis le xivl siecle, entre l'ile et la rive gauche. Tous ces travaux furent executes avec promptitude; 'ile Saint-Louis beneficia de laa vogue dont jouissait alors la region de l'est, et de nombreux hotels s'y eleverent. Deux d'entre eux meritent une mention: 1'hctel Lambert, a la pointe orientale de l'lile, et l'h6tel de Lauzun, quai d'Anjou, 17, remarquables par la beaute de leur construction et la richesse de leur amenagement, que leurs ploprietaires successifs ont su respecter. La Ville a, en 1899, acquis ce dernier au prix de 300.000 francs. Des maisons moins somptueuses, mais de tres bon air encore, bordent le quai de Bethune et lui avaient valu, au siecle dernier, le nom de quai des Balcons. L'eglise SaintLouis fut construite de 1664 a 1679 et n'a pas change depuis. Ces dates en disent assez sur son style. II faut toutefois lui faire un merite de sa fleche ajouree, mais elle ne date que de 1765. Le pont Saint-Louis, jete entre la Cite et l'ile Saint-Louis, de la Morgue a la rue du Bellay, remplace l'ancien pont Rouge, construit en bois en 1614, reconstruit de meme en 1717. Le pont Louis-Philippe, L'HOTEL LAMBERT. impression inoubliable de grandeur, de majeste, se degageant du passe sept fois seculaire dont elles demeurent les temoins muets. Avant de quitter cet incomparable monument, nous rappellerons 'admirable description que Victor Hugo en a faite dans son roman celebre Notre-Dame de Paris. Au chevet de Notre-Dame, la Morgue, construite en 1864, met une note triste. Vu de la Seine, le lugubre edifice masque la perspec-.< tive de l'abside dela cathedrale de la facon la plus detestable, et reciproquement, vu de l'abside, il cache aux yeux lun des plus beaux.panoramas qu'offre la Seine a son:;::: i entree dans Paris. La etait, di/sions-nous plus haut, l'autel eleve par les nautes du temps de Tibere aux divinites pa'iennes. Ne seraitil pas raisonnable d'y 6difier une statue de Camulogaene, le vaillant defenseur de la cite des Parisiens, et de releguer la Morgue dans quelque annexe ecartee de 'H6- wh. X *I r r i n, i::::-::;.::;::: s g i I^;i i: tel-Dieu ou de la Prefecture de po- i: iS lice? La, seuls les interesses se- iBiiiil^^,:: f:f: raient admis a contempler le: y lamentable spectacle qui, maintenant, s'offre si complaisamment a la curiositW des badauds, et meme des enfants. Il faut signaler, dans la rue de Lutece, vis-a-vis du Palais de jus-: tice, la statue de Theophraste Renaudot, (( fondateur de la Gazette et des consultations charitables pour les pauvres malades ~, qui mourut en 1653. Cette statue, qui fait honneur au sculpteur A. Boucher, fut erigee en 1893, sur lemplacement de la maison du Grand-Coq, rue de la Calandre, ou Renaudot avait realise ses heureuses inspirations. Nous ne parlerons que pour memoire de la maison sise sur le quai aux Fleurs, ou elle porte les numeros 9-11, et qu'une inscription, sans l'ombre d'authenticite ni meme de vraisemblance, signale comme l'ancienne habitation d'Heloise et d'Abelard en 1118, reconstruite en 1849. De pareilles affirmations gravees sur le marbre sont un defi au bon sens. LA SEINE ET LE PONT MARIE. tel qu'il est, ne date que de 1862; il a succede a un pont suspendu qui existait depuis 1833. Enfin, les deux ponts Sully fournissent depuis 1876, a l'extremlite Est de l'lile, les relations les plus faciles avec les deux rives du fleuve. Sur le terre-plein qui les separe a et6 inaugure, le 18juin 1894, le beau monumentdu. sculpteur Marqueste et de l'architecte Bernier, eleve en l'honneur du celebre sculpteur animalier Barye, non loin de la maison 4, quai des Celestins, ou il etait mort le 25juin 18-7.

Page  [unnumbered] PARIS QUATRIEME ARRONDISSEMENT VI 30 VUC91W, -7 qonnos CO OUVATI 110EI mouunoo, *mp 01 Mom01. g m lo w identification', CD Ca 11V stj 4V O q, 4W ez C.) op M11' cfu CO u ____r -Uil W ZC 19 u ZZ cu cu IZI Co J.4 W LO C- cu L I 1z 0 CZ) C " z jfijo 'Jim any Uod y.iiix v an a S9 DA i 9 Aop 2/7/' let LIJ C> (1) C.) calls CL co Ca ZZ (Z) Cn LLJ M07 > Fijian LLJ 0 C) 1j,:,,V LLJ 0 0 C.) LLJ o. C:, J., _J "j CD z Ct a) (:Z) Z3 ki uj C` C)?/7 CL J V) n, fin tS-X X' lWh<!lli~illulLl IJ@ ' e0 U;J8. 18X472 t ~~~any.a@t-2~z @Z / n ugy= * LO =>:. ad la d A PARIS-ATLA -ld C4 PARRIS-IATLAS 4:

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Page  45 Phot. Naurdein. VUE PARNORAMIQUE DU Ve ARRONDISSEMENT ET DE L'IILE DE LA CITP, (Au centre, Notre-Dame; au loin a gauche, le Pantheon.) _ __ r LE PANTHEON. - 17~ QUARTIER: SAINT-VICTOR. - 18~ QUARTIER:LE JARDIN DES PLANTES. 19~ QUAnTIER: LE VAL-DE-GRACE. - 20e QUARTIER: LA SORBONNE.. ous voici sur la rive gauchle. C'est la premiere ^^^ fois. Le Ve arrondissement est, en effet, dans v E < l'ordre numerique, le premier qui soit situe ^! K cdans cette region de l'ancien Paris, qui n'etait m ^ni la Ville, ni la Cite, et que l'on nommait I F l1'Universite. Ce nom, il le merite, a tous egards, dans le passe et le present. On l'a nomme I 1ffif aussi, avec non.moins de raison, le quarlier 5 latin, expression heureuse, suggestive, car d'un seul mot, elle donne une image conplete. Le Vc arrondissement, dit LE PANTrilos, a une superficie de 249 hectares, superieure a celle de chacun des quatre prelmiers. Le cours de la Seine le separe du IVe, entre les ponts Saint-Michel et d'Austerlitz; les boulevards de l'H6pital, Saint-Marcel et de Port-Royal jusqu'a la rue de la Sante, le separent du XIII; ce meme boulevard de PortRoyal, entre la rue de la Sante et le carrefour de l'Observatoire, lui sert de limite avec le XIVe; enfin, le boulevard Saint-Michel, entre ce carrefour et la Seine, lui est mitoyen avec le VI,. Nous venons de dire que c'est le quartier latin, et qu'on ne le pouvait mieux definir. Ne fut-ce pas, en effet, dans cet espace que s'etaient fondes colleges, couvents, abbayes, prieures avant et depuis la fondation de l'Universite, en un mot tous les etablissements ou le latin etait la langue en honneur par excellence, la seule officielle? La physionomie et les mceurs memes du (( quartier)) - comme on dit encore pour simplifier, - ont pu changer; il est toujours le centre principal de F'etude, ofl la plupart des grandes Ecoles, trois importants lycees se groupent dans le voisinage de la Sorbonne; il demeure la residence preferee des professeurs aussi bien que des eleves. Le quartier Saint-Victor s'etend dans la plaine, entre la place Maubert et la rtue Cuvier, et le versant oriental de la colline jusqu'aux rues de Lacepede, Descartes et de la Montagne-Sainte-Genevieve qui le separent, la premiere du quartier du Jardin-des-Plantes, les deux autres de celui de la Sorbonne. II doit son nom a 'ancienne et fameuse abbaye fondee par Louis VI au bord de la Seine, sur un terrain tout a fait en dehors de la ville et qui resta tel jusqu'au xvnllle siecle. On y accedait par la place Miaubert et la rue Saint-Victor, voie jadis importante, que le percement du boulevard Saint-Germain, de la rue Monge et de la rue des Ecoles ont reduite a presque rien. Les religieux de SaintVictor ont laisse un bonil renom dans I'histoire; ils s'illustrerent dans l'etude ardue de la scolastique ou ils etaient passes maitres. Leur bibliotheque, accessible au public (( et aux pauvres etudiants )) presque depuis la fondation du monastere, etait composee de nombreux fonds, que plusieurs legs vinrent encore enrichir; cela ne la preserva pas cependant de la malignite de Rabelais, qui en publia un catalogue eminemment fantaisiste. Parmi les sepultures que l'eglise renfermait, il faut citer celle de Santeuil, chanoine regulier du lieu, mais avant tout PARIS-ATLAS.

Page  46 46 PARIS- ATLAS _ _____ habile artisan du vers latin. Si l'on en croit une....i.;. legende assez discutee, il t:,: serait mort pour avoir bu - un verre de vin dans le- tBquel Ie due de Bourbon p l _ i aurait, ce qui eut -et6 une.;: bien mauvaisf plaisanterie, vid6 sa tabati'ere. La Revolution incorpora au domaine national le vaste enclos de Saint-. Victor. II est ais6 d'en reconstituer le perime'tre, car il est represente par les rues des Fosses-Saint-Bernard, de Jussieu, Linne,....... Cuvier et le quai SaintBernard. Ce sontles limites memes du quadrilatere qutoccupe Fentrepot L'ENTREp6T DES VINS, Saint-Bernard (moins l'enclave comprise entre les rues Linne, Cuvier et de Jussieu), dont la superficie est de 12 hectares, et qui fut achetee par la ville de Paris en 1838; c'est alors que furent ouvertes les rues de Jussieu et Guy-de-la-Brosse, dont les noms s'expliquent d'eux-memes par le voisinage du Jardin des Plantes. Quant a l'entrepot, plus communement appele Halle aux vins, son emplacement etait justifie par 1'existence, depuis 1664, d'une halle de ce genre, formant emprise ^sur les jardins de Saint-Victor, pres de la porte Saint-Bernard. 11 fut edifie dans les dernieres annees du regne de Napoleon I". Depuis la creation du vaste entrepot de Bercy, on a bien des fois parle de le supprimer, car la vente des terrains constituerait la plus belle operation financiere; ce projet parait cependant du boulevr iPOI.T L. ^men duce aint de Ger in du sean temnat ler de.......ssbsrciosd Fninn ot. Une porte SarinBernard........doit..... lar Re l oruteo t~u L omm uisXIfitl -tg:En 1898, lestra(pORTAIL...........................m i.........der pa r d'Oa re lean......................... ledusrcin e 'ninepre e toport Saint Bernar.....r ajudhi o ciit 'nreo;o prenait jadis les coches d'eau pour la haute Seine: rappelez-vous le debut de M'Sducation sentimentale, de Flaubert. La Tournelle appartenait aussi au systeme de defense concu par Philippe-Auguste: elle protegeait le cours du fleuve a son entree dans la ville. Plus tard, saint Vincent de Paul obtint qu'elle servit de depot aux galeriens avant leur embarquement definitif, qu'ils attendaient jusque-la dans les plus sinistres geoles de la Conciergerie. On pourrait a bon droit classer la Bievre parmi les souvenirs disparus. Ou la voir maintenant dans cette region que jadis elle traversait I ( et fertilisait grAce a deux.................................V' --- —— canaux successifs de derivation dont le trace, pour -l'un d'eux, est rappele par 1, ' * le nom de la rue de Bievre? >-;- * Le lit naturel de ee petit __At X___ edifi cours d'eau tantdecriele jg fernit aboutir dans -la Wa Seinea un peu en lval du ontsiecles, enleves auis iourQUAI SAINT-BERNARD. ato est dans sa destinue d'aetre soustpremiereait aux regards37, hAutel termedu president Rolland, - onsiderablement modernise; au 4, dancourse, anien goutouvent des Miramiones, qui a air d'une prison, la pharmacie eentrale des hopitaux eivils; - au 57, l'hotel de Nesmond, ivedevenu une distillerie.s'empare de Dans e val resserre qui s'etend entre la Seine et la montagne Sainte- loin Genevieve, e moyen age vit se fonder plusieurs olleges Pareui dess. Signalons, sur le quai Bons-Enfants, ree avant 1250, devant la porte Saint-Vitournel, quet sur esplaeement duquel se trouve le magasin de vente des epaves domaniales, a langle des rues des Eeoles et du Cardinal-Lemoine;-l -ercollege fonde en 1302 par le cardinal Jean Lemoine, a eote du precedent, prospere jusqu'a la Revolution et dont la rue du Cardinal-Lemoine, ouverte en 1845 sur ses terrains, consacre le souvenir;-Ie eollege des Bernardins, e plus important des trois, datant du temps de saint Louis, econsiderablement aceru depuis, et qui donna son nom a plusieurs des rues ou etablissements voisins: rue des Fosses-Saint-Bernard, rue des Bernardins, porte, port et entrepot Saint-Bernard. Ses batiments etaient cironscerits entre les rues de Poissy et de Pontoise, noms dus au voisinage du marche aux veaux que ees deux villes approvisionnaient prineipalement et dont nous aloens dire Ul mot. Le refectoire et le dortoir du college ont et utilises en 1845 pour la saserne de pompiers installee la, et il ftaut admirer leur jolie facade, interessant specimen du style du x dvs siecle. De 'autre cote, sur la rue de Pontoise, leur sont adosses les batiments de la Fourri're, fondee en 1850 et composee de eonstructions basses, que domine le plein eintre d'un hall qui a un peu 19aspeet d'une vilaine gare de chemin de fer. Il n'est pas un Parisien qui ne se pique de eonnadtre la Fourriere; nulle institution munieipale dont le nom soit plus populaire. Beaucoup de gens, eependant, eprouveraient quelque embarras a en exposer exactement le but, a en deerire de fonetionnement. Annexe de la Prefecture de poliee, elle a pour objet prineipal le eontrole et Pestampille des voitures destinees aux transports en eommun. Fiacres, omnibus, wagons mime ne peuvent cireuler qu'apres avoir reeu le caehet rouge P. P. appose par le service de la Fourriere, apres la verifieation, FAQADE DE L'ECOLE POLYTECHNIQUE.

Page  47 CINQUIEME ARRONDISSEMENT 7 - - - faite par des hommes du metier, du bon etat de construction des vehicules. Tel est le cote le plus important du role de la Fourriere, mais ce n'est pas par la qu'elle est populaire. II arrive chaque jour, souvent plusieurs fois par jour, qu'un cocher se trouve dans l'impossibilite de conduire sa voiture sur la vote publique; dans ce cas, les agents de I'autoritW la font ramener chez le proprietaire, qui en est quitte pour payer au *conducteur une indemni t6.: Mais si le cocher a commis un dMlit ou que ses papiers ne soient pas en regle, lui et son equipage prennent le chemin de la rue de Pontoise; il y a pour les recevoir un hangar, une 6curie et une sorte de petite geole, d'ou, apres interrogatoire, l'autom.don est dirig vers le Depolt. La moyenne des arrestations de ce genre est de trois par jour. Bien plus connue encore est la Fourriere grace a la race canine, dont elle est, suivant LES AREtNES les cas, le tombeau ou le paradis. Combien de malheureux maitres de Medor ou de Diane y voit-on apparaitre, l'oeil humide, la voix tremblante, s'enquerant des nouvelles de l'egare! On les invite a donner un signalement exact, et ils apprennent en quelques instants s'il a ete recueilli ou non. Lorsque le chien etait porteur d'un collier avec indication de domicile, c'est l'administration meme de la Fourriere qui avise le proprietaire d'avoir a se presenter dans le delai de trois jours. En tout etat de cause, il faut, pour delivrer son quadrupede: 10 produire un certificat d'identite fourni par le commissaire de police; 20 acquitter les frais de conduite du chien a la Fourriere (de 1 franc a 1 fr. 75, suivant la distance), les frais de garde (5 centimes par jour) et de nourriture (15 a 20 centimes); 30 subir un proces-verbal tenant de police; la rue Coclhin en represente la partie Nord; Cochin fut maire et depute de Paris dans la premiere moitie du xiXe siecle; quant a M. de Sartine, son nom est raye de la nomenclature parisienne. L'eglise Saint-Nicolas-du-Chardonnet, a I'angle des rues des Bernardins et Saint-Victor, avec une abside neuve sur le boulevard Saint-Germain, a le __^ grand tort de dater du xvlle siecle; elle en porte le cachet, en.....tiiiii...0000 ii i de pI it de la part que prit, pa-.........-; rait-il, le celebre peintre Char-....... les Lebrun a sa construction; mais Lebrun n'elait pas architecte; elle a un autre tort, celui d'etre privee de facade, et * il est peu presumable que les deniers de la Ville ou cevux des 1 fid^eles se trouvent etre jamais..:..... en assez grand nombre pour '9' ''"S'R' -S"- S.- - v v& - S ~...........-0l00t0 000t0000000 c........... ombler cette lacune. A Fint&|,ii:i::i |i _ ''0 i -....,, rieur, on admire les deux, |0000:00i:0000: l beaux tombeaux de Lebrun et de sa mere. Parmi les autres sepultures que renfei mait cette eglise, il faut noter celle DE LUTECE. de Pierre de Chamousset, Fl'inventeur trop oublie de la petite poste aux lettres parisiennes, mais on ne peut en retrouver trace. A F'Est de l'eglise, le long de la rue Saint-Victor, s'elevent les seve'res batiments du seminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet; un pretre illustre, l'abbe Dupanloup, en a ete, durant un temps' le directeur; un la'ic aussi illustre, Ernest Renan, y fit une partie de ses etudes ecclesiastiques. La rue de la Joztagne-Suinte-Genevieve est d'une rude montee. Elle a ete oubliee sans doute dans les travaux de viabilite, car elle a conserve son aspect du temps ou les diligences, chaises de poste et autres vehicules, avant la creation du boulevard de 'Hopital, n'avaient pas d'autre route a suivre pour gagner, par les rues Descartes et Mouffetard, le chemin de Fontainebleau, de Lyon, d'Italie. Beaucoup de vieilles maisons qui bordent cette voie abrupte sont contemporaines de ce temps-la. A mi-cote, voici l'Ecole polytechnique, installee dans le vaste *} IIOPITAL DE LA PITIE, RUE LACEPEDE. de contravention qu'inflige le tribunal de simple police et dont le taux est variable. Les chiens trouves sans collier et non reclames dans les vingt-quatre heures sont aussitot mis a mort. Ceux qui, pourvus d'un collier, n'ont pas ete reclarmLes, connaissent, au bout de trois jours, le meme supplice, qui est lFasphyxie par le gaz. La moyenne des chiens recueillis chaque jour est de 60. Ajoutons enfin qu'il est grandement question de transferer extra luros les batiments de la Fourriere, installes dans un local miserable, insuffisant et malsain. Seule, la raison de proximite du centre a fait jusqu'ici hesiter. De F'autre cote du boulevard Saint-Germain, entre les rues de Pontoise et de Poissy, s'elevait, depuis 1774, la halle aux veaux. Sa suppression fut ordonnee en 1855 et suivie peu apres d'execution. La rue qui l'entourait quadrangulairement portait le nom de rue de Sartine, parce que la halle avait Wle construite sous I'administration de ce lieu LA FONTAINE CUVIER (Rues Iinne et Cuvier).

Page  48 PARIS - ATLAS parallelogramme irregulier qui, de l'autre cote, surplombe larue Monge. Emplacement consacre depuis longten-ps a l'etude, puisque c'est celui du college de Navarre, fonl(e en 1304. Creee, comme tant d'autres institutions utiles, par la Convention, elle ne quitta l'holel de Lassay (aujourd'hui residence du president de la Chambre des deputes) pour la montagne Sainte-Genevieve qu'en 1805. Quelques baliments du college de Navarre furent conserves; la plupart des autres sont des constructions modernes, certaines meme relativement recentes, car L'ECOLE NORMALE SUPERIEURE. ENTRREE DES NOUVELLES GALERIES DE PALEONTOLOGIE ET D'. elles ne datent que de 1874: ce sont les grands amphitheatres qui prennent jour sur le square Monge, la rue Monge et la rue du CardinalLemoine. L'Ecole polytechnique est trop universellement connue pour qu'il soit utile d'insister longtemps sur son objet et son but. Personne n'ignore que l'Fenseignement y est de deux annees, que l'examen d'entree est des plus ardus, qu'a la sortie, les epreuves de classement ne permettent guere qu'auxvingt premiers F'acces des carrieres civiles, (( la botte )), comme disent les eleves par une ironique ou compatissante antiphrase a F'adresse des camarades moins bien partages, qui deviendront (( arti )) ou seront verses dans la non moins honorable arme du genie. Les pipos sont toujours tres populaires et sympathiques dans ce Paris que leurs aines ont si vaillamment arrose de leur sang en 1815, en 1830. On est curieux de connaitre l'existence qu'ils menent, le labeur dont ils sont accables dans les (( caserts >) ou tant de jeunes gens voudraient avoir eu leur place, F'argot qu'ils parlent - si riche que sol vocabulaire forme la matiere.... d'un gros volume; et les jours de sortie, le dimanche, le mercredi, plus d'une.... - i —l mere les rencontrant reve au jour ou le fils aime conquerra a son tour le droit a cet 616gannt unifor~me. iLa:rue Cvis a iete ouverte en 1807, sur Ie terrain d 6Pendant de I'ancien college ^t de Boncourt, et doent une partie, restee g^ vierge de construction, forme un remgE~B. blai verdoyant, tres pittoresque, et qui..........< a un autre mle ite encore, celui de con- i l...:-.-.-.;-il — _l| server un fragment venerable de la mu-....... raille de Philippe-Auguste. C'est la', en effet, qcue passait Fenceinte du xi w, siecle. De la place Soufflot, elle selevait sur la monlagne, a peu pres parallelement a la ANATOMIE AU MUSfEUM. rue Soufflot, coupait la rue Saint-Jacques entre la rue Soufflot et celle des FossesSaint-Jacques, fermait le cote Sud de la place du Pantheon, et par un trace parallele ta celui des rues Thouin, du Cardinal-Lemoine (anciennement dite des Fosses-Saint-Victor) et des Fosses-Saint-Bernard, aboutissait 'a la Seine 'a la porte SaintBernard. Outre le fragment de la rue Clovis, des parties du mur ont ete retrouvees encore rue d'Arras, n~ 9, et dans les substructions de la plupart des maisons de la rue du Cardinal-Lemoine, cote impair, entre la rue des Ecoles et celle des Chantiers. Au surplus, ce nom de fossds donne a quelques-unes des rues que nous venons de citer est suffisamment significatif. Le pls rare joyau que possede le quartier Saint-Victor, ce sont les Arines. Tout comme les grandes cites du midi de la Gaule, Paris a eu les siennes, et c'est presque au hasard qu'on en doit la decouverte. Par le rapprochement des renseignemerits fournis par quelques vieilles chroniques, les erudits savaient qu'a l'epoque gallo-romaine un amphitheaitre existait sur la rive gauche de la Seine, non loin de la montagne Sainte-Genevieve, mais ils hesitaient sur son ><>>9<. emplacement. Les fouilles faites pour la construction du depot d'omnibus dont F'entree est rue Monge, 49, le ^: revele rent en 1869. Ce fu-l une fele pour I'archeologie, ^ -t^^Jp une gloire pour la cite. Malheureusement, Fol nen etait encore qu'a la periode de reconnaissance des I;t:^;|a^^0;0 lieux lorsque la guerre eclata, et, pour longtemps les i;: iyl| arenes fument oubliees. Vingt ans se passerent. Enfin, le conseil municipal, vivement sollicite, consentit a instituer un-e commission, a voter des credits de restauration. Ils ont ete employes, depasses me'me, dit-on, et les Are'nes apparaissent maintenant dans Flencadrement d'un square, peut-etre un peu trop rajeunies. On aurait aime un aspect plus delabre, sentant davantage (( le romain )), et il faut quelque effort, devant ces gradins si neufs, ce mur de fond qu'aucune lezarde ne sillonne, pour evoquer un monument du,le siecle. II est trop tard pour recriminer. Attendons encore La rue des Arenes, toute neuve aussi, a absorbe la rue Neuve-Saint-Etienne et une partie de la rue de

Page  49 CINQUIEME ARRONDISSEMENT 49 C 49 Phot. A. Laind. LE GRAND HALL DE LA GALERIE DE ZOOILOGIE, AU MIUStUMI. Navarre, faisant disparaitre jusqu'au souvenir d'un couvent, les Filles de la Congregation Notre-Dame, ou Mme Roland commenca ses etudes, en 1765, a l'FAge de onze ans. A l'angle des rues Linne et Cuvier, s'eleve un assez joli monument, la fontaine Cuvier, ceuvre de Lemaire. Elle occupe la place de la tour dite d'Alexandre, nom inexplique; elle marquait sur ce point la cloture de l'abbaye de Saint-Victor. On ne saurait le nier, les administrateurs du merveilleux etablissement scientifique quelimitent la Seine, les rues de Buffon, GeoffroySaint-Hilaire- et Cuvier nWont pas................. de chance. G est tifiii':iiitfti^ ^,-ip plh'mr'p F'ptit en vin qu'ils veu Ilent aire pr~var if:::V:::ii ft:~;0:iii:;:0:00 0 g; oir: la denomination officielle. |.~~I~':i 0 0 W i 0; i useum dhistoire naturelle. 0.....;. - tout le monde per-...............-dire Jardin des Plantes se ENTREE DE L'INSTITUT DES SOURDS-iMUETS. soucient bien ds et administra - ~::-:::tion municipals de 1860, en donnant ce nom a '' ~iii~i ~ Fun des quartiers du Ve arrondisse-......... ment, y a sa part ~6~iI:S~de culpability. Et cependant, les curieux, des deux.......................sexes et, de tout..................... u i fr~~q uenI. 1111 —:::.:tent avee tanlt de,.:.~~.~.~.. —~~,~-,:l-l,', ~ ~ rplaisir le (( Jardin des Plantes )) se.ENTRt~E DE L'INSTITUT DES SOURDS-M~UETS. soucient bien des plantes exposees sous leurs yeux, etiquetees comme les bocaux d'un pharmacien pour leur en faciliter la connaissance! Ils ne les regardent meme pas. Ce qui les attire, c'est le lion marin, l'ours Martin, la girafe, 'hippopotame et l'elephant; ce sont les singes agiles et grimacants, les fauves majestueux et terribles - les reptiles traitreusement assoupis, en un mot la Menagerie. Le Museum, c'est le jardin d'acclimatation populaire et gratuit; il a, chaque jour, la meme clientele de bonnes gens et d'enfants du quartier qui, ne se coucheraient pas contents s'jls n'avaient pas distribue leur pain d'un sou (( aux betes ~, qui maudissent les jours feries parce que le jardin est envahi par une foule d'intrus et ne leur appartient pas. A Forigine, ce fut bien et uniquement un Jaidin des Plantes. II fut fonde en 1635, par les deux premiers medecins de Louis XIII, Hervard et Guy de la Brosse, dans le but d'etudier et de cataloguer les plantes medicinales; la science, en ce temps-la, etait moins speculative que pratique; on se serait peu soucie de la botanique si elle PLACE MAUBERT ET STATUE D'ETIENNE DOLET. PARIS-ATLAS. 5.

Page  50 PARIS -'ATLAS 'avait servi a gumrir les maladies humaines. Le terrain fut achete aux religieux de aint- - - —. --- —Victor; il ne com-..... prenait que deux.................... arpents. Des ad- /, lr;-ed jonctions succes- ~ sivesl'ontagrandi, notamment- l a d illes, dont on etait butte Copeau, sur- Ieprier find accr montppe d'un moulin des le xrle sie- it cle et qui est deve- l it nu e la charmante-: promenade du la- rotnd ou t c-;;o brnthe; depues, de Bfo td efrySit g'autre coWe de d La l d a/ rue Cuvier, par 4111' sont por la' cons qut entes A l.i - stliruis daale Fenalaos eBfoaec iagree 88 ' u tnerrant techiqu etpaiues ftn u tdinsprd s e p c................. di o t an _,ra u e... p.... e a...... t.,., T11 fil a F a l t d e 1 -..................D~liEiEiE0000E0E;0EiE~EgEilE00000:X;E0:;i 1t1 1 CtZ U1 tE~~~~~~~~.. C. 1U } 0tiiii.t........ 0.0.t.t.i.0.. 0t;.;.. dlecine. Citerons- 0V;~~;::;;:;0;;;000;; nous les intendants, adniinistrateurs ou profes- 0:j seurs qui ont tant, fait pour la gloire de 1'6tablis-;; sement*? Leurs noms sonlt sur toutes les le'vres: 0:;:;;i;t0 Jussieu, Buffon, Cuvier,- Dauben-ton, Lae~pe'de................ Geoffroy Saint-Hilaire, de Quatrefages. La Menagerie, n'y date que cle la Wlvolution. _ Bernardin dle Saint-Pierre elait alor s intendant l_ du Museum et c'est lui qui eut l'icle cle reclamler l g la menagerie royale de Versailles, clont on etait:1 ' _ assez embarrasse. Ce f-ut le premier fonlds, accru,Mt peu apres, par une decision cle la Convention, qui | _ interclisait l'exhibition dans les rues des animlau-x: plus ou moins feroces et invitait leurs ((mon- |~t000f0x —Eitreurs ')a les livrer au Museum, con tre indemnite6. |..... L es ba'timnents sont en partie- anciens, en partie............... modernes.-Parmi les premiers, il faut citer la _ _ maison cle Cuvier, la rotoncle ou' fut creee Fl'Eole N _ normlate superieure, les constructions silueesa Hl'airle, des meurai ce itlf ou' mourut Buffon. La 1~~ grancle serre clate cle 1800. Les galeries cl'anato- LA CH mie, clde paleontologie, cle zoologie sont pOUl' la plupar~t plus recentes encore; la dernie're construite, parallele 'a la rue cle Buffon, a ete inauattr~e, en 1898. UJenseignemnent technique et pratique est fourni aus etucliants par dixsept professeurs. ll - - ---------------— a pour consecration _~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~~~~l _ip_...xox li-:x o.;C ^Mi^o xxx9o.<<...xzsXYX.O~~ cencede ddora de la ruLe L~ac~pede. Le voisinage de I'M0 -Pital de la Pitie' W'est certainement pas stranger 'a eette impression. Le fronton de saZ f~acade porte la date de 1613, qui est celle de la construction menie. Destinee d'abord 'a ENTREE DU LYCIE LOUIS-LE-GRAND. servir d'abri aux vieillards indigents, la maison est devenue, par la suite, un simple hopital dependant de l'Assistance publique; elle compte environ sept cents lits. Le nom de la rite du Puits-de-l'Ermite pourrait donner lieu a des legendes plus ou moins tragiques si les textes ne nous faisaient formellement connaltre qu'il y avait la un puits au xvie siecle, et a c6te de ce puits la maison d'un tanneur nomme Adam l'Hermitte. Voila done un proble'me aisement resolu. Quand les historiens de Paris se trouvent embarrasses pour expliquer une denomination, ils ont une ressource supreme, l'enseigne; c'est le cas pour la rue de la Clef, et l'explication sans doute est plausible, mais combien de rues auraient porte le meme nom, ou se voyait une clef servant d'enseigne a un serrurier! En faisant ces reflexions, ----—....... —;- _........ nous nousf.rouvons en face... S.:w:C.:vi7:'..................:: S:':::.:'.. '::.::::9...:::::::CwNs,......,:.....,,..................rnQ^1 on~ liilill;.. de ce qui fut Sainte-Pe-;; ta @i;;;;;;;;;;;o;; ils qu'nsuendir.Ent leur, gelier netv prt es tou ou |r > btos enranc cezles prisonsi;c sml o leurfico!mprnr que-tttttt0- la00 Teruaait0 rsfienneis:e tzs, Sain pas trme-Pe M11 Roiland pas qutr moi -- Sane lagie, 's la Rqu'ett;leude...... - '........... i.... ' 0 0 ecrivt;0-;;; ment pamore las prisdec ovnt de laCoggaino nou la voyions tou Santee jetn pen naire un vsoc te penide la vie de -aenie! De cnstjouirs, dainsePlge ~ lag,com 21g10m 1de sai Faer'o pulireai denu sutot eavi etne' preso pordtepiso des _omsplt et 1898 lecrvacaion cle damnes pour det de prss.Nospu iol~en roeise - ag qruo bopie-................i.......t.. lae son meme pulaus aemnnorrscofotaleen -gs, rcv nt msetts qouenu cles femme d chqu jou leu aie tou as i muas viunqelaviee. Aussi, sen bonin a inrdu pednm.E changea paussid gerand se au jouraux vitims inocetes sot vnu ombreux, garvalese dan la plus......ol ignorance.du..............u...te cat n poi n ose u lo lvn.Inju -- 'eai le. ther ido......e clr n leur.e le..e tie..bru-................. talel~~~~~~~~~~ent ~ ~....... chie.......re l r itn l ( o es ire ) 's prit............... j....o..ur...s...........................i....... de r lels d cr e sim le m otu la ~ eu brfi co pr ncr......... avai pris fin.... ne..........a....rom pes.......... Mme....... pass quatre m oi....n e- e e 'est.....q..........'...e..l..........e........ i-. e.....es........e............. d e la C o g e g t o.o u............................ u...............u.... ' e r...... pe si n ai e.n o c a t..alors.... —............ cle~~~~~~~~~~~...... la vi, l laen1-Dens ous SitePeaie 1 elg 1,com chaque ~ ~.... jour leratce.ot us iuetqueu souvenir.len 1893 q'lse bornaien.. sine...... pseud nyme.......ie....... gernt. Joa.. vitie.noets...................... souiats... vais...la main, heurte'r au guichet qui n'avait de sinistre que I'apparence. Apres la prison et 'hapital, voici qui est plus lugubre encore l'amphitheatre d'anatomie, dit de Clamart, rue dut Fer-t-3Mozulbz. En vain les habitants de la jolie commune voisine des bois de Meudon ont-ils proteste contre la persistance de ce vocable, servant a designer I'ancien cimetiere de I'Hotel-Dieu, puis les salles de dissection qui lui ont succede, ils n'ont pu y reussir. Et d'ou vient cette fAcheuse similitude? Tout ce que l'on sait, c'est qu'au xvie siecle il y avait la une croix dite de Clamart. Vis-a-vis, de l'autre cote de la place Scipion, s'eleve une vaste hbatisse: c'est la boulangerie centrale des hopitaux et hospices A

Page  51 CINQUIEME ARRONDISSEMENT 81 civils, bien plus connue sous le noi de mai- - ----- son Scipion. C'est, en efTet, l'hotel que s'etait l. - fait construire, vers la fin du xvle siecle, un -::l;::-: ^:^.^ -::^^:^. Italien nomme Scipion Sardini. Seule, la l::ft:::::!::: partie droite de la premiere cour est coll- l::^^ temporaine de cette construction; elle se f l -....l.!:^ compose aTune galerie a arcades, au-dessus de laquelle sont encastres quatre charmants f:;00:;:;:::; medaillons en terre cuite, attribues a Della:V0 Robbia. Les autres bAtiments sont du xvir sie-;:ff Iv.;0 cle, epoque ou I'hotel devint propriete de::': l'Hopital general. Point n'est besoin de dire i:::. que c'est une boulangerie modele, reputlee: dans le monde entier. Elle recoit le ble en::; | E grains, fabrique elle-mleme sa farine avec ^ t f0:V; mille precautions minutieuses et est tenue ^ de fournir aux di:nerents etablissements de i ^i l'Assistance publique une quantite quotidienne de 16,000 kilcgrammes de pain, de qualite tout a fa0it parfaite. C'est ainsi que sont alimentes les pensignnaires de Bicetre,'t Villejuif, la Salpetriere, etc. Ceux de SaintePerine, qu'on ne saurait assimiler aux autres assistes, car ce sont de veritables rentiers, ont droit a un pain d'une nature speciale, non par la farine, qui est la me',me pour tous, mais par les soins de la manipulation. "^ilI:'::;:i;ti;:;;i; La halle aux cuirs, situee a F'angle des..:.:.. rites Santeuil et cda Fer-ai-loitlin, a ete fondee iBilB3 -S - en 1865, par la Prefecture de la Seine, et concedee a une compagnie exploitante de peaus- EGLISE SAINT-JAC siers. En 1872, la concessioni a ete abolie et la halle est devenue la propriete d'un (( magasinier general agree par FEtat )). Chaque mois, une vente importante s'y opere des cuirs et peaux a letat brut, provenant des abattoirs, et, deux fois par semaine, y a lieu le marche des peaux fabriquees et marchandises diverses. On n'ignore pas que l'industrie des tanneurs est presque tout entiere groupee dans ce quartier, aux bords de la Bievre, dont les eaux passaient, a tort ou a raison, Ipour etre favorables i la fabrication des peaux. Hlypothese vaine, sans — xl- ^^%~:,x.doute, puisque la plupart des tanneurs ont -ii-llii^^lli:i0il::liilii0:ii'i::iVi precisement reclame avec persistance la cou0:l;:;-:li; ':::: *. 1 verture de cette riviere. ~ 0000::1 l 00ff: 0 Au sortir de ces rues passablement mausB - 1 -:-:!:^:;:: -!::I^;:; sades, la sensation d'air et de lumiere que (::: donne le trace de la rue Monge est des plus reconfortantes. Nous avons dit plus haut son::: utilite. II convient de rappeler ici qu'elle fut iilli:::::Xti^ percee de 1859 a 1864, se substituant a la g.: i ^ -::: voie moyenageuse et tortueuse que for-.ff-X;: v;::.;f.::;::: maient les rues de la Montagne-Sainte-Gene-::: vieve, Descartes et Mouffetard. Tant qu'on Pa 1^ -:: ^ rJ^^^^ pu, on a nivele; la cote, fort rude, n'en sub^ ^ f:til, B siste pas moins et les chevaux de tramways wi~i.-^... en savent quelque chose, sans parler de ceux, plus malheureux encore, qui remorquent des fardiers trop lourds pour leurs forces. La place Monge est decoree d'une statue de Louis Blanc, par Delhomme, et d'une caserne lii de la garde republicaine, qui ne brille que par sa facade, car les batiments formant ar" X | riere-corps et prenant jour sur la rue MoufI fetard font bien plus mauvaise figure. Tout en bas de la rue Monge, un gentil l square enveloppe de verdure leglise SaintI.....:......;- Medard, edifice assez mediocre, datant en:.:.:l:;.......i. grande partie du xve siecle. Le cimetiere du......................... meme nom est reste fameux au xvin,3 siecle............p..... ar le vent de folie qui y attira les convulsionnaires sur la tombe du diacre Paris, folie UES-DU-HAUT-PAS. qui n'eut de comparable que la repression dont on la chatia. Mais ou sont les neiges d'antan? Qui songe aujourd'hui au diacre Paris? On ne songe guere davantage aux origines du marche des Patriarches, tout voisin, construit sur l'emplacement de la maison dite du Patriarche, parce qu'elle appartenait, vers la fin du xivl sie'cle, a Bertrand de Chanac, patriarche de Jerusalem. Plus tard, elle devint un temple huguenot, et il s'y fit un beau sabbat, le 27 decembre 1561, lorsque les calvinistes, ennuyes par le son des cloches de Saint1iedard, en vinrent aux mains avec les paroissiens de cette eglise,:Q LA PERSPECTIVE DE LA RUE SOUFFLOT ET LE PANTHEON. (Vue prise du Luxembourg).

Page  52 52 PARIS - ATLAS -C*l~r qui n'eurent pas le dessus, encore qu'ils eussent pris pour projectiles les statues memes de leurs saints. Le lendemain, le temple etait detruit par un incendie dont les auteurs ne furent pas recherches; c'etait la revanche de la veille. Il faut bien l'avouer, a la confusion des historiens de Paris, le nom de la rue Moulfetard n'est pas encore explique; probablement ne le sera-t-il jamais. Mons Cetarii, Mons Cetardi, disent les plus anciens documents. En ce qui concerne l'idee de montagne -, ou du moins de colline - rien de plus vraisemblable; mais qu'etait ce Cetaire, ou Cetard, et par quelle corruption est-on arrive au vocable actuel? Mystere. Telle qu'elle est, la rue est mal batie et pas belle du tout, mais fort pittoresque par ses habitants et ses habitues. Elle etait plus longue autrefois, car elle venait aboutir aux Gobelins; I'avenue des Gobelins, en absorbant son extremite meridionale, a fait disparaitre la maison numerotee jadis 264, correspondant a l'emplacement du no 32 de l'avenue. L'eminent architecte Charles Garnier y etait ne en 1825; et c'est aussi dans le Ve arrondissement, boulevard Saint-Germain, 90, qu'il est mort, le 31 aout 1898. L'architecte de l'Opera fut done bien un Parisien de Paris. Le boulevard de VH4pital separe, au Sud, le quartier du Jardin des Plantes du XIIIe arrondissement. 11 fut ouvert en 1760. Jusque-la, nous le repetons, on n'avait d'autre route que la rue Mouffetard pour gagner le chemin de Fontainebleau. Le quartier du Val-de-Grace occupe la partie Sud-Ouest de Varrondissement. I1 est separe du quartier du Jardin-des-Plantes par la rue Mouffetard,- et de celui de la Sorbonne par les rues Blainville, de l'Estrapade, des Fosses-Saint-Jacques, Malebranche, Le Goff et Soufflot. Nous sommes dans la region la plus calme, mo-.nastique pour ainsi dire, du quartier latin. Nombreuses y etaient les communautes religieuses bordant l'antique voie romaine qui doit son nom de rue Saint-Jacques au couvent des jacobins, ou s'ouvrant discretement sur les rues avoisinantes, avec de longs murs derriere lesquels s'etendaient de vastes jardins. La plupart y avaient ete fondees a la meme epoque par la piete d'Anne d'Autriche, une piete qui confinait au fanatisme. Telles furent les Carmelites, les Feuillantines, les Ursulines, les Visitandines, les Benedictines du Val-de-Grace. De 1620 a 1650, la fievre de juxtaposer des couvents de femmes regna sans interruption dans ce quartier. Tous survecurent jusqu'a la Revolution; il n'en reste plus qu'un de ce temps, celui des Visitandines, auxquelles ont succede les Dames de Notre-Dame de la Charite, vaste enclos que longe d'un cote la rue Phot. Neurdein. LA NEF DU PANTHEON. Gay-Lussac et dont la chapelle se voit a l'angle de la rue SaintJacques. Le Val-de-Grace 6tait le plus important. Les Benedictines, qu'Anne d'Autriche y installa en 1621, sur l'emplacement d'un ancien (( sejour )) des dues d'Orleans, formaient depuis plusieurs siecles une communaute dite du Val-Profond, aBievre, pres de Versailles; elles s'y trouvaient 6loignees de tout, exposees aux attaques des malfaiteurs; aussi n'eurent-elles pas de peine a attendrir la reine. II fut decide que F'6glise serait traitee avec le plus::: grand luxe: on s'adressa a Mansard, qui parait avoir mis beaucoup de temps a preparer ses plans, car la premiere pierre du monument ne fut posee que le ler avril 1645 par Louis XIV, alors age de huit ans. La direction de l'ceuvre fut plus tard abandonnee par Mansard, auquel succeda Jacques Le Mercier, puis, apres sa mort, en 1654, Le Muet. Nous ne saurions dire si le plan primitif comportait le fameux dome qui fait la principale beaute de l'eglise; on sait du moins que le peintre Mignard, charge de la decoration de la coupole interieure y peignit une Gloire, celebree par Moliere, la Gloire du Val-de-Grace. I1 semble que les grands noms du siecle: architectes, peintre, poete aient voulu s'associer pour l'embellissement de cet edifice. Les batiments conventuels furent, de meme, construits somptueusement; on leur adjoignit le vaste pare, si precieux encore aujourd'hui par sa destination actuelle et pour la salubrite du quartier. La Revolution trouva l'abbaye en pleine prosperite; mais faute de lui donner une affectation pratique, elle la laissa inoccupee. Plus tard, apres diverses hesitations, Napoleon ler en fit le principal hopital militaire de Paris, et il l'est reste. En outre, depuis 1852, FEcole du Val-de-Grace fonctionne parallelement a l'hopital et confere leurs diplomes aux medecins et pharmaciens militaires. Dans la cour d'honneur, a gauche du portail de l'eglise, a ete erigee, en 1843, la statue de Larrey, chirurgien militaire des armees de Napoleon. Cette statue est 'ceuvre de David d'Angers. Une facade severe cache la vue des batiments de FInstitution des sourds-muets, installee, le ler avril 1794, dans Fancienne abbaye de Saint-Magloire, transformee depuis 1618 en seminaire des Oratoriens et fermee en 1790. On ne saurait trop honorer la memoire de Fabbe de l'Epee, ce philanthrope admirable qui voua son existence aux desherites de la nature. Ce fut chez lui, d'abord, rue des Moulins, qu'il reunit en 1760 FACADE DU PANTHEON.

Page  53 CINQUIEME ARRONDISSEMENT 53 un certain nombre d'enfants sourds-muets et s'appliqua ales instruire gratuitement. Sans qu'il l'ait voulu L ni souhaite, car le vrai merite est tou jours modeste, son oeuvre fut bientot connue du public, et il fut convi6 a admettre des auditeurs aux lec ons qu'il donnait. Le gouvernement ne s'en desinteressa pas non plus; c'est illlll^ifllll a sa louange. En 1785, il affecta a l'institution une...........; partie du couvent des Celestins, dont les religieux ve-... naient de se disperser. Ce n est cependcant qu'apres la I.... mort de'' l'abbe de 1'Epee, survenue en 1789, que son - successeur, l'abbe Sicard, put occuper ce local; mais on s'y trouva si mal, les bWtiments etaient a ce point dilabres qu'il fallut chercher ailleurs. La Convention mit alors. la disposition des sourds-muets la maison de la rue Saint-Jacques qui fut reconstruite en 1832, et s'est accrue depuis de vastes dependances. Un orme remarquable, baut de 45 metres, se voit dans la cour d'holnlneur; il fut plante, dit-on, au xvle siecle. De beaux jardins s'tlendent jusqu'a la rue d'Enfer. I,'inastitution, en depit de son caractere pedagogique, releve du ministere de l'interieur. Les eleves, repartis en internes, demii-pensionnaires ou externes surveilles, ne sont adinis qu'Afges de neuf ans au moins, de douze ans au plus. La duree de I'enseignement est de Ituit annees, apres lesquelles les pauvres infirmles, outre les notions qu'ils ont acquises sur toutes choses, sont en mesure de parler distinctement et de suivre les conversations par le mouvement des levres. La surdite' congenitale est encore, helas! jusqu'ici incurable. N'insistons pas sur le mauvais calembour qui, en 1879, a fait donner le nom de Denifert-Rocheereau a l'antique rue d'Enfer, via infera, voie inferieure, ainsi nommee parce qu'elle etait en contrebas de la rue Saint-Jacques. Pour glorifier le vaillant defenseur de Belfort, les rues nouvelles ne manquaient pas. Le temps fera oublier la denomination primitive, mnais ceus qui l'ont coniue et employee trouventgeneralement que l'idee n'a pas ete heureuse. Denfert-...... ' 1i' Rochereau eut ete certaiinement de leur avis. |,^ L'eglise Saint -Jacques-du-Haut-Pas ne inerite guere une visite; elle est trop du xvIje siecle pour cela. La premiere pierre en fut posee par Gaston d'Orleans, le 2 avril 1630. La rue des F euillantines a eu l'honneur d'etre habitee par Victor Hugo enfant. Dans Victor Hugo rrtconte par tin tenloin de sa vie, le poete a fait dire d'une facon charmante comment il fit, avec ses fre'res, connaissance de la nouvelle demeure, sous la conduite de leur mere: ls entrerenl- dans l'impasse des Feuillantines, au no0 12; une grille s'ouvrit. Is traverserent une COUr, puis furent dans un rez - de - chaussee.................. C'e tait t a. Leur m ere::^:^':.;::;!:::.... voulut Jeur faire ad-.. mier la salle l manger etle salon, vastes, L D D- v hauls de plafoad, i hauts de fendtres, r-sr ~ ~ t~n~pleins de lumii~re et jam e; il f et- a ^is Rchaqude chants d'o-seaux, ronnier qiR w W semais elle ne put les aa eetenir dans la maid son; ils avaient vu le ~$~ jardin 1 a i p s cl li d s oe o t ce n'q Mait pas un.t u qi aal le coejardin, c'eait un pare, ne se -voyant plus, se croyant egaes, r aL'E~COLg DE DReOIT. vis! Ils n'avaient pas d'assez grands yeux ni d'assez g andes jambes; is faisaient i cheaqte instalt des dcoulertes. - Sais-lu ce cque j'ai tibouv6? - Tu n'as rien vu? - Pav ici-! -Pa ici! Il y avail -une allte de marronniers qui servirait A meLtle une balantoire. II y avail uii puisard A sec qui serait admiuable pourl jouer la guerre et pour donner I'assaut. Il y avait des fleurs aulant qu'on en po1vait r9ver, mais il y avait surtout des coins qu'on n'avait pas cultives b epuis ongteups elt ou poussait lout ce qui voulait... Le propiktaire tiL uUll nomme Lalanne, qui avait aclblWt le couvent des Feuillantines quanul la papvolliion l'avit replis aus religieu.des. Il et occupait une paLtie et louait d'autle. La N-ie Louis-e paslie de ou eigae da son noe Lh d auriqu La idstlcl,,les-'lills doil son nom le unp jeune duidecin qui, en 1883, mouiut du clloiera en 8gypte ou' it etait all6 F'etudier. Elle conduit de la rue Gay-Tussac ' la rue 'Uln, vis-h-vis de l'E6cole normale superieure. Fondge en 179O, cette Ecole ne s'est installee qu'ell 18co dans les bliments anctels. Cnacu sait qu'el cle forme les professeurs pour lenseigoemell sulericur ct celui des lycees, mais il faut dire aussi qu'elle a prepat. l k la cal'ril're des leitres et du journalisme bon no;lnbre des e'crivains dont s'lionore notre 6poque. Ne craignez pas de vous e~ngager cdans la rite Lhomeondl, au risque des meurtrissures que ses -rudes paves inflige t aux pietons. On est la dans un des coins les plus piiltoresque du vieux Paris, pieux et studieus. La rue Ijlhonond ne porLe que depuis'1867 le nom du ctllebre grainnailrien. Avant, elle ietait la rue des Postes; pour beaucoup de gens, elle l'est encorc, en raison de la. celebre ecole des - Phot. Neurdleiu. FAQADE DE L'EGLISE SAINT-PTIENNE-DU-MO9T.

Page  54 PARIS - ATLAS ILE JUBE DE L'tGLISE SAINT-ETIENP Jesuites, l'ecole Sainte-Genevieve, qu'on persiste a appeler ecole de la rue des Postes. Des portes d'allure antique, surmontees ou non d'une croix, revelent, presque pour chaque maison de la rue, l'existence d'un couvent ou d'un college religieux. Le soir, quand la derniere cloche a tinte, un silence de cloitre, de tombeau s'epand sur la rue; nul n'y passe; rien n'y bouge. A trois.pas du bruit du boulevard Saint-Michel, des gaites tumultueuses du quartier, le contraste est saisissant, presque solennel. Au carrefour forme par les rues Lhomond et de Tournefort (ancienne rue Neuve-Sainte-Genevieve), s'elevait le college Bollmn qui, deptlis longtemps a emigre vers Montmartre. A i place vit t loole xnuncipale de physique. L'enseignement na tone riell pterdu dt sotn territoire. Par la rue de l'Arbalete, nous arrivons a la rue Claude-Bernard. A 'angle de ces deux rues est situe 1'Insti- / tut agronomique, sur l'emplacement de l'Ecole de pharmacie, passee au VIe arrondissement, laquelle avait succede au Jardin des apothicaires, fonde en 1576 par Nicolas Houel. Les boulevards Saint-Marcel et de Port- /: hilli-:: B Royal limitent le quartier dans sa region / meridionale. Leur percement, sous le / second Empire, a fourni la voie de com- f munication la plus utile entre l'Observatoire et la gare d'Orleans. Sur la place I de l'Observatob-e, qui n'appartient que pour partie au Ve arrondissement, lc \ chemin de fer de Sceaux apparalt un instant a ciel ouvert a la station de Port- \ Royal. A cote, le bal Bullier qui, sous les noms de Prado, de Closerie des Lilas, a vu tant de generations d'etudiants faire les fous. Its ignorent qu'ils dansent sur un cimetiere, un cimetiere gallo-romain, dont les vestiges nombreux autant qu'interessants ont et6 retrouves en 1878, rue Nicole et rue d'Enfer. 0 Quartier de la Sorbonne. - Com- TOM BEAU DE RICIj ment ddcrire en quelques pages un quar (Chapelle d< ~~-~"*" tier dont chliaue monu-............ ment m erite un volume _ 3entier, et dont le nombre sea d'6gal que la variles On croiet trop gralement e c io d|que Paris n re aqunsit et se dea t Cveloppa diions la Cit6 exclusivement. es fouilles, d eOnt quelques-unes sent me centel, les recrchese patientes des e'rlrdits ont ~~.iiB~kabli avec certitude que, or deiens ldl coplle romaine, Voia ourFatiqit. Neurdein. d'punl cie qatierde galo-ro NE-DUbONT du molvr aint-erau n Sd, la preuve ea rive gauche de la Seine erecette r d Pafute fu den moen par unEe popude Cite lorsa lation retivemente norbreuse. a montasne ceret le Parsien a s reuge dans selequr lae O raevint apres pave d'altan pls cl faeur etle plsancien hotiel de vlaleie, le poreme du Parlor Saint-Gemnevin ve se nomiesreive mait alors nepnsqu Lucotie lia ao d' plare perceet du brulev a Sa.Cint\7}t^8<h(:1 du ouen levaru Saint-Jain, d cetaine dan-et, q anue L e;les euxtrciseges ont — ta mt- elce a des charmanac t de la civilisaion;d edr la robnnnuvee l-art0 —^e un pu s pl us bsel qelle ep ar - La partienvoisne de la ue ine, au dels Ph t.x Nudeboln.ardu caimt-etmien galconsrve N-UMO T. m~lanien aspct Nous la precoman t ffi- Xt \ ons as amaeuirs deittoresque. Rien ere cet reio dePrs de fu nmonacal au contraire danslesfu d;:lais0-, au prlace de la CU6a l aru rue inason lorane for-ee ceen le clrses as ~fgeant, une pele. dansy evtintapes aecin* d'un plu de faer et n-evrn mdle plsacnhteaevlle len preme vets dellegs '6lss 'a lt Univuerst Ntr a elpqute, eglle, plus / ancienne, moins belle, mais tres digne / ncore d'une visite, Saint-Julien-lePauvre, aujourd'hui affectee au culte grec, jadis chapelle d'un prieur6, mentionnee par Gregoire de Tours, recon. struite au xile siecle. Tout pres encore, allez voir sur la maison portant le null 1| >m^ ero 42 de la rue Galande, un curieux " * > bas-relief du xllle siecle, representant la scene ou saint Julien fait traverser IELIEU, par GIRARDON. une riviere au faux 16preux qui n'est e la Sorbonne.) autre que Jesus-Christ. Ce morceau d1e E I i

Page  55 CINQUIEME ARRONDISSEMENT.S5 1 1 -~ ENTREE DU COLLEGE DE FRANCE. VUE DE L'INSTITUT AGRONOMIQUE. sculpture provient sans doute do 1'6glise; il y serait mieux a sa place. De l'autre cote de la rue, etait naguere le cabaret du ChAteauRouge, celebre par la compagnie de mauvais droles qui s'y donnaient rendez-vous jour et nuit. Plus pres de la Seine, s'elevent les hautes et mornes constructions dependant de I'Hotel-Dieu, le batiment SaintCharles, autrefois relie par un pont a 1'H6tel-Dieu, lorsque cet etablissement etait du cote droit de la place du Parvis Notre-Dame. Le percement de la rue Lagrange, de 1887 a 1890, a heureusement fait disparaitre un dedale de ruelles qui venaient aboutir a la place 3Maubert, et rendre cette place meme digne du voisinage du boulevard Saint-Germain. On n'a aucune incertitude sur le nom de la rue Lagrange: il — s'agit du grand mathematicien qui occupa la premiere chaire de geometrie a 'Ecole normale et a F'Ecole polytechnique; il n'en est pas de meme pour l'etyrMologie de Maubert. Est-ce une corruption du nom Aubert, ou une contraction de la forme maitre Albert? Grammatici certant. Au centre de la place, s'eleve la fiere statue d'Etienne Dolet, brule la en 1546. Malgre ses embellissements, la place Maubert est restee un centre tres populaire et tres pittoresque; elle a une clientele d'habitues qui n'ont rien ou presque rien de commun avec l'aristocratie. On y rencontre meme encore des negociants en bouts de cigares, qui savent transformer ceE 2znfrfots n I tit c apprecie des fumeurs qui visent a le6conomie, Le marche des Carmes, au fond de la place, octcu)el le telrrain ou, pendant pres de cinq siecles, fut situe le couvent des Carmes. Il a ete construit de 1813 a 1819, par Vaudoyer. Ce n'est pas une ceUVj, d'art, et, depuis longtemps, nos architect-s font mieux en pareille matiere. Pour, de 1,. - monter a la place du Pantheon, deux vois / s'ouvrent a nous, l'une a droite, l'autre a gauche du marche. / Prenons celle de droite, la rue des Carmes, Peut-ktre est-ce le chemin des ecoliers, mais a i dans un tel quartier, tous pourraient et5re ainsi surnommes. Une construction modern |, de style gothique, remplace les batiments de 'ancien college de Dormans-Beauvais, deven \ en dernier lieu college de Lisieux, et dort \ l'eglise, faisant face a la iue de Latran, sert al \ i jourd'hui au culte roumain. En montant toinjours, nous atteignons la rue Valette, ffcheuv; sement debaptisee de son ancien vocable, rUe \ S des Sept-Voies. A droite, les batiments de Sainte-Barbe, a gauche, de vieux logis, palj-i jlesqels, a no 21, une maison qui passe pour avoir quelque tetmps labrtU6-, (ltariat. Nolls sommes arrives au point culminant de la monl z.1gnc Sliti le-Ct ' enovev, devant la facade septentrionale du Pantheon* esatstonio ost de 73 metres, c'est-a-dire que le sol de la place eI st juisteent a la Ihtauteur du sommet des tours de Notre-Dame. Les Romains s'etaient empares de cette hatieretli pXour y 6ltever xi temple a Diane, tout de meme qu'au haut dle, la. buEtte M1oanltmarirto", etait un temple a Mars ou a Mercure. Dans les ldeux ctas, lte c(tIs Itlat nisme y substitua des couvents: abbaye de f'teimnrle::s at:Ontnmat ritttre, monastere d'hommes ici. A l'origine, l'abba ye de S-nie-(Gene>ivn'e fut dediee a saint Pierre et a saint Paul. Elle avait ete fondee par Clovis, sur les instances de Clotilde, sa femme. Ce n'est qu'au ixe siecle quc le vocable de Sainte-Genevieve prevalut et demeura le seul. Nous ne ferons pas ici l'histoire, meme succincte, de la celebre abbaye, la plus puissante de Paris avec Saint-Germain-des-Pres. Elle n'a pas tout entiere disparu, d'ailleurs, car une partie de ses bAtiments est demeuree intacte, dans les constructions du lycee Henri IV, notamment les refectoires, les dortoirs ou etait la riche bibliotheque des GUnovefains, la tour de l'ancienne eglise, dite tour Clovis, uniquement parce qu'elle est voisine de la rue Clovis, mais nullement parce qu'elle serait contemporaine de lafondation. Le Pantheon fut destine a remplacer cette ancienne eglise qui tombait en ruine. Par la somptuosite du monument qu'a bati Soufflot, on peut juger que les religieux ne regardaient pas a la depense. Ils ne se doutaient pas, lorsqu'ils l'entreprirent, du sort qui l'attendait finalement. Alternativement necropole des hommes auxquels la patrie reservait ce supreme honneur, ou eglise Sainte-Genevieve,' suivant les gouvernements successifs. Le Pantheon a ete enfin rendu, en 1885, a la destination que la Revolution lui avait assignee lorsqu'elle inscrivait sur son fronton ces mots si nobles: (( Aux grands hommes la Patrie reconnaissante, )) lorsqu'elle y faisait transporter les restes de Mirabeau, de Voltaire, de Rousseau. Notre gouvernement ne pouvait mnomin s faire que dfasso)ciele lt aTull 0e vo msagllt"I ]es lresteS do Victor TTugo et (du pr1 sidentif Cafrnot Ie b}as-rlitef o0n11mitt!tt11 (1tl detteoro, la fatoade princiI-etI-M t est Famvrl re do David &'Aj\lge:rs., A Fitilt61reur, lia (td6coratio0t pie3icrttae-1, mncore in1)achtovet at l09t l conjfio6 aittulx pollnt es les mo116ellers: ~rt -iz be, JetaJn-a)iPautl Laurn)s; luvis (dltt oe (avannO.* C Cesft 9lenlco Sore Sfllotit (Itl H'11 et f 1, collstruisit~t les deux facades deymel riquos tts de(iclux blitmentllts de FEcole de droit et 4de la Mairie.\ a ctlte (tl V arrondiss;ement, a (lcto ration doe ex pItc, weatlt, palatH-4it, cet ae\ collpa~gfne Ms; mais, atutait no.os alrtnloDSi \ e Pa t}heon,0 1 fuian nlt hlOBs les trouvtollS froideS, Uit bhiNliothgque Sainte - Genevifte, I LA CHIAPELLE DE LA SORBONNE ET LA NOUVELLE SORBONNE.

Page  56 PARIS - ATLAS L'HOTEL DE CLUNY, RUE DU SOMMERARD. forme'e en partie de l'ancien fonds de l'abbaye, et, par consiequent, tre's riche en manuscrits et ouvrages rares, a e'te batie en 1850 par Labrouste. 2()0,000 volumes sont reunis dans SOll immense ball du premier etage et 4,000 manuscrits dans des salles trop souvent obscures du rez-de-chaussee. Saint-Etienne-du-Mont occupe le fond de la place. Avant I'ouverture de la rue Clovis, en 1807, ses baltiments faisaient corp~s avec I'abbaye; c'e'tait depuis le X1lel sie'cle la paroisse des habitants de la montagne Sai'i"Ite-Genevie've. Devenue insuffisanlte et 'a demi en ruine, au xvill sie'cle, on la reconstruisit de fond en comble. Les travaux commences en 1517 ne furenlt achieves qu'en 1628. Le monument est une des plus belles manifestations de l'art francais au temps de la Renaissance; il offre une autre particularite', c'est d'e'tre reste' le seul, dans tout Paris, 'a posseder un jube', sorte de galerie separant la nef du chaeur. On peut'juger par notre gravure de la rare elegance de celui cle Saint-Etienne-du-Mont, qui est. pour ainsi dire, une dentelle de pierre. On conserve dans cette 6glise la cha'sse de sainte Genevie've. Le lycee Louis-le-Grand, dans la'rue Saint-Jacques, a fait recemment peau neuve avec le plus grand luxe. Il est malheureusem ent priv6 de perspective et un >fy;;;;::;:;:;;0:;f0t00E;0000:0V0t:00:: peuecrase par sa geante.voisine, - - i >-;03 - 00;0; tt0 0 la Sorbonne. k; 1.. it:f: 00000-<9 Quant au Coll~ge de France, 6:V;\-x -~.: i1 est vr aiment indigne, par ses - 0;;;- i;;-f'0 0 t 0\- 7 0; VVX: V: bciatiments, des hommes eminents x k i000 Xi 0.-f.0000o0 t0000\E;0000 0;E 000 00 qui y professent, et de leurs pre — a J; f — X.;delcesseurqs. Cree par Francois ler kJS>-:0000t 0:S a~u but de sa fondation qui cst lettre l'interpretation des sci en- || m s ces les plus eleveles dans tous i ~ade, nunsi trepsetente le savant i 11 Quelle difference entre la pauvre ba'tisse du Colle'ge de FrainceRUNSDSTE et ce luxueux palais de la Sorbonne, qui a valu 'a son architecte, M. Nenot, bien avant qu'il l'eult acheve, Il'honneur d'entrer 'a l'nstitut. Les homnmes de quarante ans se rappellent tous l'ancien edifice avec sa longue facade, un peu triste, sur la rue de la Sorbonne,.<.^^.^.^+ sa grande cour que coupait en deux Ull eminar'chement 0:0- -::; dequelques degres.-Tout cela a disparu, ou a com0 i: mence a disparai tre, a.dater du 3 aouat 885, jour Au la......... premiere pierre du nouvel edifice a et posee en grande t t f 0: 00; solenlniL6. On commenca, par la fa~,ade sur la rue des W:f;:;; <I Af coles et celle en retour, 'a. l'angle de la rue Saint-...X: l iJacques. Lei grand amphi-thealtre, orne de F'admlirable. l 0 fresque de Puvis de Chavannes, fait le plus grand honl11 | | neur au talent de F'areldir ~!! gtecte, ainsi. que la biblio-.....~i...........~di... v v e; jteque, occupant toute l'aile |................... orientate de la grande cour. I i_000000000000000000000000000:00000:ift00000f0f;}w...........de l'niversite de Paris. s. $0; 0000000;0ti0:000001.............Dans son enclos, sont grou| |....l..g..... -; t i |pees les Facult 's des-............-.. ~ l;;000001 lettres, des- sciences e t 4 |; 12 Z.-;;. HaIumos ~Etnudes. Depuis le N 1Itcole des Chartes a 1 l gg\g.... g<;gt. t l }triste demeure qu'elle avait 61 1 8;.;+.R;A;; il l Ia cote des Archives natioRn ls So. et es S::.- 6tu-.deR 77 d;U-;X 1 tce nos antiquites natioI i i ons, droit feodai, diplot 1l 2Ses ele'ves obtiennent le di| ~d'etude, ptusieurls examens et la soutenance d'une the'se. Quand les futurs historiens de Paris voudront rechercher l'origine du square de la Sorbonne, situe entre la Sorbonne et le musee de Cluny, il leur faudrla se repor ter aux journaux. qui ont paru de juillet a novembre 1898, Ils y verront qu'a' cette place s'61evait autrefois entre les rues cles E'coles, de la Sorbonne, du Sommerard et de Cluny une construction }asse, occupee par l'imprimerie-librairie Delalain; qu'a' cette clate cette construction fut demolie pour 6tre remplacee par une maison de rapport, haute de sept etages. Tous, les amis de l'art proteste'rent avec l a dernie're energie conltre une entreprise aussi barbare, clont l'efet eut et cle masquer 'a la fois Il'hoel de Cluny et la Sorbonne; non sans peine ils eurent gain de cause et obtinrenlt l'acquisition par l'Etat et par la Ville clu terrain, au prix de l 200 000 francs. C'eu't et un crime, en effet, cle cacher aux regarcls cette cliar-;:f~;;2;:;-<js<0 Q l mante, fagade de l'hotel de | ifrancaise, occup6 en 1833 pear les a a 1nissait avec amour M. du. Som-;: t 1tiOll, pour en faire un mus~ee Ges le ms( de Fat oms anioeubul omenement iorpecsduor fevrerie.e Let oiusI e6 de Cluyb [ES DU IVe SIP CLE. jets de meditation pourlesjoyeux passants du boulevard Saint-Michel! L'habitude, helas! les en distrait, sans doute, et 'a force de voir ces pierres, restees si nobles dans leur delabrement, ils ne songent pas qu'ils sont la' en presence du plus ancien monument reste debout de I'antique Lute'ce! AM

Page  [unnumbered] PARIS - CINQUIEME ARRONDISSEMENT OX - l. l SVlrt r I ---j I i ~ i~iEcole — ~ ~ -1u0 BE — 7ff L — L A P/ du Parv/s 3 otre 0Dame /: f I SLI -~&2 - -DE- -- a" p )f I i SAINT - CA --- -TOURNELIE - - - vg,,CJ — //,3-e- 1 ist -_ i "I Jc.X /// ' iJ I. T.(. Qtaer Saiit Victor - ---- du Jzrdn des PlI lsS -u —du YVal de Grace [i - — r- -- de la Sorbonne Echelle 1:9.oooe 'antes 200 300 400 500m PARIS-ATLAS

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Page  57 Phot. Neurdein VUE GItNERAILE DE L'INSTITUT DE FRANCE ET DU PONT DES ARTS. LE LUXEMBOURG. - 21P QUARTIER: LA MONNAIE. -22" QUARTIER: LYODEON. 23C'QUARTIER: NOTRE-DAME-DES-CHAMPS. - 240 QUARTIER: SAINT-GERMAIN-DES-PRES. Y B E VIe arrondissement participe de ses deux voi3 t sins, le VI et le VIle. Au quartier latin il ' ^6 ^ ressemble par l'animation, la vie tour a tour S ^ studieuse et bruyante, les etablissements d'en1 seignement, la residence des maitres et des ecoS liers. De F'austere VII,-il tient, au contraire, par! 1 i e calme, les rues longues et silencieuses, les B ' 4 communautes monastiques. Le jardin du Luxembourg est le terrain neutre ou ces deux mondes s'approchent, sans se confondre. La superficie de l'arrondissement, dit LE LUXEMBOURG, est de 211 hectares. Ce i'est pas la moyenne, car seuls les quatre premiers arrondissements lui sont inferieurs en territoire. Le chiffre de la populationI sen ressent dans les memes proportions: 100,692 habitants au dernier recensement, juste ce qu'il faut pour avoir, depuis 1893, deux deputes au lieu d'un seul. Ses limites sont formees: a F'Est, par le boulevard Saint-Michel; auSud, par le boulevard du Montparnasse, dans toute sa longueur; a L'Ouest, par l'axe de la rue de Sevres entre le boulevard du Montparnasse et la rue des Saints-Peres, et l'axe de cette derniere rue; au Nord, par le milieu de la Seine entre le pont du Carrousel et le pont Sainlt-Aichel. En depit des deux monuments eminemment severes situes sur son territoire, la Monlnaie et F'Institut, le quartier de la Monnaie est le plusvivant, le plus peuple, le plusancien aussi de l'arrondissement. L'enceinte de Philippe-Auguste 'enferma dans Paris; c'est dire qu'il etait bati deja, puisqu'il avait besoin de protection. Lamuraille partait de la Seine, juste en face de lFextremite de la colonnade du Louvre et dans la direction du Nord-Ouest au Sud-Est, atteignait la rue SaintAndre-des-Arts, oil etait la porte de Buci, entre le carrefour Buci et la rue Mazet. Cette derniere ne porte que depuis 1867 le nom d'un medecin mort pour la science; avant, c'etait la rue de la Contrescarpe-SailntAndre, ce qui suffisait a expliquer aux gens du quartier le trace de d'enceinte. Au point ou le mur coupait la rue Dauphine (qui n'existait pas alors) etait une porte, qui fut demolie en 1673, comme obstacle a la circulation. On peut encore voir, plutot que lire, car elle est bien effacee, l'inscription qui fut apposee, l'annee meme, sur la maison portant le n~ 44 de la rue Dauphine, pour constater cette demolition. Et c'est a l'honneur de l'ancien temps, lorsque n'existaient ni le comite des Inscriptions parisiennes, ni la.commission du Vieux Paris, que nos echevins aient songe a marquer pour la posterite un fait historique. Pourquoi leurs ancetres n'eurent-ils pas la menme sollicitude a nous transmettre par la voie lapidaire ce qu'ils savaient de la tour de Nesle, la tour fameuse entre toutes, qui precisement commencait lenceinte sur la rive gauche? Ce que nous en savons, nous, est, helas! un peu insuffisant ou douteux. Elle s'appelait, a l'origine de sa construction, tour de Philippe-Hamlelin. A la fin du xinle siecle, un certain AmaUry de Nesle s'etant fait construire un hotel dont les batiments s'adossaient a lFenceinte de la ville et dont les jardins dehordaient sur la campagne, la tour et lhotel prirent le nom de leur proprietaire. Ils le garderent apres avoir passe, en 1308, a Philippe le Bel, puis, en 1319, a Philippe le Long et a sa femne, Jeanne de Bourgogne. Et maintenant, a laquelle 6 PARIS-A T LAS.

Page  58 PARIS -ATLAS des reines de ce temps attribuer les mceurs aussi deppravees que criminelles que Pon sait? Laquelle attirat les Buridans de lUniversite, le& recevait dans sa propre chambre pour, le matin venu, les faire precipiter du haut de la tour dans la Seine?... I1 nous sera permis de n'en pas croire la-dessus les auteurs du celebre melodrame, ni meme Brantome, qui ecrivait, deux cents ans apres les faits, ni meme Villon, dont les souvenirs nWetaient pas non plus d'un contemporain, lorsqu'il dit, avec un point d'interrogaLion: Semblablement ou est la Royne Qui commanda que Buridan Fust gecte en un sac en Seine?... Le doule doit profiter 'a Faccusee; il se pourrait bien que les crimes de la tour de Nesle ne fussent qu'une legende, bonne pour les theatres de drames. Par la suite, le (( sejour ~ de Nesle se transmit 'a divers proprietaires, dont les noms sont connus dans Phistoire: les dues de Nevers, Marie de Gonzague, la famille de Guenegaudles princes de Conti. C'est a cette derniere famille qu'il appartenait lorsqu'en 17W0 laville de Paris resolut de Facquerir pour en faire soil hotel de ville. Pourquoi elley renonca, on Fignore. Sur ces entrefaites, le roi avait decide de faire construire l'hotel de la Monnaie sur la place de la Concorde (alors place Louis XV) que decoraient dejh les deux belles facades edifiees par Gabriel. La Monnaie etait, en effet, fort mal at l'aise dans ses vieux batiments de la rive droite de la Seine, entre le Pont Neuf et la rue de Rivoli (la rue actuelle de la Monnaie en rappelle le souvenir). Ce projet fut egalement abandonne pour la raison, assez juste alors, que l'etablissement se trouverait bien eloign6 _ du centre de la ville, >) et.. -disent les lettres pa- ^^I'^ffi tentes - que les orfe'vres ^^^til et autres correspondants j::' ^":^;'^ aux monnoies seroient y porter leurs ouvrages et matie'res... ~ Ces lettres:.: sontdateesdu 16avrill7198. Quelques mois apres, la le 30 avril 1771, la premie're pierre de FH'Htel de la Monnaie fut pveee. Les plans de l'eifice avaient ket dresses par F'architeete Jacques-Denis Antoine; il en poussa ra- * pidement 1'execution, qui ne fut pa's achevee, ce- " "' __ pendant, avant 1779, car les fonds avaient manque BAIGNADES DE CHIENS SUR LI FAQADE DE L'HI-IOTEI DE LA AIONNAIE. - - ES pour accomplir certains TO; *0.:;;;;;;:; f travaux supplementaires. A vrai dire, le monument ne vaut guere que I, *...: 0 Ti: C:00000: t:;; *;.:.:.*:.^^^^:^:; id:..:.:*:;.:.::;M ^ 0 par sa facade, d'une ordonP etait tombee ets avec elle la plus glaande partie ce la ESBE.RGES DU QUAI MALAQUAIS. fortemUdaille de Phililpee Auguste, insutile et devedue genante. e 'est que, par testament du 6 mars 1601, le cardinal Mazarin, pris, devant la mort, de quelque pudeur ai s'etre scanclaleusemenlt enrichi aux depens de la France,-avait decide la fondation d'un college et d'une academie ou seraient elevres 60 ecoliers: 1 du territoire de Pignerol, 1s d'Alsace et d'autres payscortigus d'Allemagne, 20 de Flandre, Artois, Hainaut et Luxembourg, l0 du Roussillon et cle la Cerdagne. Or, on etait assez embarrasse de trouver l'emplacement suffisant pour cette fondation du college des Quatre-Nations, que le roi voulait grandiose, et ce n'est qu'apres plusieurs hesitations que lon s'etait arrete a lemplacement cles anciennes clepenclances de lhtel de Nesle. Levau concut le pla de anedifice en 1665; les batiments commencerent a s'elever aussitot; ils nous ont ete conserves presque intacts, tels que lInstitut les occupe aujourd'hui; il est donc loisilble clten admirer la lourdeur, le manque de grace. La Revolution spprima l' reuvre creee par Mazarin, moins cependant sa tres riche bibliotheque, qui occupe encore aujourhui l'aile gauche lu palais, et est construite precisement sur templacenent de la tour cleNesle; le tombeau du cars6inal, euvre de Coysevox, qui ornait la chapelle, fut transfere au musee cles Monumenlts fralcoais (d'ou, plus tard, on ea installe au musee 'e Versailles). Les betiments furent fermes, dese ls. Ils ne devaient se rouvrir qu'en vertu du decret du Ie1 mai 1806, par lequel Napoleon I60 en faisait le siegeide deInstitut de France, L'lnstitut n'est pas son ceuvre, cependant; l'honneur en appartient a la tonvention, qui, apres avoir eu peut-etre le tort de supprimer les anciennes Academies end 1793 cet le nehrite de les c lstaurel definitivcment, s1os UNE DES COURS DE L'INSTITUT DEI FRANCE.

Page  59 SIXIEME ARRONDISSEMENT _ _ __ _________ le nom d'Institut national, par la loi du 25 octobre 179a. Quelques changements seulement, et de peu d'importance, ont ete apportes a l'organisation primitive; le principal a ete la creation, en 1832, sous le nom d'Academie des sciences morales et politiques, d'une cinquieme classe de l'Institut. Ces cinq classes sont actuellement composees de la facon suivante: \EN BRES M E MBRES T I T U LA I RI S L B R ES Academie frangaise................. 40 Academie des sciences............. 68 10 Academie des inscriptions et belles-lettres.. 40 10 Academie des beaux-arts............ 41 10 Academie des sciences morales et poliliques. 40 10 TOTAL..... 229 40 Chacune de ces Academies comporte aussi, sauf l'Academie francaise, des associes etrangers et des correspondants en nombre variable, elus par elles; mais seuls les membres titulaires et libres ont le titre de membres de 'Institut et les prerogatives qui y sont attachees. Le grand public ne se preoccupe guere que de l'Academie francaise. Dans certains salons, c'est un exercice, ou bien peu excellent, de citer sans en omettre un seul, les noms de ceux qui en font partie; les elections, les receptions surtout, preoccupent tous ceux qui se piquent d'etre quelque peu lettres. Les autres Academies sent fort connues des savants, des artistes; leurs travaux, publies en volumes de memoires ou de comptes rendus, font autorite dans le monde entier. Les concours qu'elles creent annuellement slr des sujets choisis dans la nature de leurs etudes sont trles suivis. Les academiciens titulaires ont un traitement de 1,200 francs par an, plus 300 francs de jetons de presence, repartis entre les membres qui ont assiste aux seances; cette derniere somme, calculee a raison de 6 francs par reunion, peut done etre sensiblement plus forte pour les assidus, et l'on en a cite dont l'assiduite est legerement inspiree par ce calcul, mais c'est li, sans doute, une.-.O.......................,a O fl m n ie. [ 0 $ u d................. I det~t 1`l-11stiluttf:iBEptiise I ttf it V I t e~ttl I I t e I 1. N,( I rt( Mitsui 70 0 00 frtane~ts. ~I~Wi~ tf~ra -:18'97, it ~cl~ Hindu." ropre et nS lslt:ti Ni X i i~ftr~ l11i ai fatite, le PAQADE ET DOME DE L'INSTITUT. Les bAtiments, avons-nous dit, ont peu change depuis leur origine. Leur transformation de college des Quatre-Nations en Institut a exige cependant quelques modifications. La chapelle a ete amenagee par Vaudoyer en salle des seances solennelles; c'est la, sous le fameux d6me, qu'ont lieu les receptions a l'Academie francaise et les assemblees annuelles de chacune des cinq Academies, sans compter celle ou toutes l'e!s clonellfs s-t r1t tiUis, it tt(-ociobre', jour anniversaire de la fondafif:on. li.tir flcl( ltgatric, (ltsetle, souc kuse aussi de se montrer-dans lat: bon)Lu)lt ct::a);llt)gme, sPS:?r sso (fian cttet.e salle beaucoup trop exigue, mristrsadte, ottl}ee {stl.t'rtlt a'ine palr linftf isance de ses degagements, et out Jes -iieitloeulwos tjlaces (ltu tIes petlt 1(mbre, sont encore mediocres. E.nl 1846),r o-1 1 COtnstruit: t diats n'1tile ' entale de la grande cour rectanguI i 1, 6 I tel Ibta(iltt. I i cIIt 4lllolt ir it. los: deutx salles de seances hebdomadaires; flltes son(")It coW;MIAt1 le dit M, {do Flrqtntlevlle, lhistorien le plus complet deo F1lt1slfiluit, (( d'uX if alctl'r1 Himtl.picitil ~ La plus petite, celle ou siege A cattlt'i ('.rnca:lise, la sajll tdes it lt larnte fauteuils ~ - qui sont des ct;lscs 01.- cu Ie pr.ivietge d: reccv iIr, le 7 octobre 1896, la visite de IFem >tiI)e rt1' to1 d1[ ittdt'i ti- dIo Ru tl.ttIsslio. A peine si lon avait, pour cela,:m-dllX so~:i.; X-li:.Ell{ (hlo d:i sit~i, QuX li.l c roirait! Dans cet edifice oi sont otthtit't', p' lwtts itt-mmo fles p 1:lus cotl.X:. ents, toutes les manifestations du genie humain, le telephone - — ^ est inconnu, l'eclairage elec-i-S..\.. trique n'a ete applique qu'au.......l...:l:lSIH. l commencement de l'hiver de.............I1898; nul ascenseur n'existe iipou co-nduire au lieu de ieurs reunions, que pres de IIB^^^^ 1 8inquante marches separent cu sol, ces savants dont la *. ~ ~;\ plupart sont des viellards. La fagade centrale de PiIns deF\stitut, sur le quai Conti, est E~t~iri dfcoree, Si l'on peut ainsi par-........ - |ler, de lions d'aspect bete et i..... peux coules en fonte et tout............ a fait mal 'a leur place. Peints.|J ~- y~ / evertu ilsservaieon t v'orer ments I une fontiine disparue wwwiJe suis me br de l'Institut1 Le quani onlti est orn6 de E SAINT-MICHE. deux statues: Perrinelle de la Ree epu-............blique, par Soitoux, ceuvre de 1848, proscrite'naturellement par I'Empire, install~e en falce de 1'Institut, le 14 juillet 1880,ftB~, ~ni~d~set Celle de Condorcet, par;E SAINrT-MICHEL~r. Jacques Perrin, inaugur~e le It...l....U latAtun tdll (:I: d t-lomah e, t des c l|clt~ins do- f;:,;}lX1| ta i j f i...l.I.n. igilK assx..:leaemn, Osxqluo I l ' t.. |ji4!st ia. t. i'1 pts tte \vac;t.1('{S, S o *O bIttdlit(Ib s,yfl tl, d'a:i il1 t's, to:urs i es ||| rot s: ptssibl iS (s a'stn sbse 1 tctr ti a 1 < |i i I RI:|ttzz;i^:, Ss c'tt:.tlafi l:t: s IlK'jti h Itn||. e'seiii W\G r s Ia I f-I..... t..... t:: 'it 't,- 1 n o1 `0 I: x:' 1S 'IM -11 Sf,-t''.........B. t,0 1 I, p)ub ic, iJ -{:*st a:'dI llwis^l^.. ttIS at ux stanc(s des A cidttt - ||lslse sciteces, des In scerilpti.lon.s lt |M|(..ii^"C. S ettr (deS Sci nls ceS 1)fora'letS tfl tifpooittis o l 'tAcadot'lo fran1aiae ot celle des beaux-arts siegent a huis clos. LA FONTAIN

Page  60 60 PARIS - ATLAS 14 juillet 1894, pour le centenaire de la mort tragique de ce grand savant. Bonaparte, alors qu'il sortait de 1Fecole de Brienne et n'etait qu'un modeste sous-lieutenant d'artillerie, ahabite au quai Conti une mansarde de la maison situee a Fentree de Fimpasse qui separe la Monnaie de l'Institut. Cette maison etait 11hotel de Sillery; elle portait alors le n~ 5 du quai Conti; elle y est aujourd'hui numerotee 13. G'est done par erreur que Pon se monlre comme ayant e te la residence dufuturvainqueur d'Austerlitz la chambre du n~ 5 actuel, a Fetage superieur de la maison sise 'a Fangle de l'etroite rue de Nevers. L'honneur appartient 'a Auguste Vitu d'avoir su ruiner cette legende. (Bull. de la Societe de Mhistoire de Paris.) La rue Dauphzie, ouverte en 1607, doit son nom au dauphin qui fut Louis XIII, ne en 1601. Le 27 octobre 1792, un arrete du conseil general de la Commune lui donna le nom de rue de Thionville. Rien de plus naturel. Un arrete prefectoral du 27 avril 1814 lui restilua son premier nom. Rien de moins etonnant. Mais pourquoi ne s'appelle-t-elle plus rue de Thionville, puisque, le 26 septembre 1839, le ministre de l'Interieur en donnait Fautorisation au prefet de la Seine, sur le vceu des habitants? Voici sa lettre, encore inedite, que nous avons trouv6.e dans une liasse des Archives nationales: Monsieur le Prefet, Vous avez soumis a mon examen, le 17 aout, dernier, une proposition qui a pour objet le changement du nom de la rue Dauphine, a Paris, qui reprendrait celui de Thionville. Vous rappelez que la rue Dauphine existe depuis 1607 et qu'elle tire son nom du Dauphin qui fut Louis XIII; qu'elle prit le nom de Thionville, le 27 octobre 1792 conformement a un arrete de la commune de Paris, quii voulut consacrer la memorable resistance que les habitants de la cite ainsi denommee opposerent, a cette epoque, a Finvasion etrangere; que son ancienne denomination lui fut rendue en 1814 et qu'elle l'a conservee; qu'h la fin de 1830, une deputation de la ville de Thionville sollicita la remise en vigueur de cet arrete, et qu'aujourd'hui quelques habitants de cette rue manifestent le desir de lui voir, en effet, restituer un nom qui rappelle un souvenir glorieux. A Vous appUyez ces voeux. Je ne vois aucun inconvenient, Monsieur le Prefet, a ce qu'ils soient favorablement accueillis. Je vous autorise, en consequence, a donner a la rue dont il s'agit le nom de Thionville, et A prendre les mesures que cette substitution peut exiger. Recevez, etc. Entre la rue Dauphine et la place Saint LE PALAIS DU SENAT. (Entrce principale sur la rue de Vaugirard.) PALAIS DU LUXEMBOURG; FAQADE DONNANT SUR LE JARDIN. (A gauche, les tours de Saint-Sulpice.) Michel, se trouve tout un reseau de rues vieillottes oi le passant est surpris de rencontrer frequemment des constructions d'assez grand air, la plupart occupees aujourd'hui par Fhildustrie ou le commerce. I1 y en a dans la rue Christine (du nom d'une scur de Louis XIII), dans la rue de Savoie (la princesse Christine, epousa un due de Savoie); les rues Saint-Andre-des-Arts et des Grands-Augustin-s en sont pleines. L'e.glise Saint-Andre-des-Arts, tres ancienne paroisse de cette region, demolie pendant la Revolution, etait situee a Fextremite orientale de la rue qui porte son nom, a Fangle de la rue Suger, delnommee jadis rue du Cimetiere-Saint-Andre. Quant a la rue des Grands-Augustins, elle doit son nom, ainsi que le quai, au couvent d'Augustins, qui s'elait etabli au bord de la riviere en 1293, maison importante entre toutes, ou eut lieu, le 1lr janvier 1579, Finstitution de Fordre du Saint-Esprit. Elle devint, quelle decheance! en 1812, le siege c'un marche a la volaille qu'on appelait marche de la Vallee, qui disparut a son tour. Ce qui en reste sert de depot a la Compagnie des omnibus. La rue du Pont-deLodi fut ouverte en 1798, sur une partie de Flemplacement reste libre de Fancien couvent, que la Revolution avait ferme. Le percement, en 1899, de la rue Danton (dont Flamorce, sous le nom de boulevard Saint-Andre, datait du commencement du second Empire) a fait disparaitre un coin bien curieux du vieux Paris: la rue des Poitevins, si etroite, si peu praticable aux voitures, mais si pittoresque et feconde en souvenirs: Fhotel de Thou, la maison Panckoucke et cette celebre pension Laveur, ou tant d'homnmes politiques ont fait lapprentissage de leur talent oratoire. Du meme coup, la pioche a fait tomber les.batiments de Fancien college Mignon, devenu FA ADE DU T H EA T RE DE L'OD E ON. (En avant le buste d'E;mile Augier.)

Page  61 SIXIEME ARRONDISSEMENT 61 tour a tour en ce siecle mairie de l'arrondissement, puis imprimerie. La fontaine Saint-Michel fait assez bel effet sur la place et a 'entree du boulevard de ce nom. Elle date de 1860 et a eu pour architecte Davioud. En suivant la rue Saint-Andre-des-Arts, nous passerons devant le lycee Fenelon, le premier en date des lycees de jeunes filles, ouvert en 1883, dont on a reconstruit somptueusemenL les facades de 1893 a 1895. Un peu plus hauL s'ouvre le passage du Conmnerce, ou Sainte-Beuve, jeune et pauvre, vecut dans une mansarde. L'annexe du passage qui s'ouvre a gauche et se continue par la rue du Jardinet se nomme coar de Roan - il faudrait dire Rouen, puisque la etait lihtel des archeveques de cette ville; on y voit encore un impor'tant frag- fos-lt - ment d'une tour de la muraille de Philippe-Auguste. La rue Mazarinte ablonde en maisons historiques: aux numeros 12 et 14 I'ancien jeu de paume ou la troupe de Molieare ouvritepllustre Thqatpre en 1643; au 42, IPaneien thsatre Gupne- p c ' e l gaud, successivement, de 1671 LA SALLE DES SEfl a 1689, Opira, thiantre d Moliere et du Marais., reunis apres, la mort de Molie're, enfin Comedie-Francaise. Au 33, I(Tmaison ou sintelligent coms dien du Nrier crea le premier hotel parisien de pompiers. d Quant a la rte (e I'Ancienne-Comndie, elle nWest ainsi nommee que depuis 1831t, en souvenir du thea'tre de la -Comedie Franchaise, qui s'y tint de 1689 a 1700. Uleait la rue des Fosses-Satint-Germaiin-des-Pres, et, plus modernemenfc, rue de la Conmedie.WeA' nous avons, dit (p. 577) l'origine de la rue Mazet. Le restaurant Magny, fameux par ses, diners, dintellectuels (Renan, Flaubert, les, Goncourt, Berthelot, etc.) en a disparu, il y a quelques, anne-,es, mais, on peut y voir encore une curiosiL6, Fauberge du Cheval-Blanc, la dernie're peut-e'tre des auberges du centre de Paris, avec, cour, remises, 6curies, poules qui picorent, dindons qui gloussent, etc. Theophile Gautier ne s'en sorait-il pas inspire pour decrire Photellerie, de la rue ]Dauphine, ou' il a installe ses comediens du Capitaine ------- ryracasse? Quartier de l'Odeon. -Le ~22 quartier de Paris est place sous, le vocable du theatre de IPOdeon. Nous lie chicanerons pas la'-dessus, N~dilite' parisienne; elle aurait sans doute choisi la denomination: quartier du Luxeml'arrondissemenL. Elle aurait pu tout aussi bien adopter pour ce quartier Photel des princes de Bourbon (les rues de CondC H at Monsieur-le-Prince Wont pas d'au-tre ktymologie que, ce voisinage). Vers 1770, le prince Henri de Bourbon aanht fix6 sa, rdsidence au Palais-Bourbon, aujourd hui Chambre des ANCIETNNE SALL deputes, qui appartient au VIIe arrondissement, les terrains de l'htel de Conde devinrent libres, et, par lettres patentes du 30 juillet 1773, le roi decida qu'on en utiliserait une partie pour la construction du thaetre de ses come diens francais, qui, forces d'abandonner leur salle de la rue des Fosses-Saillt-Germain-des-Pr~~s, parce qu'elle meii na~ait de s'6cr~ouler, jouaient flors D -titre provisoire au th6'atre du chateau des Tuileries. Le premier rojet consis ta L b bj}ltir la nouvelle salle sur l'emAplacement du carrefour acguel L'dF c fu -.B e::>e e 17 l'Odeon. -Deslettes patentes, et d........ du p0 aoit dle9 dVqcide' qqu cle d l iait prd'rable de la placer iau coi des ues l et dnls ais partie ia plus voisine dup Luxembourg, afin qlue, plus rapproche du puilais que prous avots donnle a lnotre paes cher p e sot tres ami frerre, Monsieur, ou son habitation et celle de notre m1|11 |||treas ch're et tre' s camee sweur MImaetvia dtame, elle soi t un nouvel agrement pour leur habitntion, en sortant du spec-tacle de la ComeN C ES D U S E N AT. die-Frwangcaise, auronlt 'a proximite une, promlenade dans les jar dins du Luxembllourg... )) L'edifice fut achlev6 en 178-2, sous la directionl des architectes Peyre et de W~ailly. La place de -I'Odjvon, qlui s'etend devanL sa faocade, fut congue SU1' un plan circulaire, de facon 'a s'harniloniser avrec l'edifice; deux portiques le relialienlt aux deuxmaisons d'anlgle, de ce-tte place, au COill des rues Corneille et Rotrou; ils onl disparu depuis longtemps. L'Odeon n'est qu'un cube de pierres, peu agreable a voir. Il est de bson goutL, chez les bsoulevardiers, de declarer qu'il est au bsout du monde, de faire une affreuse grimace lor squ'une llouvrelle r epr esenltatiOll les convie 'a accomplir le voyage; tout cela nt'empeche. pas que ces pierres soien-t de solides assises de notre litterature. On y a jouei de meebanlts actes, comme partout; mnais combienl d'ceuvres remarquables et vibrantes, aussi!1 Quelles soirees d'enthousiasme la jeunessere'pub~lieaine y a passees 'a la finl du second Empire!1 Et les arcades me'me qui entourent le monument, garnies, bondees de livres, ne sont-ell-es;A Phot. Neurdein, E DU TRONE AU PALAIS DU LUXE'NSIBOURC. PARIS-ATLAS. 6.

Page  62 62 PARIS-ATLA S pas le rendez-vous des homnles studieux, qui viennent la feuilleter le bouquin nouveau, se tenir au courant de tout ce qui paralt? En ve rite, ces quelques metres carres constituent l'un dcs plus immenlses domaines de la pensee. Sur la place de FlOdeon, dont nous venols de dire un inot, le mnonument eleve palr Barrias a la imemoilre d'Enmile Augier (inilugure le 7 novem — bre 1895) attire Fattention sans la relenir bien longtemps. On s'etonne que le buste du maltre tourne le dos au theatre ou fvrentjouees ses premrieres oeuvres; en outre, ce buste est un peu grele pour U le haut piedestal qui le porte; en revanche, les deux figures qui F'acconipagnent, la Comedie et 'Avenlturi re - le chef-cl'ceuvre d'Augier - sont d'un excellent effet. Vis-a'-vis la maiason ldu cafe Voltaire, / est celle qu'habitait Camille Desmoulins / /- - en 1792. Palais du Luxembourg (Senat). - / ll':;;:; Le due de Piney-Luxenibourg ni'iniagi- | /I:^:;^:nait guere, sans doute, lorsqu'il acheta, p::K:^^^ ^ vers 1580, un holtel hors les murs, dans iiii:^ le faubourg, que par ce moyen sol no1! se transmettrait a travers les siecles. |l0lB^:^::^^^::^^: C'est pourtant ce qui est arrive, en depit 0 f: 0 t^ j de multiples changements de propriete, \ \^ ^^ ^^^^: f: le ^^:: ^^^^ tant la routine a d'empire sur l'esprit \ humain. Vingt ans apres cette acquisi- \ - tiorl, il ne restait rien ni du due, ni de \ \ ^^^:^^^^^^^^^^:::^ ^^^^^:^:^^^;^:^:^^ — ^^^~ son logis, rien que le nom, au palais \........... que Marie de Medicis fit construire, en 1615, par son architecte prefere, Salomolni de Brosse, sur le modele du palais Pitti, \ ^. =;_ a Florence. Nous ne Fen trouvons pas plus mal pour cela. Certes, Fensenible West depourvu de legere te; le bossage de DE TAIL DE LA FONT la pierre ne vaut pas les fines ciselures de Fart du xvi- siecle, mais cet ensemble a une grande majeste dans la simplicite; ce n'est pas un mince merite. De plus, le monument est absolument honiogene, chose rare, et une telle harmonie a preside a son plan quo, sous Louis-Philippe, un habile architecte, M. Scellier de Gisors, a pu doubler le palais par une facade neuve sur le jardin sans que l'on s'apercoive qu'elle est plus jeune de deux siecles. Apres Marie de Medicis, ~ Luxembourg )~, commne on disait, appartint a Gaston, due d&Orleans, qui en laissa la jouissance i sa fille, iM11 de Montpensier, la grande Mademoiselle; c'est la qu'elle souffrit toutes les angoisses, toutes les humiliations *de soI1 nialheureux anmour pour Lauzun. Au siecle suivant, le palais resta a la famille d'Orleans, jusqu'a ce que Louis XVI l'ait donne en apanage 'a son frere aine, le comte de Provence. Puis, il est devenu successivement bien national en 1790, prison en 1792, siege du Directoire en 1795, du Senat collservateur sous le preemier Empire, de la Clhambre des pairs pendant la Restauration et le regne de Louis-Philippe, du Senat enfin, sous Napoleon III et depuis le retablissemenet de la Chambre haute lpar la Constitution de 1875. A l'Ouest du grand palais, Richelieu s'6tait fait construire, en 1629, un hotel qui a ete toujours nome le Petit-Luxem1'%. %:S bourg. Un corps de bailment tour a tour >i 6edifie et demoli le reliait avec le grand Luxembourg ou 'en isolait; la relation existe clepuis que le Petit-Luxembourg est devenu la residence du president du S~nat. 0 X l s i \Lejardin du Luxembourg, Fun des plus beaux de Paris, a toujours Wet public: M <: 0\ \ Au Mail, a Luxembourg el —dans les Tuileries, s1t:li \ I1 faigue le monde avec ses reveries... X i i^ ^ ^"^^^^ 0 \ \ ditf Moliere dans Les T Ichezix.- Mm-6 de Ill:^ ^:plil:: W \ Sevigne, ull peu plus tard, en 1672, ecrit ift-llfli^^ ^ ^^^^'^^^ \ ia sa fille: ~ Voila Luxembourg a dade0::;:Sf 00;-:: S;i f t::C:!:::.::i| m oiselle, et nOUS y en trerons. Elle avoit ^ lil —; —.0:' g:;;:::;:;.:l;fait abattre tous les arbres du jardii, ^11^^^ rien que par contlradiction; ce beau jar-::il /::din etoit devenu ridicule; la Providence ^| ll|-^ f;: || y a pourvu. I1 faudra le faire raser des M.t / / cleux co tes e t y rne ttre Le Notre pour y ^igyi^^:-,/ /faire comme aux Tuileries. ~ 4.4f; 0000; —000 0;0i000; / Que n'est-il resle ce qu'il etait quel-.;; iB II / ques annees avant la guerre de 1870! La Illl::t0;:0^^^^^^........ suppression du couvent des Chartreux,::-............ el 1790, avait permis d'y annexer la -Pe-.^. piniere, deja celebre au xvinle siecle, et les jardins autres de cette maison reli-gieuse, c'est-a-dire l'espace compris auHINE DE CARPEAUX. jourd'hui entre les rues Auguste-Comte et d'Assas, le boulevard Saint-Michel et la place de l'Observatoire. La plus malheureuse - pour ne pas dire la plus coupable - des idees d'Haussmann fut d'aliener, en 1867, toute cette partie du jardin, la Pepiniere, qui etait bien la plus aimable promenade que l'on put imaginer. L'operation, exclusivement financiere, ne reussit pas; la Pepiniere, saccagee, resta a Fetat de terrain vague pendant de longues annees; durant le siege de Paris, on y crea une poudriere a laquelle les combattants de la Commune mirent le feu, le 24 mai 1871, lors de la. prise du quartier par les troupes de. Versailles. Plus de dix ans s'ecoulerent encore avant qu'ait ete achevee la jolie avenue de F'Observatoire, enfin bordee de maisons telles que le revait Haussmann, avec ses deux aimables squares, dont le plus voisin de F'Observatoire ren ` JARDINS DE L'AVENUE DE L'OBSERVATOIRE ET LA FONTAINE DE CARPEAUX. (Au fond, le palais du Luxembourg.)

Page  63 SIXIEIMIE ARRONDISSEMENTI 63 ferme une fontaine monumentale, ceuvre et chef-d'opuvre de Carpeaux. Nous nWen avons pas fini aveo le jardin du Luxembourg. I1 fauft y recommender la fontaine de Wedicis, que I'architecte Jacques/de Brosse construisit sur l'ordre de Marie de Medicis, et qui est s' gracieusement encadree dans la verdure des hauts platanes, a P e6xemite regarde un plan anterieur, on se rend compte que la voie de communication c laquelle il s'est avanftageusemenft substitlue tait la rue de la Harpe. Au carrefour, reste sans denonimation, que forinentt le boulevard, les rues de Medicis, Monsieur-le-Prince et Soufflot, etait Fancienne porte Saint-Michel, de Fenceinte de Philippe-Auguste, porte detruite en 1684 et remplacee alors par une place dite de Saint-Michel, ou il y avait une fontaine et un marche. I'enceinte suivait le trace de la rue Monsieur-le-Prince, nominee jadis, pour cetle raison, rue des Fosses-Monsieur-le-Prince. Sur le boulevard Saint-Michel, le lycee Saint-Louis cache, derriere une facade monumentale, les batinments beaucoup mo ins beaux du colleg-e d'Harcourt, auquel il a succede. Ses titres de fondation sOnt venerables, car ils datentc de 1280. On ne songeait guere alors a la rue Racine; elle ne fut percee qu'en 1779, pour servir de degagemelit a I'Odecoi jusqu'a la rue Monsieur-le-Prince, son prolongement jusqu'a la rue de la Harpe ne date que de 1826. En revanche, la rme de l'Ecolede-MIedeciine.existait des le moyen cige sous le nom de rue des Cordeles oul des Cordeliers, parce que le couvent des Cordeliers, celebre au moyen. age, plus celebre encore comme club revolutionnaire, y etait situe. De ses bactiments est restee debout une belle salle du xve siecle, le refectoire des religieux, devenu musee Dupuytren, mais les constructions annexes de lEcole de medecilne 1'ont si completement enveloppee qu'il est bien difficile maintenant de I'apercevoir du dehors. En face, s'ouvre la rue Hautefeuille, qui a conserve quelques gracieuses tourelles en encorbellement. D'ou' vient ce nom de Hautefeuille? d'arbres de stature elevee? Ce serait trop simple. L'eminent erucdit Quicherat a etabli qu'avant la construction du couvent des Cordeliers, cette rue se prolongeait sur le flanc de la colline jusqu'i un vieux chaLteau datanft du haut moyen age, situe vers la porte SaintMichel, dont nous venons de parler, et nomme en vieux francais hautfeuil ou haute folie. Ce mot avait alors le sensc de trahison, d'embuscade, et le nom en avait ete donne au chateau a la suite de quelque sombre aventure. L'Ecole de medecine - que Fon doit plus exactement appeler la LE GEiANT POLYPHEIL ME SURPR ENANT ACIS ET GALA TEE. (Groupe d'Ottin, ornant la fontaine M2edicis.) d'un long et charmant bassin. En 1852, le sculpteur Ottin executa, pour orner la fontaine, le joli groupe de Polyphlee surprenant Acis et Galatee. Avant de quitter le jardin du Luxembourg, il faut rappeler que, depuis quelques annees, Fusage s'est etabli d'y consacrer, par des monuments ou des bustes, la memoire de nos artistes ou de nos ecrivains morts depuis peu: Watteau, Eugene Delacroix, dont le beau monument est du au ciseau de Dalou; Theodore de Banville, Murger, Sainte-Beuve, Leconte de Lisle. Quant aux statues des reines et femmes illustres qui, depuis trop longtei-nps se dressent sur le pourtour des deux terrasses, il vaut mlieux in'eln rien dire. Jetons enfin un dernier coup Xc'eil au bassin du parterre central, si cher aux navigateurs en herbe qui confient 'a ses flots leurs legers esquifs, aux patineurs hardis qui aspirent aux fortes gelees pour aller s'y entrechoquer. Le musee du Luxembourg etait autrefois iinstalle dans Faile du palais la plus proche de l'Odeon; en 1887, on l'a transfere dans Forangerie du jardin, sise a I'Ouest du Petit-Luxembourg, avec entree speciale sur la rue de Vaugirard, vis-a-vis de la rue Ferou. Dans F organiisation actuelle de nos musees nationaux, celui-ci est reserve aux atrtistes vivants, peintres, sculpteurs, medailleurs, dessinateurs. Il est sans cesse approvisionne d'oeuvres remarquables, mais appelees, d'apres les conditions meeme qui les ont fait admettre, a laisser la place a d'autres. L'espace y est en outre bien mesure6, encore qu'on ait receniment agrandi les galeries. A Fextremite opposee du jardin, sur lequel elle fait une emprise, l'Ecole des mines a sa facade principale sur le boulevard SaintMichel. Sa fondation est anterieure a la Revolution, mais, telle qu'elle fonctionne maintenant, elle est en quelque sorte une ecole comUplementaire de lEcole polytechnique, dont elle recoit les premiers eleves sortants pour l'etude speciale de la metallurgie et de la mineralogie. Elle admet, en outre, apres concours, cdes aspirants au brevet d'ingenieur civil des mines. Le boulevard Saint-Michel ne date que du second Empire. Si Fon Phlot. Neurdlein. LA FONTAINE DE 'MEDICIS, AU LUXEMBOURG. Faculte de medecine de l'Universite de Paris - a remplace Fancienne Academim royale de chirurgie, qui elle-neme, en 1769, ayant occupe le terrain de Fancien college de Bourgogne, y avait fait aussitot construire par Farchitecte Gondouin le bAtiment central, en facade sur la place. Cet edifice suffit longtemps aux besoins de Fart d'Hippocrate, mais, de

Page  64 64 PA1 LI S - ATL S LE- BASSIN DU LUXEMBOURG. puis une trenlaine d'annees, des agrandisserents considerables ont ete juges necessaires, si bien que les batiments couvrent tout le quadrilatere irregulier forme par les rues de l'Ecole-de-Mede- H l cine et Hautefeuille dune part, le bou-;ii levard Saint-Germain d'autre part, sans i parler de l'Ecole pratique, construite de....i.. l'autre cote de la rue de Fl'Ecole-de- || Medecine, clhez les anciens Cordeliers. -gj| - Tout cela constitue un amas serieux de pierres de taille. On n'en meurt pas moins surement, mais plus tard, ce qui ENTRhE DU M1USISE E DL est appreciable pour certains, avec moins de souffrances, ce qui est appreciable pour tous. La partie occidentale de ces constructions a fait disparaitre une notable partie de la rue de ItEcole-de-Medecine (on y voyait une assezjolie fontaine), 1'extremite du passage du Commerce, ou demeurait Danton, la maison ou Marat fut assassine par Charlotte Corday... Sur le terre-plein du boulevard Saint-Germain, a quelques metres F'une de lautre deux statues: celle de Broca, par le sculpteur sourdmuet Choppin; celle de Danton, oeuvre de Al. A. Paris, elevee le 14 juillet 1891, sur. _^^~.e~^^ _emplacement meme de la maison qu'iabitait le puissant oradeur. Un peuplus loin, 'a Fangle de la rue Gretgoire-ude-ours, une jolie construction attire les regards, c'est Fhomtel du Cercle de la librairie. On ne sera -pas surpris queelle ait si bonne mine lorsqu'on saura qu'elle est signae Charles Garnier. Au in dela de la rue de Seine, le march; Saint-Germain represente 'a peu pres 1'emplacemenl de la foire Saint-Germain, qui donna tant de divertissements au bon peuple de Paris. Elie avaiL ete concedee, en 1482, a l'abbaye de Sah tGermain-des X Pres, touours en quete de ressources nouvelles. Purement commerciale 'a Forigine, elle" perdit ce caracletre durant la seconde moitG du xvtr sicle et devint mimplement un lieu de plaisir, d'orgies meme durant sa tenue annuelle, qui coincidait avec le carnaval. On y jouait un jeu infernal, 'on s'y battait, les femmes honnetes y jetaient leur bonnet par-dessuss les moulins, les fiffles de joie faisaienL fortune,j||(l|| le tout sous Foeil paternel du bailli des re-.......... ligieux, lequel ne verbalisait que lorsque ^~- ------- -..~~ le scandale eltait par trop grand; mais le moyen de se falcher quand Henri.1II, le, roi LE MONUMENT W'E +^^ >. lui-meme, donnait le signal des pires folies!.I.i; 00 1.. Cela dura, avec des periodes de calme et des peripkties diverses, jusqu'au printemps de Fan-: nee 1762, ofi les batimenls de la foire brule6rent. Ifti-^il:i;-i0i' 0 On tenta de les reconstruire, mais la vogue etait partie; la foire mourut d'inanlition apres le carnaval d21 e 1786. Un decret de 1811 prescrivit la construction d'un marche sur cet emplacement. II fut ouvert en 1818. On y vend a la fois des denrees alimentaires et des objets de menage ou de toilette; mais le commerce y etait languissant, de plus en plus, si bien qu'une aile du qua-.... drilatere a ete desaffectee afin de faire place i une salle ou concourent les jeunes flles pour l'obtention des brevets d'enseignement. Toutes les rues environnantes portent des noms de Benedictins de Saint-Germain-des-Pres, qui se sont illustres dans la science historique, les tours de 11eglise -i~ ~ i ~1 [ Saint-Sulpice a deux _ gros de l'aeuvre appartient au xVIe, sieclea; la LUXEMIBOURG, RUE DE VAUGrRARD r faiade et les... clarinettes furent construites par Servanldonli, en 1748; encore, la tOUl' de droite, lorscqu'on regarde la facade, reste-t-elle inlachevee et e mauvais etat. Ce qui fai-t la leaute de Saint-Sulpice, c'est l'ampleur majestueuse de ses proportionls, graice a laquelle les grandes ceremBonies y pr~ent Ull caractere de solennite tout a fait imposa-t. Quant ala decoration picturale, elle est mediocre, il faut cepenldanlt excepter quelques compositions d'Eugele Delacroix. A signaler, daes le tranlsept gauche, un obelisque donlt le pie-.^^^__ ^.^^~ destal porte une longue inscription consafinisce point et indiquatflees treligux costruits mique achee aue 1743iou eaXrre iver la c tle passagende-la oinpe cmer diesxle a s b fr_, Sai en 1 _ inspire. Elle est divisee eL quatre arcades < g La lonlgue f acade de d i diocesa n constr uit en 18240, np estpas faitour bi emrose i un arc placfeur une pavre 6giteu fois par semaine, lui donner un peu d'aniLUElaRmairie Re D Iaradess est edifiee nar Fampleur ~ ~ l majeiueu e de sspootos re' laqunisellen ledifraeden 1853, dans le style administratif; de 1886 a 1889, on lui a ajoute une facade du meme................ gou t sur la rue Madame.; - -Bi^enl tristes aussi sont les rues qui avoi-....-. -i: sillnent l'eglise. Rue Servandoni, 15, est la!-i i-: —g maison ou Condorcet, proscrit, trouva un _i asile pendant huit mois. Il y ecrivit sa derniere oeuvre: Esquisse des progres de I'esprit humain. Sa tete etait mise a prix; pour ne CT E N E DE L A C R O. pas compromettre sa protectrice, il s'enfuit J u (AU jarclin u i.uxcitutjourtg.)

Page  65 SIXIEME ARRONDISSEMENT sous un deguisement; mais, reconnu a Clamart, incarcere dans ^^^, ____________ la geole du district de Bourg-laReine, il s'y donna la mort en ab so rb a n t u n vio le n t p o is o n c o n -,l^ ^ ^ ^ p ^^^^ ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^: ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^ ^ I tenu dans le chaton de sa bague..k-^lllffl-li1^ Par la rue Bonaparte (ancienne B i^^^ 111^^^1^1^^ rue du Pot-de-Fer) nous rega- ^^'^J^^aiK^^^^^^^^^^^ gnons le Luxem bourg et la jolie RliV00;i;:::::::::1:::^^^ ruee du Luxembourg, nouvelle em- fc E 'l-^P^'^'^1.'^!^' prise haussmanesque sur le jar- r- til^ i ' 1 - din; quelques-unes de ses mai- Ai ii solns o.t.conserve.c...en-t grille ou' eaient pratiquees des portes 'a Fusage des riverains et ne n l es gr " 'de s ferm *alieLt la lei vyene.Mnagl e 'cl Le no al de la rue de Fleurus represente 1'emplacement du petit theatre de Bobino, qui eut, il y a quelque quarante ans, son temps de cyidbr.tes Toute une snoue dfeotab slssements d'enseignement occupent, depuis vinge ans, les terrains de ll Fancien enclos des chartreux: LA FONTAINE DE LAp i le lyce'e Montaigne et Itcole coloniale en facade sur la rue Auguste-Comte;is icole de pharmacies la Clinique d'accouchement, un service annexe de la Favulti des sciences, le long de la rue d'Assas. is y sont fort bien installes, dans de parfaites conditions de, salubrite; ils ne nous font pas oublier la Pesiniere. Quartier Notre-Dame-des-Champs. - Pour la tranquillitL, pour le calme silencieux, un peu morne, dont certaines villes de province sont faites, mais qui surprend a' Paris, le quartier Notre-Dame-desChamps' i'a de rival que son voisin, du Ylle- arrondissement, le quartier Saint-Thomas-d'Aquin. On se ressemblerail de plus loin. Son nom) il le doit 'a 1'eglise paroissiale qui le dessert, et elle-me'me tient ce vocable d'un ancien prieure' de Notre-Dame-des-Champs, situ6 rue Saint-Jacques, pres du Val-de-GrCAce, ----------— t ---- iiii-^ii dans les bailments ii X i: f 0: 0::::;:.:;^ i::00:;;:*;:; ^:::0 0000000 0tI00:;:;::;;: i:-::00:'; f0:':::0:;: ': 00i' ^ 0 ':::;:1 * uC a r um lite s su e tva int id e salorse 1604 consru la H()TEI, DU CERCLE DE L^ IBRAIIE. rue de Rennes; ll (B3oulevard Saint-Gomain.) etau convenu que ce n'e'tairt que provisoire; ce provisoire dura cependant jusqu'en 1876, date a laquelle 1'eglise actuelle de Notre-Dame-des-Champs, sur le boulevard Montparnasse-, fut livree au culte. Elle a ete construite dans le style roman, par M. Ginain. Quant a l'autre, on a eu le bon esprit de ne pas la laisser plus longtemps exposee aux regards; les maisons 153 et 155 de la rue de Rennes ont et6 baties sur son emplacement. La rue Notre-Dame-des-Champs est bordee de couvents dans une grande partie de son etendue; le college Stanislas y est situe (n~ 22), dans l'ancien hotel Fleury. Il a ete fonde en 1815, au retour des Bour -bons, et porte un des prenoms de -Louis XVIII. Bien qu'ayant une mile aux lyches de I1tat, et ses Melves prennent part au coneours pendule. Au n~ 44 (ancien 12 de _..... a re d lOuest) est mort Emile Littre, le 2 juin 188l; meme rue, 'LACE SAINT-SULPICE. au n~ 76, demeupait Michelet; c'est dans le Midi, a Iyeres, qu'il mourut, mais cest de lai que partit le grancliose cortege de ses funerailles civiles. Ruze du Montpa~rnasset n~11, demeurait et mourut Sainte-Beuve, le 13 octodre 1869; lui aussi eut un enterre"ent civil qui fit grand bruit. Un peu plus hauti de 'autre cte cle 1a rue, au n~ 32, est une lelle graison ou Ecgar Quinet etait venu clemleurer enl 1840 et qiue le coup d'Elat de 1851 lui fit abando..ner... Eltre l'asile de listorien et celui clu critique, presque a toucher ce dernier, speleve le vaste immeuble qui asurite l'imprimerie, la librairie et les bureaux de redaction de la maison Larousse. Toutefois, c1est dans la rue Notre-Dame-des-Chalps, au n~ 49, que- l'eminent encyclopediste qui eleva le monument connlu sous le nom de Grand p Phot. Neurdein. PLACE ET EGLISE SAINT-SULPICE.

Page  66 66 PARIS -ATLAS dictionnaire universel du XIXe siecle en avait jete les bases, et cest la qu'il mourut le 3 janvier 1875. Parmi toutes les voies de ce quartier, deux seulement offrent quelque animation: la rile de Sevres et la rue de Rennes; les autres offrent toutes ce caractelre de melancolie que nous signalions tout a F'heure. De la rue de Sevres, mitoyenne avec le VIIe arrondissement, peu de choses a dire: au n~ 11, la grande maison-caserne qui fut jadis le couvent des Premontres; puis, en continuant vers la peripherie, d'autres couvents encore, alternant avec des habitations populeuses et bruyantes. La rue de Rennes, elle, est gaie et vivante dans toute son etendue et en tout temps; c'est une des plus grandes arteres de la rive gauchle, d'abord parce qu'elle conduit a la gare Montparnasse, et aussi qu'elle aboutit a ces quartiers si populeus de Montrouge et de MIontparnasse. Les rues adjacentes nous retiendront peu: la plus ancienne est la rute de Vaugirard, si longue, si triste des qu'on a franchi les gais parages du Luxembourg. Une maison religieuse y est restee, c'est lFancien couvent des Carmes (a l'angle de la rue Cassette qui doit son nom a l'hotel de Cassel). La chapelle y est toujours ouverte aux fideles; une autre chapelle, dite des Martyrs, a ete construite en commemoration du massacre affreux qui fut fait dans ce couvent, en septembre 1792, de plus de cent pretres detenus pour n'avoir pas voulu preter le serment constitutionnel. L'Universite catholique y a..........-.. aujourd'hui son siege. Plus loin,.............................. clu meme c6ote, les vastes bati- -000000; bois (ce dernier, un peu imagicst-ce indiectement..On i rede Bagneulx qui avait la son logis, | | cle. En la suivant, sans grande. crainte ni des voitules ni du v a;ti-...... arr ivons a la ^ cedac ClherclfeMidz, 1 l*^itlpluesein myseprisee encore. Etait-ce qui cherche midi a quatorze heu- \____ --- —res? On pourrait le croire, mais ---------- les documents anciens la nom- F1AgADE DE L'E ment sue du Cphasse-iai rli, ce qui est fait pour derouter les etymologistes. Faut-il admettre qu'elle conduisait a une remise de chasse situee versole midi de la ville? Ce serait ingenieux, mais il faut COlSiderer quejusqu'a 1832 elle ne portait ce nom qu'entre la Crois-Rouge et la rue du Regard; au dela, vers le midi, elle s'appelait rue des Vieilles-Tuileries, puis rue du Petit-Vaugirarc. Des etenements bruyants ont eu pOUl eIfet de faire beaucoup parler du Cherche-,iliil-il ------ S ------.j~~Siij:j|ii~i~i~ii|iii~i||||j aio d ec ~_._ _-^*- ^_ l l d s i, dpsignal iE b mtion synth tique qui embrasse a:|^^~-i ellela fois l'hotel du Camedes-ham onseil de vss~~~~~~~~~ E:::;li0hf ---4.S.d-\ co uicatio /guerre et la iiiiill~i-iii.~~prison m ilitaire, install~s vis-rueis d'uii de oautre, celui-la.ii- L 1i t -- - dan e ancien < t AlO forlai hotel d ne NWrue Damps.-Les- rues, upne voie de t it |. i 'aa ruede la prlae dea COLE COLONIALE. Bart sont aussi-calmes et reti-rees qu'elle, en depit de leurs loms d'herolques marins. Elles ont ete, ainsi que la rue Madame (Madame, femme du comte de Provence, plus tard Louis XVIII), crees au detriment du jardil clu Luxemabourg. Resserre entre la Seine au Nord, la rue des Sainls-Peres a l'Ouest, la rue de Seine a l'Est et la rue du Four au Sud, le quartier SaintGermain-des-Pres est le moins vaste de l'arrondissement. Ce petit espace renferme neanmoins plusieurs monuments importants; il rappelle cdes souvenirs interessanlts qui meritent bien qu'on en parle. A- lorigine, il consista exclusivemnent dans l'enclos et les depenclances le 1Fabbaye de Saint-Germain-des-Pres. L'Univers-ite acquit au xni6e siecle toute la region voisine de la Seine, au nord le l'abbaye, d'ou le nom de Pre aux clercs, dont la Clhronique dut regne de Cllarles IX, de Merimee, et l'opera-comique d'Herold nous ont fait un tableau plus aimabe qu'exac t. I1 en fut ainsi-jusqu'al la fin du xvi6 siecle, epoque ou Marguerite de Valois la reine Margot devenue ermite apres que Henri IV aeut rtepudiee - -s'y fit construire un hcotel, et fonda un couvent cl'Augustins contigu aI cette demeure. Le couvent, supprime par la Revolution, fut choisi par Alexandre Lenoir pour y recueillir, sous le nom de.usee des Monuments franc.ais, toutes les.uvres de sculpture que fournissait en si grancl nombre la mainmise par la Na-tion sur les eglises et communautes religieuses. La memoire de Lenoir doit etre honoree par tous les amis de F'art, car c'est a lui, et a lui seul, qu'on doit la conservation de pieces de premier ordre dont le Louvre s'enorgueillit a bon droit. Apres la regrettable dispersion de toutes ces ceuvres, ordonnee en 1816 par Louis XVII, l'Ecole des BeauxArts fut etablie la meme annee aux Auguslins; elle y est encore. L'entree principale est sur la rue Bonaparte. On penetre dans une vaste cour ou sont exposes de beaux fragments de sculpture de la Renaissance francaise, provenant du chateau de Gaillon. Au fond, L'EGLISE NOTRE-DAME-DES-CHAMPS.

Page  67 SIXIRME ARRONDISSEMENT 67 un bailment moderne, de grand air, contient la ricle bibliotheque de l'FEcole; a droite, l'administration, les ateliers; sur le quai, la facade de la salle Melpomene od se fait lTexposition des envois de Rome et d'autres aeuvres encore. I1 fallait un cadre elegant a un enseignement semblable. Les artistes les plus eminents y forment nos futurs peintres, sculpteurs, architectes, graveurs, par des lecons pratiques; le cours de chacun...^; d'eux constitue un (( atelier ~;::;:. -:;-:, -::':: en outre, des cours theoriques:;:::::: I:::::::::::::: sont professes sur 1Fhistoire de:;:::B;:::,::^;f| l'art, la connaissance des pro-,, portions du corps humain, etc. L'Ecole des Beaux-Arts, en un );;! 0:;:i':0:0:00-;:g i: l: mot, est une institution indis-; 0 i: pensable a toute nation policee; celle de Paris a Mlev et main- l.i 11(! tient tres haut le drapeau deii Fart francais., Le nom de la rue des SaintsPes offre un bien singulie exemple de la corruption du ad langage. 11 y avait la autrefois line cliapelle dependant de Fab......... baye de Saint-Germain-des-Pres | MIIB^ p et de'diee 'a saint Pierre ou 'a saint Pere, com m e disait le.......T......!S...!B.. vieux langage. De saint Pere on....i-I.......i. i a fait saints Peres,. Au xviie sie-...;..::..:.:..:.. cle, cette chapelle fut remplacee FAgADE DE LA M par un hopital, qu'admminis- -A D L M traient les Freres de la Charite; 15, 17 ET 19, RU il a ete conserve avec des modifications et des agrandissements considerables sous le nom d'hopital de la Charite. L'entret est rue Jacob et les batiments s'etendent le long de la rue des Saints-Peres jusqu'au boulevard Saint-Germain; le rez-de-chaussee est converti en magasins de commerce, loues 'a des particuliers par 1'Assistance publique. L'Academie de medecine, fondee en 1820, a son siege ah extremite S.ud-Ouest de ce vaste etablissement, en attendant qu'elle aille s'insta.ller dans tholtel construit pour elle rue Bonaparte, ai cote de FEcole des Beaux-Arts. Ein tournant a gauche sur le boulevard Saint-Germain, nous trouvons lho'tel de la Societe de geogra-.__ _.<. pliie, et quelques pas plus loin apparait le venerable |: clocher de 1'6glise Saint-Germain-des-Pres. VWne- ~i^M::: ^^^ rable, ce n'est pas trop dire, car Paris ne possede pas de monument religieux plus ancien. Fondee au vi) siecle, sous Finvocation de saint Vincent, F'abbaye de Saint-Germain-des-Pres fut placee peu de temps apres sous le vocable de saint Germain, eveque de Paris, qui Favait consacree et y recut la sepulture. Elle fut detruite au cours des invasions normandes du Wxe siecle et sa restauration ne commenSa a etre entreprise qu'a l'extreme fin du xv siecle, par les soins de l'abbe Morard. C'est de ce temps done que datent les assises de la grosse tour dont la partie superieure constituant le clocher etait jadis fortifiee 'et crenelee. La nef et le chceur sont un peu moins anciens; acheves seulement vers le milieu du xlie siecle, ils offrent un modele tout a fait precieux de F'architecture romane. Ce style, ""'^" "^ " — ^ ^ Si noble dans sa simplicite, ap0:;0 '- 0 t:::0::*::: parait peu a l'exlerieur, malgre le degagement dont a beneficie g::i:0 *: _:-:::: -:*:::;0: l: l t^::: te i:i:: le m onum ent lorsnue le boulevard Saint-Germain a ete perce;..:: ~ mais a cette facade laterale, que i0;0;::0;:: ~ ~ i;:;; ga tent des constructions paraites du xvie n siecle, nous'preT!F|P::: i ferons encore celle qui lui est W'^ ' k IC opposee, sur la rue de l'Abbaye, iiiiii O derrie're un lourd batiment ^liiilltil se voient quelques travees pureatm-li. M ment romanes. L'interieur contraste par la richesse de sa dr-...........coration, avec la simplicite du!:-^'^^^^^^ dehors; il ne faut pas s'en plainA l, le.;i::: ^.;0' -.: dre, car ce luxe est du en grande partie aux superbes peintures ytflf*']^!^^!^d'Hi polyte Flandrin. ^f''!";1";'^?^Au cours des deux derniers (^^^~;:^!^sie'cles de Fancien rie, les --—.-................. religieux de Saint-Germain-desISON LAROUSSE, Pres rendirent leur maison ceMOONTPARNASSE. lebre dans le monde entier par les remarquables travaux d'erudition qu'ils y accomplirent, et qui continuent a faire autorite aux yeux des savants. De la sont sortis le Traite de Diplomatique de Mabillon, la monumentale Histoir e de Paris, par Felibrien.et Lobineau, l'Histoire de Vabbaye de Saint-Denis, du meme Felibien, des M1onumnents de la monarchie francaise, par Montfaucon, pour ne fournir que quelques-unes de leurs ceuvres. Les Benedictins etaiant, au demeurant dans d'admirables conditions pour de tels labeurs; au sein de leur cloftre ils avaient a leur disposition une bibliotheque A *E COUR DE L'ECOLE DES BEAUX-ARTS. exceptionnellement riche en documents originaux, manuscrits et chartes. Elle n'a pas ete, heureusement, dispersee au moment de la Revolution: la Bibliothelique nationale en conserve la majeure partie. L'enclos de l'abbaye etait tres vaste. On peut se le representer comme un quadrilatere que limiteraient les rues Saint-Benolt, Jacob, de l'Echaude et le boulevard Saint-Germain. Des constructions charmantes s'y elevaient dont on ne peut plus parler que par oui-dire: le refectoire, la salle capitulaire, la chapelle de la Vierge, chefs-d'ceuvre de l'architecture du xnlie siecle dus a Pierre de Montreuil. De ces batiments, rien ou a peu pres ne reste que le palais abbatial situe au Nord-Est du clhevct de l'eglise, et dont la facade ouvre PERSPECTIVE DE LA RUE DE RENNES. (Prise de la gare Montparnasse.)

Page  68 68 PRIS - AR TLAS sur la rue de I'Abbaye. II fut construit en 1586, pour le cardinal de Bourbon, alors abbe. Devenu maison particuliere, siege de plusieurs societes savantes, il fait regretter par sa grace que Paris nWait pas conserve beaucoup d'6difices du memne gout. Sur la place, 'a 1'entree de la rue de Rennes, on a place une statue de Diderot' dont la pose, lie serait que pretentieuse si en _ me~me temps elle ne pretait 'a rire. IEn suiv!-nt la rue de Rennes, qui irappartient a ce quartier,I-". que jusqu'a' la rue du Four, on remarque 'a droite un beau-. portail xvii11 sie'ele, decor6 d'un dragon symbolique dont le I,voisina-e de la rue Sainte-Marguerite (a-ujourd'hui rue Gozlin) -III expliquait la presence. La legende ve-at, en effet, que sainte IlI 1 Marguerite, ~ ~ ~ ~ ~ ~ '.. enlutepa ndecs ageexanmux i pu ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~~~- -.trsiee av esnveie e oa eclid la~~~~ baen. epr taildonn ac es a la ________,_..~,, _ —_-_ cour ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 1 d.. __gn.u lllllil~l~~^-~^^'!;:^ se ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ _ rei a u u Illilllllllll._f:!!! m e m e o m. u l||l|||||!|i||||l||||i-ll||l.i|-i| meme ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ -_ coe...et Illlllllllllillllll!!!!!^ les fcro tes u es d 'i llilllilllilililllllllllll i~liili~lliiilll__iiltll.ll Marg ertet B enard- iePar- n d e dangereuxllllllllll ianii-inaulllllailtl'i:!| i:l U ssy a m u a n t s v e s |||i~ii||i|i||i||i|i~|||l|i|||i~i|i| i||| ll~lill|l~ll~l:|||:ill| |||||| tig e d u ie u P a r s. |||||i~l||li|||~i~i|iii||ii~l~i| |l~ll~l~~l~llillil~lilli|-l|_|l-|lll Les ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~~- rus d.o r lll.llil.lll.i...l||.ll~llllll l~llll~l|~~ll et de V~ka___ qu fermai —........_ Fabbaye doiventleI nom~~_.. __ape ieea four ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~.. ba a —srl- Illlllllllllllllllll^ g ie u x, ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~.. la__n e ||||||||||||||||||||||||||||||l| |l| i ^ d it - n, a c e q 'a v e llllllllllillllllllllllllllllllilililllllllili li^ p eu s rtir es r e tsaell e dellllllillllili^ so IIrKte o a e^ e u e ~.~..~~.....', fo r m it -n t ia n le i!illi~lliililill~~l~ilillili~liill~i~liilii~l| lt ^^^^^^ -,_X^^^^^.^ ditecbaude, ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~; pa-n- l-llllll|i~llliil IB|l t |ill~ii logi ave Ie gate u Illlllllllllllllllllllllllllllllt ^^^ B ~ii ^^ |!iiii~l ---i|lii|ll de~I- ce no. Nos re ^nonsis__ rueJaob Sa~.. denoinaion d-allu — semi.que la baeine. Cego pc or-::::-:: \\omem- -orsq;elle n019I IIIen) IIIl ya II1,11' estI Ides. 'ues qu sc bln ap ro ri. _a vn e a o t Fhumeur~~~~~~~~ 'de' 'eran.oms.Qiprm eslctus eMe e, s' —.,'',.qu'il Ii I Im r IIrueI I des I1 Ieu - r s Le Io I de -a e Faspet desmaisns, l quatierla pespecive'd''ec ll' desBeux de1 fer:-'-,,",,," —: —,-,- I Ie -hr ene de bois1 qu la fer ai t Le g i'lles 'l, nous" les ~ ~ ~ ~ _-' ''In — nu s Ile I IIt -t I Iev es elle..si ily.q.. vingt ans, mais cette fois sans la moindre autorisation prefectorale. Le quai Malaquais (on kcrivait autrefois Malaquest, mais cela n'explique pas mieux l'origine de son nom) commence 'a Institut pour se terminer a la rue des Saints-Peres. A son extremite orientale se voit une statue de Voltaire par Caille; il offre aux regards la magni-: - -- -: 1 1 - — 1 1 1 - PORTA AT LAT-ERAL DE SAINT-GERIOAIN-DPES-PR.S. fique perspective du Louvre, qu'on ne se lasse pas d'admirer; it a encore une particularitW, c'est de rester le quartier general de la bouquinerie en plein air. Scellees sur son parapet, les boies pleines de bouquins et de brochures se serrent l'unn contre l'autre, et, courbes devant elles, les bibliomanes, presque toujours les m mees, furettent fievreusement, clhercheurs eternels du livre rarissime qu'ils esperent acquerir pour quelques sous de l'ignorance du marchand. C'est la que Colline de la Vie de bolhee e venait, quand i etait riche, emplir la poche aux langues etrangeres de son faneux pardessus, la aussi que l'on vit si souvent feu Marmier, de I'Academie francaise. Le quai Malaquais etait sa bibliotheque, il lui en garda reconnaissance, car une clause de son testament etait ainsi conue: En souvenir des heureux. moments que j'ai passes au milieu des bouquinistes des quais de la rive gauche, moments que je compte parmi les plus agreablement mnouvementes de mon existence, je legue a ces braves etalagistes une somme de Inille francs. Je desire que cette somme soit employee par ces bons et honnetes commercants, qui sont au nombre de cinquante environ a se payer un diner et a passer une Ileure pleine d'entrain en pensant a moi. Ce sera mon remerciement pour les nombreuses'heures que j'ai vecues intellectuellement dans mes promenades presque quotidiennes sur les quais allant du pont Royal au pont Saint-Michel., Touclante et dcelicate attllention d'un vieillard, exprimee en termes d'une, bonlhomie charmante. II va sans dire que le nom de Xavicr Marmier est reste grave dans la memoire des bouquinistes des quais de la rive gauclhe.

Page  [unnumbered] PAR[S SIXIEM E ARRONaDISSEMENTkl -- -- -- -- o,.-~...... de I'Od~muj ds r~ an Wn~lr...... I m p f d es th.3 7P S d'0rl~anscn ri IV Gare dP. Marin LYC~ de:/ urs M As 8 ~;] ~e4 C Satu d ttde. t fe F ie, C. d e S c ie nd —,ade deile deI\ Std IL Cute, defteE:ec~i. C6 J I~cole(Ecole6 l o te o\3~,p rae %3_ec WONc.ds ce Anf;~S~ad olitIV11 Nel s3 1 aU M, m o 'Zi -~ /1,011 1: BON Pt tit,~ Jr E~col~ e`~d; be, 6ti W fill- J~ d~ss\P~ 0',u Ole PA RIS - AT LAS 6

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Page  69 ---- ------------------- ----------------------.............................................. Phot. Neurdein. LA SEINE ET LE VIe ARRONDISSEMENT VUS DU TROCADPIRO. 6 VIIa a-rcor issP.Lemzel ^e LE PALAIS-BOURBON. - 23~ QUARTIER: SAINT-THOMAS-D'AQUIN. - 269 QUARTIER 27" QUARTIER: ECOLE MILITAIRE. - 28" QUArTIER: GROS-CAILLOU.: INVALIDES. ROIS sie'cles ont concouru a la formation de cet arrondissement, dit le PALAIS-BOURBON: le XVjje a vu se creer les deux premiers quartiers, le xvine, les deux autres, le XIXe enfin, et surtout depuis les Expositions universelles, a determine, aux abords du Champ-de-Mars, un mouvement de constructions importantes, mondaines, qui ont change les solitudes d'autrefois en un sejour fort apprecie. Le VIIU arrondissement est limite au Nord par la Seine; 'a FEst, par Faxe du pont du Carrousel, de la rue des SaintsPe'res et de la rue de Se'vres, qui le separent du VI arrondissement et du XVe arrondissement pour la partie de la rue de Sevres, comprise entre le boulevard du Montparnasse et Favenue de Saxe; au Sud, par Faxe de F'avenue de Breteuil, de la place de Breteuil et de la rue Perignon; 'a 'Ouest, par I'avenue de Suffren. Sa population qui, au dernier recensement, n'atteignait pas tout a fait 100,000 habitants, appartient en grande majorite a la categorie des heureux de la fortune; la classe ouvriere ne s'y trouve que dans certaines parties des quartiers du Gros-Caillou et de 1'Ecole militaire, et pour une part assez faible. Quartier Saint-Thomas-d'Aquin. - Les imposantes facades du quai Voltaire semblent annoncer et faire presager le caractere aristocratique de tout le quartier. Jadis, ce fut le quai des Theatins, parce qu un couvent de cet ordre y 6tait installe depuis 1648, sur 1'emplacement des maisons numerotees de 15 a 21. Le 30 mai 1778, Voltaire mourut au n~ 23, 'a 'angle de la rue de Beaune, ainsi qu'en fait foi une inscription apposee par la Ville de Paris, et le 4 mai 1791, le Conseil municipal de la Commune de Paris donnait au quai des Theatins le nom de Fillustre ecrivain. Charles Boucher d'Orsay 6tait prevot des marchands lorsque, en 1704, un arret du Conseil d'ttat prescrivit Fouverture d'un quai sur la rive gauche de la Seine, a partir de la rue du Bac jusqu'a 400 toises (200 me'tres) plus bas. C'est la partie que nous avons vue se transformer le plus completement depuis quelques annees. En 1894, le cafe d'Orsay, qui faisait le coin de la rue du Bac, a ferm6 ses portes pour ne plus les rouvrir, en depit d'une celebritW longue et paisible, qu'Alfred de Musset avait consacree avant de prendre ses habitudes a la Regence, et a laquelle une certaine affaire Santerre, en 1879 (nous parlons pour les vieux Parisiens), avait donn6 une note fortement pimentee. A cote', est la Caisse des depots et consignations, institution d'ttat qui date de 1816; 1'entree principale est sur la rue de Lille. A Fho'tel des Mousquetaires gris, avait succede une caserne de cavalerie plac~e sous le vocable de Bonaparte. Son emplacement est recouvert par la partie orientale des batiments de la nouvelle gare d'Orleans. Le beau palais de la Cour des Comptes, enfin, bati si soigneusement par Lacornee, decore si luxeusement des fresques de Chasseriau, a disparu a son tour. Ses ruines, encore qu'elles fussent le plus lamentable temoin de la guerre civile de 1871, avaient fini par devenir tres parisiennes; les poe'tes les celebraient, les botanistes trouvaient une flore inconnue dans 1'6paisse vegetation que vingt-cinq annees y avaient laiss6 croitre; la zoologie se flattait d'y rencontrer des espe'ces rares, et, comme les poe'tes, les oiseaux y chantaient. PARIS-ATLAS.

Page  70 70 PARIS -ATLAS Au cours de lannee 1895, la restauratiou de P$6dlftce, tavcC son ancienne destination, avait ete votee, une comminission de, concours instituee (arrete ministeriel du 18 mmi), ]es zarehitectes invites a concourir, un laureat - III Itoytanx pr-oclame; tout cela faisait croire a un prochai accompln ssemeiU k de lceuvre; mais, peu apres, la compa- | gnie d'Orleans entrait en pourparlers 7 avec le gouvernement pour acquerir, au / fii 3 prix de 10,500,000 francs, les terrains de la caserne et de la Cour des Comptes, afin d'y edifier une gare terminus plus centrale, et finalement, dans sa seance / du 9 novembre 1897, le Senat donnait / la ratification supreme 'a cette convention. / Les riverains des quais, du pont Sully au pont Royal, ont deja oublie ce que leur a valu d'ennuis la construction de la ligne, entie'rement souterraine, qui a coute a la Compagnie une somme de \ 50 millions environ, et la nouvelle gare \ (11^ d'Orleans s'est dressee au quai d'Orsay. \ NJ.^^^^^^__|; -Magistralement construite par M. Laloux, \ elle offre un point de vue des plus agrea- \....i......... bles aux promeneurs du quai de lautre.............. rive. Sa fagade est surmontee des statues \ jjj-|| - des trois villes principales du reseau: \ — ^S~ Bordeaux, par M. Hugues, Toulouse, par = M. Marqueste, Nantes, par M. Injalbert. La decoration interieure est due, de STATUE DE CHAPPE (B meme, aux meilleurs artistes. Un hotel terminus, contenant plus de trois cents (( numeros )), prend jour sur les rues de Lille et de Bellechasse. De ce fait, la rue de Poitiers, qui n'avait pourtant que 200 metres de longueur, a ete raccourcie juste de moitie; entre la rue de Lille et la Seine, elle n'existe plus. Dans quelques siecles, les etymologistes seront tentes d'attribuer son nom au voisinage de la gare qui dessert le Poitou, en quoi ils se tromperont car, au xvnie siecle elle existait deja et s'appelait rue Potier. La rue du Bac e'st la voie la plus ancienne d'un quartier qui, nous lavons dit, n'est pas vieux.Elle date de la seconde moitie du xvIe siecle. C'etait alors un simple chemin de terre, ouvert a travers le Pre-aux-Clercs, et servant exclusivement au transport des pierres extraites des carrieres de Vaugirard et de Montrouge pour la construction des Tuileries. Ces materiaux passaient la riviere sur un bac, d'ou le nom de la rue. Au siecle suivant, des communautes religieuses se creerent a Paris avec une ardeur qui ressemblait a de la frenesie. La rue du Bac en eut six pour sa part, dont deux sont restees, au moins en partie: le noviciat des Jacobins, fonde en 1632, est devenu le dep6t de lartillerie et de la marine; son eglise, placee sous le vocable Saint-Thomas-d'Aquin est la paroisse du quartier; le seminaire des Missions etrangeres, ouvert en 1693 a l'angle de la rue de Babylone, existe toujours; sa chapelle est ouverte aux fideles, fort nom-!0 breux da-ws celel r(egion. La belle epoque de la rue du Bac fut le - temps de Louis XV et de Louis XVI; le bon ton exigeait que lon 'et un hRtel au ~ faubourg Saint-Germain o, comme autrefois a la platte o:oyal:, et la mode n'en est pas passee. Le ruisseau 1 (:U n l t Aii M de Stael -si toutefois ce nWest pas de la Seine | > >:qu'elle a entendu parler - arrose des R Ww ^ maisons qui ont presque toutes leur hisX;; \toire. La rue a, d'ailleurs trouve son hisK —tt;: E \torien en la personne de M. Charles Du0 0;:iN > plomb, et pour le detail nous renvoyons.^^; \ a son interessante monographie. Si les.~ II llfi;:;Zl0:iliS \ immeubles situes entre le quai et la rue i P^^^^^^ \ de Lille paraissent beaucoup plus jeunes \ que leurs voisins, et ils le sont en effet, \ cest parce que la guerre civile a passe te it^^^^ ^ par la'. Six maisons furent ~ petrolees ~ le 24 mai 1871, et nont ete reconstruites;liil^^^^if-; 0 U 0 que ciinq ans apres. Le general Schramm, qui a sa sepulture............ dans le petit cimetiere de la Courneuve, pres Saint-Denis, ou il etait chAtelain, habitait le n~ 24; il y est mort le 25 fevrier 1884. Le n~ 46 represente lhotel du fameux -.......... B / banquier Samuel Bernard. Quelques pas plus loin, on croise le boulevard Saint-Germain. Ce point pourrait s'appeler carrefour Chappe, car au centre se dresse un monument eleve a la memoire de linventeur du telegraphe pULEVARD SAINT-GERMAIN). aerien et auquel Pappareil contre lequel l'ingenieur est adosse donne un aspect assez singulier. Un peu au dela de la rue de Grenelle, a gauche, etait lune des facades du couvent des Recollettes, dont l'eglise desaffectee devint la salle du theatre des Victoires Nationales, puis la salle du Pre-auxClercs. On y dansait; depuis, on y a fait de conferences politiques et autres. Une plaque commemorative rappelle aux passants qu'au n~ 108 mourut Laplace; au n~ 120 une inscription analogue signale la maison mortuaire de Chateaubriand. Presque en face, commencent les nouvelles constructions du Bon-Marche, toujours s'agrandissant depuis la fin du second empire. A mentionner, plus bas, un autre grand magasin de nouveautes, le Petit-Saint-Thomas, dont les parchemins remontent jusqu'a 1810. Le Pre-aux-Clercs, dont il a ete dit un mot plus haut, etait une vaste prairie dont l'Universite et l'abbaye de Saint-Germain-des-Pres se disputerent la possession durant des siecles. La victoire resta finalement aux moines. Larue de Grenelle (chemin de Garnelles) la limitait au sud; la rue du Bac la separa en deux parties a peu pres egales dans le sens de la largeur, la rue Saint-Dominnique, dans la longueur. Hotels et couvents commencerent a s'y elever sous Louis XIV. Que de changements depuis lors! La rue Saint-Dominique qui, on le devine, devait son nom aux Jacobins ou Dominicains de Saint-Thomasd'Aquin, se confond maintenant -- - ^^^.v. w__ - __rSC.c<S avec le boulevard! ': "^ -;::.::: f;Ililll S ain t-G erm ain i000 0; 0 f 00000f003f:00000000000;~;Sf;0; 000t00f:f::: Chs~se., et.n. i........ n6e;!amorc'e un peu partout, il ne u Ie sache've n 'I part, et ne rend ainsi que d'insignifiants services a la circulation. m La rite de Grenelle froide et se've"re, posse'de une merveille au no 57-59: FACADE D F, L'JGLISE St-TIIOXTAS-T)'AOTTTN MAISON MORTUAIRE DE VOLTAIRE (1, RUE DE BEAUNE), - - -- -- XU*', -" 1-1X U N III MO 'l U a W U I as

Page  71 SEPTIEME ARRONDISSEMENT De quelque c6te que vous vous tourniez, quelque ---: partie que vous embrassiez, la disposition de tous les Illlllllll^ 0objets vous dessine toujours une pyramide, et cepenlt lilll dant, cet edifice est voile avec tant d'adresse qu'il ll1-^!^^ <: l faut en etre averti ou etre plus qu'initie dans les arts, pour I'appercevoir. )) Rappelons que le groupe de statues represente la Ville de Paris assise, ayant a ses cotes la Seine et la Marne. Au n~ 79 est l'ambassade de Russie, sur laquelle Paris et le monde entier eurent les yeux fixes [EIE E ~pendant les quatre jours d'octobre 1896, ou l'empereur et l'imperatrice de Russie y residerent. De longtemps sans doute, la paisible rue Saint-Simon ne reverra les corteges magnifiques qui la parcoururent alors. S'il les avait vus, le grand ecrivain dont elle porte le nom les aurait juges dignes de son temps et dignes d'etre decrits par lui. Disons a ce propos que Saint-Simon est ne et mort dans le VIIe arrondissement: ne dans un hotel qui portait le n~ 48 de la rue des Saints-Peres, et que le percement du boulevard Saint-Germain fit disparaitre en 1877. mort a rue de Grenelle, pres de la rue de Bellechasse, dans un enclos dependant de labbaye de Pentemont, dont I'eglise est devenue aujourd'hui un temple protestant. C'est en 1879 qu'en son honneur la rue de la MARCHE. Visitation fut debaptisee, le couvent dont elle rappelait l'emplacement ayant disparu depuis longtemps. En face du debouche de la rue Saint-Simon sur le boulevard SaintGermain, le ministere des Travaux publics expose ses longues PERSPECTIVE DE LA RUE DE SEVRES ET MAGASIN DU BON la fontaine de Bouchardon, dont la construction fut ordonnee en 1639. Le Mercure de France de mai 1746 en donne une description complete sous forme de lettre de M*** a un ami de province. Nous lui emprunterons l'historique de la construction: ((... Vous etes deja instruit que cette fontaine est situee dans la rue de Grenelle, assez pres de l'endroit ou cette rue se croise avec celle du Bac. Comme vous n'ignorezpas qu'il ne se trouvait aucune fontaine publique dans tout ce grand quartier, aujourd'hui si peuple, vous comprenez aussi combien il etait necessaire qu'on en batit une; mais peut-etre que les raisons qui ont determine sur le choix de la place qu'elle occupe vous sont inconnues; vous ne scavez peut-etre que ci-devant c'etoit un terrain vague appartenant aux religieuses recollettes, dont on pouvait faire aisement l'acquisition au lieu que, partout ailleurs, la meme acquisition eut souffert de tres grandes difficultes. J'ai cru devoir vous faire en passant cette observation qui servira de reponse a eux qui critiquent un peu trop severement le choix qu'on a fait de cet emplacement. (( Les arrangemens pris pour l'etablissement de cet important edifice, M. Turgot, dont la Prevote sera memorable a jamais par le nombre, la grandeur et 'utilite des ouvrages dont il a embelli la capitale, et Messieurs du.Bureau de la Ville, jetterent les yeux sur M. Bouchardon, sculpteur ordinaire du Roi, dont la reputation etait grande dans toute 1'Europe, pour executer leur projet; ils lui firent faire des dessins et un modele qui furent generalement applaudis, et l'on posa la premiere pierre de l'edifice sur la fin de Pannee 1739... )) Suit la description, trop longue pour que nous puissions la reproduire. L'auteur y remarque que a tout y prend la forme pyramidale, si recommandee, si bien mise en pratique par le fameux Michel-Ange. VUE DE L'H6PITAL LARNNEC. facades, sur 'emplacement des hotels de Roquelaure et du Lude, ou il a succede au ministere de l'Agriculture. II avait ete auparavant installe rue des Saints-Peres, dans les batiments qu'occupe aujourd'hui MAISON MOR'1'UAIRE DE CHATEAUBRIAND (120, RUE DU BAC). LA MAIRIE DU VIIM ARRONDISSEMENT.

Page  72 72 PARIS - ATLAS l'Ecole des ponts et chaussees, cl'ou sortent nos ingenieurs de l'Etat. Dans la partie orientate de l'arrondissement, il faut signaler, rue de Sevres, 16, l'ancienne Abbaye-aux-Bois, fondee la en 1654, et qui fit tant parler d'elle sous,la Restauration. C'etait a ce moment-la une simple maison de retraite pour dames; elle est devenue communaute religieuse. Le square des Menages, qui la separe des magasins du Bon de maisons ou d'hotels bien clos et dont aucun bruit ne vient, font naitre la melancolie. On n'est pas plus calme dans la ville la plus calme de province. A signaler dans la rue de Varenne (lisez rue de la Garenne) le vaste hotel de l'ambassade d'Autriche-Hongrie, auquel fait face celui de la legation du Saint-Siege, et enfin, dans la rue de Bellechlasse,..:. x.-:*........ LA FONTAINE DE BOUCHARDON (RUE DE GRENELLE). a 'angle de la rue de Grenelle, les batiments de la direction du genie et ceux d'une caserne d'infanterie dite de Bellechasse, qui ont succede a l'abbaye de Penteniont dont nous parlions tout a lheure. Quartier des Invalides. - Au mois d'avril 1674, le roi signait un edit ((perpetuel et irrevocable)) aux termes duquel il fondait ((l'Hotel royal que nous avons qualifie du titre des Invalides, lequel nous faisons construire au bout du faubourg Saint-Germain pour le logement, subsistance et entretenement de tous les pauvres ofliciers et soldats de nos troupes qui ont ete ou seront estropies, ou qui, ayant vieilli dans le service en icelles, ne seront plus capables de nous en rendre )). C'etait, enoncee dans une forme assez incorrecte, la plus louable et la plus humanitaire fondation, mais 'idee n'en revenait pas a Louis XIV. Henri IV et Louis XIII avaient, avant lui, songe a ces pauvres officiers et soldats; ils leur avaient affecte le chateau de Bicetre; Louis XIV eut le merite de leur consacrer un etablissenment en rapport avec leurs services... et sa propre gloire. LA FONTAINE DE MARS (RUE SAINT-DOMINIQUE). Marche depuis 1865 ne doit pas cette domination patriarcale a une frequentation plus speciale d'epoux unis comme Philemon et Baucis, mais simplement au fait qu'il occupe l'emplacement de l'hospice des Menages, maison de retraite pour les vieillards maries, aujourd'hui transferee a Issy. LVhopital Laennec n'existe avec sa destination actuelle et son nom qui est celui d'un medecin, que depuis 1878. Avant, c'etait l'hospice des Incurables fonde en ce lieu des 1634, et qu'aprqes la guerre on a transporte dans des locaux bien plus vastes, a Ivry. La chapelle conserve la sepulture - heureusement retrouvee en 1899 - des deux Turgot, le premier, prevot des marchands, mort en 1751, le second, sonl fils, qui fut avec Necker le seul bon ministre de Louis XVI, et qui mourut en 1781. Si 'on revient a la Seine par les rues Vaneau et de Bellechasse dont l'axe fait la limite du quartier Saint-Thomas-d'Aquin, on trouvera sans doute la promenade morose. Ces rues silencieuses, bordees::::::::::::: f::::::::::0:: A.NIBASSADE D'ALLEAIAGNE (RUE DE LILLE). EINT 1EE DE L'AIBA66ADE DE RUSSIE (RUE DE GRENELLE).

Page  73 SEPTIEME ARROND I S SEMENT 73 Le (bout du faubourg Saint-Germain - -^^ etait a cette epoque une simple plaine, Pancienne garenne dont Grenelle a recu / son nom et qui, vers le Sud, s'etendait jusqu'au village d'Issy. Balaye par les vents du Sud et de l'Ouest, avant qu'ils / aient passe par la ville, elle etait particu- / lierement salubre, et en consequence, / | I 1 fort bien choisie. / 1 Deja, nous avons eu occasion de constater que l'architecture civile, au temps de Louis XIV, avait fourni de bien meilleurs types que l'architecture des eglises. Par une heureuse exception, l'hotel des \..,....... t....-...........~x Invalides offre dans son ensemble un \ rapprochement egalement remarquable \ des deux styles. L'hotel, vu de l'exterieur, \ ou lorsqu'on y a penetre, a tres grand \ air et fait honneur a l'architecte Liberal \ Bruant qui l'a construit. L'eglise, dediee a saint Louis, dont le meme architecte avait commence la construction et que Jules Hardouin-Mansard acheva, n'a pas \htNere,,,. w,. Phot Neur~dein. "^ cet aspect triste et froid des paroisses parisiennes baties a la meme epoque: son TOMBEAU DE 'EMPEREUR dome, fameux entre tous, lui assure pour NAPOLEON I1r. toujours l'admiration non seulement du grand public, mais aussi de tous les connaisseurs. I1 constitue, a vrai dire, une seconde eglise formant l'abside de la chapelle proprement dite, Saint-Louis-des-Invalides, qui est encastree dans les batiments de Fhotel, et il a une facade speciale, de la meilleure architecture, ouvrant sur la place qui porte actuellement le nom de Vauban, mais qui alors formait une esplanade aussi vaste que celle de la facade opposee. Les voutes de la coupole sont ornees de peintures de Lafosse et Jouvenet; les murs des chapelles, disposees en forme de croix grecque, portent une decoration picturale de Boullongne et de Doyen. Mais la (( gloire )) des Invalides, c'est le tombeau de Napoleon Ier; les etrangers, et bon nombre- aussi qui ne le sont pas, inclinent a croire que la coupole a ete construite pour abriter les cendres de l'Empereur et en font tort a la memoire de Louis XIV. (( Je desire, avait ecrit l'exile de Sainte-Hele'ne, que mes cendres reposent sur les rives de la Seine, au milieu de ce peuple francais que j'ai tant aime. ~ La Restauration ne pouvait guere satisfaire a ce vceu; le gouvernement de Louis-Philippe y acceda. Le 15 decembre 1840, le cercueil de Napoleon, ramene de Sainte-Helene, etait depose dans la chapelle Saint-Jerome, sous la coupole des Invalides, et aussitot un concours fut ouvert entre les architectes pour le projet d'un tombeau definitif et monumental. Les plans de Visconti furent agrees; ils consistaient a ouvrir au centre de l'eglise, sous le dome meme, une large cavite circulaire qui ne serait pas refermee, et dans laquelle un mausolee magnifique contiendrait le cercueil rapporte en France. Les travaux durerent longtemps, car l'inauguration solennelle du monument n'a eu lieu que le 2 decembre 1861. Napoleon III y presidait.::: i 4: 4::::: A:: @ A::f 0;:;: 0t0 A; 0;: L'esplanade des Invalides, qui offre a ]'edifice une si majestueuse perspective jusqu'aux Champs-Elysees entre les pylones du pont Alexandre IID, ne recut ses six rangs de quinconces qu'en 1750, mais elle avait ete creee en meme temps que l'Hotel meme des Invalides. Promenade ombreuse, melancolique, parfois peu sure apres la tombee de la nuit, elle n'offrait guere de charmes qu'aux habitants du voisinage, ce qui n'empeche qu'il y eut une levee en FAQADE SUD ET DOME DE L'H6TEL DES INVALIDES.:: ~::::::- g:::~i::::: A: ~i~ 0; d::: 0:: AS::::::;::,::::::::D iii; if masse de tous les Parisiens lorsque, a l'automne de 1893, la nouvelle se repandit que la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest allait y installer une gare tete de ligne pour ses trains de Bretagne. Une gare, dans cette foret d'arbres et de souvenirs! La gare des Invalides a ete faite, cependant, mais de facon a ne pas violer lesthetique, car, par une ingenieuse disposition, ses batiments superieurs depassent de peu d'elevation le niveau du sol, et ont le merite d'une reelle coquetterie. Deux series de trains y aboutissent: ceux qui viennent de la gare Saint-Lazare par la ligne de Ceinture et l'embranchenent de Courcelles au Champ-de-Mars,' et ceux qui, se detachant a Versailles de la grande ligne, rejoignent la ligne des Moulineauxpar une voie. en partie souterraine qui passe sous les bois de Meudon et de Chaville. Pour ces derniers, la traction est electrique entre les Invalides et Versailles, en raison meme du tunnel de Meudon, long de 4 kilometres, et dont la disposition en lacets rendrait l'evacuation de la fumee presque impossible. A l'angle N.-E. de l'Esplanade s'eleve le minist6re des Affaires etrangeres, dont seule, la facade sur le quai d'Orsay est reellement digne, par son ordonnance a la fois elegante et majestueuse, d'un edifice ou frequentent les representants des puissances etrangeres. II a ete construit par Lacornee, le meme qui avait bAti le palais de la Cour des Comptes. A cote, un peu en retrait et dissimule par un massif de verdure, est Fhotel du president de la Chambre, ancien hotel de Lassai, 7. UN DES CANONS DE L'HOTEL DES INVALIDES. PARIS-ATLAS.

Page  74 74 PARIS-ATLAS contemporain du Palais-Bourbon, commence en 4721 pour tla.. duchesse de Bouirbon, et:t muqutill /. le prince de Coni fli apttttortcr, // a partir de 1764, tal-tt:doe cot-14x / / embellissements lotie m e n lot.l sute'*l(l- / i; T donnant son htel voX ism d //^AoS-s LuxembourgX, il t l ct d id / d,.'' faire, a l'avenir, de celui-ci, o:e / Iei i palais des premiers chefs de sa / maison)). C'est de ce temps que |a date notamment la creation de / la place da Palais-Boutrbon et la - / deviation de la rute de Bourgogne, qui avait ete ouverte des le comm-encement du siecle. Devenu Chambre des deputes, le........... Palais-Bourbon est un des mo- |.t.numents les plus connus des Parisiens qui le designent rare- \ ment sous son nom primitif, ou \ l'appellent encore quelquefois \.... le Corps legislatif, mais sa facade \ j principale est devenue secolln-. daire depuis qu'a la place de l'ancienne terrasse du bord de l'eau, si charmante d'apres les gravures du xvi11~ siecle, Napoleon Ier fit construire par Poyet ^-> le grandiose placage d'architec- l<m ture aux douze colonnes qui fait face au pont de la Concorde. Au FOSSES ET JARDINETS D: fronton, Cortot sculpta un large bas-relief dont la France, entouree des divinites qui font sa force, occupe le centre. Au bas du perron, groupees deux a deux de chaque cote de la facade se dressent les statues quelque peu massives de Sully et du chancelier de L'Hospital, de Colbert et d'Aguesseau. Le projet d'un pont reliant la place Louis XV au Palais-Bourbon, sous le nom de pont Louis XVI, avait ete approuve en 1786. Perronet, qui, peu d'annees avant, s'etaitillustre a batir le pont de Neuilly, fut charge de cette nouvelle ceuvre. Il resulte de documents precis qu'a la fin de 1787 il avait touche 100,000 livres d'honoraires pour l'tude du plan et six mois de surveillance des travaux. Le pont ne fut acheve qu'en 1791 et sa denomination passa par les. memes vicissitudes que celles ^V>s-^ \de la place ou il conduisait. C'est I> \\en 1795 qu'il fut definitivement:nomme pont de la Concorde. Il serait imprudent d'affirmer: suitesque sa construction fut achevpe \ a l'aide de pierres provenant de la demolition de la Bastille:on \ nen est rien moins que sur. Ce qui est certainu, en revanche, c'est que, en 1813y,Napoleon Ier avait confie a douze sculpteurs s'exscution die douze statues de gen eraux au prix de 2s,000 francs I | Clacheune pour la decoration lua _"" 1 P.: ont. Ce projet n'eut pas l e suites; la Restauration le repritd e palais Bcetle fois en l'honneur de grands Lille G i Se deS r SaSa::>S hommes de l'ancien regime::p r. | queConde, Duguay-Trouin, Du Gues~f clin, Turenne, Sully, Colbert,,, il fu, ss Suffren, Richelieu, Bayard, Du ted r Lu 1uesne, Suger, Tourville. Les statues furent faites et installeesComts npais, en 1837, on dut les enlever car leur masse excessive etait |0009 0,//- facheuse pour l'ceil et allait ymeme jusqu'a compromettre la _ i. solidite du pont: elles allerent decorer la grande cour du chtL'HOTEL DES INVALIDES. teau de Versailles, elles y SOnt encore aujourd'hui. Les edifices administratifs sont fort nombreux dans la partie orientale du quartier des Invalides. Le palais de la Legion d'honneur occupe le quadrilatere forme par les rues de Bellechasse et de Solferino, le quai d'Orsay et la rue de Lille. C'etait l'hotel de Salm-Salm, bati en 1786 avec une rare elegance, encore qu'un peu mievre. Apres que Mme de Stael y eut vecu quelque temps, il fut affectO, sous Napoleon Ier meme, a l'ordre de la Legion d'honneur. Les flammes, qui, en 1871, detruisaient la Cour des Comptes, ne l1epargnerent pas, mais on a pu le reedifier avec sa grace primitive. L'ambassade d'Allemagne occupe un bel hotel, rue de Lille, 78. - De l'autre cote du boulevard Saint-Germain, le ministere E ENTREE NORD DE L'HOTEL DES INVALIDES. de la Guerre montre, sur le boulevard, une facade relativement neuve, agrementee d'une tour dont l'utilite est discutable, et sur la rue Saint-Dominique occupe les batiments de l'ancien couvent des Filles de la Providence ou de Saint-Joseph, fonde la en 1640. Dans la rue de Grenelle, le ministere de l'Instruction publique s'est installe dans l'ancien hotel de Navailles. II y est mitoyen avec la mairie de l'arrondissement, etablie dans l'ancien hotel dont le marechal de Villars avait confie la construction a l'architecte Lelion. - En face de ces edifices, les batiments de l'administration generale des postes et telegraphes, bien places a cote du ministere du Commerce, des Postes et de l'Industrie, dont elle releve. Plus bas, jusqu'aux Invalides, l'archeveche occupe, apres l'ambas I.Ruti. INeuLaIein. VUE II'NTERIEURE DE LA CHAPELLE DES INVALIDES.

Page  75 SEPTIEME ARRONDISSEMENT 75 FAQADE NORD DE L'HOTEL DES INVALIDES. sade d'Autriche, l'ancien hotel du Chatelet, depuis que le pillage du palais voisin de Notre-Dame eut force l'archeve que a chercher une autre demeure. Rue de Varenne s'eleve le coquet ministere de 1'Agriculture. - Un dossier des Archives nationales nous apprend qu'une ordonnance royale du 18 mai 1838 a autorise (( le sieur Barbet de Jouy a ouvrir une rue sur ses terrains, entre les rues de Varenne et de Babylone )o. C'est le pere, sans doute, d'un archeologue qui a fait honneur a la science francaise. - Au dela, 'aristocratique couvent du Sacre-Coeur etend sonl domaine de la rue de Varenne a la rue de Babylone. L'eglise Sainte-Clotilde est la paroisse de cette region. Sa fondation fut ordonnee par une deliberation municipale du 19 decembre 1845 et entreprise sous la conduite de l'architecte Gau, puis de Ballu; elle a ete consacee en 1857. Ses deux fleches, que l'on voit de loin, lui donnent l'air d'une cathedrale gothique, mais a l'examiner de pres, I'on se rend compte que l'art de fouiller la pierre, si familier au moyen age, a ete ici tout a fait neglige. La clientele paroissiale est parmi les plus aristocratiques de Paris. Quartier de 1'Ecole militaire. - Louis XIV avait donne l'abri des Invalides aux officiers et soldats blesses ou vieillis sous le harnois; Louis SV voulut fonder une -cole modele pour former des officiers jans vIert do laqui reerent L paraEcole mi litaire: ~( Enfinl, nous avons consider~e que si le feu roi a fait construire htel deuxs Invalides, pour etre e terme honorable ou viendraient finirin paisiblement leurs jours ceux qui auraient vieilli dans la profession des armes, nous ne pouvons mieux seconder ses vues qu'en fondant une les termeg memes de,,,; ecolettres ou la jeune noblesse qui doit entre dans cette carriere puisse tentes do, janvier 1751 qui cree'rent F~colemiP Pot. Neurdeln. litaire: (( Enfiin nous avons consid~r'e que si Ie feu roi a fait construire Fho'tel des Invalides, pour e'tre le terme honorable o-i' viendraient finir paisiblement leurs jours ceux qui auraient vieilli dans la profession des armes, nous ne pouvons mieux seconder ses vues qu'en fondant une 6cole ou' la jeune noblesse qui doit entrer dans cette carrie're puisse apprendre les principes de la guerre... )) L'Ecole devait recevoir (( cinq cents gentilshommes nes sans biens )). Sa construction, dans la plaine de Grenelle, fut confiee a Gabriel, le brillant architecte des hotels de VUE DU PALAIS DE LA LEGION D'IIONNEUR. /I' COUR DU PALAIS DE LA LEGION D'HONNEUR.

Page  76 76 PARIS - ATLAS L'Institution nationale des- jeunes aveugles a pris possession de ses batiments, a l'angle de la rue de Sevres et du boulevard des Invalides en 1843. La statue de Valentin Haiiy est placee dans la cour d'honneur qui precede la facade. On ne pouvait mieux choisir pour honorer la memoire de celui qui, le premier, s'ingenia et reussit a donner l'instruction, souvent meme le talent, aux malheureux qui ne doivent jamais connaitre la lumiere. On se trouve etre la dans une des regions des plus tranquilles de la ville. II n'est pas de rues plus calmes que les rues Bertrand, Duroc, EblD, Oudinot, malgre les noms de brillants guerriers qu'on leur a donnes, que la rue Monsieur, ouverte en 1778 sur la demande de Monsieur, frere du roi. Le couvent des Oiseaux, la maison des freres Saint-Jean-de-Dieu, d'autres monasteres encore y occupent de vastes enclos; le seul bruit qu'en entende est celui des cloches, a intervalles lents et reguliers; c'est la paix des cloitres. Vers le milieu du Xvlle siecle, le quartier du Gros-Caillou s'appelait ((marais du faubourg Saint-Germain )); son nom pittoresque lui vient d'une grosse borne qui servait a delimiter les censives des abbayes de Sainte-Genevieve et de Saint-Germain-des-Pres, proprietaires a peu pres egalement de toute la plaine de Grenelle. Les maisons ne commencerent a s'y grouper que sous Louis XV et c'est en 1735 qu'y fut decidee la fondation d'une paroisse.Comme aujourd'hui, les rues de Grenelle, Saint-Dominique et de l'Universite etaient les principales arteres du nouveau quartier; des voies secondaires les reliaient entre elles: la rue de l'Eglise (actuellement rue Cler), la rue ENTREE DU MINISTEtRE DES AFFAIRES ETRANGERES (RUE DE 'CONSTANTINE). la place de la Concorde, et elle peut passer pour un chef-d'oaeuvre.. j. i' La facade principale sur I'avenue de la Motte-Picquet comporte une i li::: decoration de dix colonnes corin- SI thiennes surmontees d'un entable- 1^ ' ment, 6galement corinthien. Sou- { '|.' cieux du beau, Gabriel a traite avec ||||| non moins de soin F'autre facade 2I donnant sur la place de Fontenoy, que decore un monument qu'on trouvera peut-etre un peu grele pour etre dedie (( a la gloire des armees )>. L'institution de 'Ecole militaire n'atteignit meme pas. 11| l'heure de la Revolution; supprimee une premiere fois en 1776, elle le fut definitivement en 1787. Depuis, la majeure partie des batiments a toujours ete affectee au service d'une caserne; mais, comme pour revenir aux traditions d'origine, l'Ecole superieure de guerre y a son siege ainsi que divers comites techniques de la science mili- - - taire. FAQADE DU MINIST Saint-Frangois-Xavier est 1'eglise paroissiale du quartier. Son orientation bizarre s'explique par le fait qu'elle devait terminer la: perspective d'un boulevard partant du pont du Carrousel, et qui n'a jamais ete fait. L'edifice, construit avec elegance, a ete livre au culte en 1874; il a eu pour architectes MM. Lusson et Achard. -- - ERE DES AFFAIRES ITRANGERES SUR LE QUAI D'ORSAY). de la Vierge, absorbee par l'avenue Bosquet, la rue Saint-Jean ou des Cygnes, devenue rue Jean-Nicot. Entre le pont des Invalides et la passerelle de Passy, qui bien entendu, n'existaient pas alors, la Seine formait une ile -qui s'appelait FAQADE DU MINISTERE DE LA GUERRE. ENTREE SUD DE LA CHAMBRE DES DEPUTES.

Page  77 SEPT1EME ARRONDISSEMENT 77 _ _ ~ _ ~ __ ~ I depuis Louis XIV ale des Cygnes parce'que le roi l'avait affectee a la residence de quelques-uns de ces gracieux oiseaux, et qu'il ne faut pas confondre avec l'ile des Cygnes actuelle, situee entre la passerelle de tique menace produisit son effet et le pont fut epargne. Une ordonnance royale du mois de juillet suivant lui donna le nom de pont des Invalides. II redevint pont d'lena sous Louis-Philippe. En 1853, on a - Phot. Neurdein. FAgADE DE LA CHAMBRE DES DEPUTES (QUAI D'ORSA Passy et le pont de Grenelle. L'entreprise de reunir la premiere a la terre ferme, en meme temps que le prolongement du quai d'Orsayp fut commencee en 1773, mais des contestations de propriete entre la Ville et 'Etat, les evenements politiques aussi, firent qu'elle ne fut achevee qu'en 1813. C'est sous cette vallee comblee que court la nouvelle ligne de chemin de fer entre les Invalides et le Champde-Mars. La manufacture des tabacs et le magasin central des hopitaux militaires, le depot des marbres de l'Etat sont construits sur l'ancienne le des Cygnes. L'eglise Saint-Pierre-du-Gros-Caillou a ete reconstruite, de fond en comble, sur l'emplacement de l'ancien edifice, de 1822 a 1823, par Godde. C'est un monument insignifiant. Le pont des Invalides date de Charles X, sous le nom de pont d'Antin. C'etait alors un pont suspendu, en fil de fer: il a ete refait, en pierre, en 185a et reedifie presque entierement en 1881 a la suite d'une debacle de glaces survenue en 1880. Le pont de 1'Alma rappelle la victoire remportee par nos troupes pendant la campagne de Crimee, le 20 septembre 1854. Sa construction etait deja entreprise. II est decore de quatre statues de soldats francais qui ont tre's bonne allure. La construction du pont d'e'na fut commencee en 1809 et achevte eASLED quatre ans plus tard. Son nom faillit le perdre. Lorsque les Prussiens entre'rent dans Paris, en 1814, le feld-markchal 131fcher ordonna de faire sauter a la mine un monument dont le vocable Rtait une insulte a sa nation. Louis XVIII, qu'au meme moment, pourtant, les allies /reintegraient sur le trone, eut le grand merite de s'opposer avec la dernie're energie A cet acte de vandalisme. II kcrivit sur-le-champ au roi de, Prusse un billet des plus courageux: ((... Je prie V. M. dinterposer son autorite; c'est une grace que je lui demande. Si toutefois vous ne vouliez pas me Faccorder, je me bornerai a vous inviter a me faire savoir Pheure ou A on fera saxiter le pont, pour que j'aille me ---- ------- -- placer au milieu. )) Cette patrio- LA SALLE DE plac6 'a chacune de ses en trees deux groupes d'e- HORLOGE DU hIINISTERE DE LA GUERRE cuyers: un (BOULEVARD SAINT-GERMAIN). grec, un romain, d'une part; un arabe,' un gaulois, d'autre part, mattrisant des chevaux. Ce sont des oeuvres mediocres et d'une erudite choquante. La description du Champ-de-Mars, les destinations si diverses qu'il a recues depuis cent cinquante ans demanderaient, pour etre exposees en detail la matiere d'un volume. Long de 985metres, large de 423, il fut d'abord le champ de manoeuvres affecte aux exercices de 'Ecole militaire. En 1790, pour la fete de la Federation, on le borda de talus en terre; les douze mille ouvriers employes a ce travail ne suf S SEANCES DE LA CHA IBA E DES DE1P'UTES.

Page  78 78 PARIS -ATLAS fisant pas a la tache, ce furent les habitants eux-memes de Paris et des enrvirons qui vinrent les aider a Fachever pour la date voulue, et lon sait quel enthousiasme indescriptible recueillit cette premiere grande fete pacifique de la Revolution. La Federation y fut commemoree encore en 1791 et en 1792... La meme annee, quand la patrie fut proclamee en danger, c'est au Champ-de-Mars que les volontaires accoururent pour se faire enroler en foule. Puis, ce furent, jusqu'a'l'Empire, les fetes republicaines de la Liberte, de lagricul nee 1886, M. Eiffel, ingenieur civil, fit agreer par le gouvernement le projet d'elever au Champ-de-Mars, pour l'Exposition de 1889, et cela a ses risques et perils, une tour toute de fer, haute de 300 metres, c'est-a-dire depassant de 125 metres le monument le plus eleve du monde entier, la tour de Washington. Quand le dessin en fut produit dans le public, il y eut de nombreuses protestations d'artistes et d'ecrivains, declarant qu'une pareille construction deshonorerait la beaute de Paris. On jugera par cet extrait de l'ardeur qu'apportaient les protestataires dans Phot. Gaillard. EGLISE SAINTE-CLOTILDE. | = =lture, la pompe fune'bre g _Pi Une ex osiition des proLA^^a^^^fe^-;:^:^;,^^^^^^^^ duits de Findustrie (la tGLISE St-PIERRE DU GROS-CAILLOU. premiere exposition francaise qui ait eu lieu) s'y ouvrit le 19 septembre 1798. Napoleon Ier y vint deux fois en grande solennite: le 5 decembre 1804 pour distribuer les aigles a larmee, le 2 avril 1815 pour presider au banquet offert, en lhonneur du retour de i'le d'Elbe, a la garde nationale par la garde imperiale. Pendant la Restauration et sous Louis-Philippe, les revues de la garde, nationale se passerent au Champ-de-Mars. Entre temps, on y faisait-des courses de chevaux. Le second Empire y convoqua aussi, pour des revues solennelles, les troupes de la garde imperiale et de la garnison de Paris. L'Exposition universelle de 1867, la seconde de ce genre qui ait eu lieu a Paris, se tint pour la premiere fois au Champ-de-Mars; le Palais de l'Industrie avait suffi a la premiere, celle de 1855. Deja, il faut remonter loin dans le cours des souvenirs, ou consulter les documents contemporains pour se rappeler son elegant palais de forme elliptique et le parc si coquet qui Pentourait. _ Des lors, la periode unde- _.._ cim ale des expositions uni- illlllli0it:::!^.^ - -- verselles etait creee beaucoup ll^^ip - N^^;^ ^ par le hasard. L'Exposition de188 n'eutauChilamp-dedes titrme clve dre ais realidelas m le, sea ont rus e s-l _ _. _ de 1889r de dote ceuerrain Cetde cqqes tmon umet dtablese det parchite enes, - denitre ive omersrain mialitees des constructions infiniment curieuses a visiter. Au commencement de t Pan- INSTIUT NATIONAL la m anifestation de leur...................... Atg........... ----k —;| —? --- —W — - - in d ignati on............. 11..I suffit, d'ail - leurs, pour se rendre rs=-! compte de ce que nous EGLISE SAINT-FRANgOIS-XAVIER. avancons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris ainsi qu'une gigantesque et noire cheminee d'usine, ecrasant de sa masse barbare Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, la tour Saint-Jacques, le Louvre, le dome des Invalides, l'Arc de Triomphe, tous nos monuments humilies, toutes nos architectures rapetissees, qui disparaitront dans ce reve stupeflant. Et pendant vingt ans nous verrons s'allonger sur la ville entiere, fremissante encore du genie de tant de siecles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre, I'ombre odieuse de l'odieuse colonne en tole boulonnee... )) Tout cela etait fort exagere, et lon fit bien de ne pas s'arreter a ces declamations, car, en realite, si le monument ne degage pas une somme considerable d'esthetique, il ne s'impose pas moins a l'admiration par sa hauteur, sa hardiesse et la legerete apparente d'une force qui resiste aux plus redoutables tempetes observees jusqu'ici.;;i,;; i^;,,:;. ^, - - - ^.^; ^ La galerie des Machines, elle, 'avait pas rencont )ESt JEUE | rMM. dDtteart et Contamin lle 01~ ~ a pas ct os molhin d si | _ 11 | _ |1 millnsl l'et dem.es la rndoef v S!-w _ =.=.supperspecivetnteradmiiree e _: _ _ W 1889.l pls lasrges fuaites jmil _ __ convienitde, let l'ceves deti *... _S: U........... g.. l'rcitectepr Raulin. Lepn vasisseau de 190fonme circulavire peu contenire cenvi-o 3ESJ EU NESA 3U L13. uinze mlle dersonnles; quin I

Page  79 SEPTIEME ARRONDISSEMENT 79 Phot. Netirdein. FAQADE DE L'ECOLE MILITAIRE. coupole le recouvre, par laquelle la lumiere penetre a travers un vitrail qui lui donne des tons tres doux et fort agreables a l'coeil. Sur les retombees de cette coupole se voient de grandes compositions picturales dues a MM. Flameng, Cormon, Rochegrosse et Maignan. Une description detaillee de l'Exposition universelle de 1900 ne saurait entrer dans notre cadre, mais il est impossible de ne pas dire quelques mots de ses origines, de sa conception et des merveilleuses manifestations du genie humain que la derniere annee du xixe siecle auravu s'y accomplir dans leur radieux epanouissement; c'est, pour le livre d'or de Paris, une des plus belles pages, et elle vient ici bien a sa place, dans les annales du VIIe arrondissement, qui a fourni a l'euvre une si large part de son territoire. Un decret du 13 juillet 1892 decida qu'au printemps de 1900 Paris ouvrirait, pour la cinquieme fois dans le cours du siecle, ses portes aux travailleurs du monde entier. Dans le rapport motivant ce decret, le ministre du Commerce s'exprimait ainsi: (( Le sentiment qui se dessina aux derniers jours de 1889 a pris corps, il s'affirme, pressant et irresistible; il demande que l'intervalle qui, depuis quarante ans, a separe nos Expositions universelles de 1855, 1867, 1878, 1889 ne soit pas depasse. Le gouvernement ne pouvait manquer de s'associer a ce voeu unanime, conforme a la tradition constamment suivie; il n'a pas cesse de se preoccuper des dispositions preliminaires a prendre, et il croit le moment venu de sortir de la periode purement preparatoire pour entrer dans celle de l'execution... Les progres realises, ceux qui s'achevent sous nos yeux permettent d'entrevoir un spectacle depassant encore par sa splendeur celui qu'il nous a ete donne d'admirer. Quelle qu'ait ete la magnificence des Expositions precedentes, elles sont inevitablement eclipsees par les Expositions nouvelles, qui jalonnent la voie ouverte a l'humanite et resument ses conquetes successives. Je n'ai pas besoin d'insister sur l'interet que peut presenter une Exposition universelle a cette date. Malgre l'habilete et la science avec lesquelles elles ont ete organisees, les revues retrospectives de 1889 laissent un large champ aux etudes du meme genre que l'on voudrait reprendre en 1900. L'Exposition de 1900 constituera la synthese, determinera la philosophie du xixe siecle. Un decret du 9 septembre 1893 institua commissaire general M. Alfred Picard, inspecteur general des ponts et chaussees, qui avait et deja rapporteur general de l'Exposition precedente. Les differentes sections recurent pour directeurs les hommes les plus qualifies: directions des finances, des beaux-arts, de l'agriculture, des colonies, de l'exploi LE PALAIS ARCHIIEPISCOPAL. LE MINISTERE DE L'AGRICULTURE.

Page  80 80 PARIS - ATLAS __ nff; 0000-:_:0:0;::::-:-:::::0i tation, de la voirie, de l'architecture, de la naf:. - vigation, etc. Des comites et sous-comites furent crees pour preparer les questions techniques,: rediger des programmes:: etinviteren temps utile les savants de toutes les nations civilisees a: prendre part a des con~ ~;:.:0 I f::: gres ou seraient etudi6s:: tous les problemes qui:::::: interessent la science et::: 0::::: l~'art. Tous ceux qui les composaient se mirent;; 0 -; l;; 0is' l l fi a l 'a euvre avec autant de Ilijll: 1;:!;^ desinteressement que d' ardeur. Sept annees n'etaient ^ |l 0 i||l jti00 il ll|0l|l;!:0pas de trop, en effe t, pour i. i...............;..... la preparation d'une fi.......... o:.... ceuvre pareille. II convient de dire que les ess 11perancesformulees dans |^^^;0 it:;; les termes qu'on vient............ gl:-^......... de lire ont ete pleine-....;;;;....;....... m ent realise'es. Inauguree officiellement par le President de la Repu-...... blique, le 14 avril 19UO, _'Exposition a bien veritablement surpasse *ses devancieres, autant par la valeur des nou4' IFFEL. velles decouvertes dues a l'incessant progres de la civilisation que F'habilete des constructeurs les a mises en LA TOUR E de developper en-............ c o r e.................. A I'Exposition de 1889, disionsn o u s to u t a....;;............::-:-:j:j jjjij::i0 l'heure, la metal- i C;2| lurgie triompha. En 1900, le Champde-Mars aura assiste a la gloire de i: 'lMleetricite. Elle y aura fait m erveil- —:::i I:i —. —: il~i:::-:::i:..................~.: ~::_... il~-iil-li-l son l~o -.....:...............i:: les par son pou- >x —;:t; 0;000:0;;0 voir ' transmettre s-li<; S-\ 0; t;l00000000: la voix, et la Iu- ~i: i ""~ mierea transpor- < ttt > -i- - t ter les fardeaux,:-: - x — xx x —Xi~mg --- a entralner les vehicules. *} _!il llS Que de transformations cette plain e -a su b ies.............................'i~' depuis deux s e-...............i:....-:.-........... ~~i.................................. a servi au d.velop.................I.......... pement cle l esprit lliumain! Que lui TEMPT.E PROTESTANT (RUR DE GRENELLE). rlesve eC n core An.;i.nne.glise de l'abbaye de L.'antemont. l'avenir, a-pres tant d'evenements dont elle a ete le theatre! On a peine a croire qu'au xvlc sie'cle la vigne y poussait, et cependant, voici des baux de 1529, ou' Robert Auger, Guillaume Drouard, boucher, Robert Dumont, laboureur, declarent tenir a bail du (( renerable abbe commandataire du couvent de 1'6glise, Monseigneur Saint-Germain-des-Pres, diverses pieces de terre ou de vigne assis a Garnelles, au dessoubs de la justice du dit lieu,,, ce qpi correspond bien a l'emplacement du Champ-de-Mars. Au xvlle siecle, il fut question de transformer la partie voisine de la riviere en une gare fluviale projet qui fut abandonne, pour e'tre repris ensuite en amon-t de Paris, a la gare d'Ivry. Deja Flindustrie tentait de s'y substituer a la cul-:i ture. Et 1'on se demande, _:iii0 si ce projet s'etait ac_0 com li, ou si, de toute autre facon, le Champde - Mars n'avait pu:ournir son terrain a nos Expositions, com-- _-1 -tment Paris aurait fait pour en trouver un equi'alent par sa situation.::;Le proble'me s'est pose plusieurs fois, ~I bien des comp~titions se sont produites; certains quartiers ont __| proteste contre l'aban---— odon out on les laissait;.~~se~sF~i~9s~~I~mais il leur 6tait difficile de justifier leurs do ances par Foffre d'un emplacement egalement favorable. Wt cenLraliser les Expositions en les trans-.........- - -. _ L 1 1 3. _1 - Fhot. Neurdein. p0eente au e ela ae DE LA TOUR EIFFEL. l'enceinte eut ete leur faire un tort considerable. Le VIe arrondissement a done continue a jouir de droits acquis, et il peut s'en feliciter a juste titre. par la maniere dont relief. Ghacune de ces grandes assises internationales de la science, des arts, de F'industrie a eu son afi <clou)), pour elmplloyer 1'expression consacree, mique. Celles de 1900 - et nous voulons ne l ^ 1 ~ 1 E ^ 0 63 nous en tenir iei qu'au VIle arrondissement A - auront eu Finou- i t bliable aspect de la ( rue des Nations u ou sWest affirmee avec tant d'originalite le style architectural des grandes puissances de FEurope et de IAmerique, Ie palais deslAri —es de terre et deoler, les constructions si pitto-........ resques (on regrette presque leur caractere ephemere) elevees sur l'esplanade des Inva-.._.... lides, au Champ-deMars et tout le long du quai d'Orsay; cette plate-forme nmobile, enfin, derniere trouvaille uN DES ASCENSEURS de l'industrie electrique, et dont on peut dire, en effet, qu' elle a resume par son ingeniosite et ses avantages pratiques toute la synthese d'une force qu'il appartient au xxe siecle 3 ]

Page  [unnumbered] PARIS - SEPTI EME ARRONDISSEM ENT - -.a_ Quarter S-TMomas d'lqumi 2 ^^26p......,,......des InvaK'des.......... de Il'Ecole Mlitairo (2). d...... du Gros Caillou Echelle =2:.i2.ooo I -, — -— iI --- M, O 100 200 300C Iot00 500. A:tt - \ / -I L '8 --- -- -3C__ I I I i 1L 39 I/ SPLANADE E DES I NV X^ B'lay I y S ir! W P.Z 4 x *^ ^^~ TV;ervrS A fi? onitar.E\ weL. \\~ I 11; 4kl. -. a f::: I 11 I 0 P An: yI f 7

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Page  81 Phot. Neurdein. PERSPECTIVE DE L'AVENUE DES CHAMPS-PLYSPES, PRISE DU HAUT DE L'ARC DE TRIOMPHE. Vlll. arron i s,5nen. Jr r L ELYSEE. - 29~ QUARTIER: CHAMPS-ELYSMES. - 30~ QUARTIER: FAUBOURG DU ROULE. 31 QUARTIER: LA MADELEINE. - 32e QUARTIER: L'EUROPE. NE Societe s'est constituee naguere pour etudier B I? % l'Fhistoire des territoires qui constituent aujourw ^^ ) d'hui le VIIIe arrondissement, dit 'EILYSEE. Le S ^~! sujet en vaut la peine, bien que cette partie de 12 ~ la ville 'ait que quatre cents ans a peine d'exis1 M tence. Les maisons furent lentes a se construire w ^ j( ^le long du grand chemin du Roule, aujourd'hui! S notre faubourg Saint-Honore; le groupement S Y d'habitants qui constitua la-paroisse de la Ville1'Eveque etait, de meme, peu important. A l'exception de ces deux points, tout le reste etait en culture. On a quelque peine a se l'imaginer aujourd'hui. Chaque arrondissement de Paris a sa caracteristique, par laquelle il se distingue des autres: celui-ci est le~plus grand, celui-la le plus petit; l'un est tres accidente, presque montagneux, l'autre plat comme la Beauce; tel est pauvre et (( souffrant )), tel autre a l'aspect monastique. Le VIIIU offre cette particularite, tres flatteuse pour lui, d'etre le plus beau et le plus riche. I1 a pour limites: au Midi, la Seine; ai 1'Ouest, les avenues du Trocadero et Marceau, qui le separent du XVIe arrondissement; au Nord-Ouest et au Nord, l'avenue de Wagram, lesboulevards de Courcelles et des Batignolles, qui le separent du XVIIP; & l'Est, les rues d'Amsterdam, Tronchet et Vignon, qui le separent du IXe; les rues Duphot, Richepance, Saint-Florentin et le mur des Tuileries, qui le separent du Ier arrondissement. Sa superficie est de 381 hectares, sa population de 103.088 habitantls. Quartier des Champs-Elysees. - Ce n'est pas trop s'avancer que dire de la place de la Concorde que sa beaute est sans rivale dans le monde entier. On a pu faire observer que les monuments dont elle est decoree sont un peu de tous les Ages, a commencer par celui des pharaons. Peu importe: l'ensemble est admirable, avec un cadre plus riche encore que le tableau, et nous croyons volontiers que, de toutes les impressions qu'emporte un etranger sur les merveilles de Paris, celle qu'il a eprouvee la est la plus saisissante et la plus durable aussi. Elle n'etait encore qu'un terrain vague et marecageux quand on la choisit pour l'emplacement d'une statue equestre que la Ville de Paris offrait a la gloire de Louis XV. Ces marques d'adulation plaisaient fort aux monarques; Louis XV agrea par lettres patentes de juin 1757 non seulement le projet de statue qui lui etait soumis, mais aussi celui de constructions monumentales limitant la place au Nord. La statue fut inauguree, avec une pompe inouie, le 20 juin 1763. Bouchardon en fut le principal auteur, mais la mort etant venue I'interrompre, c'est Pigalle qui avait sculpte quatre figures en bronze, la 8 PARIS-ATIL. S.

Page  82 82 PARIS-ATLAS VUE DE LA PLACE DE LA CONCORDE. (Pris( des fenetres du ministere de la Marine.) 25 octobre, y fut dress6 Fobelisque de- Louqsor, amen6 d'Egypt( avec d'enormes difficultes, et qu'on eut aussi toutes les peines du molld( a installer sur son piedestal.-Durant les annees suivantes, Hittorff, 'architecte de Saint-Vincent-de-Paul et de tant d'autres edifices du memt temps, completa la decoration de la place de la Concorde; sur les piedestaux massifs qui en marquaient le pourtour furent mises de, statues personnifiant les huit principales villes de France: Lyon, Mar seille, Bordeaux, Nantes, Lille, Brest, Rouen, Strasbourg. On sait les manifestations patriotiques dont cette derniere est frequemment l'objet Elle est de Pradier, ainsi que celle de Lille. En meme temps etaienconstruites les deux fontaines placees de chaque c6te de l'obelisque Par une singuliere rencontre, qui n'est pas due tout a fait au hasard les deux paires de groupes de chevaux qui ornent l'entree du jardir des Tuileries, d'une part, et, vis-a-vis, celle des Champs-Elysees, proviennent du chateau de Marly; aux- Tuileries, c'est un Afercure et une UNE DES FONTAINES DE LA PLACE DE LA CONCORDE. Force, la Paix, la Prudence, la Justice, dont la vue inspira ce distique, bien souvent cite: 0 la belle statue! 0 le beau piedestal! Les vertus sont A pied, le vice est a cheval I Elle ne devait rester debout que trente ans: le 12 aout 1792, l'Assemblee legislative en ordonnait la destruction, et la place Louis-XV devenait place de la Revolution. Des 1753, Gabriel, le meilleur architecte du temps, avait Wte choisi pour construire les deux batiments formant les angles de la rue Royale. Ils ne furent acheves qu'en 1772; celui de droite, aujourd'hui ministere de la Marine, eut des affectations diverses: il dut d'abord etre l'hotel des Monnaies, mais on trouva cet emplacement bien eloigne du centre de la ville, et on en fit le garde-meuble de la couronne. L'autre, du cote de la rue Boissy-d'Anglas - que l'on nommait alors rue de la Bonne-Morue - a eu de multiples proprietaires. On le designe souvent sous le nom d'h6tel Crillon. L'Automobile-Club a pris possession, en 1898, d'une partie de ses batiments, qu'on a luxueusement modernises pour lui. Les deux facades de Gabriel sont universellement appreciees pour leur architecture majestueuse; leur style est, dans son ensemble, d'ordre corinthien, comme lEcole militaire, du meme Gabriel; ce ne sont pas des hotels, mais reellement des palais. La place conserva cet aspect jusqu'en 1836. Cette annee-la, le LE CIRQUE DES CHAMPS-ELYS 2ES.

Page  83 HUITIEME ARRONDISSEMENT 83 PONT ET PLACE DE LA CONCORDE (Vus de la terrasse du Palais-Bourbon.) Renommee equestres, de Coysevox; aux Champs-Elysees, ce sont simplement des chevaux fremissant d'ardeur, oeuvre de Coustou. Nous ne rappellerons que brievement les faits principaux qui se sont accomplis sur la place de la Concorde, d'autant mieux que la plupart ne sauraient evoquer que des idees de tristesse. A peine inauguree, elle etait, le 30 mai 1770, le theatre d'une epouvantable catastrophe. On celebrait par un feu d'artifice le mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Voici les details donnes par Bachaumont a ce sujet: (( Le feu d'artifice tire a la place Louis XV a eu les suites les plus funestes. Outre la mauvaise execution, un accident est arrive d'une fusee qui est tombee dans le corps de reserve d'artifice, a fait partirle bouquet au milieu de la fete, a enflamme toute la decoration et a rendu ce spectacle fort mediocre. Le sieur Ruggieri n'a pas profite des fautes de son antagoniste Torre et n'a pas les memes excuses. Outre que son plan etait beaucoup moins combine que celui de 'autre et n'exigeait pas la meme etendue de genie, c'est qu'il n'avait pas eprouve les memes contrarietes de la part du temps, et le ciel l'avait favorise entierement. (( L'accident survenu au bastion [le rempart de la vifle, qui se terminait la] a ete fort long, et comme on ne donnait aucun secours au feu, LA STATUE DE LA VILLE DE STRASBOURG. bien des gens se sont imagine que cet incendie etait un nouveau spectacle etl eclairait magnifiquement la place pendant qu'on formait l'illumination. Mais, pendant ce temps, il se passait une scene infiniment plus tragique. La place n'ayant, a proprement parler, qu'un debouche dans cette partie, du cote de la ville, et la foule s'y portant, independemment des voitures qui venaient prendre ceux qui avaient ete invites aux loges du gouverneur et de la Ville, pratiquees dans les batiments neufs, un fosse qu'on n'avait point comble, et qui s'est trouve au passage de quantite de gens pousses par derriere, les a fait trebucher, ce qui a occasionne des cris et un effroi general. Trop peu de gardes ne pouvant suffire a contenir la presse ont ete obliges de succomber ou de se retirer; des filous, sans doute, augmentant le tumulte pour mieux faire leurs coups, des gens oppresses mettant l'epee a la main pour se faire jour, ont occasionne une boucherie effroyable, qui a dure jusqu'a ce qu'un renfort puissant du guet ait retabli l'ordre. On a commence par emporter les blesses commne on a pu, et ce spectacle etait plut6t l'idee d'une ville assiegee que d'une fete de mariage. Quant aux cadavres, on les a deposes dans le cimetiere de la Madeleine et l'on y en compte aujourd'hui 133. M. le comte d'Argental, envoye de Parme, a eu 'epaule demise, et M. l'abbe Rose,'aussi ministre etranger, a ete renverse et est horriblement froisse et meurtri. )) Inauguration de sinistre augure, car vingt-trois ans apres, deux heros de la fete allaient, sur cette meme place, gravir l'echafaud revolutionnaire, ouA tant d'autres devaient porter leur tete avant et apres eux. U iN DES GUIGaOLS DES CHAMPS-ELYSEES.

Page  84 84 PARIS- ATLAS PfSot. Neurdein. PERSPECTIVE DE L'AVENUE DES CHAMPS-ILYStE S (Vuc de la place de la Concorde).............::..........-....-................-... L 'E m pire y c el bra de n om -;;;;;;;;.;;......... breuses fe'tes; mais en 1814 les a Les Champs-Elysees s'in-.............ur.in. corporent a elle et lui font un -.magnifique prolongeme..t. Ils L'OBELISQUE DE LOUQSOR. lui etaient.anterieurs. Apresla...........................iiiiii les trois pre m3ie rs jours de creation du Cours la Reine, dont manous 187allons parsleut, deLouis XIVnouvers1670avait ordonne la plantation de quinconces la douleur de savoirmes pour qudonner un fon de deor au palais des Tuileries. Cette plantation fut renstaouvelees. a la fin du regne de Louis XV parM. de Marigny, s'aurintendant des Batiments, qui appora tous ses soins a annaembellisseles;nt depuis, la promenade. Son etcat actuel ne date, cependant, q^ue de l'administration d'Haussmann, tres favorable aux jardins anglais, qui occupent maintenant tout le perimetre compris entre la Seinle, l'avenue Gabriel, le rond-point et la place ~~~~~~~~~de la Concorde. 'est alors aussi que fut bordee de constructions regulieres et alignees la partie de l'avenue allant du r~ond1-point a l'E-toile. Jusqu'alors, la fantaisie eltait permise aux riverains; l'avenue comportait des contre-allees, nmal nivelees, ou il etait imprudent de s'engager le soir. Les Champs-Elysees son t maintenant la pro-. __ _______ ___ __ menade favorite des de brilr siens du dim an che. O n iggigllll~l0000000000i0St$:0000000000EiS00; 0:::;::*: it::^ 0::"'"" "r"'^:;X peu t regretter l'abon- '; (1^ ^ 0;:;::'0::;:': **':;t t00Y 0 *:::::::;: '*: %^l^ lnantes red ouissances et at mieux qu..i:t;.t. ustifir son nom.:....::..;................._,~,,;~-..'i...;.........: surce ChamsnElsde ouin abrte premes jxousiols - dindustriees les ceremoniesos pomlant IE.s II R avait etecons creatpoundu"oursla^- ein — ---- vbiers 1670 expoitioons6 la plntaton d-qu -con-s — omes-our-onn'a in du rielnes det loui ce prMrde-iny uitedn esBli loie'e tain6 es lpart parti deIaeu lEatd rond-POit' INT ole DE usAV position universelle de 185o y fut installee; depuis, il servait aux Salons annuels de peinture, aux reunions du concours hippique, a diverses expositions commerciales. Sa disparition, peu regrettable d'ailleurs, s'imposait des que fut decidee, a lFoccasion de l'Exposition de 1900, la construction d'un pont dans l'alignement de la facade des Invalides. Elle a eu 'avantage de retablir, au profit des Champs-Elysees, une perspective que l'edifice demoli avait supprimee d'une facon tres facheuse. En outre, on l'a remplace par deux palais destines aux Beaux-Arts, le Grand et le Petit Palais, bordant la grandiose avenue Nicolas II, et qui sont des ceuvres architecturales de premier ordre. MM. Deglane, Louvet et Thomas ont construit le premier; M. Girault est l'architecte du second. Le Cours la Reine, avons-nous dit, date du xvie siecle. C'est Marie de Medicis qui eut l'idee, en 1628, de creer cette promenade, - d'ou son nom; mais si 'on en croit Tallemant des Reaux, il meriterait mieux de s'appeler Cours Bassompierre: (( On luy a l'obligation, dit-il dans son Historiette sur le marechal de Bassompierre, de ce que le Cours dure encore, car ce fut luy qui se tourmenta pour le faire revestir du coste de l'eau et pour faire faire un pont de pierre sur le fosse de la ville. )) Quand on sait que Bassompierre habitait alors Chaillot, on se persuade que ce n'etait pas le seul bien public qui le faisait se (( tourmenter)) de la sorte. Le Cours-tout court-n'etait pas alors ce qu'il est aujourd'hui; confondu avec les Champs-Elysees, il en a partage toutes les elegances, dedaigneux, au moins dans sa premiere partie, entre la place de la Concorde et le pont des Invalides, de faire corps avec son voisin, le quai de la Conference. Celuij-ci, en effet est parallele au Cours la Reine et paralit se confondre avec lui. I1 doit soil nom a un fait historique, aux fameuses conferences tenues en 1593 a Suresnes, et qui aboutirent a la capitulation de Paris devant Henri IV, et a celle de Henri IV devant Paris, s'il est vrai que le mot celebre ait ete reellement dit: o Paris vaut bien une messe. ~ Le pont Alexandre III; 0W;t li0 f:;;;:;,;::: ~ - lui a donnneune nouvelle f;d /tt '-,:;' i: y Wi; ^f 0 0 C;,:;::ff *:;.: *;:;:;;:;::;g ^ ^ ';;parure, qui est radieuse. Hi^^^^^,^:^ /~l^'-^^Sa construction et sade"..:i --- — e" " — J i cle s pa r s l ecr et du _X0 t 4 octobre 1896- la pre=;;' Xt" S | fi I miere Pierr7e en fut psouenrupee, on lui d l r appelan lespesympau thies quel sontnomaclait dansu hooer lceu francais. U13 DES CIAP-ELYSEES. CerpOlnt, le plus s eau - - i I

Page  85 00 C) CD -Cs CD 0 pq r- U)t tlq I'll c) > CD zc 4 -ZzCD CDc CD b.r — w cn — k-..4;:j P. C5 :$ CD P, CD : C) P; m r-.- C '-, I-t -f. C.0 =' - it C-),E = m CD =- -, CII) C5 ow *-4 n- A 4 tt t z C) U'2 cf tt 4 tril e t", t4 ql t t:: ll t-I -q w tl tt w n z P.I1 It w trlt", w t4 -ti P2 C00

Page  86 86 PARIS - ATLAS temps fait dans une sorte de grange, jusqu'a qu'on se soit decide a approuver les plans de Chalgrin pour la reconstruction d'un veritable edifica sur l'emplacement meme de l'ancienne chapelle. C'est l'eglise actuelle, Saint-Philippe-du-Roule, aujourd'hui 'une des principales de Paris. La premiere pierre en fut posee en 1774, mais le monument ne fut livre au culte que le 30 avril 1784. Si l'on examine des __ 2 pl ans de Paris au xv-n:e sie- '00^t,!^^;: cle, on se rend compte que la Peplnl ere du roi a occupe 6 l;;i:^iB::::::0 deux emplacements di-ff6,-^^ rents, au quartier du:::::;_ Roule: le plus ancien etait entre les ChampsElysees et la rue du Fau- B:a — ^ ^^^^^ i bourg-du-Roule, d'une part, les rues de La Boetie et de Berry, d'autre part.En 1720 environ, on la transfera de I'autre cot| du faubourg, et elle s'ktenacpuelle de Saint-A ugu stin.l etit aisqe de coslapacrer C'est pour cela que la rue J nomination jusqu'a maave-... nue des Champs-M~ys~es. ~9nt~ On a. eu tort de la, debapti-...... s ~ i~-~~iiiiiiii ~iii~iii~ ser partiellement en i'honneur d'Abbatucci, d labord, puvs de La dBoetie, dont il e dsltrspen htait aise de consacrer ailleurs la memoire. MAISON DITE DE FRANQOIS L'hbopital Beaujon, au dela du boulevard Haussmann, avait eu, 'a origine, une destination bien plus modeste, mais tgalement charitable. Enrichi quelque peu scandaleusement par ]es produits de la Ferme generale, ie financier Beaujon avait jugs bon de rendre aux pauvres un peu de leur bien. II obtint du roi en 1785 des iettres patentes pour la fondation d'un hospice: ~ Le sieur Nicolas Beautj on... nous a tre's humblement fait reprsenter qu'ayant formes depuis longtemps le projet d'tablir et fonder dans la paroilss e de Saint-Philippe-du-Roule, dont les besoins lui sont connus, un hospice pour y faire nourrir et instruire vingt-quatre pauvres enfans, orphelins \ou autres, natifs de ladite paroisse, moitie garcons et moitie6 fille lans lequel hospice les habitans de ladite paroisse pourront envoyer leurs enfans pour y etre instruits gratuitement... ~ La Convention, en 1795, en fit un h6pital ordinaire et il 1'est rest6. On y compte pre's de six cents lits. Deux groupes de rues tres calmes, tre's riches aussi, coupes par la belle avenue de Friedland, bordent la partie occidentale du faubourg Saint-Honor6. Dans le premier, nous signalerons la maison qui porte le no 6 de la rue d'Artois (rue des Ecuries-d'Artois jusqu'en 1897) comme celle ou mourut Alfred de Vigny le 17 septembre 1862. Le second groupe forme lui-meme deux ilots separes par l'avenue Hoche. La rue de - - Balzac s'y trouve et son nom est bien justifie par le fait que Balzac y habita et y mourut, au no 12, le 26 aout 1850. La aussi etait la fonderie du Roule, ou se fit la statue equestre de LouisXV, ouPigalle et Houdon firent fondre leurs principales oeuvres, ou la statue actuelle de HenriIV, sur le Pont-Neuf fut egalement coulee dans le bronze. Le Journal de Paris du 5 octobre 1817 l'annonce en ces:ermes C'est demam lundi qu'aura lieu dans les lat;eliers de lsu Ville, fubourg du Roule no 63cla fonte de la nouvelle statue.*~; U - x -~iii~,. 1:::: iEEi~i E i;;:~.,~~ i ~i:: i-::::i:E; i:: -:: -0 i V0......... | questre de Henri IV)). cDe 'autre e't du fe. 00" bourg Saint-Honor6, le -u Lartier, limits par la rue — de Courcelles etait, avarenferme Phot. Neurdein. Revolutionsse, toun petitnr SUR LE COURS-LA-REINE. hameau -de deux ou trois de tt~.J~~~f; 1eintures 6clatantes. La2 colonie russe en confia i5~~:iiiiiiia: Inaturellement la construe--- tion u ompatriote, M. Kouymine, qui I'acheva ~~E__b~,.t F endceuxans s de1859A 8. 1861. wa re Baru o'i elle s ia~f~situee, consacre le souve~iir~nir d'un de nos hommes ~`i~i Edtd'tat; les rues voisines, ~'~~i ~~~C'-" ~"~"" ~~u-?-~"de la Neva et Pierre-leGrrand ont plus de couleur - ---— locale. I Courcelles 6tait, avant Phot. Neurdein. la 116volution, un petit SUR LE COURS-LA-REINE. hameau deux ou trois - I e fermes -de la paroisse de Villiers-la-Garenne et fait partie maintenant de la ville de Levallois-Perret. Le chemin de Courcelles, qui y conduit, est devenu la rue de Courcelles, qui,fort bien batie, surtout dans cet arrondissement-ci, n'a qu'un defaut, c'est sa declivite tres accentuee aux abords du boulevard Haussmann. Bien peu de personnes, sans doute, en parcourant la riue du Colisee, ont le loisir de songer aux souvenirs antiques que ce nom rappelle,et moins encore a d'autres, plus recents, mais qui furent tres ephemeres. De 1769 a 1771, l'architecte Le Camus de Mezieres avait, sous le nom de Colisee, edifie - on va voir avec quel manque de soin - une sorte de vaste cirque, oui devaient se donner, comme au Colisee de Rome, des divertissements publics: feux d'artifice, bals, joutes, concerts, expositions de peinture, etc. L'entreprise eut un grand succes, d'abord, mais la construction etait si defectueuse qu'au bout de huit ans elle tombait en ruines. On aima mieux demolir 'edifice, en 1780, que le restaurer. Son emplacement etait au sud-est de la rue du Colisee, circonscrit par elle et la rue Rabelais, d'une part, par les avenues Matignon et' des Champs-Elysees, d'autre part. La rue Montaigne y est tout entiere situee. Ces noms de penseurs, Rabelais, Montaigne se trouvent singulierement rapproches sur ce terrain d'un ancien lieu de plaisir. En seraient-ils offusques ou heureux? Montaigne eut dit: que sais-je? Et Rabelais: peut-etre. Quant a la rue du Colisee, elle y perdit son nom primitif de rue des EGLISE SAINT-PHILIPPE-DU-ROULE. VUE DU PONT DE L'ALMA.

Page  87 HUITIEME ARRONDISSEMENT 87 _ I_ c} _r FACADE DE L'EGLISE DE LA MADELEINE, VUE DE LA RUE ROYALE. Gourdes, et y gagna d'etre close en 1770. C'est ce que nous apprennent deux notes,encore inedites, du ministre de la Maison du roi, adressees au procureur de laVille. La premiere, du 14 janvier 1770, debute ainsi: ((Monsieur, je joins ici un plan signe de moi pour 'ouverture de la rue des Gourdes, qui doit etre percee conformement a 'arret du Conseil et prendre le nom de rue du Colisee... )) La seconde est plus piquante; elle est datee du 3juin de la meme annee: ((... La ruelle qui regne tout le long des jardins, derriere le Colisee, devient dangereuse et il vient beaucoup de monde la nuit, ce qui est contraire a l'exacte police et a la surete publique. Ainsi, a la reception de ma lettre, vous ferez poser une porte de chene neuve, et de resistance, a chaque extremite de cette ruelle et vous ferez remettre une des clefs de ces portes a chacun des proprietaires des maisons qui bordent cette ruelle. I n'y a pas un moment a perdre pour executer cette operation...)) (Arch. nat., 01412.) L'avenue et la rue Matignon concourent a commemorer le nom d'une noble famille de marechaux. La premiere s'appela jusqu'en 1850 allee ou avenue des Veuves; elle est en effet le prolongement, en deca des Champs-Elysees, de cette allee des Veuves, devenue maintenant avenu- Montaigne. J ~ e Matignon - que 'on pourrait debaptiser sans crainte, ainsi que la rue Montaigne, afin d'eviter les confusions que creent ces similitudes de vocables pour des voies si peu distantes - nous amene a penetrer dans le quartier de la Madeleine. Pour etre fidele a la verite historique, il faudrait dire: la Madeleine de la Ville-l'Eveque. L'eveche de Paris possedait, en effet, cette region des faubourgs de Paris; il y avait une ferme avec de vastes dependances en culture, donb l'ensemble s'appelait villa episcopi. Au xI11e siecle, une paroisse fut jugee necessaire pour les colons de l'eveque, les laboureurs de la ferme; mais ce n'est que plus tard qu'elle fut mise sous le vocable de sainte Madeleine, au plus tot en 1492, date de la reconstruction de cette eglise et de la fondation qui y fut faite alors d'une confrerie de LE PALAIS DE GLACE, AUX CHAMPS-ELYStES. VUE GENERALE DE L'EGLISE DE LA MADELEINE,

Page  88 88 PARIS -ATLASI 1.1 I........:..........:..:.,.:.~.:...-, - - -,~.,.-................ w_..4X:.>o O X. I. —.0;. II'.'. X Xmnt de Ia Revolution, mais son cimetiere, auquel conduisaient....- le.......uel.u bou d.e s l s..vaI I.. d..'..... _ 1 IJ - 11 I - 1 1 '111.i.-i-,is en 18-, fut de._ far r h ls o m de s pla I Igy.: de.t I s -.1 -le cu II se recnr desI I I Il ee.., la' d in mir pirr de X gi crs. On exua M eeine reaitie qoue lqusdbi humatinm q i f ~ it _'slennellment --— _tvransporl ites a S aint-Denis, -et sur la m nt Is tion n'e Rtin pa aceve er avaient ete trouveste lenn ro odnn q'necapll eri ei e 's d Xi 3 acaeleepaore, donrt; lcomtue f d'Artisn posa la rempae itlcee eti I 1 S 11 E tI -==. E-.- 1.1 7,, r i a n n i u e- I i "'I'a. g.e d VU IDE.. LA_ CAEL E T |' | \,. ' la adleine, peurut-etrdfe se ulmntel 16D9,etr losqupeu Msiee Montenir | | f W, | l li~iiiiia ---- I'll, I'll, I'll,.o l i enltt en 18 6,sa d stna io ~l p osa lae prmaier pierreu d'une nouveller egie srl' eompae mu tent de ||t. celle du tem ps.. "e V q b nE etait situee. I I I I I I.., 1.1. I 1. I n'''ll I II ''I'll'', 11.1,, 11,.,, 11 1 -,- -,''''I'l su eslate ubueadMlsebs eatl u elAcd,|ttl......1111...-.....- "'l.'"'.''..''.,... -.-.......................................... -'-"". 00000000 un111 terrai situ un peu plu I l'st Ii —i de la rue1 Royal et de. la |1 | tlt-ll -1,'Ill. m'iere piere de l'eglise de la Madele in _ _e, reIe dIIIie pull, I'll, - 1 I. ''I'll, I '', I'll t~~~~~ionse te n etanie 1Fj ont pa aeve encr lorsu sonarchitecte, COtnt s'cod I ji2i d'lry mourut;r Couture futraio designee pour len remplace etu l'eur eai l= eg loin~pralle; d'etr avace quand surin laries Reoltin Tout fut ineromu | |0 @; | |E k k EnI'11.1,111 1807 Napo-eon Ier decida q ' Ien... ferait un II I a la lo -- 1eIlque p.ourqu o l'edifice a uneaitecture s.i eu ue IIoures I |.l I primitivee mai ilsi falu hie s'accmmode descr~ la form dumir temple |eu |tic - - Huve~~~'if r empla ignn ote 1868, u aet -temn qen l'a construction, |om |s t |0$ qULf~tll~eeaglicuede a adeeie, ll, eai deoi deslpp le com- |eclr |_ so i 3u;mlt j |,, I - ',.1.,...I.,..:.......,.,I., I., ta....... I 1:.I~., Il ss..:-,. I I I. I I I Ihv1s. I I I, II 1 I I. IS I, -. --- _|_ 1.%pierre-le 21- jnvier. 1t Fonine en fut lh e. On s'accore a 1. ~ I1. I 1.I 1.I II II1: 1. -i" lk, Ill0_ i. pelle proprem I'-entdt decoree de-I Ias-rlief seotla degops ddesculpi11 }ttl-Wlt _S-111- Depuis:::::::::: 186S un squar que:~ l'aminstrtio nomesqar }i}}|gllI |:2 _..I - 1 1 "I ~ l Ioi XVI-1 -neop del sa' Iedr et sousrai au Iuut du..................1... 'll,.|| boulvar Haussman la melnc li du mo u enI ItIapsso -—.1.1.,1.-,11} ''l.1.11'II It 4 1. 111 1 oiiu I bie Iovn IIj Ielm la Iestruction,-masIjusqu'ic it sans succe~s. i15 'iLe souvenir de rLouis XVI est-encore conserv6 dans ce quartier, ou' 2111l Le roi Weait gud're venu que pour mourir, par le nom de deur de ses defenseurs cevant la Convention, Tronchet et Malesherbes(le troisieme, _| de Se'ze, a donn6 son nom a une rue toute voisine, mais situee dans le IXe arrondissement). La rue Tronchet, au chevet de la Madeleine, date! de 1808; sous le second Empire elle a ete soudee au boulevard Haussmann; jusque-la, elle se terminait a la rue des Mathurins. Le boulevard Jialesherbes, projete de meme en 18(8, n'a ete ouvert qu'en 1854; -&:i c'est, avec le boulevard Haussmann, l'une des voies les plus luxueuses du Paris moderne. Nous venons de parler de la rue des Mlathzurins: son nom est un exemple frappant du danger qu'il y a pour le bon sens a mutiler les anciennes denominations; le couvent des Mathurins, Voisin Phot. Neurdein, de la Sorbonne, possedait une ferme a la Ville-l'Evdque; le chemin qui NEF DE L'GIGLISE DE LA MADELEINE. y conduisait regut tout naturellement le nom de chemin, puis de rue

Page  89 HUITIEMIE ARRONDISSEMENT 89 - - - - -.i.;^.:: '.. 3..::...................... ---------- - - --- - m 0- - I.. Phot. Seurdein. PERSPECTIVE DE LA RUE ROYALE; a gauche, L'HOTEL CRILLON; a droite, LE MINISTERE DE LA MARINE; au fond, LA MADELEINE. de la Ferme-des-Mathurins; en en faisant la rue Vignon, on a supprime bien inutilement dans ce quartier un souvenir pittoresque et instructif. La rue d'Anjou date du xv1nesiecle; un arret du conseil d'Etat, cn 1778, prescrivit son prolongement ((depuis le canal du grand egout de la ville jusqu'a la rue de la Roche [rue du Rocher] allant a Monceaux)). Cette partie clevait s'appeler rue Quatremere (Arch. nat., Q'11021); mais loperation de voirie s'arreta a la rue de la Pepiniere. Benjamin Constant est mort au n~ 29 de la rue d'Anjou, le 8 decembre 1830; quatre ans plus tard, le 20 mai 1834, La Fayette mourait au n~ 6 —de la meme rue. L'hotel de Contades, au n~ ll,, est devenu la mairie de 'arrondisment, apres avoir rempli le meme office avant 1860 comme mairie du Ierarrondissement; mais les batiments ont vieilli, les services municipaux ont augmente: il n'est que temps de doter le quartier d'un edifice en rapport avec son importance. La rue d'Astorg aussi bien que celle de Roquepine ont ete ouvertes, au commencement du regne de Louis XVI, sur des terres appartenant a (( haut et puissant seigneur Louis d'Astorg d'Aubarede, marquis de Roquepine )). Dans cette derniere est situe un majestueux temple protestant. La rue de Penthievre, autrefois rue Verte, et la rzue des Saussies n'etaient, il y a deux cents ans, que des chemins ruraux. Vers 1770, le duc de Beauvau, marechal de France, se fit construire dans ces parages un hotel par Le Camus de Mezieres; c'est aujourd'hui, et depuis 18a7, l'hotel du ministere de 1'Interieur. Presque en face, de l'autre cote de la chaussee du Roule, etait l'hotel d'Evreux bati en 1718 pour le comte d'Evreux, Henri-Louis de la Tour d'Auvergne. Cette demeure etait appelee a connaitre de brillantes destinees. Tour a tour habitee par M"me de Pompadour, par son fiere le marquis de Marigny, par Beaujon, elle fut achetee pour le compte du roi en 1785, et devint l'hotel des souverains etrangers. Cinq ans apres, la duchesse de Bourbon en devenait proprietaire, et lui donnait pour la premiere fois le nom de palais de l'Elysee. Apres etre devenu a l'epoque du Directoire un simple jardin de danses et de fetes publiques, l'Elysee redevint palais: Murat, NapoleonI"er, le due de Berri y habiterent. Puis il fut affecte, en 1848, a la residence du president de la Republique. Apres la proclanmation du second Empire, Napoleon III le quitta pour les Tuileries et en fit de nouveau le palais des souv-erains etrangers. Enfin, la troisieme Republique l'a rendu a sa destination de 1848: tous nos presidents y ont leur demeure officielle, et quand ils s'en absentent, le drapeau tricolore cesse de flotter sur le palais. Un seul y devait mourir: M. Felix Faure, le 16 fevrier 1899. II va sans dire qu'apres tant de fortunes diverses, l'ancien hotel ENTREE DU PALAIS DE L'ELYSEE (RUE SAINT-HONORE). ENTREE DU AIINISTERE DE L'INTERIEUR.

Page  90 90 PARIS-ATLAS:?::::;!i0 i::* 'i:: ~:::: *::: /:: ' ': ':; -::; C:::::: - A: i::- A:::..........::::; ':::::........::?::0:::g~f0:::: f::;; 0. d ffI FAQADE DE LA GARE SAINT-LAZARE (BATIMENT OUEST)..::.::: industrie des chemins de fer s'est char-: - i - 0 gee de faire le reste. C'.etait encore un desert, lorsque, sous Charles X, des speculateurs firent approu ver par ordonnance royale du 2 fevrier 1826 un projet d'ouverture de rues,.. S portant les noms de grandes ~apitales europeennes et devant aboutif a une place circulaire, dite (( place d'urope)). i Le quartier de FEurope etait cr e, mais Is-; sur les plans et dans les etudes de nob I -taires plus que- dans la realite. II suffirait de regarder les maisons pour voir qu'elles sont toutes, ou a peu pres, osterieures a Louis-Philippe; celles qui ont moins de cinquante ans de date sont en immense f: majcorite. La place d'Europe primitive;006 etait ornee a son centre d'un jardin clos: d'une grille, qui disparut en 1864; elle recut sa disposition actuelle en 1866 et devint place de l'Europe. Cette disposition, fort ingenieuse, est celle d'un pont en etoile, sous lequel passent les multiples voies de la ligne de l'Ouest. Vers l endroit ou la rue d'Athenes aboutit a la rue de Londres fut jadis 1Pentree de la gare du chemin de fer de Phot. N^urdein- Saint-Germain, le doyen de nos voies terrees, dont 1'exploitation commenca le 26 aout 1837. (( La musique de la garde nationale, dit Maxime du Camp, joua des pendant le trajet qui dura vingt-cinq minutes; on fit des, personne ne s'enrhuma sous les tunnels, la locomotive point, les wagons ne deraillerent pas, et lon put croire qu'un n chemin de fer n'etait pas necessairement mortel. )) Lies annees apres, I'entreprise en pleine prosperite s'annexait ation des lignes de Versailles et de Rouen; dej-a re modeste cadere )) du debut devenait insuffisant; on le reconstruisit en bordure de la rue Saint-Lazare, d'ou son nom de gare Saint-. 'etait - on se le rappelle encore - un bAtiment haut de ges, precede d'un large perron d'une vingtaine de marches, fond d'une cour de dimensions mediocres, bordee de chaque galeries couvertes ou les librairies et les cafes avaient le plus ble emplacement pour faire des affaires. Plus tard, sur le cote Lu batiment principal, fut construite une longue galerie prolon867 jusqu'a la rue de Rome, et dans laquelle etaient centralises es de banlieue et de Ceinture. Enfin, un remaniement complet e fut entrepris, en 1885, sur les plans de M. Lisch, inspecteur les monuments historiques, et, acheve en 1889, lui donna l'asmonumental sous lequel nous la voyons auj ourd'hui. Une longue,gne parall-element a. la rue Saint-Lazare, entre les rues d'Amsterle Rome. A Fangle de chacune de ces rues, s'ouvre une vaste cote de la premiere, cour des grandes lignes, cour des lignes eue, du co-te de la seconde. Entre elles, se dresse lhotel Termie a la gare par une passerelle, et sur la rue de Rome, s'elevent ients de la direction et de l'expl oitation. A linterieur, les facades sur la voie ont ete conservees, et seulement agrandies ainsi imense hall sous lequel trente trains peuvent trouver abri. la rue de Rome, ouverte en 1864, le lycee Racine, fonde d'Evreux a subi des transformations considerables. Les plus importantes, celles qui lui ont donne son aspect actuel, datent de Napoleon III, qui confia la restauration presque totale du palais a M. Lacroix, architecte. C'est alors, notamment, que fut elevee la facade sur la rue de l'Elysee, ouverte a cette occasion en 1860. Depuis la Republique, de nouvelles dispositions ont ete apportees soit dans les constructions, soit dans les jardins, sur le desir des presidents. La principale modification est de fraiche date: elle consiste dans la creation d'une entree d'honneur du palais sur l'avenue Gabriel et les ChampsElysees (1900). De la place Beauvau a la rue Boissy-d'Anglas, la rue du FaubourgSaint-Honore.est bornee (cote impair) de somptueux hotels, parmi lesquels nous citerons 'hotel de Brunoy, aujourd'hui hotel Bagration, au no 47, et l'ambassade d'Angleterre qui s'est installee en 1815 dans l'ancien hotel de Charost, au n~ 39. Tous s'etendent par derriere jusqu'a cette ombreuse et charmante avenue Gabriel, percee en 1818,et qui est un des plus grands charmes des Champs-Elysees. Elle ne peut done pas etre sur le plan de Maire, date de 1803, mais les hotels y sont figures avec cette mention d'un enthousiasme un peu excessif: (( Enfilade d'hotels magnifiques )). Quartier de l'Europe. - I est le dernier ne de Pancien Paris, de meme que son voisin d'au dela des anciens boulevards exterieurs, celui de la Plaine-Monceau, est le plus jeune en date du nouveau Paris. II fallut, pour en faire ce qu'il est, c'est-a-dire Pun des plus agreables de la capitale, la baguette transformatrice d'Haussmann, y percant des boulevards et des rues, creant un parc magnifique, jetant bas un abattoir, elevant une eglise luxueuse entre toutes. Avec la gare Saint-Lazare, VUE DU COLLEGE CHAPTAL. FiACE INTERIEURE DE LA GARE SAINT-LAZARE.

Page  91 HUITIEME ARRONDISSEMENT '91 ENTREE ET GRILLE PRINCIPALES DU PARC MONCEAU. en 1887, a une entree secondaire; la facade principale est situe rue du Rocher. Cette derniere voie, que nous trouvions tout a l'heu tionnee sous le nom de rue de la Roche, en 1778, est bien an elle n'est autre que lFancien chemin d'Argenteuil. Dans tie superieure, au-dessus de la roche qui lui a valu sa denom elle s'appelait, sans qu'on ait pu expliquer pourquoi, cher Errancis. A cet endroit, a gauche, s'ouvrait le cimetiere des ] ou furent inhumees plusieurs victimes de la Revolution. Le college Chaptal occupe, su1- le point culminant de la i'ilot compris entre les rues de Rome, Bernouilli, Andrieux et levard des Batignolles. C'est en 187a'que les eleves y ont ete tr de l'Tncien college situe rue Blanche, dans le IX~ arrondissei nous le retrouverons. L'edifice fait honneur a son architecte, A Jusqu l' Fannee 1898 on put voir, sur le boulevard des Bat au dela de la rue Andrieux, de vastes reservoirs a ciel ouvert admiuistrativement sous le nom de reservoirs de Monceau; point terminus du canal de l'Ourcq. Ils ont ete supprimes, cor sur leur emplacement s'eleverent, l'annee suivante, de belles de rapport, numerotees de 55 a 63. Un peu plus a l'Ouest, existait depuis le moyen age, un cha gneurial qu'on appelait Monceaux ou Mousseaux, mais dont doit bien probablement etre Monticellum, c'est-a-dire monticule, et elle est justifiee par la situation du lieu. C'etait =:_ un vaste domaine qui fut successivement occupe par des proprietaires assez obscurs. Philippe, due d'Orleans, en devint lliillli possesseur sous Louis XVI. Il confia a Carmontelle, en 1778, la mission de transformer le pare en jardin anglais avec toute 1'elegance desirable. Telle est l'origine du pare Monceau. Confisque avec tous les autres biens de la famille d'Orleans par la Revolution, restitue plus tard 'a cette famille par les Bourbons, abandonne pendant longtemps a l'independance de la vegetation, le pare allait enfin attirer l'attention de la Ville. Un decret du 23 janvier 1852 l'expropria; ses possesseurs indivis recurent en echange une indemnite de pres de dix millions, sur laquelle la Ville retrouva plus de huit millions par la cession de parties de terrain alienees; un plan nouveau fut donne a l'ancien pare, tout en lui conservant tout ce qui etait utilisable, et il faut reconnaitre que les Le Notres et les Carmontelles d'alors firent merveille.. On ne compta pas, d'ailleurs, avec eux _ les Mdmoires d'Haussmann revelent que lad6pense s'eleva a 1 190 000 francs, dont pres de 500 000 pour les grilles d'entrees et celles qui entourent la promenade. Et Haussmann ajoute: (( Les autres depenses ont eu pour objets la restauration de la rotonde a colonnes des boulevards de Courcelles et de la Naumachie; l'etablissemet d'un service d'eau pour l'alimentation des bouches d'arrosage et de la cascade tombant du rocher a grotte dont le gout public imposait alors la construction aux decorateurs de nos promenades importantes; le vallonnement des pelouses, les plantations des arbres et arbustes de choix, isoles ou groupes en massifs, et les corbeilles de plantes vertes et de fleurs. Tous les travaux furent executes en neuf mois, de janvier a septembre 1861. ) On peut lui preferer le Luxembourg, plus vaste, le pare des ButtesChaumont, plus accidente; il n'est pas possible de lui contester une superiorite de distinction, d'elegance raffinee, due en partie au quartier meme et a ses visiteurs habituels. II faut y admirer ce joli bassin ombrage que l'on appelle assez improprement la Naumachie et-dont une colonnade a demi ruinee, provenant de I'ancienne chapelle des Valois a F'abbaye de Saint-Denis, augmente le charme melancolique. On s'arrete aussi avec respect devant les beaux monuments eleves a la memoire de Bizet (1895), de Guy de Maupassant (1897), d'Ambroise Thomas (1900). La rotonde qui forme l'entree du pare sur le boulevard de Courcelles etait F'une des anciennes barrieres de l'enceinte des fer Phot. Neurdein. LA COLONNADE ET LA PIECE ID'EAU DU PARC MONCEAU.

Page  92 92 PAR I S - ATLAS miers generaux, mais elle ne fut jamais ouverte, tant que l'enceinte subsista. Lavenue Velazquez est celle par laquelle on penetre dans le pare en venant du boulevard Malesherbes. De magnifiques hotels le bordent, parmi lesquels celui (au n~ 7) ou M. Cernuschi avait reuni une collection infiniment... * rare se rapportant a Ilj, ^:;:::::: *:::f l'art oriental, estim ee i;;:::;;::iV0000 valoir plus de cinq mil- i:; ' lions, et qu'il legua 1 IJ; ^ ^^'^ti genereusement a la l: *:: /:;:: ': Ii:!; Ville. Le muse Cer- lll!^;; t;0t00 f^it0: nuschi a ete inaugure:: 6: 0: /: le 12 octobre 1898. L'avenue de Messine, qui aboutit 'a une au-:;:;;:: i:r'1^^^^ tre entree du pare | T:::^' ^ll ijl Monceau, descend par une pente majes-:i:^:^airrllill tueuse au boulevard Haussmann. Au point| ment 'a la Ville par un V. X Anglais, sir William Knighton. GCest, auP * v. g~i~. * i* *X * *............... * *........*. *.>. **.......*:s:s:::s.......... jourd'hui, un des car-........... refours les plus ani-.l111........B^^^^^_ 9 _ mes, les plus brillants de Paris. Qui le croirait? Jusqu'en 1.862 ce LE BOULEVARD MALESHERBES fut Femplacement d'un abattoir! L'abattoir du Roule avait ete construit en 1810; son perimetre etait limite par les rues de la Bienfaisance, de Laborde et de Teheran; Favenue Percier 6tait son principal acces. La riche eglise Saint-A u- _ _~ *_.**.,...*.....__________ gustin a ete construite par Bal- Ri-^ —.- -- - - tard, Farchitecte des Halles de 1860 'a 1869, pour remplacer une eglise provisoire, situee place de Laborde, et qui datait de 1851. ~ iii Son style est fait -d'un melange,art italien et byzantin; on croirait voir une mosquee concue par un architecte florentin du XV-e -- Zl x e e. Lensemble W'en est pas mod'gls harmonieux et decoratif 'a souhait pour Fadmirable place qui preceude le monument. Trois arcades en plein cintre s'ouvrant sur la facade principale, donnent acces dans um intdrieur de Ftulise, formh e d'une nef sans bas-cotres et d'un transept au milieu duquel est, le chcour. La nef est divisee en Mfil huit travees d'6gale largeur; le liilil!!!!!:^.:^ transept a 28 me'tres de largeur; i —^: ----- M -- le maitre-autel, tre's riche, en LEF SQU'ARE occupe la partie centrale. Cette partie de Fedifice est surmont~e d'une large tour, haute de 60 me'tres, flanquee de quatre tours moins hautes de 10 me'tres, et supportant une fle'che en forme de lanterne, haute de 20 metres. (( La chapelle de la Vierge, dit l'lnventairle des richesses d'art de la I France, auquel nous empruntons cette description, ouvre sur le transept, derriere le sanctuaire, par trois arcades soutenues par des colonnes en marbre rouge, a chapiteaux composites. Les tympans de ces arcades sont surmontees d'une corniche portant une grille en fer forge et dore, semblable a celle qui regne dans les autres parjjjpjj' ^^; ^ g i; Fe ii e a~~i lafii00;ffi;;;;Ei E f; F;0i ties de I'Bifise, repr hauteur du triforium. I;: La chapelle est eleree de quatre marches auE~~~~Ttt: L~ SU: T:: dessus du sol de F'6-.:glise. La hauteur de la votite est la mlme que celle es voutes de nla s'ag:t.x d.ne ige p0 c;::nef. Elle est ouverte i au-dessus du t ymupan:. des arcades inf rieures, ce qui permet de _ _ ^,.,, au 00 t00000100 2M 0000::::: voir lde la nef la enco1u ir enf I E 1 g ration cle la paltie sull|ll|i || | d e _Peri ureBr isset t, rp<| LABRD sde deux toiles maroutmes, quacopig n~ mdePi q ier Fh B rtiss etz, mrep6 en=; 1813. At ee s t sentant: a. gauche, ue] de R g.Els; a droi te, la Pre-.......... _.... sentatdon au Tem1ple. ET L'...............TIN m rquable dusait-ulgsocle qu'elle surmnte est pourvu d'inscriptions dont l'abondance donnerait 'a croire qu'il s'agit la' d'une figure peu connue. C'est l'et de 1900, si felcond en inaugurations de tout genre, qui -;; 0 -; 0;;;-,!.,~xtl.................... ecifices du V 11111arrondissem ent... -......t doi son no m Bati au xv it s e!t;itt;ii;T t0ftt iit-E.: efss 4;0 —tt-ttt0;0-000000;;0;;ttttttt~t~tti~t~tit;;;-;l cle pour recevoir deux comupabaret stuemps, lea dela6 rue Ldu i"M sLa rue, suula le utileaencoe dl S LABORDE.bson nmoauxeates d~ae Meone-cent. Luaompite uiln mcluemach ccin qui Parbitit Goezaor en 113. uparvant ell steai bappele riue aue l'O de lale ruis rue cle Rovigo. Elle n'eait pas alors la voie elegante que nous de la Ville prescrivait qu'elle fut rendue (( praticable )). E

Page  [unnumbered] PARIS - HUITIEME ARRONDISSEMENT E u aiter des aalaps-Xmpees...,.,,.,o,,du;lau0ourydz~oulR. 9)...... de la Maddein e............., delEurope? Echelle-:ul.ooo M O 100 200 300. 400 e00:E lb.NBas DE I'm i I I 4' g, - 'T , A,, J) PLACE DE L 'ALMA TZ 0 0 13 a:n 1.., -"P., ~;~ is I~ I ve~k - "'. u - 'em / \i -"iPtvo " (3- 1) f 1 - I I Ind "" '-i A/ iil J 11-1 n~e J~' 1/i I iaf --- I,*~ e - ho I == I'I )) /.I 11 PARIS-ATL AS 8

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Page  93 P Eot. LCvy BirCreS PERSPECTIVE DU BOULEVARD MONTMARTRE SE~PARANT LES IXe ARRONDISSEMENT (a gauche) ET He ARRONDISSETMENT (al druite). IX.. llar S 1A<S:H L OPERA. - 330 QUARTIER: SAINT-GEORGES. - 34e QUARTIER: LA CHAUSSEE D'ANTIN. 30'5 QUARTIER: LE FAUBOURG MONTMARTRE. - 36e QUARTIER: ROCHECHOUART. REGARDER les plus anciens plans de Paris, on se rend compte, d'un coup d'oeil, que la region ^ I cldont nous allons maintenant traiter ne fut S^ bq u guere, jusqu'au regne de Louis XIII, qu'une 2 ^ X 9 k prairie, mise en culture maraichere pour l'ap^ f Z ^ B provisionnement de la ville. Si Fon consulte f y 1z -S i ensuite un plan de la premiere moitie du /A - ~ ^ xvllle siecle, on verra qu'il n'y avait encore eu S ni grands changements, ini grands progres. C'est du regne de Louis XV qu'il faut dater I'epoque oui la vie commenca a transformer et a animer ce quartier. L'enceintec dite des Fermiers generaux, entreprise sous Louis XVI, repr6sentee par les boulevards que lon nomme exterieurs, le renferma dans Paris; jusque-la, il en avait ete isole, tant par la fortification de Charles V, que par la construction, en 1630, du rempart, auquel on t succede nos grands boulevards interieurs. Il faut dire, cependant, qu'au delac de ce rempart et jusqu'au trace de la rue Saint-Lazare, le territoire etait considere comme un faubourg de Paris, relevant des paroisses Saint-Eustache et Saint-Roch; mais, a Forigine, il avait fait partie integrante des deux paroisses rurales qui, jusqu'a 1860, sont demeurees independantes de Paris: Montmartre et Clichy. Tout ce qui, dans le IXe arrondissement, est situe a l'Ouest de la Chausseed'Antin appartenait a Clichy; tout ce qui est a FEst, a Montmartre. Deux fiefs anciens et importants y etaient situes: les Porcherons, sur Clichy,. la Grange-Bateliere, sur Montmartre. Peu de rues: la grande artere transversale de l'Ouest a FEst etait la rue des Porcherons, aujourd'hui rue Saint-Lazare; la grande artere transversale, du Sud au -nord (rue du Faubourg-Montmartre et chaussee des Martyrs); le chemin de Clichy, qui e st devenu Fopulente Chaussee d'Antin; a l'Est, uniquement les rues de la Grange-Bateliere, Bergere, 'de la Voirie (rue Cadet), et d'Enfer (rue Bleue). Le IXB arrondissement, dit L'OPERA, est limite a l'Ouest par Faxe des ruesVignon, Tronchet, du Havre et d'Amsterdam; au Nord., par Faxe des boulevards de Clichy et Rochechouart; a FEst, par Faxe des rues du Faubourg-Poissonniere et Poissonniere; au Sud, par Faxe des boulevards Poissonniere, Montmartre, des Italiens, des Capucines et de la Madeleine. 'Sa superficie est de 213 hectares: seuls, les quatre premiers et le 9 PARIS-ATLAS.

Page  94 94 PARIS - ATLAS VIe arrondissement ont une surfvace xmoil(Arel,. Sit p popla)Itlxltiont est d'environ 120.000 habitants, -e qt:t lui assurt e utit. rlepjr sentation double a la Clhambre dts d.l c:irtt(s. De tous les arronclisselents esielllsnlt- t cclu -c ot, sa I s conteste, le plus parisien. Si l-a Ha twtoyles:: 1m1o(de/.e rtl> ei, st assez comparable, a ce qu'Esop:e dlttl d: t:llr.ng:: l:t meilleure et la pire des choses, oi tpcultdIrel qlie cette: e (Il ( 0 nition ne se verifie nulle part awssi bie: i; t.l it. oilldlins dt. lettres, peintres, sculpteurs, I " I ige t: tdlictr, s b'tlluaux dei | redaction des grancls journaux 111totldn6,s, n iss dxve 1| cl'art, tavernes et cafes a la modlt:, itt:railtes it aut:lt:res, s t groupent dans cet etroit espace, et S'y coull'otdext:ttvoc be(tau- 11 coup de ce qui en fait la lie: - aventuriers, rastaquoueres, / - femmes legeres..., tandis que /ll cans certaines parties delFar- / /; rondissement, rue Pigalle, / /iii rue d'Aumale, rue de La Ro- / / iiSii chefoucauld, rue Saint-Geor- / / illl tl ges, la hautebourgeoise tient / k' l lll ses logis severes fermes aux / /Ili-^^^^^^^ fielvres ambianltes. /............ 0 j00:: _ tratif, le quartier Saint- | dans cette rogion, ni nulle /W autre part dans le vieux Paris, | d'6glise ou chapelle dediee a" saint Georges, il faut bien expliquer par une ensei gne l'ori- I W ---- l gine cle ce vocable. L'enseigne t\Et| --- —i2 -est la providen ce, la ressource \ l w i-ti supre'te 6xvletymloelogiqule.'u mf. gi rue Sainet-lazae a la ruelle \ la Tour-cles-Dames). La ruelle ' \ 0v0000-0000gg-00-HIgggg0g0000 est devenue plus imlportanlto \. ^000;0;ffF; H t: lorsqu'en 182 i elle a e te pro, X j^^^ longee jusquta la rue Notre- ^- "^ Dame - ce -Lorette et que la >^ plSaint-Georges ckaita ete formee. o f+t Jl^ ]i II est a iremarquer que les maisons de cette place, bien qu elle ait une denomination officiel font pour le numerotage partie integrante de la rue No.tre-Dan. de-ILorette. I e n~ 27 est l'hotel Thier~s. L'illustre homme d'E l'habitait depuis plusieurs annees deja, il y avait groupe la majei partie de la remarquable collection d'ceuvres dlart qui est ma tenant au Louvre, lorsque les evenements de 1871 la lui fire quitter pour transporter a Versailles le siege du gouvernemep Les chefs de la Commune deciderent de sevir contre la maisc..S. 1 \Voic:i!t tl.exto dt I'it:tl.t. d dedmolition, pris le 11 mai 1871: Ie (Con1-iet de alu public,.{.iti {.4{)t}-rlite. fit';tilttt Irlt}trfi.' }'t\ r'fli.lKtt (ilt silour Thicrs, se tdisant chef du pouvoir executif de la Rt p.lut.3 }} | fatic al tiiis; Con0rls aihtllIllt qttw e ttefl' tfihlche imprimee a Versailles, a ete apposee wtlv lv ntrs (lr. de laXris patt vs l )-'<h'es du sieur Thiers; w,' datwr ce tl(ocuttettt.n il d'.0cire que son armee ne bombarde pas I1tivl'-, tal)ndis |1u" chtaqtllef', joiur, tlds femmes et des enfants sont victimes dcAX pro8'tint:e, s ''af'irrficitd s e.{ V 'r {ailles; Quil y; cSt iit 'lape it la lt rakoins pour penetrer dans la place, sentant f'itl'r}iplsibilti abtsliihte <i vahittvlt.e' par les armes l'heroique population (dle 1) arl, l~Arrett: AtTt'v i.tl 'n^^riE - -- L.eS biens meubles et les proprietes de Thiers seront saisis par les soins ^- de l'administration des domaines. \ ART. 2. - La maison de Thiers, I':~: Ill'^il00ltil \^, ~ situee place Georges, sera rasee. litW - \ ART. 3. - Les citoyens... sed 0|t::::i:l0 0;~00:, iS00: t0::r I \ ront charges, chacun en ce qui le ^^l;f~~~:'~;'~;0!;^ \ ~ concerne, de l'execution IMmE^^^-t; \ DIATE du present arrete. i *:ft~gl B i \ \Paris, 21 floreal an LXXIX............ Done, les pierres seules! 'taient atteintes. 'article premier prouve que l'on vouM 401 lait sauver les oduvres d'art, C~ilii et c'est 'i Courbet, paralt-it, _ Les qu'en revient Fatteignitiaivle '^^^^^ ^ —^ sep em re 1877. Son COl'pS M. Thiers n'eut a la place Sait-s Georgesndre et s les funerailles eudans s a ma ncison > devenue A TNi rtel depuis la Notrecon-Dam e-Loretteion, qui en fut faite solen874ite.:i3 ~l lpaI ~r M. Aldrophe, aux frais de la Nation. On sait, en effet, e La U Notre-Daede-Loette, que nous larcourons, n'est pas ulsemne- voie ancienne. Aul commencemuent du siecle, elle s'appelait rue Vatry, tat et sa denomination actuelle ne clate que cle 1835. Lorette est une ville ire cl'Italie ou s'etait creee une confrerie de chevaliers sous le patronage in- cle la Vierge. Comment eut-onl l'idee de choisir ce patronage pour znt l'eglise du faubourg M~ontmartre, dont nous parlerons plus leas? On nt. l'ignore. Quoi qu'il en soit, il a servica doter la latngue franaise, d'un )n. mot nouveau jadis, demode aujourc'hui. La lorette ne se rencontre plus que dans les tableaux de mceurs ou les romans c'il y a soixante asns. a Le marche La Rochefoucaulcl, a l'angle de la rue du meme- nom, n'est plus, lui aussi, qu'u souvenir; il a ete detruit par U incendie au mois de mai 1898, et on en a profile pour le remplacer par unle |ce maison de rapport. La rue Breda aurait-elle aussi une origin e italienle? Peut-etre, mals j i c'es-t par le nom cle son proprietaire, Breda, qui la fit ouvrir sur des ggterrains dont il etait possesseur. Et nous voici iue Victor-Malsse;, ainsi cl enommee depuis 1887 parce que l'auteur des Noces de Jelannette mourut " nlon loin cle la, cite Frochot, n~ 1, le 5 juillet 1884, ainsi qu'en fait foi IjG une plaque commemorative. Avant, c'etait la rue de Laval. Les habitants l protesterent le toutes leurs forces contre ce changement de nom; ils ~1| y voyaient sans loute UD ledain pour le chef-lieu cu departement cle la Mayenne, et coien c tort, car la marraille de la rue etait tout e dsimplement Marie-Ltouise de Montmorency-Laval, cerniere abbesse de ~II 1iontmartre. 1| Peut-on qui-tter la rue Victcor-Masse sans aclresser Ull souvenir emu IIIt ru Chat Noir e-t a feu SOll proprietaire, Rodolphe Salis. Qui nty est ntI cntre, au moins une fois, clurant la dizaine c'annees que dura sa -I vogue, danls ce cabaret oui la fantaisie regnait en maitresse, mais une -- fantaisie petrie d'art, petillante d'esprit? Qui ne se rappelle laverve cndiablee de Salis, sa fadon d'accueillir les ' gentilshommes )o et les - nobles dames 19, ses boniments, eeourdissats de brio, sa petition Phot. Gaillard. PLACE ET FONTAINE SAINT-GEORGES.

Page  95 NEUVIEME ARRONDISSEMENT organisee en vue de ~ la separation de Mont- - martre et de FlEtat ))? Et des aeuvres sont nees. ^ la, et des artistes s'y sont illustres qui font honneur grandement a la memoire du createur de ce nid d'esprit et de talent, ou, par surcroit, il avait fait fortune, grace a lEpopee, a la Marche et I'Etoile, a Phryne, sans parler de chansons a demi immortelles: le Bal de l'Holel de ville, 1'Expulsion, les Sergots... L'heritage de Salis s'est morcele. De nombreux cabarets ou theatres de genre tres special ont ete fondes avec un souci plus pratique que celui qui avait preside a la jj creation du ~ Chat-Noir ~; mais Fesprit perd a s'eparpiller. G'est maintenant au ~ Carillon ~, a F Ane rouge )o, aux ~ Treteaux de Tabarin ~, au ~ Cabaret bruyant ', a la ~ Roulotte ~, aux (( Funambules ', a ' (( Enfer ~ et au ~ Ciel ~, etc., qu'il faut aller en chercher les miettes disseminees. Redescendons la rude pente de la rue des Martyrs, en plaignant les chevaux de Flomnibus de Pigalle -- ces martyrs - qui la gravissent. Au n~ 41, une haute maison, presque une cite, precedee d'une vaste cour, attire Fattention. Elle fut construite pour un etablissement sui lequel les donnees sont vagues: deux ou trois lithographies, conservees au departement des Estampes de la Bibliotheque nationale, la representent avec ce titre enigmatique: ~ Omnibus - Cafes - Restaurans a domicile )), et la date t-":Oss''W de 1837. Ce devait etre un hotel meuble, qui ne tarda pas a ne pas reussir. Au bas de la cote, leglise Notre-Dame-de-Lorette montre son laid chevet. A droite, s'ouvre la rue Saint-Lazare, -troite, serpentante, bien delaissee au profit de sa jeune rival( rite de Chateaudun, creee par le second Empire sous le nom de ru Cardinal-Fesch. A signaler, au n~ 10, le Theatre d'application, que n'appelle que 1A Bodini6re, du nom de son fondateur (1887), E nier, alors secretaire general de la Comedie-Francaise. Non loir la, des demeures d'hommes celebres: Auber, 22, rue Saint-Geo (la maison a ete demolie en 1895 et reconstruite); Talma, 9, rue c Tour-des-Dames; Mignet, 14, rue d'Aumale. En debouchant sur laj de la Trinite, la rue Saint-Lazare devient spacieuse, vivante, et c'est avec ce nouvel aspect - B..31.1.B...... ^ ^ qu'elle se poursuit - confondue avec la rue de 1'arrondissement. placdeuxchapelles placs sous la me.me invocation, qui avaient tet6 Tivoli). La construction de l'eifice actuel, qui cou'ta tout pre's de quatre millions, date d'un arrWt prefectoral du 9 juillet 1861 qui autorisa le commencement des travaux, dont Ballu dressa les plans; mais cc n'est que le 7 novembro 1867 lue 1'e'l fut inatugu de la Chausste 'AUtAi-, mil plus agre'able perspective, prwcedee d'un joli squtre que des balus- LE TH EATRE I Phot. Neurclein. PERSPECTIVE DE LA RUE DE LA CHAUSSRE-D'ANTIN. (Au fond, 1'eglise de la Trinite.) trades entourent de leurs volutes gracieuses, et le dominant un peu, de facon que le monument y gagne en noblesse, la Trinite est parmi nos eglises modernes Fune des plus heureusement concues. Le luxe interieur correspond au charme de Faspect exterieur; on y a ete prodigue d'oeuvres d'art, peinture et sculpture. Elles sont signees JobbeDuval, Barrias, Francais, Dantan, Carpeaux, Chatrousse, Paul Dubois, Doublemard, etc., etc. Les eglises ferment de bonne heure leurs portes, le soir. Bien leur en prend lorsqu'elles sont, comme celle-ci, a quelques pas d'une salle de theatre, d'une salle de bal et de concerts dont la clientele joyeuse pourrait se confondre avec la pieuse cohorte des fideles. Le Casino de Paris ouvre sur la rue de Clichy, le NouveauTheatre ouvre sur la rue Blanche: les deux ktablissements sont en outre reunis par une commu-nication interieure, de sorte que Fon peut tour a tour et presque en meme temps voir jouer une piece de spectacle, entendre de, gais flons-flons, assister a un ballet suggestif, ingurgiter des breuvages doues de la meme vertu. Par un contraste singulier, ce terrain, exclusivement consacre au plaisir etait, il y a trente ans, celui du college Chaptal, fonde en 1837 par Pierre Goubaux, transmis par lui a la Ville de Paris et qui en emigra en 1874 pour aller s'installer dans le quartier de l'Europe, ou nous Favons rencontre. Continuons a monter la rue de Clichy. Au milieu, a droite, s'ouvre la rue Nouvelle, voie privee impasse meme, devons-nous dire pour etre exact - creee en 1879; celui qui l'a baptisee ne s'est pas mis en frais d'imagination. G'est la qu'etait la fameuse prison pour dettes - la Dette, ou Clichy - comme on l'appelait Phot. Gaillard. DU VAUDEVILLE.

Page  96 96 PARIS - ATLAS - - - LE BOULEVARD DE LA MADELEINE, habituellement, fermee en 1867. Elle avait 6te construite sur l'emplacement de deux hotels, acquis par la Ville de Paris en 1826, du banquier Sailliard; mais ce n'est qu'en 1832, a la suite du cholera, que les detenus pour dettes, alors incarceres a Sainte-Pelagie, y furent transferes. Certes, il y a quelque ennui a etre prisonnier; mais quel malin plaisir avaient les detenus a payer leurs creanciers de cette monnaie! Trois mois pour une dette de 200 a 500 francs; six mois, de 500 a 1,000 et toujours crescendo jusqu'a trois ans, qui etaient le maximum de la contrainte par corps. Au dela de la (( Dette o, l'espace compris entre la rue de Clichy et la rue Blanche, circonscrit aujourd'hui par les rues de Calais, de Bruxelles, la place et la rue de Vintimille, consti- _ tuait depuis le commencem ent du siecle le jar-............... din fameux de Tivoli. couvrant une superficie de 65,647 me'tres. II fut loti et mis en adjudication le 12 mars 1844 a la chambre des notaires. Et c'est ainsi que s'accomplirent vos destinees, montagnes russes, cascades, grottes artificielles, qui faisiez la joie de nos aneux! La rue Blanche et la rue Pigalle sont d'anciens chemins qui conduisaient des Por-;j cherons a Montmartre. La premiere s'appelait primitivement rue de la > ~ Croix-Blanche; la seconde, rue Royale. ILa Nomencla-;j ~ture officielle des rues de Paris publiee par la Ville, et;:0;i; 0X 0 qu'il faut toujours consulter, dit que la rue Royale fut denommee rue Pigalle en l'an X, parce que Pigalle y avait son atelier. Ce n'est pas tout a fait exact; le grand sculpteur avait son atelier au faubourg du Roule; c'est la qu'il acheva la statue de Louis XV, commencee par Bouchardon, et qui decora si peu de temps la place de la Concorde. Lui parait avoir eu deux maisons, au moins dans le quartier dont nous parlons. Une requete datee |isd ~ de 1774 et conservee aux Archives nationales fait mention d'une maison ~ sise au coin des rues Blanche et Saint-Lazare, exactement au-dessous de celle de M. Pigalle )). D'autre part, dans de curieuses notes puj bliees par Lucien Lazard dans le Bulletin du tieux Mont111artre (1895), on trouve les noms suivants d'habitants de la rue Pigalle en 1790: (( La demoiselle Adeline, pensionnaire de ]a Com~die-Italienne; ((La dame Raucourt, pensionnaire du Theatre-Francais.~ Et dans la rue Saint-Lazare: La dame Dumesnil, pensionnaire de la ComedieFrancaise; ot. Neurdein. ~ Le sieur de Bougainville, chef d'escadre; La dame Pigal (sic); ( Le comte de Bernis. ~ Le bel hotel portant le n~ 12 de la rue Pigalle est celui ou mourut Scribe, le 20 fevrier 1861. De la partie occidentale du quartier Saint-Georges, entre les rues de Clichy et d'Amsterdam, il y a, croyons-nous, bien peu a dire: les quelques rues, calmes et bien baties, qui les relient F'une a F'autre, portent toutes des noms de grandes villes d'Europe, ainsi que celles qui, dans le VIIIe arrondissement, rayonnent autour de la place de 'Europe. Quartier de la Chaussee d'Antin. - C'est par un pleonasme bizarre que l'usage s'est etabli, meme officiellement, de dire rue de la Chaussee-d'Antin, ce qui equivaut a dire rue de la rue d'Antin - une chaussee etant une rue. Nous nous garderons de cette redondance. On a vu plus haut (p. 93) que cette voie importante fut d'abord un modeste......chemin rural dit c'LLLLLLLL hemnin de Clichy ou de I H rtelDicolonel. Dans cett de maiLE BOULEVARD DES CAPUCINES son vecut Rossini, de 1857gout (A droite de la place de deOpera). a 1868. En face, 'etait le chfastueus hotel Montmo-le,~9~ a doit i Fh'tel d'Alntin visa vis duquel elle aboutis-..........sait et dont le pavilion de Hanovre est le vestige con~i~iii-~servio (voy. p. 21). En 1720, la Ville en fit un e ((chaussee, large de huit toises)), mais ce W'esti que vers la finl du sie'cle que la, vogue vint 'a ce, quartier hors les "' murs. Un restaurant qui a longtemps ports le norn::It fameux de Bignon, occupe, aul no 2, F'emplace8~8118~s88~1 ent d'un d~p't des gardes-fr~ancaises, qui durent le 12 juillet 1789, faire le coup de feu avec la population pour sauver leur colonel. Dans cette maiLEi BOULEVARD DES. CAPUCINES son vecut Rossini, de 1857 (A droite de la place de l'Op~ra). 'a 1868. En face, c'ktait le fastueux h~tel Montmo rency, veritable palais auquel succederent une maison de rapport et, en 1868, le theAtre du VTaudeville. C'est un joli edifice bien bati par Magne, avec un avant-corps en forme de rotonde, au premier etage de laquelle est un foyer elegant. La facade est decoree de cariatides dont quelques-unes - detail curieux - proviennent de la maison precedente. Au 7, etait l'ancien hotel Necker, devenu la propriete de Recamier, puis de Mme de Stael, occupe plus tard par l'administration du chemin de fer de Lyon, qui lors des remaniements du quartier, fut transferee rue Neuve-des-Mathurins, et enfin, au moment du percement du boulevard Haussmann, dut encore.-:.: -—,-:: -:,::.... -:; — -..._.-..... LA MAISON DE SCRIBE, RUE PIGALLE.

Page  97 NEUVIEME ARROND1SSEMENT 97 _ ___ _I I _ _ emigrer rue Saint-Lazare, ou, elle S'est fix~e. Au 9, 6tait 116atel de la rier de la marine et devenu avant sa demolition le sie'ge des concerts Gifimard; au 11, celui du general Arrighi, due de Padoue, auquel suc- Musard; au 20, a demeur6 Mm Wcamier; au 2~.2, 6taient les cele'bres cede'rent les bureaux de la compagnie du Nord, puis ceux &Orrlans, collections de tabatie'res et de boiibonnieres de Lenoir-Jousserand, qui chasses 'a leur tour par les constructions nouvelles et transportes rues furent transf~r~es plus tard au 24 de la rue Caumartin avant que leur de Clichy et de Londres. Au 13 ont k6ti, de 17'91 'a 1860O, les bureaux de propriktaire en fit don au mus~e du Louvre. Plu's loin, on rencol Itrait la banque M~allet. le passage San dri6~, allant se terminer ' la rue Neuve-des-Mathurins et Le no 12 a encore la forme bizarre de I'ancien cimeti're Saint-Roch, dont les misi~rables masures faisaient un fdcheux contraste avec le sur lequel il a Wt construit. Au 40, se trouve 1'emplacement de Pholtel.............. habM 'ai la fin' du xvII1e Si' cle par iMme de Montesson,......... spouse morganatique du due d'0rreans, grand-pe're de Louis-Philippe. 11 appartenait 'a l'ambassade......................-ii-iii:: l-iiii~ —:i:- i-ii::ii: —ii- t i i d'Autriche lorsqu'un incendie le d~truisit en 1810....... - -------- ---------- A sa place, on cr6a en 18~26....-i:l-:ili-~llliil~jjliijii............~~ la CitJ d'Anlin, dans laquelle se trouve le Thea'tre-Mondain, qui sue-ijlll;:. ~ ~ ~ ~ c~da 'a~~... ue glise, Saint- ii~ Andr6-d'Antin qui avaiti Iialr ia pris elle-melme la place ii' i:i d'une salle de bal.. Au 42, s'61e've la maison E i ~i ofi iMirabeau mourut, le iii iii 2 avril 17 91 - -au 6 2, I'e mplacement de celle du g6-1iB iiic il neral Foy, mort le 28 no-:B~iM ' vembre 1825; deux in- iii iiSk'" scriptions les signalen-t 'aii:i~ii::l~ii li~~ii i I'attention du passant. La ~ p~i~) i ~j~i rite de Cha'teaudun passe Suri ~"i'':~"'~':'':''' P'emplacement de 1101tel....... Mlontfermeil, que Naplo- lsiiiiiiiib g,:jl~...................ijij iiii 1 -- IlPhot. Neurdein. FAQADE DE L'OPtRA. luxe voisin. Au reste, le sol de la rue etait, comme son nom l'indique, et est encore dans le court fragment qui subsiste, en contre-bas du boulevard; c'etait un veritable fosse qu'il a fallu remblayer. Par derriere s'ouvrait, en retour sur la riue Bouldreau, _.la rue Trudon dans laquelle, sur l'emplacement de la Compagnie generale transatlantique, etait 'hotel de la *grande Rachel. L'Opera. - Est-ce a l'admirable monument de Charles Garnier, est-ce a la salle infiniment plus modeste de la rue Lepeletier que le IXM arrondissement doit, depuis 1860, son titre administratif? Aux deux, sans doute, car a cette date la construction etait deja decidee d'un edifice destine a remplacer la salle Lepeletier, ouverte (( provisoirement ) en 1821, et sa place deja fixee au point sur lequel il s'eleve. En 1857, le second Empire etait a l'apogee de sa puissance. Paris, depuis quelque temps, s'ouvrait a la lumiere, _ dans le sens propre du mot,- par des percements, bien concus pour la plupart, et indispensables. C'est alors que Napoleon III invita son ministre d'Etat, M. Fould, a faire etudier un projet de nouvel Opera. fut l'architecte ordinaire de l'Opera, Rohault de Fleury, que l'on en rgea. Dans ses MJnoires, le baron Haussmann a raconte avec quelmauvaise humeur comment les choses tournerent:.pres approbation des plans, M. Fould conclut avec la Ville un traite qui la rgeait de l'expropriation des terrains necessaires a l'emplacement du theatre es baliments l'entourant de trois cotes; a l'etablissement de la grande place laquelle s'elevait, comme aujourd'hui, la facade principale, et de celles qu'on sur les cotes et sur le derriere du monument, ou debouchaient la cour de pereur, la cour des abonnes et la cour de l'administration; enfin, a l'ouverdes rues Auber, Scribe, Ialevy et Meyerbeer qui, reliant ces diverses places, 9. LE BOULEVARD DES CAPUCINES (A gauche de la place de POpera). lMon avait fait reconstruire pour y loger le cardinal Fesch. Comme on le voit, les souvenirs historiques ne manquent pas a la Chaussee d'Antin. I1 est bon de dire aussi quelques mots des hotels presque centenaires qui, en 1858, ont disparu pour faire place a l'Opera. La re Basse-du-Rempart datait alors d'un siecle environ, et sa physionomie avait a peine change. Au 4, s'elevait l'hotel construit par Bouret de Vezelay, devenu plus tard la propriete du comte de Sommariva; au 6, la maison ou mourut, en 1814, M1e Raucourt, a laquelle le cure de Saint-Roch refusa l'inhumation religieuse; au 8, l'hotel d'Osmond, construit par Brongniart, en 1775, pour M. de Saint-Foix, tresoPARIS-ATLAS.

Page  98 98 PARPIS - ATLAS encadraient les autres parties de cet enorme ensemble de construe- a tions, affectant la forme octogoLes expropriations ont lieu, les voies publiques demandees sont d etablies; des constructions privees, le Grand-Hotel, entre au - tres, s'eMlvent suivant le type fourni par larchitecte de Eta, type se raccordant avec celui de ses batiments secondaires. F1mCependant, une question de s'eleve budget retarde la mise a execuiion des plans adoptes. M. Fould l1 est remplace; son su ccesseurlevard (Walewski), sans tenir compte dcaecette approbation, ni des faits aecoemplis oven un once ours Le projet de M. Charles Garnier, alors architectu ordimnaoe dtres a Vle, maujos ourd'hu mna plus de mable confrere a l'Institut, lemporte, et quand son Opera s'elve triomphalement au fond de la -dhe Cauins, qdaUs Fvaxe de lFave- _ nue Napolon (auj ourd'hui avenue_ de l'Opera), il se trouve mediocrement en harmonie, pour ne _1t inaa dire rien de plus, avec le cadre la c t i d prepare pour un autre monument, avec l qet acitue py imposie h latout ones vrporle are les maisons voisines n'a plus de ||e - ' ' i Ce coupleturs... a cademique, t c4 encore que peu aumable pour 1 cie pour uiteursas raisa onssil.;'ur at 't t'abrd iable connaitre 'a -;;;;; -auitut moinss itom lemtent de.s..... du poure Operaeles ruesos........ Daodil m nou atcnatre que.les.homme desce ond s dusouvoiresont tro.suvet.ncinsa.'a ne dhireriqen de pls).E ula constrution dn s'enorueillipra netlle ps rens amneaecl ar quoelles de's olorset fallat-ile docrvr ls lares tl outr aut urLes asn u les hommes e qi leurs architectes et 'a leur e'poque -ne pouvaienit cepela p're'tention de rivaliser de luxe avec un eclifice que 1' de souhaiter sans rival possible. D'autrc part, n'eta table de de'sirer que le dessin d'un pareil eclifice fut mi sollicita't l'activite, le talent des cerveaux les plus dign, voir? Napoleon III et son 11 _ | i _ _ministre d'Etat furent donc -------------— I --- —-— 1 bien —;insop-ir e na ( le p clus reanulant nte; vlalose nla pquey P a l d Le du i mevelesd Rappelons maintenant que envronan, e fyer L'sclie arai aluiseu sffia a goies den1 Game. le projest voes le red des i les ps psen par Charles Gardies X, ho fut accueilli avec enthou'on do e vsiasme. Son auteur est mort dt-i pa eqi- ne ouvllerevluton e trmian daux lres couran de foy equ i a | 898 ol t du the'a Fisepour.. ---. deGamerle oye asurecel led Palouery pargelest mdmibes u o l r seD t avec t quelques reserves. Lalest - l beleCe nsest pas, en effet, une excellente. Lefaible gloire -pour un homme Oni dl'avoir eseve le plus beau mogout h u quenument civil cee Paris apres hic F0 nlieel s le Louvre,anous de rions meme sieca l'egal du Louvre, si nos les prpgranos artistes de la Renais d fune hauteu demes;;-;-e; sance pouvaient avoir dees pasd'u hurex efe; elesecaset egauxc que que Fon dmaitpre |n toute dabord 'a l'Opera, c'est ii ell la fagade, d'une si riche et;; -;-;;;-larg qe surmotd l oonnadcfme,.i..E-.-..E.E-.. -.E.-E.-.-.i- -i-.iE..-i-E.-E..E............................ -.......|.....At....l r p l n d....................... apres musl x laeDanse de qeqe......Carpeaux.(-le plus rema1l - r ~ ~ ~ ~......................... L' PE A Phot, Nerdin qu bl.......ute et so voies dessine es............. march aai e pu rgeleux, digne d'unri cont~ede 'o.v i a s n d ub e r v l to u....................... aux pr m i res og snte c m o t a......do tilla eors......an to te la ap th o lonnde lat....... L'architecte l'a nelgeeaeas ireaalogia detra smete aux............... eur...mesuree..... surfa es nuoes vusd meornelisont.......... pas..... d'n erex efe leseraet 'dii e qu e-~ e lo vu drat uar.. 1 aitemnt hrmoniux dns totes ets opk parte.A fod eu srontape g~ ~ ~ ~ ~ ~~~~~~~~et fME icsciius le 'nimn a 'diacade, queal'o droitape superbe specimen de notre architecture nationale. Commencee en 1863, F'cuvre ne fut menee que lentement, tant l'architecte avait souci de ne reunir que des materiaux rares, de n'imposer aucune hate a ses collaborateurs artistiques. Puis, la guerre survint, et nos desastres, pour bien des causes, ralentirent le travail apres l'avoir, meme, un moment, fait cesser completement. L'incendie de la salle Lepeletier, dans la nuit du 28 au.29 octobre 1873, reveilla l'ardeur, et finalement la nouvelle salle fut inauguree le Phot. Neurdein. 5 Janvier 1875. Ce fut une soiree de grand gala donnee en presence du marechal de Mac-Mahon, president de la Republique, et d'illustres h6tes FAQADE LATPRALE DE L'OPERA.

Page  99 NEUVIEME ARRONDISSEMENT 101 ___ ____ j_ _ ___ plaudir a la proposition )) du prefet de la Seine, et le meme jour la decision etait signee. L'hotel de la rue de la Victoire appartint, apres Napoleon, au general Bertrand, puis au general Lefebvre-Desnouettes et a sa veuve. I1 disparut comme nous venons de le dire. Toute la partie du quartier de la Chaussee d'Antin qui avoisine celui clu Faubourg Montmartre s'est, comme ce cdernier, batie dans les vingt dernieres annees de I'ancien regime. Paris etait mala F aise dans sa ceinture, et la speculation jl,:i.vw..... guettait. Voii une lettre, qte nous avons tout lieu de croire inedite, du ministre de la maison du ~ ~ ~. ri roi au pr~vt des mar- ia chandls, le 21 novem- a':iii~~i:iii bre 17i70 i ill::;i - Je joins ici, Monsieur, un memoire par lequel M. de la Borde demande d'etre autorise a faire ouvrir deux nouvelles rues sur des terrain.s _:sB.. qui lui appartiennent dans Ie quartier de la GrangeBateliere, dont une vis-a-vis la, rue de Grammont, et l'autre a prendre de la Chaus-......: g —:g:: g: -.........iii.....i.: see d'Antin jusqu'au fau-.............-: - 0. —: bourg Montmartre, suivant Bll -i| - ^^ — le plan ci-joint. Vous voudrez bien examiner ce projet et me marquer si vous n'y trouves point d'inconve- LES GRANDS BOULEVARDS A nient, et si vous penses qu'il puisse etre avantageux a la. commodite publique, afin que je puisse reporter cetle afTaire au Conseil de S. AI... (Archives nationales, 01. 412, p. 797.)C'est des rues Laffitte et de Provence qu'il s'agit. La consultation ne se fit pas attendre, car le 15 decembre suivant, les lettres patentes intervenaient, autorisant l'ouverture des deux voies: la premiere sous lenom de rue d'Artois. Elle doit sa denomination actuelle, en 1830, au celebre banquier Laffitte qui y avait son hotel et ses bureaux. Et puisque nous parlons de banquiers, rappelons que, dans cette meme rue, est situee la banque Rothschild, dont le beau jardin s'etend jusqu'a la rue de La Fayette. L'eglise Notre-Dame-de-Lorette, aux confins des quatre quar et finalement demolie en 1796 pour cause de ruine; le n~ 54 de la rue Lamartine represente son emplacement. Le culte fut transfere alors dans la chapelle du cimetiere desaffecte de Saint-Eustache, et ce n'est qu'en 1822 que Louis XVIII ordonna la construction d'une veritable eglise paroissiale. Hippolyte Le Bas en fut charge apres concours, et reellement l'on se demande comment pouvaient etre les autres projets pour que le sien ait ete juge le meilleur. Il est l tdifficile en effet, --— '" --- —----— ~d e r e v e r u n 6 d ifc e d 'a s - AG D LA RE pect plus disgracieux; rw i ~ L'int~rieur, par contre, g a a de belles fresoublier la nuditi de 1rcxtarieur q buartier du Fauf q a tse os dbourg Mol ntmartre -. saOn al beau coup disserun sur ctymolosie odes la Grange- telieGre les ceent par i el Enclivastce fief, avos- de aous Lebeufq als clefeancluicetth, no us a vonspn e a le quartier e ap,l ddu Faubourg 11oninarax nous pdtre at suce caits sa partie orientaref A en rencontre~i~-~~~i l deje:::~:~i~i e ) i l croire cersm leent auteurslrdinairement bien intant,.. dechu mantnformgs, in ydaureit egutla' de' sle haut moyen a', e, un cham~p clos r~serv6,'ANGLE DE LA RUE DROUOT. aux joutes, aux batailles, d'oq le reom de Grange bataillaure, m ue les scribes traduisaientt par granelda prwliata. En d~pit de F'autorR6e de 1'aWb Lebeuf, qui a d~fendu cette the'se, nous avons -peine a y croire, et il nous paran't plus probable, d'apre's d'autres textes, que c'ktait la grange d'un nomm6 Batelier ou G~astelier (cette derni~re forme se r~encontre d~ja' en B308), 'a moins qu'il se soit simplement agi du batelier mi~me qui faisait passer dans son bac le ruisseau de W~nilmontant, dechu ma~intenant, et depuis longtemps, aul point d'e'tre un 6gout quoe recouvre la rue de Pr~ovenfce dans toute sa longueur. Jusqu'au commencement du xviir" sik~le, le fief resta aux ma~ins des maral'chers; alors un financier, nomme Crozat, donna l'exemple d'y batir, et peu apres, cela devint une sorte de frenesie..Les fermiers generaux. L tfers de l'arrondissement, est, administrativement, situee sur le territoire du quartier de la Chaussee d'Antin. I1 faut chercher ses origines dans la chapelle, humble succursale de SaintPierre-de-Montmartre qui, en 1645, fut construite dans la rue Coquenart (aujourd'hui rmee Lamartine) pour epargner aux rares habitants de la plaine la penible ascension de la montagne de Montmartre. Erigee en paroisse par la loi du 4 fevrier 1791, elle fut fermee pendant la Terreur FAQADE DU COMPTOIR D'ESCOMPTE. L'HOTEL DU JOURNAL (( LE FIGARO,,, RUE DROUOT.

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Page  102 102 PARIS - ATLAS W LE TEMPLE PROTESTANT DE LA RUE CHAUCHAT. LA SYNAGOGUE DE LA RUE DE LA VICTOIRE. s'en melerent; ils se firent construire des hotels, entoures de jardins que peu apres ils convertirent en maisons de rapport; les hBtels particuliers disparurent eux-memes; de nombreuses voies furent percees. Sous Louis XVI un quartier nouveau etait ne. La rue de la Grange-Bateliere en fut tout d'abord F'acces principal. Des 1704, des lettres patentes autoriserent son prolongement en retour d'equerre jusqu'au rempart (rue Drouot). De 1779 a 1786, furent ouvertes les rues Rossini (d'abord cul-de-sac de la Grange-Bateliere, puis rue Pinon), Chauchat, Lepeletier. Peu de monuments dignes d'interet dans cette region; rue Drouot, l'h6tel des Commissaires-priseurs (Hotel des Ventes), construit en 1858, est un type remarquable de la vilaine architecture; il a un digne pendant dans le temple protestant, trapu et affreux, qui s'ouvre sur la rue Chauchat. En revanche, la synagogue de la rue de la Victoire offre aux regards, meme profanes, une facade harmonieuse et de bon ton. Rue Drouot encore, lhotel du Figaro, qui date de 1874 et a ete agrandi par l'adjonction de la maison voisine, en 1897, est coquet et semillant. II a eu pour architecte Aime Sauffroy; la statue de Figaro occupe a aiguiser malicieusement sa plume est due - circonstance assez rare - a la collaboration de deux sculpteurs, Boisseau et Amy. La mairie de l'arrondissement occupe un hotel du siecle dernier, ou elle succ~da, en 1849, a Aguado. Dans la cour se voit, sans qu'on en apercoive bien la raison, une statue de Voltaire jeune, par Lambert. Nous ne parlons que pour me"noire de l'ancien Opera, rue Lepe _ __ ______ letier; il avait, du dehors, l'aspect d'une gare de chemin de fer. De l'autre cote de la rue du Faubourg-Montmartre s'etendait un autre fief qui depuis 1261 appartenait a 1'H6tel-Dieu, pour lui avoir ete donne a cette date par un certain Geoffroy Lesueur et sa femme Aiarie. Le fac-simile de la charte de donation existe, dans des conditions tout a fait speciales, parmi les estampes de la Bibliotheque nationale (topographie de la France), car elle est reproduite au dos du prospectus fait pour l'adjudication, qui eut lieu le 11 fevrier 1840, de ces terrains, dits alors de la Boule-Rouge. La charte est en latin et le clonateur y est nomme Gaufridus Sutor, ce que le redacteur du prospectus a naivement traduit par Geoffroy, cordonnier, au lieu de Lesueur. Ce qui est plus regrettable, c'est que dans l'excellent chapitre de son Paris dlemoli qu'Edouard Fournier a consacr au fief de la Grange-Bateliere et a ses environs il a commis la meme inadvertance, presque impardonnable a un erudit. Les autres ont suivi. Done, tout le terrain de la BouleRouge fut loti en 1840; tout au travers on a trace la rue GeoffroyMarie, denomination faite avec les deux prenoms de Geoffroy Lesueur et de sa femme. La rue de la Boule-Rouge existait deja, formant angle droit, entre les rues Richer et du Faubourg-Montmartre; l'un des deux troncons a conserve son nom primitif, du a une enseigne; I'autre porte, depuis 1843, le nom du clelbre philanthrope Montyon. Le Conservatoire de musique et de declamation est une fondation de l'ancien regime (1784), reprise par la Convention, le 16 thermidor an III; il a ete construit sur le terrain de l'hotel des Menus-Plaisirs du roi, au faubourg Poissonniere. _ — Remanies en 1842, ses batiments n'en sont pas moins - 1-1111^ insuffisants aujourd'hui pour l'institution, et au moment,0 Illl ou nous ecrivons ces lignes, il est grandement question 1i 0 M l ~de les desaffecter pour les reconstruire plus haut, dans le faubourg, a la place de la caserne de la NouvelleFrance, c'est-a-dire dans le XP arrondissement. Ce sont la projets urgents, si l'on en croit les deliberations presentees aux bureaux du Parlement, mais est-ce trop temeraire d'insinuer qu'ils pourraient bien rester longtemps encore a l'etat de projet? On en a d'autres exemples.. Sur ce meme terrain des anciens Menus-Plaisirs, un espace vacant a ete utilise en 1854 pour l'dification de l 'eglise Saint-Eugene, batie dans le style ogival par l'architecte Boileau. I n'y a rien de plus a en dire. La rue Richer (du nom d'un echevin de Paris en 1780) continue la rue de Provence, et, prolongee dans le X. et le XIe arrondissements par les rues des Petites-Ecuries, du Chateau-d'Eau et Amelot, est le chemin normal que l'on suivait il y a cent vingt ans, pour aller de la VilleF'lveque a la Bastille. On y voyait, il y a quelques annees, le magasin des decors de l'Opera; un incendie Il a detruit. On y voit encore les Folies-Bergere, temple du plaisir, des acrobaties, des exhibitions de phenomenes plus ou moins attrayants. Creee a la meme epoque que la prcecdente, la rue ~ --- ' Cadet a succede au chemin de la Voirie; ce premier nom indique qu'elle conduisait alors a des terrains passablement abandonnes; elle doit son nom actuel au COUR__ DEL AREVUIAODISCIST COUR DE LA MAIRIE DU IXs ARRONDISSEMENT. (En avant, la statue de Voltaire.)

Page  103 NEUVIEME ARRONDISSEMENT 403 proprietaire des terrains sur lesquels elle. a ete ouverte. Le celebre convent maconnique du Grand-Orient y est situe. Quant a la rue Bleue, si tout y est couleur d'azur, il lne devait pas en etre de meme autrefois, alors qu'elle s'appelait rue d'Enfer. Voici, sur le changement de denomination, une lettre du minlistre de la- maison du roi au prevot des marchands, qui n'a pas encore ete produite: (( 19 fevrier 1789: J'ai, monsieur, I'honneur de vous envoyer lexpedition de l'arret du Conseil du 14 de ce mois qui ordonne que la rue d'Enfer, pres celle Poissonniere, quittera ce nom pour prendre celui de rue Bleue. Je vous prie de vouloir bien le faire esecuter... )) (Arclh. nat. O1 508, p. 114.) La date de cette missive infirmne 1'explication du nom fournie par Ed. Fournier (Enseignes des rues de Paris): une fabrique d'indigo fondee en 1802 et qui aurait teint en bleu les ruisseaux de la rue. Acceptons done la version de la Nomenclature officielle qui invoque un proprietaire, M. Bleu, mais qui fera bien, dans une prochaine edition, de changer la date de 1798 qu'elle met en avant. Des quatre quartiers qui constituent le IXe arrondissement, celui de Roche- x chouart, il faut bien l'avouer, est le plus deslerite en sou- / venirs historiques autant / qu'en edihces remarquables. / Pour le passe, les plans de la / seconde montic du xvMi e l /si cl n'y mnontrent que cle vastes J ellelose bordes par de r ares J { pc et J:7s- i 49,E,, rues. Il n'en est pas tout a fait de meme aujourd'hui; les rues se sont multipliees, les closont disparu, mais les | monuments n'ont surgi qu'en \ bien petit nombre, et sans \ attirer 17attention. - \ Dans ses interessantes No- \ tessur Montmartre intra, citees \ plus haut, M. Lazard s'exprime aillsi q D ((Les rues qui sont, au- \~ jourd'hui comprises dans le perimetre du quartier Rochechouart etaient, comme on a deja eu occasion de le dire, peuplees d'habitants assez peu connus en general; il n'y a guere a citer que la riue Ro S v> *v - \ LE CONSERVATOIRE BE MIUSIQUE. E t chechouart elle-meme, et parmi ses habitants, un seul porte un nom aristocratique: le comte de Moustiers, ministre plenipotentiaire. (( Par contre, si les artistes, si les grands seigneurs y etaient rares, les marcllhands de vin y foisonnaient; quatre-vingtquinze contribuables figurent, pour la rue Rochechouart, au role de 17'90; sur ce nombre, on ne compte pas moins de dix-huit cabaretiers; il nous a paru curieux d'en donner la liste, quelques-uns ayant eu des enseignes assez etranges: (( 1~ Simon Hocquet, A la Flontaine d'Amozur; (( 20 Macaire Jacques, Au Ca)N. 1p1ice des Dames; (( 30 Bimuler, sans enseigne; (( 4~ Trouve, sans enseigne; UN COIN DU SQUARE MONTHOLO 5 o Frederic, A 1 Ville de Strasbozurg; 60 Fortier, sans enseigne; ( 7 Lombois (Francois), Au Rji d'Yoetot; 80 Mairet, Au Berger galant; 90 Gardin, A 1'Image Saint Pierre; 10o La veuve Vige, Au Pere Eternel; l10 Laveuve Bertrand, A Sainte Genevieve; (( 120 Legoupil, A la Vache noire; 130 Botton, sans enseigne; 140 Veuve Marcelet, Au Grand Suisse; 15~ Fouquet, A la Ville de Rouen; 160 Blancpain, Au VeWai qui tette; 170 Ladant, Aax Armes de Mladaname 'Abbesse; (( 180 Au Petit Ramp)onnleau du Gayne-Petit. )) Dix-huit taverniers, rue Rochechouart en 1490, est-ce bien fait pour nous etonner? Que l'on veuille bien denombrer ceux qui y sont aujourd'hui, nous serions bien surpris si le chiffre n'etait pas pour le moins double. La rue Rochechouart et la rue d(le Bellefonld etaient alors les deux principales arteres du quartier; elles devaient leur nom a deux abbesses de Montmartre, tout comme la rue de Laval, tout comme la rue de la Tour-d'Auvergne, que l'on croit bien a tort ainsi nommee en l'honneur du premier grenadier de France. Dans le cours du xlxe siecle, trois grandes voies ont ete ouvertes qui traversent la region de l'Ouest au Nord-Est. Ce sont, dans l'Pordre chronologique, L'ECGLISE SAINT-E'UGEN'E.

Page  104 104 PARIS - ATLAS......,.. ~.................- ~ fI' v ren u e lu a vin e ii~~~~~~~~~~~~~p 0I0;8800::;:;:;.;0;:::::: 0> rvt des marLE BULEVRD HUSSMNchandsiene On vmerte en 181tnl rue somme teN C la p a vs cl g quelque le de Mnaunt a 0 t-b das e quar-pui Rnhe aier, o rg la une incipt sur uue s''" ' 1ie8de de 581 vi Mtluier eldetriquerpour le C6 --mettr a l opulatosnvoisinde dygue ulu/facerpnal lessiers 1,ete 'esnt une heue ie u de ~ ~ ~ ~ n sommes tolelelce atous ales cordnsac parunlc,; / tael de 160,00be 89. Suneisrito signalaent d'un:...a, qua fara c ou, construitti en ~ ~ ~ ~ u unet jolirrtedumi nistreasi de verdureu, u ler ~ ~ ~ ~ dn ceile 189,prar-ner c ho le collg moulu n nicipal Rlln ouer ss portetier lei ren ocore176a apres~ievr avoi latt leviei LEnt BOdULEAR HAUSMAN parisee Oil 1791 iLE MAGA.SINS DUn PlaEMS rue kl al quartier~~qu pourn pedire..*mettre 'a la puatio voi d'y^^~^~ gBfie q fr pendaft tousenles surd peubolevacs,^^ - el tauterons -renbe noure la PE SPETE 1)5 Rue du Faubourg-Poisson/h nie're, 121, est situe un lyc~ee/ decr et insere au Journlal offi- < Su 1 'emplacement W'un abeattoir, I'abeattoir de Montmiartre, qui avait et construil. nistre de l'Interieur, du:|\-: -0 0g0 ler juillet 1809, par Belanger,^ Milj00;$00;tijJi3;atarchitecte, le college m u-_,|.r......;;.;.. ncpaRoltslin a uert oc obe 1 76 \v...... dores l'ses (ru Lomt o nd), 1877 \..;;.;;;.;;;;;;;.;;;.;;;;.. apr. T avoi q i tt le br i-....................~ ff:-0-W000 quarlel abln Ov~llvect. ot-,.-,.,.....:..:,S,:S,-,-::S,::.::g:::S,:-.:.::S~l.. lER~i....................2000,::; 1791chechupart *dles la rues 0 laeraPoles (ruenLhne ont ) jo ur......;1Q... - cpl'Ouest sur laverue Tohru de-Saron, a 'Est sur la place d'Anvers, a laquelle l'administration, on ne salt pourquoi, refuse le nom de square, bien qu'elle en soit un, au sens de terrain plante; on y remarque: une Paix armee, de Coustan, erigee sur un socle dont Paul Sedille a fourni le dessin architectural; Diderot et Sedaine, par Lecointe. Le college Rollin fait honneur a la ville de Paris; il compte parri ses e'leves des ex ter- _.........-...................... nes, des internes................. Pnuoe Trudine ^-" t merciale, creee ENTREE PRINCIPALE DU COLLEGE ROLLIN. enl1863. La duree et des etudemi-ps y est. de quatre annees. Signalons encore, angle e la rue des artyrs et dul boulevard Rochecouart le cirque Medrano (anciennement cirque Fernando, construit e.- 1875. Dlassie oula ligne es boulevards, qui entre la Maeleine et le Gymnase, forme au Sud la ligne dul IXe arrondissement, nlous n'avons riern citc enderne.core. Commet decrire cette lement adminis-:**-^.,. merveilleuse langue de terre tr ou resie et palpitepar la Villeper||| |!|||00000000000i|:||:i|||^ ^: ^\, sonnalite meme de Paris! Du l~ii~ll'!^!:;^!:!^^1!^!!!^00;;0 N^;;X f;000070000000ft - X Xaul ourg P oissonniere a la le collge rue Drouot, le boulevarRollin est est, au point b~~F de vue universipp i a 'nivers civi|; l, Direcoimmerles' b loulevrd des taire,X assimiI6tz Wic~tf ax/ lacle puaroni-pratiquecomm ci~ eux lc axmios rtqe X 3xr Y / ment ]aties pour cle gros rapa/ports; les cafes d'antan se ru/ sont transformes en brasse>.]~x~oi.:Ke~rdeiu,} ries qui elles-memnes se transuformeront suivant que l'exi} A H;RU.[ AUBEH.I\ gera le gou cujour. Tortoml a nisparu, ainsi que son per ron, qu'il etait question de supprimer en 1842 (il y a la-dessus un dossier aux Archives nationales, F 2 II, Seine, 14),; les passages de l'Opera sont devenus mornes et inutiles; le theatre des Nouveautes a succede a lhotel de Brancas... Tout ou presque tout a change, et malgre tout le boulevard conserve sa physionomie immuable; le jour oui il en changerait, Paris ne serait plus Paris. 141

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Page  105 Phot. Neurdein. YUE DE LA GARB ]DE L'EST. < I > - T ^f et \ s ro41, LENCLOS SAINT-LAURENT. - 370 QUARTIER: St-VINCENT-DE-PAUL. 38~ QUARTIEB: PORTE-St-DENIS. - 39e QUARTIER: PORTE-St-MARTIN. - 40~ QUARTIER: HOPITAL-St-LOUIS. ORS du remaniement de 1859 qui porta a vingt les H W douze arrondissements precedents, les bureaux Xf de la prefecture de la Seine durent eprouver l a quelque embarras a choisir une denomination WW V S appropriee au territoire du nouveau Xe arrondissement. Peu de monuments; aucun d'eux ne pouvant etre compare a ceux qui avaient donne leur 1 _S nom aux neuf premiers arrondissements; aucune situation geographique suffisante ou caracteristique de toute la region. Que faire? On se rabattit sur un vieux souvenir: la foire Saint-Laurent; mais, comme un pareil vocable eut manque de dignite, la difficulte fut tournee, et celui qui trouva le nom d'Enclos Saint-Laurent et le fit agreer dut, ce jour-la, etre content de lui. Nous eussions mieux aime: Enclos Saint-Lazare; on verra plus bas pourquoi. Comme son voisin le IXe, l'arrondissement de l'Enclos Saint-Laurent constitue une partie importante du vaste faubourg du Nord qui se forma au dela de I'enceinte de Charles V, renforcee au xvie siecle par celle de Henri II, dont Ie trace correspond, pour le Xe arrondissement, aux boulevards Saint-Martin, Saint-Denis et Bonne-Nouvelle. Cette formation ne prit quelque corps que dans la seconde moitie du xvne siecle et se poursuivit lentement. L'avant-derniere enceinte qu'ait eue Paris, celle des fermiers generaux sous Louis XVI, fit entrer le faubourg dans la ville, mais les espaces vides, les terrains en culture ou meme tout a fait incultes y resterent encore nombreux; aussi, les deux chemins de fer du Nord et de l'Est trouverent-ils aisement et a bonl compte les superficies necessaires au developpement de leur exploitation; faute de quoi, ils eussent du installer leurs terminus plus loin du centre, a la Chapelle et a la Villette. Le Xe arrondissement occupe une surface de 286 hectares. Les dix arrondissements qui le suivent dans l'ordre numerique sont tous plus vastes; en revanche, il est le plus grand des neuf qui le precedent, exception faite du VYIIe. Ses limites sont faites par l'axe de grandes voies: a l'Ouest, la rue du Faubourg-Poissonniere qui le separe du IXe; au Nord-Est, les boulevards de la Chapelle et de la Villette qui le separent des XVIIIe et XIXe arrondissements; a F'Est, la rue du Faubourg-du-Temple, qui le separe du XIe; au Sud, la ligne des grands boulevards, qui le separent des IIIe et Iie arrondissements. Anterieurement a cette division, creee par la loi du 16 juin 1859, son territoire etait reparti entre les IIIe et Ve arrondissements. La physionomie generale de la region est tres diverse suivant ses quartiers. Celui de Saint-Vincent-de-Paul, le plus riche et le mieux bati, appartient au haut commerce et a la bourgeoisie; ceux de la Porte-Saint-Denis et de la Porte-Saint-Martin a la production et a Fl'exportation industrielles, en meme temps qu'ils abritent un grand nombre d'artisans et petits commercants. Quant au quartier de F'HopitalSaint-Louis, il est caracterise par une particularite que nous n'avons pas encore rencontree: un canal, dont le trafic est fort actif, le traverse, donnant ainsi a ce coin de Paris quelque chose de l'aspect d'une ville des Pays-Bas. Au point de vue historique, on ne nous en voudra pas de ne pas PARIS-ATLAS.

Page  106 106 PARIS'- ATLAS I_ _ remonter plus haut que la periode quadtei. l jwl. D1na s ti RrIppov - stit mr/N mairie du Xe arrondisseient qui, sous stla tnne 1t -:tlinsltl aLt:tr:al,- est 1Tf1te aeuvre historique considerable et quo; ot:sts:': licrlS phlt sict'oS 'ois, M. Georges Villain, conseiller municipal de Iwt d ndtissoenllt, a (>li qu'a l'epoque prehistorique la valleo do Li SemeJll: co(m:X1porklaltt, atu~ Noxrdt du lit actuel du fleuve, un plateau, lairgo6t Wn'Cvltron 136l:tit60 s,:long d'une lieue. Au dela de ce plateau, que M. Villain appelle idealement ile Saint-Martin ( en raison de... —... l'ancien prieure de Saint-Martin- /00000000 des-Champs devenu aujourd'hui / le Conservatoire des arts et me- / tiers ~, le sol s'abaissait dle nou- / / i ^^ veau et dans cette depression cou- / / lait un bras Nord de la Seine qui, / Ilii ft I1!!!^^^^^ detache du lit principal a hauteur iillli|!. i llll1!!!!!!!!!-! —^!!!1 du canal. Saint-Martin, le rejolgnait vers 1'emplacement du pont / /B X A i t de I'Alma. A 1'6poque historique, f la depression se combla peu a peu / par des alluvions, et, la ou passait un fleuve, des marais, des coutures comme on disait jadis, se cr~e'rentAjoutons 'a cette ingenieuse d\monstration que le bras Nord ne \ disparut pas entie'rement; il fut representd durant tout le mPoyen age par ce qu'on appelait let ruisseau' de Menilmontant, plusv tard converti en duout, dont le \ trace correspond exactement 'a celui qu'a reconstitu6 M. Vil- ' |B^ lain, puisqu'gon Ie retrouve sous le.......... ces rues du Charteau-d'Eaue de Provence, etc., et qu'il se termihe au L'PGLISE SAI pied de la colline de Chaillot. Depuis qu'on a eabli que la voie romaine conduisant du Midi vers Iles provinces du nord franchissait la Seine sur le grand pont (aujourd'hui pont Notre-Dame) et se prolongeait en ligne droite par la rue et le faubourg Saint-Martin jusqu'au carrefour forme par la rue Philippe-de-Girard, on s'explique comment, de's le vie siekle au mons, une 6glise ait ete jugee ne'cessaire dans le faubourg au quel1 elle donna son nom de Saint-Laurent. L'aWb Le I.1* Imt!', si Mi iltf:,~forlo c. des antiquites parisiennes, croyait a: iort9l Ito( laf v(io roa'e.i: suivait le trace de la rue et du I trfautt'r Sini.lt-D)tis; c(9 est pour cela qu'il a ete force de It lItIo i (1(:os quo.lfo:ditco primitif de Saint-Laurent s'eleva.it | su:.r ItXim:tlatco~l.tl.d l a maison de Saint-Lazare; il ne let. I- o stoerat plut s.au trd'hui. I Ni de ce premier edifice, ni de f.celui qui le remplaca, rien n'est,. *-** ' reste. Celui que nous avons sous 0 \t ^B les yeux date, dans sa construcl;00:iiE 0::g;:::l^^^^: \ tion essentielle, du XVe siecle; il fut ^:: ^^^:^:^: ^ dedie solennellement le 19 juin;0Qf0: |:1429, par l'eveque de Paris; le:;l;^ ^i: \. chceur et l'abside sont, en effet, i.::E;I. aI:: \ de ce temps-la, mais la nef fut -: \! refaite au xvlv siecle, et les bas\ cotes, au siecle suivant. Dans son i excellent Itine'raire archologique de.\............. Paris, Guilhermy attribuait au re/ mne de Louis XV quification de la Phot \ chapelle de la Vierge, qui termine || Illl i Tassez disgracieusement pglise sur I I la rue du Faubourg-Saint-Martin. siLes documents recueillis par pM Villain aiportent plus de p16 -s ls a e sn rp csion ils contiennent une det q liberation du l'rtmai 1712, relative M. Constan D x La la construction d'une chapelle l'incritio cneuve de la Vierge au pied du che/ \vet du choeur jusqu au mur de la Irue, ~chapelle qui semble, fort n6 -Icessaire, tant pour 1'embellisseiment de cette 6glise, qui est fort phot ieurdein. serre'e que pour C t utilite par son INT-LAURENT. agrandissement pour Ies paroissiens, d'autant plus que Fancien plan I'avait design~e, Toutes Ies architectures sont repr6sentees 'a Saint-Laurent; celle de notre e'poque Fest par la facade qui s'ouvre sur le boulevard de Strasbourg, et qu'on voulut me-tre en harmonie avec Fimportance de la nouvelle voe. Elle fut construite de 1862 'a 1866 et a eu pour architecto M. Constant Dufeux. L'ex cution de ce travail permit de retrouver 'inscription constatant que la premiere pierre du portail ant6rieur avait et posee, le 21 juin 1621,.~___ ^.-.......^^par Charlotte-Marguerite de Montmorency, la me're du grand Cond6......... Pendant la periode revolution|ll!!||lli||||iiii|||||l|ilnalre, Saint-Laurent, ferm6 au Illllii~llllillllll~l!^culte catholique, 'devint ~temple *'i-''n'' _ -..nous allons retrouver tout ' I'heure, avait eu, dies son origine, le privilege d'ouvrir, devant ses baotiments m~mes, une foire dite de Saint-Lazare, que Philippe~p~i Auguste lui racheta, pour l'installer auzx Champeaux, oil, dlevenue permanents, elle donna naissance aux Halles. Cent cinquante ans s'e'coule'rent, -~ et les religieux de Saint-Lazare Phot. -Neuraemu. purent,~ sans grands scrupules, croire perim~e la charte par lar FAQADE DE LA GARE DU NORD.

Page  107 DIXIEME ARRONDISSEMENT I ol I ___I_____ r_T__i____ _ _ ___ quelle leurs predecesseurs avaient aliene le cdroit de tenir une foire en ces parages. Ils en creerent done une nouvelle sous l'invocation de saint Laurent. Elle ne devait, a l'origine, durer que le jour meme de la fete du saint, c'est-a-dire le 10 aout, mais peu a peu le delai s'augmenta de huit, puis de quinze jours. M. Arthur Heulhard, qui a ecrit un livre __ tres bien renseigne sur la.......i... Foire Saint - Laurent (Paris,............... 1878, in-80), nous apprend ll |... que les batiments furent re-. -.....i..i..0; construits en 1663 et que IIIS..........cette depense, dont les araS.~~.........>! chives de Saint-Lazare ont la conserve l'etat e, s'6elva 'a 245,099 livres, 17 sous et A deniers. Les -grandes foires d'autrefois n'etaient pas, comme les Pitres, Doraines et foroaes de ((bararques, dmontables; elles occupaient des edificesasl etdeeen ehrd faits pour elles, des q loges d appropriees au commerceto alla sai etlo ' qui s'y faisait, desservies par 'de vmritables rues. A la foire Saint-Laurent, il y avait la rue de la Lingerie, celle des Trois- Pavillons, les rues L']GLISE SAINTSaint-Lazare, Saint-Laurent, Princesse, Dauphine, Royale, qui devenaient plus que mornes, absolument desertes, en dehors de la tenue de la foire. Mais, pendant cette quinzaine d'aout, quelle animation, quelle foule, que d'6clats de rire! Les guinguettes y 6taient nodlbreuses, en proportion avec la chaleur de la saison et Fon s'y pressait, entre deux visites, aux marionnettes du fameux Nicolet, chez les montreurs d'animaux, dans les loges de danseurs de corde. Mais la plus grande attraction de la foire, c'etaient les theatres. L'Opera derniere de sa splendeur; un grand terrain, vide, comme il l'etait trois siecles avant, en rappela le souvenir; longtemps, on ne sut qu'en faire. Sous le premier Empire, les bronzes de la colonne Vendome y furent fondus dans des ateliers construits tout expres. En 1826, le terrain appartenant alors a Mme de -Bellecote, une rue y fut ou-..~x................ verte sous le nonl de rue Neuve-Chabrol, parce qu'elle continuait celle qui avait recu en 1822 le nom du pr,-........ brol..Les choses auraient peutil -'' BII, Findusriejd s trnports on rendue si insuffisante qu'on en a clu tripler la superficie N C ENT-DE-PA U L. en. absor..ant les rues de Metz et de Nancy, clu cote du f tre aujourd'hui encoretin, la majeure partie de la rue d'Alsace, de 'autre cote. Quels progres en Ull demi-siecle! La premiere gare de l'Est etait situee pres e la arriere des Vertus, rue d'Aubervilliers; c'est de la que, e 10 juillet 1849, partit e premier train pour Meaux la ligne n'allait pas encore plus loin, et il n'y avait que trois trains dans chaque sens. Les constructions enormes qui se sont efsectuees, ici comme daEs toutes les autres gares parisiennes, creent entre les chemins ce fer a leur origine et a leur etat actuel la meme _ difference qu'enlre les wagons et les diligences; mais chaque - meclaille a son revers. A la gare cle l'Est, au moins aujourcl'hui, les quais cl'embarquement cles voyageurs SOllt clistants d'elaviron 300 metres e entree meme e la gare, ce laqui ne I;f; va pas sans inconvenients pour les personnes peu valicles et les retardataires. La rue Neuve-Chabrol, deveue rue de Strasbourg, coduit en ~: ~at~~Duqu~esney, que F'on jugeait quelques pas au oulevard Magenta, dont nous reparlerons.umenDe la, cinqI minutes suffisent a gagner la gare du Nord, par e boulevd eni que taeuphonie seule, mais que leshe de nommer | I correctemenlt boulevard de Denainl; il s'agit, en-effet, du vilI 9 lage du Nord ou Villars stillustra, en 1712, par sa victoire sur I men tse prince Eugee.pris par 'est en 1844 que fut decidee la creation d'ues transports onte de chemin de fer de Paris a la frontiere de Begique. Desante qumois en a dAve tripler la superficies INCE~INT-DE-PAUL. eon y absorbent les rues de Metz et de Nancy, du co't6 du faubourg~ Saint-Mlartin, la ma~jeure partie de la rue d'Alsace, de Fautre cot6. Quels progre's en un7 demli-sie'cle! La premiere gare de F'Est 6~tait situ~e pre's die la barrie're des Vertus, rue d'Aubervilliers; Coest de la' que, le 10 juillet 1849, parlit le premier train pour neaux; la ligne W'allait, pas encore plus loin, et il Wy avait quoe trois trains dans ehaque sons. Les constructions 6normes qui se sont effectuees-, ici comzme dlans toutes les autres gares parisiennes, creent entre les chemins de fer 'a lour origine et 'a lour 6tat adtuel la me'me diff~rence qu'entr~e les wagons et les diligences; mais chaque m~daille a son revers. A la gare de F'Est, au moins aujourd'hui, les quais d'embarquement des voyageurs sont distants d'environ 300 me'Lres de I'entree: me'me de la gare, ce qui~ne va pas sans inconvenients pour les personnes peu valides et les retardlataires. La rue Neuve-Chabrol, devenue rue die Strasbourg, conduit en quelques pas aul boulevard Mlagenta, dont nous reparlerons. De la', cinq minutes suffisent 'a gagner la gare du Nord, par le boulevar~d Dena( in~, que 1'euphonie seule a emp'ch6 de nommer correctement boulevard de Denain; il s'agit, en effet, du village du N~ord ou' Villars s'illustra, en 1712, par sa victoire sur le prince Euge'ne. G'est en 1844 que fut de'cid~e la creation d'une ligne de chemin de for de Paris 'a la frontierre de Belgique. M~s le mois de fevrier, la municipality de Saint-Denis out 'a d~lib~rer sur VI._ __ __ __ _: _ _ _ _ Comique, on le salt, y a pris naissance. D'anciens plans permettent d'identiiier son emplacement avec l'angle Nord-Est de la rue de Strasbourg et du faubourg Saint-Martin. Certes, ce n'etait pas, surtout a l'origine, l'opera-comique tel qu'il se joue aujourd'hui place Boieldieu. Les couplets chantes s'encadrant dans un texte ordinairement badin le faisaient davantage ressembler a notre vieux vaudeville; il ne fautpas oublier cependant qu'a la foire Saint-Laurent Favart et sa femme se firent applaudir, lui conmme auteur, elle comme actrice. Des avant la Revolution la vogue de ces spectacles forains etait devenue telle qu'ils devinrent permanents et, se rapprochant de leur public, se fixerent sur les boulevards. C'en etait fait de la foire Saint-Laurent; lFannee 1X71S fut la L'HOPITAL LARIBOISIERE.

Page  108 .108 PARIS -ATLAS la traversee de la ville par la voie ferree, et, soit dit en passant, fut loin de s'y montrer favorable. Au reste, ce fut un sentiment assez general en France; la province craignait d'etre depossedee de son commerce local au profit de Paris, et certaines villes refuserent net, Orleans et Tours entre autres, de se laisser penetrer par le chemin de fer, si bien qu'elles en subissent encore maintenant 1'ennui. Pour l'emplacement de la tete de ligne du chemin de fer du Nord a Paris, les concessionnaires acquirent les deux tiers environ d'un vaste terrain que l'on nommait 1'enclos Saint-Lazare, ancienne prairie cultivee par les religieux de Saint-Lazare, achetee en 18t8 par CASERNE DE LA NOUVELLE-PRANCE. la ville de Paris qui en avait fait une sorte de voirie. Le plan de Maire, date de 1803, nous le represente limite par les rues des faubourgs Poissonniere et Saint-Denis, le boulevard exterieur, et, au Sud, par une ligne conforme au trace de la rue La Fayette. Suivant sa coutume, un peu naive, de commenter certaines parties de son plan, Maire a inscrit cette legende: ~( Quel enclos immense dans les murs de Paris! I est beaucoup plus grand que le jardin des Tuileries! )) L'inauguration de la ligne eut lieu le 20 juin 1846, entre Paris et Creil par Pontoise. Les lignes de Paris a Creil par Chantilly, et de Paris vers la frontiere du Nord-Est par Soissons et Laon, ne devaient etre ouvertes que dix ans plus tard. La gare primitive etait de proportions tres modestes, en rapport avec des services dont l'importance a centuple depuis. La gare actuelle, construite par Farchitecte Hittorff, est le monument majestueux qui convient a ces services. Haussmann en parle dans ses Memoires, que nous aimons a citer: (( Farretai, dit-il, de concert avec l'architecte, le trace des trois voies d'acces de cette gare: l'avenue de Denain, qui se dirige de la rue La Fayette vers le milieu de la place de Roubaix, menagee devant la facade; la rue de Compiegne, conduisanLf a la cour de depart, la rue de Saint-Quentin, menant a la cour d'arrivee. Je fis ouvrir ces deux dernieres voies selon ses indications, et il me joua-le tour de changer ensuite le plan de sa construction et de deplacer Fentree des cours de depart et d'arrivee qui ne sont plus en face des rues y conduisant. )) I nous semble bien qu'outre de la mauvaise humeur, il y a la une inexactitude flagrante, car les deux rues en question sont bien reellement en face des deux cours de depart et d'arrivee. Au mois d'avril 1898, la Compagnie du chemin de fer du Nord etant devenue proprietaire des deux immeubles de la rue de Dunkerque, qui separaient cette cour d'arrivee de la rue du Faubourg-Saint-Denis, elle les a fait abattre pour elever a leur place un pavilion d'angle concu dans le style general du monument, et qui donne acces aux voies de ceinture et de banlieue. En meme temps que la Compagnie du Nord, l'Assistance publique prenait possession d'une partie, la partie occidentale de 1'enclos SaintLazare pour y faire construire un hopital modele, l'hopital Lariboisiere. Dans l'excellente monographie qu'il a ecrite de cet etablissement, le Dr Guerard rappelle que Lariboisiere est le premier h6pital ou le systeme des pavilions isoles ait I — et applique, et il ajoute que ce fut l'application d'etudes faites, des l'annee 1788, par l'Academie des sciences. (( La disposition la plus salubre pour les hopitaux, disait le memoire redige alors pour ce corps savant, serait celle ou chaque salle serait un hopital particulier; mais ce qui serait une trop grande depense quant aux salles devient praticable pour les baltiments. ~ On n'en vint pourtant a l'execution qu'en 1815. L'holpital, avant d'etre construit, devait s'appeler hopital du Nord; plus tard on le nomma hopital Louis-Philippe, puis hopital de la Republique, et enfin, Lariboisiere, lorsque, par testament du 15 mai 1849, Mme Elisa Roy de Lariboisiere eut legue sa fortune a la ville de Paris pour la fondation d'une maison hospitaliere qui porterait son nom. Cette fortune s'e]evait a 2 millions 600,000 francs. De l'autre cote des voies du chemin de fer du Nord, juste en face de Lariboisiere, se trouve un edifice que I'administration se refuse a considerer comme un hopital et qu'elle designe sous le nom de maison municipale de sante. Les Parisiens la connaissent mieux sous le nomn de maison Dubois, et ils savent bien qu'en depit de l'euphemisme ce n'est pas autre chose qu'un hopital, mais un hopital payant. (( Elle est, dit le __ prospectus officiel que nous avons sous les yeux, par Gaillard. son installation et son caractere, particulierement destinee aux personnes malades ou blessees qui, ne pou LE 'T'HEATRE DU GYMNASE DRAMATIQUE. Phot,

Page  109 DIXIEME ARRIONDISSEMEN Tr 109 _ __ _I vant se faire traiter chez elles, ont besoin de soins assidus, de confort et d'independance.....I...... Beaucoup d'hommes de lettres, d'arlistes, de bohe-....mes aussi, vivant un peu au jour le jour et sans foyer, prennent, quand il le faut, le chemin de la maison: Dubois; il en est qui n'en reviennent pas, tel Murger, qui y mourut dans la nuit du 27 janvier 1861...... -:: La partie septentrionale du quartier Saint-Vincent- gip^^^^^^^ de-Paul n'offre pas grand aliment a la curiosite: la rue de lAqueduc doit son nom a l'aqueduc qui passe au-dessous d'elle, conduisant les eaux de FlOurcq aux lointains quartiers de l'Europe et du Roule. i Sa voisine, la rue de Chateau-Landon, merite une mention, moins pour elle-meme que pour sa denomination qui est inexacte: il faudrait dire de ChateauLandon, M. Charles Sellier a excellemment etabli, d'apres les archives de la maison de Saint-Lazare, qu'il existait dans ces parages un domaine - chateau est bien ambitieux - auquel son proprietaire du xVIIC siecle, M. Landon, avait legue son nom. Le joli bourg de Chateau-Landon, dans le Gatinais, doit done renoncer a revendiquertpute paternite, etles freres Lazare avaient assurement la berlue lorsqu'ils ont ecrit dans leur Dic-.tt -.-x tionnaire, habituellement si exact: cc Cette rue est ainsi appelee parce qu'elle se dirige vers le village de Chateau-Landon; i ils n'osent pas ajouter que ce village est sur la route d'Italie. La Nonzenclatur e offcielle devra, elle aussi, rectifier sur ce point sa prochaine edition. Les fureteurs qui s'interessent aux plus menus details de la topographie parisienne apprendront peut-etre avec interet qu'en 1866 la partie superieure du boulevard Magenta s'est confondue avec une rue dite du Nord, depuis que, par decision du 22 janvier 1833, le ministre du Commerce et des Travaux publis avait substitue cette denonination i celle de rue de la Barriere-Poissonniere qui faisait confusion avec les rues Poissonniere et du Faubourg-Poissonliere. Il parait, d'apres le memoire prefectoral (Archives nationales, F. II, Seine, 6) que les proprietaires auraient prefe le inom d'Andre Cottier, que l'administration 'avait repousse comme etant celui d'une personne existante, dqu'elle avait propose le n son de rue Clignancourt et que les interesses s'en etaient tenus au vocable rue du Nord. Q. la ndonxat it A r ^ 3 l( c t K ',:) tst,,s::,,-:::::^::- i-... I l ( tsot n m L. {. dle t plr;evedtllquer ote rpaterL 6t, et les f,{e Laat zae aatiieti tinie, haituellemen> t{0*:9 si exact: _ Ce/ft/te r'e est ainsi la n {J}{J}}/ ise Wo sen:t patst ajutetr e' vsil 'age _ _ I ___ FACADE PRINCIlPALE DE LA PORTE SAINT-DENIS. somziere, 1827, nous apprend formellei-ent qu'il s'agissait de deux entrepreneurs, (( les sieurs Andre et Cottier )), que plusieurs ordonnances royales (27 novembre 1822, 6 janvier 1825, 31 janvier 1827) avaient autorises a ouvrir dans cette region un reseau de voies publiques dont la principale, nommee alors Charles-X, est devenue plus tard la rue La Fayette, entre les faubourgs Poissonniere et SaintDenis. La speculation sur les terrains parisiens s'est exercee de tout temps, et c'est a cette entreprise que se rattache la fondation de l'eglise Saint-Vincent-de-Paul. Le remaniement des paroisses resultant du Concordat avait motive, en 1802, la creation d'une paroisse pour le faubourg Poissonniere. On Fiecdifia, a titre provisoire, dans la rue Montholon; c'etait une-simple fl'til le-t 2Sot, 8 Io ^ v.' vt or-tta i (IJ SLect mitJ tla'ff i-dtltl' al.tf it. plcfX lrc llt l(i. ta rn}f. Ci,<}.tlarls-X, t jr }}c tt tl pr n t n I t ta r |tt )r-lvit ll,t a x.cn 1r1et. tXcs (c lr ~leitr euiw s 11" i 11ol veiulow dt, p)arier l mimalr (iu c jn it dtf cs, >.ux voi<^ lit ltle I r{o (* lnit Hi |o)os ro[tt to tlorraiii pour PORTE ET PERSPECTIVE DU BOULEVARD SAINT-DENISo

Page  110 110 PARIS - ATLAS l'ediflcation d'une eglise paroissiale digne du nouveau quartier qui se crait. L'emplacement, sur une sorte de tertre, avec la perspective d'une rue bien alignee, ne pouvait etre mieux choisi; il fut adopte. La premiere pierre de la nouvelle eglise Saint-Vincent-de-Paul fut posee le 15 aout 1824. Les plans avaient ete dresses par l'architecte Le Pe're', qui mourut peu apres;.~, a.. lM c'est son gendre, Hit- _B torff, qui fut charge de continuer la direction des travaux. IUs....... dure'rent vingt ans,........ ne put etre livre-au... culte que le 21 octo-....... bre 1844. 1 l S f silique grecqueqe eo i ginalie eht yont r uses sesdain eux tur -nVinee peu trop greles peut- _ -i^ || ietre pour leur hau-: teur, s'elevent fiere- ______________ ment vers le del; la double circonvolution LEBOULEVARD ces radpe s qui facilitent l'acces clu monument est cl'un effet elegant dont a su s'inspirer plus tarcl l'architecte cle la Trinite. A l'interieur, on admire la superlbe lecoration cles frises ou Hippolyte Flandrin a figure les saintes martyres, les saintes vierges, les saintes femmes, les penitentes, les saints menages, les couze apotres, les saints docteurs, les saints eveques, les saints confess eurs - euvre gigantesque ou le talent le l'artiste avait a se completer par une eruclition cl'un digne Pere de l'Eglise. Quartier de la Porte-Saint-Denis. - I1 a la forme d'un quadrilatere que limitent, au Nord, la rue de Chabrol, a FEst, le boulevard de Strasbourg, au Sud, les boulevards Saint-Denis et Bonne-Nouvelle, a l'Ouest, la rue du Faubourg-Poissonniere. On ne saurait accorder que son principal monument soit la porte triomphale dont il a recu son nom. Historiquement, c'est la maison de Saint-Lazare, qui aurait du avoir Fhonneur de lui servir de marraine, aussi bien d'ailleurs que pour tout Farrondissement, qui, au cours des siecles, se forma presque entierement sur ses terres; mais ledilite superstitieuse voulut eviter au quartier la denomination d'une prison. Saint-Lazare n'en fut pas toujours une. A Forigine - son nom meme l'indique - c'etait une leproserie. On sait quels ravages la lepre exerca, durant tout le moyen age, sur l 'Europe occidentale. Pour soigner les malheureux qui en etaient atteints, et aussi pour les isoler des personnes saines, la charite publique couvrit notre pays d'hopitaux speciaux, leproseries ou maladreries, ou etaient recueillis les ladres ou lepreux. Ces hopitaux etaient ad-,~~...~..............mi ministre s par des moi-............nes; jamais la religion......... IIeut plus louable ministe're. La maison du............ -ubourg Saint-Denis fut fond~e au plus tard au xiie sie'cle; grake _ comme fleau public;nt piiot. Neurdei n. le malacl reries - c e)E S TR AS BO URG. meurerent sans obj et. Son prieur, Andre Le lesBon, la ceda, oten 1632, aet la congregatio notammente la Mission, que saint Viauxcent e Paul M. V incent ntavait fondee quelques annees auparavant, ous ans le but de grouper cles ecclesiastiques qui s'appliqueraient au salut du peuple des campagnes, alens e villaige en villaige, aux espens devint l eur bourse commune, prescher, instruire, exhorter et calhechiser ces pauvres gens, et les porter tous a faire une bonne confession general des plus toute leur vie passee, sans en prenlre aucune retribution en quelque sorte ou maniere que ce soit, afin de listribuer gratuitement les doels qurils auront gratuitement receuz cle la main liberalle de Dieu ~). Programme evangelique et touchant, pour laccomplissement duquel il fallait une foi aussi ardente que celle de saint Vincent de Paul, mais que ses successeurs negligerent pour des interets plus materiels. Des la fin du xvle siecle, une partie du couvent se transforma en prison. Le zele des catechistes consista des lors a garder sous les verroux les jeunes gens dissipes dont les familes avaient obtenu la claustration par lettre de cacnet, jusqu'a ce qu'ils fussent venus a resipiscence. Les exhortations des religieux y etaient sans doute moins efficaces que le sentiment de la libertn e momentanement perdue. Qui ne se rappelle Manon Lescaut? Le procede qu'employa Des Grieux pour D Phot. Gaillard. LE CONCERT DE LA SCALA. LE CONCERT' DE L'ELDORADO. Gaillara.

Page  111 DIXIEME ARRONDISSEMENT lHi __ _ _ LA PORTE SAINT-MARTIN ET LE BOULEVARD SAINT-DENIS. s'evader prouve que les devotes remontrances n'avaiE effet sur lui. C'est un roman, dira-t-on; mais en esl plus vraisenblables? Le 13 juillet 1789, le peuple de Paris, dans un b d'enthousiasme, delivra les quarante prisonniers qi alors a Saint-Lazare. Quatre ans apres, la Terreur all des plus sinistres salles d'attente de la guillotine. On croit generalement que le tableau de Mul' condamnes, represente une des salles de la Force; il l'artiste, parailt-il, a reproduit, d'apres nature, la encore existante, ou' tant de victimes vecurent heures. Andre Chenier fut du nombre. G'est la qu'il Captive, et aussi ces vers admirables qui restent le dernier frisson de sa lyre: Comme un dernier rayon, comme un dernier zephyre Animent la fin d'un beau jour, Au pied de l'echafaud, j'essaye encore ma lyre. Peut-etre est-ce bientot mon tour. Peut-6tre, avant que l'heure en cercle promenee Ait pose sur l'email brillant, Dans les soixante pas ou sa route est bornee, Son pied sonore et vigilant, Le sommeil du tombeau pressera ma paupiere. Avant que de ses deux moilies Le vers que je commence ait atteint la derniere, Peut-etre en ces murs effraves Le messa-er de mort, noir recruteur des ombres Escorte d'infames soldats, Emplissant de mon nom ces long corridors sombres. UinforLune poete eul; le temps d'acliever ces Yambes, dont la beaute se double de la solennite de l'heure 'a laquelle il les ecrivit; ce furent ses deriiers vers. Un de ses compaggnons de prison et d'echafaud, Antoine Roucher, connu surtout par son poeme des Mois, avait, lui aussi, trouve des accents touchants au moment supreme. Au bas du dernier portrait fait de lui pour les siens dans sa prison meme, il avait inscrit ce quatrain d'une pensee si delicate: Ne vous etonnez pas, objets charmants et doux, Si quelque air de tristesse obscurcit mon visage. Lorsqu'un savant crayon dessinait cette image, On dressait l'6chafaud et je pensais a vous! ent pas eu grand Depuis la Revolution, Saint-Lazare est devenu maison de reclusion t-il beaucoup de pour les femmes malades, les prevenues et les condamnees a des peines relativement courtes. Les deux lepres, physique et morale, se eau mouvement purgent dans le meme lieu ou, il y a sept siecles, on ne soignait que ui se trouvaient la premiere. ait en faire Fune Nous avons dit que ses jardins s'etendaient jadis jusqu'a la rue du Faubourg-Poissonniere. Sous Louis XV, on en retrancha une partie ler, l'Appel des pour y construire une caserne de gardes-francaises qui recut et a I n'en est rien: garde le nom de la Nouvelle-France. C'etait alors Fenseigne d'une lugubre geole, guinguette, installee la sur des terres dependant de l'abbaye de Montleurs dernieres Inartre. L'eglise paroissiale, Saint-Pierre, situee tout au haut de la ecrivit La Jeune butte, etait bien eloignee, souvent inaccessible pour les habitants de ces parages; aussi, des 1657, les avait-on dotes - <d'une chapelle succursale,. ---...........: ------ — <s dediee 'a sainte Anne, nom........................ |ll.ll.|ll|.ll.|..|.l...l.ll|~lll~~lll qu i fut du m e'm e coup Phot..oreau ficrcs. la maison oau mourut CoFAgADE DE LA PORTE SAINT-MIARTIN. ro-t, en 1875. Unle inlscrip

Page  112 Ii2 PARIS - ATLAS PERSPECTIVE DU BOULEVARD MIAGENTA. tion la rappelle aux meditations des passants; mais s'ils sont avises, ce n'est pas dans cette rue bruyante, commerciale, sans lhorizon, qu'ils evoqueront la memoire du grand peintre de paysages; par la pensee, ils se transporteront au bord de ce charmant etang de Ville-d'Avray que le maitre aimait tant, au bord duquel de pieux amis lui ont eleve un monument modeste, comme il l'etait lui-meme. La maison portant le n~ 30 merite un coup d'ceil, car elle est une des rares survivantes, a l'heure actuelle, du type, si en vogue sous le Directoire et le Consulat, des petits hotels que les notables se faisaient construire au dela des boulevards. Celle-la est l'aeuvre de Ledoux, l'architecte un peu lourd des anciennes barrieres, et elle a eu les honneurs de la gravure. Au n~ 8, une grande maison, disposee pour les entreprises commerciales, a succede a l'Alcazar d'Hiver, theatre-cafe-concert, qui, lui aussi, fut tres a la mode. Entre les faubourgs Poissonniere et Saint-Denis existe, depuis une centaine d'annees, tout un reseau de rues, geometriquem ent paralleles ou perpendiculaires, comme cela a lieu dans une ville neuve, rues ou -++>^ —" —S\x+ l'activite commerciale regne en maitresse; c'est le ll.............. quartier par excellence des marchands de porcelaine, ||^^^^ ~ des emballeurs, des layetiers, des commissionnaires en.l..ll.......marchandises. La rue de Paradis doit son nom a un jeu il.llll - de mots; elle prolonge la rue Bleue, qui, nous l'avons dit, s'appelait d'abord rue d'Enfer; nos a'ieux trouvaient plaisant de passer ainsi de l'enfer au paradis, et reciproquement. La rue des Petites-Ecuries rappelle le voisinage des petites ecuries du roi, situees au coin du fauboulrg Saint-Denis. La rze de V'Echiquier fut ouE E verte en 1772, l'annee meme oi naissait le dernier des dues d'Enghien, celui qui recut la mort dans les fosses de Yincennes; aussi la nomma-t-on d'abord rue d'Eiighien; puis ce nom fut applique a la rue qui le porLte actuellement, percee en 17'83. La rite Martel, ouverte en 1778, porte le nom d'un echevin de Paris. De la rue d'Hauteville nous avons deja parle. Quant a la rzie de Mazagran, son nom seul suffirait a la dater; elle fut creee, en effet, en vertu d'une ordonnance royale du 31 decembre 1840, l'annee oiu nos troupes d'Algeric avaient glorieusement repousse dans Mazagran l'Fattaque des indigenes. Dans cette rue a longtemps habite, au n~ 9, un des hommes politiques les plus en vue de ce temps, M. Henri Brisson. Par le boulevard Bonne-Nouvelle, le X3 arrondissement participe au Paris mondain. Le theatre du Gymnase Dramatique y date de 1820. L'examen des plans du xvine siecle, celui de Jaillot, par exemple, permet d'etablir qu'il est construit sur l'emplacement du cimetiere de NotreDame-de-Bonne-Nouvelle; nous ne nous attarderons pas la-dessus a philosopher. Ce fut d'abord le theatre de Madame - la duchesse de Berri ayant bien voulu le mettre sous son patronage. Ludovico Magno! Ludovico lagnzo! L'orgueil de Louis XIV, l'adulation de ses contemporains s'affichent solennellement par ces inscriptions quatre fois gravees en lettres enormes aux portes triomphales des deux grands faubourgs du Nord. La porte Saint-Denis est la premiere en date. Le passage du Rhin, les victoires de Hollande, inciterent le corps de Ville, en 1672, a faire elever ce monument a la gloire du roi. Blondel en fut l'Farchitecte, Girardon et les Anguier le decorerent de sculptures. Faut-il admirer sans reserves? Qu'il nous soilt au moins permis de critiquer les deux affreux guichets pratiques dans les jambages de l'arc; ils en rapelissent vraiment la majeste. On ne sait pourquoi la porte Saint-Denis est, de preference a sa voisine, l'objet de toutes les malices parisiennes. Aux illettres, on persuacde que Ludovico Magno doit se traduire par porte Saint-Denis. Aus maris que ridiculisa Moliere, on conseille de ne pas tenter de passer dessous. I1 n'y a rien a dire de la rue du Faubourg-Saint-Denis, sinon qu'elle est tres venerable par sa vieillesse, que ce fut le che- [^ v- ~~~~........................ vv.vvv>mv>>> qlue ce fut le chemile des ent~r~es t~a ij;:llll:-:::::.. i:........: I royales et aussi celui des corte'ges...... fune'bres- non molins r'OYaux, qui allaient 'a Saint-Denis, et en- ii core celui des criniinels et autres, i:iii que P'on m enait iiiiiii:il::i: i-El8 pendre 'aMontfaucon. N'omettons B iB l~iii Ipas non p lus de '''iD I i ~~I~'~ i i-r::I consiggner ici que f1 -la matison portant ~ riiil~iiii ii auj ourd'hui le i no 65, et, il y a. i soixante ans le )t M. ' *ei Fa r * l ''ii^!!!;. 110 11 est celle o-f.......... naquit, le r30 jan- t idq l Ie, vier 1841,d'un mo- ': dieste fa fbricant......... de fauteuils.................ii:-: ---i M. Fe'lix Faure, nague're president........... de la Republique. franaaise. T rramways a aF ACAEDE D E L'OPLERA POPULAIRE. --— ~ — I I LA MAIRIld DU Xe ARRONDISSSMBNT. ^ - -

Page  113 DIXIEME ARRONDISSEMENT 113 LA PLACE DE LA REPUBLIQUE, LIMITANT LES III, X- ET XIe ARRONDISSEMENTS. corne incessante, fiacres charges de bagages et camions de pierres de taille, trottoirs ou circulent des gens affaires et ou flanent en grand nombre des (( mentons bleus )) et des (( m'as-tu-vu )), negociants, titis, trottins, bourgeois, gens de campagne, ce melange de contrastes donne au boulevard de Strasbourg une physionomie tres vivante, tres speciale aussi. Et chaque soir, deux cafes-concerts, modeles du genre, l'Eldorado et la Scala, y servent a une foule qui ne s'en lasse jamais des flots de couplets patriotiques, de chansons egrillardes, de langoureuses romances et meme des revues fin de siecle. Un peu plus haut, se trouve le Theatre-Antoine, dit anciennement des Menus-Plaisirs, ou le Theatre-Libre, apres diverses etapes, parait s'etre definitivement fixe. i Nous n'avons qu'a rappeler ici d'un mot quel role novateur il a joue dans 1'evolution theatrale, autant pour les pieces que pour l'interpretation; ce fut une revolution. | La rue du Faubourg-Saint-Martin degage une impression de lumiere, de gaiete que pourrait lui envier sa: voisine du faubourg Saint-Denis. Cela tient a ce que - celle-ci est moins large de pres de 4 metres. La porte Saint-Martin, elle aussi, contribue a constituer au faubourg un acces d'une reelle grandeur. Elle consacre, en un hommage a Louis XIV, semblable a celui qu'avait suggere la campagne de Hollande, les victoires remportees en 1674 par les armees de Turenne et de Conde. Elle a ete construite sur les plans de Pierre Bullet et sculptee - assez chichement, il faut le dire - par quatre artistes tout a fait oublies: Le Hongre, Le Gros, Marsy, Desjardins. W Une des curiosites du faubourg Saint-Martin, c'est la serie de ses vingt-huit fontaines en fonte, elevees en 1848 au moyen de souscriptions faites volontairement par les riverains. Empruntons a une source officielle, 'Inventaire des ricliesses de la ville de Paris, la description minutieuse de ces edicules: o Un piedestal a pans coupes en fonte, pose sur une plinthe en granit. Ce piedestal supporte un groupe de deux figures assises, reliees par des UNE DES -guirlandes de feuilles d'eau et adossees a un piedouche DU FAUBg orne qui supporte une fausse vasque ovoidale. Ces groupes representent alternativement des tritons et des naiades. Un enfant, accroupi au milieu d'ustensiles de peche et jouant avec un oiseau aquatique domine l'ensemble de la fontaine. )) Ia mairie du Xe arrondissement, situee rue du Faubourg-SaintMartin, a l'angle de celle du Chateau-d'Eau, offre cette particularite tout a fait a son honneur qu'elle est sans conteste la plus belle des vingt mairies parisiennes. Elle est jusqu'ici la plus neuve, son inauguration officielle ayant eu lieu le 28 fevrier 1896. C'est en 1886 que l'on commenca a se preoccuper de < 'etat de delabrement de l'hotel municipal. Plusieurs Cgfsg9 projets de construction, plusieurs emplacements aussi, furent proposes; il fut question d'elever la mairie sur l'emplacement de la prison de Saint-Lazare, ou a lFangle: du boulevard Magenta et de la rue du Faubourg-SaintMartin, ou enfin de la reconstruire sur place, et c'est ce i:dernier systeme qui prevalut. L'ancienne mairie occupait, parait-il, un hotel dit des Arts, achete par la ville i de Paris en 1819 pour en faire une caserne, reconstruit en 1848, et amenage alors pour les bureaux administratifs. Tous les architectes furent admis a concourir pour la construction du nouvel edifice; ils se presenterent au nombre de quarante; c'est le projet de M. Rouyer que le jury adop la, le lO mai 1889. I1 semble qu'il n'y avait plus qua se mettre a 1'ceuvre, et cependant les iifficultes - financieres compliquerent tellement les choses que la premiere pierre ne fut posee que le 10 janvier 1892. L'inauguration, nous lavons dit, eut lieu le 28 fevrier 1896, jour de triomphe pour M. Rouyer, et avec justice, car son aeuvre merite toutes les louanges, meme celle de ressembler beaucoup 'a lHotel de ville. C'est N; dire qu'elle est dans le style de la Renaissance. Au moment out elle s'achevait, M. Villain a pu declarer justement qu'elle avait ~( le double avantage W'etre un mo-fs nument -d'art dont Paris pourra s'honorer, d'etre un FONTAINES batiment pratiquement distribue, oui tous les services St-MARTIN. seront a laise sans exageration et d'6tre aussi une

Page  114 114 PARIS - ATLAS _ _ r_~ li____ ___ __~ __ construction qui, au point de vue financier, ne lui menagera pas d'onereuses desillusions )). I1 est vrai que les deux millions primitivement votes ont ete a peu pres exactement doubles. Nous emprunterons encore a M. Villain l'indication des divers locaux ou avait ete successivement installee la mairie de l'arrondisselnent: ce fut d'abord dans le presbytere de SaintLaurent; puis, en l'an IX, au n~ 30 de la rue de Bondy; en 1811,lapremiere maisona droite de la rue Granges-aux-Belles, aujourd'hui portant le n~ 32 de la rue de Lancry; 21, rue Thevenot en 1824; 20, rue de Bondy en 1832, et enfin, a partir de 1818, sur son emplacement actuel. Futil jamais mairie plus instable? La rue du Chlateau-d'Eau (on devrait dire de F'ancien Chateaud'Eau) a le privilege de posseder une maison unique a Paris par son exiguite, car elle n'a que lm,10 de facade et un seul etage. Cette masure porte le n~ 39. La rue Hitlorfl (l'architecte qui a bati tant d'edifices du quartier) longe la fagade Nord de la mairie; elle nous conduit a la rzue Pierre-Bullet (le constructeur de la porte Saint-Martin) oui se voit, au n~ 6, I'hotel qu'habita Gou _ _ I __ THEATRE DE L'AM cache, et ou, a 60 metres des _++v.+ <.p^> Doints les plus actifs de la circulaion a -inee l'on se croirait dans la plus tranquille bourligne d'omnibus (se la rappelleLa victoire de nos troup es: 'a t-on agentacore), le 4 jui allait de MovintI propos pour le bapt~me d'une voie que I'Mdilit6 ouvrait-alorsBIGU-COMIQUE. martre a lace B astille. Aujourd'hui les tramways y abondent,- et, cot me pour nde contmacours nontre, pas hippique, mais mecanique, ofren t au public leurs divers prqu'cedes 186de traction. L'electricite emmagasinee dans des accumulateurs acAK erse le Xe arrondissement dans sa plus grande largeur - r'b tionne eux de Pantin et d'Aubervilliers; air comprime fournstitue unenergie motrice a ceux qui vont de la Bastille a Clignancourt et autile, reliantcimetiere de Saint-Ouen.qurtiers bas de 'Est La place e la ubliqu e appartient du a t roi s arrondissements; c'est sur e Xve qu'etait situee la fontaine, e chateau d'eau, dont la place porta e nomjusqu'a arrete prefectoral du 4 ma 1879 qui fourna dediee aux vditures lourdement charg~es un acce's facile vers la collina la Republique. Ce chateau d'eau se composait de trois bassins supnt traverposes du sommet desquels une gerbe xvjaillissante rebondissait paren cascades; boulevensemble se completait par huit lionBarbs lancant dans eo, met en rapports ais~s Paris avec la plaine Saint-Denis. Aussi la dernierbassin des jets d'eau par la gucirculatioe. Un y esontemporalle intense, a Tynna, note que les eaux, fournies par esque bassin de lesa Villette, ontde lacommene a jaillir Longte 11 aout 181o ). L'agandissempsent de la placefut desservi conseque par unnce modenleve-ste ligne d'omnibus (se la rappellet-on encore), qui allait de MontBIGU-COMIQUE. martre 'a la Bastille. Aujourd'hui les tramways y -abondent,.et, comme pour un concours non pas hippique, mais me'eanique, offr~ent au public leurs divers proc~d~s de traction. L'61ectricite' einmagasin6e dans des accumulateurs actionne ceux de Pantin et d'Aubervilliers; I'air comprim6 fournit N'nergie motrice 'a ceux qui vont de la Bastille 'a Clignancourt et au cimetie're de Saint-Ouen. La, place (le la N~~mblique appartient 'a trois arrondissenients; C'est sur le Xe qu'ktait situ~e la fontaine, le chalteau d'eau, dont la place porta le nom jusqu'a'.TarrWt prefectoral du 4 mai 1879 qui I'a d6di6e a la Wepublique. Ce cha'teau d'eau se composait de trois bassins superpos~s, du sommet desquels une gerbe jailliss'ante rebondissait en cascades; 1'ensemble se compl~tait par huit lions lancant dans le dernier bassin des jets d'eau par la gueule. Un contempoaa La Tynna, note que (( les eaux, fournies par le bassin de la Villette, ont commenc6 'a jailfir le 1 1 aoi't 1815, L'agrandissement de la place, d~cide' en 1815, eut pour coinsequei F lenl'eve — ment du cha'teau d'eau qui, depuis 1867, d~core la grande cour du mar~t ch6 aux bestiaux de lal V Ilette. Nous F'y retrouverons, ainsi que, surlas q- Z place Daumesn~il, la sex; conde fontaine, a laqI uelle a. succWd la statue ~xi I li~i~~de la Rpublique. Are le boulevard MaT''~:~~P-ii~.: ~~1'1genta et le canal se renii: -icontre ~toute une serie ii r liiii d'6tablissements pu bliss la caserne du Ch'teau-d'Eau — ja~tti dis du Prince-Eugehe, ~.-la Douane, ffistallee dans la 'rue du me'me "I~i~i~ a~" 10m depuis 184 1; 1'6glise Saint - Martin, bimn......... lourde, bien insigmi ~~~~~~~~~~~,::::::r.::::::-:.flfante, dans la rue des iil~ii ~ ii Marais (tout ce quartier n'e'tait, il y a cenlt ans, EIATEAU-D'EAU. que ar dins et culture LA CASERNE DU CI

Page  115 DIXIEME ARRONDISSEMENT 115 VUE DE L'HOPITAL SAINT-LOUIS. maraichere). Le Tivoli Waux-Hall n'est plus qu'une salle de bal et de reunions publiques, comme il y en a tant d'autres. Jadis, au temps des marais, il y avail, dans un passage un peu plus au sud, un Waux-Hall plein d'attraits: (( Lieu charmant, distribue avec elegance ~, en dit encore, en 1815, Marchant, dans son Conducteur de l'Etranger c Paris. De Pautre cote du boulevard Magenta, la Bourse du Travail s'eleve, depuis 1892, la ou etait un cafe celebre par la multiplicite de ses billards. Aux plaisirs ont succede les preoccupations serieuses, sinon le calme. Sur une longueur moindre d'un demi-kilometre, le boulevard SaintMartin n'offre pas moins de quatre facades de theatres. Celle de lOpera populaire est la plus simple, car elle ne se distingue pas d'une maison ordinaire; la nouvelle entreprise ne s'y est installec que dans le courant de 1900, succedant aux Folies-Dramatiques qui y 6taient depuis le 30 decembre 1862, et la, que de succes, avec Lecocq et d'autres, y avait recueillis -operette! L'Ambigu-Comique, ou plus simplement l'Ambigu, date de 1827 et soutient sa reputation; le drame, le melodrame y font chaque soir verser des pleurs sans relache. Le theatre de la Porte-Saint-Martin a des parchemins plus venerables encore, et, s'ils sont authentiques, plus curieux. On raconte qu'il fut construit par Lenoir, en moins de trois mois, pendant 'ete de 1781, pour remplacer l'Opera du Palais-Royal, qui venait de bruler, a un moment ou ni la cour ni la ville ne pouvaient se passer de l'opera. Voila un tour-.de force qui n'a pas ete / realise pour l'Opera-Comi- //.^'-llll0lli^ - que!.' Hatons-nous de dire //^^ il' t^:^ 1 ^1^^ que ce n est pas de la salle actuelle qu'il s'agit, mais de la ploecedente,- qui fut incendiee pendant la -semaine san- /.;,.:: glante (de mai 187 1), r66difi~e atissit6t apres et remaniee en / grande partie pendant p l annee 1891. Quant 'a 1Pedifice si hAtivement bAti par le Ro- \ main ~,apre~s avoir et tour / 'a tour Opera, ~salle des Jeux Gymniques ~,puis, plus- modestement, tatre de la Porte-Saint-Martin, une incomparable pe'riode de gloire \ avec les drames immortels d de Victor Hugo. CGest sur cette \ scene que furent joues LuNckeeBorgia, M1ane Tudor, Her- N nani, Angelo, Buy Blas... D'autres succems lui ont g riserves apres sa reconstruction; nous enan rappellerons qu'un:Cyrano de Bergerac. Le thea'tre de la Renais-.......... sance presente des- 6tats de.^ ^ ^ services bien moins longs, ^ — " car ils ne remontent qu'a' 1875. Lui aussi donna un fructueux LE THEtATRE DE I LE THtATRE DE LA PORTE-SAINT-MARTIN. asile a l'operette, jusqu'au jour oui il changea de genre et de direction, en 1893, avec Mme Sarah Bernhardt, qui, a son tour, l'a abandonne le 21 janvier 1899, pour prendre possession de l'ancien Opera-Comique de la place du Chatelet, ou elle est devenue la locataire de la municipalite parisienne. Quartier de P'Hopital-Saint-Louis.- C'etait la pleine campagne, il y a trois siccles. G'est meme pour cela qu'une epidemie de peste s'etant produite a Paris. en 1606, les h6pitaux pariLstens etant tout a fait insuf- l - ' \ fisants, et d'ailleurs le danger ll0XGl00l0 0- 0|||i0llll||l|ll X ti:|l 00l \ de la contagion exigeant que ^^^^^K~iffl^^^l on eloignalt les malades, H\eni IV ordonna la construetion d'un asile special aux pestifere's et choisit cet emplacement, fort ecarte. Saint Tuni en ft le patron. Tel u\'il fut construit alors par sains danle meme nestyle.L I ~~ ~i shie oture en coracersi _i~ / / peste est p ouretoujours esX ---lX=^^ t-a perons-le, bannie e nos cli'"^^* f<-r""/,,, ete specialise pour le traitement des maux qui s'en rapA REN A ISSANCE. prochent le plus, a savoir L

Page  116 116 PARI S - ATLAS des maladies de la peau. Une ceremonie touchante y a eu lieu le 18 decembre 1898: 'inauguration d'un monument commemoratif de la memoire du Dr' Henri Feulard, bibliothecaire et historiographe de l'hopital, qui trouva la mort dans F'incendie du 13Bazar de la Charite. les batiments d'un ancien couvent de moines recollets, fonde au commencement du xvlle siecle, desaffecte en 1790, et ou l'on installa, en 1802, F'hospice des hommes incurables. Sa facade sur la rute des Recollets est restee celle d'un monastere de province, et, de la rue du Faubourg-Saint-Martin, on ne se doute guere (car les maisons du cote pair le cachent a la vue) qu'il y a la un vaste asile ouvert a la souffrance. I1 a ete plusieurs fois question de demolir cet h6pital et d'ouvrir un square sur son emplacement. Au dernier recensement, la population du quartier etait de 43,392 habitants, par consequent superieure a celle des trois autres quartiers de l'arrondissement, et nous venons de dire qu'il y a trois cents ans on y aurait vainement cherche une maison. Cette transformation s'est effectuee au cours du xix3 siecle. Dans le travail, deja cite, que M. Villain a consacre au Xe arrondissement, se trouvent d'interessants renseignements sur l'aspect de la region en 1714, le nombre de ses maisons et des lanternes qui 1'eclairaient la nuit: rue du Care'me-Prenant-actuellement rue Bichat ^-^i::-1_-'': ' ^ I: -aucune maison, aucune N: lanterne; rue de ^Holpital__ cSaint-Louis, aucruie maison aucune lanterne; de seiiain~eu pouartierudes SainMau etrds Wcllet. L qu' laReoluio, ls nfatsalliet, u Martn, Ieb ns tououte lusa paretsa Fcolede harte e laparissloangueuren, ouai bondleud appenat tnt ienquemala lre t asiger kleure par Ajud'hix n Belle et ue d Samre-etMeus; de ecoesrdes clles due Fiqdauborg ruede ambe-e-Meseruedu errgeaveu-e ampenir Lalr rlue de d'enre eles ont ourues e clssesde rarde quix mcisons ent lesi jour de lase, d qutre set heres du ouze lesnjorns.d og u ne snt ps jurs e fte, e but huresdu tatien qixures de soir.l p;ffital00 S;ai i nt -Louisf;;;;000000000t;0000X000~;ta; l0 9 0000000t,4 00 m e;Xla;}Xitr~a e s ar es e h usXe,et57 8 0 eh qua ladu-to, e nat llins aTempe bonvoloir rue deur pans, 'a eled chrite la paoe SaitLuet ou nlu des6coes e grcos eisent ru CludeVeleques zrues GervangeauxBelle et ue d ~amre-e-Meue ds e volsdfitures. ruejourqd'hui, l rue e Smbr-etMcue re d Terag a enue quarmetier. La plupar pietaeels San-ouis ao90,400 mete classes de chardses eu ocinet:70 metes jusde trotois.e eqar asp ersd or e or ecne u pae snts pas l'eours de charte de hi laproisseu matin-'a sx etltre du soner. La vie industrielle dut quartier se concentre aux abords des deux rives du canal Saint-Martin et -i nous ie disions plus haut - le fait ressembler 'a une ville de Hollande. II fut cree en vertu de la lo du ----------- 29 florTal an X (19 ma n 1802) ordonnant Fouverture d'un eCLUraSE ET PASSERELLi ~( canal de navigation qui partira de la Seine au-dessous du bastion de I'Arsenal, se rendra dans les bassins de partage de la Villette et continuera par Saint-Denis, la vallve de Montmorency et aboutira 'a la riviere d'Oise prets Pontoise... ) Nous aurons occasion de dire que cette derniere partie de l'operation ne fut pas execut~e et que le canal s'arreta dans la Seine, au-dessous de SaintDenis. Tel qu'il est, il n'en fournit pas moins a la grosse batellerie I economie de la traversee de Paris et de la grande boucle que decrit Ie fleuve 'a partir d'Auteuil. Le canal Saint-Martin ne fut accessible aux bateaux qu'a' la fin de I'annee 1825. Son parcours dans le X" arrondissement s'effectue constamment a ciel ouvert. L'hopital Saint-Martin, succursale du Val-de-Grace, pour les militaires malades ou blesses de la garnison de Paris, occupe, depuis 1870, E LE CANAL SAINT-MARTIN.

Page  [unnumbered] S I I I zI I t ~ t | q: I IE I BOUL0 DE LA I w i j Q PARIS -DIXIEME ARRONDISSEMENT I4 ~L Srj~ ^U^ /^"^\ ttl^ 5? ^ V ^fauC ^ 3<" (gi^ ^ f0^ V-igc^^ r1, ^^* VsILLETTE i^ g/g,^ - ^I'v'^^^.^ '.^^ ^ ^ ^in p~o;'/, / *'..gm MINE 'Of, a *^Sy ^^ ^J; u-* -'\i'I /' * k / ^ ^^liA^Mi^te ^^^^ / /'-^^...Q 7 I;," 0. M D I -,: ib"O.,.: Psyft"Al -,.P,? p.! i// / / / Ho - I!: V PA R I S -AT LA S 10

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Page  117 LA PLACE VOLTAIRE ET LA STATUE DE LEDRU-ROLLIN. POPINCOURT. - 41~ QUARTIER: LA FOLIE-MERICOURT. - 420 QUARTIER: SAINT-AMBROISE. 43e QUARTIER: LA ROQUETTE. - 44e QUARTIER: SAINTE-MARGUERITE. r ous voici definitivement entres dans le Paris duQ travail, la ruche ouvriere des laborieuses abeilles (pourquoi faut-il qu'il s'y mele-t-il tant l 9 ^de nuisibles guepes!), et nous n'en sortirons Ufi f^ lE plus qu'une fois, desormais, pour decrire l'opu^9R| k - 2gs lent XVIe. Le XIM arrondissement, dit POPINCOURT, RB 3 est aussi le dernier (dans lFordre numerique) J E lqui appartienne entierement au Paris du temps de Louis XVI, qui soit compris dans lenceinte des boulevards auxquels on a laisse le nom d'exterieurs: le XIIP chevauche sur l'ancien Paris et le territoire annexe en 1860; les huit derniers sont en presque totalite constitues par ce territoire nouveau. Au risque de paraitre maussade, nous nous declarons mediocrement satisfait de la denomination choisie pour larrondissement. Popincourt n'etait qu'un lieu-dit, sans importance historique. A choisir un nom emprunte a la topographie, la Roquette eu't ete certainement preferable; on eut trouve sans peine un autre vocable pour designer le quarante-troisieme quartier. Le XIP arrondissement a pour limites le milieu de la place de la Republique et Faxe de la rue du Faubourg-du-Temple, qui le separent du XP; - Paxe des boulevards de Belleville, de Menilmontant, de Charonlie et de lavenue du Trone, qui le separent du XXe; - de la place de la Nation et de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, qui le separent du XIIP; - de la place de la Bastille, des boulevards Beaumarchais, des Filles-du-Calvaire et du Temple, par lesquels il confine aux IVP et IIIe arrondissements. Sa superficie est de 361 hectares, inferieure a celle des neuf arrondissements qui le suivent, superieure a celle des six premiers, du IXe et du Xe. Sa population, tres dense en rai-son de la surface, etait de 225,325 habitants au recensement de 1896; donc, trois deputes, privilege du nombre et de la deputation ou seul le XVIIIe lui tient tete. A parcourir ce vaste espace, lamateur de pittoresque ne trouve a faire qu'une bien maigre moisson: ce ne sont que longues,tres longues voies, uniformement bordees de hautes maisons divisees en petits logements. De toutes les parties de Paris, celle-ci est certainement la plus monotone d'aspect. Qa et la, largement espaces, quelques monuments, dont l'histoire et Parchitecture n'offrent, eux aussi, qu'un interet secondaire. Le quartier de la Folie-Mericourt doit son nom a un ancien chemin, connu au moins depuis le xvile siecle et qui menait a la Folie, autrement dit, a la maison de campagne d'un personnage dont le nom de Moricourt s'est defigure en Mericourt. Meme, si lon en croit Jaillot, le nom primitif aurait ete Marcaut, ou Moricaut, ou Moricaute. Oi eut bien mieux fait de donner a cette region un autre nom, plus precis, plus vrai, plus image aussi, celui de la Courtille. Car nous sommes la en pleine Courtille. Il y a cent cinquante ans, pour monter 11 PARIS-ATLAS.

Page  118 118 PARIS - ATLAS I 1a3lelilevi, on avait deux chemins: |lt tla w (Iu tt du gb F oir g-du-Temple et celle (te lha X, t tolitu-u-Roi; encore cette 1dernict re 't1tr1e~1 li ti-elle au (( chemin de Saint-Mlatun1, oA sio prolongeait par un t'lcrellill d:e Uiel'Vre, fort pittoresque, tandis qt la ru} t Je dFOl'rillon, qui lui a; xccclt e i, no I'est Ipas du tout. L'espace iiit. rm t. di:airrel l6 ':t, occupe par des jardii.s quoe les bot-s Parisiens venaient. ctattivr kldetlnmelnt chaque dimanche. courtille, comme a I~mes on a un, _v. \ma czet,AiMalseille, /0 -> - I 0 -l;-.1-: I \\une bastide. AhM Voir0:: san::la Courtille du /O~ Ie:: \ faubourg duTem~ ple! Quelle jolie ptriode bucolie L'2GLISE ~ ~u SAN-JSPHleu avat lapenvolutin on tems mogntai plus Vi la~ ~ ~~~~~~~~~~H polil u or ohltdnsr ee acur la Veanus Voir ~ ~ ~ tr Maiss saseoiclherril Ou ~ ~ ~ rn lerm pepeloexeorile masques titu-.~~^<. ^<^..^>C.v_ bant, trebuchant, l;;Wi' Y 'f^^f'^ i:::'^-^ ^::: hoquetant, lord:: Seymour, fier de: son surnom de -0;V:;:::::::I:(( m ilord 'Ar-;:: 1::: i:-: souille qu, je-::: 1 tait des pieces de::: - m on n aie au x ga-:::::;::;::;;::::;g;:: -0::;;:::;:::: m ins et aux ivro-:::;::;::::;:::0::::;:;:; l g~nes. Ces re'jouissances scanda- - leuses ne di|pas- ^'Ifj; s erent pas la Re-..:.5 Q| l-1 vosluti d~e 1848..ii^^l^B~^^ bourg-du-Tem ple |........................ * | n'est plus ma in-.':&LISE S..I..-.. tencean taunsdes plus populuseu rteres dade rofit quautre rnte- e qo ornraondissment sue * la chans-nett aux petits-g-;gg-0 theatres,:: aeu que d e etm me transdes pus- saniv tc t porter unqes 'oaPaures lecsuement len27 mai 181 apresdes diul gripn ouis d'esis q cairet, iuffit m e apres l'ouertue de e ontat, et se compiq dessert pou tests fiancieres, parlen bien tr ances aux faiseur des brocardsla meme au revues techniqulaes. esyteme lesA plus gnda aniea seranu cable actionn parofit, unsie sea Be le omuniq.e. s...e motic aux pature, qu prenen contataecu car il'aie d'un grip. Podure obtpenir l'arretdilssuffit a cducteur d re le gripitalcSaint-Louis eta serrr l frin. a vtese etatprdite peart lte mouvement deinessan du abe et orcmetsain memeph, la moneeq'aladesent ue.csen situe Xer e re amnte tSan-a menevre 'acu dasrestlensa dx-se rcre des qurtier, delenousi peupeen moin geurs-; —j0 ----ii pri cii men;;j —iljg\00000-iale roise ca r 1891 npe dispsafit ques d'ounes ch sapell quiC;0; 000;se:0 cntisbel mente preas de l'hopitalde Sai-opuiationr compl0;;iq-pt de cndelbationu daunli eres aout 1860t, lea Coeil mrurni quoi-;fourn abondamest c si etusa la TheodoreOne alu peu cont ruesc aux fa;; iseus deune eglse d e vant Me te egalxrevu emehnt dedie es des plusD s an~sph u 'mples:dn ncnva otracemntd'un e acaserne n ue sie L'a B rel commuedaniqure style roman duxvleie, tues qu prenen contact fort blle-nousid diu rions poresu otrop e le f La u laquetelhble elde par te faite rcete inerspour du 8 _e est dola cette plas ttiedes On a donneadeuxr;~~~ c - avoiinatesiesom devearuoyi arevpequen dens; 01 Proiss, caDeurry cure desplai Maedelene, tousll 0 1 ~deuxbvictimes du 17a guer 1860ile Cone 17il muniit0 U l ctt~e eantre estaini rues P~rqarmtier etSantMur. L'avenue Parmnentier est le boulevard des Italiens du quartier. Projetee sous le second Empire, elle est I'ceuvre de la Republique. Nous I;retrouverons plus loin la maison mortuaire du pere illustre de la pomme de terre, dont elle porte le nom. I reste peu de choses a dire des autres voies: la rue d'Angouleme fut ouverte en 1781 sur les terrains du Grand-Prieure de France (le Temple), dont le duc d'Angouleme 6tait alors grand prieur. La rue de Nemours - hommage a un fils de Louis-Philippe - fut cr66e cela paraissait impossible au poete Vade, qui, il faut le dire, ne se piqua jamais de raffinement. Ce fut bien pis sous I'austere Restauration. La mode vint, on ne salt comment, d'aller achever les orgies du mardi gras a la Courtille: la nuit s'y passait a boire, et- matin du mercredi des Cendres, c'etait pour les bourgeois vertueL un divertissement incomparable que d'assister a (( la descente de -. Courtille >). On s'y montrait parmi les L'AVENUE DE LA REPUBLIQUE.

Page  119 ONZIEME ARRONDISSEMENT 119 en vertu d'une ordonnance royale du 27 juin 1838, autorisant le............... __ sieur Vimont a faire ce perce- i ment sur ses terrains. La rue des i: Trois-Bornes a un passe plus res- I;;;; ' i /:; pectable; elle date du XVlle siecle, A: 0*:; *;i; -+i mais ce n'etait alors qu'un che- ^-lii^. min de terre. Les deux plus beaux fleurons du quartier Saint-Ambroise sontl de meme quo pour le quartier precedent, une 6glise et une avenue. Parlons d'abord de Neglise, dont il tient son vocable. Le 12 aou't 1636, une communause de femmes, les Annonciades du Saint-Esprit, quitta. Saint-Mande pour venir suntablir dans une maison de la rue Popincourt, et ysubsista jusqu'a' ce que la Revolution Fait, supprimoe en lu790, commeltous, les autres couvents. Seule, sa chapelle fut maintenue et conservoe au cultem en qualnte de succursale de la paroisse Sainte-Marguerite; elle 6tait dediee 'a NotreDame-de-Protection on la nomma Saint-Ambroise. Girault de Saint-Farieau en dit, Oe kapu, que Cesu et pdifce d assez vaste et solidement construit, dont le portail pyramidal produit un effet agreable~). Ilene K'!^ p^l^!^^^^ laissait pas, cependant, que de gener le passage du boulevard H ^B~?1^ Voltaire; aussi decida-t-on *de..........^^ le demolir pour construire, un --- —----- peu en arrie're, 1'6glise actuelle, -~ - - - - - - - dont Ballu a Wt Fhabile 'archi- FAQADE DU L YC ft VOLTAIRE tecte. Pendant que son edification se poursuivait, Fancien monument resta debout: quelques rares gravures nous les repre'sentent ainsi cote 'a cote. Saint-Ambroise ne fut inauguree qu'en 1869; c'est assurement un fort bel edifice, dans le genre roman - que decid6 -ment Ballu prisait fort, puisqu'il avait adopte le melme style pour Saint-Joseph, que nous venons de mentionner - mais il ne coulta pas moins de 2,217,534 francs et 58 centimes, sans compter qu'il a eu les honneurs d'une luxueuse monographic' formant un volume in-folio Mdite' en 1874. La rue de Popincourt commence la' maintenant pour aboutir 'a la rue de la Roquette, mais, avant 1868, elle se prolongeait jusqu'a' la rue Oberkampf aux lieu et place de celle de la Folie-Mericourt, que Pon - jugea sans doute trop courte. ------.N;;^ w M;8Les historiens les plusveridiques: i: -<X:;::::0::tu:::0;;:;0::;;:;0; 0:000fX f;tXt^^ 1 nous apprennent que, sous: 4;. t i 0; 0; 0; 0 ft t: i;0: i;:000V00:;:0000000;00 0:;0;::|:l:0t Charles V I;;N icolas de Popin-;::A:0:0g;::;;::L:0::;::;f; t:::0:0:0:00 0t::court, president au. Parlem ent,: t 0;;:*^:::.;; ':;::|i:f:;:f::':0:9:f:X;:;l: avait dans cette region une m aiison de campagne, une folie SUR~~L cheminU DEu LA menaitUE) prit le Unom de so n proprietaire. Vo7ila clam a l pesionpou lesmal donc siea~piourt) u etr de uou rong, au d le ttr es d roles assez fd i d l d eablus. q c pages plusi as oent ds les saciencies atrelves:vaporeuses000000-iiig~i0i~-g <;:-i -I-e dn lese in eto qui ed n nadeln de Pinourt, ntre l pora SitL uiset la meute'duain-nt l nit du Du radl dt tujursPinour 2e m~cm b 1561our.A LsiLelres de Catherine dite pea p137ment l'edti tion de la certint Bertrand, l'auteur fai une dcopieuse reclamea lapensin por lesmal les sieah inourts Wonet d'ou rl'on, don ilvint 'ete arlcdauantpls qe n pgson plus pas(p.183, u Pade prleave caler nore des adese deignoirs etetue vapoeuss denouelleinvntio quBsetiennts prcenx jadinra m deia de inout, nte a prt SintLoisetla pourt Saint-ntoie 1692 Du Padeldit oujurs incort it non questincut Au soiecle uivan, ailotobere uss qe e euple nuedte psautrement. Cettei corruptiondutlangagen'ahpasapesisterainoresepoque Dans~ ~ ~~~~~~e laprinel u ePpn ourtequ'a absorbeelarue d e -l * ( VUE DE L'ECOLE DE COMMERCE (AVENUE DE LA REPUBLIQUE). FAQADE DU LYCEE VOLTAIRE (BOULEVARD DE MENILMONTANT).

Page  120 120 PARIS - ATLAS Folie-Mericourt, avait ete construite, au xviie siecle, une caserne pour les gardes-firancaises, la caserne Popincourt, dont une cite ouvriere et la rue Pasteur representent maintenant l'emplacement. Le marche Popincourt s'eleve un peu au dela, dans un terrain quadrangulaire ou etait, il y a soixante ans, une voirie de la Ville. La rue Oberkampf, que parcourt avec fracas l'omnibus 0, se nommait jadis rue de Menilmontant, et avant, de toute antiquite, chemin de Menilmontant. Un decret du 24 aout 1864 lui;;y F ^ donna le nom du celebre fa- P l bricant de toiles peintes 4^W W^^ (mort en 1815); le vocable primitif a ete reserve a la I a partie qui traverse le XXe arrondissement. En suivant a droite les boulevards exterieurs, les vastes batiments du lycse Voltaires nous avertissent du voisinage eou souvr e la principale fa- D I cade. Cette avenue porte bien son nom. Quoiqu'elle ait e concue dans le plan d'Haussmann et amorcee, sous le nom d'avenue des Amandiers, entre le Bhateau-d'Eau et la rue de Malte le second Empire ne put ou ne voulut rien faire pour ce quartier de travailleurs sc'est i'honneur de la troisie'me Republique d'avoir men6 'a bonne fin, il y a quelques annpes, une ceuvre l s de-Paris.n'ait:pa der:geau conaussi importante. On es, n est la --— (o-a-q'lsi- add apercu deps qu'elle fut livree LA MAIRIE DU Xis a la circulation: il paraissait merveilleux de deavoir que 1,640 metres a faire pour aller de la place de la Republique au PereLachaise; puis, par Favenue Gambetta, de gagner sans grand effort les sommets de Belleville. Quel soulagement pour les chevaux lourdement charges!1 Quelle voie directe pour les convois fune'bres! Quelle route aisee pour les tramways du nord-est, qui en prirent possession effective et exploitante le Ier juin 1896. Puisque Fusage s'est introduit de donner aux batiments scolaires des proportions monumentales, on ne s'6tonnera pas que le lyce'e Voltaire, le plus 'eune des lycees de Paris, nWait pas deroge' au contraire. CG est un palais, sinon pour la beaut6 (non pas qu'il soit laid), du moins pour la grandeur, et son architecte, M. Train, y a fait entrer toute une carrie're de pierres, de taille pendant les cinq ans qu'on a mis 'a I'Mever. La du eat; a~~~i-r:public qu'a' la -'rentre'e de 190. clD'abord dy estin a don'ner exclut -professe suivant seignement moe derne, son cadre s'est Mlargi et 1'enseignement classique y est profess6 suivant RGLISE FLAMANDE (RUE DE CHARONNE). les programmes des autres lycees. Les eleves s'y preparent au baccalaureat et a l'acces de 'Ecole normale ou de 'Ecole polytechnique. Un peu plus bas dans la meme avenue, et du meme cote, au n~ 79, se voit F'Ecole superieure de commerce, precedemment rue Amelot, 102. En changeant d'emplacement, elle n'a done pas change d'arrondissement. L'edifice, d'allure bien plus modeste, mais plus coquette que le lycee Voltaire, a ete inaugure le 23 no' vembre 1898 par le president....................................9......_ 0: ( 0 >}>i;0de la Republique. Celaaaura ete un des derniers actes pu- -- -- neremarquez combien il pas serait dans cette Meme avenue dcevai-t ces mommes b~timents I Fondee enplus log1820, acquise padire le Chemin brARRONDISSEMENT. ve t, commelaChausseed'An-e en 869, tin - faiest laune instite des quar-tion de tiers Saint-Amboise et cle la Roquette. Le temps est loin ou ctetait Ull tapis de verdure tel que son nom le dit: il faut~pour cela reonter au milieu du XVn6 siecle. Jaillot la trouve, dans un acte de 1667, qualifiee, ruelle qui va a Popincourt ~>. Elle ne depassait pas, en efetf cette rue * elle se continuait vers la campagne par la rue des Amandiers. C'est par des chemins si aimales que l'on gagnait les jardins de Belleville, les bois de Romainville. Un arrete d'avril 1868 a reuni les deux voies sous le meme vocable de Chemin-Vert. Rien d'autre a en dire pour le cote des numeros impairs. A mi-cote, a droite en descendant, apres avoir traverse la rue Saint-Maur, prenez la rue Guilhem, qui en quelques metres vous conduira au square Parmentier, joli rectangle verdoyant, plante en 1872 pour remplacer fort avantageusement lFancien abattoir de Menilmontant, desaffecte depuis 1867. Quartier de la Roquette. - A lui seul, ce nom est sinistre; il evoque la guillotine, les hauts murs de prison ou des enfants, inconscients peut-etre, apprennent levice sous preteate de correction, ou des 8 I.................:..:00:: t:::::::::: -:: f::::::::: -:::: f;:00: E~~~~~ A; Of H VUE DU SQUARE PARIMENTIER.

Page  121 ONZIEME ARRONDISSEMENT 121 foroats attendaient Fheure d'etre conduits all bagne, il evoque encore F'un des chemins qui conduisent le mieux a ce pare du Pere-Lachaise qui serait la plus jolie promenade de Paris si les morts ne Fhabitaient pas... Dans dix ans ces impressions, si vives. pour les Parisiens de la fin du xixe siecle, ne seront plus que de fugitifs souvenirs; le cimetiere, si voisin, hier encore, de la guillotine, ne fera plus songer qu'a la paix du dernier sommeil, et les etymologistes continueront a se demander s'il faut identifier roquette avec -raquetle, petite plante jaune qui croissait jadis fort abondamment dans la region voisine de la Bastille et a donne son nom a la rue, d'abord, au quartier, ensuite. Le cote droit de la rue du Chemin-Vert appartient, on l'a vu, au quartier de la Roquette. La maison qui porte le n~ 68 est celle ou Parmentier rendit le dernier soupir, le 17 decembre 1813, al'age de soixante-seize ans. Il etait ne le 12 avril 1737, a Montdidier. Sur sa maison mortuaire, alors situee rue des Amandiers, no 12, la LA PLACE DE LA ROQUETTE ET LE PeNITENCIER. - - v A. Nv A: I I I.::: an:..^..v: ^::i -i:;:i o: - lieres de la Charite-Notre-Dame, etablies a la place Royale, se firent construire un couvent, entoure d'un large enclos, dans la partie inferieure, plus voisine de Paris; on s'habitua vite a les appeler Hospitalieres de la Roquette, parce que leur monastere barrait la rue de la Roquette. C'est alors que fut ouverte la rue des Murs-de-la-Roquette, qui contournait, par un retour d'equerre, les murs de ce couvent. En 1865, on a donne a l'une des branches de l'equerre le nom de la duchesse de Merceur dont les liberalites avaient contribue a l'installation des Hospitalieres. Sans la Revolution, les choses seraient peut-etre dans le meme etat; mais 1789 nous a menage bien d'autres surprises. Les religieuses dispersees, leur couvent rase, la rue de la Roquette reprenant (en 1818) son trace normal, une large place disponible de chaque cOte de la place, voila ce qui permit au gouvernement d'edifier deux prisons la ou de pieuses filles avaient prie, et quelles prisons! Maintenant on estime que les etablissements penitentiaires doivent etre relegues hors de Paris, temoins Fresnes et Montesson; autrefois, sous le bon roi Louis-Philippe, on croyait bon de les ramener de la banlieue dans Paris, temoin la Roquette qui avait remplace une des divisions de Bicetre. Nous signalerons, presque a l'angle du boulevard de Menil> montant et de la rue du Chemin-Vert, le haut clocher d'une chapelle, dediee a saint Hippolyte et appartenant a un couvent dit de Notre-Dame-de-Perpetuel-Secours, qui s'est installe la depuis peu. A l'autre extremite du quartier, tout en haut de la rue de Charonne, se voit la tres jolie eglise flamande. Le faubourg SaintAntoine et la region environnante comptent beaucoup de Belges, de gens de nos provinces du Nord, experts dans Findustrie du DEP6T DES CONDAMNftS (avant la demolition) ET LES CINQ DALLES DE LA GUILLOTINE. Ville de Paris, reconnaissante, a fait mettre une plaque commemorative. I La mairie de Farrondissement occupe un vaste espace triangulaire, limite par le boulevard Voltaire, la rue Sedaine (jadis rue Saint-Sabin) et l'avenue Parmentier. C'est un bon type de l'architecture municipale du second Empire; elle a eu Bailly pour auteur. Le boulevard Voltaire (du Prince-Eugeene jusqu'en 1870) traverse les quatre quartiers de Farrondissement, sur une longueur de 2,850 metres. I fut ouvert par sections, a commencer par la partie haute, entre 1857 et 1865. G'est une belle voie, bien batie, tres pratique, mais insignifiante. Laplace Voltaire s'etend devant la mairie, avec un large developpement, au croisement forme par le boulevard Voltaire, la rue de la Roquette et l'avenue Parmentier; elle est decoree d'une statue de Ledru-Rollin, par Steiner. Le celebre homme d'Etat attend la, dans une attitude majestueuse, Fachevement de Favenue qui porte son nom; elle doit venir aboutir a ce carrefour. Quelques pas dans la direction du Pere-Lachaise, et Fon est sur la trop fameuse place de la Roquette. Au xve siecle, deja, existait sur ces hauteurs un hameau dont la maison principale etait le manoir d'un certain Regnault l'Espicier - nullement epicier, si ce n'est par le nom - une folie, comme celle de Mericourt ou Moricourt (voir plus haut), d'ou le nom qui a conserve la rue de laFolie-Regnault. L'espace etait vaste, boise, charmant. Au commencement du xvn1e siecle, les Jesuites de la maison professe en acquirent toute la partie orientale, la plus escarpee, qui devint leur maison de campagne, et par suite, celle du Pere Lachaise. En 1637, les religieuses hospita COUR DE L'HOTEL DE VAUCANSON (RUE DE CHARONNE).

Page  122 122 PARIS-ATLAS meuble, et qui parlent peu ou mal ou pas du tout ]e fT<m" cais. Des 1862, MU Delebecque prit l'initiative de leut f'tr"11: nir une eglise ou les offices fussent celebres en flatmati-tnd, et fit amenager a cet effet un edifice provisoire d-ims hl rue des Boulets. La premiere pierre du monument c:-luol a ete posee en 1873. I a eu pour architecte M. A.r tru Verhaegen, qui s'est inspire du style gothique le pl ts pttr et a parfaitement reussi. A l'eglise est annexe un at~'tronage pour les deux sexses, avec salles de lecture, de jeu, buvette, etc., veritable cercle, au sens propre du mot. Peut-etre meme y joue-t-on le baccara, mais, / ftem-icien hotel de Vaucanson, situe rue de Charonne, 47 (sic), tf:enalnt par F'autre extremite a 'impasse de la Roquette ~. Ak 'angle des rues de Charorine et du Faubourg-SaintAnxtloine s'eleve une fontaine, plus haute que belle, qui date te 1671, mais fut en partie reconstruite en 1810. Elle portall, parait-il, une longue inscription; il n'y en a plus de trtaces. Et puisque nous parlons fontaines, signalons celle de la rue de la Roquette (n~ 68), encastree dans une arcade elegante et que l'on pourrait presque croire \ ancienne si on n'y lisait la date: MDCCCXLVI. STATUE DU SERGENT BOBTLLOT. a coup st'r, si on l'y jouriche, 'est en couFONTAINE E 1846 (RUE D LA ROQUflaTTE). ventsd, et bienhotels, comparable innocenimient.. a ruancienn de ChrueaA I ron-ne fait la2 liMmite entre les Saint-Dominique du faubourg Sait-Germain. Elle n'a plus cet aspect-la aujourd'hui que industrie a completement conquise. Pour n'y plus Sainterevenir, nous decrirons des maintenant ses deux ctes. i~l~l~l'l~~il~i-:i-:: —:lji -~:g —:-::::i::::iritet e ce fut auVoici, un peu au-dessous du boulevard Voltaire, au ntrefois une ruela Cil Bo)n-Secours, construite sur les ruines du prieure- de Notre-Dame-deBon-Secours, qu'avait fonde, en 1648, dameistocratique, icheClaude de Bouchavannes. Le lieu se nom-coumait depuis longtemps la Croixc-Faubin;.> __ FONTAINE~ DE 1 8 4 6(RUE DE~ LA ROQUETTE). 0 il est regrettable qu'on ait substitue a c rlibl)Xlmai-ii- i.ei-i cett e denom ination historique celle d'im- conqs|e.|| Pour nlipll usit1^^ ^ passe Delaunay, que porte maintenant le deu co't s. ~cul-de-sac de la Croix-Faubin ~). -000Fi*|R0000t0000;0 Pr esqu e en face, aux nos 92-96, une. portSecrs consuese ttire srles regrdhies d rer eNteDm-e celle du couvent des Filles-de-la-Croim, fonde en 1639 et qui a survecu a la Revo-...... lution en ce sens qu'il s'est reconstitue 'a dans ses memes batiments le 17 mars 1817. ((ul-d-sa 51 htlde laC oi-aubneacnrv quelques vestiges de son passe, deux fois 1| -^ seculaire; il garde surtout le souvenirst de lillustre mecanicien Vaucanson, qui y d mourut le 21 novembre 1782, et la gloire I d'avoir ete le berceau du Conservatoire | des arts et metiers. C'est dans cette maison, en effet, que Vaucanson avait reuni 1 1 les premiers n lements de la collection que nous admirons dans sancien prieure de A Saint - Martin - des - Champs. Linscription apposd e par la Ville de Paris en l'honneur y de aua nson W ebeau atdu, Cronservaoire rappeler ce fait his t oi due. ns nett, Il existe aux Archives nationales (F2, II, Seine, 12) un dossier relatif au projetqui naeut pas de suitc -a d'ouvrir un passage decouvert sur l'emplacement de LA RUH DES IMMEU h........... vemlbre 1393, 1e FON lAIN E DE 1 671 (RUE DU F'AUB.-St-ANTOINE). baiuel d'une piece ce Basf~roi, juge 01d.~ de igne de donnerau sonlieu dit Baer, surle chemin Saint-Antoine )). Des actes moins anciens etablissent l'identite entre Baffer et Basfroi. Nous n'en sommes guere plus avances pour cela; qu'etait-ce don que Bafer? VraisemblablemenSurt, ce point d'interrogation, nous passons dans le quartier SainteMarguerite, enserr e enltre les rues de Charonne et du Faubourg-Saintpas un homme, maisAntoie qui, format a elles deux le dessi Jaillotirregulier des branches d'une parentheselar avoirenferment un groupe tres dense d'habita-trou:0:;0:^^ ^ ^^dans 0 tiO S OU les archmage n'existe guere. de F'archev~che a'la date du I ~noVembre 1393'. le FONTIAINE~ DE~ 1671 (RUE DU FAU13.-SI-ANTOINE). bai;l,::::;: d'une Vincennes n'etait orde que de rares 0 00 0 0;;; 0 tt; t00Xt 0V00;0;t;00;X^^t^^^^t^^ t100^; m aisons et dependait, au point de vue 0 0 0 0 000^^^^^^^^^^ d; 00000000000002;;;:::::i::00^^^^^^^^^^^^^^^^^ |1 0 0i ecclesiastique, de l'eglise Saint-Paul. La ^^ ^^ ^^^ ^ ^ ^^ ^ ^ ^ ^^ ^^^^^^^^^^ ^^^^^^ ^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^^ population augm enta alors et reclam a une ieu d it Ba000iffer rle? c S paroisse pour elle. Des atermoiements, k ab li s s e n t t::f0i00;: ^^^^^ ^^^^ ^^^^^^^^^^^ d o n t le re c it n 'of f r e p lu s d 'iWte r e t de p u is plus0000; avance's p ela; longtemps, firent que 'eglise souhaitee, M argu ^^ er^it e,^ — enserr6 entre rue S ainte-M arguerite, due fut livree au 00000002002:000000;000i;:00 ^^^^^ ^^^^^ ^^^^^:: ^0t;t000000000i0i t cu lte q u 'en 1634 com m e su ccu rsale de;f; i f; 0 0;;yf f; 0 000 0 00:g X Saint-Paul, et ne devint cure qu'en l1712. tt^^^t^^^^^^ ^ ^^^^00X00tt0000000000^00^^^^^^ ^ W I1 parait- qu'il y avait urgence: le decret ^i;fVE;ii00000000000X000000000000000000enfe l d' rectio en e cur e explique ain si la necessite de cette mesurex: i Les libertins et les nou'eaux reunis [leouesXIII, au caS E | itholicisme], qui SOllt en tr es grand nombre dans le faubourg, n'etant pas veillez de pres, se disp ent meme du devoir pasii quayat la liberte de1tgise faie Pauce La pa|ovoi r a Saint-Paul ou a Sainte-Marguerile, don ne peut y decouvrir ceui qui y manloengCetems mieme liere 1d6glser aSoaint-e Paul ou a SaiguerMatge, te fi t qlure a ul Saienfas dudit faubourg ne sont ni 7 'une ni a lautre de ces deus r glises, et ne 3LES^INDUSTRIELS. recoivent aucune instruction. ) p rB

Page  123 ONZIEME ARRONDISSEMENT 123 _ ___ _____________________ L'edifice atteste la mauvaise epoque artistique qui. -.. ---... l'a vu construire. La fagade notamment est d'une nu- ^^^ ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^ dite rare. A l'interieur, on remarque quelques ceuvres |rf x interessantes: il n'y pas longtemps (fevrier 1899) que la commission du Vieux Paris a eu a se preoccuper, pour le faire replacer a une fenetre du chevet, d'un petit vitrail du XVIle siecle qui se laissait oublier dans les combles. Elle a signale en meme temps le beau monument de Girardon a la memoire de sa femme et quelques bas-reliefs sculptes par Jean-Baptiste Goy, le premier cure de la paroisse, qui fut tour a tour sculpteur, pretre, peintre. (( Il s'etoit applique, disent les Noivelles Ecclesiastiques du 22 avril 1738, jusqu'a l'age de vingt-six ans a la sculpture, et avoit passe pour cet effet plus de dix ans a Rome. Plusieurs pieces de sa fagon, qui sont dans les jardins de Versailles, de Meudon et de Marly ont ete pour lui, depuis que Dieu l'eut touche, un objet continuel de gemissemens. )G C'est dire que les bas-reliefs qu'il fit pour son eglise offrent toute garantie d'orthodoxie. L'ancien cimetiere Sainte-Marguerite, attenant a leglise du cote du Nord, serait bien oublie aujourd'hui -- sans une circonstance qui lui a valu la celebrite. Personne n'ignore que le petit dauphin Louis XVII mourut au Temple a Falge de dix ans et deux mois, et que c'est ce cimetiere qui fut choisi pour le lieu de son inhumation. La terre accomplit promptement son aeuvre d'assimilation, car les recherches ordonnees par Louis XVIII, des le debut de la Restauration, pour retrouver les restes du dauphin et les transferer a Saint-Denis, n'aboutirent a aucun resultat. Le hasard y fit retrouver en 1846 un cercueil de plomb contenant le squelette d'un enfant: les medecins commis a son examen n'hesiterent pas a declarer qu'on etait en presence des ossements de l'enfant royal. Cependant, divers interets, historiques et autres, n'avaient cesse de se manifester dans le but d'etablir que Louis XVII n'etait pas mort au Temple, qu'il avait fait souche: des heritiers se produisirent. De nouvelles fouilles furent sollicitees et autorisees, dans le cou- - -r rant de 'ete de 1894. Elles am enerent la — ^ - ---...................................... nouvelle exhumation du squelette de l846; il mais cette fois le diagnostic des savants fut illll tout autre; il conclut a l'identification de Slll^ ces restes avec ceux d'un sujet qui serait mort vers l'age de dix-huit ans, pres de huit ans de plus que n'en avait le dauphin! Le mystere demeure done entier, si toutefois on veut absolument qu'il y ait un myste're. Ce qu'il y a de moins explicable, a nos yeux, c'est que les Comites de la Convention aient donne leur preference a ce cimetiere obscur et eloigne. UN DES ASPECTS DE LA FOIRE AUX JAMBONS. - Mieux que la rue de Charonne, la rue du Faubourg-Saint-Antoine est lartere importante du quartier Sainte-Marguerite. Nous reservqns pour le chapitre du XIe arrondissement la description de la place de la Nation, et tout naturellement, des maisons historiques appartenant au cote pair. La premiere rue que l'on rencontre a droite en descendant est celle des Imineubles-lndustriels, precedemment rue de l'Industrie. Toutes ses maisons sont baties uniformement, ce qui se voit assez souvent dans nos faubourgs, mais elles offrent une bien autre singularite: la societe qui les a fait construire a pourvu chaque logement d'un courant de force motrice, -- 1 de telle sorte que tous.............les occupent l e terrain des W00-00-000i:000000000000;000g000-0-:-00-;-4 jardins de l'hotel T iton ^^^^^^^|$00:00 0;0:0 000000 i:: MARCHIS A LA FERRAILLE. situe dans cette derniere; f;00;t;0;;; t;00000000000000000t:0202Q:::00;^^^^^^^1 rue. M axim ilien T iton,: directeur en cambgeneral desur ima.: 1%~~~i_-i~ manufactures d'armes, s'etaindu fait construire la uneie 0000i;;-;':;0 0000000.'::000 ^tll fort belle residence que l'on appelait, suivant l'usage, 11i;-^ t I la Folie-Titon. Apres sa mort, survenue en 1711, sa maison fut morcelee. Sous Louis XVI, un des paviBoulets est etait occupe par la fabrique de papiers peints de Reveillon. Onl sait que, le 28 avril 1789, cet etablissement |a f | >.^-.ft pille par le peuple qui accusait Reveillon, a tor-t ou.a. ggtla rason e montrer des s'ancients tres peu favochrables au mouvement de liberte qui f aisait tressaillir la IIRS ^^^1Q^^^^^^ France entiere. Il n'est pas demontre que cette emeute, p:0iirologue de la Revolution a Paris, ne fut pas organise par le duc d'Orleans, qui voulait susciter destinue en embffet, dans _ au gouvernement. Ce qui est plus curieux, c'est que 'aReveillon, pour sauver ses jours, n'imaginat, pas dela meilleur refuge que la Bastille, ou il vSaint-Maur. Elle dconstituer prisonnier volosontaire. S'il eut tort d'avoir ete si peu dit ami du puple, il aut lu tenir comptets d'aoirnt menti ~*existe de's le XVresi"ce "i8Les maisons stee au dessousdelru: Roubo (un nom de menui6ir rudit dusil ig nier) prennent vue sur la ruedeMnrult occupent le terrain des;jardins de Fhoatel Titon MARCHt, A LA F'ERRAILLE. situ6 dans cette derner rue. Maximilien Titon, directeur nrade manufactures d'armes, s'e'tait fait construire la' une fort belle r~sidence que F'on appelait, suivant l'usage, la Folie-Titon. Apr" s mrt, survenue en 1711, sa ii'l: i:::;::l~%.:: -f:: mison fut morcel~e. Sous Louis XVI, undepaion etait occupe' par la fabri-que de papierspensdR6 veillon. On sait que, le 28 a~vril 1789, cet kasblissement fut 01ll6 par le peuple qui accusait R~tveillon, 'a tort ou a raison, de montrer des sentiments tre' pufao...... rables au mouvement de libert6 qui-faisait tresilrl PERSPECTIVE DU BOULEVARD RICIIARD-LENOIR.

Page  124 124 PARIS - ATLAS - - ami de la science; quel-,N; ques annees auparavant, NW il avait mis son jardin et 11|J^^B|^..:.:. son argent a la disposition 'Bi- p; de Pila'tre de Rozier pour ses experiences aerostaOn demande une plaque qdu commemorative pour fixer ~H tous ces souvenirs, bons ce ou mauvais. Aux temps de W^ revolution, dWailleurs, le f vent a toujours souffle en tempeete dans le faubourg Saint - Antoine. Yest - ce pas de laT que partait, avec sa troupe de sans-culottes, Ie terrible brasseur SanLAest-ce pas cette meTme LA F rue qui vit tomber, frapp6 d'une balle mortelle, F1archeveque Affre, venu en pacificateur pendant les journe'es de juin 1848? elle aussi qui fut temoin de la mort herolque de Baudin? En face du carrefouri ou aboutit la rue s rozatier, la maison numrote6e 1e1 dans le faubourg por.e inscription suivante DEVANT CETTE MAISON EST TOMBA GLORIEUSEMB;NT j JEAN-BAPT1STE-ALPHONSE-V1CTOR B1AUD1N REPRESENTANT DU PEUPLE POUR LE DEPAIV/I AN' l>! J.'AI I TUE LE 3DE'CEMBRE 18-01 EN Dih''l<:NIANT ^ | LA LOI ET LA RAPUBLIQUE. Auno~75 de la rue du Faubourg-Saint-Anoo umno gicnu allee conduit 'a un baltiment d'aspect ii1ior, nia (Ittl a le m rite n possder une ranu pe a esctur ier tIre:s CII(e s(4I;t f sculptae sur bois, of les quatre son /ont repr(SomtooI!(,'s pkar. des figures alle'goriques. Ce travail paral't remonter au XVne sie'cle; il y a la' une indication utile sur 1'6po-.^^'^ que reculr e oqu sindustrie du bois | / ^ - -^ — ptait dej a en faveur dans le faubourg. / ^^S^^^^^^^^^^^^ —j ^ Le boulevard Richard-Lenoir (qui-: porte le nom d'un manufacturier important, mort en 1839) doit son //:-W existence au canal Saint-Martin qu'il ^ ^B ^^^ recouvre. A faOrigine, le canal ltait a / ciel ouvert; un d ucret du 29 aou't 1857 prescrivit qu'il serait voWut entre la \ place de la Bastille et le faubourg \ du Temple, sur une longueur de I 1u849 metres 60 centimePtres. Au sou-.............. terrain, il fallait de Fair et de la lumiere; on lui en a fourni fort ha-..... bilement par des ouvertures prati- \ quees dans la vou'te, que des mas- \ sifs de verdure dissimulent. Dans la partie avoisinant la Bastille, le boulevard donneasile durant lasemaine qui prece'de Pa'ques, 'a la foire aux jambons, qu'on pourraifc aussi appeler foire 'a la ferraille, car ces deux marchandises s'y debitent avec..........^! lmeme succes et sans concurrence s,^ possible. A l'intersection des bou- "^^^ levards Richard-Lenoir et Voltaire, s'eleve la statue de Bobillot, un LA STATUE DE LA PLA jeune etvaillant Parisien, mort en heros pendant 'expedition du Tonkin. L'ouverture du canal Saint-Martin eut pour consequence de faire disparaitre la maison de Beauniarchais, qui etait, sous la Revolution et le premier Empire, Fune des curiosites de Paris. Elle couvrait tout Fespace circonscrit aujourd'hui par le boulevard Richiard-Lenoir, le boulevard Beaumarchais et la rue Daval (Daval fut un obscur echevin de la fin de Fancien regime). Dans un ouvrage consciencieusement JE;0 o; — documente sur Beaumarchais et son temps, Louis de Lomenie a fourni d'in-: ^^^^^::: t; X;00;00:; 0 i;:;f;;:;;;S if teressants details sur cette residence.;:;;0XX00; y,;.:; f;:00:;0 0:f0:;|:ff:f I; L'auteur du M ariage (le Figaro en avait S..... achete le terrain a la Ville en 1787;I sn aprceen fit une demeure telle W:. -0 l qu'elle ne ressemblat pas plus aux au^tes maisons que le Mariage de Fifgaro ne ressemblait aux autres come-. dies )). De la, une depense d'un million IIIIsix^ 'en le soixante-trois mille francs.. folie, plus somptueuse que les plus |Ff:tW1 >F belles du quartier. Les suppliques afGibraltar.flue'rent 'a Beaumarchais, pour avoir le droit de la visiter. M. de Lompnie -en cite une charmante, ecrite par une ^- ^ ^^ ^ * i Je suis choisie dans ce moment par toute D'HIVER. ma famille pour vous presenter une requete. Une requete, direz-vous! Oh! n'allez pas vous effrayer. E~le se bornera a vous demander a voir votre jardin. On aurait bien pu charger quelqu'un qui vous eut demande cette permission avec plus de grace, mais on m'a rassuree, en me disant que vous etiez indulgent, que vous aviez trop d'esprit pour laisser votre censure s'arreter sur ma lettre, et que vous vous mettiez aisement a la place Witi'.le U per (ztt tino <Jc Welzc atis~ obligee d'ecrire a quelqu'un qui possede ce Uelulot auoll }'i'lt t.. ple' miu>rs donc votre indulgence pour me lire, votre 'omnplakSanco poor aequtlct.cewih 1t- (a dtn' dande, etje suis, pour la vie, votre servante. 110~E PERROT, rue des Tournelles, no 65. A. une- dornandfc faitell dlaussi bonne grace, Beaumarchais rep:ondita (.1N-( or' i81 es pnl: I T bituel, trouvant seulement la famille (l de M118 RoSe ~ un peu iiprudente de ne pas reserver pour des otjes plus ikl)tal Its lir ttervention d'unejeune personne aussi r (Xspit l lle. 0n allue sI a credit en lusant a des bagatelles ~. Loc Cirqtue d('lliver (autrefois cirque Napoleon) donne au I olevadt des Filltes-dit-Calvaire, le soir, quelque animation. I Il a ete construit, sous le second Empire, sur lemplacement d'un ^^. ancien reservoir de la Ville, mis 0;, ^ X 0 en vente publique en 1781. 8^^^^^ (0;; \ Un peu plus loin, boulevard du 1.::i;000:; |;\\ Temple, n~o0, etait la maison d'ou 0l^^pl'0^^^:^;0^X;;0:00^^igf:g^ ^ IFieschi, par l'appareil d'une ma^^^.y;B.... chine infernale, tenta d'assassiner 7tBN;00:::^^^^^ -;i 0i:Louis-Philippe le 28 juillet 1835. @lifi0it00 ^.S \.Quelques pas encore vers la place;l\ Ide la Republique, et nous sommes \ vis-a-vis des maisons construitessur JI\ 1 emplacement des fameux thealtres Iqui al rent au boulevard du Tem1ple le surnom de boulevard du > l } Crime, encore que le drame n'y........ sevi't pas exclusivement. U'taient /! I1'1'^Franconi, les Funambules, la Gaite, j I les Folies-Dramatiques, les D6.asIsements-Comiques, le theatre de / IM-e~ Saqui. Apre's avoir joui d'une D/ grande vogue, tous disparurent, en 1862: un ukase d'Haussmann les i expropriait pour le percement du r boulevard du Prince-Eugene (au/I jourd'hui boulevard Voltaire) et ^^^^^^^^^;^^:^^^ 0: lharmonie de la place du ChalteauPhot,-^ p^^' Nef. |urddn d'Eau. Et nous voici revenus au point de E DE LA REPUBLIQUE. depart, a la place de la Republique. La statue monumentale a laquelle elle doit son nom y fut erigee en 1883 (( a la gloire de la Republique )). Aux pieds de la statue, aeuvre, par association des deux freres Morice, Fun sculpteur, lautre architecte se dresse un superbe lion de bronze, du au sculpteur Dalou. Le socle est decore de demi hauts reliefs en bronze;.chacun d'eux consacre une des grandes journees des victoires du peuple: celle de 1789, celle de 1830, celle de 18i8, celle de 1870: ils sont traites avec un art parfait. LCI

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"II".,_ — VCL) I IJ -".-Ip g =1I rII II Itl;: j II (Su,,",.\,,:IjI.,,,.Ii,,i I .A/,`,I.a11 I -- li4-,ICOLJ Rivig,,j1i \ -1 (116., Ir pi,",,i5 1, ',,1!1.3 III,I\ 0, I 1,.-1,,,,,I -,, P M_L- — \ ''I I O.J1I I-IA'i,I, kI ,,.-,2 -_ I., I ., -- iI1, 11, —,,,4"-"IVI' II-,,1>,.UI/I- - — i -_ --- —\ II , 1-1,15b,\ C., /0-::- -1 — It1,,,`\ '!1Q;j,.,.,(. IIIJ I IIII, -,I,.," —,i I,- . -1.,Iz11171,,,11:I —:6,1,, _.,III-,I,,I/I,,I -1II,11 \,,Z),, — ",,,,I+ ll.,-IIII __JI 1I-,I I- 11\ WJ"I- _7__\_ I - L" /, A) II II I1,1Z,\1,I -II 1 14 11 '' I — II_ - "',, Q II._- I Ii.11IIr-,_,, _ _ -, — ,;II A\I 1,",, I/ , \,I HI '',"/'! ''.! ,I,!,, :,,,,I'll,,0/4,.V-1 IIif 1 I11 11, \!',,; k, '.. ", 11II', ,I,III16II11/-,Michael —. —. ,8"I --- F__ _jX,-,U,,,, ',Ila c.b " — Io P P,! <\, -, Iji,:, 9S -IIXP. I,,.. '' '',,,II iII I. 0 —,IIII"- I,,.4 'OIv,,,,!, IIL:- <L -, -,-,,IIj 1, -Z,,,'"I'll,,4/1 -1'e1,1:5! /, t$A ;' ! L___\,,,0, \de 5, -- -- ' I, ,.' /,, , I11, ,-1'S -Lj',"',,,,-/-", ", -,C> —4. .1I-",I I.-. 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IV- " j1;0,, - otok '',,'',, L,.,f-6,, I16 --- - , -, __::) '4,I, II__ LL ,, ",\- L-___ - -, ,,., _\I -,, ?/,4 ,.")\-,_.,,", -II4 _'_,-,- .,-_ ''.,i-,,." I1iI:, —1.,,I,,i I-__11__,,I- —? , / '1\I IIII - -,,_,., I,-1. '. -I_-i.,7: 1?.,,!,", ,,_,;, j__ 11 —,II1I1;.1.I,,,:,I , , , —., 11 "-I!! ---- - -_.;In t..-"-\,1 —,-// I 1,.II\' _,1)) I'llI,,,I,I II- --,,,I 1'I',I11 I': I,, 1,-"I I"II11 _(7 -1. -1-,I''I I"// / !,,5;-, -I,II II iI,/-I-, ,,zt _". , \a,;, 4A 41!.,,, ., "' )i 'i-?6 1, I,-.I I Ij I - 11, "zr-, ---,9 X/" - Q,? 31-OA, 11::IIII,." I I __.7,,, I —I. I. II —I".."oi, Z' -"..'o;",I, I- -,-? -,,I it4r, -,I"", I,:-: 1: ,4110,4.j,i /I,,, ", . I-,,, 1I,,/ All,.I"!I_,,c 'III\"/,_/ I-,.,I" I ,IY, ,,I,.I,! V601 -"_;I-I ,,, - 1 F,,,,%, 1,9,I'vr,, TI'I," IIL:,,,,jI,,,, &, ". 5I,, I /"r ",, 67 11-11,4zi,I LI. 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Page  125 LA PLACE DE LA BASTILLE Phot. Neurdein. REUILLY. - 450 QUARTIER: BEL-AIR. - 460 QUARTIER: PICPUS. 48" QUAnTIER: QUINZE-VINGTS. - 470 QUARTIER: BERCY. B= oic i que, pour la premiere fois, no.us avons atfaire a un arrondissement qui participe a la fois du Paris de Louis XVI et de celui de Napoleon III. Aucun de ceux qui le precedent n'atteignait a Flenceinte fortifiee; tous ceux qui le suivent sont, en majeure partie - exclusivement, meme, pour les XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe - constitues par les territoires annexes en 1860, compris entre les fortifications et l'enceinte des fermiers generaux, celle des anciennes barrieres, celle des boulevards qu'a tort et par routine on continue a appeler exterieurs. Le XIIe arrondissement, dit REUILLY, couvre une surface de 568 hectares, superieure a celle de tous les autres arrondissements sauf les XIII0, XVe et XVIe. Sa population, au denombrement de 1896, etait de 113,527 habitants. et on a lieu de s'en etonner, si lFon considere les vastes espaces inhabites qu'y occupent l'Entrepot et les gares du P.-L.-M. Il est vrai que, sur ce chiffre total, les deux seuls quartiers de Picpus et des QuinzeVingts entrent pour pres de 92,000. Population qu'il est d'ailleurs aise de definir, car elle ne comporte que deux grandes categories: les artisans en activite, si on peut ainsi parler, et les artisans en retraite; les premiers habitent tout naturellement les deux quartiers populeux, et, les seconds, les deux autres. Le quartier de Bel-Air est limite par 'axe du cours de Vincennes le rempart(a droite) et 'axe des rue et boulevard de Picpus jusqu'a la place de la Nation. Si l'on donnait a 1'expression Bel-Air le sens qu'elle avait au grand siecle, il faut convenir que la denomination serait ici un peu trop elogieuse, car ce quartier ne saurait pretendre au monopole de toutes les elegances; il est surtout le quartier du bon air, et c'est ainsi que nos peres out entendu designer 'ancien hameau qui lui a donne son nom. Ce hameau dependit d'abord de la paroisse de Saint-Mande qui, elle meme, ne fut jusqu'en 1789 qu'un ecart de la paroisse de CharentonSaint-Maurice (aujourd'hui Saint-Maurice). 1789 emancipa Saint-Mand6, 12 PARIS-ATLAS.

Page  126 126 PARTS - ATLAS en_ fi un comnmlr e rtsaiosd o nince-iu en fit une commune, malgr6 les protestations de son ancien chef-lieu. Elle avait un beau et vaste territoire du c6te' de Paris, mais la loi du 16juinl859 l'en deposseda en annexant a la capitale tout ce qui en etait compris entre les fortifications d'une part, les boulevards de Piepus et de Reuilly d'autre part, c'est-a-dire tout le quartier de BelAir et la moitie environ de celui de Picpus. Les habitants de cette jfi zone se trouve- - ren t, l e i e jan - f0m0 lte ' * ':: vierl1860, de Mand6e n s quails c taients devenus Parisiens les uns se en m on tret ren t L A O R md contentss les sion..m.....an. autres flatte's, chacun suivant ses intlrets Au reste eA ni s triqs sont-ils pui. etce cont I e p s ate M a m ar eu,s a e m g ales c hore r ropis d i i i,S B apn de c e.i, ler ro d e o u s lan e ada,u e qun rte n pa r b a sux r r ael' s e l e ja e - LA rtee din, les dimensions important peu. II y a soixante ans, on y aurait surtout rencontre' de larges terrains livreps au maraichage et quevques vastes propribles.Aussi les souvenirs hisaeoriques sont-ils plus que rares. L'un des plus anciens peut-etre est ce contrat que nous avons rencontro aux Archives nationales (L. 9507) par lequel, le 18 aou't 1717, E~tienne Malappe, marchand, et Marie Lemaistre, sa femme, acquirent de Jean Garnier, ancien capitaine gene'ral des charrois de F'artillerie du roi, ((un arpent de terre sifine au terroir de Saint-Mand6 au. lieu. dit Montanpoivre, sur la htauteur de Picpuce,.. tenant par bas stir le grand cekiin qui condutit aux terres de Mme6 Vabbeysse de Saint-Antoine)). La rue et la porte Montempoivre - avec une orthographe un peu differente, appartiennent 'a notre nomenclature parisienne, et voila' pour elle des titres de noblesse, mais nous aimerions mieux pouvoir expliquer cette denomnination bizarre, veritable casse-te'te des eltymologistes. CGest aussi pour la premiere fois que nous rencontrons le chemin de fer de Ceinture, qui ne dessert que les neuf derniers arrondissements, a partir du XIIe. Le moment est done opportun, avant de decrire sa route, de dire quelques mots de son origine. Il est exploite, on le sait, par les six grandes Compagnies de chemins de fer syndiquees a cet effet. La premiere section construite fut celle de l'avenue de Clichy a OrleansCeinture; elle fut ouverte en 1854, _pour u letrasiet do pason cesse lespa ment a la Compagnie de dOue st. 3 DOREE. En 1869, fut etabli rE le raccordement de Courcelles a Favenue de Clichy, gralce auquel on pouvait desormais faire le tour de Paris en un circuit continu. Enfin, en 1893, la Compagnie du Nord s'est reliee directement a la Ceinture par un double embranchement, l'un vers FOuest, l'autre vers l'Est; la bifurcation, dite des deux. branches, s'effectue en souterrain, a la Chapelle, sous les voies principales du reseau. Seule, depuis 1900, la gare du Nord recoit directement les trains de la ligne de Ceinture, mais toutes les autres gares parisiennes sont reliees au reseau par une correspondance au point de croisement. Les prix sont de 40 et 20 centimes, suivant la classe, pour un parcours de deux stations, de 55 et 30 centimes pour un trajet superieur, quelle qu'en Foit la longueur. La ligne compte 32 kilometres; 28 stations y sont e tablies, en comptant celle du pont M~arcadet qui est commune a la Ceinture et aux lignes du Nord. Voyons maintenant quel est le parcours du chemin de fer dans le X XII arrondissement. La voi e ferre e y demeure constamment parallele aux fortifications, qu'elle suit de tres pres. Elle franchit le cours de Vincennes et Favenue de Saint-Mande sur des ponts metalliques et croise, en passage superieur, la ligne de Paris a Vincennes a la station de Bel-Air, traverse Favenue Daumesnil sur un beau pont d'ou' Fon a un joli coup d'ceil sur le bois de Vincennes; puis, apres un arret a la lialte de la rue Claude-Decaen, ouverte le 5 mai 1900, elle s'engage dans une tranchee dont la descente est assez rapide, passe sous la rue de C harenton, croise, e galement en passage superieur, les voies du chemin de fer de Lyon et atteint la gare de la Rapee-Bercy qui, depuis trop longtemps, attend un bdtiment moins minable. En traversant la Seine sur le pont National, elle sort de Farrondissement pour entrer I dans le X11e. Nous ne quitterons pas le quartier de Bel-Air sans avoir salue en la rue du Rendez-Vous un tres ancien chemin conduisant a un rendez-vous de chasse du bois de Vincennes, - et signale dans cette rue l'eglise de l'Immaculee-Conception, cure modeste qui, par exception, n'appartient pas a la Ville de Paris. A noter enfin que la porte de Picpus appartient a ce quartier et non a celui dont elle porte le nom. Mais, dira-t-on, qu'est-ce que la porte de Picpus? A quoi nous repondrons que c'est la porte Doree, celle qui, aa lextremmit de F'avenue Daumesnil, ouvre sur les taillis du bois une ravissante perspective, celle dont les abords sont pourvus de ((salons)) pour noces pacifiques et pour meetings tumultueux. Personne ne connait la porte de Picpus. Qui done avouerait ignorer la porte Doree? Le 46e quartier de Paris se nomme Picpus. En reAlIle, historiquement, nous sommes a Reuilly, mais l'administration prefectorale LA CASERNE DE REUILLY.

Page  127 DOUZIEAIE ARRONDISSEMENT 127 de 1860 avait besoin de ce dernier vocable pour bap- -.. -.. tiser son arrondissement, et elle a sacrifie l'histoire. - De Reuilly, le savant abbe Lebeuf disait ceci, il y a cent cinquante ans: ((Je ne me suis point arrete a refuter ici les modernes qui ont cru que le Romiliacum vil1a, terre voisine de Paris, ou le roi Dagobert Ier' repudia -^^^^^^^^^S Gomatrude, sa premiere femme, pour prendre Nanthilde, n'est autre que Romainville. L'analogie du latin est entierement pour Reuilly, canton situe a lextremite......^^....... 0 du faubourg Saint-Antoine, ou nos rois avoient alors;.. une maison.)) En depit de sa science, Lebeuf se trompe.......... ^ ^ ^ Nos rois n'avaient pas de maison a Reuilly, et Reuilly ne vient pas de Romiliacum, mais de Rutiliacum; c'est - a a Romilly que Dagobert divorga. Cela n'empdche pas -i Reuilly, de par son nom meme, d'avoir pu 8tre deja un hameau voisin de Paris au moment de cette aventure; seulement, les preuves manquent. Dans un document intitule: MEmoire curieux... sur la fondation, le patronage et la nomination a la cure de I'eglise paroissiale de Sainte-Marguerite (1738, in-12), on trouve le texte d'un contrat de vente en 1624 par Jean de Vitry, sieur de Reuilly, a Antoine Fayet, cure de Saint-Paul (( d'une piece de terre contenant sept quartiers, sept perches ou environ, assis au terroir de Paris, proche le moulin a vent de l'abbaye de Saint-Antoine- --- des-Champs ~. Reuilly avait done pour seigneur Jean - de Vitry; mais il est probable que la majeure partie -< de la terre appartenait a l'abbaye de Saint-Antoinedes-Champs, qui y avait deja un moulin. Dans le Journal d'un voyage a Paris de deux Rollandais en 1656-1658, il est fait mention, d'une facon incidente, de Reuilly, en novembre 1657. Ce fut le temps ou fut fondee, par Colbert, dans le hameau, une manufacture de glaces destinee a entrer en concurrence avec la fabrication venitienne qui seule alors pourvoyait aux besoins de lEurope civilisee. L'orgueil de Louis XIV fut, en cette circonstance, servi a souhait par la sagacite du ministre, et les glaces de Reuilly firent pendant, avec une gloire moindre, toutefois, aux tapisseries des Gobelins ou de la Savonnerie. Ces illustrations de nos faubourgs ne survecurent pas toutes au regime qui les avait creees: la manufacture de la rue de Reuilly est devenue une caserne d'infanterie. Juste en face, au n~ i1 de la rue de Reuilly, une maison basse, surmontee d'une lourde et bizarre tourelle, attire l'attention: c'est la brasserie de l'Hortensia, aujourd'hui; c'elait jadis la brasserie du fameux Santerre, commandant des gardes nalionales en 1793, qui mourut la en 1809. Des jardins reliaient alors la brasserie a la maison particuliere de Santerre dont l'entree etait au no 210 du faubourg Saint-Antoine. Un peu plus haut, au no 57, est l'Ecole Boule, fondee par la Ville en 1886 pour for-.*..........................;..;;....k.....;...........;;.:;:;:::::::s.:...me r le s o u v ri e rs I: L e ment. Pouvait-on ^ i~i^^^ii~:^1;:^ s~siiiiii~ssi^-jiii^;^"p ur choisr la W i; }favor ablesp~ aup.........................constru ction, de ~i~B~iE ~~ nouveaux b atiments annexes qui ont Wt inauuresS le 7 avril, i, ~:iii~-2~~ 89580, par le pr~sident de la R~publique. Au dela' du bou-,i: levard Diderot, voici, au no 36, la LIA MIAISON DE~ SALN'TERRE. toute mode-ste LA MAIRIE DU XIIe ARRONDISSEMENT. eglise Saint-Eloi, qui ne date que de 1880 et dont la circonscription compte plus de 40,000 habitants. Non loin, deux rues, deja existantes au xvle siecle, aboutissent dans la rue de Reuilly: la rute Montgallet, qui a garde son ancien nom, et la rue des Buttes, aujourd'hui rue du Sergent-Bauchat en commemoration d'un sergent de pompiers qui, en 1894, perit victime de son courage dans un incendie, a Reuilly emee. - Plus loin, au n~ 101, les batiments monastiques des religieuses de Sainte-Clotilde projettent leur ombre de silence dans ce quartier populeux. Au dela des anciens boulevards exterieurs, la rue de Reuilly se nommait chemin de Reuilly; depuis 1875, elle a pris le nom du general Claude Decaen, et c'est sous ce vocable qu'elle se poursuit jusqu'aux fortifications qui s'entre-baillent la (porte de Reuilly) pour donner aux habitants de la region l'acces le plus charmant et le plus immediat sur un des jolis coins du bois de Vincennes. L'avenue Daumesnil a ete ouverte, sous le second Empire, pour fournir aux Parisiens une route directe et agreable vers ce bois. Longeant, pendant une grande partie de son parcours, le remblai du chemin de fer de Vincennes, elle n'appartient au quartier de Picpus qu'entre la rue de Rambouillet a l'Ouest et la rue de Picpus a l'Est. Dans cet intervalle, au croisement de la rue" de ^,.....:..^.: Charenton, s'm 1emve.................... la fort jolie mai-. rie du Xjje" arrondissement, 1 -construite de 1874 a 1877 pjar M. H6_ nard, separele par: la rue Bignon (di- t, plomate dupcom- i mencemepnt du i0 etit osiecle l'sezo- 9 i _ _ dX7etq'ungrue scodelar imprtnt.e> e'nciennue mareme..... dlie deavenue. En ) ';;OEBUE f-.- -- -

Page  128 128 PARI S - ATLAS mais n'indique rien pour 1'etymologie. Au fond, nous inclinerions assez a croire qu'il s'agit la d'un nom de famille, etrangere peut-etre, que l'argot populaire aura denature par un calembour aise. C'est ainsi que Kernevenoy est devenu Carnavalet. L'aspect de la rue est plus etrange encore que son nom. Sur la majeure partie de son parcours (qui, au total, est del 1,835 metres), on ne rencontre guere que couvents, maisons de sante, etablissements charitables; aussi le calme y est-il profond, et Victor Hugo ne pouvait mieux choisir la retraite ou- Jean Valjean La place Daumesnil occupe le faite de cette longue: voie. D'un cote, c'est la vallee de la Seine, de l'autre la vallee de la Marne. Au centre de la place s'eleve une fontaine monumentale; nous en avons deja parle: elle decora la place de la Republique jusqu'au moment ou la statue de la Republique prenant sa place la forga d'emigrer sur ces hauteurs. Et maintenant, est-il besoin de rappeler que Daumesnil est le nom de ]'heroique general, gouverneur de Vincennes, qui, en 1814, resista si vaillamment aux troupes des allies et refusa de rendre la forteresse, malgre offres et menaces? Depuis -l'annee 1877, l'avenue Daumesnil etait desservie dans toute sa longueur par la ligne de tramways Bastille-Charenton. Au mois de novembre 1898, la traction animale y a ete remplacee par la traction mecanique. I est bon de noter quc cette ligne a ete la premiere ou cette traction se soit faite electriquement par le systfeme du trolley. Etrange rue que la rue de Picpus! Etrange par son nom, par sa phy sionomie, par la dissemblance, et parfois la similitude des souvenirc qui y sont groupes. Le nom, d'abord, l'explique qui pourra. Noi ancetres n'etaient pas assez naYfs pour rappeler par le vocable d'uD chemin que la fonction des puces est de piquer, ou pour croire qu'elles piquaient la plus vehementement qu'ailleurs. I1 faut donc cherche] autre chose, mais quoi? On a cite avec a-propos ce quatrain du poete bourguignon Senece, qui chantait dans la premiere moitie du XVlle siecle: Item, de la salade aussi fraiche, aussi bonne, Aussi rejouissante en sa variete Qu'a Picquepuce en assaisonne L'ingenieuse pauvrete. LIr TRAMWAY ELECTRIQUE DE L'AVENUE DAUMESNIL. Cela prouve que deja le terrain se pretait a la culture maraichere,........... -:::::: ~:::00: f:::;t0 i.'0000: I ':~i: i'll-00: i l-:::0:::::::0000: fii: - 0 f;. 0 _:i::-000000000000000000 et Cosette surent se derober a la dramatique poursuite de Javert. Parmi ces couvents, il en est un dont les batiments sont anterieurs a la Revolution; c'est celui de l'Adoration perpetuelle qui, en 1805, a succede aux chanoinesses de Saint-Augustin dispersees depuis 1790; il est situe aux nos 35-43. Sonnez a la porte entre-baillee du 35 et, en montrant patte blanche, demandez a visiter le (( cimetiere )). La chaine de la porte s'abaissera et une concierge un peu sourde va vous conduire a travers les cours et les jardins du monastere ou quelques beguines vetues de flanelle blanche promenent leur eternelle reverie jusqu'a un enclos entoure de murs qui semblent l'isoler du reste du couvent. C'est bien un cimetiere. Une centaine de sepultures - chapelles ou simples dalles funeraires, tres simples et sans une fleur - y sont groupees. Les noms qu'elles portent sont parmi les plus illustres des families francaises: La Rochefoucauld, Crillon, de Maupas, de Montmorency, de Noailles, Forbin-Janson, Talleyrand-Perigord, Levis de Mirepoix, de Rosambo, de Montalembert, de Vaux, La Fayette... Au fond, un second enclos, ferme d'une grille qui ne s'ouvre plus, mais qui laisse voir une verdoyante pelouse occupant presque tout le terrain qui a environ 150 metres de superficie. Ou sommes-nous done ici et quelle est cette mysterieuse necropole? Une inscription va nous le dire: SHPULTURE DE LA MAISON DE SALM-KYRBURG ET DE 1,306 PERSONNES QUI ONT PERI A LA BARRIERE DU TRONE DEPUIS LE 20 PRAIRIAL- AN 11.JUSQU'AU 9 THERMIDOR SUIVANT. C'est le cimetiere des victimes de la Terreur-de celles du moins qui furent guillotinees sur la (( place du Trone-Renverse )) lorsque lechafaud y emigra de la place de la Revolution (place de la Concorde). La pelouse verdoyante recouvre la fosse commune ou furent apportes pele-mele les 1,306 cadavres. Plus tard, une societe s'est constituee pour racheter le terrain, lentretenir pieusement et offrir une sepulture voisine aux descendants de ceux qui dorment la. Andre Chenier, Antoine Roucher, son ami et confrere en poesie y sont aussi, et c'est pour le rapprocher de quelqu'un des siens que l'on y enterra egalement l'illustre La Fayette mort en 1834, apres avoir survecu a sa gloire et a ses malheurs... Avant la Revolution, la rue de Picpus possedait un autre couvent celebre: celui des Penitents reformes des trois ordres de Saint-Francois, nommes tout simplement (( les Piepus )>. On yvoyait une salle dite des Ambassadeurs, decoree d'oeuvres d'art, c( ou se rendoient, dit Jaillot, les ambassadeurs des puissances catholiques, le jour destine pour leur entree, et ou ils recevoient les complimens des princes et des princesses de la maison royale )). Du cote de la rue du Sergent-Bauchat est l'hopital israelite fondee PORTAIL DE L'EGLISE SAINT-ELO.

Page  129 DOUZIEME ARRONDISSEMENT 129 _ __ _l I en 1852 par la famille de Rothschild et augmente depuis par des --- ^ — --- ------- annexes importantes. Plus loin, '^^":CS^^^^-^^^:^^^^^^:^^:,. la maison portant le n~ 88 a conserve sur sa facade qui borde la: rue Lamblardie cette curieuse: inscription:.:: ': gDU REGNE DE LOUIS XV 4:: DE PAR LE ROY DEFENSES EXPRESSES SONT FAITES DE BATIR DANS CETTE RUE HORS LA PRESENTE BORNE ET LIMITE, AUX PEINFS PORTEES:; n PAR LES DECLARATIONS DE SA MAJESTE: DE 1724 ET 1726.: No 25. Ces declarations avaient pour:;t;:^::: - t^^^^^: ^: objet d'interdire aux Parisiens de: | se soustraire par des construe- H tions faites hors des faubourgs: aux taxes de la ferme generale, ' |Foctrol d'alors. On a plus de li- B; /:::: ^:: K berte aujourd'hui.: ^^^^Y:::;::: Jusqu'en 1868, la partie de la -:;: rue sise entre le boulevard de Reuilly et les fortifications porta: le nom de chemin de la CroixRouge; 'a cette date, une dnomination unique a Wte prescrite. Le boulevard de Picpus, ombreuxns et desert comme au temps oiu il formait la limite de Paris, pourrait nous ramener as- la place de la Nation, ou nous avons maintenant affaire; il vaut mieux, revenir sur nos pas pour trouver, au no 12 de la rue de Piecpus, hospice d'Enghien, que fonda la duchesse de Bourbon en 1817, et - 'a Fangle meme de la rue et du faubourg Saint-Antoine - a orphelinat de jeunes ouvrietres, qui a succeT e A e lie l2 ate t une maison analogue criee par..........ie c'imp;ratrice Eugtnie pour con- ______prqequ-coe_ epu querir le ~( faubourg Antoine )) 'a I'amour de la dynastie imperiale. LE MONUMENT DU TRIO] La place de la Nation 6voque bien par I des souvenirs. Les vrais Parisiens ages de trente ans continuent 'a 1'appeler place du Trone; ceux, qui ont plus de cinquante'ans disent encore barrie're du Tro'ne. Sa denomination actuelle ne date, en effet, que de 1880 et nWest pas heureuse, car la nation nWest representee la ni plus ni moins qu'ailleurs, 'a moins qu'on ne veuille que ce soit par deux rois du xine sie'cle, tandis que le tro'ne fut une chose reelle et interessante. II avait et 61ev6, en 1660, pour Fentree solennelle de Louis XIV etc de Marie-There'se, qui eut lieu le 26 aouh de cette annee-la'; mais sa magniflcence n'6tait qu'6pheme're, car il 6tait en.carton; aussi resolut-on de le remplacer par quelque chose de plus - durable. Perrault etait Farchitctce;.......^ a la mode il dessina un arc de triomphe monumental, surmonte b -de la statue equestre de Louis XIV. A La premiere pierre en fut posee ".pt le 6 aouit 1670 et lon parut vou-..loir y travailler avec ardeur. Cependant, l'euvre fut bientot interrompue. Le grand roi en avait-il paru mecontent? Il faut le croire: o-n Facheva par une simple ma1111 00 quette en platre dont la Biblio( -- -' theque nationale possede des vues. Bo'' 1 Louis XIV mort, le tout fut jete bas * j et la place du Trone redevint nette. En 1788, lors de la construction de lenceinte des fermiers.............. generaux, 'architecteLedouximagina de faire supporter a chacun 1 des deu-pavillons classiques une l000j- XII0; | 0 colonne en fer haute de 30 mellf^ "0.;::,.tres. Les colonnes attendirent a l i;;;0; leur tour jusqu'en 1845 qu'on les V: 0 I fsurmontat des statues de Philippe | E 0i^ If fAuguste et de saint Louis, aeuvre......... Y; 0 000 00 ft X;; 0 0 ft^^^^ d'E tex et de D um ont. '>'."'' -." i 'La decoration de la place a et' -00000-0 i ^;: faugmentee en 1889 par un vaste. R 'I bassin; elle a ete completee par I le monument que Dalou a eleve I au Triomphe de la Republique:un I char auquel.sont atteles deux' lions conduits par le Genie de la Libert6 S'clairanc d'un flambeau; sur le char, les figures allei goriques de la Republique, de la Loi, du Travail,? de la Justice; 1 Sderriere, la Paix semant des fleurs, tandis q^u" se ids des genies I versent les fruits'contenus dans 'SIri^^^^^^ 00 0 tune corne d'abo dance. L'inaugu-...... ^.N.. n. a.l~t^tii:^^^ \ ration en a eu lieu le 19 novembre 1899.' La place de la Nation a une staP HE D E LA R EPUBLIQUE, tion du chemin de fer metropoiLOU. litain de la porte de Vincennes a la porte Maillot. Pour beaucoup de gens, grands ou petits, c'est, avant tout, le siege de la foire au pain d'epice, la plus importante de toutes les foires parisiennes, dont la tenue commence le jour de Paques et se poursuit les trois semaines suivantes. Elle eut des commencements tres modestes; simple fete de barriere ou on allait respirer les premieres brises du printemps - parfois un peu apres on ne la nommait encore en 1844 que la foire du Petit-Landit. Son importance s'accrut lentement; en 1862 seulement, la Ville commenga a taxer les emplacements; aujourd'hui, c'est une foire immense, de la Bastille au cours de Vincennes, avec ramification sur toutes les - VI] DA L'ORPHELINAT DE ROTHSCHILD. MAISON DE RETRAITE POUR LES ISRAELITES. r. A c:12. PARIS-ATI, A\ 6.

Page  130 130 PARIS - ATLAS avenues qui aboutissent a la place de la Nation. Certes, on y vend du pain d'epice, surtout pour justifier son nom; en realite, c'est l'exhibition la plus curieuse, la plus complete, de l'industrie foraine, au son d'une musique infernale: menageries, theatres, chevaux de bois, montagnes russes, etc., etc., le tout machine de facon a faire pamer d'aise les enfants... et leurs parents. Au centre de ce brouhaha, qui,rheu- - reusement pour elle, n'est pas permanent, 'Ecole Arago, fondee par la Ville - en 1880, fournit ce qu'on iS00; t appelle maintenant d'un:: —:i0:....fil:: 0 terme assez baroque l'en-;: seignement primaire su- Bitdi;;0;0; '::: perieur. Elle est la sceur g:::.;: cadette des ecoles Turgot,:::::::::;?: Colbert, Lavoisier, Jean-::: B; Baptiste Say. jettent un perpetuel defi, ' ___________ tandis que les robustesrcy. vins du Midi leur propo- COLONNES DE PHILIPPE AUGUSTE Pose urt, sous uje nom de coupage, un traite cd'alliance souvent accepte. Il n'en fut pas toujours ainsi. Avant d'etre le port le vinicolm de e plus important du monde entier, Bercy fut un simple etlle paisible hameau qui dependait de la paroisse de onans, dont Ie cheflieu, quand les communes furent creees, devint pharenton-le-Pont. Son nom doitluivenir d'un gentilice romain Bersius, la'ou Beciacum, et, en ftancais, Bercy; mais les plus anciennes mentions ne remontent pas au dela du XVn~ siecle, et c'est d'une ile de Bercy qu'il y est question pour la premiere fois en 1134, comme appartenant a 'abbaye de Montmartre. En 1172 apparait la grange de Bercy, ce qui fait supposer a 'abbe Lebeuf, non sans vraisemblance, que, par corrup'tion, cette grange de Bercy est devenue Grange aux Bercieys, lieu-dit frequemment nomme dans les chroniques du XIVe siecle, lors des guerres qui desolerent la baclieue de Paris pendant la minorite de Charles V. A la meme epoque, c'etait un sejour royal, plusieurs fois cite clans Itinpraure de Pdilippe Ile eardi qu'a publie M. Ernest Petit dans la collection des Documents inecits ne l'histoire le France (voyez la note de la page 279). Quant a 11 le, elle n'a ete atterrie qu'il y a soixante ans environ. La gloire de Bercy commenca avec le xv M siecle, et, pour preciser, dans la derniere partie de ce siecle, lorsque Mansard, puis FrancoisLe Vau edifierent pour le president de Bercy deux chateaux opulents, le granl et se petit Bercy, avec un pare cessinepar Le Notre, dont la superficie totale correspondait au vaste territoire compris entre la Seine, la rue de Rambouillet, la rue de Charenton et les dernieres maisons de Conflans, penetrant done d'un cote dans le Paris de Louis XV, et, de 'autre, franchissant celui que limitent maintenant les fortifications. La famille de Malon-Bercy en jouit jusqu'a la Revolution, qui ne Pen E: ' "Aft t:::: f::.:: A::::::: j: n: f:; 0 f: deposseda pas. En 1891, I'heritiere du nom l'apporta en mariage a M. de Nicolai, dont le fils mourut en 1839, apres avoir ete maire de Bercy de 1821 a 1830. Il etait dans la destinee de ce beau domaine de disparaitre. Ce fut cd'abord la construction de 1enceinte fortifiee (1842) qui vint le couper en deux dans le sens de la longueur; puis, egalement par voie d'expropriation, la ligne du chemin'de fer de Lyon, dans le sens de la largeur (1847). Enfin, lors de l'annexion de Bercy a Paris, en 1860, ce qui restait de la propriete fut acquis tant par la Societe de l'Entrepot que par le chemin de fer de Lyon qui y epanouit ses voies et crea une gare de marchandises tres considerable. ET DE LOUIS IX (PLACE DE LA NATION). Avant la Revolution, cependant, Bercy ne se composait pas que d'un domaine. Le 28 aout 1790, les habitants (( de la Grande-Pinte de Bercy, du Ponceau, de la vallee de Fecamp, de la Rapee, de la Grange aux Merciers, du Petit-Bercy hors murs, et aussi la majeure partie des habitants du haut de la Grande-Pinte )) poursuivirent l'Assemblee nationale de leurs doleances afin qu'elle les constituat en commune distincte de Conflans; ils invoquerent leur nombre: 1 358, la distance du chef-lieu et les inconvenients qui en resultaient au point de vue de la religion, de la police, de l'etat civil. Ils obtinrent assez promptement gain de cause, et un decret du 19 octobre 1790 crea la commune de Bercy qui eut done soixante-dix ans d'existence, car elle fut reunie a Paris a dlater du ler janvier 1860. Parmi les localites enumerees ci-dessus, il en est plusieurs dont le nom ou le souvenir ont subsiste. La Grande-Pinte designait le groupe de maisons que traverse la rue de Charenton au dela du boulevard de Bercy. Elle tenait son nom de l'enseigne d'un cabaret fameux jadis, chante dans une piece de vers d'Auguste de Chatillon. Deja nous avons parle de la Grange aux Merciers. La rue Nicolaa en porta le nom jusqu'en 1865 et il est facheux qu'on ne l'ait pas perpetue. C'est au coin de cette rue et de celle de Charenton qu'etait la residence de Cartouche en 1720 et le puits celebre grace auquel il savait si bien tromper la vigilance de la marechaussee; du moins, VUE DE L'ECOLE ARAGO. LA PLACE DE LA NATION.

Page  131 DOUZIEME ARRONDISSEMENT 13t _ __ __1_ __ ___I_ _0______ Alfred Sabatier la-t-il affirme dans ses Chroniques de Bercy, parues il y a trente ans. ^^^. La vallee de Fecamp a des origines SSf5^:^^ aussi mysterieuses que le puits de Car- l ll^K't touche. Que vient faire en ces parages le TO nom de la ville normande ou de son ab-:;1:baye? On se l'est vainement demande. - ^ - Jaillot, que ces questions d'etymologie ^l- - preoccupent toujours, s'en tire par le 'I4-':- ^ silence; il se borne a nous dire que le tt.:.<) i /< lieu existait au xve siecle sous le nom de hbas de Fecant ~. Nous sera-t-il permis de rappeler que, cent ans avant, les abbes de Fecamp possedaient une maison a Paris, rue Serpente? Peut-e'tre de cette maison dependait-il un domaine censitaire situe 'a gauche du chemin de Conflans. Cette explication, du moins, n'a rien d'incroyable. La Ralpbee6tit etle nom d'un commissaire general des guerres qui, sous Louis XV, s'etait fait ba'tir au bord de la Seine, hors les murs, une jolie maison, joignant par derriere a la rue de Bercy. Sur son emplacement se trouvent maintenant Fancien pavilion d'octroi de Ledoux et ie magasin de fourrages militaires. La population de Bercy a passe par de singulieres phases; nous treins vue de 1 358 habitants en 1790; elle en comptait 15000 en 1860; auj ourd'hui elle est tombLe 'a 9 COO, alors que toutes les communes annexeise seront decuplees. Chose li singuliere: ici, labaissement de population est en raison directe de la prospdr'tr gfncrale, car elle est due 'a 'extension toujours plus grande que BEntrepolt et la Compagnie de Lyon o' t prise depuis quarante ans. Si, par impossible, les grandes entreprises navaient pas eu le developpaement qu'elles ont atteint, et qui est loin d'e'tre definitif, la propriWt baltie s'y serait multiplie'e dans les proportions normales alors qu'au contraire elle est de plus en plus absorbde. L'Entrepoft. - C'est au commencement du sie'cle qu'un groupe de negociants en vins et spiritueux crea, plusieurs annees avant Fkeablissement de la Halle aux Vins du quai Saint-Bernard, un entrepo't hors des barrie'res de la Rap~ee et de 'Bercy, afin de soustraire leurs marchandises non encore vendues aux taxes d'oetroi. Tout de suite PI'ee fructifia..Da-.ns le savant travail quIl. a 6crit sur la sei gneurie de Bercy (M~moires de la Societe de VMistoire de Paris, t. VIII), Al. de Boislisle nous apprend me'me qu'en 1809 on avait songe 'a acheter le pare de M. de NicolaY, et _ > 2eoxe ^^.;..>._. <. x.. _.:< ~.. que l'Em pereur f.: g::jg:g:;:g~;;:f0;g;- t S.;::;:; f;S~; -.-;W int00:000r e s s a it 'a00000: ff..,.86............I.;ata a...*.:....:.::......... om mencae l e FONTINE E LARUE E CHRON-E. or danellemnt - A MANUFACTURE DES TABACS DE REUILLY. le 16 juillet 1859, l'Entrepot se trouvait incorpore dans les limites de loctroi et les negociants se virent ruines. La Ville prorogea pour dix ans leur privilege. Ce regime provisoire est devenu definitif. Le territoire de PEntrepot est considere comme en dehors de Paris, dont il est isole par un reseau continu de grilles dont les employes d'octroi gardent les issues. Les pavillons, les caves, toute la distribution actuelle, en un mot, ne date que de 1880 et est lceuvre de la Ville de Paris qui s'y determina apres la terrible inondation de 1875 durant laquelle Bercy eut une deplorable ressemblance avec Venise. Les travaux couterent vingt-cinq millions. On peut evaluera deux millions la recette fournie annuellement a Poctroi par l'Entrepot. Les autres curiosites du quartier sont de bien moindre interet. L'eglise Notre-Dame-de-la-Nativitec date de 1874. M. Henard, qui a aussi construit la mairie, en fut larchitecte. Elle remplacait un edifice eleve sur le meme empla-..^.c.^^___.,......... cem ent, en 1824,;:; *,./ /.:: *:/:;::::::!^^!^ et d etru it p en -...-.......:..........:::::*:; ^ t M ^^ dan t la gu erre..;,:..::.:'::..:...|'^ ^ I:.....:......... civ~ile de 1871 — { 000000000 su cced an t lu i-.................... pelle sise rue de ]liil x l Bercy, pre's celle....... > -~ g-;; -;;t;;;;de Nicolai, d6-:00ii~i:S5;e 00000X00;000E tj;x-00;0000}000 di~ 'a Notr e —;-; XX-XI,;; Dame de Bonton, tout pres de la barriere. MAGASINS MILITAIRES (RUE DE BERCY).

Page  132 132 PARIS -ATLAS A cote, s'eleve la Manufacture des tabacs dite de Reuilly. Topographiquement, /. ces deux etablissements appartiennent au / -: * quartier de Picpus. / A 1extremite opposee, la rue de Rawmbouil- //C:: let faitla limite des quartiers de Bercy et //.. des Quinze-Vingts. Elle tient son nom d'un / / -:. < financier du xvlle siecle, Nicolas de Ram- f:.<i:^........... bouillet, dont la ((Folie ~ etait renommee / pour la beaute de ses arbres fruitiers.: v Situee dans la petite rue de Reuilly, qui,: en 1864, a pris le nom du celelbre facteur de I iil pianos Erard, on l'appelait aussi,.dit Jaillot,.....|.. f; i maison des Quatre-Pavillons. Les ambassa-.......... deurs des Etats non catholiques s'y ren- \ daient le jour de leur entree. Nous avons \ j dit plus haut que les ambassadeurs catho- \a liques etaient regus au couvent de Picpus. \;Quartier des Quinze-Vingts. - C'est \Xll le plus rapproche du vieux Paris, conse- \ \.... quemment le plus riche en souvenirs et en - < - monuments. - L'hopital Saint-Antoine a succece, en L'E GLISE I vertu d'un decret de la Convention ldu 28 nivose an III (17 janvier 1795), a Fantique abbaye de fenimes, fondee a la fin du xiv siecle. Dans leur etat actuel, les bAtiments les plus anciens ne datent que de 1767, epoque a laquelle Mme de Beauveau-Craon, abbesse, en confia la reconstruction a Lenoir, dit Ie Romain; mais ils sont noyes en quelque sorte au milieu des pavillons crees de notLre temps, et qui ell font le plus grancd hopital de Paris apres Tenon (XXO arrondissement). Les rues Crozatier et de Chaligny rappellent la memoire de fondeurs parisiens des siecles passes. Dans la rue de Cfiarenton (loiig-te de 3,150 metres) etait na-ue re F'ancien hopital Sainte-Eugenie, hopital Trousseau depuis 1880, desLine aux enfants inalades. Il avait ete fonde par le bureau de l'Hopital general, en 1674, pour recueillir les enfants trouves. Sigtialons, au n~ 87 bis, une fontaine publique construite en 1846. Elle offre les plus grandes analo;,ies avec celle du n~ 68 de la rue de la Roquette, p re c e d e n m e n t decrite ( p. 122). ^(^illl'^ ^:x i^: <: 8:a: -'^::-::> —: No! ' 1clau N o e l oin de l de if f ii 0 t00 f0 0lf X 00000 0 $ 0:00; 0 lational cl'aveu - tt 0 tit;;;.;\ Xj j~pr;|;;ii; tpendronls 'a perid t00-00000000 0 0; f 1 Wf fit00 i 0 f 0; Ssonnle qlue cette f00 00;000 i 0 0 00 $t] 000;;; 0 0f;; fft;;; t0 0 t f00 fo n dcla ti o n r e - 0~ ~ ~ ~ ~ ~ ~~~~~~~~- o00 n It;0;;; 0 l 000 f; Vi 0 lne a sai nt l00 0 f 0 0 i;0;001 -0 fv;;0;:; Louis. Fs 1260, t;:0 000000:00ti i 0:0:0:;0 t t 00;;: i: 0: 0 Ull terrain hors; 0000;000 0:;:;;f 0001 - i- ti 0 9 fftt f:;i00:0;f f00000f;00 de la p~orte S ain t ft 0000: 0ilfi$|W;;0;:; Honore et y fit ff;00;0 i; t; 0 0 t t 00 X 0 0 0 ger tl'OiS cents 000000 00 000 ff;0; if 0 E 0 ff 0;;; f 00000 t00 00 aveugles (( de la i;0 S0 0 00i;;;;f f;; 00;0 W 0 0 00 00 i; i 0f 0 ff if L 'in sti tu tion Iral ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ es les si'cles.: E ~m;0 0;0 f Pe avant la R.............le scandal oux h6 -(~~~~~.:iixiiiiiii~irit 1os de F'aventure it' adu Collier de la reine. Le-s immen-;;;;;;;;;;;;ses besoins d'ar-;;;;....................gent qu'exigeaient...........ses passions lui suggere'rent une Wde bien digne de LA COLOCNNE DE JUILLETTT son caracte're. Les,, batiments et jardins de l'hopital des Quinze-. Vingts s'etaient accrus depuis le Xllle siecle;;;; \ ils occupaient un vaste espace compris entre t- ' ^^'a ruede I'Echelle, la rue de Rivoli, la place _ - X \du.Theatre-Francais. C'est dire quelle vai 0 000\ \ leur ils avaient acquise. Le cardinal jeta.*....: t 0 \ \ les yeuxsur une ancienne caserne de mous-:-::l;:S \ quetaires noirs batie en 1699, dser de i? \0:t |?tc \ TpuiS 1775. I l'acheta, en 1780 au prix de......... 450 000 livres et y transfera ses aveugles qui n'en pouvaient mais, sous pretexte de leur procurer un air plus salubre. C'est la -S n maison actuelle de la rue de Charenton. La - i / vente des terrains de la rue Saint-Honore lui procura six millions, au moins. -Nous venons de croiser le boulevard Dide-......rot. Il ne porte que depuis 1879 le nom du......... /grand philosophe; auparavant, c'etait, le. i....i0ii..boulevard Mazas. La prison de Mazas ne../^.changea pas de vocable par ce fait; il eut /^ ete piquant de voir Diderot parrain d'une ' ^^ maison cellulaire. Mazas lui-meme Wnen DE BERCY. aurait pas ete plus satisfait: colonel du premier Empire, tue a Austerlitz, il n'avait rien a voir avec les geoles. La fatalite voulut que 'intention louable d'honorer sa memoire tournat a son prejudice; la place Mazas donna son nom au boulevard, puis a la prison. En vain les descendants du colonel protesterent-ils vehementement; ils obtinrent que l'administration inscrivlt au fronton de la fagade: AIAISON D'ARREIT CELLULAIRE; le langage courant ne la designa jamais que sous le nom de Mazas, pendant un demi-siecle. Quarante-huit ails, exactement, car evacuee, fermee, demolie dans le courant de lannee 1898, elle avait recu son premier envoi de detenus (841, provenant de la Force), dans la nuit du 19 au 20 mai 1850. C'etait la premiere prison parisienne construite pour le regime cellulaire; on protesta, d'abord, puis on en reconnut les avantages. Les protestations eurent pour effet, cependant, de n'y envoyer en detention que des prevenus. Les elegantes prisons de Fresnes les hebergent aujourd'hui. Sur les ruines de Mazas, avant que ne s'y batissent des maisons, un Comite du quartier organisa, du 26 fevrier au 12 mars 1899, une fete populaire qui eut beaucoup de succes. Les journaux n'ont pas dit si lon y avait remarque d'anciens hotes de la maison, buvant et dansant... A cote, la gare de Lyon montre les magnificences a peine achevees de sa facade et de son hall monumentaux. Deja,,on ne se rappelle plus lancienne, qui datait de lorigine et n'etait que mediocreinent d'equerre avec la rue de Lyon: seul, le porche, surmonte d'une grosse horloge, formait la perspective, mnais le hall se presentait obliqueiment d'une facon fAchleuse pour Yceil, comme aujourd'hilui. Disons que la ligne dut d'abord, en 1842, etre exploitee par l'Etat, qu'une loi du 16 juillet 1845 la conceda a une Compagnie privee, qu'elle fit retour a l'Etat en 1848 et que l'exploitation commenca entre Paris et Tonnerre le 12 aout 1849. Le lO juillet 1854, la ligne etait prolongee jusqu'a lentree de Lyon. Entre temps, par traite du Ier mars 1852, PEtat \; U E D E L'H P I T A L TROUSSEAU (avant la d6molition). "C& I, is u - 1 V

Page  133 DOUZIEME ARROND1SSEMENT 133 s'etait dessaisi entre les mains d'une nouvelle Compagnie. Mais dans la traversee de Paris, sans meme parler de la gare, quelle difference, quels accroissements en moins de cinquante ans! Au lieu du double ruban argente de jadis, c'est un faisceau de voies qui s'enchevetrent, s'entre-croisent, contournent les batiments des gares de Rambouillet et de Nicolai. Les trains descendants passent a 300 metres de ceux qui montent et jusqu'a Villeneuve-Saint-Georges, les lignes sont distinctes dans chaque sens pour les express et les omnibus. La muede Lyon, ouverte en 1847, elargie en 1859, longue de 700 metres, est la relation directe entre la gare et la place de la Bastille. Nous voici enfin arrives sur cette place fameuse, trait d'union entre le vieux et le nouveau Paris, comme elle le fut, le 14 juillet 1789, entre le vifux et le nouveau regime, la place la plus populaire et la plus populeuse de la ville, la place qui, sans avoir Wte temoin d'autant de revolutions que celle. de 'Ho'tel-de-Ville, n'en a eu besom que d'une pour etre a jamais cele'bre. 11 est vr~ai que c'6tait la On n'attend pas de nous ici une histoire, meme succincte, de la Bastille. Quelques traits precis suffiront at rememorer des faits dej'a bien connus, et a en signaler d'autres sur lesquels de recentes recherches ont fixe definitivement 1'histo-rien...: s......... Le mot de bastille est sans doute.......... deuxparties de dimensions inegales, la forteresse resta des lors, jusqu'en 1789, ce qu'elle etait: un carre long flanque de huit tours, se prolongeant par un bastion en forme d'eperon vers le faubourg, et, du cote de la Seine, par un large et profond fosse. Deux tours regardaient l'Ouest, c'est-a-dire la rue Saint-Antoine: la tour de la Liberte et celle de la Bertaudiere. M. Frantz Funck-Brentano, a qui l'on doit tant de decouvertes interessantes sur les Icyendes et archives de la Bastille - le faux et le vrai - a etabli que la tour de la Liberte avait ete affectee a la residence des prisonniers jouissant du ASPECT DES QUAIS DE BERCY. de la meme famille que les expressions bastion ou bastide, employees au moyen age,-signifiant ouvrage de defense militaire. A l'origine, ]a Bastille fut, en effet, sous le lnom de porte ou bastide Saint-Antoine, un element de la fortification parisienne elevee en hate del356 a 1358 pendant la prev6te d'Etienne Marcel, et que Charles V transforma de facon plus resistante, quand il fut lui-meme solidement assis sur sonl trone. La premiere pierre du monument definitif fut posee, le 22avril 1370, par le prevot de Paris, Hugues Aubriot. I1 est prouve qu'il servit d'abord de porte de ville; on le traversait done, de part en part, pour passer de la rue dans le faubourg Saint-Antoine. Des la premiere moitie du xv" siecle, cette disposition fut changee; les passages correspondant a ces deux voies furent mures; la porte devint chateau fort et l'on n'y penetra plus, apres avoir franchi un pont dormant et deux ponts-levis, qu'en le contournant du coBte du sud. L'entree se trouva alors entre les deux tours qui regardaient la Seine. En consequence, l'acces de la ville dans la campagne fut reportee vers le nord (c6te du boulevard Richard-Lenoir); une porte pratiquee a cet endroit dans la muraille prit naturellement le nom de porte Saint-Antoine; le clhateau s'appela des lors tout simplement la Bastille. A l'exception d'un batiment transversal (de l'Ouest a 1'Est) construit au xviie siecle, reedifie en 1761, et qui divisa la cour interieure en......................... droit de se promener librement dans la forteresse. Le ^^^-^^^ -IS nom de la Bertaudiere-vient certainement d'un Bertaut; 000 iftl!!!!!!! 000;:quelconque. l;; liE f 0iS;!:!!; - Du cote du Nord etaient les tour du Coin et du Puits,......i....0 ili denomination qui s'expliquent d'elles-memes..i..!i...A F'Est. faisant face au faubourg, les tours de la Cha-....:........i........;;! pelle et du T resor..:..:_ ii;ii: —;0l00;;;;Au Sud, enfin, les tours de la Comte et de la Bazi-; niere, entre lesquelles etait pratiquee 'entree du chateau. Vis-a-vis, etait l'hotel du gouverneur, separe de la forteresse par un pont-levis; son emplacement correspond assez exactement au terre-plein devant lequel evoluent maintenant les tramways de Montparnasse et de Charenton. La Bastille est restee debout un peu plus de quatre siecles. Il faudrait bien mal connaitre l'evolution historique pour croire que le regime des detenus y fut le meme durant cette longue periode. En realite, il varia avec l'humeur des rois ou de leurs premiers ministres, et aussi avec les evenements qui fournirent a la prison des prisonniers plus ou moins dignes d'elle. Car, ce qu'il faut remarquer, c'est qu'elle fut toujours, pendant ces quatre cents ans,prison d'Etat. Autant le regime fut rigoureux sous Louis XI et durant une partie du regne de Louis XIV, autant il s'etait adouci vers la fin, au point qu'un sejour a la Bastille pouvait, aux yeux de bien des gens, passer pour une villegiature. On y apportait sa garde-robe, on y trouvait une bibliotheque bien garnie, on avait le droit - limite, il est vrai, a deux heures - de se promener, soit dans la cour, soit sur le bastion. Le service de la table, fixe par un reglement de 1750, etait aussi des plus paternels. Voici le tableau pour chaque jour de la semaine, du principal plat quotidien: Dimanche. -Le matin: Petit pate. Le soir: Langue de boeuf en ragout ou foie de veau pique ou larde. Lundi. -Le matin: Collet de mouton. Le soir: Ragout de veau ou de mouton. Mardi. - Le matin: Petit sale. Le soir: Ragout de mouton ou de veau.

Page  134 134 PARIS -ATLAS I ___ __ _ _ _ __ I_ _ _ _ _ Mercredi. - Le matin: Tourte. Le soir: Boeuf a la mode. Jeudi. - Le matin: Collet de veau ou de mouton. Le soir: Poulet, volaille, gibier, pigeon ou ragout. Vendredi. - Le matin: Maigre ordinairement. Le soir: Maigre ordinairement. Samedi. - Le matin: Quand on fait gras, des saucisses. Le soir: Ragout de veau ou de mouton. Si la liberte n'etait pas ce qui parnt clre le plus cher aux hommes, la Bastille, dans ces conditions,eutete un hotel fort agreable; mais lorsqu'on en avait franchi le dernier. -.........g --—... pont-l evi s, on ignoral t ab- '-f 1^;-; f i0000::^:f; '^ i0:;:;,*''.: 0...::;:. ' l! solu m en t la d u ree d u se-" ^ ^ ^-^::^^^^^:: ^^:::::: ^ ^ ^^^ ^^^ ^:^^:^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^^^ ^ 4 jour, et il faut convenir - -00:;0:0: qu'un e pareille in certitude:::: t;:;- -:0:: V;;f:;t0:t:t;0S; X:;;::E::ft;Si:;;E ^^^ ^::^^^^^:^^^^^ ^ est fort desagreable. '::*;:/:^ ^^^ Le mystere y el ait aussi:,:: <.R!;.;i::: de regle. On n'est pas forc6 de croire Linguet lorsqu'il d;clare que le gouverPeur avait, sur sa parole d'honneurni e devant plusieurs de ses amis, queil ae,ut pour pnisonnier. Mais etal gausi, et d'une facon prsu reual, u efmu om 0~~~~...........i~~s ^^^^^ auo masuet deustier det a ldea M ie, perf dite quiet L E Puavai credinte. Ainsi se tuventec nant die poletice ont sone l'hitvoir elaontairstl;qurse Latude eni compalerason smasse banrtait, AuS7i maitind 14 r uiondu 179p aBstlegraiaetrisn;l sulse on pi e ainsimpaler etaiundnoe TavernerI tc lede ains oupetendu l. deu pluemment depuis a Bastile, de trire le syboe du.es otsme.? AI fat du que l'on sa qu e deui ain sep psis ans au moins laodemlitio de la astille ouetaiute proeteenurl gousernemment leuitrente ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~. ans un..........de........n roo an,. eSoag et~~~~~~~~~~~~~~..utr fau.sa.es.... oneetiane u epepeas gea~ ~ ~~~~~~~~~~. le.hta..........ssptidviu dn Fxstne ti certainement ~ ~ ~ ~ ~...goe..n... ltt ui vuuensepaatd IIo fait justice que L'n ach u euscn o i n um ltabdmlitasiondaBsil etaduefcnpeqeitrrofuteparble,'u loue faeux homui DI meme et qu'en 1784 un architecte officiel avait fait graver le plan d'une place a construire sur son emplacement, avec la statue de Louis XVI au milieu. Nous avons de fermes raisons de croire que le sentiment qui anima surtout les assaillants fut de se procurer des armes, apres avoir pris, la veille, toutes celles qui etaient conservces aux Invalides - et ils se figuraient, bien a tort, que la Bastille en renfermait un grand nombre. Les idees genereuses etaient dans Fair, les mots de liberte, d'affranchissement, de droits de lhomme volaient sur premirde latoidre, de la_~.liberte. Sept officiers de la Bastille, encore qu on E LA BASTILLE. leur eut promis la vie sauve, furent massacres pendant qu'on les conduisait a lHotel de Ville. La mort du gouverneur, Delauney,-fut un veritable martyre, car elle fut precedee de mille blessures. On sait que sa tete et celle de ses compagnons de supplice furent ensuite hictorieusement promenees dans la ville au haut de piques: un vent de ferocite avait souffle sur le peuple. Des le 16 juillet, la demolition de la forteresse, aux frais de la nation, fut decidee. Un bel enthousiasme y employa aussitrt tous les bras. Une estampe dalors represente les nobles, l-es bourgeois, armes de pioches et confondus dans cette tache avec les ouvriers. Ce zele se ralentitc assez vite, car trois ans apres, le 16 juin 1792, l'Assemblee legislative s'etonnait que les tours ne fussent pas encore rasees. L'entrepreneur charge officiellement de la demolition, Palloy, intrigant et illettre, se menagea un beau succes en debitant les pierres de sa Bastille comme des reliques et en les envoyant pompeusement a toutes les municipalites, ce qui ne l'empecha pas d'etre incarcere, peu avant le 9 thermidor, comme dilapidateur du tresor public, et d'avoir ensuite jusqu'a sa mort, en 183, sollicite de l'Empire, de la Restauration et du gouvernement de Louis-Philippe un secours pecuniaire pour lequel il avait quelque peine a ^E LA BASTILLE. lair valoir ses titres. ft Avant meme que la forteresse eut disparu, on s i i X < | s'etait preoccuped d'elever quelque chose a sa table I mary111 ilr ou elf res avaieint surgien gran nomrs. a iques te'e e celede es omagnourns den 180,pplac reationsduite plactre sement pr e d la irle aui hdea t etprie ornee d'une fontaine De's le 1 j lmonumentale dont le motif principal serait un / U i 2 | g enorme e lep hant. La construction s 'en pour - suivit lentement; le modele en platre de 'elephant a fait pendant toute la premiere moitie du siecle la joie des badauds, car rien n'etait plus ridicule, parait-il. Apres les journees de juillet 1830, il fut decide qu'un monument serait eleve a la memoire de ceux qui y avaient trouve la mort. C'est la colonne de Juillet, ceuvre d'Alavoine et de Due, surmonLee du fameux genie de la Liberte,. de Dumont. La colonne est haute de 50 metres; les noms de ceux qui moururent pour la liberte, au nombre de 504, y sont graves. Le piedestal ASPECT DE LA PLACE D'ALIGRE.

Page  135 DOUZIEME ARRONDISSEMENT 138 porte, en outre, l'inscriplion suivante: A LA GLOIRE DES CITOYENS FRANgAIS QUI S ARMERENT ET COIMBATTIRENT POUR LA DEFENSE DES LIBERTES PUBLTQUES DANS LES MEMORABLES JOURN9ES DES 27, 28, 29 JUILLET 1830. On a remarque et, epaer cet oubli, regrett6 que la comml moras inattendue. Dans le 1899, les travaux du "" " chemin de fer metropolitain ont mis L ES VO I ES F E R au jour les fondation d'une des tourse du de la Bastille, celle de la Liberte. ()n a eu le lbon gout de respecter ce 14 juivenerable fragmervint et de e reedifier non loin, sur e tere-plein d quai des Celestins, a l'extremite du pont Sully. C'est ainsi qu'a cent dix aucuns degr distance, la troisieme Republique restaure e souvenir d'un monument dont la suppression etait universellement rdelamee, mais dont la destruction fut, pour l'histoire et l'archeologie parqisiennes, une peunte eminemment regrettable. I est tujours lo isible de faire des hypotheses. Que laon se figure la bert6. Le hasard a vieille fortermiesse vieille maintenant de cinq siecles e demi - eprestee debt oubli, resiste au injures du temps - cela lui etait facile la fahose moins aisee, a tous les projets de vopluses nouvelles, nattde nivellements, de pretendus embellissements de Paris. Qui don aujourd'hui songerait aI protester? Qui oserait reclamuer sa demolition? On lui aurait rendu la destination qu'elle avait jadis partiellement, celle d'un musee d'armes anciennes, ou on en aurait fait un depot d'archives; on l'eut encadree d'un square; les fosses, les ponts-levis tcourant de janvierants 1899, les travaux du chemin de fer m6 -tropolitain ont mis LES VOIES FERD au jour les fondations d'une des tours de 6 ^ la Bastille. Elle HOSPICE DES QUINZE-VIN.GTS. appartient la REES DE LA LIGNE DE LYON, A BERCY. premiere ligne du reseau, inauguree dans le courant de l'ete de 1900, et meme a la premiere section ouverte a l'exploitation. C'est ici le lieu de dire quelques mots de ce mode de transport encore nouveau pour les Parisiens et qui leur est si utile. Nous ne rappellerons pas les nombreux projets presentes depuis une vingtaine d'annees, ceux des grandes Compagnies, ceux des inventeurs en chambre, helas! evinces, dSeus apres tant de labeurs et d'esperances. Tous se heurterent a l'inebranlable volonte du Conseil municipal de creer un metropolitain municipal, dont les voies ne pussent pas se raccorder avec celles des lignes de chemins de fer existantes. C'est en 1898 que les pouvoirs publics ratifierent les deliberations plrises a F'Hotel de Ville et autoriserent la Ville a contracter un emprunt de 165 millions. La construction de six lignes fut decidee et aussitot entreprise, Celle qui nous occupe va de la porte de Vincennes a la porte Maillot, avec embranchements a l'are e d 'e toile vers le Trocadero, d'une part, vers la porte Dauplline (avenue du Bois-deBoulogne), d'autre part. Elle est entierement souterraine, sauf precisement a la Bastille, mais on peut en suivre le trace sur nos plans des arrondissements qu'elle traverse, et y voir les noms des stations clesservies. Dans le XIPI arrondissement, sur la place meme de la Bastille, son L'ICLUSE DU CANAL SAINT-MARTIN AU PONT MORLAND.

Page  136 136 PARIS -A'rLAS f;;: _:::::i:::::i::0: A: i 0:00:: I. 0S 0:: X;0 090 -: i:::: ".': A % '::it': '. 0:::: --- A.t.......................:::::: wi LE VIADUC DU CHEMIN DE FER DE VINCENNES. passage a renclu necessaire la couverture d'une partie de la (< gare lde l'Arsenal )). La ligne suil la rue de Lyon jusqu'au boulevard Diderot, passe sous la place de la Nation et atteint son terminus par le COUrs de Vincennes. Elle a des stations inetermeldiaires _-. a la gare de Lyon, a lintersec-tion de la rue de lReuilly et a la place de la Nation. La rue clu FaubourgSaint-An-toine est l'Farte re historique, et aujourd'hui encore la plus active de toute la reg ion.:;:::; Ce fut d'abord, lorsque Paris finissait a la Bastille, le grand chemin c des provinces de 1iEsti la route de Meaux et de Strasbourg; c'etait avant tout le clemin de Vincennes et les Parisiens d'autrefois, bien c eilleurs marcheurs e quo ceux 'd ujo.........le suivaient d'un pas alerte pour aller passer une journa e de repos a l 'ombre des grands arbres du parc ('on ne disait pas alors bois de Vin-.__________ ____ cennes) et du chateau fort redoutable. LA GARE DU CHEMIN Puis, la capitale s'agrandit et la route devint une rue; puis encore, 1Finduslrie du meuble se spe'cialisa dans le quartier et en fit une ruche de travailleurs, artisans plut6t qu'ouvriers, se passionnant pour la politique, toujours pre'ts 'a quitter le rabot pour le fusil s'il s'agissait de defendre la cause du peuple. I i C'est ce sentiment que synthetise la statue de Baudin, elevee a Fangle de I'avenue Ledru-Rollin, en decem*; f::.; 0;^ bre 1901. Quant a cette avenue, ouverte par percements successifs, et non encore achevee, puisqu'elle doit rejoindre la rue de la Roquette, elle arrive presque maintenant a balancer Fimportance de la vieille rue du fauboulrg. Les arbres dont elle est borde en partie font d'elle un bou-;;V00;;;; -0; i levard, le boulevard des Italiens de ces quartiers de d^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^1^^ ^ labeur, - et a certains jours elle prend un aspect bien Illi; 0 C: 0^; pittoresque et bien special, lorsque sur ses trottoirs i;7000 w;1^.^^..^^^^^ 0 s'installe la traule, c'est-a-dire la vente directe par le..;..........S faibricant des meubles qu'il a lui-meme confectionnes. Le chemin de fer de Vincennes fut inaugure le 22 septembre 1859. On admira beaucoup alors son embarcadere et le viaduc, long d'un kilometre, qui domine I'avenue Daumesnil. Nous sommes blases maintenant sur ce genre de merveilles, mais il n'en faut pas moins reconnaitre les services immenses que cette ligne rend 'a la population de Paris et de la banlieue de F tst. Construite d'abord entre Paris et La Varenne-Saintblaur, elle allait etre prolongee au dela de la Marne quand survint la guerre de 1870, et ce n'est qu'en 1875 qu'elle atteignit Brie-Comte-Robert. Aujourd'hui elle va jusqu'a Verneuil-lEtang se souder a la grande ligne de Belfort-Mulhouse, avec un parcours total de 54 kilometres. Le service des trains, surtout entre Paris et Joinville-le-Pont, y est organise avec une frequence que l'on souhaiterait voir appliquer a certaines de nos lignes d'omnibus. Rien n'est plus amu- sant que d'assister, un >:.:.:<.:.X X-XX_~~~~~~~~~~~~............................*s............. 0,,;.^.. ~, l I, dimanche d'ete, le matin, au depart; le soir, - au retour de l'un de ces I trains. Tant d'attraits - favorisent de ce cote paiexodle-parisien Vin-........0j000; 0: 0 cennes et son bois, le _WE _E DE VINCNE. 1 I our cu u fumt- nt lesqu la |opoe; la balioe 'a la 11~~ige vor i~m la~f l l otpledaqu poleinces enu' Ngrande Vincennes, c'est sa ligne a lui, et de la Bastille a la porte Doree, du pont de Bercy a la rue de Montreuil, il n'est pas une maison, croyez-le, ou l'on ne se demande, durant toute la semaine, pour quelle station de cette ligne si chere on s'embarqueia le dimanche suivant. E

Page  [unnumbered] PARIS - DOUZIEME II1I\ At A-RRONDISSEMENT I I 1 - -7- --- (. CU = I. l, A-1-l 7;a "r"W~ W. LU 0 i: d - 5 ''r;00 -CO c: II /-o I,," I I z I/ \X. X 1, Jo < < I saW pc to3 C:!. t eq iI I I WILL< ChIs DIG,4, I' \SATLAS PARIS-SIAT LAS 12

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Page  137 E ~:S f::: jf:::I 0a:: 0:::00: N0A g -:-:-;0 -::ij: ~ir:: A: i;:.f::::0......... ------------............t ----- --------!;.s.gU= r...... 0l.>i; —0:x VUE GPNARALE DE LA SALPETRIARE. LES GOBELINS. - 49~ QUARTIER: LA SALPETRIERE. - 50~ QUARTIER: LA GARE. 51~ QUARTIER: LA MAISON-BLANCHE. - 582 QUARTIER: CROULEBARBE. L ~E XIIIe arrondissement est sous le vocable des \- s y GOBELINS; le plus pittoresque de Paris par ce que $v sa physionomie a de personnel, d'introuvable =, ailleurs que la, celui aussi qui a le triste privi(3-= <~, D lege d'etre le plus pauvre - non - le moins!(] _Griche de la ville. Riche d'argent, car, pour l'eten< _ @due, avec ses 625 hectares, il ne se laisse battlre que par les XVe et XVIe arrondissements. Sa population n'est que de 115,000 habitants, ce qui prouve qu'il y a encore beaucoup a batir par la. On s'y emploie, du reste. Nombre de vieilles masures, qui dataient d'avant l'Fannexion, ont fait place a des maisons baties a cinq etages avec le confort qu'exige le progres. Aussi de jour en jour perd-il son surnom penible de faubourg souflrant, qui n'etait que trop vrai il y a quelque quarante ans. Toute grande ville doit avoir des quartiers pauvres: le but a atteindre, c'est d'en diminuer autant que possible 'aspect sordide; notre democratique municipalite a fait largement son devoir a cet egard et elle continue a ne pas s'en desinteresser. I n'en etait pas ainsi en 1859: un fait caracteristique et peu connu le prouve. Lorsque I'edilite se preoccupa de preparer la loi d'annexion et de porter a vingt les douze arrondissements existants, elle donna a ces arrondissements une numerotation, assez mal justifiee, d'ailleurs. Celui des Gobelins portait le n~ 20 et Passy le n~ 13. Ce furent de beaux cris a Passy; ce chiffre 13 horripilait, epouvantait les proprie taires de la region; il les empecherait de vendre leurs terrains, de louer leurs immeubles. Des petitions furent redigees, et F'administration s'inclina devant des superstitions d'un autre age. C'est ainsi que fut dote du terrible chiffre 13 notre faubourg souffrant, qui n'eut sans doute pas la sottise de protester, ayant bien d'autres soucis en tete. Trois elements sont entres dans sa constitution: 1~ l'antique faubourg Saint-Marceau, au pied de la montagne Sainte-Genevieve, comprenant les Gobelins et la Salpetriere, ancien XIIe arrondissement; 20 les terrains distraits de la commune d'Ivry, entre le boulevard de la Gare et les fortifications; 30 les terrains distraits de la commune de Gentilly, entre le boulevard d'Italie et les fortifications. Ses limites sont formees par le milieu du cours de la Seine, du pont National au pont d'Austerlitz, qui le separe du XIIe arrondissement, lenceinte fortifiee, F'axe des rues de l'Amiral-Mouchez et de la Sante, qui le separe du XIVe arrondissement, l'axe des boulevards de PortRoyal, Saint-Marcel et de l'Hopital, qui le separe du Ve. Le quartier de la Salpetriere est place sous les auspices de la maison si utile, mais si lugubre que l'administration nomme officiellement hospice de la vieillesse (femmes). Cet etablissement doit son nom a une fabrique de salpetre qui y existait au xvi6 siecle, et son origine a ce grand mouvement d'hospitalisation des malades, des pauvres et des mendiants que Henri IV avait congu genereusement,que ses successeurs reglementerent avec rigueur. Un edit de 1656 designa d'abord la Pitie pour recevoir les mendiants, mais peu apres on lui 13 PARIS-ATLAS.

Page  138 138 PARIS - ATLAS _ __ ____ _ q_ I t_ __ __ ___ _ _ I prefe'ra l'emplacement de la Salpetrie're et I1,e vblte,~t u do: Bicetre, qui furent tous deux affectes 'a ce que V*t'(|}.dit-t'l('Xt. lH'Hpital gene'ral des pauvres. La Salpetrie're fut {l;|et 4s femmes. Aussito't, d'importantes constructions s-`y >ll{t~l sous la conduite de l'architecte Liberal Bruant. e t''.4f'ns.Sff)lt efncore deb~out, ainsi que la chapelle, dont le (10,loe t.tt-tt'( l'attention des voyageurs qui entrent 'a Paris haX l<> tft)(-l assez ingenieuse. - Au xville siecle, la Salpeltrie're avait perdu stf')i.i carl-ICA01f.(t10 d'asile ouvert aux femmes pauvres; on y recevait-t'j }X: 1)(: ftilOttv0 les malheureuses infirmes ou folles, mais t*"G-tl sortfftil t un lieu de correction, un'e veritable prison pour les filles du peuple coupabules d'un deit, pour toutes les femmes qui meri-; tant la detention n'avaient pas le moyen 4; de la subir dans les couvents places 'a cet < lfX0 effet sous la surveillance du lieutenant de / 00;0g; police./;- 0 0000tt;-:000;$ $g $$ Aujourd'hui, les 4,410 lits de la maison / Xf-.00t sont reserves a des femmes septuagenaires, -f -A incigentes ou alienees - et aussi aux in- I.-.i:-N::S.S:X..;;;.;.:.;..fortunees cle tout 'age qui souffrent cde cette....-.. malaclie biz~arre et terrible qu'on nomme |_ l'hystelrie. A en decrire merveilleusement X::-: les manifestationls a la combattre et souvent 'a la vaincre, le DI' Charceot avait acquis ment cle la Salpe'trli~ere 6ltait suivnsige par _ savants cdu monde entier. On ne s'etonnera donc pas de trouver devant la facade de l'hospice sa statue, aeuvre de lFalguie're. _ Elle y a ete inauguree le 4 decembre 1898 avec la solennit6 que justifiait une si illlustre: memoire. Plus en avant, sur le terre-plein,sT.ATUEDEP est la statue, sculptee par Ludovic Durand, SAU EP de Pinel, le fondateur de la medecine alieniste. Signalons enfin, dans F'amphithedtre de Charcot, la presence d'un, bas-relief, cisele par Min Elisa Bloch, en l'honneur des fre'res Lionnet, les deux artistes qui avec tant de devouement pre'taient leur c~oncours aux concerts organises pour distraire les pension-naires de l'ho'pital. La gare d'Orle'ans vient de perclre et de faire perdre au -quartier une bonne part de son importance. Depossecle par sa fastueuse rivale du quai d'Orsay du privilege d'e'tre le point cle depart de. ce grand reseau, elle tombe au rang de gare secondaire, encore que plusieurs services de l'exploitation y aient et maintenus. L'edifice que nous avons sous les yeux est de proportions grandioses; il a et cons-truit en 1867 par l'architecte Renault, pour remplacer un embarcade're bien plus modeste, datant de la creation de la ligne. Cette creation date du mois de septembzle 1840. On ignore generalement que ce fut d'abord la ligne de Paris 'a Corbeil; au mois de mai 1843, fut ouverte la section de Juvisy 'a Orleans; mais la Compagnie continua HILIPPE de 1Xs-.,-' rvi C.oXrbeil jusqu'a l'annee 1863, 6epoque ou la Com()l1)Xile:.t><.ttris-Lyon-Mediterrane'e, ayant construit la voie ejxl VistlXe Sl.)e. }s-ve-Saint-Georges et Juvisy par Draveil, lui rac: IIX k.t 1(:~, ( 4X.Xl de Juvisy a` Corbeil. L }tt J(}0Wltetprel o d'un general qui, comme # t} { li>l)X-.IM A(t{:z fut tue I la ltaille d'Austerlitz. Elle a recou -eX..tt: aoii{-.Xlaation en 1806, en meme temps que le pont WA?1Jt.Wserla^.-.< do~nt la construction venait de s'achever sous le II O I (Ie: po>tit du Jardin-clu-Roi.- I1 -etait alors en fer; en 1855; otiX. t:i. rt{..A. tl.st~ruit en pierre, et, vingt-deux ans apre's, il a et V, 3ll>|-''X''ilt elargi sans que -ceci est a la Ioag e ne IIIs# sl circulation dessus ou. dessous ait ete interrompue un seul jour. | <Lorsque, en 11T90, les limites de Paris fu~rent constituees par les bzoulevards longeant! i i lenceinte des fermiers generaux et pour | > cette raison denommes boulevards exte\ | L rieurs, le boulevard de la Gare n'existait X;3 | pas encore. La capitale se terminait boule[ vard de lT'Hpital et 'a l'en~clos de la SalleW 0Q\trie're. La' ou' se reunissent maintenant les r]tX lues Bruant et Jenner- autrefois rue des -Dl]eux-Moulins, e6tait la barrie're dite des (laudenominatio {etsur lde q~uaivia'-i la rue Yi184),ot qule, aurodetriment de la communered 7 ~ l d'vyGari.Gs s'accrut duel turiangencmpris Y entirecu les r leu no doulevards etlaruJnnr. Pauvre acquisition, d'ailleurs, de que~ques masures constituant le hameau dit d'AusPINEL.terlitz ou des Deux-Moulins. PINEL.Nous avons retrouve aux Archives le. rapport inedit -du ministre de l'Interieur,.1, a Louis XVIII, ou' est expose'e cette operation. Le voici: ((Sire, ordonnant la construction de plusieurs abattoirs poulr la Ville de Le gouvernement a vou'lu qu'ils ne pussent etre places au dehors' rrie'res, afin de faciliter la perception des droits d'octroi. Celui Lejuif est le seul pOUl' lequel on n'a pu trouver d'emplacement ur convenahle; il a fa-llu le placer 'a l'exte'rieur, sur le territoire ommune d'lvrqy, mais avec l'inte'ntion, maintenant realisee, de le mur d'enceinte au dela de cet abattoir. Ce nouveau mur de-,u plan ci-joint par un lisere rouge, part de la barrie're d'Italie boutir au quai de la Gare; il comprendrait dans l'enceinte de 'abgattoir, le hlameau d'Austerlitz et tous autres beitimens et ter-ui sont enveloppes par le lisere bteu. Conseil general de la Seine faisant les fonctions de Conseil muet le Prefet du departement ont demande que partie du territoire de la commune d'Ivry en fut deta-.*ym<g+x<++z+<v~w ch~ee et que la limite entre cette com-f-00000-;~i —00000:0000t000000X;;00 mune et Paris fut fix e par le nouveau X:;;;i;:0;} m ur.; 00 01 "Le Conseil municipal d'Ivry y conf t;;:f:t -sent. En consequence, j'ai l'honneur de 0 t;;:0000000:00ff proposer a Votre Majeste l'ordonnance;;; f;;;0:000;; idont le pro jet est ci-j oint. ) it: 0000000 0000;X0000 000; 0i0; 00;:fft:t;|(A rch. nat. Fa II, Seine, I. ):0;;;;00:; 0::000if;;;;00 00;0000X:;l Ie Conseil municipal d'Ivry declara 000;;000t;::0;00:00;: I ne pas s'opposer 'a cette distraction, et............ffii;;002000E~f~f0S~~fffffffff:0000000000000000000 se borna 'a dem ander ((que le role d'im - 00 t;000000t0000000000000000000000000000000000. —001 position et de contqo'le des gardles natio _ g! nales fut'diminue en raison du nomlbre | X l M;:t ce citoyens qui cesseraient par ce fait tt0 | 0 l c'appartenir 'a la commune )). - Uorlonls. W l nance royale est du 6 janvier 1819. | | llgg 11! 1 Les aigrandissements, en 1867, cle la n g S Rts |i k gare d'Orleans eurent pour effet cle Slipf w w-Q - wa F primer la majer prtie de la rue cle la ~gD4~gi,.Gare et cle faire disparal'tre un bien.z..E.......... lement: Maison d'arre't de la garde nationale. Parler aujourd'hui de la garde LA GARE D'ORLEANS. (FAQADE SUR LA COUR DU DEPART.)

Page  139 TREIZIEME ARRONDISSEMENT 139 ___ creuser en 1769 sur la rive gauche de la Seine, au dela de la Salpetriere. En ce temps, les inondations, les debacles de glaces etaient bien plus redoutables qu'aujourd'hui. C'est pour les en preserver que ce garage avait ete imagine. Pourquoi le projet fut-il abandonne, nous l'ignorons. Le plan de Jaillot (quartier de la place Maubert) en porte la trace avec cette mention: (( Emplacement qu'on avoit destine pour la construction d'une gare. )) II est assez piquant que ce soit une gare de chemin de fer qui se soit substituee a celle des bateaux, de facon a faire naitre a la fois la confusion et F'analogie. Au demeurant, triste quartier, encore qu'avec ses quarante mille habitants, il soit le plus peuple de l'arrondissement. Et cependant il n'est parisien que depuis 1860, date ou l'annexion en de GARE D'ORLtANS. (FACADE SUR LA PLACE VALH.IIUBERT.) nationale et de sa prison c'est presque faire de lFarcheologie prehistorique. Pourquoi ce nom d'hotel des Haricots? C'est toute une histoire. Sur la place du Pantheon, la bibliotheque Sainte-Genevieve occupe maintenant F'emplacement du college de Montaigu. Rabelais l'a appele college de pouillerie; les ecoliers, eux, le surnommaient college des haricots en raison de la maigre chere qu'ils y faisaient. Or, apres la Revolution, la prison de la garde nationale ayant ete installee dans ses batiments, le surnom ne se modifia que legerement: on l'appela hotel des haricots et ce sobriquet accompagna la prison dans ses residences successives, a l'hotel de Bazancourt, rue des Fosses-Saint-Bernard, puis rue de la Gare, ou elle fut installee en 1837. Ce fut son plus beau temps. N'etait pas garde national qui voulait; mais beaucoup l'etaient qui n'auraient pas voulu 1'etre, au moins les jours de corvees; aussi les punitions etaient-elles frequentes et les cellules de '1h1tel des Haricots toujours occupees. Souvent les prisonniers etaient des artistes: dessinateurs, peintres, sculpteurs, poetes, prosateurs, professeurs, et pour tuer le temps, ils decoraient les murs de leur cachot, chacun dans le genre qui lui etait familier. Musset y a ebauche la premiere strophe d'une de ses pieces de vers, bien connue: EGLISE NOTRE-DAME-DE-LA-GARE. On dit: triste comme la porte D'une prison, Et je crois, le diable m'emporte, Qu'on a raison. outre, un joli madrigal en quatrain, signe Theodore de Voici, en Banville: Phyllis, ne plaignez pas celui qui, dans cette ombre, Songe a vos yeux d'azur, pleins d'etoiles sans nombre. Grace a ces yeux, auteurs -de tous les maux soufferts, Voici deja longtemps que j'etais dans les fers! posseda Ivry, qui ne se laissa pas faire sans protester. Il existe une petite brochure, dans laquelle ces plaintes sont exhalees: c'est la ruine de la commune d'Ivry si la mesure projetee s'accomplit. Elle s'est pourtant accomplie et Ivry n'est pas ruine, car l'annexion a eu precisement pour effet de decupler sa population. Le centre du quartier parait avoir ete voue a la memoire de la Pucelle et de ses vaillants freres d'armes. Outre la rue Jeanne-d'Arc, qui en est l'artere principale, voici les rues de Patay, de Domwemy, Xaintrailles, Talbot, Lahire. La paroisse est sous l'invocation de NotreDame-de-la-Gare. Elle a ete construite en 1855, aux frais de la commune d'Ivry, dans le style roman par 'Farchitecte Naissant.. _ II S S01111110 ercr If ntt t Rt ISO pour - xI l(I qu le M m (to T i rute dr! Dessouz~rdres~.Berf/e^^ silucet:|::y u. qct-tlquo ving~t moires an:^^ Pour les dessins illustrant les muttm:i t llcs, e fol.L boaut conp, fdl to r i moristiques, etaient signes de omlls ol:tcbrcs^ otlls vvcrntvovts atll vrt4 d'Albert de Lasalle, L'Holel dos H(attrictlws ccrit att:t oi:1(ollu1 tt. la. tYllilso a11 allait etre demolie, et qui est jnte i-oinetilatturo compl-?tte, to1ip cs spir91i" tuellement commentee de toutes ces richesses....................... Quartier de la Gare. Dans le livre en question, I'auteur ayant - naturellement- a parler de la I i rue de la Gare, drit.: k Ja n'ai pas besoin de vous | dire pourquoi elle s'appelle ainsi. Autant vaut... dire que c'est a cause du voisina e de la gare d'OrM~ans! Eh bien! Albert de ~ s Lasalle se trompe et avec lui, un tres grand nombre _ de personnes. La rue,................ puis le quartier doivent.....::..+ leur nom a un port ou gare qu'on eut dessein de v:''' ':~C i:.i;-i::::::: -a 'I -: i:: a 'ji:::: ii, ki:i~ i::: ~;~" i;::e " iiilli I.iiii, UE DU PONT D'AUSTERLITZ.

Page  140 140 PARIS - ATrLAS.^9W.2. H.....^..'......9.~I.I'eS........%V.A.V............taM.:X~....:: I: ^:..:: 5''.: ' Y'.: ''''.Ad''I'..........' '-' ''0':' an nt i 'Ad;fitt00 tb -:.i Tf; E f: i0 l;- t iD; -IE:::iSSfEV 0 LE PONT DE LA RUE DE TOLBIAC. dessus des berges de la Seine, - et aussi celui de la rie du Chdieaitdes-Rentiers, car on ne voit guere ici ni chateau ni rentiers. Ces denominations seraient-elles simplement employees par antiphrase? Ce serait a 'honneur de la gaiete et de la philosophie de ceux qui les ont choisies. La rue de Tolbiac est de construction recente. Elle forme un troncon de ce reseau si utile dont la troisieme Republique a dote les faubourgs de la rive gauche et qui, entre les ponts de Tolbiac et Mlirabeau, relie la Seine a elle-meme par une large voie intermediaire entre les bLoulevards des anciennes barrieres et le chemin de ronde des fortifications. Rue de Tolbiac dans le XIIe arrondissement, elle devient rue d'Alesia dans le XIVe, rues de Vouille et de la Convention dans le XVe; au fond, c'est la meme. I.Les anciens du quartier se rappellent-ils la rue et le pont Picard, par ou on communiquait avec la rue du Chevaleret en passant au-dessus des voies de l'Orleans? Le passage s'effectue aujourd'hui par la rue de Tolbiac, a F'aide d'un tres beau pont, fait comme les ingenieurs les construisent maintenant; T'armature metallique s'eleve au-dessus du pont, parallelement au sens de sa longueur. Le rivage de la Seine est presque entierement borde par l'immelnse gare aux marchandises du chemin de fer d'Orleans. Cela lui donne un caractere de solitude et de melancolie tres particulier. Des qu'on a depasse les grilles par oui entrent et sortent incessamment les lourds camions, le quai devient desert et triste. La Seine coule majestueusement, et relativement limpide a son entree dans Paris; en face, les chais de Bercy s'elevent orgueilleux; ici, de vastes terrains a peu pres incultes, faisant pressentir la misere voisine, avec laquelle la richesse n'a pas voulu se coudoyer. - ---- Ce quai est pourtant une route nationale, et au j temps des messageries royales, ce fut une voie tres tx frequentee, car elle formait le prolongement des deux 1 I routes de Belfort et de Geneve qui se bifurquent 'a ^^^ ^^^^^^^^r Alfort, devant l'Ecole veterinaire.... Quatre ponts relient le XIIe et le XIIe arrondissement; nous avons parle deja de celui d'Austerlitz. Le pont de Bercy, precedemment dit pont de la Gare, ne date que de 1864. Le pont de Tolbiac est bien plus recent - -p encore: aux cartouches de pierre sculptes sur ses I':. I piliers d'entree on lit: 1879-1882. Le pont National, enfin, a ete construit en 1852 a la fois pour le passage | du chemin de fer de Ceinture et pour continuer le bou-;i.- I il|(l::;0;- levard de ronde qui accompagne l'enceinte fortifiee..:.....11 II doit son nom... au 4 septembre 1870, car auparavant, IIff 10 10 il s'appelait pont Napoleon.; Sl Reprenons ici notre excursion en chemin de fer de Ceinture dans le XIIIe arronclissement. lci, c'est-a-dire au milieu meme du pont National. Apres avoir franchi un double raccordement (dont un seul est utilise) avec.. le chemin de fer d'Orleans, et passe sur un pont metallique au-dessus des voies de cette ligne, on arrive a la station d'Orleans-Ceinture. La voie occupe la un renmblai eleve, d'ou pendant quelques instants on apercoit a droite plusieurs monuments de la rive gauche, et, de l'autre cote, les ondulations de terrain que domine le fort d'Ivry. Elle s'engage ensuite dans un souterrain de 348 metres et atteint en tranchee la station de la Maison-Blanche. Au dela, le paysage se decouvre de nouveau, fort pittoresque; c'est la vallee de la Bie'vre que nous traversons: dans le lointain, voici les domes du Pantheon et du Val-de-Grace; sur la gauche, le sommet du clocher de l'eglise de Gentilly qui, vu de la', parait au niveau du sol; voici la poterne des Peupliers, que nous reverrons tout a l'heure de plus pres; puis, du cote de Paris, de vastes garages et ateliers de la Compagnie, et dans une nouvelle tranchee la station du Parc-Montsouris, etablie a l'extremite mee de Farrondissement. C'est la que les voyageurs correspondent, apres avoir traverse un angle du pare, avec les lignes de Sceaux et Limours. Ce qui nous reste a dire du quartier de la Gare sera vite fait. Le boulevard de la Gare, qui le limite du cote du Nord-Ouest, offre Faspect d'une large avenue, ouverte en pleine region de travail; les millionnaires nWen font pas leur promenade coutumiere; le peuple laborieux, y est, en revanche, comme chez lui. A signaler les immenses batisses de la raffinerie Say, abritant plusieurs milliers d'ouvriers et d'ouvrie'res. Quant aux aveniues de Chioisy et d'Ivry, elles demeurent mornes. La premiere est le chemin de la grande necropole du Sud-Est, le cimetiere d'Ivry - le champ de navets, comme on le nomme couramment. L'autre est plus calme encore, en depit du teuf-teuf bruyant dont le tramway des Halles la fait retentir. L'industrie ne s'est pas encore decidee a occuper completement ces espaces lointains qui, pourtant, lui sont offerts a bon compte. Le temps n'est pas proche ou cette region se sera veritablement parisianisee. En veut-on une dernie're preuve? I1 s'y trouve une rue des Terres-au-Cure, qu'on appelait, avant 1877, rue de la Coupe-des-Terres-au-Cure. On aurait du lui maintenir cette der-:: _::::::I:::::::::::_:: _:::l f ~ ~~~~ ~::::::::::::::i:::::::::I::I::::::I:_::::::::::::::: g:i j i fE i; LE PONT NATIONAL.: r niere denomination: elle etait plus rurale, plus, villageoise, nmieux en Jiarmonie avec tout ce que la localite a de champetre. Les numeros impairs de l'Favenue de Choisy appartiennent au quartier de la MlaisonBlanche, qui par bien des cotes semblable au precedent n'en a pas moins un cachet tres personnel; c'est a la Bievre qu'il le doit. Qui expliquera pourquoi il est des rivieres orgueilleuses, honorees, et d'autlres modestes, meprisees? La Bievre est parmi ces dernieres, et c'est la faute de l'homme, calr la nature l'avait faite coquette, elegante, pourvue de tout ce VUE DU PONT DE TOLBIAC.

Page  141 TREIZIE'MIIE ARRONDISSENMENT 14 1 LA PORTE D'IVRY ET LES FORTIFICATIONS. qu'il faut pour plaire. Cette indignite lui a valu bien des opprobres, mais aussi quelque compassion; aux sarcasines de Rabelais, le pauvre ruisseau peut, non sans fiert6, opposer l'loge qu'Alfred Delvau a fait de lui, les pages emnues qu'il a inspirees a Huysnmans. Celui-ci la coimpare a une fraliche et belle carnpagnarde que la grande ville corrompt et souille apres l'avoir exploitee sans pitie ni reconnaissance. La Comparaison n'est pas setflement poetique, elle est -tout 'a fait juste. Oui, la Bievre sort pure et limpide de son berceau, qui est 1'ctang de SaintQuentin, a Trappes, au Sud de Versailles. Laissant a sa gauche le plateau de Satory, elle descend dans une vall.6e charmante ou ces ingrats Parisiens qui, chcz eux, luhi font si mauvais accueil, viennent la contempler avec grand plaisir. Qu'il suffise de rappeler les noms des localiles qu'elle traverse: Buc, Jouy-en-Josas, Bievvres, Igny, Amlblainvilliers, et les coteaux boises de Velizy, de Chaville, de Verrie'res, qui la surplombent. A Antony, son cours, dirige jusque-la' de I'Ouest 'a l'Est, change tout a coup de direction vers le Nord. I1 semble qu'il y ait la une fatalitU qui Fattire vers Paris, et qu'elle y cede par une resolution brusque, au ]ieu de continuer tout droit vers la Seine, 'a travers lesjolis villages de Fresnes, de Rungis, de Thiais; mais le plateau de Villejuif lui barre la route. La souillure va commencer pour elle: Antony, Arcueil, Gentilly lui envoient, comme a un egout, les impuretes de.leurs blanchisseries, les residus de leurs usines, et quand elle se presente timidement 'a Paris, pr(''s de la poterne des Peupliers, elle est dcejIa si malpropre qu'on ne la laisse entrer qu'en filtrant a travers unc grille, sous un long tunnel voute, d'aspect sinistLre, hante des rats. La po lerne des Peupliers! Dans Fins-upportable monotonie de paysage que fournit le pourtour des fortifications parisiennes, c'est une oasis rare ou le pittoresque trouve son compte. Ne croyez pas que le decor soit merveilleux; il est simplemnent inaltendu. L'entree de Paris y est pratiquee dans le rempart meme, par utn passage forinant vouite, au" dessus duquel est 6tabli le chemin de ronde. Cette ouverture est herissee de grilles que F'intensile de la circulation ne parait pas tout a fait justifier. La date 1890, sculptee au-dessus de la facade qui regarde Gentilly, indique que cet ouvrage n'appartient pas au plan primilif, et, en effet, des vues anterieures nous le monitrent avec un aspect moins rebarbatif. C'est a cent metres plus loin, a l'Est, que la Bievre fait 1'entree honteuse que nous venons de dire. De's lors, le pauvre cours d'eau vase deshonorant toujours davantage. Par des meandres imprevus il semble chercher c mettre fin c son ignominie, a eviter la Butte-aux-Cailles, qui a Fair de vouloir s'effondrer sur lui, a se soustraire a ces megisseries qui F'alteident au passage. II y a quelques- annees encore, scs rives borde'es de saul es _ offraient ea em t Itro | * pencant de courts —. espaces, un joli coin le natures; on; TE. \ no letrouve plas /E T R - CA E cel a au j ou rd c 'hl 0:;XX:g;:XgS00000000;t00000S;::::;i:0t00000;0i000 Clhacue annee, la /.;;........ vil e co s ie c.......... 1l...e ~.......x... efil~ n de o n pCou-........... couvr~be deu saDEL B`.-USALLS LA BIEVRE PR1ES DES GOBELINS. _ ___ _ ___

Page  142 142 PARIS - ATLAS dire. On ne croirait pas aujourd'hui que ce ruisseau ait pu jadis se dechainer comme un fleuve, et causer des ennuis a ses riverains. Ecoutez pourtant ce que raconte un religieux de Saint-Victor, a la date du 15 mai 1527: (( Le mercredy quinziesme jour dudict moys, environ onze heures du matin, la riviere de Biefvre, laquelle passe par l'hoslel de ceans [c'est-a-dire l'abbaye de Saint-Victor', fut sy tres grosse et sy tres impetueuse qu'elle rompit plusieurs cdifices - -. -----------------;.- ^ ^ a Sainct-Marcel et estoit grosse pitie de la veoir, /. v:-;: car elle venoit jusques 1:^^ \: -Wy devant l'eglise Sainct-Me-:.::;; *.- > dard, et guasta plusieurs t sa / ^^ ^ marchandises, et falloifc que les gens estans dans | les maisons se saulvassent gg par les fenestres dedans ||! 15S des bateaulx qu'on avoit i.I pris.sur la riviere de Seine,.......... et portez audiet lieu,. qui * estoit grosse pitie 'a veoir. ~iII ~L'eau couvrit tout le pr6 de ceans et fut 1Ferbe fort dommagee avec les B | plus beaux bleds qu.'oi?;^^^^Ii1!!!!^^^Illl plust veoir, ue nous avions.. u quels pareillement furent aussi en partie guastez, et ladicte riviere de Bief- ENTRRE DE LA AIANUI vre, le lendemain, diminoit fort jusques a ce que la grande riviere de Seine fust plaine, laquelle la fist regorger et alors fut plus grosse que auparavant, l'espace de huit ou dix jours, avant que de decroistre, dont vint et fut la cause du dommaige. o Le quartier de la Maison-Blanche a ete tout entier detache de la commune de Gentilly, en 1860. C'etait ce que l'on nommait le Petit-Gentilly. Il se compose aujourd'hui de deux parties, la Butte-aux-Cailles et la Glaciere et, en outre, d'une artere tres importante, I'avenue d'Italie ou route de Fontainebleau, c'est-a-dire la route nationale no 7 de Paris a Antibes. A elle seule d'abord, elle composa tout le quartier. Sur le passage des diligences, des convois de maraichers circulant sans cesse entre Paris et la region du Sud, en depit de la rude cote de Villejuif qui les guette, une lieue plus loin, on batit des guinguettes, de petites hotelleries a l'usage des rouliers peu fortunes, des ouvriers qui, faisant leur tour de France, venaient, a pied, conquerir Paris en sabots. Peu a peu, les maisons se tasserent, se sureleverent, si bien qu'entre l'ancienne et la nouvelle barriere, il n'y eat plus de place, et Pavenue devint ce que nous la voyons. Le 25 juin 1848, elle fut le theatre d'un drame sanglant, celui du:.: meurtre du generaltrea et de quelques officiers qui l'accompagnaient. Sur l'emplacement du cVrps de garde (n~ 76 actuel) dans lequel fut assassine le general, s'elevait naguere une eglise, mais on n'avait pas eu souci, croyons-nous, en la construisant, d'en faire une chapelle expiatoire; c'etait la paroisse du quartier, Saint-Marcel-de-la-MaisonBlanche; devenue tres insuffisante en raison de l'accroissement de la population, elle fut demo-:..:.:::::::.:.:..:..i...., ______...,_, -lie en 1897, et remplace par l'eglise Sainte-Anne, situee 500 metres plus bJas, biac et Bolillot. M. Bobin, ovex ---- vv^^. -^.,,- ^ rs e>a 8^s lOnnent pour' percer cles CTURE DES GOBELINS. rues montant en lacetdi bordees stle romaisons mo-byAi~it: 'C ~zalatin. A Pheure. act-uelle, I'abside seule W'est pas I~ —i..~ach~ev~e. destes merveiais coquettes, ombragees d'unl jarclilet, ce serait faire aeuvre saine et ulile, productive meme, que de conquerir ce fief de la misere. Ces victoires-la sont toujours inscrites au programme le la municipalite; on a deja fait eaucoup de ce cole-la, enn comblant le val, rue clu oulin-des-Pres, en e-levant le harcl; remblai cle la rue de Tolbiac, en creant tout le nouveau quartier Bolillot, en erigeant mloeme, a petites journees, leglise de Sainte-Anne; il n'y a plus qu'a achever lceuvre. ReLier par uve tranSitiOll progressive cette pauvre vallee de la Bievre aux fraiclhes grcices clu par de Montsouris, voila le but apoursuivre; lprsqu'il sera atteint, 'ancier fauboureg souffrant n'existera plus. Jules Bobillot, uLn desheros du Tonkin, est homore en bronze dacs le XIe arrondissement; ici, sol nom appartient a la rue la plus importante de la Butte-aux-Cailles, au moins dans lavenir, iue longue de 1,100 metres, qui s'etencl entre la place d'Italie et celle de Rpugis, a la Glaciere. Vers le milieu, un toit conique, echafaude en tois, semblable a celui d'une gigantesque cheminee le cam n se dressait Saguere; il abritait les iu'stauents avec lesquels on fora le puits artesien de la Butte-aux-Cailles. Ce oifest pas, 'hieir que le traveiL FA:::::::::::::::::::::::::::::_:: _::::::::::::::::::::::" i::::::: i:::i-:_:::-::::::-::::::::::-::':::::::::::::-::: ii:: ::! ":::::::: i: ~~-::::~:-:z i.:i _:::: _::::.I:i~ ~:::::::: ~:: -::::2:::::::::: C'::: -::::iP i::.:::: i:-:::::: I::I ~Iuti: I::: i:i:: -: FAQADE DE L'ECOLE PROFESSIONNELLE ESTIENNE.

Page  143 TREIZ1EME ARROND1SSEMENT 143 -~ - - en est commence: le premier coup de smoide fut domim lo v 28 aout 1866. On etait a 532 metres en noxvcmbre J. 872, lorquto le manque d'argent necessita une interrupktm qm dimi jusqu'en 1893. A cette date, lentreprise fut confi:t'c al Figtw ieur j4m Paulin Arrault, dont la reputation en parIet, l1-:lo1(101(:- ma e. soli-' dement etablie (c'est lui qui a fore le puits f lc~len do ld ja r[wf - nerie Say dans le meme arrondissement'..s iapparel vIrS 1mployes sont tels qu'on a pu descendre, a 571 metres de profondeur, une colonne de fonte haute de 39 metres et pesant 60,000 kilogrammes. La pre- '................ miere nappe d'eau a ete rencontree 'a /<^BM^-^^^^ —^^^^-^" 571 metres., /:::a Om breux, spacieux, silencieux, le / /le^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^-^^^^^^^^ - 1^^^^^^^^^ ^ boulevard d'Italie est une des plus belles /:X x-, promenades des faubourgs de- Paris. / xxx'x, Par une pente douce et majestueus~e, il. /........................ franchit la vallee de la Bievre, qu'au- f/X trefois on apercevait encore, serpentant parmi les peupliers. Ce joli dcor a ete recemment remplace par une rue banale. Juste en face, lEcole Estienne \ montre son elegante facade. Fondee v par la Ville de Paris en 1889 et installee \ provisoirement dans les anciens bati- \ ments du college Rollin, rue Lhomond, \ elle fut tranferee, le ler juillet 1896, au boulevard d'Italie; l'inauguration se fit solennellement, en presence du president de la Republique. C'est une des meilleures ecoles professionnelles de - la Ville. Comme son nom Findique, elle - a pour but de former ses eleves dans EGLISE SAINT-MARCEL la science du livre et de tout ce qui s'y rattache. L'enseignement est gratuit, mais les enfants ne sont admis qu'apres examen; ils doivent etre Frangais, fils de parents habitant Paris; on les recoit de douze a quinze ans. Les cours sont de deux sortes: pratiques, c'est-a-dire que les eleves travaillent dans des ateliers de typographio, de reliure, de gravure, de lithographic, de photographie; theoriques, par des lecons professees d'histoire, de litterature, de dessin, etc. Plus bas, du meme cote, au n~ 68, une maison construite vers le temps du Directoire dresse ses ruines et son delabrement avec orgueil; elle sent qu'elle n'a pas de rivales alentour; ce fut certainement une Folie, mais qui nous dira son premier possesseur et les suivants? Le bruit court dans le quartier que Napoleon y signa son divorce avec Josephine; rien n'est moins sur. Actuellement, ce vieux logis sert d'atelier, ou pour mieux dire de dep6t de sculptures, au maitre artiste Rodin. Quartier Croulebarbe. - 11 sera beaucoup pardonne a letrangete de son nom, a cause de son antiquite respectable, puisqu'elle remonte r taut mnom-is au coitn'twilcement du Xm~je siecle. La rue Croulebarbe tl lssi t8 a lo s a Iu moulin mentionne sous Ie nom de Crol(hf1rbe dams dem's: 1 Itre(.s de 1214 et qui, au dire des freres Lazare, nfie disipvartlt (qurn 1840. Jaillot ii'a pas tort de dire que, dans qgiiclqlu-ps anelies titlres, il est nomme moulin de Notre.-Dame; [ c',tft eln. otoi Clipitre de la ca-thedrale qui en etait propriet| i tl1 t' t.i c v:ix (Iuti o c. Ct'k.I, interesse pourraient consulter aux Archives. nationales, dans le carton Q1, 347 un dossier, avec plan, relatif a sa reconV struction en 1773. Nous regrettons que B ^. le moulin de Croulebarbe n'existe plus;.l0 -S-I-|1 il aurait complete la physionomie pit-...-.0. —...... toresque du quartier. *A cote est la rute Corvisart, qui a absorbe partie des rues Croulebarbe et du Chaamp-de-l'Alouette, et pris leurs - \ noms charmants,, comme si, pour conr A server la memoire de ce praticien, on \ avait besoin de rogner sur les vieux souvenirs. Le Champ de 1'Alouette en est un. Jaillot l'a connu et Victor Hugo aussi, dans les Miserables. C'est Ej. la qu'il a place les reveries attristees d de Marius, pris par l'amour de Cosette. et devenu incapable d'autlre chose que I [Hai / d'y songer: ( Et il allait au Champ de I'Alouette... II habitait le champ de E/ PAlouette plus que le logis de Cour/ feyrac. Sa veritable adresse etail celleci: boulevard de la SaAte, au septieme arbre apres la rue Croulebarbe. Ce matin-la, il avait quitte ce septieme B..,- arbre et s'etait assis sur le parapet de BOULEVARD DE L'H1PITAL. la riviere des Gobelins. Un gai soleil penetrait les feuilles fraiches epanouies et toutes lumineuses... Il entendait derriere lui, au-dessous de lui, sur les deux bords de la riviere, les laveuses des Gobelins battre leur linge, et au-dessus de sa tete, les oiseaux jaser et chanter dans les ormes. D'un cote, le bruit de la liberte, de linsouciance heureuse, du loisir qui a des ailes, de lautre, le bruit du travail... ~ La rue Broca a debaptise en 1890 la rue de Lourcine; or, ce nom de Lourcine, un des plus anciens a coup sur de la topographic parisienne, perpetue a travers les siecles par une foule de faits ou de fondations dignes d'intert, meritait bien d'etre maintenu a la voie qui le portait depuis le temps de saint Louis, au moins. A vrai dire - maisce ne saurait etre une raison valable - on ne I'avait pas explique de science certaine, et son orthographe restait douteuse. Etait-ce le lieu des cendres, locus cinerum, ou Laorcines, ou Ursines., forme qui a ete conservee pour t designer une fon-.;.......w+^ jIu UN COIN DU MARCHE AUX CHEVAUX PAVILLON DE JULIENNE, RUELLE DES GOBELINS.

Page  144 144 RPARIS - ATLAS ~uv X;;;_Y.AN~ rruli~iu.XN SXX.;9Y+;-.....iX. Xi....... izx - t _:: i:::::::::::~:::::::-::.::::::: i::: ): f f:::;::f~~S~t~ f:::f3 if............................................................ LA MAIRIE DU XIIIe ARRONDISS taine dans les bois de Chaville, la ou s'elevait jadis le village de Velizy? Sauval, Jaillot, Lebeuf avaient beaucoup discouru sur cette etymologie; de nouvelles recherches, ou le hasard, pourront peut-etre, un jour, faire jaillir la verite. Du meme coup, 'hopital de Lourcine est devenu l'hopital Broca, par la meme routine qui consiste a tout unifier. Cette maison represente de bien vieux souvenirs; elle a succede a l'abbaye des Cordelieres de Lourcine, fondee par Marguerite de Provence, qui y mourut en 1295. L'abbaye, supprimee en 1790, devint bien national, fut en partie demolie, en partie conservee et passa par des alternatives tres diverses. On en fit d'abord une usine, qui servit successivement a un tanneur, a un blanchisseur, - aun fabricant de laine. Elle devint, en -1829, ( maison de S; ^^ refuge et de travail pour l'ex-... recut, en 1832, les orphelins si nombreux qu'avait fait la terrible 1pidemie de choleIa. En 1836, endin, y tort fonde Fho'pital de Lourcine, special aux maladies des feunes. Avant de visitsr la manufacture des Gobelins, il faut admrer 17, ru e des Gobelins, la -maison dite, 'a tort, de la Reine-Blanche, occupee par une tannerie. C'est un bien la plus ancienne construction civile, peut-etre, qui soit restee debout a Paris; aussi, dans LE BASSIN DE Li sa seance du 2 mars 1899, la Cqmmission du vieux Paris a-t-elle emis le vaeu que ce batiment fut acquis par la Ville pour linstallation d'une ecole. Nous void enfin aux Gobelins. On en sait Forigine; on sait que les freres Gobelin etaient une famille de tapissiers de haute lisse qui, au commencement du xviv siecle, vinrent s'installer, eux et leur industrie, sur les bords de la Bievre. Peut-etre connaft-on moins ces deux mentions les concernant, que nous avons decouvertes dans la poussiere des archives. Le 5 juillet 1536, fut signe un acte par lequel Guillaume Guynon, commandeur de Saint-Jean de Latran et (( honorables hommes Phillebert Gobelin, le jeune, Pierre Gobelin et Jacques Gobelin, freres, marchans teinturiers en escarlatte, demourans a Saint-Marcel lez Pa ____________________, ris)) 6changent des pie'ces de terre situees derriere les Cordelieres (Arch. nat. S',,A y: S. 5122). Et dans le par-tage des biens de P'abbaye de Saint-Victor en 1545 ^^^^ (Bibl. nat. inl4,678, Mi fol. 97 vo), est mention e t i' (( 1n terrain sis a SaintMarceau, ten-ant a, Pierre NI Gobelin et d'autre bout su lae chelemin d la Cendr t;t;0;;;.: c re e Y) ous y avez reColnnu. la rue de Lourcine.oisnt. n185. e c| on E n 1607, ane manufacl 1 Xi l btttiments, clirigee par e Gpliae 1 cle la Pavnellai, et tis..... de la.a ue to.iiaie.ua c'es l (XVI ardt odn166 q se en).cup.uo r u la plce.u.o eis le.p.blicest ad mi ss sss a X vi sit -o g le m see ouss son gr u esls clef -dtevr de P _......la.etle.te.o s.en d er llae me la direlion. II et a oterque a plpartdes trtssde CalesL Brusn. Dcue- t n E M E. d s T.. p..i.. sa fortusne....t e de la...........cr.................. Ollle reni la la mavre. tueLes Gboulevans clede Pot-oal Saonre, Ssist-Marclaqil setclont lesXI~r cti on diD eb e l a m aison, d nt semet),occpen auourth laplae. sux Goelislaemn puli rest aclmis a... i t.. musee, ou sont.......e...t. s.i. cle.. et..............ou..en..e.retu.e....l..... Il es _ nter qe _laplupat de aiard cet la maison de occupent un lgemntave jadint, ansla artela, plus pvittorsque de il a...lACe D'IL... da.s............a.s.. Les ~ouevads e Prt-oya etScut farcel, qu spaent leXIIIedars-l rociseel aodu Ve, ont etue. ~pour ~ ~ ~ su l'mlcmn clei laplieduesh axcevu~:.:.:....:..:.:...:.:..:.....:v.:..OvC:^.............. 0Xf;~t;:;;X:V 0; fX t;;;;X;;;0000Xt 0>0 llluuse.....e.sot.....e................0:;:;xi;;f;;:;;;;:;:0imetraetbe*lsre ~.......... 0...- Mi C olb P or t- R o y a la p pa r e ti o n tuea........ ouse ell s'eleve.... rue...n -l'r..p.......................n................... _......................hevaux... ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ o c p...a t........................................~~~~~~~~ ~..nese to...................................................u.. ' optl Sa ti e.leu e an g n ra d olce........... fe eai t e eau cun ' r pav i n - ((pour~~ ~ ~....... la olc du..ch.. h va x Un.......................U' e bo le ad le lHo itl s v i l'eglise~~~~~....an-acld-l-aptr construite.en.....par Un peu plus haut, a droite sur le boulevard de P'Hopital, se voit 1P6glise Saint-Marcel-de-la-Salpetriere, construite en 1856 par I'arclhitecte Blot aux frais de l'abbe Morisot qui, en septembre 1865, la ceda a la Ville de Paris moyennant 275,285 francs. Sur la place d'Italie, qui est le plateau culminant et la ligne de faite des vallees de la Seine et de la Bievre, un square dont la pauvrete n'est que trop reelle precede la mairie du XIIIe arrondissement, construite de 1873 a 187i7, dans le style ordinaire a ces palais municipaux. A

Page  [unnumbered] PARIS - TREIZIEME ARRONDISSEMENT VI b/~~~,~,~,I,,a en vK \ /\\ UKO to sa a ec/ d 4 q - - - lul 2 Wh sk Slummer ~,JJn~,. R / en I.1 2 Cl) cz CZ LL Ii,z/ v Go r XA. I I I,JI I,7 I / I PA RJS -ATLAS A3

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Page  145 VUE DU PARC DE MONTSOURIS. XIV2 asond i a It L'OBSERVATOIRE. - 53~ QUARTIER: MONTPARNASSE. - 54o QUARTIER: LA SANTE. bye QUARTIER: DU PETIT-MONTROUGE. - 56~ QUARTIER: PLAISANCE. ARCE que en 1860 'administration prefectorale donna au XIVe arrondissement le nom d'un monument, et non celui d'une localite, il n'en est pas moins vrai que nous sommes ici en plein Montrouge. Encore que le vrai Montrouge, le Grand-Montrouge, constitue une commune independante, sise en dehors de Paris, il n'en est pas moins vrai que la tradition et l'usage attribuent son nom a toute cette region qui d'ailleurs n'est qu'un demembrement, au profit de la capitale, de l'ancienne paroisse de Montrouge. G'est, avec Montmartre, qui lui fait exactement pendant au Nord, Ie plus ancien faubourg de Paris, aussi ancien que Paris lui-meme. Les antiquites gauloises fournies par le sol l'attestent, ainsi que ces sepultures gallo-romaines qui bordaient la voie antique conduisant de Lutece vers le sud de la Gaule, representee aujourd'hui par les rues du Faubourg-Saint-Jacques et de la Tombe-Issoire. Le nom meme de Montrouge, mons rubeus, sent le romain. Nous ne nous expliquons pas que l'abbe Lebeuf, d'ordinaire si bon juge et critique, se soit refuse a le traduire litteralement. Il n'y a pas la de montagne, dit-il, et la terre n'y est pas plus rouge qu'ailleurs. Double erreur: toutes les voies qui conduisent de Paris vers Montrouge montent sensiblement (boulevard Saint-Michel, rue de Rennes, avenue du Maine) et, d'autre part, personne n'ignore que dans toute la banlieue Sud de Paris la terre est de nature argileuse et, consequemment, de couleur rouge. Les limites de larrondissement dit de L'OBSERVATOIRE sont: a l'Est, les rues de la Sante et de l'Amiral-Mouchez, qui le separent du XIIe; au Sud, les fortifications; a l'Ouest, le chemin de fer de Versailles qui le separe du XVe, et au Nord, les boulevards Montparnasse et de Port-Royal jusqu'a la rue de la Sante, qui le separent des Ve et Vle arrondissements. Quartier Montparnasse. - I1 a suffi de la creation d'un cimetiere pour transformer en impression funebre 'idee aimable et poetique qui s'attachait a son nom. Depuis Louis XV, le mont Parnasse n'existe plus; c'etait une colline - naturelle? ou artificiellement constituee par des amoncellements de gravats et d'immondices comme la butte Copeau, la Villeneuve, le Montfaucon? on l'ignore - que le percement du boulevard Montparnasse, vers 17215, fit disparaltre jusqu'au niveau du sol. Des le xvie- siecle, les ecoliers des nombreux colleges voisins venaient s'y recreer. Leurs divertissements etaient-ils seuls inspires par le culte des Muses, nous avons quelque peine a le croire. Le lieu fut sans doute baptise par un lettre, plutot en raison des futurs poetes qui y frequentaient qu'a cause des rimes qui s'y elaboraient. Toujours est-il que la denomination se rencontre dans les textes pour la premiere fois en 1687, mais que la colline etait bien plus ancienne; elle est deja mentionnee en 1529, et, lors des travaux de fortification de la ville sous Henri II, paralit avoir ete utilisee comme bastion. De la rue de la Sante aux ponts du chemin de fer de Bretagne, les boulevards Saint-Jacques, Raspail et Edgar-Quinet representent les limites de Paris en 1790. Tout ce qui etait au dela appartenait aux communes de Gentilly, Montrouge, Vanves et Vaugirard. C'etaient les boulevards exterieurs, et ils prenaient le nom de ces communes dans 14 PARIS-ATLAS.

Page  146 146 PARIS -ATLAS I _ _ PV............_______ >:.r.r la partie qu'ils bordaient:..l...l.................... boulevard de M ontrouge, L - - -- ^ ^&.a^ ^^ ^ ^bouvelevar dellul es. tc l~~~~~~~~~~~ a rue de -la Sante tl lc efr-Rceeu aciiu porte rale~deui degtmp soir-1 nomtfnde n190 Le0:; boulevard de Port-Royal dans Ie0 court t epuis le commencemen-it de0::0;; la00 Sat et0 0;a de Fti du xvr n e s i'ecle, parce qu'e lle; oin d t - 0 W: 0 i: ce | d s G p c ondu isait 'a l'pital de la Les deux premi es:. Sante- -au ourd- hui Saint ecouentdesGapcin, fndeen 613 tAnnfee en n 177 sera qhuesla e du gn p qui tion plus bas. Le privilege c mala-00000 d ies. Sa statue~g~<, c r de B a et re se rve 'a la pr ison ede la Sant6, sise dans L a 00000000l 000000 f000 l^ 0l lt slW0cette ru e, en tre le b ou le-. de l '. a en.rago et a r e Hu s l Pi; W A..... odt, de demeurer le spe~cimen unique a Paris ClU 0.|..........9.....Elle copait alors 500 cel-; —>-iM —W: —; lules, mais la suppression....... -- es autres prisons pari_li~l~hXsiennes y a necessite des 4 | forme en quartier cellulaire nouvelles cellules. LA STATUE DE RASPAIL. Dans la partie du boulevard Arago qui appartient au XIVII arrondissement derrie're les beaux ombrages qui rendent le chemnin si agreable entre la rue de la Sante et la -place ]Denfert-Rochereau, la clinique gene'rale de chirurgie s'est fondee en 1900. Le boulevard de Port-Rtoyal, dans le court traj et qui s'6tend entre la rue de la Sant et l'avenue de l'Observatoire, n'a pas -remplace (en'1868) moins de trois rues: celle des Capucins, du Champ et de. la Bourbe. Les deux premieres -leur nom l'indique assez -avoisinaient le couvent des Capucins, fonde en 1613, transfere en 1779 'a la Chauss~ee d'Antin, et dont les baltiments furent en 1792 tranisformes en holpital special aux maladies vene'riennes, sous le nomn d'hbpital du Midi. Onl le nomme depuis quelques annees hopital Ricord, pour honorer la memoire du grand praticien qui s'illustra dans le traitement de ces maladies. Sa statue, aeuvre de Barrias, est placee devant la facade de l'e-ablissement. La troisie'me rue qu'a absorbee le boulevard de Port-Royal est la rue de la Bourbe. Il n'y a "a en regretter ni son nom, ni son elegance, qui etait nulle. Le nom da- ':-:::: 1 tait au m oins du xviie sie- ^i;l'i0l0i::!^;:; cle Jaillot l'atteste; il i! '!^!:: 1: ^!::;; ^ devait etre synonym e de;:::: ^^- -''^^'l: ^:!^^!^!^ ^ voirie, de depot de boues,;:;::;:^;*i:1tt:lls m ais ce. n'est pas sur. C'est:.......;.....:..ij'l l - ll^ en 1626 (1e important mo- j nastere de P ort-Royal, fon de: -.':::6::: 1llll-llllillllillllllll^ ders le xine siecle a Porrois,:,./*;;:::;:-;:S:;;;:: en pleine cam pagne, entre l;:,: '::^:::i: —l!|l0l0i0lillili0ll^ Versailles et Chevreuse, vint;:.:: * ti'^^^iij-li i00 -j0 —00ll s'y refugier par crainte des 0:BBS1! | | S E 0 dangers auxques la soli — tude exposait, en tempsde Daye en 17u90 et trois ans s i a pa a l e guerir plues t ar men-fit, sousle no armulerlu opbl odied de la une Port-Libre - prison.......-R l.t.e Entre le nom et la chose,..se.s.p...........t.. l'ironie n.'etait pas absolue, W;.;car la prison n'etait affectele d clnqu'u s auspesFlorian A La ue deux Fluourian ntJcqe qui odesPus l aeriev elu commandant de leur e ' 1 garde nationale et qu'il ne LA STATUE DE F. ARAG(). tarde'rent pas 'a trouver trop tie'de. Le doux poe'te- passa la' vingt-cinq jours en cellule; son ami Boissy d'Anglas eut assez de credit pour lui faire rendre la liberte', mais pas assez pour le guerir d'une mauvaise pleuresie que lui avait value sa geo'le. I1 ire revint a Sceaux que pour y mourir, un mois apres, a l'age de trente-lseuf ans. Ses ingrats compatriotes ont depuis ar de multiples hommages a sa memoire, reussi 'a faire oublier leur coupable conduite du 26 messidor an II. Apre's la tourmente, Port-Libre, redevenu Port-Royal, fut successivement destine 'a recevoir divers services hospitaliers. Ce fut d'abord l'hospice des enfants trouves -ce que l'on nomumait maison d'allaitement- puis, 'a dater de 1814, il est devenu l'hospice de la Maternite'. I1 f~ut, de's lors, decide qu'une ecole de sa~ge s-femmes y serait -annexee; elle a pris, de nos jours, de grands developpements, sous le nom de clinique Baudelocque. La rue du Faubowag-Safitz-Jacques qui borde 'a l'Ouest la Maternite va rnous conduire devant un autre etablissement d'assistance, l'ho'pital Cochin. I1 fut fonde, dans les derniers temps de l'ancien regime, par Jean-Denis Cochin, cure de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, pour servir d'hospice auxpauvres +<<.< et aux m~alades de la;_; paro~isse, et construit a~t;:::00::00::::::00i:ff::0000: 00:;00::Vt~g0iQ- S:00f0000000t:\par l'architecte Viel,........ roisse ))d'aprc's u~ne:_-~~~~~~...............]....stme u rpe........ s'il pouvait recevoir................ *.....#. ---- al r 1 m l'acqusito I'ni*X --- |mublqe, visin d'une ^li ^^^i'issss^^ X_ Jan "~~ cq e,00 ir onic > \-li):-I- - silencieuses et graves ''t comr e le furent les ^.: A...,..... euxastronomesdont E DE L'HOPITAL COCHIN.elles portengt le nom. LA PRISON DE LA SANTE. E N T R E:

Page  147 QUATORZIEME ARRONDISSEMENT 147,En 1783, le ministre de la Maison du Rol proposait 'a LouisXVI la nomination comme/ (( concierge de l'Observatoire )) du sieur / jil Mechain, de l'Academie royale des sciences,, astronome -hydrographe de la marine, et la / 1 me'me annee, en fixant son traitement 'a/ 500 livres, il le declarait e'tre (( un jeune //lg 1 astronome, plein d'ardeur et de-savoir >. // Les Cassini, eux, 6taient astronomes de _0-,:,:,B.,, g>g pere en fils, et si c'est 'a l'aieul, fondateur | u- | de l'Observatoire, que revient l'honneur || gg d'avoir baptis6 la rue, ses fils et- petits-fils \l gg| — pourraient le revendiquer aussi. A cette \X m 1g0 famuille, italienne d'origine, nous devons,\ -t- -- outre l'organisation de l'Observatoire et la; F decouverte de nombreux satellites, l'etablis-. \. -;;;;;; sement du meridien et celui de la grande \ \......-..; carte de France, si consultee encore auj our- \.......;-;-;.-; -;;;;;; d'hui par les, erudits.'\ --- — Depuis, deux sie'cles et demi, ce coin si 1:: tranquille et charmant, en pleine campagne jadelst (-'a dans notre Paris moderne, un des asiles le plus fide- — 'E;XiV0000000000-000E0:~u;00;t0t lement constants de la science. |-000000 f005?00000 Les terrains oivi devait s'elever l'Observatoire fu- bE;000 rent acquis pour le roi le 7 mars 1667 et la construction de l'edifice achevree en 1672. _ Et de fait, I'edifce que nous avons so-Ls les yeus t est, sans parler des adjonctions que les progre's de la j science ont rendues necessaires, le me'me que celui dont Colbert avait oerdonn6 la construction au me'decin 4 _ Perrault, decidement meilleur architecte que medecinl puisqu'on lui doit aussi la colonnade du Louvre. Une vingtaine de savants, tout au plus, assure le ser-| vice des observations astronomique~s et meteorologiques et l'etude des infinis proble'mes qu'elles font naitre. Devant la facade meridionale du monument se voit t la statue d'Arago, aeuvre d'Oliva, et dans la cour 4 _ d'honnleur (facade du Nord), le beau groupe sc ulpte par Chapu en Il'honneur cle Le Verrier. A gauche de la premie're, au carrefour forme6 par la rue l 4 clu Faubourg-Saint-Jacques et du boulevard Arago, W'ou la perspective est si agreable sur les jardins de l'Obser- i _ vatoirqe, s'1elevent les bAitiments re'cents de la Faculte' de theologie protestante. Ils semblent e'tre le prolon- GA gement de la prison de la Sant. Singulier voisinage pour) eux que celui du lugubre clepolt des condam~nes! Entrqe l'ombreuse avenue de l'Observatoire et la rue D~enfert-Rochlereau estunvase nclscelui de la maison du Bon-Pasteur, refuge pluto't que couvent, oA~ la religion donne un asile aux jeunes pecheresses. Dans la partie de son trace' sur le XIVe arrondissement, la rue Denfer-t-Rochereau ne montre gue're ainsi que des facades de couvents ou d'hospices. C'est, nous l'avons dit, plus haut, une des plus anciennes rues de l'ancien Paris; vict infera, rue d'en bas, par rapport 'a la rue Saint-Jacques, plus rapprochee cle la monltagne Sainte-Genevie've. Un calembour, qui sera clifficilement pardonne 'a nos ediles de 1879, en a fait la rue Denfert-Rochereau. On se rappelle peut-etre encore le temps oA l'omnibus de Montrouge en debouchait pour s'engager sous les hauts marronniers, de l'avenue de l'Observatoire? C'eait, 'a ce point, un lboyau peu avenant, resserre' qu'il eltait entre les maisons, et quand, 'a l'omnibus, succe'da le tramway, l'incommodite n'en fut que plus grandce. On y remedia en 1885 en portant sa largeur 'a 31 me'tres, ce qui en fait une fort belle voie ou' les tramways et le chemin de fer d'Arpajon circulent 'a l'aise. Voici d'abord, a l'angle me'me de l'avenue de l'Observatoire, l'auste're couvent de la Visitation; puis, lui faisant suite, -Phot. de M. Atget. VLERIE ET JARDIN DE L'HOSPICEJ DE LA MATERNITt. l'hospice des Enfants assiste's. (:est une construction elegante et d'aspect riant, mais dont la facade ne saurait cacher ou faire oublier au passant la mise're de l'humanite! Le plus anlcien asile parisien offert 'a la pauvrete ou au vice pour —r~ecueillir de malheureux enfants qui n'avaient- pas demande 'a nalitre est sans contredit ce grand benitier de bois place au parvis Notre-Dame, ou de bonnes almes trouverent celui dont Victor Hugo a fait l'un 'des he'ros de son admirable Notre-Dame de Paris, sous le nom de Quasimodo. C'tait, en effet, la coutume, pieuse et naive 'a la fois, du temps passe, de deposer au seuil des eglises un berceau de ce genre, et il parait qu'il ne, chomait pas. De's le xviP sie'cle, une (( maison tii;;0000:tV~0:;:;;V;~0V;0000d00 e la couche 6) tait fondee; elle-eut plusieurs emplai:;;;000:0t;Dt;: cements, jusqu'a' ce que, en 1814, elle ait trouve, par;:j00a;000XX0u0000f00;00000;ii permutation avec, la Maternite,son installation definitive -t;ii-; 0:;00 dans les locaux du noviciat des Oratoriens, fermes par...}..X.....:::00:;- a R vo u i n la....ton Mar X Xi Donc, c'est la tutelaire Assistance publique qui tient i;;:s>:lieu de pe're et de me're -de me're surtout -aux malheureux petits etres qui n'en ont pas moralement. Elle les regoit tous, les yeux fermes, on peut dire, bien que depui-s 1860 le tour ait et supprime. Il faut quelqu'un pour apporter l'enfant et son bulletin de naissance. / 11 N|! | A ce quelqu'un, quel qu'il soit, l'on ne demande rien s'il t | |k | ine veut rien dire: l'immahriculation s'accomplit avec l'ordinaire banalite administrative, et la societ compte un pupille de plus 'a sa charge. 'Certes, ils sont 'a plaindre, ceux 'a qui les caresses, I'affection d'une me're sont i'a jamais interdites; mais aussi, ils ignorent les mauvais traitements, l'abandon, la faim, tous ces mauvais con03g111seillers du vice. Nourris, eduque's, mis en e'tat de gagner X WS_ leur vie par la connaissance d'unl metier ou comme soldats, il ne tient qu'a' eux de mener 'a bien une existence dont la premiere etape aura et la r ue d'Enfer. VUE DE L'OBSERVATOIRE ET DE SES JARDINS.

Page  148 148 PARIS - ATLAS A cot e des Enfants assist es, vivent d'autres enfants desherit s par l'implacable nature: les jeunes filles aveugles, institution III:i particulie're dirigee par des reli- ii gieuses. Elle avait auparavant son Wi - siege a Bourg-la-Reine. - Puis, a cote des enfants, des vieillards::::: l'Infirmerie Marie-Theretse a 60 fondee par la copItesse de Chateauhriand pour donner asile 'a des prctres Ae'es ou impotents. Wservons pour le qae artier d Petit-Montrouge ce s'e a trait 'a la place Denfert-Rochereau, etpompiers m rt am gagnons la rue Dagueno re, qui limite au Sud le quartier Montp parasse, pour en dire que jus- encore recotrs Du'a 1867 elle se nocxuoa rue de lajor W pine'e ce uie i'l fu ieneclcetedlavleeliu'nhmio den snes IIts 9et d'en doter in-omnssuulans Jsue 80 le'est caimetiee etais'ent hors ls CENTRE DEsu'l diL'entinuli-C selpants, uleammesetimn git i re enuelsncooe Pantindeen 'agneuxe Saint-Oun. Tatpspurllaleu.Ea84 rieFrohotle (colonerlree de lanSeine, fit rendre un decruet dustitampt pourSl Paismquatre montparnassetues prmirs dedend si'es barrieres: le Pere-Lachaise, uNcordEsrn ot; e'sA:.et-AAAA;;;-iiiiiii;-0 ---i-N Moui ntmartre, ae u Nord-Ouesst;n S'a inite-CPathrisne, sot=\00 0 aojur Srcud-Est et Vaugirard, u Su-Oest. des la vil le lie d'inhumation00000 deu desrni ers Wuen dte supies etormmunesX subrbins Juque 1860, lest iniueti'e 6taint horsu blesl sous;lorqu'lse de.vinrent. insufflslemnts, lepremstantimn 6gpolste faitim res, deans uele n;-;0 cropol e:3 2 s uanwa agnldue etri d'es erainsi luexfastun eux cmtie'res parisiens0 3d5e tombeau de Bge Buciauceu de SanOunTanterres pou la banl;t00ieue En 1804 celu ais d'Heesipe imoetiere q iue' la hommisio de::) IL tre's sobre, dit monument de souvenir, a 60 6lev6 pour ceux l it qui n'ont plus de s~pulture;non loil,-les monuments des sapeursPompiers et des victimes du Devoir, construits par les soins de la Ville de Paris. Voici encore, Ma et lae, les sepultures de Prou dhon, de pontalembert, de Pierre Larousse, de Sainte-Beuve, de ~i~i'l~Qii~~~~~ii~.ilMme" Agar, d e Guy d e Maupassant... dats st sDans un endroit isol6, sur ane petite emint ence, une pierre suriiLe~i~i~ cpmontee d'un fm t de colonne brieet lrecouvre les corps des quatre sengents de la Rochelle, exhumd s on 1830 du cimettere des suppliAnex aCis od e ils avai ent sa enfouiss tt transportes d la par de pieuses mains. Plustar, lrsqu l'dmiistrtio a Mait cnstruievuers l'en lturee p jINIQcipal SANE-NE glaoeroioeudes vast es batiments i=0, tX:00< f 0 mas la t ures sortee egu, p ittorlesqu etom i || 1f 0000 0 f;:0 Por esbmaeus dome spectaces, les dhtes dates son simplemenXt isciats~tf0;a; nososus tombf- es ghenrs du qeuxli i, au fon de leur cceur;00020 ntreti~itEn remotnt le souvenir de pdareunts ai| s inoubliables...0$0 nu rjigo e olear asal.L a fait 00000000l00;i0 inattendu en00000 statue lieu cest al touvr desn frcere Morlice,d d |00qe lao voyait', pac uil ypatn au quelqgiuxes aintendeesea ou con tempora0:in;00;0 du0000;00000000000000 Icl'ale'bemui de laru Gassendi, 'aecormantenartre tin. et01 ses aie,"apr depi 18247, let squrv e locidenta dlau g larde VIEUX MOULIN DU CIMre MONTPARNASSE. du vieux Paris vient de faire restaurer, celui du general Hullin, Fun des vainqueurs de la Rastille, puis le president du conseil de guerre qui fit fusiller le due d'Enghien dans les fosses de Vincennes. Au rond-point central, Un monument Denfert - Rochereau; ce deplacement a etI rendu n~cessaire par le retranchement d'un tiers de largeur que l'on a fait subir au boulevard Raspail (ancien boulevard d'Enfer et boulevard de Montrouge), pour lui donner le meme ali TOMBEAU DES POMPIERS MORTS AU FEU TOMB. DES AGENTS MORTS AU SERVICE.

Page  149 QUATORZIEIME ARRONDISSEMENT 149 TOMBEAU DES 4 SERGENTS DE LA ROCHELLE. TOMREAU DE PIERRE LAROUSSE. TOMBEAU DU NAVIGATEUR DUMONT D'URVILLE. gnement qu aux parties de cette voie, traversant les VI, et VIIP arrondissements. La rue Leopold-Robert, ouverte en 1896, a recu le nom d'un peintre que lon apprecia pendant la Reslauration. Pour des etymologistes d'occasion, la rue Canzpagne-Premiere evoque lidee des champs voisins, que Fon est heureux de trouver au sortir de la ville; la verite est tout autre: il s'agit du souvenir de la premiere campagne - militaire - du general Taponnier qui, apres Wissembourg, s'etait fait batir un logis dans cette solitude. Le boulevard Saint-Jacques, au Nord, les rues de la Sante et de l'Amiral-Mouchez a l'Est, les fortifications au Sud, la rue de la: TombeIssoire a l'Ouest, limitent le 54e quartier, qui se nomme administrativement quartier de la Sante. Cette appellation est d'origine ancienne *elle date des premieres annees du xviie siecle. La peste faisait alors de grands ravages a Paris; le gouvernement estima que lhopital SaintLouis ne suffirait pas a recueillir tous les malades, et il en crea un - autre, au Midi, que Fon appela le i Sanitat ou la Sante, et qui fut place' sous l'invocation de sainte Anne, pour rendre hommage a la reine, Anne d'Autriche. Disons tout de suite qu'il ne s'agit pas de la prison de la Sante, deja rencontree dans le quartier precedent: la prison / doit son nom a la rue qui, elle- / meme, le tenait de lhospice, auquel | elle conduisait. Jusqu'a la fin de / l'ancien regime, Sainte-Anne continua de recevoir des contagieux. Puis, on en fit une annexe de Bicetre pour les fous inoffensifs qu'on y employa a cultiver la terre. C'etait \ un acheminement vers son affecta- \ tion actuelle qui, depuis 1866, est officiellement celle de clinique des \ alie'ne's. Du chemin de fer de Sceaux, entre les stations de Denfert; et de Sceaux-Ceinture, Fleil embrasse l'ensemble des batiments, en pierre blanche, separes par de vastes parterres de maraichage que les malades memes font prosperer. Plus de cinq cents alienes des deux sexes peuvent y etre hospitalises- LES PETITES CASCADES D Tres pres de Sainte-Anne, entre l'avenue de Montsouris et la rue de la Tombe-Issoire, une sorte de haute forteresse, aux talus gazonnes, attire le regard. Est-ce une poudriere? est-ce un bastion? est-ce un fort? Non. L'edifice en question a un but eminemment pacifique: il constitue les reservoirs de la Vanne. Le projet de capter les eaux de la Vanne (petite riviere de la Champagne bourguignonne, nee aux environs de Sens), pour alimenter en eau de source les quartiers de la rive gauche, fut concu en 1865 et recut des lors un commencement d'execution; mais les travaux d'adduction, tres considerables par eux-memes, furent retardes par la funeste guerre de 1870, et finalement le reservoir n'a fonctionne qu'a partir de 1874. Il en a coute environ cinquante millions pour recevoir 100,000 metres cubes d'eau. Et a cet approvisionnement —vient de s'ajouter le produit de la captation du Lunain, un autre cours d'eau, frere de la Vanne, soit encore 50,000 metres cubes. L'vrenue Reille, porte le nom du marechal de France, mort en 1860. Elle separe les reservoirs d'un vaste - ^ rectangle en partie plante d'arbres, <. en partie dispose comme un maneges c'est la'cole de dressage PARC Dr iTaS S l leusjeunes chev'aux pour k a l | i l'apprentissage de leur futur metier. fl S | li\ \Ce coin de Paris dependait, avan-t | |!S | \ \on l'appelait-le Montsouris ou Mo| _ I 11 i \ \ que-souris, noms restes sans expli| | 1 | |_& \ cation. Cette designation est restee $ | |ll _ \ ppulaire, grace au parc de MontX S;La Ddt ense atteignlit I m illion | i lm!tettorologique dit du Barldo, repro| | / 0duction du palais du bey de Tunis | | /qui avait figure 'a l'Exposition de 1867. | _ s _ < / I fut d'abord dirige par l'amiral l i F R g g/ /Mouchtez, d'ou' le nom donne' 'a la rue s fer de Sceaux vient 'a chaque instant corriger la me'lancolie que U PARC DE MONTSOURIS. malgre lui semble degager ce joli )

Page  150 lBO PARIS- ATLAS _ II __. _ __1____ pare, et les enfants ne se lassent pas de voir filer les trains sous leurs yeux ebahis. La ligne coupe en deux parties a peu pres egales le quartier de la Sante dans toute sa longueur; elle lui appartient done bien en, propre. Construite pour desservir la charmante vallee que couronnent Fontenay et Sceaux, elle fut inaugure'e en 1846......E0V000000000000:... La rue de la Tombe-Jssoire, la seule du quartier qui ait quelque animation, nous est venerable- a plusieurs egards: c'est l'ancienne grande route d'Orleans, disons mieux, l'ancienne voie romaine qui conduisait de Lut'ce aux-provinces du Sud de la Loire; elle eut ce \ Xi 8 privilege de voir passer diligences et chaises de- ot- jusqu'au milieu du xvllne siecele, epoque a laquelle l'avenue d'Orleans l'en de-\ posse6da. So n nom. aussi a quelque chose d'etrange et demeure encore mysterieux. On ~ a cherche' dans, les legendes du moyen age LE LION DI l'histoire d'un geant qui aurait et enterre dans ces parages, le geant Ysore; mais. Jaillot, moins credule, a retrouve la preuve de l'existence, au xvl) siecle, d'un~e famille parisienne du nom. d'lsoire, possedant une maison sur la place Maubert; de la 'a lui attribuer aussi la possession d'un flief dans Ja plaine de Montrouge, il n'y a pas loin, mais ce n'est toujours qu'une hypothese, d'autant plus que le nom existait de's le siecle pre'cedent. Par acte du 27 avril 1466, le commandeur de SaintJean-de-Latran, a Paris, donne a beail 'a Germain Amanbary, laboureur de Cha'tenay, la (( maison, hlostel et metairie de la Tomle Ysore )) que possedait la Commanderie, (( ledit hostel,, ferme de murs, situe6 pres du moulin 'a vent )). (Archives nationales, S. 5 122, origillal sur parchemin). La 2we d'Alesia est la grande voie qui, continuant la rue de Tolbiac (Xjlje arrondissement) et continuee par la rue de la Convention (XVe arrondissement), etablit une relation directe entre Auteuil et Bercy. Le chemin de fer de Sceaux passe au-dessus d'elle sur un beau pont de *< y fonctionna, tant que Bicktre servit de delpo't; \ des condamnes 'a mort..........:- La lace D~enfert-Rochereau, elle, est pleine de -s-;;ig; 0g:-i0:0:;; \gaiete et cle soleil. -Au centre, le Lion de.....-0:t0000\t000-0000;tT Belfort, chef-d'aeuvre de Bartholdi, symb~ole - - -;-;\ \ de la defense nationale, repose ma estueux ggg00:t0::::gg;:g;-;i:;tX\ et superle, danls la tranquillite que donne la i l~i000 \ force. A gauche, s'1eleve la gare, denommee 91B NN i \ avec un rare mauvais gout, Paris-Denfert. Ce g | a fut longtemps la te'te de ligne; elle ne l'est Xhts lus que pour les messageries, depuis 'le.... I. lot' avril 1895, jour ou' a ete livre a1'exploita"M -i in epooget souterrain du chemin de | > /fer jusqu'au Luxembgourg. _. 0 iii-Z Dans un square minluscule plante' du meme P / c0te, se voit le 2nontiment (le Chaai1let, sculpte, /par Charpentier: le motif principal en est un / ~beau grenadier de l'Empire, montant la garde devant le medaillon out est reprodu.ite l'effigie B ELF O RT. du populaire. dessinateur de nos gloires ml-' itaires. De l'autre co'te' de la place, dans un square moins exigu, la statue de Raspail, dont nous avons de'ja' parMl. L'entree de l'avenue d'Orleans est commandee par deux pavillons qui se font vis-a-vis. Bien que tout 'a fait depourvus de gralce, ils n'en sont pas moins interessants 'a regarder, car ce sont maintenant les deux spe'cimens le mieux conserves des anciennes bearrie'res de Paris; nous sommes ala barriere d'Enfer. La Y~ille de Paris les utilise pour le service administratif des carrie'res et, de fait, a' cote de celui de droite-, est l'entre'e des catacombes, la grand~e curiosite de l'arrondissement. En 1786, on transfera da'ns les carrqieres qui s'etendent-sous la plaine, de Montrouge, les innombrables ossements provenant du cimetie're des Innocents, supprime pour cause de salubrit publique. Ces ossements furent disposes avec art le long des parois; la collection s'enrichit 'a plusieurs reprises par suite de la suppression d'autres cimetie'res, et elle constitue le plus lel ossuaire du monde. On le visite 'a jours. fixes, muni diune carte que l'administration prefectorale ne EE FAQADE DE LA GARE DU CHEMIIN DE FED. DE SCEAUX. LE PAVILLON DU BEY DE TUNIS. I(STATIO-N DITE DE PARIS-DENFERT. ) (PARC DE AlONTSOURIS.) pierre qui porte la date de 1868. Le quartier du PetitMontrouge forme le noyau autour duquel l'arrondissement s;'est developpe et peuple. La rue de la Tombe-Issoire, d'un cote, celle des Plantes, de l'autre, la rue Daguerre et le b~oulevard Saint-Jacques, au Nord, les fortifications, au Midi, en constituent les limites; c'est Ull carrel long. Parcourons-le en commnengant, 'a 1'Est, par la place Saint-Jacques. Spacieuse et deserte, elle a un sombre passe, car, de 1832 'a 1851, la guillotinle refuse jamais -et arme' d'une bgougie. Cette pro.menade macabre commenc aI'ancienne barrie're d'Enfer, pour se terminer 500 me'tres, plus loin, vers, le Midi, rate Dareau, jadis voie creuse et ci-devant rue des Catacombes. C'est un maire de Montrouge qui a fourni la clenomination actuelle. L'avenzie dI'Orle'ans, longue d'environ 1,200) me'tres, est l'arte're principale du quartier. C'est, on le sait, le prolonge - ment dans. Paris de la route nationale, no'20, de Paris "a Toulouse; en cette LE LAC DU PARC DE MONTSOURIS.

Page  151 QUATORZIEME ARRONDISSEMENT 11 __ ___.....____.__.._ qualite', elle e st..l....l....... l........ ^^ plan t~e d'arbres et.........pourv e la u leon es homms e fem es.L'intittionesldonetre libral inte s d'uenele car elle ofre un asle indemn de totcuiacsnbes brntaies en traaildon Iereps et i lgitme pre s foxnte qui de ndieu etqen des privaios Au arrfou qu Fo aoelat jdisde a Goixd'Acuesilometrquiest aujord'ui ansdenmintio, selee 1eglse aint-Pies edepui ronisemet.Encren'et-llepa trs ncinn, aan l e pav on truie Montrouge. ~ ~ ~ ~ maso de re-us el igeetunfr men endebaiente ls satins 'Oust-ei tu r aiet de ---- tunnel~~~~~~~~~o~ lon de a0 cersnt otr uulonpse,' ~l de~~an 30l mere. |1 |||| La rgio qu s'ten a 'oust e Pvaintenrl an t de 'i est ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ rc aet lati den epe e1arodseet ai UN DES PAVILLONS DE LA BARRIERE D'ENFER. ne I'a pas encore envahie et le maralichage n'y est pas trop 'a 1'e'troit. LUavenue (le Chaitillon la traverse, pour devenir hors des remparts, la route departementale no 29, de Paris 'a Chevreuse. Nous regrettons pour la rue Friant qu'elle ait perdu, depuis 1864, son aimable nom. de rue du Pot-au-Lait. En revanche, la rue des PIlantes aQ tout gagne "a ne plus s'appeler chemin des Gors; malheureusement la gralce de son nom ne 1'empeche pas d'e'tre Fitine'raire habituel et trop frequente des convois funebres qui vont au cimetie're parisien de Bagneux. Cette denomination de Gors etait bien ancienne; nous la trouvons de'j'a usitee en 1566, dans des titres de propriete de la Commanderie de Saint-Jean-de-Latran (Arch. nat., S. 5.122), parmi d'autres noms de lieux-dits qui en 6taient voisins: le chemin des Charbonniers, les Maijolaines, les Jones marins ou Jommarins (de's 1489). Voila' de vieux titres de noblesse pour des quartiers qui paraissent nes' d'hier 1 La rue des Plantes vient deboucher dans 1Favenue du Maine, en face d'un vaste espace ombrag6 et borde d'e'difices municipaux dont la mairie du XIVO arrondissement est le principal. La date 1886, grav e a so rotn est la preuve qu'elle- nest pas contemporaine de la constitution de I'arrondissement; toutefois le monument que nous LE PETIT CHEMIN DE FER D'ARPAJON. avons sous les yeux fut bien la premiere mairie de Montrouge, mais il a ete agrandi, remani6 si comple'tement depuis, qu'il en est devenu meconnaissable. La rue Houton-Duvernet (C'est le nom d'un general du premier Empire) la relie commodement 'a F'avenue d'Orleans. L'avenue du Maine est mentionne'e sur d'anciens plans comme route du Maine. Depuis, nous Favions connue sous le nom de chausse'e du Maine; sa, denomination actuelle date de 18717. II ne faut pas croire pour cela que ce fu't le chemin suivi pour se rendre dans la province du Maine. La rue du Clidleau nous fournira 1'expli VUE DE LA PORTE D'ORLEIANS.

Page  152 I 52 PARIS - ATLAS LE DISPENSAIRE FURTADO-HEINE.VISITEURS A L'ENTRE DES CATACOMBES. cation de ce mystere, et c'est une nouvelle occasion de pester contre les maladroits reformateurs des noms de rues: elle s'appela en effet, jusqu'a 18-73, rue du Chateau-du-Maine, parce qu'elle conduisait a une sorte de chateau, disons, plus modestement, de pavillon, ou le due du Maine, enfant, aimait a jouer. Cette habitation a disparu: elle portait le n~ 142 de la rue du Chateau et les arbres de son pare, peutetre contemporains de Louis XIV, etaient loin d'etre inutiles a donner a <.~<.. ~ ce coin recule de Paris un:: i::::.::':i;] ii; agrement dont il a besoin. Mise en vente le 28 mai 1898, cette propriWt a Wt achetee par la compagnie des trai-n ways-sud qui a remplaeatce ces beaux ombrages par les /all de son depolt. lette explication dtymologique nous a conduits dans le 56V l quartier, qui | de la rue Dauphine, y vint acheter des terrains et WItir des maisons s A ce quaravit novausiu vieu donlna le muitselea otl o t an temps a maintenant consacr6. Nous retrouverons Chauvelot 'a Vaugirard, LA MAIRIE DU XIV,ou son liumeur industrielle s'exerca par la crea~tion d'un autre quartier, celui de IFAvenir'. Le succe's de ces creations fut du' en grande partie 'a ce' qu'elles se firent hors de N enceinte de Paris. Plaisance fat e atie surles territoires des communes de Yanves et de Vaugirard: le quadrilatere limite par les rues des Plantes, d'Atesia, le chemin de fer et les fortifications, d6 -pendait de Vanves; le reste du quartier, c'est-a'-dire la partie la plus habitee, relevait administrativement de Vaugirard. On ychercherait en vain de plus anciens souvenirs que celui du chateau du Maine. II y avait aussi un vieux moulin, le moulin (le beurre, dont le nom a et maintenu 'a une rue. U'glise Notre-Dame-de-Plaisance est en voie de reconstruction, c'est-a-dire qu'une souscription est ouverte pour permettre la reedification d'un edifice moins modeste que la chapelle actuelle, dont le cinquantenaire a pourtant ete celebre le 9 avril 1899. La nouvelle eglise doit etre sous l'invocation de Notre-Dame-du-Travail; elle s'etendra entre les rues Vercingetorix et Guilleminot. Nombreux sont a Plaisance les etablissements d'assistance, d'instruction et les couvents. L'asile Notre-Dame-de-Bon~.... ~.............,.............,.*.. ^.... *Secozurs, situ e rue des i ii li iPlantes, no 6e,.a Ws inAR NISM-stitue pour recueillir des - til c vieillards ou des malades, lesp0 aliesayant pension ou traites i000'So viin; it Saina I'aide de fonduations dues; ommeX0X; 1sle i de 00 * c une.o r ea la charite privee.....0........ 0!Rue Delbet, se trouve le renfanceS t 0; a la v ss m lhes enfaleus ages de muoin etalissements chaitable: 1'ail lep ies consulatins metdla maso de retrait Tisrad Au1 decessi c mes au leul retbi 01 eitene I' m ne pt sesunr li eu.Il'n'es pas denl~ qua t a P _...............prote..io.............e t p s l o a a e.................. - - t-aL'opital Broussais,884 ARODSEMN.ale eitr-ifats 'e de laorue Ddot quinznans la tragvnCeinture, ~ ~ ~ ~ ~ ~ cle daeceet. lcnin 20lt.O trie mexcluivments les malacliesirs ' ayant un atabl pidmiue Son vosin, lhopita SczitadoseHeinru Pirq- aros fnd 1, rest colme 'ailede ol-Seous, ne eure eJachariter 1 priee.~ch Rued'Aesi, nfi, ( lintrsetill le aque porte nauss s'ournt ao.aso... rat Tisserand Audinaucomme au seuil de ji leitlclIoxxxne ne7 1896 slfll uisu. Ilnest ptabis clen-atle (lali Ot ce~teprteton ul~laieLli hoitpitsalgmn B oussais, quaRODSEET a 1extisait d laru

Page  [unnumbered] PARIS - QUATORZIEME ARRQNDISSEMENT L I Fra s O ce; M.'de r r Ivi l h=tl c Fo oste mpo~N a Pomi nt co~~P (~~C M""de c Tdld Tss!"T ~~~s? iir: t.......,...'... de Fla. " ir hele i: iz;r ooo j- I - to - u r Ii Iparnasse Sante MYonfrouge dance R w<\ 0 250 500. I PARIS-ATLAS. 14

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Page  153 LA SEINE ENTRE LES XVe ET XVIe ARRONDISSEMENTS (Vue prise en 1889). VAUGIRARD. - 57e QUARTIER: SAINT-LAMBERT. - 58e QUARTIER: NECKER. 59' QUARTIER: GRENELLE. - 60' QUARTIER: JAVEL. U3@5 ^ r, etait impossible de choisir pour le XV~ arron-^C bdissement, dit de VAUGIRARD, une denomination plus exacte que celle qu'il a recue: Vaugirard. S i R Dans toute la region, nul monument maiquant, helas! tandis que s'imposait le souvenir histof l rique d'un tres ancien village dont le territoire, annexe en 1860, a constitue les sept huitiemes de p l'arrondissement. Seule une partie du quartier Necker provient de.l'anicien Paris de Louis XV, et nous aurons occasion de montrer plus loin comment Grenelle nlie fut qu'un demembrement de la commune de Vaugirard. Sa superficie, qui est de 721 hectares, lui vaut, dans cet ordre d'idees, la suprematie sur les dix-neuf autres arrondissements, le XVIe le suivant de pres avec 709 hectares et le XIIe ensuite avec 625; mais le chiffre de la population n'est pas tout a fait en proportion avec cette vaste etendue: au dernier recensement, il etait, en chiffres ronds, de 133,000 habitants, c'est-a-dire inferieur a celui des Xo, XIe, XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements. Les limites sont des plus nettes: a l'Est, la ligne du chemin de fer de l'Ouest le separe du XIVe arrondissement; au Sud, sont les fortifi cations; a I'Ouest, la Seine, au dela de laquelle s'etend le XVIe; au Nord, la limite est faite avec le VII3 arrondissement par 'axe de l'avenue de Suffren, de la rue Perignon, de l'avenue de Saxe et de la rue de Sevres; avec le VIP, par l'axe du boulevard Montparnasse jusqu'a la place de Rennes. Si haut que l'on remonte dans l'histoire, on ne trouve rien de certain sur Vaugirard avant le XIIle siecle. II parait qu'on nommait cette plaine Val Boitron - denomination incertaine et inexpliquee - lorsque, en 12o8, elle attira 'attention de l'abbe de Saint-Germain-des-Pres, Girard de Moret; il en fit une colonie de son abbaye et y batit une maison de convalescence pour ses religieux: d'ou son nom donne au lieu: Val Girard et finalement Vaugirard. Les successeurs de Girard de Moret continuerent au jeune village la faveur qu'il lui avait temoignee; Jean de Precy, notamment, au siecle suivant, le dota d'une cloture, puis d'une chapelle qui, en 1342, fut erigee en une -cure distincte de celle d'Issy. Cette date est, a proprement parler, celle de la fondation de Vaugirard, car, au moyen age surtout, un groupe d'habitants n'avait d'existence propre qu'a condition de former une paroisse. Nous avons sous les yeux un (( plan de la terre et seigneurie d'lssy, Vaugirard et leurs dependances ~ date de 1667 et conserve aux Archives * 15 PARIS-ATLAS,

Page  154 I4 PARIS- ATLAS de la Seine. L'agglomeration du bourg est figurt Ite loi>g de la grande rue, vers le n~ 240, c'est-a-dire pres de 1exljt nult | de la rue Cambronne, laquelle y figure aussi sotts!e ondIt o de chemin de Vaugirard a Grenelle. Sur la gauchle de la gt-araen | rue, plus pres de Paris, se voit un vaste encios qfi L(aitit la maison seigneuriale de Saint-Germain-des-Pre~s, ell dtmrT1t't('e lui le lieu dit les Fourneaux; puis, allant vers PNaisibtuc: Ite Pressoir, les Bruyeres, les Morillons, les Carrie rcs. Du c(i6 |t|1 de l'Ouest, la rue Lecourbe s'appelle chemin dto S 1vt(ca; tt rue Croix-Nivert, chemin d'en bas de Paris a Issy; at t- lt poillt de rencontre est marquee la croix Nivert. On n'y dlistimgto pas la maison fameuse situee, tout au bout du pays, verfs ssy, out, en 1642, l'abbe Olier fonda le seminaire d'ou es. sort>tile I congregation des pretres de Saint-Sulpice. Cette Inuu;son s'elevat it sur le cote droit de la route:; mais, peu apres, 'ibbe6 Ofier acheta en face un grand clos, relia les deux ^Jii proprietes par un souterrain, et fit conslruire /^^- * de nouveaux batiments ou il installa ses / 5 | lilllS jeunes seminaristes. Le college actuel des //^^^^^^^^^^ I v jesuites en occupe l'emplacement, nous di- //^ I 1^^^^ ^^ rons plus loin apres quelles phases. / AiX ^^^^^-^^^^^-^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^&^^^^J En 1790, la paroisse de Vaugirard devint / ^ ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^; une commune du district de Sceaux et du. /....... canton d'Issy: ce ne fut pas sans quelque | difficulte;- il etait question de la reunir simplement a Issy, sous pretexte qu'elle j n'en etait qu'un demembrement, mais les | pi^^^^^^^^1^^^^^^^^^^^^^^^ p habitants protesterent jusque devant l'As- _ semblee nationale, et leur plainte fut en- \ tendue. En 1830, Grenelle devint a son tour \ autonome, et, trente ans apres, les deux \ -lp*-i!communes etaient definitivement absorbees par la metropole, mere trop avide de serrer ses enfants dans ses bras. Quartier Saint-Lambert. - C'est le cceur meme de l'ancien Vaugirard. Le nom ~ qu'il porte est celui du saint, eveque assez obscur de Maestricht, que 1'eglise parois- FAgADE DE L'tE GLI' siale reconnait pour son patron. Cette eglise, on la vu, avait ete fondee en 1342. Seuls, les anciens du lieu pourraient se la rappeler: elle s'elevait au carrefour des rues Saint-Lambert et Desnouettes, c'est-a'-dire a l'extremite Ouest du village, et dans son livre sur Vaugirard, ecrit en 1842, labbe Gaudreau, qui en etait cure, se plaint amerement de cet emplacement et de l'abandon dans lequel on la laisse. Six ans apres, on lui donnait satisfaction, par le vote du conseil municipal de Vaugirard qui confiait a Naissant, architecte de larrondissement de Sceaux, la construction de l'eglise actuelle sur un terrain donne a la commune par Pabbe Groult. Disons en passant que telle est l'origine du nom de la rue voisine, appelee anterieu^-ment rue du Transit. IDone, P'eglise Saint-Lambert, commencee en 1848, fut inauguree le 19 juin 1856. Situee rue Gerbert, c'estun edifice correct, sans grandes prel itions architecturales. La declivite du terrain a ete utilist, -ointne on l'a fait plus tard a Peglise d'Auteuil, pour cowsin'c 1l.1.1in eglise inferieure, mais avec cette particularite ilss(cX } rarel({ (que celle-ci est de proportions plus grandes que la ptle't( suli C re. Ce W'est done pas une crypte. A A?rror dans les rues peu interessantes du quartier Saintl t Lam111-bert, o(:):I ep [rouve une sorte de malaise vague d'abord, qui I sc precisf ensuite: cela manque de verdure. Seul, un square g c6triqlt, coisltituant la place de Vaugirard, offre ses cent cinJ quante. ts mitres d'ombrage aux ebats d'innombrables enfants;:4; 8Po'es b'teaiico trop peu. Encore ne date-t-il que du mois de lift sep~eblteo 1896; il occupe le terrain de lancienne mairie, ths {c'J'les t'i de la justice de paix, batiments ruines qui se demol(Wissaio d'eux-memes. ilii litre les rues Lecourbe et Blomet, s'eleve la mairie du:tll XVP arrondissement, dans le style habi>ll"4 — ^ tuel depuis vingt-cinq ans a ce genre d'ediII 11(J;~v::/ ^'^. W 0 fices. Celui-ci a eu pour architecte M. Dell;; 0fi^ff ^^I.0 \ '\ vrey et a ete acheve en 1876. ll B; tE\\ En suivant lancien chemin de Sevres,qui II - X;:t: 0 0;f:f;0;\\ porte, depuis 1865, le nom du general Le-.t I^B - ^ t: ^;;:0g;;0;0f; \ courbe, on arrive au carrefour ou nous avons III B^;^^^;;;f;00;f^^^^ \ dit que des le xvio siecle se dressait la;1;;0j;0::: 0;.;f0:1 \ croix Nivert. La rue de ce nom, tres an-II itlfc |; 0;0cienne aussi, y aboutissait; elle n'a et proI; -— X|X;fl|- longee qu'en1875, jusqu'a la rue de Vaugir rard. Elle debouche en face du college de | lImmaculee-Conception, plus connu sous / le nom de maison des jesuites de Vaugirard, I / qui occupe Femplacement du primitif seminair de ain-Sulpice fond' par Ofier en 1642. Vendu comme bien national en 1790, cet etablissement eut plusieurs possesseurs jusqu'a ce qu'en 18_9 il eut ete | g C / ^acquis par I'abbe Poiloup pour redevenir un vz college. Il Pest reste, mais, depuis 1843, sous la direction des peres jesuites. E SAINT-LAMBERT. A cet endroit, la rue de Vaugirard s'est elargie. La barriere est proche, c'est-a-dire le terminus de son parcours qui est de 4,3a0 metres exactement. Deja s'apercoivent les premieres maisons d'Issy, et, par dela, les coteaux boises de Meudon; c'est la route de Versailles qui commence, route nationale 189, Pancien pave des gardes. Ainsi s'explique le nom de porte de Versailles, que beaucoup confondent avec la porte sise au Point du Jour, au bout de lavenue de Versailles, pour laquelle I'Administration a reserve le nom de porte de Saint-Cloud. Soit par le boulevard Lefebvre (il s'agit du celebre marechalLefebvre), soit par les rues Leriche et des Morillons, on atteint en quelques minutes les nouveaux abattoirs de la rive gauche. Seules, les villes de quelque importance ont des abattoirs. Cela paraitrait un edifice somptueux dans les simples communes, ou bouchers et charcutiers tuent les animaux dans la cour de leur maison SE 1^..;::A:: i.'*^ i:.!'*::::^ LE SQUARE DE VAUGIRARD. LA AAIRIE DU XVc ARRONDISSEMENT.

Page  155 QUINZIEME ARRONDISSEAMENT ENTREE DES ABATTOIRS DE VAUGIRARD. PONT DE L'AVENUE DU MAINE. erigee en (( tuerie )). I1 en fut d'ailleurs ainsi a Paris meme jusqu'au regne de Napoleon Ier. Un decret imperial de 1810 decreta la construction de cinq abattoirs dans les faubourgs: trois sur la rive droite: le Route, Montmartre et Menilmontant; deux sur la rive gauche: Villejuif et Grenelle. En 18418, un abattoir special pour les pores fut construit a la barriere des Fourneaux. La commune de Vaugirard etait donc bien - ou plutot mal partagee 'a cet egard puisqu'elle avait deux sur trois des abattoirs de la rive gauche. Le grand abattoir de la rive droite, que nous retrouverons a la Villette, absorba les trois autres, situes au nord du fleuve. Rien n'etait change pour Vaugirard. Dans sa seance du 14 fevrier 1887, le Conseil municipal s'en preoccupa enfin; il decida lacquisition d'un vaste terrain vague, de 10 hectares, situe dans lancien lieu dit les Morillons (deja existant sur le plan de 1667), borde au Sud par le chemin de fer de Ceinture, c'est-a-dire dans une condition favorable a I'adduction des bestiaux. Les negociations, puis les travaux durerent longtemps; il s'agissait de 10 millions a depenser, dont on trouvait compensation, il est vrai, pour la plus grosse part, dans lalienation des terrains des abattoirs des Fourneaux et de Grenelle. L'edifice n'etait pas acheve le 13 juillet 1897, lorsqu'il fut visile par le president de la Republique a son retour de linauguration du pont Mirabeau; il n'y avait en activite, depuis le 20 novembre 1896, que l'abattoir de la charcuterie. Tout est fini aujourd'hui: un arrete prefectoral du-9 fevrier 1898 a fixe au 6 mars louverture des (( echaudoirs )) pour la boucherie, l'abattoir de Villejuif restant ouvert a la boucherie hippophagique. LUensemble des batiments est de bonne mine; on voit que lespace n'a pas ete menage. Les architectes ont tenu a realiser les desiderata des hygienistes. L'entree principale sur la rite des Mlorillons est decoree de deux ruminants de bronze, a Fallure fringante, places la sans doute par ironie, car ils semblent dire a leurs lamentables compagnons: Lasciate ogni speraanza... Non loin sont le boulevard et la rue C/hauvelot, une seule voie ne suffisant pas a perpetuer la memoire du fondateur de Plaisance et du ha-.[............. meau de lAvenir dont illllillliillliji;r^ la rue de Villacfranca etait une des arteres princi-;t; pales. rest dire que ce l 1,::::: ^^..:; ': groupe Lhabitations date de 1859. LA' s 1evait, rivale de la tour lllle voisine de Malakoff la tour de Villafranca, qui VU...,A... La rite Labrouste porte 1 le nom de- Farchitecte H^^^^^ Sainte-Genevie've I. E le....... aboutit au rond-point des |~ Foutrneaux, un gentil........ coin de province, qui p^^^^^^^^ traverse la venerable...... rite de la Procession, pri-...... vee depuis bien long-...... temps des reposoirs et......,la rute d'Aller ay, elles l^ - - ~ —. ^^ transmettent 'a la post6- -- ~ -- "- - - - - - - - rite le nom du dernier VUE DE LA GAR E seigneur de Vaugirard, (( messire Denis-Francois-Angran d'Alleray, seigneur de Bazoches, Conde, Saint-Libiere et autres lieux, seigneurpatron de Vaugirard-lez-Paris )), lieutenant civil.,de la prevote de Paris, qui mourut sans seigneurie en 1794. Quartier Necker.- II participe de Pancien Paris et du Paris annexe, etant a cheval sur l'ancien boulevard de ronde; d'ou deux physionomies bien distinctes qui se confondront avec le temps, a mesure que la peripherie se parisianise, si lon peut ainsi parler. Si la place de Rennes est commune aux VIe, XIVe et XVe arrondissements, la gare Montparnasse et la ligiie de chemin de fer qu'elle commande appartiennent tout entieres a ce dernier arrondissemeiit. Pour une fois, la loi des axes n'a pas ete observee. De moins en moins nombreux sont les hommes qui avaient vingt ans en 1840, ceux qui eurent la surprise, l'emotion, apres avoir ete en chemin de fer a Saint-Germain -ce qui passait pour un acte de supreme courage - de se rendre a Versailles par le meme procede. Ils nous diraient les sentiments qu'ils eprouvaient, le lO septembre 1840, lorsque fut inauguree cette ligne qui avait a franchir une vallee a 45 metres de hauteur, et qui montait, montait toujours pendant; lieues. Vaugirard dut etre en fete, ce jour-la, d'autant mieux que les trains circulerent sans encombre. La gare primitive etait situee hors barriere, a langle de lavenue du Maine et du boulevard des Fourneaux (aujourd'hui boulevard de Vaugirard), construction modeste (en 1842, dans son Histoire de Vaugirard, labbe Gaudreau la quali.fie de magnifique embarcadere), offrant une seule facade sur le cote droit de la ligne et que la Compagnie a conserve pour y placer des bureaux. Peu d'annees apres, les necessites du trafic exigerent autre chose. Il fallut jeter 0-aux viaducs, Fun sur Pavenue du Maine, lautre sur le boulevard de Montrouge (Edgar-Quinet), puis, a leur hauteur, elever ull enorme mole de terre, sur lequel fut construite la gare actuelle par larchitecte Lenoir. Ces divers travaux etaient acheves en 1852, et de la plus petite gare de Pa-......... - ris, on faisait la plus 1 > ---. e xw -.v-......... monumentale. ^ll::^^;:;:^^^^-.,'^'^!1:^ " Pendant pre's de cin-;:: i:' 0 '; ';::*:,:: i f 0 $: ^v'.:i';::::;0f;:::; 0 ^:' K-: f;^y:''!:^!::^;qu an te an s, la gare Montparnasse n'a pas.:;;*:; ': *::::;:. -,:: *x /.:00;;i00: ^ l 0 change d'aspect. Les;a............. ^ Parisiens - ceux surMtout de la rive gauche |9 |le train (combien om-..........nibus!) qu me'ne, aux _i l J& olis bois de Meudon et Sl g,......... est re ournee, comme -- ---------- - - --— on l'a dit pittoresqueON T PARNA SSE. ment- Les deux rampes i

Page  156 156 PARIS - ATLAS _ _ de depart et d'arrivee, par lesquelles on acce-. dait aux quais des gran-:!.' des lignes, ont leur ori-:;;;::-;:: gine sur le boulevard I Edgar-Quinet, au lieu de;:;;;0;; l avoir, com m e jadis, a lll11I!!: -V00::: 1 X;f;001:;:;;i la place de Rennes. ILes..I^! ^..... voitures circulent de i!'::':::; l'embarcadere au debar-;;;:000;:;:,;; *:; cadeire par une loggia iS couverte, planceeau-dessous: del'horloge qui decore la fatade centrale,... dont lordonnance a VtL respectee, mais que flanquent deux larges ailes gance contestable, auxquelles aboutissent less a pu a gd i le c nouvelles rampes. L'ac- s ces des lignes de banlieue est menage par deux escaliers 'a double revolution, sous lesquels en passe un autre, au d l l-', centre desdos bAtiments n'avai pour la sortie des voya- wg tout geurs. ECette disposition nouvelle, plus pratiuque assurment, a pour avantage d'eviter le retour d'accidents comme celui du 22 octobre 1895, ou le train express 56, venant de Granville, ne put tre arr6tes a temps par son mcanicien; la locomotive defonc lala grande baie du premier ptage de la gare et Vint s'abattre sur le pavE de la place. Si le conducteur d'arriere, voyant FentrA e en gare s'effectuer avec une de alri dsordonnte n'avait pas fait jouer le frein Westinghouse qui bloqua les derniers wagons, tout le train passait sur la place! En me'me temps que les travanx de'refection de la gare Montparnasse, ont ete poursuivis ceux, plus utiles encore, qui avaient pour but de facifiter et de multiplier les communications entre le XIVe et le XVI arrondissement par la suppression des passages 'a niveau. des rues du Chateau, et de la Procession, par la creation d'une passerelle au droit de la rue Durand-Claye. Enfin, I s voies so'nt doublees entre Paris et Clamart. A en croire les tres rares historiens de Paris qui on't daigne' s',occuper de la' rue des Fourneaux, elle tirerait son nom. de fabriques de four 'I neaux ayant existe la au s-ie'cle dernier. Rienn'est..~~~~~~~~~~~~~.................... O.2.O.. ^...............xx iedlne. Re 's i:] 0 0 moins probable. Remar&s-::; t I uez que le lieu dit les -------------------- * sez bien ouvragee, porte Pht Neuei Fourneaux figure, d" PhoEsurR la date plan1778. Du meme 1667; TUT PASTEUR.cait alors la interieur campagne; on n'imaginedu boulevard Pasteurs com-:a mercants y aient pu faire de-grandes maisons toutes neuves occupent emplacement de cesabattoir des Fourneau. La etai la bariere que franchit infortune simpdans la silementistre geole de Bourg-la-Reine.des fours chaux, a mon-is que ce Avant de porter Ile nom de illustre chimiste, Ie boulevard Pasteurmi s'etait appele boulevard d'lssy, puis boulevard de Vaugirard. Il n'y aurait rien d'excessif a ce qu'on donnat le meme nom a la rue IDutot, ainsi baptisee par e tres obscur proprietaire des d'terrainsppel au-d traverssus esquels elle fut percee en 878 car enfin la rue Dutot est avant tout la rue de l'Institut Pasteur. Cet etablissement, utile entre tous, a ete fonde en 1888. Pasteur venlait de decouvrir le microbe de la rage -ce mal qui repand la terreur - et en meme temps, le moyen de la combattre efficacement. L'enthousiasme officiel et prive rivaliserent pour faire les fonds de la construction d'un hopital special au traitement de la rage: tout l'univers civilise y etait interesse. Pasteur est mort en 189r, apres avoir sauve d'une mort horrible plus de quatre mille personnes. Par une derogation a l'usage, bien naturelle dans l'espece, son corps repose a FInstitut meme, dans une chaelle que 'afdection affligee des siens a cfaite a la fois tres simple et tres belle. Lnscription suivante s'y lit: z- * iS 0 CE MONUMENT FUT ELEVE EN MDCCCXCVI A LA MEMTlRE DE PASTEUR PAR LA PIETE DE SA VEUVE ET DE SES ENFANTS. IL DIRIGEA LES TRAVAUX, o_ des F x La 6DESS1NA LES FIGURES DE LA COUPOLE. - = t- AUGUS'IE-GUILBERT MART1N EXECUTA LES MOSAlQUES L'euvre de Pasteur s'est, d'autre part, completee, developpee, grace a une liberalite telle que bien peu de privilegies de la fortune pourraient F'accomplir. Mme la baronne Hirsch a legue plus de deux millions pour la creation d'un Institut de chimie biologique, annexe necessaire, sinon indispensable, de la fondation primitive, et dont les batiments situes de F'autre cote de la rue Dutot, et s'etendant a travers des jardins jusqu'a la rue de Vaugirard, viennent de s'achever. Le nom de la genereuse donatrice s'ajoute, en belle place, a la liste des bienfaiteurs de I'humanite. Par une antithese certainem.ent imprevue, la rue des Volontaires (ancienne rue Volontaire): O soldats de F'an deux! 0O guerres! Epopees! est celle d'un hopital, l'hopital Saint-Jac LE TOMBEAU DE PASTEUR DANS LA CRYPTE.

Page  157 QUINZIEME ARRONDISSEMENT 157 Phot. Neurdein. LIE LABORATOIRE DU DI ROUX, A L'INSTITUT PASTEUR. ques, dispensaire homoeopathique ou se donnent des consultations gratuites et des soins payants. II etait autrefois situe dans le faubourg Saint-Jacques, d'ou son nom. De l'autre cote de la rue de Vaugirard, le lycee Buffon, fonde en 1889, fournit l'enseignement moderne auxjeunes gens du quartier; il ne recoit que des externes. Un peu plus bas, jusqu'a l'angle de la rue de Sevres et du boulevardl Garibaldi (avant 1885, boulevard de Grenelle, apres avoir ete boulevard de Sevres), un grand terrain vague, ou se sont elevees d'elegantes maisons, represente l'emplacement des abattoirs de Grenelle, supprimes et remplaces, comme nous I'avons dit, en 1898, par ceux de la rue des Morillons. Le quartier n'a eu qu'a gagner a la disparition de ces constructions, d'une lourdeur peu commune. Leur denomination admninistrative etait, au surplus, inexacte, ce territoire ayant toujours fait partie de Vaugirard. Au centre de la belle place de Breteuil, s'elevait, jusqu'a l'hiver de 1903, 'etrange colonne en fonte du puits artesien, fore sur les indications d'Arago, de 1833 a 1841, et portant fort inexactement le nom de puits de Grenelle, puisque, pas plus que les anciens abattoirs du meme nom, il n'avait jamais appartenu au territoire de cette localite. La colonne a ete deboulonnee tres administrativement et sur son emplacement a ete construit le monument a la gloire de Pasteur, inaugure tres solennellement, le 16 juillet 1904, en presence du president de la Republique, de l'Institut et des grands corps de l'Etat. Un nombre incalculable de discours furent prononces. La rue Pdrignon, qui, de ce czetesepare le XVI arrondissement du Vile, rappelle le souvenir d'un membre du conseil general du departement, qui, sous LouisXVIII, eut quelque renom: il n'etait pas inutile de le dire. l'h6pital Necker est un des meilleurs legs que nous ait pu faire l'ancien regime. G'est un lieu commun de dire qu'avant la Revolution, et meme pas mal de temps apres, le regime hospitalier laissa fort a desirer.Non pas que les hopitaux manquassent, mais ils etaient deplorablement administres. Pour y porter remede, la vigilance eclairee de Necker concut le projet de creer dans les meilleures conditions pos sibles, une succursale a 'Hotel-Dieu, pour les paroisses de la Charite et du Gros-Caillou. Il n'est pas tout a fait juste de dire, comme 'ont fait les freres Lazare, que MmeNecker a ete la fondatrice du nouvel hopital; elle eut simplement la haute direction - la direction d'honneur de 'etablissement pour lequel son mari avait obtenu du roi une subvention annuelle de 42,000 livres. Installe dans les bAtiments des religieuses de Notre-Dame de Liesse, il fut ouvert aux malades en 1778 sous le nom d'hospice de charite. Il ne s'y trouvait alors que soixante lits pour les hommes, autant pour les femmes. En 1792, on le nommait hospice de l'Ouest; en 1802 il recut sa denomination actuelle. On y compte pres de cinq cents lits. Son voisin, l'hopital des Enfants malades, demeure connu sous LE COLLEGE DE L'IAIAIACULEE-CONCEPTION.

Page  158 158 PARIS — ATLAS le nom de maison de l'Enfant-Jesus qu'il recut lors de sa fondation, au commencement du XvIIe siecle. C'etait, depuis 1751, une maison d'education pour des jeunes filles pauvres, appartenant a des. families dont la noblesse authentique remontat a 1550. I1 fut, en 1802, converti en hospice pour les enfants; grace a des agrandissements successifs, dont les derniers sont tout recents, il atteint le chiffre de six cents lits. Quartier de Grenelle. Ce / s l qu'il y a moins de cent ans encore on nommait la plaine de Grenelle /' avait commence par etre une vaste / garenne (garanella, d'ou Grenelle) / que des le xie siecle les deux ab- / bayes parisiennes de Sainte-Genevieve et de Saint-Germain-des-Pres / possedaient a peu pres par moitie. / On n'y chassait pas le lapin, mais / les moines, d'esprit pratique, y avaient de riches fermes ou' paissait | Ie be ail. Un castel, sur lequel les renseignements manquent, malheu- ** reusement, montrait ses tourelles \ ||| gothiques a peu pres a Fendroit ou \ - les rues Cambronne et Croix-Nivert \ \ aboutissent 'a la place Cambronne \ il figure sur le plan de 1667 et on \ sait encore de lui qu'en 1751 il fut annexe a FEcole militaire. \ Sous Henri III, ce territoire paraissait assez desert et lointain pour \ \j; qu'on y ait construit, en 1580, un hopital de pestiferes, qui, la peste ayant passe, servit un moment, ~ en 1587, dit Pierre de 1 Estoile, a LE MONUMENT DE PASTE abriter deux mille mendiants, (( pour y etre loges et nourris par le Roy, qui leur faisoit distribuer tous les jours a chacun cinq sols; ma.s pour ce que, se derobbant de la, ils ne laissoient encores a venir mendier par la ville, on les remist en l'estat auquel ils etoient auparavant ~. Le passe de Grenelle est des plus tragiques. Sous la Revolution, une poudriere y avait ete installee; le 31 aout 1794, elle fit explosion sans que lon ait su pour quelle cause; il y eut beaucoup de morts et de blesses. On parla d'un complot royaliste, mais Fenqukte ouverte par la Convention n'aboutit a rien. Puis la plaine servit aux executions militaires, et elle en vit beaucoup; les plus fameuses sont celles du general Malet, en 1812, de La Bedoyere, en 1815. Une periode moins sombre allait s'ouvrir. En 1823, quelques capitalistes et entrepreneurs de travaux publics se grouperent en compagnie d'actionnaires et resolurent de transformer la plaine en ville. Servis par l'argent et par lenergie, ils y reussirent, grace aux efforts de MM. Violet et Letellier. En quatre ans, ( la Ferme de Grenelle ~ - c'est ainsi qu'on appelait le nouveau quartier pour le distinguer de o l ancien Vaugirard ) 6 -etait sillonnee de rues paralleles ou perpendiculaires comme il convient a une ville neuve: une eglise, un marche, un port, un pont sur la Seine et, mieux encore, un theatre, s'etaient baltis comme par enchantement; quinze cents habitants yvivaient deja. I ne lui manquait plus que de constituerune commune independante, se de tacher de Vaugirard, qui voyait d'un mauvais aeil cette jeunle rivale '^~: si audacieuse dans sa prosperite. Ce ne fut pas une petite affaire. Il l l ll i \i faudrlait, pour l'exposer en detail, I | I | \ - donner le texte des deliberations I du Conseil municipal de 1826 a 1828, n dservees auxarchives de la Seine. I l faLes hostilites, apre( s avoir dure plus de deux ans re s e termiS11 ^ I _-nerent par une ordlonaiance royale;;-t 11 11 |\;du 23 octobre 1830 qui erigeait enfin _. j phie de Grenelle en com pune distincte. Ell meme tem ps, les limites des x c u d deux communes furent reglees de — X-E^KZ —lt- _ 1 1 la facon suivante(nuleavs Jr _ f7 e q elevees sur le pla ii de Lefevre) 'a de Ge l dpartir de la baErieere de l'Ecole L, la p e l(place Cambronnie), une lignze en;;000~a~a0;:j / haches 'tl travers les proprie'tes ba'oasis das lties, entre les rues Cambaronne et. _/ /; Croi-Nivert, jusqu"t la rue Quilevad de Gen e / lnault, alors saven ue dc u Theatre _e du /empuis ouaie d es rues Ma demoiselled de i ca c alCroix-Nivert, de Javel et de LourAu bou du: uea de Gen/ mel alors chemin des Vaches, juspa lquad la limoite du territoire d'Issy. e6Telte fut la situation topo;rrasphi u e de Grenelle, pane rvapport 'a R. PLACE DE, BRETEUIL Vaugiard, penlant trente annles. * t qElle a ee modifiee par la loi d'ano dexion de 1859, qui e cglobai p les deux communes dans Paris, et, de celle cle Grenelle, faisait deux quartierse administratifs. le quartier de Javel fut alors constitue par la partie de p Grenelle. situe au Sud des rues des Entrepreneu s et lillois. La rue, la place et la casernle Dupleix constituent unle assez siIgulie're oasis dans les solitudes qui separent le Champ-de-Mlars du boulevard de Grenelle: la caserlne surtout, avec. son porche d'.un a~utre age, du temlps oti il donnlait acce's aux chariots 'a fourra~ges de l'abba~ye de Sainte-Genevie've, car c'etait alors la ferme de Grenlelle. Au bout du bgoulevard de Grenelle se terminait le Pal-is cles fermliers generaux, par la barrie're de la Cunette; on en a retrouv6 les fondations en juillet 1896. Elle offrait cette particullarite d'e'tre construite sur la berge meme; d'ailleurs e'lle ne servait gue're qu'a l'entree des marchandises apportees par la route fluviale. C'est b~ien 'a tort que l'on persiste 'a designer sous le nom d'allee des Cygnes ou d"ile des Cygnes la -jete'e longule de 850 me'tres qui coupe la Seine en deux bras, entre la passerelle de Pass'y (construite en 1878) et le pOllt de Grenelle. L' He des Cygnes, jadis nommee Hle Maquerelle, Iul EN-TREE DE L'HOPITAL NECKER. L'HOPITAL DES ENFANTS-MALADES.

Page  159 QUINZIEME ARRONDISSEMENT 159 etait bien plus en amont, au-dessus du pont de 1'AlMna. Atker" j rie completement en 1820, elle porte, nous lravons dti1 plus % haut, la manufacture des tabacs dite du Gros-Cailiott, Quantll a la jetee, que quelques documents administratifts nomtlnent exactement digue cle Grenelle, c'est une ceuvre purmtenlt't( arificielle. Elle date de 1825 et a ete construite par les entretpreneurs de Grenelle pour constituer un port. L r nt f,te chemin de fer de Courcelles au Champ-de-Mars (pawlle sur S ses flancs son double viaduc. Du meme temps date le pont de Grenelle, sinott datlan, son etat actuel, au moins comme passage entre Grienlle c(l Auteuil. II etait en bois... et a peage. Refait coInmplo":te nt:I:'let, et pourvu d'un tablier mietallique en 1875, il est, dlepius 1889, orne de la statue de la Liberte eclairant le xnonde, de Bartholdi, reduction de l'Peuvre colossale qui cst x t wYork. II serait plus normal qu'elle fit face a lat rvior1C,1 eclairant de son phare symbolique ceux qui, par cette voie, penetrent dans la ville et leur ^ souhaitant la bienvenue; mais dans ces con- / ditions, la ceremonie d'inauguration, que / / presidaSadi Carnot, eutressemblea une fete // de regates; c'est ce que l'on voulait eviter. /// Sur le socle se lit cette inscription: / / 1776-1-789 LA COLONIE PARISIENNE / i:: 11111 DES ETATS-UNIS D AMERIQUE:| A LA VILLE DE PARIS \ I BH 1889, \ ^ ^''>^ \ \ 7 i i:: f: f:.................. etune belle parole du consul d'Amerique \\i - Non exercitus neque thesawri prxsidia regi \ stint, verum amlici (Ce ne sontni les armees ni.... les tresors, mais les amis qui sont les soutiens d'un Etat). Une promenade au cceur meme de Grenelle \ est d'un mediocre attrait: les rues sont tirees au cordeau, mais sans relief, les mo- STATUE DE LA numents rares. L'eglise, sous le vocable de Saint-JeanBaptiste, date de la fondation du village. La premiere pierre en i. centre de l'ancienne commune etait la place de la,MaiXei,;tujourd'hui place du Commerce, decoree de deux tsqtas m naigrichons; 'ancienne mairie, style 1830, y est t|ou j:ous; elle a ete convertie en Bureau de bienfaisance. \./ }Parmti les noms des rues, beaucoup sont ceux des fondaletiturs d.u village: Violet, Fremicourt, Ginoux, Letellier, E -l~Til l4II.cn, Linois, amiral; Fondary fut maire de Vaugirard de 1321 a. 1830; Juge, maire de Grenelle de 1831 a 1845. L,utt'mlell etait general; Rouelle, chimiste. Ajoutons qu'il y dttxits rues du Theatre a Paris: l'une a Grenelle, 'autre d I istl lt::t XVIIP arrondissement, cette derniere infiniment I e. 1 i 1 iltante, d'ailleurs. ^ i Quart'er de Javel. - 11 n'est pas un Parisien qu'embuiAtalnssorait 'etymologie du nom de Javel, car il n'en est pa s u tn qt1i ne connaisse, au moins de reputation, l'eau dontl les blanchisseurs font un si copieux usage, et que le dictionnaire de Littre orthographie javelle. Mais l'eau a-t-elle pris le nom du lieu, ou le ^^Y lieu celui de l'eau? La question est plus delicate: en interrogeant le passe, on la resout -;:i;:llI::;V-i:-l;;:iSf l I- i.: aisement. Vers 1754, l'abbe Lebeuf s'expri-.:: mait ainsi: (( On voit aussi par les anciens::I; \ titres de Sainte-Genevieve que dans le \ X1IlC siecle elle (la paroisse Saint-E tienne-du\ Mont) eut de ces cotes-la des pr1s dans un i canton appele Javet, qui peut-etre a donne aa; a:0isaa aa fl~^ | i0} I le nom au moulin de Javet, qui est un moulin; I a vent, peu eloigne de la riviere, et dont le ||||| j\nom a ete corrompu en celui de Javelle. / Le ~ peut-etre ~ de Lebeuf se change en cerf titude,- grace a des documents moins anciens. Un plan d'Auteuil, d'aout 1658 (Arch. - /t nat., N., Jre cl., n0 12)7 montre (( le moulin de Javel ~, et a cote o la maison pour loger le ^:ss meuni6 )). Par acte du 20 mars 1676, Chris--— ^ — iht.~tt ^tine de Heurles, dame de Passy, cedait' a LIBERT2, par BARTHOLDI. 1abbaye de Saint-Germain-des-Pres le droit de passage pour un bac etabli a ~( Javetz, visa-vis Auteuil )), moyennant 300 livres de rente fut (Arch. nat., Q1 1071). Enfin notre plan de Vaugirard, en 1667, porte tres visiblement Javel, et le chemin de -Javel aboutissant a la riviere, qui est la rue de Javel actuelle. Maraichers, chiffoniliers et usiniers s'en partagent maintenant le sol. Dans la partie voisine de Vaugirard, les poules picorent tranquillement dans les rues............. desertes; par-dessus les murs bas s'aper-:;,'.;;:';;00 0:;;;;;00:0;0g;: -;.icoivent des montagnes de fumier alodeur; 0;0 ft f;0;;-0^ f —0 00 t; —0-,1 de choux-flurs et-autres denrees legu_ ~et ust ifie bien cette deinomination; le l| bord de la Seine appartient 'a l'industrie::: i: i:::!00v^{:::: A::i::::::_:0~:i P 0 I0.X0;~~~~::;.:X.A.:;0 i~i i:::::::::::: 0::i:i:iS:::::BE::i:ii:: ~ g:: i:::: g: i: i:: S;;:::fA:i::::gE:: X::::;:Sa~lSA ftX LE NOUVEAU PONT DU CHEMIN DE FER DE L'OUEST. posee par la duchesse d'Angouleme, le 2 septembre 1827. Achevee au bout de cinq ans, elle fut remise a la commune par le comite des entrepreneurs, le 14 juillet 183-2. C'est un edifice bien insignifiant, construit en style de basilique. 11 s'y trouve, parait-il, un autel du temps de Louis XIV que la fabrique de Notre-Dame avait mis au rancart comme trop modeste, en 1865. Un brocanteur 'acheta, le remit en etat et le vendit en 1869 au cure de Grenelle. A la ceremonie de la premiere pierre assistait Mademoiselle, fille du duc de Berry, d'ou le nom de rute Mademoiselle, donne a l'ancien chemin qui, sur le plan de 1667, passe entre (( la Preire recoquilliere ) et (( la Noue ). Par un hommage analogue rendu a Charles X, fut baptisee la rue Saint-Chartl(s. VUE GIENERALE DU LYCRE BUFFON.

Page  160 160 PIPARIS - ATLAS trie. La s'elnvent, entre autres, la fabrique municipale des pave s en bois, et d'importantes annexes des Entrepots et magasins genrraux de la Villette. La rue de la Convention traverse dans toute sa largeur cette region un peu desheritee; elle s'y est aisiment fraye un passage sans ruineri la Ville en expropriations. L'entreprise, commencee /< en 1888, s'est achevee en 1897, epoque a laquelle, le 13 juillet, elle a ete honorr e d'une inauguration presidentielle. Prolongee. - par la rue de Vouille, a travers le XIVe arron- /:. dissement par la rue d'Allsia et dans le..... XIIP par la rue de Tolbiac, elle met en rap- ft 00i;;; port direct deux points extremes de Paris.:.. Auteuil et Bercy. Sa longueur est de 2 kilometres un quart. Vers le milieu s'eeleve l' hopital Boucicaut, inaugur le ler decembre 1897 par le | ~tp i*president FMlix Faure. A sa mort, le 8 decenmbre 1887, Mme Boucicaut, directrice et fondatrice des magasins du Bon 1Iarche, laissait une fortune de 41 millions. Son testament, d'une admirable prevoyance, disposait de la majeure partie de cette H Somme en faveur d'oeuvres de bien-faisance et confilait a l'Assistance publique le soin d'affecter le surplus a la construction d'un, hhpital a Paris. Plusieurs annees s'ecou- LE TTHE ATRE lerent en negociations. GCest seulement a la fin de 1892 que le jury du concours ouvert pour cette construction entre tous les architectes frangais adopta les plans de MM. Legros pere et fils. Les travaux ont dure quatre ans et ont coute plus de 3 millions. L'hopital contient cent cinquante-deux lits seulement. Le pont Mirabeau, par lequel la rue de la Convention se prolonge vers Auteuil, a ete construit, de 1893 a-1896, par M. Re- sal, inge nieur en chef................. On lui a applique c'etai t J ^B^^|^^^ lap i'r fois 'a Paris -;;; le procede des caissons a | ^11^ l0r ^^^^^^ &^ air comprim6 pour la fonL-a c ha p e11e Saint - Alexan dre, si tu ee rue............ Ueontine, presque en bordure de la rue de la Convention, 'erie a peine l d'etre citee, tant elle est humble. Annexe e la paroisse de Grenelle delle remplace, depuis 1898, une autre chapelle du meme nom, que le percement de la rue de la Convention avait fait disparaltre en 1890. Presque en face de ce....... modeste temple, de 'a~utre cot de la rue de la '^~~is"i^ Convention, s'1elevent les ------------- vastes constructions tfer,FA DE EI/ ] briques et pierre) deFA DE E 16 l'Imprimerie nationale, qui s'y trouve-ra certes plus 'a Faise, avec tout le confort industriel, qu'en son vieil hotel de Rohan, rue Vieille-du-Temp 'le. Le quartier de Javel contient les deux anciens cimetie'res communaux de Vaugirard et de Grenelle. Le premier, est situe presque a-' I I - mite de la ru I e-couT r be-. Quant a Fancien cimetie're de Grenelle, il s'ouvre sur la rue SaintCharles, le long de la rue Cauchy. II ne renfermne aucune sepulture remarquable. De grands travaux de voirie sont, depuis peu, projetes pour ce quar tier: deux larges voies doivent relier la station de Grenelle, lune au pont Mirabeau, l autre 'a l' glise de Grenelle par le prolongement de la rue du Commerce. Ces operations seraient fort utiles, mais il est douteux qu'elles s'accomplissent prochainement..Le chemin de fer de Ceinture dessert -" le XVP arrondissement par trois stations: Ouest-Ceinture-ou il correspond avec la _. ligne de Versailles - Vaugirard et Gre_ nelle. Entre Ouest-Ceinture et Vaugirard, la......... ligne courant en tranchee passe au pied des... il... \ abattoirs de la rive gauche, puis elle s'en-....... g gage. dans un tunnel long de 330 metres, d'ou elle atteint en remblai la station de Vaui: 2S: giragrd. Le remblai se prolonge au dela et ^ jI —:;:| II- ii-il -: ~permet au voyageur de se faire une idWe ^tis^ i::l::llll:i exacte des maraichages de Javel. De l'autre co1':^ -- ctc, on a une jolie vue sur Issy et le nou^ ll-^^^^ iveau champ de Mars. La station de Grenelle construite sur pilotis est d'un aspect pittoresque. Quand on Pa dcpasse e,'on apercoit a gauche danns un joli fouillis de verdure le gentil sqtare Victor, la seule promenade: dont jouissent les rares habitants du quar-.m^^lS^tiler. Le remblai se transforme peu apre's, et devient le viadue du Point-du-Jour. La voie ferree franchit la Seine sur le pont a deux etages si justement celebre et penetre D NE LR 1. E.ITET dans le XV1l arrondissement. Un autre chemin de fer traverse les quartiers de Javel et de Grenelle: c'est la ligne dite communement des Moulineaux, qui appartient a la Compagnie de l'Ouest. Creee en 1867 pour desservir l'Exposition universelle, elle ne s'etendait alors qu'entre Grenelle et le Champ-de-Mars. Lors de PExposition de 1878, elle fut reliee par un embranchement a Grenelle aux voies de la Ceinture de facon que les voyageurs puissent sans transbordement effectuer le trajet direct de Saint-La_____________. ___. ^:;S|zare ou d'une gare de la,. -.........d e s I n v a l id e s a v e c d e s h a l - -— '-t es n ouvelles c reees au PITAL BOUCICAUT. pont Mirabeau et au pOllt de Grenelle. D'autre part, lhors Paris, elle se detache, a 1 kilomnetre des-fortifications, de la lignle des Moulineauxj et par un nouveau trace passant en souterrain sous le bois de Meudon, rejoint a Viroflay la ligne de Chartres. Une derniere ligle appartient pour partie au X se arrondissement; c'est celle ce Courcelles au Champ-de-Mars, qui, cetachee entr e iTrocadeo etPasy decell dePari a Ate Cloud lrvre la n Seie Sen vres cllisan, colll nou l'voll vu la di nea det Javele retoient la soudr auchellinde fr ces Mulina li un edujeniavantde 'a Gre cadero et Passy de celle de Paris a Auteuil, traverse la Seine en franchissant, comme nous Favons vu, la digue de Grenelle et vient se souder au chemin de fer des Moulineaux, un peu en avant 'de la passerelle de Passy. I A d --- ~ - ~7;*~ E -6' H a73 O- ~ -~C --

Page  [unnumbered] PARIS -- QUINZIEME ARRONDISSEMENT if mf:S a f' Ch. 0 la a 0o m T? I Ie//e I 9 '*.I, fice S: at rls; ~...- -.,- i ' a ef.=T- "..-e.6i' 7i — I: I:.0:: I IS, Charlest:: -;: 1 3:D j R c m rn..on Cl) -< e 4 t 4t Coinp'e nc" des ojnibu i;: / iP i! i 72/ a C I w I i Il,f And bafAbattoirs I (R G. ) - M cn -l-T -PteQ Quatedr S. Lambert...........N ecker i;......,,. de Grenelle......,,de Javel Echelle =1: i 14.500 i I ____. 0 - 50 500 ' J6% PARIS-ATLAS

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Page  161 PANORAMA DU XVIe ARRONDISSEMENT ET DU BOIS DE BOULOGNE. XVI' slrrlonladisSemen1f -.CO10,10012 i o -' PASSY. - 61e QUARTIER: AUTEUIL. 620 QUARTIER: LA MUETTE. - 63e QUARTIER: LA PORTE-DAUPHINE. - 640 QUARTIER: CHAILLOT. o INS de 300 metres de riviere a franchir, et I i S M le decor a change completement. D'une rive I mi A i a l'autre, la physionomie des deux arrondisse3 w 9 ments est aussi differente que s'ils etaient chacun 1 *vS a une extremite de la ville. Leur seule ressemlkH vi E bllance est d'etre tous deux les plus grands de Paris le XYe arrondissement a 721 hectares, le i _ XVIe, dit PASSY, en a 709, alors que le plus petit, qui est le IIe, n'en a que 97. Aux cheminees des usines ont succede les'massifs d'arbres; aux pauvres masures, de coquettes villas ou de hautes maisons, denoncant, par leur luxe exterieur, celui du dedans; aux rues populeuses, des voies tranquilles, ou de somptueuses avenues sillonnees d'equipages. Si l'on classait les arrondissements de Paris dans l'ordre de leur richesse fonciere, le VIIIA aurait sans conteste la premiere place, le XVIO disputerait la seconde au faubourg Saint-Germain, et l'emporterait bien probablement. On ne s'etonnera pas qu'il soit parmi les moins peuples: pour la premiere fois en 1896, il a depasse le chiffre de 100,000 habitants, qui lui donne droit a deux deputes. Il est forme par les deux anciennes communes d'Auteuil et de Passy et la majeure partie de l'ancien faubourg dit de la Conference ou de Chaillot; mais, depuis trente ans, les Parisiens du centre viennent de plus en plus s'y fixer, suivant la loi generale d'attraction vers l'Ouest. Moliere et Boileau en donnaient l'exemple il y a deux cent cinquante ans, et l'exemple a ete bien suivi. Quartier d'Auteuil. - Une longue rue de province, allant de la gare a 1'6eglise en passant par le marche, et toute bordee de, boutiques; J6 PARIS-ATLAS.

Page  162 162 PARIS -ATLAS alentour, de nombreuses avenues, les unes droites, les autres serpentantes, avec des villas et de la verdure partout; quelques vastes domaines bien clos et dont les batiments se dissimulent derriere une muraille d'arbres; a Fhorizon, par quelques echappees, la Seine, le bois de Boulogne, les coteaux de Saint-Cloud, de Meudon, et plus pres, celui de Passy: voila' Auteuil. N'etaient la corne du tramway, le chapeau cire des cochers de fiacre, on s'y croirait tres loin de Paris, dans quelqu'une de ces grosses sous-prefectures ou l'industrie est inconnue et dont le tranquille charme retient les commercants qui (( se sont retires ), les officiers qui ont fait leur temps. La colonie parisienne d'Auteuil est ainsi composee de gens paisibles par profession ou par gout, ecrivains, artistes, rentiers, families riches qui peuvent ne pas mesurer a leurs enfants le terrain des joyeux 6bats. L'etymologie du nom d'Auteuil demeure indecise; cependant les formes Altogilum, Altolium, ou l'on retrouve sans peine le mot latin altus permettent de proposer cette traduction: localite sise sur une hauteur; et l'etat du sol aux abords de Neglise, ou fut l'origine de l'agglomeration, n'y contredit pas. Comment, au commencement du xne siecle, l'abbaye normande du ||||| Bee possedait-elle des terres en ce lieu, c'est ce qu'il serait difficile d'expliquer; mais il est certain qu'en 1110, l'abbaye tres parisienne de Sainte-Genevieve les lui acheta et que, jusqu'a la Revolution, elle y exerca tous les privileges de la seigneurie et de la haute, moyenne et basse justice. Vers le meme temps fut fondee la paroisse, dont les batiments de style roman n'ont disparu qu'il y a vingt ans, au grand regret des archeologues, pour faire place a ledifice actuel. I1 n'est pas tres difficile de reconstituer le plan de Fancien Auteuil, au temps de Francois Ier, par exemple. Des bords de la Seine, a hauteur du pont Mirabeau, un chemin s'elevait a travers les terres jusqu'a l'eglise situee la ou elle est encore maintenant; devant cet edifice, le cimetiere; a gauche, l'hotel seigneurial de Sainte-Genevieve, que la maison Chardon-Lagache represente aujourd'hui; de 1'eglise a la porte du Bois, une rue tortueuse, la seule alors habitee, la grande rue, actuellement rue d'Auteuil. La vigne, les champs, la culture maraichere occupaient tout le reste du territoire. Les pieces d'archives fournissent la plupart des vieux noms que portaient ces terres: c'etaient, du c6te des rues Mozart et Raffet, les Nerottes, les Fontis, la Cure; plus a droite, les Fontaines, la Tuilerie, les Glizieres, le Pre aux Chevaux; au centre meme, les Perchamps; vers Ie Point-du-Jour, les Calabres, les Guetres, Sous les Clos. Plusieurs de ces lieux-dits se sont transmis jusqu'a nous sous forme de noms de rues: les rues des Perchamps, de la Cure, des Fontis ont done pour origine une denomination territoriale qui date au moins du xve siecle. LE CHEMIN DE FER DE CEINTURE, A AUTEUIL. A l'intersection des rues d'Auteuil et La Fontaine (place du Marche', se trouvait une fontaine; aussi, lune des deuxvoies qui y conduisaient s'appelait-elle rue de la Fontaine; un calembour administratif l'a debaptisee en Thonneur de Pillustre fabuliste, et c'est pour cela que les plaques emaillees portent aujourd'hui: rue La Fontaine. Ces vastes espaces ne se sont baltis que lentement, comme a regret. Il y a vingt ans, sauf les agglomerations qui bordent les rues d'Auteuil, La Fontaine et Boileau, c'etait la campagne encore; aujourd'hui, la fievre de construire y sevit comme ailleurs; demain, le dernier champ d'Auteuil ne sera plus qu'un souvenir... Bien plus considerable jadis que maintenant, puisqu'elle s'etendait jusqu'en face d'Issy, absorbant Billancourt parmi ses ecarts, la paroisse d'Auteuil fut erigee en municipalite par la Revolution, a la fin de lannee 1789; avec Passy et Boulogne, elle constitua un canton dont le chef-lieu etait Passy. En Pan VIII, lorsque les cantons furent remanies et les sous-prefectures creees, Auteuil fit partie de Parrondissement de Saint-Denis et du canton de Neuilly. Ce fut une commune heureuse, vivant de ses propres ressources et faisant peu de bruit dans le monde. On peut en juger par la lecture de ses annales, que feu Adolphe de Feuardent a eu le loisir de rediger, encore qu'il fut le seul instituteur public de la commune.,.,_^________ Vers 1840, Auteuil n'avait pas vu as, ~ ~.............. r 1 sans ennui s'eever au travers de - des fson territoire les fortifications imal~~ll~~lll~~ll~~~l|lll~~ll~|||l~~ll~~lilll|l|lll||l~~~illll^gin ees p ar M. T h iers: la sim plicite'............ des champs s'accommode mal de I'appareil militaire. U'tait le prel~~lll||||l|||||||j||l||l||ll~~ll~||lude de I'annexion qui de'vait se..................... consom m er sous P'Em pire. ilBII^^^^^^^^^^^^^^^Au reste, lorsque les officiers mulecipaux deurent cnsltjsq, hautur l dsfortification9,s; lesfotifict6dinons LE VIADUC DU POINT-DU JOUR

Page  163 SEIZIEME ARRONDISSEMENT 163 jusqu'a la porte de Passy; une ligne ideale j:ttgtztetxtt t::ttle portet: a!a rue de l'Assomption; les rues de I'Assoi-it:ni: t, de,' B tl: lainvilliers jusqu'au milieu du pont de Greml:-,l0e. Si dtoit)(e 'I (' vient de Paris par les quais de la rive droil,.> e Ce-stt emt l ttde ce pont que l'on-penetre dans Auteuil, -a 6 kiloituxetrss (:tt. Notre'Dame. L'avenue de Versailles s'offre a no-ts, st 1\ I'tatlt nationale no 10 de Paris a Bayonne, par Versitilles, e}tttst.ts.S F't Bordeaux. En depit des tramways qui la sillfEI-111lt smnss cesSfeC elle n'a plus l'animation de jadis, alors que la cour etait a Versailles et que d'innombrables carrosses y menaient des visiteurs plus innombrables encore. Cinq cents metres au dela d'une serie de chantiers et d'usines qui n'ont rien de rejouissant pour l'ceil, on rencontre a droite de vastes ba'timents a la facade desqulels se lit cette inscription: A DIEU DANS SES PAUVRES. H- IOSPITALI'rE DU TRAVAIL /i; POUR LES FEMMES; et, au-dessus de la porte voisine: FONDATION LAUBESPIN. C'est, pour les ouvrieres et ouvriers sans emploi, l'asile de quelques jours que leur offre la charite; chaque pen- 1 0-$ sionnaire est reparti dans l'atelier que - a A'"...... "''' desigilent ses aptitudes; en 6chanlge -du \ t travail qu'il a produit, Ull salaire lui est \:0 1 donne, sur lequel les depenses tre's mi- \88 |;wF nimes de la nourriture, taxees au meil-\ leur compte possible, lui laissent quel- \ 1 que benefVice; beaucoup ont appris la' un\.! metier.-\ Quelques pas plus loin, un carrefour verdoyanlt forme l'entree des rues Mir-ra-L b~eau -et de Remusat et le debouche duGL pont Mirsabeau. La chaussqev de ce pOllt porte le nom de Benjaminh-Gcdard. Nouls aurions prefere qu'o laissa't celui de la Galiote, en souvenir des bateaux ainsi nommes qui avaient la' leur debarcade're.r Eni continuant de suivre F'avenlue de Versailles, apre's:0:: avoir co'toye 'a droite le magnifique pare de Sainte- tf;: Perine, on arrive au Point-du-Jovur. Une historiette re- 1 0X0 petee partout expliquerait ainsi cette denominlation: —:;0t en 1748, deux courtisans, le prince de Dombes et leTW:i:;00 comte de Coigny, s'etant pris de querelle 'a la cour, t devant le roi lui-me'me, auraient decid de se battre sur 4 le chemin de Versailles, le lendemainl matin, au point du jour. II est parfaitemenlt reel que le comte de Coignly trouva la mort dans cette rencontre; mais le lieu s'appelait depuis longtemps de'j'a' le. Point-du-Jour; il est ainlsi 1 den~nomm sur le plan de Roussel qui date de 1730; 1 avant, c'eait (( le Petit Versailles )) ou (( Sous les Clos.Ii Il ne se reclame de l'histoire, apres le duel de 1748, 1 A('1t" POUT, inr}pptte-tl les tristes souvenirs de 1870-1871. Durant le SU-go, Jtt isl~1t' pluie d'bus s'y abattit, mettant en fuite les flrtIX:itirtllfs (ft:~r't-i~is{t les min-sons; il en fut de meme pendant la, Co.:ltt'ttlr-1111, tintvais cette fois, 1helas! c'etaient des obus francais. La tt(:* ivnfttrcrr wvi xltfIrtt Parisiens par ce cote-la. De's le 18 mai, larmee {::t \t::>-:Xs~tllcs s+it approchee tre's pres des remparts; ses canons, post(/s MI Plae Ptes I'rinces, allaient battre en breche le mur d'enceinte; plusieurs sorties sanglantes avaient eu lieu entre la porte d'Auteuil et ceIle de Saint-Cloud. - Le 21 mai, vers la fin de lajourn~e - c'tait un dimanche - Ducatel, piqueur des travaux de la Ville, se rendit compte que la porte du bord de l'eau etait a peine defendue* il:\ fit un signe aux avant-postes versaillais, et peu apres, tout un corps d'armee penetrait, traversait les ruines du Point-du-Jour et s'avancait jusqu'au pied du Trocadero sans rencontrer de resistance.,, i Le viaduc du Point-du-Jour est un -if ~ ~ s des plus remarquables monuments de Mx0ik*:0 Paris. Les Romains ne l'auraient pas reii...nie. Construit en 1865-1866, sur les plans S >s-Ss:: —> W coute moins de sept millions, entre Au-.a a.......00'S0000. 11:....... teuil et Grenelle. L'ceuvre est grandiose, W W j / /surtout au-dessus de la Seine, ou le viaduc Z < | |/ / se transforme en pont-viaduc, sur une | | | | tXlongueur de 175 me'tres; cin~q arches laiswf sent passage au fleuve; qularante et une! N o /arches s'y superposent, sur lesquelles est e-tablie la voie du chemin de fer; une chaussee, large de 31 me'tres, sert de JIL route aux voitures et aux pietons. De la', vers quelque point de l'horizon que l'on se tourne, la vue est admi-,si bien que le monument procure aux yeux un double plaisir. ISE D'AUTEU )n lui rable, La rite Boileau n'a guere change de physionomie depuis le temps ou l'auteur cu Lutrin l'habitait; c'est la' plus paisible voie de province que l'on puisse imaginer. Des documents indubitables permettent d'affirmer que la maison de Boileau correspond au no 26 actuel. II I'avait pay~e 8,000 livres en 168-: Ul de ses familiers, l'abbe Legendre, qui y vint en 1692, dit qu'elle k'etait ni belle ni laide. (( Le jardin, sans etre soig6e, ne laissoit pas d'etre agreable; la vue en est charmante. L'appartement du poete etoit d'un neglige cynique; la salle a recevoir le monde etoit un peu arrangee. Il y avoit sur la chemin~e un portrait vivant de Christine de Sue'de. Au-dessus d'une vieille bergaime dont cette salle etoit tapissee, 6toient des portraits d'imagination, representant Timon le misanthrope, Menippe, Lucilius, Horace, Perse, Juvenal, Regnier, chanoine de Chartres, et autres aieux satiriques du maltre de la maison.)) LA PYRAMIDE DE D'AGUESSEAU.

Page  164 164 PARIS -ATLAS On ne sait pourquoi Boileau se defit de ce logis en 1709, deux ans avant sa mort; 'Fage, sans doute, lui rendait peu agreable le sejour de la campagne; il le vendit 6,000 livres, plus 2,000 livres pour les meubles et tableaux, a un sieur Pierre Le Verrier. Par la suite, la maison appartint a un medecin fort clebre vers 1740, Gendron. Voltaire etant venu le voir, composa, en l'honneur des deux plus illustres habi- -. tants de la propriete,...lillillililll cet'aim able quatrain: -;; i;;;iii -l.... C'est ici le vrai Parnasse. l: - -lllil:l-:llilii; Des vrais enfants d'Apollon. |. ii.i Sous le nom de Boileau, ces W _ B |; til!-|(|000000000i000-0i0000iiiB|!lllllllli:^ [l lieux virent Horace. R X.i l; ^ ^^: ^pl^^^^-:g: ----t-: -:S WS~-~i;iXi ~~i-S;0::ii:iiiii.: Esculape y parait sous celui......j.-:i..-i-i. Des vr is enfnts d' pollo............. Sos lae yo de Bo>|0j0000000 i 0 -000leau,0-00000000-0t ce.............. —0 —.0000000000000000000000z - * H S>:i Q | 000000:SE~xXt-000000t,,;:;S;00000000000000000000000020t:S, W:........................20000000 II s'en faut, du reste, que Voltaire ait et6 emervei le de son pelerinage. Revenu, peu apre's, a ses chres Delices, iil ecrivait a l'un de ses amis, le 16 mai 1757: ~... Vous savez, d'ailleurs, qu'on n'est pas oisif pour etre campagnard; il vaut bien autant planter des arbres ll lque faire des vers. Je n'adresse pas d'6pitres a mon jardinier Antoine, mais j'ai assurement une plus jolie campagne que UN COIN DE LA VI Boileau, et ce n'est point la fermiere qui ordonne nos soupers. J'ai eu la curiosite autrefois de voir cette maison de Boileau: cela avait l'air d'un fori vilain petit cabaret borgne; aussi Despreaux s'en defit, et je me flatte que je garderai toujours mes Delices. ~ A Auteuil, les habitations de Moliere et de Boileau furent voisines, mais eux ne voisinerent pas, car Boileau ne vint habiter notre village que douze ans apres la mort de l'auteur du Malade imaginaire. Ou etait situee la maison de Moliere? On se l'est longtemps demande, et il a fallu de patientes investigations a travers les archives pour rencontrer une certitude a peu pres incontestable. Ce n'est done ni au (( Coin Moliere ~, enseigne de cabaret sur la route de Versailles, a la Galiote, ni devant le (( Pavillon Moliere )~, ecriteau annoncant des terrains a vendre dans la rue Remusat, qu'il vous faut chercher l'emplacement de la maison qu'habita Moliere, mais bien sur la place de 1'eglise, a droite, ou une grande batisse tres neuve, sise au n~ 2 de la rue d'Auteuil, a I'angle de la rue Theophile-Gautier, porte linscription officielle de la Ville: LLA MONTMC avaient, en 1655, achete a damoiselle Marie de Rechechouard ier. UIls n'etaient pourtant qu'indirectement les proprieliere, car les actes retrouves attestent que ce dernier eut r la location, a un certain sieur de Beaufort. Voici l'etat de telle que l'indique le bail: o Un grand corps de logis qui a vue sur le jardin dudit bailleur, et consistant en une cuisine et office a i t:;0 ~ ~:07000X0j;::::::;: 0;;X 0:;;-00i:;0:::;::00i:~;^:' ' ~ coste sous terre, une;-;.:salle au-dessus dela cuisine - une salle, une ~:;; ~:|~:;;0; i;;:i:;:?:0;::0:: -p chambre, cabinet et an________:__:_ tichambre au premier estage - et sur la moiltee un cabinet entre le pre)RENY mier et le deuxiesme ~ estage - et au deuxiesme estage deux chamIbres - une escurye a..... mettre six chevaux - une remise de carrosse rs de & | | ig i |dans la gra nege du bailn oi dissetatioleur pou r le pre neur et h e et a peu pres e | madame sa femme, et _ _o ps qe une moyenne chambre d tai le grbasse, et le grenier aure-t-i d'habiu dessus, attenant 'a les_ W f1 E | curye. )) Il paralit que ^riette nous — semble un peu.us Molieare renonca au be,nefice de l'epcurie e t de la remise; aussi ne 3RENCY. payait - il. au lieu de 550 livres, quuun loyer de 400 livres par an, -e, car elle correspond pour nous a 4000 fran es au moins. Lrs de Moliere a Auteuil se ra-ttache i'anecdote du fameux me de narration sur lequel ont pali tous nos lycen ces. un motif 'a dissertation, ou le fait a-t-il reellement eu lieu? hypothese est 'a peu pres prouve, dit-on. Acceptons done 'apres avoir festoye plus que de raison chez Moliere, ses u nombre desquels eait le grave Boileau, formerent le finir avec la vie et d'aller sur lheure se jeter dans la rivienre. re-t-il d'habitude des resolutions aussi sombres? 'est par oriette nous semble un peu suspecte. La sante fragile de commandait la sobrid; avec tout son sang-froid il parut Asentiments dl e ses amis et vouloir fairle comme eux; mais sa que le merite d'une telle action serait bien plus eclatant loduisait au grand jour; aussi leur conseilla-t-il d'attendre in. Le sommeil ramena le bons sens et la Gazette n'eut pas r Ull lameletable fait divers. -Qu'on n'attende pas de nous l'expression d'un enthouioder6 en presence de ce monument bizarre. Une masse pierres de taille couronnee par un clocher de pagode, cela ne saurait etre pris pour 'ide'al du. beau.s. et M. Vaudremer a et souvent bien f;X;; fE: f00| mieux inspire, ne f~t-ce qu'a' Saint-:;;; f;;;00;; 1 Pierre-de-Montrouge. Au reste, en ma0 f ff;00;;;0::;;1 tie're d '6glises, Alceste aurait trop de; f00 7; f;;;0 1 raisons dedieajou d'hui ce qu'il pen-;;; t; 00 tt 1 sait des chansons de son temps: x <<ti_ -f|Ler mchant goutl du siecle en cela me fait peur; ~.VNos peres, tout grossiers, 1Favaient b~eau~coup i ~Combl:ien leur eglise du x~le sie~cle, avec........... son clocher tout sim ple, qui ne de passa it __0 guere -le haut des arbres d'alentour, etait plus aimable a voir que cette grande et froide forteresse! Malheureusement elle tombait en ruine, et il fallut la demolir. Les archeologues avaient demande grace,' mais en vain, pour le clocher roman. La premiere pierre du nouvel edifice a 0tC pos6e en juillet 1877. En face de 1Peglise, une-pyramide occupe le milieu de la place; c'est ce qui reste du monument des d'Aguesseau, paroissiens d'Auteuil avant la Revolution et inhumes dans le cimetiere qui, suivant l'habitude d'autrefois, etait attenant a ICI S ELEVA1T UNE MAISON DE CAMPAGNE HABITEE PAR MOLIERE VERS 1667. Ce lieu s'appelait alors le fief Baudoin, et les religieux de Sainte-:::::::::::::: i:: i _~ _:::::::_: _:__:: II: j:: _::::: ASPECT DE LA COLLINE DE PASSY, VUE DE LA RIVE GAUCHE.

Page  165 SEIZIEME ARRONDISSETMENT 165 I'eglise. En 1793, la pyramide fut renversee administrativement; elle a ete relevee en l'an IX, non moins administrativement, et les autorites locales prononcerent alors de belles paroles qui ont ete recueillies. Surla meme place encore, al'angle des rues Wilhem et du Point-duJour, s'ouvre ulne vaste propriete ou etait jadis l'hotel seigneurial des abbes de Sainte-Genevieve et le siege de leur haute justice. C'est aujourd'hui - depuis 1863, - la maison de retraite Chardon-Lagache, maison de retraite ouverte aux vieillards des deux sexes par la liberalite de deux riches habitants d'Auteuil, M. et MmP Chardon-Lagache, qui confierent a l'Assistance publique le soin de l'administrer. N'y entre pas qui veut, et les conditions d'admission sont passablement rigoureuses. Outre les garanties necessaires de probite, la question d'age, —^,^.~..^ ______,,,_ ___(60 ans au moins), KIB^^^^^^^^^^^^^^^^^^^::toute m aladie incu. i able auhre que ^Kla vieitlesse, les ~adBelH^':'::::..::.:......... m in istres ^ celiba - 0~.....:e...MA SO.E....... T taires do v n payera tin pen sio aunes..... f.anc en fagncs hme 50 pourtitititt lest- - t 30 cenitl~iitres deet verser en entrant, litres ~ ~ ~ ~ un dei pourbo debosoaua eeprspux Elg X^:st00 pour' 00< S W | g tous loges en dortoil s e t our ers se cnmspu aors eted ge nori fueles i l | + l |: doire. Pour l1es m6tlL-, nAg s, de frbd pent La maison deSainte-Perintion ene est curieuse: iistds de francrs enargent tous les6 dix, jours;i bdeca opgra ue a e fmmes r ou le hommbes,5 pourai les-femmes; 30s centslXIVsele vin parans- dca fgrammesde vPisalan ettruechaque sousui; 2V s s de bois et 4 l lirsde charblon d'es boi par lan Revltionr Pexproux..t.^^ qEt pour tos lesnretraitesdutravailpetits ees es detits ouvriers, assezpoura eo ess pour avoir su nmettre de qlqtue Maca INesit une nouveled exprttoprliat ion; 1,30 fanc ^ S 'a l cnaines, den francs que rente quel beau journ q'uteceui d 'nte Chardon! )). Tout maisn c e Sainte-Perine aleudetrescurieuses vi i tbud Aiuto xlet siele sxig;stit le Compen lunes abbaye fdefemmssosl vocable de Sainte-Perine SousLoui V, elles t tanes feree a Paris age l 'a Viletenst souois XV, dans as laoue dux, ce motCmalsonnant d' ~ admi nimutm C'est rpa eg use.ans ses batment.s inoccups futonde, en 180m, ns. alors, en s que fusti de acquis le beaudomaine t uteul p- r siou avait change a travers les sieles, lebutd in- e er o suti t ent det son srieg dseenom uies fa e au i depe. u Ichommes a pourdnLgce les pems;3 entirsd ionnpaire j; 50 d111 a doivent dte vagdes caue moins soianlean; 2mai's depour et 41 hec lteux de motharbonnal debo a admnistrs)n't par enpoux...1 uae; pourand les formalites duadmissil, ontetit rem-l~ u pelits ouliers, qu'ils 6ont justfed pour voir acu '(ietterue den cW ) qulqe sionannuell de,0 francs e de poss, q ed eajor, qen oute il de Fenrl-' Aun rente di'e, 60fanstdeant 'a famir'e face aux ay depens mes sou e1 d'habillement, de chauffage et d'eclairage, - ce sont reellement des voyageurs fixes dans quelque bel hotel, ou chacun agit a sa fantaisie et retrouve a Pheure des repas ses voisins de table dlhote. C'est la, pour des vieillards restes seuls dans la vie a Page ou la solitude est si triste, une existence enviable, heureuse entre toutes. A ceux qui voudraient la mieux connaitre, nous nous garderons de recom- imander le roman de Champfleury, Les Amoureux de Sainte-Perine: on ne saurait imaginer rien de plus.. fade ni de plus mediocre. PCOLE JEAN-BAPTIS'PE-SAY. Dans l'enclos meme deoSainte-Perine, avec entree sur la rue Mirabeau, sont les ba-timents de la Fondation Rossini, maison de retraite creee, comme son nom l'indique, par le testament de Rossini pour les chanteurs italiens et francais vieillis,- pauvres, ou atteints de maladies incurables-noble pensee du grand artiste de mettre une part de sa fortune au profit de ceux qui avaient-servi sa gloire. Non loin de la, rue Molitor, est situee l'Ecole normale d'instituteurs pour le departement de la Seine. Un mur mitoyen la separe de 'Ecole Jean-Baptiste-Say, dont l'entree principale est rue d'Auteuil, au fond d'une toute petite place a l'allure provinciale. G'est une ecole primaire superieure de la Ville de Paris, fondee en 1873 pour les jeunes gens qui se destinent aux carrieres du commerce ou de l'industrie. En 1900, y ont ete inaugurees d'importantes constructions en facade sur la rue Chardon-Lagache. La rue d'Auteuil appartient aujourd'hui aux boutiquiers. It faut arriver a la place que lon appelait jadis le carrefour de la Fontaine, pour y retrouver des vestiges du passe. Au n~ 45, vous remarquerez une jolie maison du siecle dernier, dont les trois facades, corps de logis et deux pavillons lateraux, montrent de delicates sculptures; ce fut la demeure des demoiselles de Verrieres, deux sceurs amies des Muses, chez qui frequentaient Colle, Colardeau et autres beaux esprits du temps de Louis XV. Au dela de la rue Michel-Ange, la maison qui porte le n~ 59 a une bien autre histoire, ou se m6lent les souvenirs aimables et les evenements tragiques. On en connait les proprietaires, presque tous illustres par quelque cote, depuis 1770. Ce fut d'abord le peintre cele'bre tCOLE NORMALE D'INSTITUTEURS DE LA SEINE. PARIS-ATLAS. 16.

Page  166 166 PARIS - ATLAS Quentin de La Tour, pastelliste ordinaire du roi, qui, deux ans apres, la vendit 30,000 livres a Mme Helvetius, deja veuve alors du philosophe encyclopediste et e conomiste, Fami de tous les hommes illustres du dernier siecle. M. A. Guillois, dans son livre sur le Salon de M22 Me Helvtliss, nous transporte dans ce milieu charnmant: ( La propritet etait situee tout pres de la Croix-Boissiere, en face de la fontaine dont Feau etait si salubre que le roi, dans ses voyages a la Muette, ne voulait pas en toire d'autre; elle portit alors le ns 24 de n 4 la Grande-Rue du village. A gauche, elle tenait au jardin du roi, a droie 'a Ai. Chomel, notaire a Paris; par derriere, elle avail, sur la ruelle des Processions, une sortie qui perminettait de gagner directement le Point-du-Jour et r lav campagne. C'est la que vFcuti desormais cette femme aimable vet bone que e princ aveaitepoe orl ulfe.Qeqe d'Auteuil, entourNe jusqu'a' sa mort, qui eut lieu en 1800, des amis les plus fideles, des esprits les plus brillants: Condorcet, Chamfort, Boufflers' MoeltTr,CabaOn 1'enterra, suivant sa...........|... voloint6 formelle, dans le jar- -~ ---- "- ---- din de sa maison; mais, plus ----------- tard, ses successeurs dans laETRED CA] propriete la firent, exhumer et transporter au cimetie're de la rue Michel-Ange, ou' elle se retrouve voisine encore de plusieurs, des grands hommes qui Fava ient connue et aimee. U~urant le second empire, la maison de Mnle Helvetius fut acquise par le prince Pierre Bonaparte, cousin germain de Napoleon III. Elle allait devenir le thea'tre d'un Wvnement fort draniatique, en lui-me'me et par les consequences morales qu'iI eut. Le prince etait constamment m616 'a des polemiques de presse, dont la violence sans cesse croissante devait fatalement aboutir 'a quelque rencontre serieuse. Le 10 janvier 1870, MM. Victor Noir et Ulric de Fonvielle venaient a la villa d'Auteuil demander raison, au nom de M. Paschal Grousset, de 1'6pithe'te ~( manceuvre ~) que le prince avait employee pour le qualifier. Quelques minutes apre's, Victor Noir venait s'affaisser expirant sur le trottoir, frapp6 d'une balle en pleine poitrine, et presque en me'me temps, EA son co-temoin sortait de la maison, un revolver a la main, en criant: A Fassassin! On ne saura jamais exactement les circonistances de ce drame si rapide. II est certain que des propos tres vifs furent e changs: le pirince attendait les temoins de M. Rochefort et non d'un autre; il a affirmi que Victor Noir l' avait frappe au visage. M. de Fonvielle a dclare, au contraire, que ni la victime ni lui n'avaient eu a aucun degre une attitude. provocatrice; la Haute Cour de justice, convoquee a Tours au mois de mars suivant, fit voirr en pronontant un acquittement et une simple condamnation a des dommages-interets, qu'elle admetUn an apr16s, F'abitation ~....................... *.. que la politique venait de pettre en nvideOne d'une faU DE LA MUETTE. ner unes ituation pl calme mieux appropriee a un champ de r epos. Depuis longtemps, r il ne s'ouvre plus que pour les concessions perpetuelles. Des noms illustres s'y lisent sca et la sur les dalles tumulaires: Legendre, Helvetius, Gavarni, Goupil, Palikao, Dalloz, Tarbe des Sablons, Alphand, Gounol, etc., etc. La region situee au Norqd de la rue d'Auteuil ofre moins de souvenirs; il y a quelque tdente ans, on n'y trouvait encoreque vignes et champs (les Fontis, les Nerottes, la Cure, les Glizieres) et pour les cultiver, de vrais paysans dont plusieuds, peut-etre, n'allaient jamais a Paris. I n'en va plus ainsi maintenant: les enclos sont restes vastes, mais de coquettes maisons s'y sont baties ou le telephone est installe, ce qui aurait bie surpris leurs possesseurs clu temps de Louis-Philippe... La honte lu lotissement sera epargnee, nous 'esperons, a la villa Montmorency, qui represente 'ancien par e de la marquise de Boufflers, marechale de Montmorency, morte en 1787. En depit d'une consigne un peu severe, les honCC000000000ii^-000-000-9ii;0; 00 netes promeneurs peuvent y penetrer et en il ne s - ouvre gouter les charmes avec les yeu. de l envie; il il; lustres WY liset a n'est pas dans la capitale de plus charmante;tius, Gava, Gil retraite. Dans lavenue des Sycomores habitaient d les feres de Goncourt; leur maison, ou tous les La r s I gens de lettres ont frequente, ouvre sur le ioui y a qu r I tr enate an Mn y tre ncy ' eedc lionr de b rionze rept eIe sFntant les traits de Jules de Goncourt, que la i p pie te f raterne lle du survivant avait place a la faI 16 juile. Fdmon de Champrosay, ou il etait venu en < op fuleitur che sol n ai A \l p hone Daudet. Sonl aurat ben srprs l urposselurs dut mitempsnt Lus-Phlespno.s.des rues: la plupartn rappellent des personnages fort m connus; des peintres d'abord: Michel-Ange, | Claudes Lorrin ne r, Jouven et, Isby, Poussin, eti| _ 1go bera Teners, Fhrmancoi esGerard, e Faenie; Milt Claude Lorrain, Jouvenet, Isabey, Poussin, Ribera, Teniers, Francois Gerard, Francois Millet, Gros, Gericault; le sculpteur Bosio; le dessi_ _: nateur Raffet; des musiciens: Mozart, Donizetti, Felicien David, Wilhem, fondateur des orpheons; des ecrivains ou des hommes politiques: Dani geau, La Fontaine, Boileau, Mirabeau, Remusat, g Antoine Roucher, George Sand, Musset, Theophile Gautier; des militaires: Murat, Molitor, Chanez, Exelmans. Les familles Boudon et Per LES JARDINS DU CHATEAU DE LA MUETTE.

Page  167 SEIZIEME ARRONDISSEMENT 167 richont out attache leurs noms a des voies ouvertes sur 777 leurs terrains, et non encore classees; les eaux pures d'une petite riviere, l'Yvette, ont servi a baptiser l'une des plus paisibles rues du plus paisible des quartiers. Le quartier de la Muette correspond a l'ancienne agglomeration de la commune de Passy, qui a donne son nom a l'arrondissement tout entier. Il n'y a pas a douter que ce nom: Passy, en latin Paciacum, vienne d'un de ses premiers possesseurs, un Gallo-Romain nomme Plxius, dont nous serions bien en peine de dire autre chose. On aimerait a proposer une autre etymologie, justifiee dans le passe et le present par la realite des faits: Passy, sejour de la paix; mais les lois de la philologie sont ineluctables. I Ce ne fut longtemps qu'un hameau de quelques ma- 0f;0 sures de vignerons, perchees sur une colline presque inaccessible, et relevant de la paroisse d'Auteuil. Au temps de Henri IV, des maisons commencerent a s'y batir, puis, peu apres, une modeste eglise. Claude de Chahu, qui etait seigneur de Passy en 1660, et sa femme, Chrestienne de Heurles, s'employerent de tous leurs efforts a convertir cette eglise en paroisse: le chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois, dont la cure d'Auteuil relevait, s'y opposait energiquement; les difficultes ne furent aplanies que par la transaction de mai 1672, dans laquelle Chrestienne de Heurles, devenue veuve, fit de grands sacrifices d'argent. Ses arguments n'etaient pourtant pas sans force, et toutes les lenteurs eussent pu etre evitees: ((... les demandeurs voyant les peines qu'ils avoient d'aller aux fetes principales en 1'eglise d'Auteuil a cause du mauvois chemin et du debordement des eaux qui s'y rei contrent quelquefois, les querelles et les inimities que les habita d'Auteuil et leur dit cure exercoient contre eux... et l'assujettisseme qu'ils avoient dWaller prendre ledit cure a Auteuil pour les mariagc baptemes et enterremens a faire audit Passy, pour lui demander s en vouloit venir faire les fonctions; a quoi ne satisfaisant pas ass ponctuellement, les convies s'en retournoient sans en rien faire, i sorte que les enfans etaient en danger de mourir sans bapteme, les attres sans etre administres des sacre mens. )) Que nous somm donc loin de ce temps-la'! De 1790 a lan VIII, Passy fut chef-lieu de canton; les communes d'A teuil et de Boulogne en dependaient. Simple commune de 1800 a 186 elle mit a profit ces soixante annees pour embellir sa parure et dev nir si tentante que M. Haussmann n'hesita pas a Fannexer a Pari Passy devait former le XIIP arrondissement. Ce numero ne disait ri< de blon aux oreilles superstitieuses de ses habitants; ils etaient i fluents, ils firent remanier Fordre des arrondissements, et c'est ain que le chiffre fatal echut, nous Favons dit, au faubourg Saint-AMarcea Sa populatic 6tait alors 1|: | 17,594.. abi,,tan 6 Dg'est a-dire d.. l S 0 iEi _E S pacommeneme merce y est ce trag e parNo P Savons di t que no: c sede PassyI longtemps f(.........difficile a ce,.........qui venaienl iiiiiiii~iiii~iiiaiiiii~ii~iParis; il faft.....................iiiiiii~i gravir (( la m c tagne par u LE PASSAGE DES EAUX, A PASSY. rue de ce noi: '0 0 i0 E: f:::;::C;:::::;:::::::f::::*:::: ' ^::::.:. *::.:::::::: jdHA::::;::;:::: (/o~o FAQADE DU LYCEE JANSON-DE-SAILLY. representee maintenant a son extremite d'en bas par la rue Beethoven; le percement du boulevard Delessert a done ete une operation de voirie des plus utiles. Le carrefour ou il se termine s'appelait la Croix-Vineuse, et la ue Vineuse garde le souvenir des anciens vignobles de la colline. Sa voisine, la rue de La TI'our porte, si on veut, le nom du pastelliste fameux; mais en realite elle doit sa denomination a la tour d'un ancien moulin. La rue 1'ranklin est un ancien chemin de terre allant a Chaillot; le nom d'Alboni a ete donne a la voie formant escalier entre les quatre nouveaux (( hotels du Trocadero)), en raison des liberalites que fit la grande cantatrice a la Ville de Paris. Jusqu'al867, la rue Raynouard (nom d'un erudit qui fut aussi lauteur des Templiers) s'appelait rue Basse. C'est une des rues les plus anciennes de Passy; ses maisons du cote impair prennent vue sur la Seine et la plaine de Grenelle par-dessus les beaux jardins que la famille Delessert a toujours voulu conserver intacts et ceux de la maison du Dr Blanche; leur entree sur la rue est a la hauteur du troisieme etage, de l'autre cote. La Tour d'Auvergne y a demeure quelque temps, et Balzac aussi. Franklin, lui, habita de 1777 a 1785 dans un pavilion situe a Fl'angle de la rue Singer (cote pair), ou il fit disposer le premier paiatonnerre qui ait ete construit en France. Une plaque commemorative de ce fait y a ete apposee en 1896 par la Societe historique d'Auteuil et de Passy. L'eglise paroissiale, sous le vocable de l'Annonciation, parait vou ( MAISON MORTUAIRE DE ROSSINI.

Page  168 468 PARIS - ATLAS loir se dissimuler dans le groupe de maisons qui se pressent entre la rue Ray- M nouard et la rue de Passy; c'est d'ailleurs > -I un edifice insignifiant, remis completement a neuf a la fin du regne de Louis-,$|:: Philippe. i: ^1 A ceux qui aiment les chemins de U chevres, nous recommanderons, pour i descendre de la rue Raynouard a la Rs-ii Seine, la rue Guillou (nom de proprietaire), la rue Berton (nom de musicien) ou, mieux encore, le si pittoresque passage des Eaux. I1 rappelle l'emplacement - d'un etablissement d'eaux minerales qui 1 eut beaucoup de vogue sous la R1gence et valut a Passy de nombreux visiteurs. ((Ces eaux- dit un contemporain, 17abbe I Lebeuf en sortant du reservoir s'ecoulentdessous terre dans des canaux qui se rendent dans la Seine. Le jardin ou elles sont est ombrage en partie par un bois de haute futaie qui donne des ombrages charmants aux buveurs, et qui est domine par quatre terrasses elevees les unes sur les autres, sous lesquelles il y a des galeries pour les memes buveurs quand il pleut. I1 n'est point de la competence de cet ouvrage de juger de ces eaux, sur lesquelles il paralit que les sentiments ont varie6.._ Le quai de Passy est reste charmant avec ses jardins en terrasses, restes presque les memes qu'au Xvjjje siecle. II SQUARE commence a la rue Beethoven. La etait le couvent des Minimes ou Bonshommes de Nigeon (c'etait le nom du lieu), fonde par Jean Morhier en 1493, enrichi, peu apres, par de nombreux dons d'Anne' de 1retagne, disperse en 17790. Plus loin, au dela de la rue Alboni vt du passage des Eaux, commencent les magnifiqucs jardins etages de la propriete Delessert. La rue Berton les separe de lancien chateau de Lauzun, qui appartint ensuite a la princesse de Lamballe, et devint en 1846 la celebre maison de sante du Dv Blanche. Que d'hommes connus y sont venus demander, la plupart en vain, la guerison d'un cerveau trop surmene par la recherche et la conquete du talent: Coedes, Andre Gill, Guy de Maupassant, pour ne parler que de ceux qui n'en sont pas, sortis vivants I Le Dr Blanche lui-meme y a fini ses jours au mois d'aout 1893. Un peu au dela, le quai passe sous la ligne de Courcelles aux Invalides, qui emerge du sein de la colline par un souterrain construit sous la vaste maison d'enseignement dite des Freres de Passy. Au rond-point du pont de Grenelle, ou commence l'avenue de Versailles (Auteuil), il faut tourner a droite pour remonter a Passy par la rue de Boulainvilliers, ouverte a travers le domaine seigneurial de' Passy, dont le dernier seigneur fut Anne-Gabriel de Rieux, marquis de Boulainvilliers. Nous retrouvons la ligne de chemin de fer des Invalides a hauteur de la rue des Vignes, ou est installee la station dite de Boulainvilliers dans une tranchee ouverte dont 1'effet est des plus pittoresques. Au dela de la rue de Boulainvilliers, la rue de Passy s'elargit et, sous le nom de chaussce de la Muette, prend une allure plus noble. Elle aboutit a l'ancien chateau royal de la Muette, dont le nom a ete donne au quartier. Ce fut d'abord, sous Charles IX, un simple pavilion de chasse, presque un chenil, et c'est ce qui explique sa denomination, car par Muette, il faut entendre meute. Le Regent en fit un palais pour sa fille, la duchesse de Berry. Louis XV y prit gout aussi, et lembellit de toutes sortes d'ceuvres d'art. La belle perspective qui s'ouvre en face de lentree du bois de Boulogne fut de meme ordonnee par lui pour que, de ses fenetres, il puit voir le chateau de Bellevue ou regnait Mme de Pompadour. Le vent de la Revolution LAMAR'1'INE ET STATUE DU POETE.:j::: i: f 0:::E:;::::S i::::;:H: j:_:::g:gj ~::;:::::;:::: iff;0 f:: A C 0:::::::-::::::::::::::::: 0:::::::::: Hi i.::::::::::,: i:::li;:::::::: i:: -::::.: ii.::.: i:i:ii::::::f:f:::::::: A:::::::::::::::::::::::::::::::::-::::: iii::B+~B:*-X. ays: s::............::... i::0000::;............._. FAgADE DE LA FONDATION THIERS. balaya tout ce luxe, auquel se melaient pas mal d'impuretes. Domaine national, offert en vente a P'encan, le chateau ne trouva qu'en 1815 un acquereur, et, heureusement, un acquereur digne de lui, Sebastien Erard, facteur de pianos, dont les heritiers indirects le possedent encore maintenant. Devant la Muette s'etend la gracieuse promenade du Ranelagh, vestibule du bois de Boulogne. II parait que, vers 1780, lord Ranelagh avait patronne sur ses terres de Chelsea, pres de Londres, un bal champetre qui eut tout de suite beaucoup de succes. Cela donna l'idee au sieur Morisan d'en creer un analogue sur les pelouses de la Muette. L'autorisation lui en fut donnee par le marechal de Soubise, gouverneur du chateau, et la vogue ne lui manqua pas davantage, grace a la reine, toujours avide de prendre part aux fetes populaires. C'est de la aussi que, pour la premiere fois, Pilatre de Rozier partit en ballon, en 1783. Apres la Revolution, apres l'invasion de 1815 qui saccagea le bois de Boulogne, les bals du Ranelagh furent ouverts de nouveau, mais exclusivement a I'aristocratie. I y a bien lon-temps qu'ils se sont fermes pour toujours. Le Ranelagh n'est plus qu'un elegant pare sillonne d'avenues ombreuses dont quelques-unes sont bordees de villas. Au n~ 2 de l'avenue Ingres, est la maison ou mourut Rossini le 13 novembre 1868. On ne pouvait trouver meilleur emplacement pour honorer par un monument la memoire de La Fontaine. MAISON MORTUAIRE DE VICTOR HUGO.

Page  169 SEIZIEME ARRONDISSEMENT 169 Enfin, le Ranelagh a eu la gloire, non mediocre, d'etre choisi, en raison de son charme meme, comme lieu d'arrivee de l'empereur et de l'imperatrice de Russie, lors de leur visite solennelle a Paris, dans la matinee du 6 octobre 1896. Ce fut, pour les privilegies a qui il fut donne d'y assister, une inoubliable solennite. Depuis tant de mois que Paris, que la France entiere vivaient dans I'attente fievreuse de cette visite, feconde en ----------- esperances, il n'est pas excessif de dire que ce matin-la, toutes les pen-;; t t00f; sees convergerent sur le..... Ranelagh. A F'heure BWe^^ - dix heures du matin - le train imp rial s'arrAta a quelques me'tres en avant de la gare de Passy. Venant de Cherbourg, iH avait Wet conduit directement par Versailles et- l'embranehement d'Ouest - Ceinture. Un debarcadere.... d'une rare elegance s'E-t levait en bordure de la voie; les souverains descendirent. Le prusident de la, Republique, les, ministres, tous les hauts fonctionnaires de 1'1tat IL____________ et de la Ville 6taient la'. Apre's les presentations PONT D'IE"N& ET PA] prevues par un ceremonial rigoureux, le cortege se mit en marche, gagnant Paris par le bois de Boulogne et les Champs-Elysees. L'enthousiasme de la foule immense qui avait passe la nuit a l'attendre, etait indescriptible... On devrait bien marquer par un monument commemoratif -il en a ete question - cette minute de gloire, sans precedent et probablement sans retour, dans les annales du Ranelagh. Au Nord du-domaine de la Muette, la translation du Fleuriste de la Ville au parc des Princes (Boulogne), decidee en 1894, consommee en 1898, a determine la creation d'un nouveau quartier sur les deux rives du chemin de fer de Ceinture, entre les gares de Passy et de l'avenue Henri-Martin. Il est a peine sorti de terre et sa prosperite est deja assuree. On a eu l'heureuse idee de donner aux voies nouvelles des noms d'hommes de lettres contemporains que la posterite devait retenir: 1mile Augier, Jules Sandeau, Eugene Labiche, Octave Feuillet,...... Guy de Maupassant, Edmond About, Gustave Nadaud. Us sont bien places dans le voisinage d'un point ou convergent les avenues Victor-Hugo et Henri-Martin. Cette derniere, qui lim ite au N ord le:::1 -I;::::,::::::0::::;-:0::; 00: ^;:: quartier de la Muette, le separant de:::::::i::;::::00::::i:::; - celui de la Porte-Dauphine, a recu sa 1^^^^^ denomination en 1885 (1'mminent histo- ^^iSM^^^^^ ^ ^^^^^ rien est mort rue Vital, 38, le 14 de- -:}::^: cembre 1883). Elle s'appela 'a l'origine. * ^ avenue de 'Em pereur, puis avenue du T::::/:*::'::'::::i:::::^^:::: Trocadero. Lamartine aurait eu, si sa i i; llilllJI;i!!!!!^ gloire nWavait pas ete deja' pourvue: des I \-:^ ^^^ droits de priorite a en etre le parrain, car il l'habita longtemps, dans un chalet que lui avait donne la Ville et oui il mourut en 1869. Sa statue, ceuvre de Marquet de Vasselot, s'eleve depuis 1886 dans le square Lamartine, tout voisin, coquet en depit de ses cypres, qui lui |:::- ti ^ ^ donnent quelque peu l'air funebre. Construite de 1875 'a 877 par M. Go-...t............ debaeuf, architecte municipal, la mairie. ==........ fait tre's bonne figure a l'angle de l'avenue Henri-Martin et de la rue de la -....... Pompe; elle a remplace F'ancienne mairie de Passy sise sur la place du meme. — nom, ou stationnent les omnibus de la Bourse. Le lotissement du pare Guichard, en 1854, donna lieu a l'ouverture d'une serie de rues qui rayonnent autour de la place Possoz (M. Possoz etait maire de Passy lorsque fut faite cette operation). Elles ont toutes une largeur uniforme de 10 metres. Ce sont les rues Cortambert (alors rue Saint-Hippolyte), Faustin-Helie (rue Sainte-Claire), Delaroche (rue Saint-Georges), Nicolo (rue Saint-Pierre). La devotion n'avait pas ete etrangere, on le voit, au choix de ces denomina—. 'tions. Depuis 1842 existait la '.::: rute Vital, offerte a la __________________I commune de Passy par ht. i Dmunicipaux, M. Vital, pour DU M irettre en rcpport la partie excentrique de la commune avec Le hu m 1 1 le cent re)). De nos jours ont ete percees, s'ouei-Mati n etd alvrant sur la rue de Passy, r d est ut les rues Res aroni et... a....; metiere oquet, aistocratque comm FensemClaude-Cdqati. Le choil Q....u......... de cefte derniLire dXnoeo.a...0...0...ol. lmination demeurse f-..........x atrvesaen. e sp chleux, melmer pour yeux - ' '- '.............................. q saven au'il s'agit du plaIosde un e de jeuPs'een det la erue duRa nos'elg an la rue de l'Assomption, avec une facade sur7 chacune de ces voies. Le haut mur de souteknement qui forme l'encoignure de l'avenue Henri-Martin et de la place du Trocadero dissimule aux yeux le cimetiere, dont l'entree est rue Vineuse et rue des Reservoirs-cimetie're coquet, aristocratique comme l'ensemble du quartier, tant il est vrai que l'galite devant la mort n'est qu'un vain mot. Quartier de la Porte-Dauphine. -Sous le re'gne de Louis XVIII, toute la region qui s'etend au nord de l'avenuc Henri-Martin etait encore absolument inhabit~ee; on l'appelait la plaine de Passy, plusieurs chemins vicinaux la traversaient. ]Des speculateurs y jete'rent les yeux en 1825; l'avenir a prouve qu'ils n'avaient pas tort. Le nouveau quartier regut un nom assez singulier: l'Elysee-Charles (toujours la flatterie au pouvoir). Il fut tout d'abord dote de deux.I LES BASSINS DU PALAIS DU TROCADERO.

Page  170 170 PARI S — ATLAS LE MUS1EE GUIMET. larges avenues se coupant a angle droit: (( F'avenue de Saint-.. ___ Cloud, allant de 'Arc de Triomphe a Saint-Cloud par le bois de Boulogne, et Favenue de SaintDenis, allant de la Carriere Sainte-Marie ou du Trocadero au chemin de la Revolte )). C'est ainsi que les designe, au cours de sa session de 1828, le conseile dqarrondissement de Saint-Denis, qui emet le vcoru quo la premiere sois classoe, dels eCrsN8 I'ann~e suivante, comme route dvpartementale, et que la seconde le soit t ntuelemntso egalement edess qu'elle aura Wt cailloutee par la Compagnie de la plaine de Passy f(Arch. de mrp l nuod eh l la Seine, procet s-verbal et.......i.i. t sco...lai........ 7066.r..S...n part,..-.r... cl'a tre par. C'es..l'eglise............. manuscrit). Le lecteur y............ SS ___ aura reconnu les avenues devenuparossee_____ Victor-Hugo et AMalakoff.' AP' II semblerait que leur dn ln point d'intersection (place Victor-Hugo) ait du' eltrechoisi comme centre geometrique de uElysee-Charles. Non, ce fut le rond-point de Longchamp, o. se coupent les rues de Longchamp et des Sablons. CGest la' qu'en avril 182.9 - les deliberations du conseil municipal de Passy Fattestent - fut 6rige' u1 arc de triomphe sous lequel passa le roi a son retour de Lunville. Le cout de cette o phemetre construction fut de 468 fr. 60. Apre's Charles X, FElyse'e-Charles perdiL natlurellement son surnom. et me'me son nom. Cela nWempelcha pas qu'on y baltit. Le 10 novembre 185l, la munieipalite de Passy fut autoris~e par son conseil 'a acquerir la quantite de terrain necessaire, a raison de 15 fr. 45 le me'tre, pour la construction d'une chapelle. Le 25 novembre 1855 furent approuves les devis de la construction de cette chapelle et des baltiments scolaires annexes: 170,663 fr. 73 d'une part, 19,272 fr. 72 d'autre part. CGest 1Feglise Saint-Honor6-d'Eylau, devenue paroisse en 1862. En 'vain chercherait-on dans Yancienne plaine de Passy des monuments plus anciens; d'ici longte mps encore, nos archeologues n'y trouveront... que des logis pour eux - au prorata de leur fortune. Le lycde Janson-de-Sailly - du nom. de son principal fondateur avee Ittat - occupe un tre's vaste emplacement entre les rues de la Pompe, Decamps, de Longchamp et l'avenue Henri-Martin. Sa prosperite a ete tres rapide, car il occupe maintenant le premier rang pour la population scolaire, et aussi pour la vigueur physique des eleves, qui y excellent dans tous les exercices du corps. La sortie des classes est amusante a voir: il n'est guere d'externe qui, le cartable sous le bras, et souvent la cigarette aux levres, ne s'elance sur sa bicyclette pour de la aller faire un tour au Bois; et sur la chaussee asphaltee de la rue de la Pompe, ce sont des departs homeriques! Une plaque commemorative que porte la facade d'un petit hotel fort simple, 124, avenue Victor-Hugo, arrete le passant dans une respectueuse emotion: c'est la que, le 22 mai 1885, s'eteignit le Maitre charge de gloire et d'annees, mais que 'on s'habituait a croire immortel. Des lFannee 1881, la Ville de Paris avait par un hommage special donne le nom de Viclor-Hugo a la partie de l'avenue d'Eylau qu'il habitait, entre la place SaintHonore et l'avenue Henri-Martin. Au lendemain de la mort, le conseil deliberait que toute l'avenue jusqu'a l'Arc de Triomphe recevrait le nom du poete. On transfera le nom d'avenue ('Eylait a une voie ouverte, la meme annee, entre le Trocadero et le rond-point de Longehamp. Que dire, qui n'ait pas ete dit maintes fois deja, des splendeurs de F'avenue du Bois-de-Boulogne, de cette promenade princiere, plus majestueuse encore que les ChampsElysees qu'elle continue, preface exquise du bois de Boulogne dont elle est la seule route suivie par..-.. quiconque se respecte a Paris. Ce fut d'abord Favenue de l'Imperatrice. Pendant la guerre de 1870, on lui donna le nom du general Uhrich, le vaillant defenseur de Strasbourg. ^ ^^.. -.;^ Sa denomination ac ---------— tuelle-date de 18750 Par llin itn d ''h8tels magnifi' des tpr le mention emen de transetrangoeS pr en_.ws+*.*:.:..............*v::.:*.. vster lEpsetion avclFenu _ la rue c'es la'Hotelei -UN1S.cinn desricmmue dul' Poa urnommtr e. Sonupe ACE DES ETATS LE MUSEE GALLIERA.

Page  171 SEIZIEME ARRONDISSEMENT 171 LE XVIe ARRONDISSEMENT ENTRE L'AVENUE D'IENA ET L'AVENUE KLEBER. mier hote a ete le roi de Suede, qui y a passe une partie du mois de juin. Ombreuse et poetique, comme le dit son nom, la rue des BellesFetilles aboutit a l'hotel oii, pour honorer la memoire de l'illustre homme d'Etat, Adolphe Thiers, sa veuve a cree ce que l'on nomme la Fondation Thiers. Ce n'est pas une ecole de hautes etudes, ni un institut, c'est un asile de science, ou quelques jeunes gens, s'etant dejareveles par leurs dispositions pour les travaux savants, passent trois annees, exemptes de tout souci materiel, a se perfectionner dans la carriere de l'erudition, avec toute liberte dans le choix de leurs etudes. La conception est des plus heureuses, mais elle ne peut etre utile qu'a ceux que la fortune n'a pas favorises (de quoi servirait-elle aux autres?) et il est a craindre qu'apres cette periode purement speculative les difficultes materielles de la vie ne leur apparaissent plus graves encore, car elles sont plus soudaines. Quartier de Chaillot. - C'est ce nom qu'un decret du 20 avril 1896 a substitue a celui de quartier des Bassins, porte jusque-la par le 64e quartier administratif de Paris: ((Le changement de nom demande par le Conseil municipal parait justifie, aujourd'hui surtout que les bassins..... qui existaient autrefois sur l'emplacement occupe aujourd'hui par la place des Etats-Unis..... n'existent plus. La nouvelle denomination de Chaillot aurait meme l'avantage de rappeler le souvenir d'une localite importante des environs de l'ancien Paris.)) Tout cela est vrai, mais il n'y a pas que cela. Les habitants du quartier se plaignaient de cette denomination de ((Bassinso qui pretait a des plaisanteries; ils n'ont pas pris garde que le nom de Chaillot a, lui aussi, ete chansonne et ridiculise aussi peu spirituellement; il etait de bon gouit, jadis, de dire a tout venant: ~ A Chaillot, mon bonhomme! )) D'ailleurs, si les bassins de la place des Etats-Unis ont disparu, ceux de la rue de Villejust (toujours dans le meme quartier) n'ont fait que s'accroitre. Un avis publie au Bulletin municipal du 25octobrel897 annonce la construction d'un nouveau compartiment aux grands reservoirs de Passy - et une malencontreuse parenthese ajoute: XVIe arrondissement, quartier... des Bassins! Le decret cite plus haut devait pourtant avoir force de loi, dix-huit mois plus tard! II est tres interessant a connaitre, le quartier de Chaillot, et aussi tres complexe.Dans sa partie orientale,il participe du luxedu VIIIearrondissement, auquel il confine; au centre, ont survecu quelques vestiges du vieux village; a l'Ouest et au Nord, il se confond avec son voisin la Porte-Dauphine, dont il est le contemporain. Le nom de Chaillot apparait pour la premiere fois dans les chartes en 1096 sous la forme Caleium, puis assez frequemment, au cours du xtue siecle, dans des documents qui ont pour objet de confirmer au prieure de Saint-Martin-des-Champs la haute main sur la paroisse de Chaillot. Plus tard, on trouve C/alloel, Chailloel. D'ou vient ce nom? L'abbe Lebeuf le tirait du celtique et affirmait qu'il signifiait lieu defriche; d'autres erudits y ont cherche une origine latine, qu'ils rattachent a celle de notre mot caillou. Ici, comme en tant d'autres cas, la science philogique n'a pas dit son dernier mot. Sur le sommet du plateau, la ou le palais du Trocadero offre aujourd'hui aux maigreurs de la tour Eiffel le contraste de sa panse enorme et de ses bras demesurement ouverts, etait jadis la vraie maison seigneuriale de Chaillot. L'illuslre marechal de Bassompierre s'en rendit un jour acquereur - en 1630 - et cela nous a valu une bien jolie anecdote de Tallemant des Reaux: (~Quand il achepta Challiot, la Reyne mere lui dit: - He! pourquoy avez-vous achepte cette maison? C'est une maison de bouteille. - Madame, dit-il, je suis Allemand. - Mais ce n'est pas estre a la campagne; c'est le fauxbourg de

Page  172 172 PPARIS - ATLAS Phot. Neurdein. PERSPECTIVE DE L'AVENUE DU BOIS-DE-BOULOGrNE Paris. - Madame, j'aime tant Paris, que je n'en voudrois jamais sortir. - Mais cela n'est bon qu'a mener des.... filles (il y a un autre mot dans Tallemant!- - Madame, j'y en me'nerai.)) Vingt et un ans plus tard, cette maison si peu vertueuse devenait un couvent de femmes; les dames de laVisitation I'acheterent sous le patronage de Henriette de France, fille de HenriIV, l'infortunee reine d'Angleterre, dont la gloire depasse les malheurs puisque Bossuet les a celebres dans leglise meme des Visitandines. La gloire en rejaillit aussi sur Chaillot d'avoir ete le lieu oH furent entendues ces paroles magnifiques: ((Celui qui regne dans les cieux, et de qui relevent tous les empires... )) La Revolution vint disperser; les religieuses, qui etaient alors —.-:* ------------ au nombre de vingt-deux, plus. p gl;Sl^ neufsceursconverses, deuxsceurs * fc tourie-res, une demoiselle agre- ' f 00000 I;.: gee et une fille de service. Leur couvent, bientot jete bas, laissa pendant longtemps inculte' et charmante la montagne qu'un fort espagnol conquis en -1823 fit, appeler le Trocadero. Puts, on y min des marches, larges chacune = comme un trottoir de nos boulevards; enfin, pour lExposition universelle de 1878, MM. Davioud et Bourdais y brtirent le beau paldis du Trocade'ro,^ dont la grande salle de fetes n'a qu'un vice, mais redhibitoire:une acoustique deplorable. ' H | T E L G R v Y. A mi-cote, s'1elevent les muse' 'Guimet et Galliera; le premier, consaer6' aux monu- ___________ ments des religions et de I'antiquit6 orientales, a et donn6 HO6TEL GRPVY, a lEtat par son fondateur, M. Guimet. Mrne de Galliera a donne a la Ville un hotel charmant pour lui permettre d'y exposer des ceuvres d'art -- notamment des tapisseries -qui n'auraient point leur place au musee Carnavalet. Au dela de la rue Pierre-Charron,serpente la venerable rue de Chaillot, aussi luxueuse vers les Champs-Elysees qu'elle P'est peu dans sa partie occidental, oh se trouve F1'glise Saint-Pierre, monument sans caractere, de la fin du xvii siecle. Nous avons dit plus haut l'origine de la place des Etats-Unis; elle date de 1883 et est devenue le centre de la colonie americaine. Le ler decembre 1895 y a ete inaugure le groupe en bronze: Washington et La Fayette, offert a la Ville par le journal The World. Un decret du 3 mai 1900 a approuv6 (( lerection a Paris d'une statue de Washington ). C'est la place d'Iena qui a ete choisie pour la recevoir, et l'inauguration a eu lieu le 3 juillet suivant. Cette statue equestre estst offerte la France par un groupe de dames americaines. Sur la me me place, se voit l'hhtel construit pour I'ancien president de la Republique, Jules GrGvy. En bas, sur le quai, R. ou est maintenant la manutention militaire, Louis XIII avait fondd la Savonnerie, manufacture de tapis orientaux d'ou sortirent d'admirables produits, dignes des Gobelins, jusqu'au moment ou elle fut reunie a sa soeur ainie du faubourg Saint-Marceau, c'est-a-dire en 1824. A ccte, en remontant vers Paris, c'tait la marbrie, depot des martes bres du roi - et plus pres encore de la barriere, sur 1'emplacement de I'ancienne pompe a feu, les freres Nerier avaient, en 1778, construit la prei miere grande machine ele vatoire de Paris, refoulant l'eau de la Seine jusqu'aux reservoirs de la montagne de Chaillot. Ce n'etait que de l'eau de Seine, mais il fallait savoir s'en contenter: apres la disparition des reservoirs, la ellel- cmee disparut. L'.ber represente le trace du mur des fermiers gnenraux; apelee longtemps avenue du Roi-de-Rome. Ce serait nnee r oire que la rite de Longcha??p doit son nom 'a l abbaye bois de Boulogne; les textes permettent d'affirmer qu'il xvii" siecle a Chaillot un fief de Longchamp. De l' autre enue K16ber, le terrain est tres mouvemente, malgre r avaux de nivellement, surtout du cott des rues Copernic ston, ou il domine l'avenue Victor-Hugo. Quelques mots en terininant sur le parcours du chemin de - fer de Ceinture dans le XVIe ar___. _ w~ fi~|-rondissement. Apres la station 1:^. ^^'*i^:'0 0 | de la Porte Maillot-Neuilly, qui i- appartie au XVII. arrondisseH l I ment, il se poursuit en tranches 1J j\.: 0<tN *:; csur quatre voies, et dessert les...,0 I <;0I; -^ 1 stations de l'Avenue du Boisf;;g tt.;;;de-Boulogne et de l'Avenue ''.&'.l',ll Henri-Martin. Au dela.de cette - |derniere station, se detachent, a X,gk 2 | 1 droite et 'a gauche des voies d'Auteuil, celles de la ligne, du Champ-de-Mars-Invalides que nous avons deja rencontree dans Passy. Les trains d'Auteuil et de la Ceinture suivent sur deux voies une tranc'e que surplombe a gauche le boulevard E~mileAugier, droite le pare de la Muette. Apres la station de: d;|! Passy, une perspective des plus riantes s'ouvre sur le Ranelagh; pUlS la ligne rentre en tranchee jusqu'aux abords de la gare NA. d'Auteuil, ou elle debouche en remblai. Les trains qui depassent cette gare s'engagent alors ic du Point-du-Jour, d'oA la vue, est charmante, des deux ligne,et atteignent la station du Point-du-Jour, install~e ic meme, au dela de laquelle, franchissant la Seine sur le [ous avons parle, ils penetrent dans le XVI arrondissement., PLACE D'Il,:

Page  [unnumbered] PARIS - SEIZIEME ARRONDISSEMENT StadelayS tailot Stdela.R.d'Obhrl NEU LLY__ - VEN U. i rA A' AVENUE DE char I ''W^^M~1^ l s' n I I -)// r?;ft~r / }67+qetX-ai^?e: Lo a-re jjp/_ssi Saits USipti I ~ I I I t eJ/{: y i - Quartier d;ut&&i, l " 'i`ie..... h...... dela iuefett j 3......,........ de i la ForteJaup-hin ( )......,,..... de Chaillot Echelle=i: 18.oo000 I - - -- - i- I__ __ I I. i ys^ ~ C Fv ~MP q DE "MAN E LVI ES V, * -t 4. I 00 O 600 600 l f a 200 400 600 800 1a000 PAR IS-ATLAS 16

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Page  173 ARC DE TRIOMPHE DE L'PTOILE. BATIGNOLLES-MONCEAU. -658 QUARTIER: LES TERNES. - 66~ QUARTIER. LA PLAINE-MONCEAU. 6770 QUARTIER: BATIGNOLLES. - 68e QUARTIER: LES EPINETTES. a r' I M I IMITROP.E des opulents VIIIe et XVIe, contigu ^1 _^ a l'elegant Neuilly, au populeux Levallois, atte3 nant a Montmartre qui lui donna la vie, le || XVIIe arrondissement, dit BATIGNOLLES-MONCEAU, E i^l^ ^ offre un reflet exact de voisinages si divers: j. opulent et elegant dans la Plaine-Monceau, la1 borieux et populeux aux Ternes et a Batignolles, 3 a Esw A industriel et ouvrier aux Epinettes. L'avenue de la Grande-Armee Ie separe du XVIe; lavenue de Wagram, les boulevards de Courcelles et des Batignolles le separent des VIIIe et IXe arrondissements; Favenue de Saint-Ouen, du XVIIe; enfin, les fortifications lui sont une limite naturelle. II est d'une grandeur moyenne: 445 hectares. C'est meme le plus petit des arrondissements formes par l'annexion de 1860; en revanche, il conipte plus de 180,000 habitants; et, parmi ces arrondissements, le XVIIle seul a une population superieure. Si l'on veut poursuivre les comparaisons, il faut dire encore qu'il n'y a pas a Paris de quartier de creation plus recente que ceux qui composent le XVIle arrondisse ment. A part l'agglomeration des Ternes qui peut preltendre a quelque notoriete historique, tout le reste du'territoire etait encore en culture il y a un siecle. De meme que les trois arrondissements qui le suivent dans l'ordre numerique, celui-ci a ete forme en 1860 aux depens de communes surburbaines: Neuilly a fourni les Ternes,.jusqu'a la rue de Courcelles, et Clichy (Levallois-Perret n'existait pas encore en tant que commune) les trois autres quartiers qui, nous le verrons plus loin, avaient ete, des 1830, constitues en commune distincte. Quartier des Ternes. - N'en deplaise aux habitants des Ternes, ils ne sauraient se prevaloir de l'origine romaine que des savants avaient proposee pour expliquer le nom de leur localite. On avait dit qu'elle etait situee terno milliario, au troisieme mille de Paris. It faut renoncer a cette etymologie lointaine, depuis que des charte's. Iatines du xjve siecle ont ete retrouvees, ou le lieu est dit villa es'ler'nd ou externa, domaine exterieur, dependant des terres que. I'evech6.de Paris possedait au Roule et a la Ville-l'Eveque. C'etait, tout simplement, une ferme. 17 P A RI S -A T LAS.

Page  174 174 PARIS -ATLAS toire meme des Ternes, une catastrophe deplorable. Les chevaux de la voiture qui conduisait, le 13 juillet 1842, au chateau de Neuilly le fils ainle de Louis-Philippe, Ferdinand, due d'Orleans, prirent peur et s'emballerent non loin de la porte Maillot. Le prince effraye crut echapper au danger en sautant en bas de sa voiture; il le fit si malheureusement qu'il y trouva la mort. Les habitants des Ternes mirent, en signe de deuil, leur nouvelle eglise sous le vocable de Saint-Ferdin.and, AVENUE DE LA GRANDE-ARMEE. Devant cette ferme passait un grand chemin qui a — du exister de toute antiquite: la route de Saint-Germain. L'avenue des Ternes n'en est, en effet, qu'une section, prolongee vers Paris par le chemin du Roule et la (( grant rue Saint-Honore )). Au xvie siecle, a cote de la ferme s'eleva un chateau,. construit par une famille berrichonne, les Habert, qui - - - se le transmirent jusqu'en 1663. Ils avaient obtenu par lettres patentes de 1634, bien que leur maison ne fut point un fief, (( le droit d'avoir colombier a pied et pont-levis en ladite maison des Ternes )), mais sans quele proprietaire (( puisse neantmoins pretendre aucun droit de seigneur autant plus grand que ceux dont il jouissoit avant... )) En 1715, le chateau fut achete par Mirey de Pomponne, conseiller du roi, qui le fit rebatir et y mourut. Les registres paroissiaux de Villiers-la-Garenne mentionnent (( le deces de messire Pomponne-Mirey, en sa maison des Ternes )), le 21 avril 1740, a I'age de soixante-cinq ans ou environ. Divers possesseurs lui succederent jusqu'a la Revolution: Rene Masse, conseiller du roi, mort en 1766; M. de La Live, le marquis de Galiffet, prince de Martigues. Depuis, le percement de plusieurs rues, la creation du chemin de fer de Ceinture, des alienations de terrain, ont reduit le domaine a n'etre plus qu'une simple maison bourgeoise; mais ce qu'on a pu conserver de la construction de Pomponne lui donne encore grand air, et c'est pour le promeneur une charmante surprise que de se trouver tout d'un coup en face de l'arcade recouverte de lierre sous laquelle passe la rue Bayen. Apres la Revolution, le hameau des Ternes se peupla rapidement. Le mur d'enceinte des fermiers generaux I'ava;t isoi deo Paris il dependait de Neuilly qui, lui-meme, bien tfilrorelit atlors de — ce qu'il est devenu, avait toute son agglomerationl et Ses ed'1'tifices municipaux - eglise et mairie - 110131 Win det!a Som. i Les Ternes firent cause commune avec le quartiax; Xivtf de, Sablonville et declarerent tout net que se troutv'tnit trop 61oi_ gnes du centre de la commune, ils allaient demander au gouvernement la creation en It leur faveur d'une municipalite. Cela se pas- M sait aux environs de 1830. Neuilly s'en emut, / / ^ ainsi que l'atteste le proces-verbal d'une seance du conseil municipal tenu le 8 aout | 1833, ou une compensation fut promise aux / | Et, en effet, 'annee suivante, etait entre- / ( prise la construction'de; Ja mairie a Sa-;La (( section )) des Ternes avait quelques droits a se montrer exigeante; elle comptait alors 8,000 habitants. Une sorte de hangar servait de chapelle. L'impasse'dite \ aujourd'hui avenue de la Chapelle, tout \ pres de la barriere, en rappelle l'emplace- \ ment. La commune de Neuilly vota les fonds necessaires pour la remplacer par une veritable eglise. Un terrain fut achete \ -;;........ au marquis d'Armaille en 1842; les plans \^ - dresses par Farchitecte Lequeux furent agrees: une eglise s'6leva. Elle etait a peine commencee lorsque survint, sur le terri- EGLISE SAI PERSPECTIVE DE L'AVENUE DE WAGRAM. i saint fort obscur, mais patron du malheureux due d'Orleans. Cet edifice, ni beau ni laid, a ete considerablement agrandi, de 1875 a 1877, par les soins des architectes Vaudremer et Bray. Disons, en passant, que ce dernier etait adjoint au maire de Neuilly et qu'une rue du quartier des Ternes porte son nom, mal orthographie, Brey. De pareilles erreurs seraient a peine excusables s'il ne s'agissait pas d'un homme qui vivait encore il y a vingt-cinq ans. Une plaque de marbre, a droite de la porte de Fleglise, porte une inscription relatant que ces travaux d'aggrandissement furent solennellement benis, le 7 novembre 1878, par l archeveque de Paris. La ville des Ternes, si avide d'autonomie en 1833, n'avait plus du tout les memes sentiments en 185)9, lorsqu'elle fut consultee - pour la forme - sur son annexion a Paris. Sa commission syndicale, Com-ripose-of-t dfi, soqp4t proprietaires, emit un vCeu tres favorable,t al memo juSiu'a regretter que la totalite du territoire de NeldilY t )le Ut pais compris dans cette mesure. Voici les raiw son1s qit'ollt eqj d<?nnait:..... (fe Xe lnSio! at laquelle on s'etait generalement attendu, garantirait l etami scc r Tius conlre le tort qu'elle est menacee d'eprouver en ce que le peu d'espace qu'elle offre a parcourir pour passer la nouvelle enceinte pourra provoquer \^ l'emigration d'un certain nombre d'habitants chermss chantasesoustraireauxnouveauxdroitsd'octroi. sfs l \ Elle aurait, d'ailleurs, l'avantage de conserver le ^^ ^ _ lst \ \ splendide ensemble de promenades etablies ou a etablir depuis les boulevards de Paris jusqu au \ -ois de Boulogne, lequel s'y trouverait definiti1^.gg0 0 S \ vement compris: harmonie qui peut etre detruite M \ si la nouve~le enceinte vient separer irrevocable|_> 0; \ ment deux sections qui semblent avoir beaucoup.\ a gagner a ce projet en restant reunies... (Arch. nat. F. 87004.) Pour valables que fussent ces arguments, ils ne prevalurent pas. Les Ternes seuls furent incorpores a Paris.. Nous avons dit ailleurs quelles furent les origines de l'avenue des Champs-Elysees et de la place de lEtoile. Lorsque celle-ci fut formee, en 1670, il s'en fallait qu'elle eut son aspect d'aujourd'hui. C'etait une butte pointue irregulierement, et equi barrait desagreablement la perspective des Tuileries. On ne songea guere a (( Fapprofondir ~, c'est-a-dire a l'aplanir, que lors du NT''-FERDINAND.

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Page  177 DIX-SEPTIUME ARRONDISSEMENT 177 d'autres rues 'a offrir en parrainage 'a Belidor. / Quartier de la Plaine -Mon- 0 0 0;f i ceau. - En consultant l'Atlas du /ftS0;i0000000 iS0000000000 dc~partement de la Seine, grave par Le- -- /j0; 0: i0 i X;s0000 i; i felvre en 1856, on se rend oom pte,/ /t000-0000000000;0 0;i- t;00i0-0-:;-i000:\0 que tout le reseau de voies ele- / /i:00000000X;X0;;;0S~;00:0 Monceau n'existait pas alors, m em e / /000;000; f; t00t;000;00000 f t;t00;i0000;;;000000000 en projet. C'Utait bien reellement / f00\0000X;0000 t: une plaine en culture formant deux f 0S; fi;: f t; t;;; -; — cantons de terre, nommes les Cou- /;00;i i;;; —...... tures-Sainte-C atherine et les Lon-...;..ffl000000;00000000000000000000000000-ilE000fV000000 gues-Raies. La seule partie habit~eefL 000 - etait la rue de Levis, formant, une f ilt0)\00- _ partie de la route de Paris 'a Ar- _ pris naissance sous le 'second Em- _ S;XiV pire. Au cours des dernie'res an-\ 0-000 nees, il s'est cr6ee un groupe de \! cement de l'ancienne usine 'a gaz, 1 |; a gauche de la rute de Courcelles, et X'l 3 cette rue- me'me, entre le boulevard _ de Courcelles et la place Pereire, \ s'est bordee de riches maisons. n '0 - De's le moyen 'age, le hameau de Nt000 Monceau etait compose des habita- i& s~ tions des laboureurs de la plaine....;;;;-.;-;-.....;;0;;-; Son nom, qui, dans les chartes S0-;- 00-; latines, est Bonticellum, signifie evidemment petite hauteur, un dimi- T A T tJ1 W-A. LE, nutif de montagne, et en fait, la seigneurie, dont le dernier vestige subsiste par le pare Monceau, etait bien situee sur la colline qui domine le nord-ouest de Paris. Par une corruption assez singulie're, on l'appela commun ement Mousseaux, et c' est ce qui a fait croire au savant abbe Lebeuf qu'il devait cette appeLlation it l'abondance cle la mousse. Il n'en est rien. Jeanne d'Arc ti-t 'a Monceau l'honneur d'une visite. C'est Martial d'Auvergne, un chroniqueur-poe~te contemporain, qui le relate dans seq Vigiles de C/laxles VII: Le lendemain, grand compagnie, De l'os des Frangois a Monceaux S'en vindrent faire une saillie Jusques au marche aux pourceaux. Le marche aux pourcea ux etait, commne on sait, pre's de la porte Saint-Honore du temps de Charles V, c'est-a'-dire vers l'endroit ou' l'avenue de l'Opera prend naissance sur la place du TheAtre-Francais. La rue de Levis a garde le nom d'une famille qui posse'dait la seigneurie de Monceau au XVIIle sie'cle; elle a coniserve aussi un aspect faub~ourien qui jure [_~ Dans la rite de TocI_.Iqueville se trouve la i,:_Smaison principale t_ g tde l'Hospitalite' de _l w r~Lexlon-Cosard | g |f 1orn6 d'une statue....t!g~gX........ — la signature de |_W011%;t| _ _i~i }Al. Mancel et la date |ii|giktS~{_8g Y _ - || de 1892. congue sele ontrat L E L Y E E C AR tocrT.de ique etrs ela.. *- offre des loyers de 200 francs 'a - lI'une de ses extre'mites et de 4,0oO:;;:ti:S::;0S:;i:::-:f; \a l'autre. Il en est de me'me pour::0:X00000:::S:V:::;::::0f:: \la rue Legendre: faubourienne du;-01:: 0:;:::-;f0:;;\cote de Batignolles, elle devient d ii 0 0 0 ff g \somptueuse apre's avoirq croise la | b:: t::00;:0:/; \ \ rue de Levis. On y voit l'ho'tel de la # i::;::;::00gi\ \ Nonciature; -on -y admirait encore R |040 Ajb| & \ en 1894-le charm~ant hotel que Mleis-! 11 | -l\ \ sonier s'etait coffstruit au coin du s i E |!!l \ \ boulevard Malesherbes, et out il — +.il I\- \mourut le 31 janvier 1891. - --!!R1 lLe point de croisement clu bou} 1 1l |levard Malesherbes et de l'avenue i de Villiers constitue l'un des plus i:;i S -w1 scharmants carrefours de Paris, la;:::;:0| >h__| Zplace Maleshberbes. Entouree d'ho'tels:;; 0 _ l s| | de styles varies, dont le plus fas-:00l:j00gi;/..............tueux est l'ho'tel Gaillarcl qui rapiff t++; j ( /............... pelle un peu la facadle I ouis XII dui f~x-t /................cha'tettu de Blois,e elepossecle lasta-:>+_ /...............tue d'Alexandre Dumas pere, -R *_,............... la clernie're et tre's belle aeuvre cle _:;;7 / Gust 've D~or6, inauguree le 3 no-;00f; R > /vemb~re i88:3. Elle attend encore un |::00000000.-':00i''r /autre monument que la France let000000000 _t r/tree ne tarclera pas l elever 'a l'aurrl~~(teur cle La D~a^iie aux Camndlias et de'...0....:..... L'Etrangere. Il ne sera que juste cle "'''''-"'.B laBtSBi.:i.::................... placer le fils en face du p re d au tant plus juste qu'Alexanldre Dumas A N DRl~ a 1) UJ M Af........ avait pour ce quartier une affection fide'le; il occupa longtemps l'hotel qui porte le no 98 de l'avenue de Villiers, puis se choisit un logis moins vaste, rue Ampe're, no 11: Marly I'attirait, et c'est la' que la mort vint le frapper. Dans une de ses comedies, L'Amni des- feinines, Dumas a fait jouer 'a son cher quartier un ro'le d'utilite. Au quatrierine acte, M. de Monte'gre, qui a eu le mauvais gou't de suivre Mme cle Simerose, en fait la confidence 'a Mme Laverdet: (( Elle a pris le chemin cle fer. J'ai mon te' dans un autre compartiment qu'elle. Arrive'e 'a Paris, elle a pris une voiture de place et s'est fait conduire 'a l'avenue de Wagram. mm') LAVERDET.-Dans les nouveaux quartiers? DE MONTE'GRE. Oui. Elle s'est fait arre'ter devant un hotel portant le no 67... )) Et il ajoute que, renseignements pris, <( cette dame nWavait fait que traverser la cour et elle etait sortie par l'autre porte donnant sur la rue des Dames... )) Notez que cette rue des Dames es-t la A: rue Pon~cele t d'aujourd'hui, et que L'A mi des fe-mmes date de 1864; d'ou 17exclamation de Mme Laverdet: ((Dans les nouveaux quartiers? )) Il ne nous appartient, pas d'enume'rer les mal'tres ecrivains, peintres, sculpteurs qui ont fixe leurs penates dans la Plaine-Monceau: c'est l'affaire du Tout-Paris. Certaines rues meritent une observation: la r ue de Morttchlahi^, bordee de coquetles demeures, n'evoque guere l'ide du centre minier et usinier dont elle porte' le nom. La rite dua Pr intemI)s doit sa fondation 'a la societ qui a cr66 le magasin de nouveautes du melme nom; I'avewle des EGLISE SAINT-FRANgOIS-DE-SALES.

Page  178 178 1PA RIS- ATLXS Chasseurs rappelle le temps ofi les lapins coiraleifl e n to ('-X ( e liberte a travers la plaine. Des artistes: Phiiiberl Delfrme, | Daubigny, Meissonier, de Neuville, Fortuny, Leon Coq)diel, Bary'e, Detaille; des savants: Amnpere, Legendre, Joaffl/roy filachatl | Bremontier, de Prony; un poete, Thi. de Banvitc, dtes' mXiust-, i ciens, Gounod, Lalo; un marechal, Berthier; unt "^-mlitiTlta, Gourgaud, y voisinent en parfait accord; - Veriiif/Ht, moi-ms connu, fut Fauteur du grand plan de Paris, (IiI (des;.}.rtiste.s si precieux pour 1'etude de la topographic pnrbicn a, la fin du xvnie siecle; Julielte-Lam ber est, co:i-ittie chl't.:11 Isat, le pseudonyme litteraire de M1me Edmond Adam-ti, lxs rues t/d Logelbachi et (le Tltanm portant les noms de deux villks dWAI- t sace, noms choisis par le proprietaire des errlnltls, MN tHerti zog, qui etait Alsacien. MAI. Cardinet, Gayol, et d'Ofjo1nM4^W proprietaires egalement, passeront par leurs rues a la posterite. - L'avenue de Villiers, elle, perpetue le souvenir de Fancienne paroisse de Villiers-la-Garenne, confondue depuis cent cinquante ans avec Neuilly qui I'absorba. 1 Au centre de la place Wagram, s'eleve la statue d'Alphonse de Neuville, ceuvre du statuaire Saint-Vidal, inauguree le 17 novembre 1889; au carrefour forme par les rues Verniquet, Flachat / e t Alphonse-de-Neuvitle, se voit le buste / de Finge'nieur Flacha't. Le quartier contient plusieurs etablissements d'enseignement: l'Ecole des Hautes Etudes commerciales, bou- \ levard Malesherbes; le lycee Carnot,. egalement boulevard Malesherbe, cr66 par decret du 28 decembre 1894, dans ' ^^ les batiments qu'avait inaugures 'Ecole \Monge en 1874; l'Institut commer- \ 6! -R-< v cial, avenue de Wagram, fondee par des \...8 B........^^^^; particuliers en 1884, reconnu par l'Etat *\..l.:;;.:-: — en 1892. \ L'eglise Saint-Francois-de-Sales "suffit comme paroisse a ce vaste espace.. Creee en 1873, elle a ete erigee en cure STATUE DU MA le ler juillet 1875. C'est sous le pont du carrefour Verniquet que les voies du chemin de fer de Ceinture se soudent avec celles de la ligne d'Auteuil qui, a partir de ce point, est doublee jusqu'au dela de la station de l'avenue du Trocadero, d'ou se detache la ligne du Champ-de-Mars. Le raccordement de Pavenue de Clichy a Courcelles, permettant d'effectuer le tour complet de Paris sans transbordement, a ete inaugure le 2o mars 1869. Quartier des Batignolles. - On s'est beaucoup creuse la tete a rechercher lorigine des Batignolles et a en expliquer le nom. De grosses sottises ont ete dites, que nous aimons mieux taire. La verite est qu'il n'existe pas de mention plus ancienne des Batignolles que da>s ilio ctAri.e de 1414 ou le lieu est appele Batillolles. CY(lt i;t lortis ttu canton de vignes, contigu aun autre lieu, lon:mmei: dan<ms d:es actes du meme temps, Montmoyeln. Tous d eu:}x a patrot t.ari.ient aux dames de Montmartre (la rue des Dameltls ett test un souvenir), mais faisaient partie, comme ltotict.au, (dtt uf rritoire de la paroisse de Clichy. Jusqu'a!a. fim d(l 'a.ncitien regime, on y cultiva la terre, on y c.assa ac til. rIi de plaine. La (( remise des Batignolles, l at 1 llttIt at-tt Galrde ~ figurent sur certains plans du xvt v8 s i; le'. A. partir de 1790, la nouvelle enceinte de Par tis F::provoqtt:itua dans le voisinage des barrieres letablis"mSc'l(tt dtl,ttinguettes ou les Parisiens allaient boire bIoutcltet at.l nez du fisc; elle determina aussi, pour la mO cre trasoi, la construction de quelques maisonnettes, dont chaque annee augmenta le nombre. Ce nWetait encore qu'un hameau en 1807, mais assez tentant pour que la B|-: fi - commune de Montmartre le revendiquat: ~i I ir ^ ^ \Clichy protesta, mit en avant des docuIi y — 0g:0Xi _ments probants, allegua la possession constante et eut gain de cause.... "'Les Batignolles ot une page glo-:-Il-t-::;^ —i \ rieuse dans less annales parisiennes. Le fX — 30 mars 18l4, un corps d'armee des al|ll lies commandc par Langeron - un Fservancais pass au service de la Russie aontre sa patrier avaiu contourns la / Iiqu~~~~eurs et coetbe ou u 'n butte Montmartre et cherchait 'a penetrer dans Paris par la barriere de Clichy. Un combat tres meur trier s'y engagea. C M fut aussi tres glorieux pour les Parisiens ut leur tete le marVceal ^^^^^ ^^ / Moncey, Le cabaret du pe're Lathuile lui - L servait de quartier gnoral, et les bou-........... lets y pleuvaient. de fallut battre en redu....... traite. Le cabaretier patriote s'empressa.L..... all.i.... alors de distribuer aux d afenseurs vin, avaieBnt S ee g riliqueurs eo t com estibles pour que a enheures et dmnemi ne pua t pas en profiter. L'eroique edefense de la barrieere de Clichy a tu sCHAL MONCEY. popularisre par la gravure, d'apress le tableau d'Horace Vernet. Le Journal de Paris, organe royaliste, et par suite fort mecontent de la resistance de Paris, a passe so-us silence cet hetro'que combat de la barrie:re de Clichy-Dans son num: ro duGle avril, il publie la note suivante: L'armee alliee s'esit approchee de Paris par la route de Meaux, dans la soree du 29 mars. Les hauteurs de Belleville, de Chaumont et Montmartre avaient et garnies d'artillerie; ces hauteurs ont efc aLtaquees mercredi 30, a dix, heures et dermie; les positions ayant ete alors tournees et enlevees, le corps% d'armee qui avait et engage a effecte _6 sa retraitce et les bar-::;:,:- "..;':: '"j4 rieres ont et exclu- \:; sivem ent occupees,: ':: ' '.:' '. '.';: par la garde natio -; -. -. ^^ Ilf i.. *: mo ea depi 180472 | iiiiiii fortune des Bali- - rapidenilent.: Le2 -:-X0-0 0- - h a m e a u d e 1 8 0 7......0g0 0 X0-~g00ggg0X0000............jg-g —:-:ggg0-X0: —0:0:0 e tait devenu v ille. j............. Ses habitants songerent a s'admi- LE THEATRE DES BATIGNOLLES..R C H E M I N DE F E R DE C E I N T U R E (de la place Pereire i la porte Maillot).

Page  179 DIX-SEPTIEME ARRONDISSEMENT 179 nistrer eux-memes et a secouer le joug de Clichy. Les pourparlers furent longs. Le prologue en est fourni par une petition adressee au prefet de la Seine, le 17 juillet 1827. Les habitants des Batignolles et de Monceau exposaient que sur 5,453 ames dont se composait la commune de Clichy, ils figuraient pour 3,303, que o deja les Batignolles sont le siege d'un commissariat de police, d'un bureau de poste aux lettres,..ll........... d'un bureau de'papier timbre....... et de deux debits de tabac ~. Ils demandaient comme li-.. mites: au Sud, les boulevards exterieurs de Paris; au Nord, le chemin de la Revolte. II va sans dire que la municipalite de Clichy s'opposa de toutes ses forces a une disjonction quilui faisait perdre, du m oins, elle le croyait,................. le meilleur de son avoir et eiloignait des portes de Paris. t Apres deux ans et demi de 1a negociations, apres avoir epuise toutes les enquetes et toutes les juridictions, elle fnit par succomber dans la * lutte.Iiiiiii L'ordonnance royale eri- I f,a.s,: geant Batignolles - Monceau... en commune distincte fut signee le 10 fevrier 1830. Unis '................ pour le combat, les deux an- ~~ nexes ne tarderent pas a se EGLISE SAINTE-MAI diviser apres la victoire. G'est meme une des rares gaites de l'histoire administrative. Le conflit etait, deja en 1834, devenu aigu. C'est a propos du nom de la commune qu'il eclata. Il paralit que l'on continue de dire Batignolles ou Monceau, suivant qu'il s'agissait de parler de Fun ou de Fautre groupe, mais jamais Batignolles-Monceau: *( et cette scission dans les noms en produisit-une dans les choses. Une rivalite facheuse pour l'administration et pour les administres se glissa dans l'esprit des deux populations... )) La deliberation municipale a laquelle nous empruntons ce passage, concluait en proposant de debaptiser la commune et de la nommer Antinville I L'idee etait reellement boutfonne d'esperer qu'un changement de nom produirait instantanement un changement d'humeur, et surtout de choisir le nom Antinville, qui ne se justifiaitque par le voisinagerelatif- de la Chaussee-d'Antin. Nous avons sous les yeux la lettre par laquelle le prefet, M. de Rambuteau, repoussa cette etrange proposition. ~...Si............................ __ ~,.~,.. les dissenssions qui troublent cette commune, disait-il, prennent leur source.; dans la contrariete des interets, lauto- W:;..Att * rite locale se fait une etrange illusion en s'imaginant qu'une nouvelle denomination eteindra ces conflits... | Batignolles-Monceau garda done son nom jusqu'a lannexion de 1860, qui en fit pour les trois quarts un arrondissement de Paris. Vers 1850, la population des Batignolles etait compose6e de petits rentiers,. de commergants ayant fait leurs affaires. Us y vivaient heureux, toujours en com- | merage avec les voisins, et ne prenaient que rarement la Batignollaise, c'est-a-dire Fomnibus de Paris, qui, alors, n'allai t pas jusqu'a IOdon. Aujourdl'hui, il n'en va plus de meme; 1element primitif de la population est noye dans la foule de: gens occupes qui, le soir vers sept heures, remontent a grands pas la rue d'Amsterdam ou la rue de Clichy, faute de trouver place dans les Batignollaises ac-....... tuelles, si nombreuses pourtant, mais.............. toujours insuffisantes. Deux ans avant l'annexion, le redacteur de l'Annuaire de la ville de Batignolles Monceau s'ecriait: (( Que dis-je! les Batignolles feraient partie de la Chaussee-d'Antin si le mur de Paris venait a etre supprime. Ce faubourg exterieur est plus pres du centre de Paris que la plus grande partie des quartiers internes par le mur de l'octroi... Le paysage n'y est pas pittoresque, accidente, comme aux environs de Berne, mais le boulevard exterieur y est ombrage de beaux arbres... Batignolles est eleve, l'air................ l...............l....l....i......o n y resp ire est p u r et les ElBH~jS^^^^^^ manations de Paris, qui se trouve au Midi, n'en alterent n ||en rien les principes vivifiants. Garanti par la butte ^:::;:.::'!:1:it::0; *:;:;;00SA; ^0::; -;-;;- M ontm artre du vent du Nord, e ta it...e s........ V e rBatignolles, meme de loin,.E DES BAINOL. teui d'Aue ilt- Gern, q uic Bategnolles et de M tes, dArpgensnl poeic cessivure lae sajeutre a laes deux q s pur l emieret. La o pgnie de depots de i chemin de fer, gare 39 metres et une marachanies-quirt ocupd en lauelle grandepatie des quarties Ledes et Cardinet. Depuis longtemps, on reclame la suppression du tunnel, dont les inconvenients sont mal compenses par un eclairage partiel (depuis 1899 seulement). Une tranchee continue serait bien preferable; les interets de la Compagnie lui Ollt cependant jusqu'ici dicte le statu quo. Le boulevard dles Batignolles reste tOUjOUrwS plante d'arlbres, mais R]::::c::::::::}:I:-: —~:a:;:S~r::::::;::::;::::::::::: ~ ~::::::f::::f::::::::::: E::::: ii:a:-:::-:~::: i: D: Ant:::;0000 00 00000:00 iC; PERSPECTIVE DE L'AVENUE DE CLICHY.

Page  180 180 PARIS -ATLAS - - v LE SQUARE DES BATIGNOLLES. qui n'offrent plus les ombrages que nous voyions celebrer plus haut. En revanche, il a conserve son theatre, cree en 1838, plusieurs fois restaure depuis, sans pretention d'ailleurs. Les edifices municipaux datent du temps ou les Batignolles etaient encore une ville. L'hotel de ville, devenu mairie du XVIIe arrondissement, fut construit par Lequeux, architecte de l'arrondissement de Saint-Denis, de 1847 a 1849. L'eglise Sainte-Marie est plus an- l-? cienne encore: commencee en 1829, elle fut bientot reconnue trop petite: trois Batignollais, MM. Magny, Navard et Giel, donnerent, en 1831, le terrain necessaire a son. agrandissement. Molinos en fut F architecte. Le square des Batignolles, qui. date de 1862, a ete pour le quartier un veritable bienfait. La place de l'Eglise, a laquelle il a succede, n'etait reellement pas une promenade aimable, et il n'y en avait pas d'autre. I1 est plante de beaux arbres, bien dessine, et, par surcroit, offre aux enfants d'ine- | puisables sujets de distraction: la vue de cascades, pieces d'eau et grottes. Les trains | (le Ceinture stoppent toutes les cinq minutes I a la gare des Batignolles. | 'Nous n'avons pas a parler ici du cimetiere que Fancienne commune de Batignolles-AMonceau s'etait cree sur la route de -la 116volte:il est maintenant au dela' des limites de Paris. - '.. | Un groupe scolaire a e te inaugure rue Bw | -- Jouffroy, no 20, le 12 juin 1898. Si lon suit la rue a laquelle le savant Saussitre a donne son nom, et que l'on tourn e ensuite a droite sur le boulevard Berthier, EGLISE SAI on apercoit, apres avoir passe sous le ponttunnel clu chemin de fer de 1'Ouest, deux groupes de constructions coquettes, adossees au rempart. Dans cette region absolument deserte, elles sont pourtant eminemment parisiennes, car ce sont les magasins des decors de l'Opera et de l'OperaComique. Les anciens habitues du chemin de fer de Ceinture, se rappellent avoir apercu a cette place un cabaret portant pour enseigne: ~~<^^.^.,.^..~~^ ~A la Halte du Juif errant ~), sans dou te p vrle qu 0l e c prudn d9e Dex pas mo anent ruclement le premier est celui de Jean Leclaire, industriel philarsthrope qui, vers 1840, associait ses ouvriers a la participation des benefices: inaugure le I' novembre 1896, il est laoeuvre de M. Delon pOurl la sculpture, et de M. Formige pourl l'architecture. L'autre est la statue que Barrias a elevee a la memo-ire de Maria Deraismes. la vaillante apotre es dloits de la femme. - Tres simple, comme il convient, l'eglise - ~ Saint-Michel est la paroisse du quartier. ^.^^^^e - -9 — ^e} } Il en estd plus frequentees. Elle est situee f fr; If un peu en retrait de lavenue de Saint-Ouen, ^. i|~ vers la partie superieure de cette voie. -P f I n decret en date du er juiletl8 a orllpl s donne 'etablissement dqun groupe sco-;;Xet laire e pour le service du quartier des Blid h *- *f - -:\;i;: r:;:000 Epinettes ~). ' ^ ^p Au mois d'avril 1900, on a inaugure au n~ 2a \::;;S-W - f de a rue Lcpix, un abrg de 'enfance. 1-:^v Le chemin de fer de Ceinture desserfc:-0i 0||c ette reg ion depuis 1862. De la gare de Cour1 t celles, il se diige vers l'Est, parallelement 13 ^^pi l^^^.;; ^ aux forlifications, passe sous les voies du O chemin de ferde lOuest et s'eleve suivant une \V fBpli0l00. | forte rampe jsqu'a leavsenue de Clichy, l ---s tiB01 f station elablie en rems lai au croisement de -I cette avenue avec la ligne. Puis, une pente,-01 3jpr assez accentuee Famene en deblai jusqu'a tt une tranchee ou vient aboutiria voie, inutiqiK115 - U1840 assoia lisee aujousd'hui, des Docks de Saint-Ouen. inauur1'le let novmbr 18En passant sous l'avenue.e Saint-Ouen, la scuptre et dligne penetrl'e dans le VII'auarrondissem-ent. -- -Baritas a^-'1 I Ce parcours a ete ainsi etabli a la suite nI liiK~^0000000;00 d'une deliberationcdu conseil municipal, en # g ~da-te du 16juillet 1886, orclonnant la sup____ ^___ZI —. pression des passages a niveau. Entre le point de croisement avec la ligne. e FOuest SSTtMICHEL. et la poterne des Poissonniers, la ligne de Ceinture fut installee provisoirement, de puis le 7 mai 1888, le long des fortifications, afin que Fon put proce'der auxremaniements exiges, qui durerent pres d'un an. C'est de cette revolution pacifique et utile que date 1'emplacement actuel de la station de Favenue de Saint-Ouen. Jusque-la, Pembarcadere, situe a gauche de Favenue, que le chemin de fer coupait a niveau, appartenait au territoire du XVIle arrondissement. IN

Page  [unnumbered] PARIS - DIX-SEPT!EME ARRONDISSEMEMT P t I } -I to} p - Ir 3! FZr. Z:i X:O2// t K -,,;, U-2 4ze 24, -.4 1 I 4 x~-rI — (3 a_1 -j in v \ W U~ igt 1, BIl Iy I ~\ @ \ 441: -'' 's i: CD i ~OA -, -:? I " 11L \\JOtr N. "IL-W,, > IIC,' I'I Cd~ (1) 1 F/ tE LI o ) C IA C.~ I '1t0 7 011"', / PARIS-ATLAS 17

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Page  181 ;:::::::0:: t:::::::::::::;:f:0:::::::: Off::::;:::;:::::::::::::::::::::::::::::E: I:::::::::::: An: a::::::::;:;::t of: f: i;::f A::::::::::::::::: i A:;;: i: A:: C: 0 0 i: 0:;: i;::::::::::::::::::::::E:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::!::::00::::::::::: a: W0:0:t::;;0:::0:0::::::::::E:::::: 0::i: A:: A:::;::; i::::;::::::::::;:::::: f an A:: LA BASILIQUE DU SACRE-CCEUR, VUE DU MOULIN DE LA GALETTE. 7r. I LA B U T E-MONTMARTRE. - 69~ QUARTIER: LES GRANDES-CARRIERES. 70~ QUARTIER: CLIGNANCOURT. - 71~ QUARTIER: LA GOUTTE D'OR. - 72e QUARTIEB: LA CHAPELLE. N se souvient de l'icdee spirituellement comique ||^r S^^l de feu Rodolphe Salis, le cabaretier du (( Chat rl^o poir)), reclamant la separation de Montmartre iH * et de l'Etat. Avec plus d'exactitude, il est permis I,iffi! cll e dire que, de jour en jour, Montmartre est IRL^B3rjM|devenu inseparable de Paris; 'a ce point que si, aM^ apar impossible, une nouvelle loi venait defaire _ ce qu'a fait la loi d'annexion de 1859 et rendre a Montmartre son autonomie, Paris y perdrait un des jolis fleurons de sa couronne, car Montmartre fabrique en grande abondance cette denree precieuse, bien qu'impalpable, qui s'appelle Fesprit parisien. LeXVIIIearrondissementest formec de deux tres anciennes paroisses de la banlieue parisienne, devenues communes en 1790: Montmartre et La Chapelle. Sa superficie est de 519 hectares, alors que re plus petit arrondissementt-le 11 - n'eWn a que 97 et que le plus grand - le XVP - en compte 721. Au dernier recens.ement, le chiffre de sa population etait de 228,428 habitants; a cet egard, aucun autre arrondissement ne lui dispute le premier rang. Cette population est eminemment et exclusivement laborieuse, mais de facons differentes; les artistes y sont parfois des ouvriers, comme les ouvriers y sont souvent des artistes. Ouvriers de l'art et artisans de I'industrie y fraternisent dans Fardeur commune qu'impose le combat de la vie; c'est en chantant qu'ils le livrent: la bonne humeur est de regle a Montmartre. Nous avions raison de dire tout a Fheure que Montmartre etait indivisible de Paris; il en fut peut-etre meme le berceau. On a tout lieu de croire qu'a l'epoque gauloise les divinites paiennes etaient honorees sur le sommet de la butte. Mont de Mercure, mont de Mars, mont des Martyrs, les trois etymologies ont ete proposees et sont egalement acceptables. Si meme on accepte la derniere - et c'est assez notre sentiment - elle n'exclurait pas les deux autres. Le lieu du supplice des apotres du Christ, saint Denis, Rustique et Eleuthere, dut etre choisi a dessein la oA, precisement, s'elevait le temple d'autres dieux. D'ailleurs, diverses fouilles en ont fourni la preuve. Done, les Parisiens de Lutece se rendaient a Montmartre pour y pratiquer les rites de leur religion; certains s'y fixerent; il a ete retrouve des sepultures qui datent de Fepoque merovingienne; on est assure qu'une eglise y existait au meme temps, ce qui implique un groupement d'habitants dej'a assez important. C'est encore vers Montmartre que les Parisiens tournaient desesperement les yeux dans le cours de l'annee 886, lorsque assieges par les Normands ils attendaient de Charles le Gros le secours qu'il leur avait promis. Un jour enfin, apres de longs mois, Fempereur, accompagne d'une nombreuse armee, apparut sur le sommet de la butte. Deja les Normands se preparaient a fuir, mais le faible monarque prefera traiter aI combattre: Paris, humilie, capitula. Il faut arriver a la premiere moitie du xiie siecle pour rencontrer de nouveau Montmartre dans l'histoire. Vers Fannee 1130, deux faits decisifs s'y produisirent; la fondation de la celebre abbaye de religieuses qui devait, jusqu'a la Revolution, posseder la seigneurie, et la reconstruction de l'eglise paroissiale dediee a saint Pierre, que nous decrivons plus bas. Couronnee par ces deux edifices, eventree ca et la par des carrieres, portant, accroches a ses flancs, de nombreux.8 PARIS-ATLAS

Page  182 182 PARI S- ATLAS _ __I I __ moulins a vent, la butte commenca alors a prendre l'aspect pittoresque qui rejouissait les yeux de Regnard et qu'elle avait encore, il y a moins de cent ans. De plus en plus, Montmartre devint populaire dans les habitudes parisiennes.- Gravir la colline etait une excursion que le Club alpin, s'il avait existe, n'eut certes pas dedaignee, car il n'y avait pas alors d'escaliers ni de rues en lacet: lassaut n'en etait que plus amusant. Et une preuve non douteuse de cette popularite, ce sont les proverbes plus ou moins facetieux dont le lieu etait lobjet: C'est du vin de Montmarfcre: Qui en Moit pinte en pisse quatre. C'est un devin de Montmartre qui devine les fetes quand elles sont venues. - Je t'ervoyerai pailtre a Montmartre et boire au Marais. - 11 y a plus de Montmartre a Paris que de Paris a Montmartre dicton qui, a premiere vue, revoltait le sens commun, mais que lon interpretait en expliquant que Paris avait ete bati avec le- platre des carrieres de Montmartre (Sauval, Antiquites de Paris, t. 1er, p. 350). Au mois d'octobre 1779 se produisit une aventure qui egaya fort les beaux esprits de la capitale. En fouillant une carriere abandonnee de la butte, des ouvriers rencontrerent une sorte de table de pierre portant des vestiges d'inscription. On la nettoya avec d'infinies precautions, et le grimoire suivant apparut: FAQADE DE L'HOPITAL BICHAT. I c I L E c H E M I E N E D S A N S Laissons parler Bachaumont: <~Mais quand il a fallu rechercher dans quelle langue etaient ecrits ces caracteres et ce qu'ils signifioient, its se sont inutilement casse la tete. Its ont consulte M. Court de Gebelin, le savant auteur du Monde prinitif et l'homme le plus verse dans la connaissance des hieroglyphes; il s'est avoue incapable d'y rien comprendre. <( Le bedeau de Montmartre, entendant parler du fait et de l embarras des academiciens, a prie qu'on lui fit voir la pierre, et sans doute instruit de son existence anterieure, il en a donne sans difficulte la solution en assemblant simplement les lettres qui torment ces mots franais: Ic le chemin des dines. I1 y avoit dans ce canton des carrieres a platre, et c'etoit une indication aux platriers qui venoient en charger des sacs sur leurs Anes, dont ils se servent pour cette expedition. ~ Si Pen trouvoit une pareille anecdote dans quelque ana, on la prendroit pour une plaisanterie: on ne peut contester Fauthenticite de-celle-ci. )) Quand la Revolution. eclata, une circon stance fortuite contribua a faire germer dans l'esprit des Montmartrois les sentiments d'ardeur pour Findependance qu'ils eurent, depuis, plusieurs fois loccasion de manifester; pour faire gagner quelque argent aux innombrables pauvres dont la capitale De savait comment se debarrasser, on les employa a exploiter les carrieres de la butte; ils y vinrent au nom.bre de quinze mille; mais ces ateliers de charite - c'etait leur nom - ne donnerent pas les boDs resultats qu'on en esperait; il fallut les fermer avant trois mois, de peur de graves emeutes; les habitants de Montmartre ne virent dans cette mesure qu'un manque d'humanite et s'en indignerent. Peu apres, ils modifierent le nom seize fois seculaire de leur commune et I'appelerent Mont-Marat. Depuis 1790, les limites de Fancienne paroisse, devenue municipalite, avaient ete restreintes au mur des fermiers generaux, c'est-a-dire aux boulevards de Clichy et de Rochechouart. Les offilciers municipaux de;;;Montmartre extra muros protesterent vehementement devant l'Assemblee nationale contre cette diminution de leur territoire; de leur cote, les habitants de Montmartre intra muros, c'est-a —dire d'environ les deux tiers du IXe arrondissement actuel, reclame'rent non moins vivement contre leur annexion a Paris. Eux aussi voulaient avoir une municipalite; ils elurent meme un maire et, pendant quelques semaines, il y eut une commune de ~ Montmartre extra et une autre de ((Montmartre intra)). Le comite de constitution imposa sa volonte; le faubourg Montmartre rentra dans le rang parisien; seul ( Montmartre hors les -V;; murs )) fut admis au benefice de s'administrer 9 -;Xf:; lui-meme. I1 s'en acquitta fort bien durant I i0:0 0;000:00 soixante-dix ans; apres quoi, la loi de 1859 lengloba lui aussi dans lenceinte de Paris. A ce moment, ses limites du cote de Batignolles-AMonceau etaient Fixees par une ligne partant du coude du boulevard de Clichy (rue Caulaincourt), suivant i'axe -du passage de Clichy, contournant'les murs du cinmetiere Molntmartre, suivant vers l'Ouest la rue Ganneron, et, vers l'Est, la rue Etex, puis l'axe de la rue des Grandes-Carrieres jusqu'a lintersection des rues Championnet et Ordener. Aujourd'hui, la limite des XVIIe et XVIIIe arrondis7:Xi semen ts, bien plus rudimentaire est formee par:;il:i::j::: 0 0ili;j00-lil^^:^- -: - -- ^ l axe des avenues de Clichy et de Saint-Ouen. Du;.,;;^:^:^^^^^^^^oriental, le territoire de Montmartre etait separe de celui de La Chapelle par la rue des Poissonniers, y compris la partie meridionale de cette ENTREE DE L'HIPPODROME.

Page  183 DIX-HUITIEME ARRONDISSEMENT 183 I.. -......... ~18 voie que le boulevard Barbes a ab-: sorbee.. Reprenons le rapide expose de /: I'histoire de Montmartre. En 1814, ses / (^: habitants se trouvaient au premier: rang des defenseurs a la barriere de / Clichy, s'efforcant de repousser l'armee etrangere, qui, elle, voulait contourner la butte pour y installer ses / canons. Leur patriotisme etait des plus ardents. ls le prouverent 1'annee / suivante lorsque, quinze jours avant WaLerloo, ils prevoyaient. deja le retour offensif de 1'ennemi devant -Paris, et sollicitaient du prefet l'honneur d'Wtre encore au premier rang pour defendre Paris. Ils n'en eurent malheureusement pas 1'occasion. \ Quartier des Grandes - Car - rieres. -Hormis des. carrieres, il y a un peu de tout, dans le quartier des Grandes-Carrieres: un hippo-.\ drome, deux cimetieres, dont un domine par un pont; trois hopitaux, \<< I dont un neerlandais, plusieurs grou-.;;.;-;;; pes scolaires, divers etablissements ou les ~( quatre-z'arts )) et la chore- "...__ graphie sont fort en honneur, des sites extremement pittoresques, plu- LE PONT CAULAINCOU sieurs moulins, dont un rouge, des points de vue superbes sur la ville et la campagne, etc. Parcourons-le avec quelque methode. A langle que le boulevard de Clichy forme brusquement un peu au-dessus de la place'Clichy pour prendre la direction de l'Ouestaa l'Est s'eleve la statue de Fourier, l'economiste celebre jadis, assez oublie aujourd'hui du grand public. Elle a ete inauguree le 4 juin 1899. Sur l'une des faces du socle, se lit l'inscription suivante: CE MONUMENT A ETE ERIGE PAR L'ECOLE SOCIETAIRE PHALANSTER1ENNE AVEG LE CONCOURS DES ASSOCIATIONS COOPERATIVES DE PRODUCTION ET DE CONSOMMATION 4 JUIN 1899 Vis-a-vis de ce grave penseur, un hippodrome s'est bati. L'emplacement en pourra paraitre etrange, car il a pour voisin immediat un cimetiere, mais a __ 9.:.r..:.r..........,.,::. W uM ontm artre il faut ti;;;::;:;;: V:; 0;;::;;;t~i ne s'6tonner de;;;;;;;::;:0:1rien; Sans cela,:igg:gg;:;;0:;000:::;;f;; 0:;;;0f;:;;:X;ii I en s'engageantsu'r;0X;0;QXX0;:0V;X;;;;;; j;;0 0;;X;0;;;;i;X0X00;QXwIle pont Ciaulain-:Euiibim _=rt! ueq que les arisien LA RUTTE SAINT-VINCNT.trativement cime R' tiere du Nord. II fut cree en vertu 9" ^;du decret du 23 prairial an XII dd tTt \(12 juin 1804) qui dotait Paris de f '; \ quatre champs de repos pour rem00 \placer ceux qui, en trop grand nomt;0;;; \bre, existaientautour des eglises. Un g tX?;;);:;;;;;\\ plan manuscrit de 1807 le d'signle @ XF 00000000ffi00000t0000ifffi0000 g \ Q comme ((champ de repos des cinq prmir arodseet L 'DCave-C]0[ O W Le nom d' avenue de Goncourt ~ / se'pultures, *que 'o'n ne saurait enuw W I r -! mtr/se toutes, qCeitlons du muoins celles X -- - - - / de Godefioy Cavaignac (avec la belle 1 statue de Rude), d'Halevy, l'auteur de: —:^:: — /la Juive, de Victor Masse, de Mery, l IFourier, Murger, Theophile Gautier, '|/ Gozlan, Scheffer et Renan, Troyon, / iPaul Delaroche,' Horace Vernet... et D~^ c dans un tout autre genre de cele'brfte, -- d'Alphonsine Plessis, la Dame aux Carnelias. T, SUR LE CIMETIERE. Les rues Caulaincourt et Danremont (deux noms de generaux) projetees sous le second Empire, nWont commence a se batir, de hautes et commodes maisons, qu'il y a quelques annees. A petite cause, grands effets: les constructeurs n'y sont venus que lorsqu'un omnibus, celui de Montmartre a Saint-Germain-des-Pres, a fait son apparition dans ces quartiers jusque-la deserts, et qu'il a ete question - projet enfin realise le 11 juillet 1900 - de les pourvoir de tramways a traction mecanique. L'avantage etait grand d'ouvrir cesvoies qui, en rejoignant la rue a laquelle le naturaliste Lamarck a donne son nom, fournissaient aux voitures un acces plus aise pour atteindre le sommet de la butte par le versant septentrional que celui du versant meridional par la rue de l'Empereur, devenue en 1864 rue Lepic. On ne regrettera pas d'errer un peu a l'aventure et a la decouverte dans la region qui s'etend derriere le cimetiere Montmartre. Suivons la rue de Maistre: voici le nouvel hopital d'enfants, destine a remplacer Trousseau, du faubourg Saint-Antoine. Par la rue Vauvenargues, on atteint les confins de l'arrondissement et de Paris meme, c'esta-dire la porte de Saint-Ouen, pres de laquelle le poste-caserne 39 est devenu, depuis 1879, l'hopital Bichat. En remontant vers Paris par la rue 1Marcadet (Fancien chemin des Bceufs qui, en 1856; a pris le nom du........,ro-,l:,i de law fontaine dux Ma-But.At~ dys areqe la LAtan RUEDESSAUES - - AUF FJ CXA I Xv - v v X) I

Page  184 184. PARIS - ATLAS tradition affirmait que la saint. 'Denk et8s compall<~o~ws ('tw'-dent repu la mort..Un pe dul xive sie'cle, ]q:~rewt e! Octa-vatl (:416c->e en cesl termes:;ii: [saint Denis Droit a une fontaine, si nous dit [Ii escris, Qui est entre Montmartre et le cit [de Paris. En core I'appelle-t-on la fontaine aux Martirs. La avoit un grand bois qui fu for[ment feuillis. gard lie charm 6tainge. La sons elastencoe a lue oronha'; —;e;au;; hues trouislans, plus 'ard Sur\ sar tome, one et 'a rappeletle crpalarue des Brululars pourlu atteinre le pointe culinardnt el? ut.L asnqiprel ~ delare Norvinsr (l'untds isoiens-eNplo-)atr 'teto part un cetain 'ai miacestueur-O oratlaple asclmorl celebre clnqe pourale. traditentdsaie. de laFontine au But, dortlshbtnsd abtedrnog s o e Nx is e o -.V.XX.................................<<<>........... 'n ocsind;ac oaed 41 mar 1830 13. M Vrn................. obtenue ~ ~ ~ ~ xitec remonteistnes......... du Cmair:AuD U nqe de Moutarre...... TIY deg la G'a-ielt~e et le)ltit destinatiotit (t bien chanlg6: on y danse, on y ahvtlei,e utl} clitnunll qui ~yu."Alt parfois excessif aux garcles itttt9inicipaux do scrVi'cC9 111(tiis -l qune paternelle aclmonestatilon suffit 'a re'primer. o~ Au bout de cette impasse, *0;; 4 \ne craignez pas cle vous en-::if:;0;;;;fff;;;X:::: 0> \gager dans le dernier corri0 tf:; ff;;:;:: 0::::; \ \dor de gauche; vous y verrez' t:00000000000000000::t000;0:ffa;::::;0:;;:;\ \les al-cienlnes m eules dles 9 W2:00;00000:;i00:00:::::: \moulins et surtout la mire | ti0000000 0::\ \du Nord. C'est un tout petit:;::V 0:: f;:\ \obelisque, de style fort sim-::f;f 0;;:;;; 0:::: \ le. En le badigeonlnanlt pOUl';;0:E::X;C;:::::;EX:g;::;;: \ le restaurer, onl a eu la ma0:00:0Xt f0:;*:00:0:0:0::::: \ ladresse de faire disparaitre |;0 0fftl;0 0Ifft0000 000V 0V:t;:::: -:: \ l'inscription qui expliquait sa | t::00000000 i n0 0000W sxN;Eta 0tl000tion: 0000t -0000if^i;;0:;0i raison d 'e'tre. L a v oici: _j 8 meridlienne de Pris du cW dju | l _2:::W I Norld. Son axe est a 2,931 toises, _ _;::-_11 1 2 pieds de la face meridionale de,e ce hauteurs suivre plu-;X-i; V;: a:X;;0-f0V0:: /nusiteu s cheie la ru e nLep ou<n jus u'al rude paHo uedon qu...orm.l.li it.cd.q arter....h f.. -et........ ces A b es e..... s -d.......re............elle quis moin paug re les Si- 1 3 e a~ ~ ~ ~ ~ ~ ~~~~noi~ briue c'es laftrrgieprisil elutcnue Lpiour Le assgede 'Eyse-de-BauxArs cnscrleprso nom lare dsouvbenir d'un bal public, l'Elysee- deMontmartreqiadsrue184pescn qu nt ans d'un.o u.o tn e....v nt utear elit 'u l..iern pas.. ls u asc asge e3 as18,u en......... de.l qun:l::nav ncr) sgnan ncour reCleninus. 11 est LA MAISON DU PEUPLE.

Page  185 DIX-HUITIEME ARRONDISSEMENT 185 Phot. Atget. tGLISE DE CLIGNANCOURT. LA RUE DU MONT-CENIS. plus difficile de dire ce qu'etait ce Cleninus: peut-etre le possesseur de labatisse romaine dont on a retrouve des restes, peut-etre un tout autre proprietaire. Le quartier actuel occupe les deux versants de la butte; cela ne correspond pas a la verite historique, car le fief de Clignancourt ne s'etendait'que sur le versant qui est au Nord, et meme au delac de la rue Marcadet. II y avait d'autres lieux-dits encore: le Poteau, les Grandes-Friches, les Hauts-Malassis, les Rapines, et, en allant vers FEst, la Chardcdnniere, les Torlettes, la Croix-Moreau, ou sont aujourd'hui les vastes ateliers de la compagnie des omnibus. Les rues pour s'y rendre n'etaient pas nombreuses: c'etaient la chaussee de Clignancourt, la rue des Poissonniers, dirigees du Sud au Nord, la rue Marcadet (ancien chemin des Bceufs) de l'Ouest a FEst, et partant du sommet de la butte, la rue du Mont-Cenis, jadis nommele rue Saint-Denis et aussi chemin de la Procession, parce que c'etait la route suivie par les processions qui allaient de Fabbaye de Montmartre a celle de Saint-Denis, et reciproquement. Au moment de Fannexion, en 1860, la butte seule etait habitee; tout le reste du sol appartenait a la culture maraichere. On commenca par y construire une eglise: Notre-Dame-de-Clignancourt, qui fut inauguree le 20 octobre 1863. Elle est l'ceuvre de Farchitecte Lequeux; il la batit dans le style roman, qui lui etait cher; c'est un edifice d'une grande simplicite et bien approprie a sa destination. Il n'est pas inutile de dire que M. Hermel, le parrain --- de la rue qui longe la face orientale de 1'eglise, ne passera a la posterite que comme proprietaire du terrain. Au n~ 28 ter de cette rue, se voit la Maison du peuple francais, fondee en 1894 par labbe Garnier pour faire - piece a la Maison du peuple, creee en 1891 par les adhe- - rents aux divers groupements socialistes qui la construi- | sirent eux-memes, au fond de Fimpasse Pers, dans le ~; meme quartier (l'impasse Pers s'ouvre sur la rue Ramey). L'opposition des tendances se retrouve dans le style | ^^ de cas deux temples de la politique sociale: le premier --.;-;......... a de vagues ressemblances avec une eglise; le second,;;llliililllil 1 bati bien plus rudimentairement, dissimule peu ses affi- K; nites tres democratiques; il a Fair modeste d'un liangar. Entre eux deux s'interpose l'elegante mairie de l'ar-;K rondissement, la quatrieme qu'ait vue Montmartre. La;; fi:;;:000:; premiere pierre en a ete posee le 16 decembre 1888; j| Finauguration a eu lieu le 17 juillet 1892. L'occasion est 1......... bonne pour mentionner qu'elle est le siege d'une societe;;IB^^^^^^^^^^^^^^ fort active, fort bien composee, qui, sous le nom de;;;; iiiiV;^i^ii!^ Vieux Montmnartre, publie les plus utiles dissertations sur lhistoire de Farcheologie du XVIIIe arrondissement. Par la rue du Mont-Cenis, on gravit les 100 metres d'altitude de la butte et Fon arrive enfin 'a la basilique du Sacre-Coeur, dite du Voeu national. Sa construction, fut decidee par une loi du 23juillet 1873, obtenue non sans de vifs debats. Un concours fut ouvert entre tous les architectes pour la construction de l'edifice; c'est le plan de Paul Abadie qu'adopta le jury, L'eminent architecte n'a pu voir son aeuvre achevee, car il est mort en 1884 et il a ete pour le moins autant a la lutte qu'a' Fhonneur. Certes, le projet etait orgueilleux de mettre Paris aux pieds du Sacre-Cceur, de meme que Fourvieres domine Lyon, de meme que Notre-Dame-de-la-Garde domine Marseille; mais on n'avait pas songe que la colline de Montmartre 6tait devenue creuse a force de livrer de la pierre et du platre. Lorsqu'il s'agit de faire les fondations, on s'apercut que ledifice n'offrirait aucune stabilite et qu'il s'affaisserait infailliblement avec la butte sur la place Saint-Pierre; on dut creuser a plus de 30 metres de profondeur 83 puits, en retirer la glaise et lui substituer des materiaux resistants. G'est a ce prix que Fon put asseoir les fondations, deux ans apres la pose de la premiere pierre, qui avait eu lieu le 16 juin 1875. Un quart de siecle s'est ecoule et Fleuvre s'acheve a peine. La basilique est construite dans le style roman byzantin du x11e siecle. Elle ne brille pas par la legerete, mais bien par la masse, et c'est, pour beaucoup, une vraie deception que de se trouver en presence d'une forteresse aussi trapue. L'interieur n'offre pas pareille impression; les coupoles qui Neclairetit ont de la grAce dans la noblesse; le vaisseau est spacieux, sans exces, la crypte a le caractere mystique qui convient. L'une des curiosites du monument est la Savoyarde, cloche de LA MAIRIE DU XVIIIe ARRONDISSEMENT.

Page  186 186 PARIS - TLAS 26,215 kilogrammes offerte par les fice'les du diocese de Chambery. Le jour de son arrivee au sommet de la butte, 16 octobre 1895, ce fut. |................. un evenement tre's parisien, et son premier tintement vibra aussi bien dans les cceurs profanes que dans les autres. Combien modeste et delaissee parait etre, a cote de l'altiere basilique: 1'eglise Saint-Pierre C'est pourtant un 6dirice tres digne de respect, et les archeologues parisiens lui ont temoigne le leur lorsque, en 1897, ses protecteurs naturels, le cure et le conseil de fabrique, ne parlaient de rien moins que de le laisser tomber en ruine. La protes- |:_:0 00 t tation avait ete unanime de la part de tous ceux qui s'interessent ' a: l'art; le conseil municipal s'y associa; Saint-Pierree6chappa'a la destruction et une habile restauration lui rend maintenant meme sa jeunesse::; d'antanune jeunesse pres de huit fois seculaire. L'edifice date en effet du commencement du x11e siecle, et possede, de plus, des piliers plus K- 1 0XX 0 00ffi000<00 anciens provenant d'un autre monument. 11 6tait ' a I fois la, paroisse de Montmartre et la chapelle de l'abbaye avec laquelle il communiquait par la partie de I'abside dlite le cliceur des dames. Au-dessus se dressait le t~l~graphe ae'rien de Chappe; il y resta jusque vers 185i0. A gauche du portail de Saint-Pierre - facade affreus du xvne. sie'cle:: s'ouvre le cimetie re dit du Calvaire- qui fut, de 1197 'a' 1830s le cimeti': ~unal de Montmartre. Plusieurs nomm illustres s'y liuene i sur les tombes: Fitz-Jamses, Bougainville, Vaudreuil, la prid'unsse Ga-des f i ela inn litzin, le conite de MaH16l~ etc. Au dela' du Calvaire, ont U6~ construits 'a 136 me'tres d'altitude les E1:1~911i -"(''~" reservoirs. Vcoeuvre a 60B fictite en trois ans, de 1887 "a 1889; I'architecte a cr~u devoir lui dol'iier le me'me style byzantin qu'au Sacr6-Cceur, II" dont elle parait ainsi 6tre une annexe. Les bassins -ont mune capacita de11,000 me~tres cubes dont 6,200 pour 1'eau de source et 4,800 pour celle de rivie're; ces deux categories de liquide y sont amenees par une pompe 6le'vatoire situ~e 'a Fextr~mit6 du pont d'Austerlitz (r. d.) et une usine die relai, install~e place Saint-Pierre, au pied me'me de la butte. Depuis le 12 juillet 1900, un chemin de fer funiculaire,:maillere - - a 6te' mis en exploitation entre la place Sain-t-Pierre, et les reservoirs ~ li %~ de Mi3ontmartre. 11 est 'a peine besoin de dire quelles fatigues il 6pargne aux. touristes qui ne se croient pasS oblig~s h gravir pi~destrement la butte, comme il conviendrait liturgiquement "a des pe'lerins de -le faire.:~~~ La place du Tertre, paisible comme un coin de village, a conserv6, au LES CLOCHETONS DE LA4 BASILIQUE DU SACRI-UR no-:n 3, la, premiere mairie del omninstall~e en 1790; une inscription en fait foi. 1" 'extr'miL6 orientate du plateau, la rue de la Bonne rappelle ee 1 - ~ i:souvenir d'une des fontaines de la butte, la fontaine-~de la Bonne eau. ~la~i ~Nous avons retrouv6 aux, archives de la Seine la preuve que Scribe y POSsEda une maison; le 24 juin 1859, le conseil municipal vota ~ pour ': l iu Euine Scribe, pi~opri~taire demeurant "Paris, r 'P' le10P -kdlti le pa~yement d'une somme de 1,300 francs princippjl et in't~rets, corresf -:o:pndant 'a la valeur d'un terrain retraicedes p~or~~p'rl redressement de la rue.::: La rue de la Barre represente le trac6 de deux, anciennes voies dont ~Xf:::~-:~:~:ii~:::-~i:_les noms 6taient charmants, les rues des Rosiers et de la Fontenelle, 1:i:~ tandis que le nom du chevalier de la Barre 6vo~que un drame de F'injustice. 11 est vrai Sue, la rue des Rosiers atvait Wt le th6 tre de la:rii-~: ~: mort, trgque des gen~raux Lecomte et C16ment Thomas, le 18 mars i i i I~I1II:II: (il__::i-_.I(:-::-l-iil:I:-: de I'ann ee t r ib e. En devalant, par la rue de la B3arre, on atteint assez vite la rue de 11: Clignancourt. Les maisons 42-54 de cette rue, 7-18 bis de la rue Custine repri~sentent 1'emplacement du Ch'teau-Rouge. La. tradition veut que Gabrielle d'Estr~es y ait eu un manoir, qui serait au moins le dixi'eme r:~r!~::.~ ---- i~~~ pOSS~dd par elle autour de Paris, mazis il faudrait le prouver. U'tait ai....... -i uivi e icea ir 'u ude ( n ham~te maison situee B~ ~~~arpets d'enclos,, En 1814, lors de I'attaqlue de Paris par I s alli6s, le ~~lii~iii'i'ii~i~roi Joseph en fit, pendant quelques heures, son quartier ge'n~ral. En i1840, un bal public y fut stab -i qui eut une grande. vogue tant par lui, Ome que par lsbaqes politiques qui eurent lieu en-1847 dans la salle de danse. Cette voaue ne d~passa pas I'ann~e 1871. I La pla'lce du Chalteati-Rougee se charge d en perp~tuer le souvenir. Elle marque le centre, oux a peu pri~s du boulevard Barb~s la voie la plus importante du quartier, continu~e par le boulevard Ornano qui porte le nom d'un mar~chal de France. Ouverts sous le second Empire, les deux boulevards W'en faisaient qu'un; en 1882, le nom de 1'e'mi~~5~)nent publicists.Barbe's fut donn6 'a la section comprise entre le boulevard de la Chapelle et la rue Orden'er. Piresque 'a FextremmM de la rue de Clignancourt s'ouvre la rue d'Or~sel. PORTAIL DE LA BASILIQUE DU SACRE-C(EUR. Elle traverse un quartier que cr6a de toutes pie'ces, en 1802, un specu

Page  187 DIX-HUITIEME ARRONDI SSEMENT 187 _~ _~ lateur de terrains nomme,,,6 M. d'Orsel. On l'appelait en- A A/ core le village Orsel en 1838 (10 fevrier), lorsque le conseil municipal de Montmartre se chargea, moyennant 250 francs par an, de pourvoir / a son nettoiement et a son - / 6clairage. Non loin, voici laplace Saintj Pierre qui, au temps oA Montmartre etait commune, n'etait jamais autrement design~e que sous le nom de ~ place_ publique L le square Saint-Pierre a une superficie de 7,300 me'tres carre's; les frais de premier stablisse-a ment o, ete fde 26,500 francs. En remontant la butte par \ la place Dancourt, qui n-a chang6 son ancien nom de a place du Thdtre que pourn \ prendre celui d'un auteur drmatique (le the'atre y subsistes toujours), on atteint la rue.Antoinette (prnomnstitue femme de proprietaire i OA un d couvent de l e a Bsis'bau no 9, a et v fond6 sur Femplacement prdsum N du martyrq t de saint Denis, qu'occupa en VcrMs aoree vl 1622 un prieurde dpendant e e C l.<u de labbaye de Saint-Denis. e canton de Saint - Sid 1on redescend par la rue des Martyrs, on rencontre la'rue Anr-Gi, qui constitue une sorte de cit s au centre de laquelle a et incaugurr, le 21 avril 189s, le buste du spirituel et malheureux auteur de la Muse a Bibi. Nous n'avons plus guere a signaler, dans le meame ordre d'lh es, que le no~84 du boulevard Rochechouart, oA Salis, en 1881, cre'a son premier cabaret du ~( Chat Noir ),qulil transporta quatre ans plus tard dans le IXe arrondissement, rue Victor-Masse', alors rue de Laval. Quartiers de la Goutte-d'Or et de La Chapelle. - A eux deux, ils correspondent exactement aux limites de Fancienne, comm une de la Chapelle, commune de Farrondissement et du canton de Saint-Denis depuis 1790, apre's avoir et, depuis plusieurs sie'cles, paroisse de la banlieue de Paris, final'ement annexee 'a Paris en 1860. Son histoire, 'pour remonter haut, sera brie'vement exposee. A Nepoque romaine, une des voies les plus importantes de la Gaule traversait ce territoire; dans Paris, c'6tait la rue Saint-Martin; au dela', le faubourg Saint-Martin, la rue du Cha'teau-Landon, celle de Philippe-deGirard et une route sensiblement parallele 'a la rue de la Chapelle et 'a '" —^^ la route nationale n~ 1 jusR;pell~v+ qu'a' Saint-Denis, oA la voie s:A h >romaine se bifurquait en deux branches comme aujoempsui oule ones deSaint-vr Denisqui en n t s les rs hIst(ro1 ut e duHavrlO, lu-,de M | e rs et v n et \etre vers le Nord (route de primitive du lieu. L t t pre | \Calais). Au moyen 'age, un des0:;:V:::@ | W:E nss: v s et a s du c n autre chemdn fut cree pouri i', a r 't'{,,',;g,5Wi:.......... l \relier Paris a Saint-Denis; res i | > a*:>F;eaxF+ | | l \il partait de la maison de LeR fg | | qa rti eSeine danse cette derniere,.,,,:F'j | | |X \ville etaboutissaitauxHalles. | @ 1 | \Suivi surtout par les, mar9 du oieal d chands de poisson, il leur dut la Gutted'Or deomintionpro sonn nroblm:n r 'ue Posonsigere du Faubourg-Poissonlnie're, e c t des Poissonniers, formant, _ e aune seule et meLme voie. _/ nirsainte uelnevde lessaint, chae le no d'unancie preet dela Sene; ea rue saiontu Denuis s'ar SQ & / ^oratoire construit par ses, ingeieurde a Copagne d cheinidnfe duf Nord;la rue lieauF lmais comme la Vie de cette c du draine de son existence, n'en w r /dit rien, nous observerons. le rA.+-++y^^-l~l>t te.mdme silence. 11 est infini> o ment croyable que La ChaIERRE-DE-MONTMARTRE. pelle-Sainlt-Denis (tel etait son nom officiel ) clate du temps ou les moines de SaintDenis, qui en posseclaient toutes les terres, y installe'renlt une colonie de laboureurs et vignerons et transforme'rent en- paroisse la chapelle primitive du lieu. Le territoire etait presque en entier couvert de vignes; main-teiiant, il est. pour les deux tiers, enlvahi par l'Finclustrie des transports: voies et ateliers du chemin- de fer du Nord, voies et ateliers du chemin de fer de F*Est, voies cle raccordement de ces deux reseaux entre eux et avec le chemin de fer de Ceinture. Le quartier de la Goutte-d'Or s'est cre'e, apre's 1830, our les dernie'res ondulationls du versant oriental de la boutte Montmartre, au lieu dit la Goutte-d'Or, denominationl provenant probablement d'une ens~eigne de cab-aret. Il a garde sa physionomie de faubourg, si pittoresquem-ent, si admirablement de crite dans L'Assommoir d'Emile Zol a. La rue de la Chlarboinniere rappelle. aussi un ancien -lieu-dit; celle de Jessaint porte le nom cl'un anciehA prefet de la Seine; la rue Polowleau, celui d'un ingenieur de la Compagnie du chemin de fer du Nord; la rue JeanFrancois-Lepinie consacre la memoire d'unl philanthrope qui fit, au commencement du sie'cle, de grandes, liberalite's 'a la commune de' -p LES RESERVOIRS DE MONTMARTRE. LA RUE JEAN-FRANgOIS-LEPINE ET L'EGLISE SAINT-BERNARD.

Page  188 188 PARIS -ATLAS VUE DE L'EGLISE SAINT-BERNARD. La Chapelle. Nous aurions aime a retrouver 'originle du nom de Saint-Ange, que porte le pont du chemin de fer du Nord sur lequel passe le boulevard de La Chapelle; cela ne nous a pas ete possible. On n'explique pas plus aisement celui de la rue de Chartres. Une eglise ne fut necessaire aux ha- _r bitants du quartier qu'en 1858. Jusquela, ils etaient paroissiens de Saint- // Denis - de - La- Chapelle. La premiere // pierre de Saint-Bernard fut posee, / le 15 aout 1858, par le baron Lepic, //^ ^^^ sous-prefet de Saint-Denis, et 1'eglise. fut livree au culte le 29 octobre 1861. Elle.est construite, sur les plans d'Au- / guste Magne, dans le style flamboyant a / dlu xve siecle, quilui donne un aspect - fort coquet. La partie de la rue du FaubourgSaint-Denis comprise entre Saint-Lazare et La Chapelle se nommait, au \ xviiiP sie'cle, sans que- Fon sache trop pourquoi, faubourg de Gloire, et cette \ denomination s'appliquait aussi a 1'extremMte septentrionale de la rue de La Chapelle. Le document suivant en.donne la preuve Decret de l'Assemblee nationale, \ - - du 30. juin 1790: L'Assemblee nationale decrete: lo que la veA <..~ partie du faubourg Saint-Denis connue sous le nom de faubourg de Gloire avec ses de- LA STATION DU pendances et qui se trouve hors des murs de Paris, est reunie a la municipalite de la Chapelle; 2O que les habitans de cette partie du faubourg et dependances reunissant les qualites prescrites par la loi seront 6ligibles aux fonctions municipales et militaires de cette paroisse (Arch. N1es DIV5l, liasse 1470). La (( grande rue de La Chapelle )) ne commencait qu'a la rue Ordener. Aujourd'hui, depuis 1867, la rue de La Chapelle, longue de 1,480 me tres, traverse dans toute son etendue le territoire de Flancienne commune dont elle fut toujors lFartere principale. GC'est une large voie, tres commercante, ou la cir-;; i:0 0i ^:0000f; ^ i00 tculation, celle surtout du gros camionnage, est tres I::: active. La rue Jean-Francois-Lepine, dont nous parlions tout a F'heure, s'en detache a gauche et franchit sur un pont du meme nom, les voies multiples du::; chemin de fer du Nord pour aboutir a Saint-Bernard.;.::: 0 ~ Ce pont a fourni aux ingenieurs municipaux l'occa-:,(::::::;:0000 s::00 ^ iO so d'un tour de force; il a ete construit au cours de (,-';00:f;;'~~~::1;::: F I l'annee 1897 sans interrompre la circulation des t000;00iX0ff^ff:000:000: ^^^ I: ' trains et son tablier a ete lance en une seule journee. ~~~ft)i~t0000:0t0S~:;:^':' Une inauguration solennelle en fut faite le 20 fevrierl1898. t;00000;tIll^-^-^^ ~ A l'anlgle des rues Doudeauville et de La Chapelle W00 ff itE0-~illll0il C0avait ete construite en 1846 une nouvelle mairie de La Chapelle - M. de la Rochefoucauld-Doudeauville etant sous-prefet de Saint-Denis - d'ou le nom de la rue. N'ayant plus d'objet, a dater de 1860, elle a ele affectee a la justice de paix, a une bibliotheque publique, et par suite d'agrandissements a un groupe scolaire. La rue Ordenzer (nom d'un general du premier Empire), conduit a la halte si frequentee du pont Marcadet, ou s'arretent les trains de Ceinture partant de la gare du Nord et les trains-tramways de SaintOuen et Saint-Denis. Un peu au dela, de Fautre cote de la rue de la Chapelle, s'eleve la modeste eglise Saint-Denis-deJ La-Chapelle, modeste surtout par sa facade de mauvais style et de peu d'apparence, car elle a ete, il y a quelques annees, enrichie d'une nouvelle abside donnant sur la place Torcy. Plus on avance vers la barriere, plus la circulation augmente. Voici des troupeaux de bceufs et de moutons se dirigeant vers les abattoirs de la Villette; un cortege de fardiers charges de pierres de taille, d'innombrables voitures de charbon - venues sWapprovisionner a la gare spe\^ ^ ciale qui s'ouvre sur le rond-point de; \ \ 0 La Chapelle. ^ \^ i A Fangle meme du boulevard Ney, l:,:'^:^ '::,;;-;:,.;-' \ N est situee la station du chem in de fer ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ A i^ ^ ^^^^^^^ ^ de C einture, dite de L a Chapellei Saint-Denis. I nous reste a decrire \ l e parcours de la ligne dans le XVIIIe ar\ i rondissement. Elle y entre a la station \ide F'Avenue de Saintc-Ouen, au sor-', tir de laquelle un souterrain long de Boulevard Ornano. Au delac de cette _ - gare, la voie reste encore en tranchee. iAvant d'arriver au pont sous lequel elle / franchit la ligne du Nord, un embran/ chement, venant de la direction de C Courcelles s'ouvre a droite, pour les f;/ trains de 'Ceinture qui rentrent a la / g^are du Nord. Cet embranchement conI siste en un souterrain, qui vers le milieu de sa longueur, offre une bifurea- tion,allant rejoindre ' la station de La g~ I Chapelle la ligne circulaire de Ceinture et servant aux trains qui partent de la gare du Nord et vont, dans la direction ONT-MARCADET. de 1est. par la Villette et Bercy. Ce gigantesque ouvrage, qu'on appelle bifurcation des deux branches, effectue sous les voies principales du chemin de fer du Nord, a ete livre a la circulation le ler aout 1893. Au dela de la gare de La Chapelle, la ligne de Ceinture longe a droite les magasins de la Compagnie du Nord, et sort de l'arrondissement sous le pont qui supporte la rue d'Aubervilliers. p: r - ~ _~~13

Page  [unnumbered] PARIS - DIX-HUITIEMVE AR R KIDIS SEM ENT M 0 TR I Lq m L~C~-L-cl CP esd, G cl?Sca"Pv&es...... de Clignan co urt dela Coutte dOp JI de la Chap ell,6 tchelle:ioo PARIS-ATLAS 18

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Page  189 Phot. Neurdein. LE PARC DES BUTTES-CHAUMONT. xllXe A5ren a le n e LES BUTTES-CHAUMONT. - 730 QUARTIER:LA VILLETTE.- 74e QUARTIER: LE PONT-DE-FLANDRE. 78e QUARTIER: L'AMERIQUE. - 76o QUARTIER: LE COMBAT. PROPREMENTr parler, le XIXe arrondissement c'est La Villette, et a notre avis, l'administration i R A i municipale fut bien mal avisee, en 1859, de I ^^ rJ l|constituer comme elle le fit les deux derniers 1 t b Sarrondissements du Paris de 1860. Elle devait t S former le XIXe par les deux communes de La Chapelle et de La Villette; le XXe par celles de Belleville et de Charonne. Or, elle a coupe en deux, au mepris de tout souvenir historique, le territoire de Belleville, plagant son eglise dans un arrondissement, sa mairie et son cimetiere dans l'autre. 11 y avait pourtant alors des hommes bien informes de l'histoire du nouveau Paris, et qui eussent ete de bon conseil. Mais a quoi bon recriminer, surtout lorsqu'il s'agit de regiolns comme celles-ci, dont le territoire administratif ne sera probablement pas modifie d'ici longtemps? Pour se representer les limites de La Villette et de Belleville quand ces deux localites jouissaient de leur autonomie, il faut figurer une ligne qui, partant de Fintersection du boulevard de La Villette et de la rue de Meaux, suivrait laxe de cette rue jusqu'a la rue Secretan, puis Paxe de celle-ci jusqu'aux Buttes-Chaumont, couperait le pare pour atteindre Paxe de la rue d'Hautpoul et de la rue des Carrieres-d'Amerique jusqu'aux fortifications. Du cote de La Chapelle, la limite de La Villette a toujours ete formee par la rue d'Aubervilliers, jadis chemin des Vertus. Le XIXe arrondissement, dit DES BU'TTES-CHAUMONT, a une superficie de 566 hectares et une population de 135,28o habitants. Seuls, les XIIe, XIIIP, XVe et XVTP arrondissements ont un territoire plus vaste que le sien. Sa population est moyenne parmi celle des faubourgs; elle est, en immense majorite, composee par la classe des travailleurs. Dans la seconde moitie du xne siecle, la leproserie de Saint-Lazare (voy. p. 110), fondee au commencement du meme siecle, possedait un important canton de vignes dans cette region; le groupe de vignerons qui y vivaient constitua un petit village, une villette. ILe nom lui en resta dans les documents et dans le langage; jusqu'a la Revolution, on disait La Villette-Saint-Lazare. La recolte de la vigne implique un pressoir; celui de Saint-Lazare est souvent mentionne par des textes precis qui permettent de fixer son emplacement rue de Nantes, alors rue Saint-Jacques, ainsi nommee parce que l'eglise paroissiale qui fut fondee au xmvr siecle etait sous le vocable de Saint-Jacques-et-Saint-Christophe. Cette eglise occupait l'angle de la rue Saint-Jacques et du grand chemin du Bourget, aujourd'hui rue de Flandre. Les habitants de La Villette ne firent pas beaucoup parler d'eux. A noter cependant qu'en 1374, Charles V leur fit remise, contre une 19 PARIS-ATLAS.

Page  190 190 PA RIS - ATLAS ASPECT DU CANAL DE LI'OURCQ. lette fut une des rares communes qui ne consid6-............ rerent pas comme un bienfait leur annexion a Paris. Des protestations, nombreuses autant que vehementes, constituerent le dossier de l'enquete de commodo que le gouvernement avait ordonnee, pour la forme. Les arrivages par wagons ou bateaux, y etait-il dit, font de La Villette le veritable entrepot de Paris; l'annexion sera une calamite' une ruine ffIS: ( pour les negociants, la vie devenant plus couteuse, les salaires devront e'tre augmentes, etc. A quarante annecs de distance, on se rend compte que ces craintes 6taicnt purement chimeriques. _. - l Separe' du quarticr du Pon-t-de-Flandre par la rue de l'Ourcq, el, de celui du Combat par les rues d'Allemagnc et de Mcaux, le quartier de La Villette represente bien l'ancienne agglomeration historique. Plusieurs grandes voies le sillonnent dans sa longueur: les rues d'Aubervilliers, Curial, de -c Flandre et d'Allemagne; dans sa largeur, les rues du Maroc, Riquet, de Crim~e et de l'Ourcq; mais aucune d'elles n'est frequentee d'une faocon aussi importante que le bassin de La Villette, continu6 S000/:9 -dent, auxquels on a donne avec a-propos les noms P des rivie'res que le canal met en communication: _la Seine, la Marne, l'Oise, la Loire. Ce n'est pas d'hier que date l'ide sinon du canlal de l'Ourcq meme, du moins de la navigabilite de l'Ourcq; on la realisa. au xviP sie'cle, et par cette rivie're et celle de Marne, des bateaux charges de bois coupe dans la fore't de Villers-Gotterets purent arriver 'a Paris, au port de la Gre've, le 9 juillet 1564. Ce fut une veritable solennite, 'a laquelle assista le corps municipal; les mariniers etaient ve'tus de pourpoints et chausses rouges, coiffes de chapeaux buleus, aux couleurs de la Ville; les tambourins et trompettes faisaient retentir l'air d'un gai vacarme, (( dont le peuple, ce voyant, se rejouissoit, esperant que si apre's, il en viendra grande quantite par ladite rivie're d'Ourcq )). It fallut bien se contenter, pendant plus de deux, sie'cles, de cet elta-t de choses. Le canal actuel n'a et entrepris qu'en 1802 pour se terminer vingt ans plus tard. Le bassin de La Villette, compris entre le rond-point de La Villette et la rue de Crimee a aujourd'hui un trafic de plus de deux millions de tonnes. Borde sur ses deux rives par de hauts ba'timents d'entrepo'ts, il a un peu l'aspect de Venise, moins la grace. Une passerelle le surplombe 'a hauteur de la rue de la Moselle; la rue de Crime'e le franchit sur un pont qui, gralce 'a un mecanisme fort inge'nieux, s'1eleve en quelques minutes pour livrer passage aux, bateaux et se rabaisse aussito't. D'ailleurs, une passerelle lui est accolee pour enlever l'occasion d'un murmure aux pietons affaires qui, blases sur l'interkt de la manceuvre, desirent traverser sans retard. Cette rue de Crimee, faite, en plus de vingt ans, de pie'ces et de morceaux, pour ainsi dire, est une des plus longues de nos faubourgs parisiens; elle n'a pas moins de 2 kilom., 520. C'est aussi, pour la circulation des voitures, une arte're fort importante, car elle met en relations les communes de la banlieue Nord, Saint-Denis, Aubervilliers, somme d'argent, des prele'vements en blWs, fourrages, charrois, etc., que les fourriers royaux faisaient sur les corveables. Au, xvive siecle - en 1646, pour preciser - une abbaye de femmes vint s'etablir a La7 illette, l'abbaye de Sainte-Perine, fondee a Compie'gne au Xl1le siecle (Emnile de La Bedolliere, ordinairement mieux informe, a cru qu'elle datait, 'a La Villette meme, du xiVe siecle). Elle y demeura quatre-vingt-seize ans, apre s quoi elle fut transferee a Chaillot. Nous avons dit plus haut par suite de quelles vicissitudes, transportant toujours son vocable avec elle, elle est devenue une maison de retraite 'a Auteuil. Son emplacement, a La Villette, etait celui des trois maisons.61-65 de la rue de Flandre, avec retour d'equerre sur la rue Riquet. Pendant les deux annees terribles, 1814 et 1815, de l'invasion etrangere, La Villette et Belleville souffrirent beaucoup, mais se comporte'rent heroiquement dans la resistance que Paris opposa a ses envahisseurs. Dans le courant du xixe sie'cle, plusieurs circonstances ont contribue a donner a La Villette une enorme activite industrielle: d'abord le percement des trois canaux, puis l'ouverture du chemin de fer de l'Est, enfin la translation, qui a ete effectuee dans cette region, du marche de Sceaux deux fois seculaire et la creation du plus important de nos abattoirs parisiens. Tout cela n'aurait pas suffi a faire de l'arrondissement un lieu de delices si, par une heureuse compensation, le second Empire ne lui avait accorde une promenade charmante en transformant en parc les carrie'res par trop sauvages des ButtesChaumont. Et la troisie'me Republique, 'a son tour, l'a dote de larges voies, d'etablissements municipaux et scolaires confortables, de moyens de transport aises et abondants. Pour en finir avec les generalites, disons encore qu'en 18593, La Vil PONT DE LA RUE DE CRIEIzE SUR LE CANAL. VUE DE L'EGLISE SAINT-JACQUES-SAINT-CHRISTOPH E.

Page  191 DIX-NEUVIEME ARROND1SSEAIENT 191 - ~::: A VUE INTERIEURE DU MARCHIE AUX BESTIAUX. avec celles de la banlieue Est qui - sans parler de Belleville - occupent les hauteurs des Lilas et de Romainville. Dans la traversee de La Villette, elle s'appelait precedemment rue de Bordeaux. La se borne son interet. Tout pres du pont du canal, nous avons lu sur la porte d'un de ces etablissements de bienfaisance ou l'on donne de la nourriture aux pauvres gens en echange de bons, cette inscription amusante par son laconisme: Entree du fourneau. Plusieurs rues de La Villette evoquent des souvenirs aussi belliqueux que celui de la campagne de Crimee, mais sous un climat bien different, car les rues du Maroc, de Tanger, de iKabylie nous transportent en Afrique. La rue Riquet, voisine du canal, rappelle la memoire du constructeur du canal du Languedoc, Riquet, dont la statue est a Toulouse. Curial fut un general de division du premier Empire. La rue de Joinville revele par son nom qu'elle fut ouverte sous Louis-Philippe, et cela nous fait songer qu'en 1830, lorsque la jolie ville de Joinville-le-Pont, lasse de se nommer la Branche-du-Pont de Saint-Maur, obtint son nom actuel, sa voisine Saint-Maur demanda, sans succes d'ailleurs, a s'appeler.Aumale! Il n'y a pas de rue d'Aumale non plus a La Villette, mais il y a une rue de Chartres a La Chapelle. Peu d'edifices dignes de remarque dans ce vaste espace; rue Curial, Cette meme place de Bitche, qui ne porte que depuis 1881 le nom de la vaillante cite lorraine (c'etait, avant, la place de l'Eglise) est occupee par un groupe scolaire et une maison municipale de secours. A l'angle de la rue de Crimee, un batimentd'aspect vieillot represente l'ancienne mairie de la commune, achetee moyennant 85,000 francs, a la suite d'une deliberation du 24 juin 1852. La rue d'Allenzmagne, longue de 1,820metres, large de 31, plantee d'arbres auxquels on saurait gre d'etre moins rabougris, date de 1768. Auparavant, la route royale de Strasbourg (aujourd'hui route nationale n~ 3) etait fournie par la rue de Meaux, prolongee dans Paris par la rue de la Grange-aux-Belles. Le xviiv siecle nous a legue la rotonde Saint-Martin, massif batiment, trop solennel pour son objet, qui etait de relier les deux barrieres: de La Villette, a l'entree de la rue de Flandre, de Pantin, a l'entree de la rue d'Allemagne. Cette derniere n'etait encore que provisoirement construite lorsque, dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, deux caleches s'y arreterent mysterieusement. Bien que le jour commencat a poindlre, les commis de I'octroi ne remarquerent pas qu'un homme, deux femmes, deux fillettes en descendaient afin de monter, avec l'Fempressement de personnes qui se cachent pour fuir, dans une vaste berline de voyage, propre a faire un long trajet. Ces voyageurs inconnus n'etaient autres que Louis XVI, MarieAntoinette, Madame Elisabeth, Madame Royale et le jeune Dauphin, habille en petite fille. On sait ce # _____ qu'il advint de cette fuite: la famille royale arretee;; ti:: 00000000000000 t a Varennes, ramenee, prisonniere de la Nation, a Paris. La berline, qu'on surnommait deja le corbil-; l;lard de la monarchie, ne franchit plus, au retour,;0 la barriere de Pantin; on lui fit suivre, une fois ^^ b 00arrivee la, les boulevards exterieurs et elle revint iF0 00 0aux Tuileries par les Champs-Elysees. 11^^ | Elle etait vouee, cette barriere, aux. scenes tragiques. -test lout proche d'elle, dans un cabaret a lenseigne du Petit Jardinet, que, le 30 mars 1814, fut signee la capitulation douloureuse qui consacrait Fevacuation de Paris par nos troupes et son occupa-::::::::::::::::::- _:-:: _-::-::I:::-:::::::::::::::::: -::::::::::;?~ I: I: t d::::: --:: a i~ ~ ~ ~ ~~~~~~~~~~~:::: 000:0to: l.:.:S 0.. hn < n;E0:;:T.; i: E 3 l:::: L'ABATTOIR DE LA VILLET'TE. sont installes, depuis 1874, les services divers, bureaux, ateliers et remises des Pompes funelbres, ou ils voisinent avec les ateliers de construction de la Compagnie generale des voitures. L'eglise Saint-JacquesSaint-Christophe, construite par Lequeux dans le style grec, s'eleve sur la place de Bitche. Une ordonnancee royale du 17 novembre 1837 avait autorise la municipalite de La Villette a acquerir au prix de 6i,300 francs le terrain necessaire; les travaux commences en 1841 furent acheves en 1844; l'edifice fut consacre le 27 octohre par l'archeveque de Paris. Il ne nous charme que m6diocrement, avec sa haute tour hors ceuvre, qui a l'air d'un phare. La fagade un peu trop resserree a le merite d'etre ornee des statues des deux patrons de l'eglise, signees Dantan aine. PERSPECTIVE DE LA RUE D'ALLEMAGNE.

Page  192 192 PARIS -ATLAS - VUE DU CANAL SAINT-DENIS. tion par celles des peuples allies contre Napoleon. A ceux qui aiment philosopher sur les rapprochements de lhistoire, il est loisible d'etablir un lien entre cette fuite de Varennes, cause de la decheance de Louis XVI et ce pacte de 1814 par lequel Louis XVIII recevait des Russes, Anglais et Allemands le trone de ses aleux. Quartier du Pont-de-Flandre. -I n'y a pas si longtemps encore qu'une ligne d'omnibus denommee Petite-Villette-ChampsElysees suivait la rue d'Allemagne, franchissait le chemin de fer de Ceinture- et venait stationner dans la rue du Hainaut. Depuis, la tete de ligne fut reportee aux Buttes-Chaumont; on en a fait enfin la ligne Gare du Nord-Place de l'Alma, mais La Petite-Villette n'y a rien perdu, car les deux services rivaux des tramways de Pantin la desservent suffisamment. Ce n'est pas la Compagnie des omnibus qui avait pris l'initiative de ce vocable, Petite-Villette, pour designer la partie orientale de la commune de La Villette; on le trouve employe des le commencement du siecle, concurremment avec celui de La Villette-Saint-Denis, parce quel Fabbaye de Saint-Denis y avait possede des terres. Aujourd'hui, le quartier a recu le nom du pont-viaduc sur lequel passe la ligne de Ceinture et de la station qui dessert la rue de Flandre. II aurait tout aussi bien pu s'appeler le quartier des Abattoirs ou du Marche aux bestiaux, car ces deux elablissements en occupent -la moitie. C'est en 1859 que leur construction fut decidee. Le canal de I'Ourcq et le canal Saint-Denis, plusieurs lignes de chemin de fer, la proximite des barrieres fournissaient toutes les commodites desirables. Les abattoirs s'eleverent sur Femplacement des anciens lieuxdits Grimprel et le. Bon-Jour; le marche, sur celui de Rouvray. Huit annees furent necessaires a leur edification; en 1867, on les inaugura sans grande solennite. Le marche aux bestiaux a sa principale entree sur la rue d'Allemagne. Les jours ou il est ouvert, la Petite-Villette prend la physio ".........nomie laplus pittoresque: - cabarets et restaurants sont debordants de la clientele toute speciale que lui font les marchands 0 0 0 X 73:; 0 f 0: iX et conducteurs cl'animaux,: V:; Xi::;: 0X;;; t;; 5: id~~tmele6s aux bouchers, avec le veg en an es Ionpremiers font apparaftre (llllB^^^^ leplus bliiso ves ntablier dfe ment en ecritures. Un pont sur le canal de tOureq relie le marche aux a battoirs. Du royaume de l'argent, on passe dans le royaume du sang. Le spectacle n'en seraitpas rejouissant siles batiments n'etaient tenus tres propres, aeres, disposes avec symetrie. Les etables ou les malheureux animaux attendent le coup de massue -ou le coup de couteau final y alternent ave c le s echaudoirs, nom bizarre do nne aux salles ou se donne la mort. On y tue pendant la nuit, on y prepare et debite les viandes dans la journee. Les ouvriers employes a ce dernier travail sont, non moins etrangement, nommes chevillards, parce qu'ils clisposent les letes depecees sur des crocs en fer nommes chevilles. I1 parait que ce rude metier, qui exige lbeaucoup de force et d'adresse,ne porte pas a la melancolie: les bouchers de LaVillette sont d'humeur joyeuse, de sante robuste comme il convient a des gens qui, par metier, font dea cures de sang ordonnees aux personnes deailes. I1 leur arrive, pour se distraire, de s'occuper le positique. Un proces celebre nous les a presentes, qui caurait cru! sous le jour de conspirateurs soucieur du retablissement de la royaute, et un poete facetieux, s'adressant a leur leader, lui disait: Oui, vous presenterez les 60uchers a la reine... N'oublions pas de rappeler que le marche aux bestiaux a herite du premier chateau d'eau de la place de la Republique. 'iapasse duDepotoir a au moins le merite d'avoir un nom precis, et n'est-ce pas dans l'orclre que l'intestin de Paris soit contigu a son estomac? Chaque nuit, trois ou quatre cents voitures le vidanges aclministrativement, on les appelle dces tonnes - viennent la leverser leur lamentable cargaison dans des reservoirs d'oau elle est entrainee par unse pompe aspiranle, a 8 kilometres, a lusine sise entre Bondy et Aulnay pour y subir. 1e rp r-............. [-E L admum r seen al an e, qui>>! A que fait le fleuve en aval d'Auteuin. L'EGLISE DE BELLEVILLE. ABSIDE DE L'EGLISE DE BELLEVILLE.

Page  193 DIX-NEUVI:ME ARRONDISSEMENT 193 L'entreprise ne fut'achevee quqen 1826., Le 75e quartier est le quartier - d'Amerique. Ce -nom serait inex- / plicable si 'on n'y sous-entendait le // mot carrieres. Encore est-on reduita // se demander en quoi ces carrieres-la / / sont plus americaines que d'autres. / /;gi Ce qui est certain, c'est que, malgre / / ': ', les nombreux travaux qu'y a faits / /** l l'edilite, la region demeure encore / /. 0,passablement sauvage. Le centre de j Paris s'est deplac6, il se.deplacera encore: on peut affirmer qu'il ne \ serajamais la. Historiquement, c'est:-, un peu La Villette et beaucoup Belleville. La Villette y a, depuis 1829, \ son cimetiere, situe rue d'Hautpoul; Belleville, le meilleur de son agglo- \ meration, et la presque totalite des \., carrieres d'Amerique proprement \ dites. Celles-ci servaient principalement dWasile de nuit aux malandrins et pauvres heres. Eux seuls osaient s'y risquer au commencement du siecle. Elles eurent une journee de,, gloire et de sang, le 30 mars 1814, —. lors de 'attaque de Paris par les al- TERMiINUS DU FUNICU lies. Sous le commandement des generaux Michel et de Rebeval, la garde nationale y prit position en face d'une brigade de l'armee russe. L'offensive, venue de notre cote, donna d'abord les meilleures esperances, et l'ennemi fut plusieurs fois force de battre en retraite sur Pantin; mais, en 1814 comme en 1870, des renforts lui arriverent chaque fois que la victoire allait se declarer en faveur des assieges; c'est par la capitulation, helas! que se termina ce beau fait d'armes. Et cependant, il nous sera permis de regretterque sur ces plateaux n'ait pas ete eleve un monument commemoratif de la bataille du 30mars1814. Le pare des Buttes-Chaumont semble tout designe a cet effet. Une pyrami-de ou tout autre edicule cree par lingeniosite de I -X, tier a commence de se batir depuis....... un quart de siecle. De larges voies::^ \le sillonnent: les rues du General-..: I Brunet, David-d'Angers, d'Alsace-Lor1 raine. Quand la ligne projetee du \ Metropolitain y aura son acces, la po\ pulation s'y decuplera promptement. I:. \ En attendant mieux on lui a donne FiiX- ho'pital Herold, de proportions H \ encore modestes. C'est en souvenir.|;.... de Fl'ancien prefet de la Seine que ce Mij~ nom lui a Wt attribue. i..Avant le percement de la rue de Crimee, les relations entre La Villette et Belleville s'effectuaient soit / par la rue de La Villette, soit par la rue Compans (anciennement rue SaintDenis) et la rue des Fetes (ancienneI/ ment rue de Beaune), aboutissant / toutes deux a la grande rue de Paris, qui n'a pris qu'en 1868 le nom de B/ /:rue de Belleville, et qu'au dela de la; / rue Compans, vers Romainville, on I - / appelait rue du Pare, en souvenir de "^ R l'ancien pare attenant au domaine -vt —'"z des Lepeletier de Saint-Fargeau. Le.AIRE DE BELLEVILLE. XIXe arrondissement - nous PlavoDs dit et deplore - n'a de cetle longue artere que les numeros impairs. Du moins, il y possede un fort beau monument que Paris peut envier 'a Belleville, leglise Saint-Jean-Baptiste. Elle a remplace, sur le meme terrain, un edifice bien plus modeste, dont la premiere pierre, retrouvee en creusant les fondations de la nouvelle eglise, avait ete posee., le 3 juillet 163a, par le cure de Saint-Merri, dont dependait Belleville. Par deliberation du 5 mars 1853, le conseil municipal de la commune avait decide la demolition et la reconstruction totale de cet edifice, et agree les plans presentes par Jean-Baptiste-Antoine Lassus. La premiere pierre fut posee le 24 juin 1854 en grande solennite (une relation de cette fete en a ete imprimee). Lassus continua a diriger son oeuvre jusqu'a sa mort, qui survint en 1857. C'est un de ses eleves qui l'acheva en 1859, annee ou, le 11 aout, la pa=> roisse fut consacree par Farcheveque. Le monument est concu dans le style d'architecture gothique, sobre et majestueux, qui caracterise le regne de saint Louis. Par ses dimensions, la hauteur de ses voutes, les deux fleches de pres de 60 metres qui flanquent son portail, il _ ressemble plus a une cathedrale qu'a l'eglise d'une commune de la banlieue de Paris (il est vrai que Belleville s'enorgueillissait alors d'etre, grace au chiffre de sa population, la pre_ miere ville du departement apres Paris). Les facades sont ornees de nombreuses statues, dues au ciseau de Perrey; divers peintres ont coopere 'a la decoration murale de linM. telzieur. La partie de Belleville sise a gauche de la grande rue fut longtemps, comme Batignolles-Monceau, le sejour prefere des petits commercants retires des affaires, des rentiers aux gouts modestes. Il faut lire, et ce n'est pas une ennuyeuse lecture, certains romans de Paul de Kock, qui aimait beaucoup ce f:E: n::::::: }~`~~`~~~"'"""" E;::: D::: D:::::;: A: A:;;:: D:7 fI: I:::::::: I.....:,............................ nos artistes pourrait porter une inscription concue a peu pres dans ces termes: SUR CES HAUTEURS, ALORS ABRIUPTES, LES PARISIENS COMBATTIRENT VAILLAMMENT POUR DEFENDRE LEUR VILLE CONTRE L INVASION DES ARllEES ALL1EES LE. 30 MARS 1814 et les Parisiens du xxe siele la liraient avec unl 16legitime orgueil. Tout autour de la place du Danube (un nom de montagne aurait mieux convenu), le quar PORTE DU PRE-SAI.NT-GERVAIS.

Page  194 194 PARIS - ATLAS nous souvient qu'un petit omnibus jaune et ferme, g^..,.,. x comme il n'en existe plus maintenant a Paris, la parcourait, venant de lancienne barriere de Belleville et descendant ainsi au Pre-Saint-Gervais apres lascension la plus rude que Fon puisse con-: 00 cevoir. Le trajet etait aussi penible aux chevaux tX;0 7qu'aux voyageurs; aujourd'hui, pour se rendre au Pre, lon a des tramways electriques qui partent de la porte de Pantin, c'est-a —dire de la plaine vers la colline, ce qui est infiniment plus logique. Et maintenant, de-la place des Fetes, que Yon se dirige, par la rute des Solitaires ou celle des Avnelets, vers la rue a laquelle.Botzaris, un heros de la guerre de l'independance grecque, a donne son nom, que lon fasse le tour, au contraire, par les rues des Lilas et de Bellevue (un nom bien porte), on est assure d'une excursion fort pittoresque, a travers un Paris tres inedit, pourrait-on dire, car il a dans ces regions un aspect tout particulier, qui ne se retrouve pas ailleurs. Quartier du Combat. - Le boulevard de La Villette, au point d'intersection des rues de la Grange-aux-Belles (Xe arrondissement) et de Meaux, a une legere inflexion du Nord vers l'Est, et dans cette concavite forme une place dont on a fait une W. sorte de square. La s'elevait une des' barrieres du Paris d'autrefois, denommee barriere du Combat. II s'agit du combat d'animaux, d'un spectacle forain dont nos aieux etaient, paraft-il, tres avides et qui, esperons-le pour lhonneur de lhumanite, n'inspirerait que de lhorreur aujourd'hui. Il consistait a faire battre entre eux des animaux, chiens ou coqs, ou de mettre aux prises contre un vieux cheval, ou un ours, ou parfois un taureau etique, une meute de chiens qui finissait par avoir raison de la malheureuse bete, non sans avoir recu maints horions. Des le 9 juin 1792, le procureur general du departement, indigne de ces atrocites, avait ecrit la lettre suivante au Directoire du district de Saint-Denis: ~ On vient de me denoncer, messieurs, un spectacle dechirant qui se donne a Belleville a certains jours de lannee, et ou lon fait perir un taureau dans les tourments les plus cruels. Je ne doute pas que la lecture de cette lettre, dont copie est ci-jointe, ne vous determine a prendre des mesures pour que ce spectacle n'ait plus lieu. )) Si cette injonction fut obeie, ce ne fut que pour un temps. Le Condztcteur des etrangers a Paris, a la date de 1815, signale le (( combat des animaux o en le reprouvant, il est vrai. D'autre part, le conseil municipal de Belleville avait, par deliberation du lr fevrier 1840, autorise le bureau de bienfaisance de la commune a percevoir un droit pour les pauvres. Une nouvelle deliberation du 23 mai 18o3, en nous apprenant que le spectacle du Combat avait ete definitivement aboli, temoigne d'un etat d'esprit du conseil tout autre que celui dont il faisait preuve en 1840, car elle a pour objet de demander le changement du nom de la barriere du Combat, qui rappelle (( un spectacle sanguinaire qui ASPECT DE LA COURBE DE LA RUE BOLIVAR. coin de pays (ou il vint mourir en 1871), pour se rendre compte des moeurs bourgeoises et meme patriarcales du lieu. Si les tendances n'ont pas beaucoup change depuis, tout autour de la place des Fetes, les habitants y menent maintenant une vie plus active: pour la plupart, ce sont des artisans, des travailleurs manuels; l'annexion a fait reculer les rentiers dans la banlieue; les maisons avec jardin, qui etaient de regle, se font de plus en plus rares. Meme avant 1860, la municipalite bellevilloise assistait a cette evolution avec une melancolie des moins de'mocratiques; les (( proprietaires )) qui la composaient constatent dans une deliberation du 4 aout 1852 que, (( depuis la transformation splendide )) des quartiers industriels et populeux de la capitale, Belleville est devenu le refuge d'une foule de gens qui ne savent ou habiter dans Paris et y viennent ainsi (( avec la pensee secrete de ne pas payer leurs loyers )). Et le conseil demandait la simplification des formalites en usage pour l'expulsion de ces gens-la. On voit que 'A. Vautour a de qui tenir. La place des Fete3, dont il vient d'etre parle, est, depuis 1881, pourvue d'un vaste square, de 12,000 metres carres ou environ; si l'on en croit les documents officiels, il nWen a pas coute plus de 200,000 francs pour la revetir ain'si d'une aimable robe de verdure. Elle est bordee a l'Est par la rue du Pre-Sairnt-Gervais qui conduit a la commune du meme nom. Il ECOLE PROFESSIONNELLE DIDEROT. VUE DE L'EGLISE SAINT-GEORGES.

Page  195 DIX-NE UVI EAIE ARRONDISSEMIENT 195 Phot. Neurdein. LE PARC DES BUTTES-CHAUMIONT. avait lieu audit endroit, lequel n'est plus ni dans nos moeurs ni dans les idees actuelles de l'etat social francais ~. Voila qui est bien dit: la denomination n'en demeura pas moins en vigueur jusqu'a 1860, date de la suppression des barrieres. La rute de Meaux etait au xvmie siecle, on l'a vu plus haut, la route d'AIlemagne. A_ sa sortie de Paris, elle traversait un territoire dont le nom seul evoque des souvenirs bien plus tragiques que ceux du Combat: Montfaucon. Le sinistre gibet a eu deux emplacements differents, quoique voisins Fun de Fautre, au Nord-Est de Paris: le plus ancien dans le Xe arrondissement, non loin de la rue Vicq-d'Azyr; le second transfere en 1761 sur les confins de La Villette et de Belleville, ou l'passe de Montfaucon rappelle son existence. Ce dernier fut surtout une voirie, et les fourches patibulaires ne s'y dressaient plus guere que comme l'embleme de la haute justice; cependant, au mois de novembre 1898, des fouilles pratiquees entre les rues Secretan et Bolivar ont mis au jour, en meme temps que des objets menagers de tout genre, plusieurs cranes humains. Avec le temps, la voirie devint le depotoir municipal, puis, lorsque celui-ci eut ete transfere pres du marche' aux bestiaux, elle s'est convertie en fabrique d'engrais chimiques -et en depot de paves. La physionomie du quartier a perdu Fempreinte de ces lugubres origines; uni marche, un groupe scolaire, l'elargissement de la rue Secretan ou le tramway de Saint-Augustin au Cours de Vincennes apporte son incessante animation, tout cela a donne la vie a ce lieu de mort et de misere. Veut-on connaitre Fetat civil de la rue Bottret? Une deliberation du conseil municipal de La Villette, a la date du 7 decembre 1841, porte oacceptation du don fait a la commune par les heritiers Bouret de la nouvelle rue, longue de 215 metres et large de 12, connue sous le nom de rue Bouret ~. Avant de consacrer le souvenir d'un illustre combattant pour Findependance de l'Amerique du Sud, la rue Bolivar s'appela jusqu'en 1880 rue de Puebla. Elle fournit aux hauteurs de Belleville un acces aise et cotoie des buttes oui la nature est restee abandonnee a elle-meme; on les nommait jadis les Grands-Chaumont et la Patte-d'Oie. La modeste eglise Saint-Georges, qui date d'un quart de siecle, s'y adosse. Toujours montant, la rue Bolivar domine, a hauteur du passage Stemler, la belle ecole Diderot dont Fentree principale s'ouvre sur le boulevard de La Villette. Fondee en 1872 par la Ville de Paris, elle est le prototype des ecoles municipales -ou s'enseignent les professions manuelles. Ici, ce sont les industries du bois et du fer qui sont en honneur. Nous voici enfin devant une des principales entrees du parc des Buttes-Chaumont, dont nous dirions bien que c'est le clou de Farrondissement, si la metaphore n'etait pas quelque peu hardie. (( En 1861, dit Haussmann dans ses Memoires (t. III, p. 234), lors de l'annexion des communes de Belleville et de La Villette a Paris des ateliers d'equarrissage et un depotoir de vidanges occupaient sels et rendaient infects ces parages inhabites et peu surs. ~ Je concus lidee, bizarre au premier aspect, d'en faire, apres les avoir debarrasses de ces etablissements insalubres, un lieu d'attrait pour les populations des XIXI et XXe arrondissements nouveaux, par la conversion en promenade publique de 25 hectares de terrain; il com PONT DU PARC DES BUTTES-CHAUMONT.

Page  196 196 PARIS - ATLAS.- "UX, ...,., 1.1-... I.,..........-.- -- --------- A:: f::::;-I:::::::::i::- ge: - - - --------:1414~'`~;;;; FAQADE DE LA MAIRIE DU XIX- ARRONDISSEMENT. prendrait tout le massif des buttes que la societe dite des Carrieres du Centre possedait entre les rues de Crimee et de Puebla, dans un sens, et les rues de Vera-Cruz et de Mexico, dans l'autre. Je soumis a l'empereur mon plan, qu'il comprit et qu'il accepta de suite. )) I1 y a peut-etre quelque vantardise a se donner comme le seul auteur, meme avec la collaboration de Napoleon III, de la conception du ^ pare. Peu s'en faut que Haussmann / n'ajoute qu'il la aussi creuse, des- / sine, plante, toujours avec l'aide de // l'empereur. En realite, il y avait / alors a l'Hotel de Ville des inge- / nieurs, dont le premier a citer est / Alphand, auxquels le merite de / 'idee revienta bien plus juste titre. / / Haussmann est plus exact lorsqu'il 1; i: - ajoute que le projet d'acquisition des terrains fut approuve par d\cret du 22 juillet 1862, que les travaux \ durerent de 1864 a 1867 et que la dtpense totaie l ele eva a pros de6 millions. On ne perd pas son temps 'a feuilleter les vieilles revues: la 'Revue\ de Paris du 20 novembre 1864 consacrait quelques reflexions (p. 190) \..... a la nouvelle promenade: le De ce roc pele, om il ny avait qudune solitude dgsolante, sans un arbret sans un brin dherbe, de ce qont chauve, les ingenieurs, lesjardinierst les hydrographes et les terrassiers sont en train de faire une oasis qui d o r a x ile depassera en beaut6 celle de la sul- ^ ^ ^ tane Fatime, la flle cherie du Pro- ""nouelp le promnae, pu les Tlrenfns, pour lefmmsetporlesprome peuple, comme on lappelle dujau? Par d es i c e a une grille en fer se terminant par des fle'ches dorees, sans doute. C'est ce qu'il y a partout, c'est ce qu'on faisait autrefois, c'est ce qu'on fait aujourd'hui, c'est ce qu'on fera demain. Mais ne serait-il pas bon d'y joindre une annexe, utile, en temps de pluie, pour les enfants, pour les femmes et pour les promeneurs, c'est-a'-dire Iau moins une rangee d'arcades, sinon comme a la place des Vosges, du moins comme a la rue de Rivoli?... ~ Le conseil ne fut pas suivi; au reste, sa realisation eut ete d'une D:: E-~ esthetique 'fAcheuse. Les Buttes-Chaumont sont, en ^^^^^^^ outre, difficilement comparables au jardin des Tuile ries, a tous 6gards, mais avec ou sans arcades, elles sont, a coup sur, une des plus belles promenades de Paris. Le Notre et tous les jardiniers royaux avec lui conviendraient que leur art a fait- des progre's depuis les boulingrins de Versailles et les coquetteries de Marly. La nature, il est vrai, y fut une puissante collaboratrice; dans beaucoup de cas, il a suffi de cou-:.:: vrir de terre vege'tale les collines, de les gazonner 111^ et d'y planter des arbres pour donner Fillusion d'un paysage suisse; ailleurs, les'deblais necessaires pour former le lac fournirent en partie les materiaux du 1 promontoire que domine le temple de la Sibylle de Tivoli, reproduite d'apres les dessins de Davioud. On accede 'a ce joli edifice par deux ponts, dont Pun en briques, jet6 a O me'tres de hauteur, a eu une sinistre cel6b1ite:; c'est de La que les d-sesperes de la vie venaient s'abattre, deja asphyxies sans doute, sur le sol de la route; on nappelait le plnt des suicides. En le suriontan. d'une hautte balustrade, administro av tion a mis fin ces de plorables preces. Le lac, d'une super icie de 2 hectares, se preyte complaisamment aux ^ft f reveries d'une navigation sans danger. ahiver, il s'offre l|||||||| au patintige, 'a la glissade surlout. IBIISB^^^^^^^^^^^^^ Dffans une ancienne carriere pour e menner l la d'un <.,ou.^^ un cascade bouillonnant avec fracas vient tomber d'une hauteur de 32 meftres; les Buttes-Chaumont ont leur reservoir special situ6 rue Botzaris, alimen.0 d'eau de l'Oureq par une machine 6le'vatoire. BAtie de pierres et de briques dans le style Louis XIII, la mairie de Farrondissement s'1eleve sur la place Armand-Carrel. Elle a et construite par Davioud. Sur cette place a jo inaugure, le 13 juillet 1900, le beau monument Mev 'a la memoire de Jean Mace et 'a la gloire de 1'enseignement populaire. '- t> ^ v Le chemin de fer de Ceinture en-........... re dans P'arrondissement au point X t ffiou il croise la rue d'Aubervilliers. ^^^^ ^^Resserre', presque emprisonne' entre lles batiments du gaz 'a droite, les magasins genpraux et les voies scareserets ccssivment aux d stations d'Est- -Ceinture et du Pont-de-Flandre. Au dela de cette d'un haueur derni etres, les fortes-courbe versont dede POurcq sur Jun pont metallique; 1 puis, se rapprochant de la rue de |POurcq, il passse au-dessus de la rue d'Allemagne, et atteint la staS tict de Bepllet le0,leb ette etablie e au niveau du sol de la rue de grillI! / mee. De cette station se detache un embs re an l'arrondisemntriaugleint 0 0 \ oou ilarmonise laiirue desAuberviers. illllliiiiillliiiiiilil1 / de fer -nomme ~( embranchement de lll |i Paris-Bestiauxe, parce quiil dessert iill les b marche aux bestiaux et les abatVIII _.Xt.k mtoirs. En quittant la station de Bell 0ffiH~ftll 1 I leville-Villette, le chemin de fer -Illi —;V^f^0 passe sous un pont en etoile et s'en=^ gage, sous les Buttes - Chaumont, - dans un tunnel de 1,082 metres par E FER DE CEINTURE lequel il pe'netre daiis le XXI arronVILLETTE). dissement, precisement au-dessous du point ou la rue de la Villette aboutit dans la rue de Belleville. Le chemin de fer de P'Est emprunte une partie du territoire du XIXO arrondissement. 11 y entre en croisant la rue d'Aubervilliers, I partir de laquelle il passe de la direction Sud-Nord a la direction Est. franchit la ligne de Ceinture et rencontre la gare d'Est-Ceinture, a laquelle on accede par la rue Curial. Apres avoir passe au-dessus dL canal Saint-Denis et de la rue de Flandre, it sort des fortifications, C 200 metres de la porte de La Villette, entre les bastions 27 et 28.

Page  [unnumbered] PARIS)- DIX-NEUVIEME ARRONDISSEMENT w -W r... IV _., kz! I D ^^^QC N / E I I-~ )l B23 Quarlier de la Viffette -------- du P de Ylandre 3 u(c f-( ------- d'merique --------- du Combat K^^ Ie du la, leG'e do GaZ Echelle 1 13 000? 500M. 0-001 v Gaz " fy/ i T^ r ',b Ne on TI-o So P'a:d ^ V'.-..L- r-.r.rt..'"l 21 a1 F I 1 -,1 q- di 7)9 1 t::, It,.. I ^ ^^^v<''^~ — Ff PARIS -ATLAS 19

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Page  197 ALLEE PRINCIPALE DU CIMETIERE DU PERE-LACHAISE. XY-Prrondissemenni MENILMONTANT. - 77" QUARTIER: BELLEVILLE. - 78~ QUARTIER: SAINT-FARGEAU. 79~ QUARTIER: LE PERE-LACHAISE. - 80~ QUARTIER: CHARONNE. ES regrets que nous exprimions, au debut chl IS _chapitre precedent, sur le facheux choix de la l denomination du XIXe arrondissement, nous } ^les repetons avec plus de raisons encore et de H W force a propos de celui-ci. Couper en deux Bell s' leville, y reunir Charonne, pour composer un IB arrondissement avec ces deux localites vieilles! de huit siecles, pUiS donner a cet ensemble heterogene le nom du hameau, longtemps infime, qui dependait de l'une d'elles, tel a ete le resultat des meditations de Haussmann et de ses collaborateurs. Il n'y a pas meme d'excuse 'a cette heresie topographique: lorsqu'elle fut commise, la mairie chef-lieu etait sur le territoire de Belleville; aujourd'hui, elle se trouve - nous le prouverons - sur celui de Fancien Charonne. Le XXe arrondissement, dit ME'NILMONTANT, a une superficie de 821 hectares et une population de 153,347 habitants, entierement commerciale, industrielle et ouvriere. Il dispute a Montmartre